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 d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée

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Elfe
Chrystal d'Yhvaaldavatar

 :Peuple :
Wudu-Elfen
 :Âge du personnage :
128 ans
 :Equipement :
Deux dagues, un arc et quelques affaires importantes, ainsi qu'un chien - qui n'est pas un équipement en soi.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 7 Juil 2010 - 17:59


    Chrystal d'Yhvaald
    And soon, I'll be free forever

    Who am I ?
    Nom : d’Yhvaald
    Prénom : Chrystal
    Sexe : Féminin
    Age : 127 ans
    Taille : 1m76
    Poids : 60 kg

    Peuple : Wudu-elfen
    Classe : Artiste ~ Démoniste

    Outside to Inside

    x Description Physique Détaillée x
    Physique & Vêtements

    Un regard gris aux reflets d’argent se posa sur l’homme, qui ne fut tout à coup plus en mesure de faire le moindre geste. Paralysé par la puissance de cet œil unique qui le fixait sans ciller avec la dureté d’un métal affuté avec soin depuis des siècles, il sentit un léger tremblement parcourir ses membres tandis que, pétrifié, il était livré sans défense à l’examen inquisiteur de son ennemie. L’être qui lui faisait face et se tenait debout, droite et fière, sous la lueur de la lune, était une Wudu-elfe de sexe féminin ; son corps semblait ne pas avoir d’âge défini, tout comme son visage au teint pâle et aux lignes félines. Elle avait l’air amusé du chat sauvage qui vient de piéger une souris dans son trou, et ses lèvres claires s’étiraient en un léger sourire moqueur qui dévoilait des canines blanches et effilées. Son visage mêlait dans la clarté de la nuit la beauté légendaire des elfes et l’image implacable du prédateur. De très longs cheveux d’un blanc de neige dont jaillissaient sur les cotés deux oreilles effilées encadraient ce visage fin et pointu, et une épaisse mèche de cette chevelure au coloris irréel retombait sur son œil gauche, le masquant à la vue du chasseur, tandis que l’autre pupille, d’une couleur métallique étincelante, le fixait d’un air implacable, sans pitié. Sous le poids du reproche que ce regard lui adressait, le chasseur se raidit et détourna les yeux ; mais il ne pouvait ignorer le tapotement impatient des doigts de la jeune femme sur la poignée de l’épée qu’elle portait au coté droit.

    Elle portait des gants. De fins gants noirs serrés au poignet par de minces cordons blancs ; les extrémités de ses protections disparaissaient sous les manches de sa tunique, d’une couleur obscure comme la nuit, sans doute pour mieux se dissimuler dans l’ombre comme elle l’avait fait pour le surprendre. Entre le noir et le bleu, sans doute. Ces manches larges garantissaient son confort sans entraver ses mouvements ; sur le buste, le vêtement était renforcé de cuir solide plus clair, tout comme aux coudes et aux épaules, où les protections étaient noires. La tunique était lacée à la taille par les mêmes cordons que ceux qui serraient ses gants ; il s’agissait en réalité d’une ceinture composée de plusieurs de ces « lacets » couleur crème, attachés ensemble par des nœuds discrets avant de s’enrouler en une tresse fine, mais compliquée, qui allait s’entortiller autour des lacets qui serraient la tunique. Au bout de l’extrémité de cette tresse se balançait une clochette blanche qui, pour une raison inconnue, n’émettait aucun son aux mouvements de sa détentrice.
    L’elfe sylvaine ne portait, contrairement à la majorité des créatures de son sexe, ni jupe, ni robe sous cette tunique aux allures de vêtement d’entrainement. Elle était en revanche vêtue d’un pantalon créé à partir d’un tissu souple et sombre lui aussi, peut-être noir, assez large pour lui permettre aisément des gestes rapides, assez serré pour l’accompagner parfaitement dans ces mouvements sans la gêner. Là où il s’achevait commençaient des bottes de marche noires et crème, ouvertes en V sur le coté, dévoilant un bas clair, lacées par des cordons blancs. A ses épaules était attachée une longue cape à capuchon découpée dans un tissu léger, plus noire que la nuit. En la voyant, l’homme déduisit qu’elle était en habits de voyage.
    Et derrière ses jambes, se terrait en tremblant le jeune renard que l’humain avait eu l’imprudence de poursuivre, l’orgueil de vouloir chasser. Maintenant, la proie n’était plus quatre que lui-même, sous ce regard d’acier aussi inflexible que celui d’un des Juges de sa race. Elle ne tira pas l’épée de son fourreau. Sans doute l’estimait-elle trop inférieur pour s’abaisser à salir sa lame de son sang, le sang d’un être humain. Mais, continuant de caresser la poignée magnifiquement ciselée, elle lui adressa la parole d’une voix au timbre chantant, mais aux accents moqueurs. Une Wudu-Elfen, qui avait pris une proie sur son territoire. Les sylvains n’aimaient pas vraiment la compagnie des humains même s’ils restaient courtois. Elle, semblait les détester, et de plus, il avait voulu la vie d’une des créatures qu’elle protégeait. Avec un sourire narquois, elle lui demanda de bien vouloir aller mourir hors de leurs frontières pour ne pas souiller la terre de sa carcasse. Puis, alors que le chasseur faisait volte-face et prenait ses jambes à son cou, elle s’arma tranquillement de l’arc qui barrait son dos, encocha une flèche et tira.


    Il faisait maintenant jour ; les rayons dorés qui pénétraient dans la maison de bois l’annonçaient. Chrystal se leva de sa table de travail, s’étira voluptueusement comme un chat se réveillant de sa sieste et bâilla longuement, une main devant la bouche. Ceci fait, la jeune femme au corps de félin écarta la chaise sur laquelle elle avait fini sa nuit, referma le volume dans lequel elle était en train d’écrire un instant plus tôt et fit un élégant demi-tour pour se rendre en face de la porte de sa chambre, avant de l’ouvrir pour déboucher dans la salle à manger. De là, la Wudu-Elfen sortit de la maison et sauta avec agilité de branche en branche pour descendre de l’arbre dans lequel elle vivait et rejoindre une de ses congénères en bas. Elle vivait en ce moment à Alhfeim et n’avait pas de voyage prévu pour un mois ou deux. Comme toujours lorsqu’elle revenait à la vie sédentaire, la jeune femme était habillée beaucoup plus élégamment : elle portait une tunique sans manche comportant deux épaisseurs, le dessous gris-vert à moitié dissimulé sous un tissu plus lâche d’une couleur rouge cuivrée, attachés ensemble par un collier de métal qui, bien entendu, n’était pas de l’or, mais un composant dont la couleur plus terne s’en approchait. La tunique qu’elle portait était cette-fois prolongée en une longue jupe triangulaire qui dépassait ses mollets en une cascade de tissu fluide, rouge foncé sur laquelle tranchait un autre tissu du même gris-vert que la tunique, frappé d’un emblème doré aux entrelacs compliqués. L’ensemble était serré à la taille par une large ceinture de tissu blanche elle–même maintenue en place par une double corde dorée à laquelle pendaient deux gemmes sans grande valeur enchâssées dans le même métal que celui qui composait les nombreux bracelets qui ornaient ses bras. Ceux-ci étaient couverts par des manches détachées du bustier, grises et serrées autour de ses membres. Elles étaient maintenues par un large bracelet métallique accroché en-dessous de l’épaule, entouré d’une multitude d’anneaux plus fin aux couleurs cuivrées. Sur chacune de ces « manches » était fixé un long morceau de tissu rouge pareil à celui dans lequel était découpée la jupe.
    Ses jambes fines étaient enserrées dans de hautes bottes rouges et grises lacées par des rubans noirs et lui apportaient confort et célérité. Parfois, l’elfe prenait la liberté d’accrocher une breloque dans ses cheveux, une gemme sur son front ou des bijoux à ses oreilles, mais rarement.
    Ce type de vêtements ne servaient pas à afficher une richesse dont elle était par ailleurs dépourvue, plutôt à montrer sa fantaisie et la liberté don elle faisait preuve. D’ailleurs, n’importe quel œil avisé aurait pu remarquer que ce qu’elle portait n’était pas le comble du luxe. En outre, la plupart de ses bijoux métalliques avaient été créés par elle-même, grâce à la magie. Quant aux pierres semi-précieuses, elle les avait ramenées d’un de ses voyages chez les Munt-Elfen. D’ailleurs, elle ne porte pas quotidiennement cet attirail clinquant. Juste quand elle en a envie. Vous apprendrez que ce que Chrystal fait ou non, c’est toujours parce qu’elle en a ou n’en a pas envie, tout simplement.

    L’elfe sylvaine parvint rapidement en bas de l’arbre par un agile saut périlleux qui la fit atterrir sur ses pieds dans l’herbe fraîche. Toujours le besoin de se la jouer, n’est-ce pas. Ou peut-être qu’elle avait juste eu envie de faire un saut périlleux. Enfin. Elle se redressa et sourit à la jeune Wudu en face d’elle. Taquin, un souffle de vent vint agiter la longue mèche blanche qui masquait son œil gauche, le révélant brièvement.
    Si en voyage elle le cachait sous un bandeau prenant la forme d’un ruban noir, Chrys le laissait à l’air libre lorsqu’elle revenait en terrain connu. Son éclat argenté était aussi remarquable que le droit, mais deux imperceptibles lignes blanches le barraient de part en part - une ancienne cicatrice, et il semblait perdu dans le vague, fixant au-delà du monde une vérité que nul ne peut atteindre. Montant depuis le coté gauche du cou pour venir s’enrouler autour de l’œil comme un écrin aux volutes mystiques, un tatouage à l’encre noire et bleue, constitués d’entrelacs et de formes étranges couvrait cette partie de son visage, lui donnant, dans un lieu peu éclairé, une ressemblance fugace avec un Munt-Elfen. Ce n’était ni une marque de naissance, ni un signe indélébile ; juste un tatouage qu’elle aimait afficher parmi ses semblables pour effacer les limites entre Wudu et Munt…
    C’était également une autre manière de montrer que, par ce signe, elle se détachait de ses semblables pour se mêler au Munt, tout en n’en étant pas une à part entière ; ainsi, elle se présentait comme un être unique et différent, n’étant pas influencé ou manipulé. Libre.
    Enfin, jusqu’à un certain point…

    x Caractère du Personnage x


    Il n’y a pas de tâche plus ardue que de s’essayer à décrire le caractère de Chrystal. Mademoiselle lunatisme se fera le plaisir de vous rendre la tâche impossible et de vous faire tourner en bourrique jusqu’à ce que vous ne puissiez plus en supporter plus. En effet, si l’on peut trouver quelques caractéristiques de base à son mental, il est ensuite difficile de faire dans la finesse, pour la simple bonne raison que Chrys adapte son caractère au jour, à l’endroit, à la couleur.
    « Tout est question de point de vue. » « Tout est relatif, tout est question de subjectivité. »

    *
    * *
    Ce jour-là, alors que je sautais du navire en flammes pour rejoindre le pont de la Flèche d’Argent, j’entendis dans mon dos Eirik appeler le capitaine. Levant les yeux, je vis que notre chef était encore en stationnement sur le bateau adverse, jouant de ses deux sabres comme si rien ne pouvait l’arrêter, faisant jaillir des traînées sanglantes de la gorge de ses ennemis. Alors que les derniers gars de l’équipage revenaient à bord, les flammes masquèrent un instant l’elfe sylvaine à ma vue. Comme souvent, je me demandais si elle n’avait pas été trop imprudente et si cette fois, cela ne lui avait pas coûté la vie. Mais soudain, j’entendis les acclamations de mes camarades, et Leah réapparut, debout sur le bastingage. Sans paraître oppressée le moins du monde par le brasier qui la menaçait, la jeune femme attrapa un cordage de la Flèche et trancha un lien près de ses bottes d’un geste sûr ; elle sauta dans le vide, et, lorsqu’elle passa au-dessus de nos tête, lâcha la corde et retomba sur le pont en un salto agile – et totalement inutile, précisons-le, sous les acclamations de son équipage.
    A ma gauche, le second grommela quelque chose dans sa barbe avant de soupirer d’un air grincheux :

    « Quand elle arrêtera de faire son intéressante, celle-là… Je sais pas ce qu’il pleuvra mais ce sera sûrement pas de la... »
    « Alors, tas de limaces, vous rêvassez ?! » Hurla Leah, lui coupant la parole. « Ouvrez-moi ces voiles en grand et montrez-moi ce que ce rafiot a dans le ventre ! On a une zone de turbulences à passer !»
    En effet, en jetant un œil à tribord, on pouvait aisément apercevoir les gros nuages noirs qui voguaient dans les cieux dans notre direction. Un bel orage en perspective ; mais pas de quoi effrayer le capitaine. Un jour, j’avais fait un pari sur le nombre d’années qu’elle vivrait. J’avais perdu en misant cinq ans.
    Une heure plus tard, alors que je m’efforçais de retenir les voiles au cœur de la tempête, j’aperçus notre technicien de bord monter à grand-peine les marches qui menaient à la proue pour rejoindre le capitaine sous la pluie battante. Il lui cria plusieurs phrases inaudibles derrière les hurlements du vent ; mais son but était sans doute de la prévenir qu’à ce rythme la Flèche n’allait pas tenir longtemps. Je crus comprendre qu’il désirait changer de cap pour quitter la tempête au plus vite.
    Soudain le rire de l’elfe à la barre éclata, clair comme les éclairs qui zébraient le ciel, concurrençant la force de l’ouragan. Le capitaine riait comme seuls les déments savent le faire, la tête rejetée en arrière sous les flots orageux.

    « C’est ça, ouiii !! Du nerf les gars, à tribord toute !! La mort est une journée qui mérite d’être vécue !! »
    Complètement folle. Je suis certain de ne pas avoir été le seul à penser ça. Mais cependant, je me surpris à sourire et à ressentir l’envie de me rire follement du danger comme elle le faisait sous nos yeux.

    *
    * *
    Point de vue externe.
    Le garde prenait son tour au coin du feu, assis sur une simple bûche devant les chariots. La nuit était tombée et aucun bruit ne se faisait entendre ; même les chevaux étaient endormis, à cette heure.
    Soudain, un imperceptible déplacement d’air se fit sentir dans son dos. Alerté, l’homme sursauta et se retourna… se retrouvant impuissant, une lame sous la gorge. En face de lui, la jeune femme qui tenait la dague lui tira la langue, un éclat moqueur dans ses yeux gris.
    « J’t’ai eu. » Fit-elle avant de l’envoyer au pays des rêves.
    Bon sang. Songea-t-elle en rengainant sa lame pour faire les poches de la sentinelle. Décidément, les humains ne servaient pas à grand-chose. En même temps, pour des créatures ne vivant pas plus qu'une petite centaine d'années...
    Aucune comparaison avec les elfes, bien entendu. La jeune femme délesta son homme de sa bourse et , ayant enfoui son butin dans sa besace, se fondit dans l'ombre d'un pas de velours.


    *
    * *
    Avez-vous déjà visité Alhfeim ? La vie y est douce et le temps passe lentement. Si lentement… que parfois on pourrait s’endormir en y comptant les secondes. En visite dans la ville des elfes sylvains, un jeune Munt-elfen s’éloignait de la ville d’un pas incertain, comme s’il n’était pas très sûr de l’endroit où lui convenait de se rendre. Le hasard de ses pérégrinations le mena - était-ce un coup du destin ? Au pied d’un chêne immense dont les branches se mêlaient à la voûte de feuillages, frontière naturelle entre le ciel et la terre.
    Assise sur l’une de ses racines, une Wudu-elfen aux cheveux blancs était plongée dans un livre. Le jeune homme s’approcha timidement et demanda :

    « Excusez-moi… vous êtes Chrystal d’Yhvaald ? »

    Silence. Après une longue pause qu’elle mit visiblement à profit pour terminer sa page, la jeune femme leva un regard blasé de son bouquin pour le poser sur son interlocuteur.

    « C’est fort possible. »
    « Je vous cherchais… je suis venu de la part de mon père, Lag de Lome-lith. »


    Pas de réaction du coté de l’elfe sylvaine. Ou presque.

    « Ah. » Fit-elle avec une apparente indifférence.

    « Euh… ça concerne un livre que vous vouliez vous procurer mais qu’il n’avait pas en stock… enfin, vous voyez… » Balbutia l’elfe noir, démonté par l’attitude je-m’en-foutiste de Chrystal.
    Cette dernière lâcha un profond soupir et referma son livre avant de se lever avec lenteur.

    « Je vois. Viens, on va parler de ça. »
    Et enfin, elle lui adressa un sourire un peu concerné par la situation.

    *
    * *
    Désert de Noctis, en pleine saison chaude.
    Des températures ne descendant pas en-dessous de 40°. Du sable à perte de vue et un soleil de plomb dans un ciel sans aucun nuage. Un groupe d’hommes vêtus de capes leur couvrant la tête et masquant leurs visages avançait à grand peine en traînant les pieds dans les dunes. Soudain, l’une des silhouettes jura haut et fort et tomba à genoux. Aussitôt, son camarade s’arrêta et s’accroupit.
    « Eh, Chrys, ça va ? »
    « Nan, ça va pas, comment tu veux que ça aille avec ce *µ$¤% de soleil de £ù^§*¤ ? J’en ai ma CLAQUE ! Ras-les-oreilles ! »


    Très patiente, comme d’habitude – du moins dans ce genre de situation, la petite Chrystal.

    « Et toi, le narrateur, je t’ai pas sonné ! »

    *
    * *
    Nous étions tous deux – sans compter le (loup ? chien ?) – allongés à plat ventre dans les buissons – ou plutôt sous les buissons – qui bourdaient la route. Notre homme s’approchait sans se presser, marchant d’un pas tranquille. Confiant. Ca, c’était parce qu’il ignorait tout de ce qui allait lui arriver. Je jetais un coup d’œil à ma coéquipière. Elle était sérieuse et concentrée : son visage restait impassible et son seul œil ne quittait pas la route. Silencieusement, elle bougea une main gantée jusqu’à la racine de doigts et l’introduisit dans une poche cousue dans sa jambe de pantalon pour en tirer une dague à la lame longue comme mon avant-bras et à l’aspect cruel. Tout mercenaire que j’étais, je déglutis en songeant à l’effet que pouvait avoir cette arme, plantée entre deux côtes.
    Me jetant un coup d’œil averti, la jeune femme posa un doigt sur ses lèvres et recula dans les fourrés pour aller se mettre en position. La cible n’était plus qu’à quelques mètres. Dans dix secondes, ce serait à nous. Elle ne verrait pas la mort venir. Une fois de plus, je jetais un œil à l’elfe qui m’accompagnait. Dissimulée par un arbre, elle fixait l’homme d’un air de prédateur et son visage reflétait toute sa concentration, ainsi que son absence de pitié.
    La proie ne pouvait pas s’échapper. En aucun cas.


    *
    * *
    A Argos, les nuits sont agitées. C’est en grand partie dû à la présence de tous les pirates des quatre coins du globes qui se donnent le mot pour se rassembler dans cette ville, visant particulièrement les tavernes en général. Du coup, les nuits deviennent, comme je le disais plus tôt, assez mouvementées. Moi-même, j’avoue que j’avais un peu trop bu ce soir-là.
    Je me rappelle seulement que j’étais sorti de la taverne où je me saoulais la tronche avec application en compagnie de deux des gars de la Flèche après avoir vu entrer le capitaine, m’être fait hurler dans les oreilles et m’être pris trois coups de pied au derrière assortis d’une baffe version dessoûlage–express. Je me demande si ce n’est pas ce soir-là que Fisk a craché deux dents après avoir vomi sa consommation de la soirée.
    Enfin, tout cela pour dire que le Capitaine nous fit sortir, bande de soiffards que nous sommes, par la peau du cou, et que nous nous retrouvâmes dans la rue avec un morceau de l’équipage – les trois ou quatre qui s’étaient éclipsé subrepticement pour aller boire un coup – que Leah avait certainement retrouvé de la même façon que nous. Les tavernes étaient agités, ça, y a pas à dire. Les rues étaient un peu plus calmes, enfin, jusqu’à ce que les ivrognes soient virés des établissements, ce qui n’avait pas encore été fait à cette heure. Donc, les rues étaient sombres et plutôt paisibles.
    Alors que nous étions en route pour rejoindre le bateau, nous tombâmes soudain sur une bande d’humains en uniforme – uniforme dont je ne me rappelle pas, mais je pense quand même qu’ils venaient de la ville – qui apostropha le capitaine d’une voix forte. A la lueur des torches, je vis Leah faire une belle grimace et avaler sa salive : aussitôt, l’un des hommes en gris cria un nom qui m’était inconnu en la montrant du doigt, et quelques mots se mirent à courir dans leurs rangs. Le capitaine se tourna vers nous et nous évalua du regard. Lorsqu’elle vit que nous étions tous à moitié morts avec une gueule de bois du tonnerre, sa grimace s’accentua. Elle s’approcha de moi – qui étais le seul à tenir à peu près sur mes jambes ce soir-là et me tendit son tricorne d’un air accablé.

    « Eirik, comment dire… »

    Les humains nous chargèrent avec un cri unanime.

    « …Je te confie le bateau et l’équipage jusqu’à nouvel ordre. A plus ! »

    Et elle détala comme un lapin dans le sens inverse, me laissant affronter la garnison avec pour seul soutien quatre pirates dans le cirage et le grade de capitaine temporaire. Parce que bien sûr, sa saleté de bestiole blanche qui aurait pu me servir à quelque chose l’avait suivie en courant comme si elle avait le diable aux trousses. Pendant qu'elle filait à toutes jambes, je lui hurlais tout un chapelet d'insultes qui ne font pas vraiment partie du vocabulaire à employer quand on s'adresse à son supérieur hiérarchique. Et bientôt, je dus m'arrêter parce que non seulement elle ne risquait pas de m'entendre, mais aussi parce que j'allais devoir gérer la situation avec les soldats.
    Je déballais intérieurement pas mal d’insultes peu glorieuses à leur sujet et m’arrangeais pour échapper à la garnison. Ce ne fut pas une mince affaire, mais finalement, la Flèche d’Argent quitta le port.

    Et un mois plus tard, jetant l’ancre près de l’embouchure du Sudri, nous récupérâmes notre capitaine qui nagea jusqu’au bateau après avoir sauté de la falaise pour échapper à d’autres poursuivants un peu trop assidus. En compagnie, toujours, de son clebs qui, s’il était resté avec nous, aurait peut-être pu être utile à quelque chose.
    M’enfin, je suppose qu’on ne peut rien y faire. Je ferai attention, la prochaine fois… Parce qu’il faut pas rêver, y aura une prochaine fois.


    *
    * *
    Vous ne réussirez jamais à la cerner complètement. Normalement, même après 100 ans en sa compagnie, noter damoiselle d’Yhvaald ne cessera jamais d vous surprendre.
    Mis à part cette caractéristique principale qu’est le lunatisme, Chrystal a donc d’autres qualités et défauts toujours présents dans ses attitudes. Déjà, bien qu’elle ne s’attache jamais rapidement, lorsqu’elle le fait, elle reste toujours loyale à la personne qu’elle apprécie – sauf dans le cas de relations compliquées. Laisser tomber un ami est bien quelque chose qu’elle ne ferait jamais : Chrys protège les choses qu’elle aime. Mais pour lier des liens avec elle, il faut s’accrocher : changeante comme le vent, même si vous voyagez avec elle, Chrys risque bien de vous planter à la première occasion et s’évader en courant… après, vous pouvez toujours essayer de la rattraper, ça l’amusera beaucoup.
    Mais faites tout de même attention : notre amie mord. Comme la plupart des elfes, notre jeune amie tend à la méprise de toute autre race, même si elle vit à moitié hors de son pays d'origine. Ce qui signifie que si vous n'avez pas les oreilles en pointe, la difficulté de l'approche est doublée !
    Notre jeune elfe a aussi tendance à pas mal se surestimer ; ça peut d’ailleurs se révéler dangereux pour sa santé - en réalité, Chrys passe son temps à se fourrer dans des situations impossibles... mais passons ce sujet.
    Plus encore que beaucoup d’elfes, Chrystal aime les animaux et les plantes, toutes les formes de vie du monde. Exception faite des humains, qu’elle déteste. Ou des nains, qu’elle déteste extérieurement – mais c’est plus une forme de « jeu » qu’autre chose, si vous voulez savoir. Aventureuse, bagarreuse, Chrys ne recule jamais devant un endroit à explorer, une quête à accomplir, un combat à mener… Sauf bien sûr, si elle passe en mode « flemme », et là, vous aurez les plus grandes difficultés à la faire faire quoi que ce soit.
    Un petit briefing sur ce qu’elle n’aime pas : Chrys est claustrophobe et mal à l’aise dans le noir complet. La solitude aussi, passe quelques temps, mais elle a besoin de quelqu’un pour lui tenir compagnie – sans doute la raison pour laquelle elle a pris soin de prendre avec elle les chiots successif de la lignée d’Alùz.
    Dans l’ensemble, il y a autre chose d’important : Chrystal ne supporte pas qu’on lui donne des ordres ou qu’on lui dicte sa conduite. Elle n’a qu’un seul maître, et ce dernier n’est plus là pour lui dire quoi faire. Alors elle est son propre maître, et fait uniquement ce qui lui plaît. Chez elle, c’est où je veux, quand je veux. Mais bon, ne vous y trompez pas, elle fait aussi attention aux souhaits des autres, lorsqu’elle vit en communauté.
    Sa seule devise et son code de vie, c’est : être libre. Pour atteindre ce but, tous les moyens sont bons…


    x Équipement x
    Armes & Objets complémentaires

    Chrystal ne vit pas - trop - dans le besoin, du fait de sa position hiérarchique dans la société elfique. De plus, à force de vivre sur les routes, notre jeune (hm) elfe a pris l'habitude de ne se contenter que de peu ; elle vit donc à présent dans un confort relativement convenable, ni pauvre ni luxueux, juste ce qu'il faut pour être bien - en tant qu'artiste, elle en a la possibilité. A Alhfeim, Chrys pourrait être considérée comme « chercheuse » : sa spécialité en tant qu’artiste est la découverte des secrets d’Yggdrasil et des formes de vies inconnues. Mais passons.
    Donc, étant assez aisée sans être réellement fortunée, elle put, en venant s'installer dans la capitale, s’offrir ce qui se rapproche le plus pour elle d'un "cadeau personnel" : un arc neuf pour compléter son "équipement de voyage" qui comprenait à l'époque une épée ayant déjà servi bien longtemps. Mis à part ses armes, notre demoiselle ne part pas en vadrouille sans son sac de voyage : celui-ci est en toile sombre, résistant et peu encombrant, et contient entre autres un briquet à amadou, une gourde, de la viande séchée – au cas où, une trousse de soin, de quoi entretenir ses armes, un carquois avec des flèches empennées de plumes de corbeau, un ou deux livres, etc. Récemment, Chrys a fait l'acquisition d'une arme de combat rapproché neuve, lorsque l'épée qu'elle utilisait depuis 60 ans s'est enfin décidée à rendre l'âme... en ce moment, elle a envie de tester un nouveau style de combat - eh oui, Chrystal de lasse très vite.

    x Ambitions x


    « Je veux être libre. Pour acquérir la liberté, il faut se détacher de tout ce qui peut enchaîner à des êtres qui ont le pouvoir de te retenir. Pour pouvoir vivre sans attaches, il faut être capable de ne compter que sur soi-même. C’est pourquoi je recherche la force de vivre sans aide, et la connaissance, car la connaissance apporte tous les secrets du monde. C’est mon deuxième but. Je veux pouvoir découvrir tout ce que me cache le monde s’il me l’autorise. Pour ça, je dois faire tout mon possible pour apprendre, encore et encore.»

    Chrystal d'Yhvaald, Novigard

    Then...

      Mère : Inconnue
      Père : Inconnu

    Illustrations




Dernière édition par Chrystal d'Yhvaald le Jeu 12 Aoû 2010 - 18:06, édité 43 fois
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Elfe
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Vêtements:

MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:02

Histoire
De 127 ans d'existence
    Chapitre I
    x Premier jour x
    Mon premier souvenir remonte à ce jour de Lumi, où le ciel pleurait sur la terre ses larmes blanches qui s’empressaient de la couvrir d’un épais manteau poudreux. Lorsque j’ouvris les yeux pour la première fois, ce fut pour découvrir cette immensité gris perle qui déroulait au-dessus de moi ses nuages floconneux. Le ciel était gris, et laissait tomber dans son ombre une illimité de flocons argentés aux dessins mystérieux. La première fois que mes yeux s’ouvrirent sur ce monde, je restai à les contempler de longues heures, pauvre créature enfoncée dans la neige, les bras en croix. Mon souffle produisait une vapeur translucide qui s’élevait avec empressement avant de disparaître dans ce ciel sans limites ; je ne sentais pas le froid, ni la morsure du gel. Je crois que je devais être aux portes de la mort lorsque cette personne était apparue.
    J’étais là, enfant perdue en plein blizzard ; il n’y aurait pas dû y avoir de salut pour moi, mais étrangement, quelqu’un s’était présenté sur mon chemin. Enfin, disons plutôt que je me trouvais sur le sien. Je ne me souviens pas bien comment il m’est apparu ; quand je pris conscience de sa présence, il se tenait à mon coté et me passait une main sur les yeux comme pour être sûr que j’étais déjà passée de vie à trépas… ce qui n’était pas le cas. Je pense qu’il s’en aperçut lorsque je jetais un coup œil vers lui, car il retira sa main de devant mon visage pour la tendre tout simplement dans ma direction.
    « Peux-tu marcher ? »
    Je ne le pouvais pas. N’en ayant pas la force, je plongeais dans d’obscures abysses vides et froides, et les souvenirs des jours suivant cette rencontre restent dans ma mémoire comme un océan sombre et brumeux d’images fugaces et de sons brouillés qui n’ont pour moi que peu de sens. Lorsque je me réveillais de ce qui me semble aujourd’hui avoir été une très forte fièvre due au froid, les landes enneigées avaient disparu.
    Je repris conscience dans une simple cabane de bois au milieu d’une très dense forêt dont chaque élément respirait la vie et la force. Les arbres étaient forts, leurs cimes trop hautes pour qu’à l’époque je puisse les atteindre, et leurs feuillages filtraient les rayons du soleil comme une protection naturelle contre la chaleur. Je me trouvais à Lyzangard, plus précisément au Sud de la Forêt d’Aranwë, la terre des elfes.

    L’homme qui m’avait recueilli faisait, tout comme moi, partie de ce peuple. Sa description physique n’est pas la chose la plus importante qui soit, me concernant en tout cas, mais si certaines personnes y tiennent, je pourrais leur en toucher quelques mots : c’était un Wudu-elfen à la pigmentation pâle. Il était grand, même pour un elfe, et pour moi qui était si jeune, il n’en était que plus imposant. Il avait les yeux noirs et les cheveux aile de corbeau – enfin, pas dans leur intégralité mais laissons cette caractéristique particulière de coté si vous voulez bien – et dissimulait son œil gauche sous une mèche sombre. Comme moi aujourd’hui me direz-vous. Je ne nie pas que ce fait ait pu être inspiré de lui, mais passons tout de même cette similitude. J’ignore quel âge il avait et m’en soucie peu, mais il devait avoir dépassé les 150 ans, au moins. Il s’habillait de noir quel que soit le temps. Ce n’était pas quelqu’un de très démonstratif, plutôt renfermé et secret, et silencieux au possible ; pourtant, je crois qu’il m’aimait bien. Et le silence en lui-même ne dérangeait pas l’enfant que j’étais à l’époque. Mais tout cela n’a pas d’importance. Je vous dirais simplement ceci : dés le début, j’ai adoré cette personne qui m’avait secourue et recueillie alors que j’étais aux portes de la mort. Je pense que peu de personnes aient pu être aussi dociles et obéissantes que je le fus avec lui pendant toute mon enfance. Il suffisait d’un mot ou d’un seul regard de sa part pour me faire taire, ou au contraire m’inciter à venir le voir.
    Comme il me l’apprit plus tard, l’endroit où il m’avait trouvée se situait tout au Nord de Midgard, la terre des humains. Au pied des montagnes de Bestla, près des neiges éternelles. A se demander ce que je fichais là, seule, du haut de mes 24 ans à peine. A se demander aussi comment il s’était débrouillé pour me ramener jusqu’à Lyzangard, mais mes questions à ce sujet ne reçurent aucune réponse autre qu’un éclair énigmatique dans ses yeux sombres. De mes parents, nulle trace. Leur absence en elle-même ne me causait pas beaucoup de soucis, vu que j’étais incapable de me rappeler de quoi que ce soit avant l’ouverture de mes yeux sur ce ciel gris perlé ; pour moi, à présent, il n’y avait plus que la cabane où nous vivions, la forêt aux alentours, l’homme qui m’avait sauvé. Je ne lui demandai jamais la raison de sa présence si loin de sa terre natale, même si je crois aujourd’hui pouvoir le deviner.
    Il n’y eut pas de marché entre nous, aucune discussion, juste une sorte d’accord tacite : il m’avait recueillie et soignée, alors je restai vivre avec lui et l’aidait comme je le pouvais, puisque je n’avais pas d’autre endroit où aller. Cet état des choses me semblait, à l’époque, parfaitement naturel ; l’enfant que j’étais n’aurait pu envisager une autre façon de vivre.
    Sans que je m’en sois rendue compte, il était devenu le Maître, et moi, l’Elève.


Dernière édition par Chrystal Yhvaald le Mar 13 Juil 2010 - 18:13, édité 2 fois
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 :Peuple :
Wudu-Elfen
 :Âge du personnage :
128 ans
 :Equipement :
Deux dagues, un arc et quelques affaires importantes, ainsi qu'un chien - qui n'est pas un équipement en soi.


* * *

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:03

    Chapitre II
    x Apprentissage x
    Mon Maître vivait à l’écart des villes elfiques. A force de me demander pourquoi, je finis par conclure qu’il aimait la solitude et le calme, tout simplement. Au fur et à mesure que passait le temps, je commençais à comprendre quels étaient ses objectifs et ses buts, petit à petit…
    Au début, je ne comprenais pas bien ; les trois quarts du temps, il les passait à lire, à étudier des choses qu’à mon âge, je n’étais pas en mesure de comprendre. Je n’osais cependant tout d’abord pas l’interroger sur ce qu’il faisait et me contentais de jeter des coups d’œil curieux en silence. Je suis certaine qu’il s’en aperçut dés que je commençais, mais il attendit que je fasse le premier pas.
    Ce fut fait un jour où, passant en courant dans la pièce centrale de la cabane – comme à mon habitude, je trébuchais sur une pile de livre et me cassais tellement bien la figure que je m’écorchais vilainement un genou. Comme cela arrivait de temps à autres, mon Maître ne manifesta pas de surprise particulière : il posa son ouvrage, m’aida à me relever et désinfecta rapidement la plaie avant de me faire un bandage de fortune. Ceci accompli, il me demanda de ranger le désordre commis par mon impair, ce que je fis sans rechigner.
    Simplement, lorsque je refermais les volumes qui gisaient ça et là sur le sol, j’aperçus des images qui m’étaient familières. Intriguée, j’attrapais un des ouvrages et le parcourut des yeux, mes doigts effleurant timidement les pages souples et douces. Le livre en question semblait recenser et classer toutes les formes de vie présentes dans la forêt d’Aranwë : l’image qui avait attiré mon regard était celle d’une fleur à la robe bleue que je me rappelais avoir vu fleurir un soir, au clair de lune, non loin de l’endroit où nous vivions. Dévorée de curiosité, je me retrouvais plongée dans un monde de caractères que je ne pouvais déchiffrer ; je tournais les pages à la recherche d’images familières et m’interrogeais sur les sens des textes sans oser poser de question à voix haute.
    Je compris plus tard que mon Maître attendait patiemment que je tombasse sur ce recueil pour commencer à m’instruire sur les choses qu’il connaissait. Alors que je m’interrogeais sur toutes les informations que pouvait receler ce livre, il s’accroupit à coté de moi après s’être approché sans bruit et indiqua la fleur du doigt.

    « C’est une Nordi. » Affirma-t-il tout simplement.
    Il m’expliqua patiemment que ce type de fleurs ne s’ouvrait que de nuit pour libérer son pollen, lequel s’envolait alors dans la direction du Nord, emporté par les vents. Tournant les pages au fur et à mesure, il désigna différentes espèces de plantes et d’animaux, m’expliquant à chaque fois de manière très simple ce qu’elles étaient et quel était leur rôle dans la forêt. Les images que je connaissais me tiraient des sourires ravis, et les choses qui m’étaient inconnues captaient mon attention toute entière.

    Ce fut avec ce livre que commença mon apprentissage. Tout d’abord, mon Maître combla les lacunes de mon éducation : si je savais compter, j’étais incapable de lire à l’époque où il m’avait recueillie. Il me l’apprit et je progressais vite, car l’attrait que toutes ces connaissances exerçaient sur moi était irrésistible. Il y avait tant de choses à apprendre, tant de savoirs qu’une seule vie était peut-être insuffisante pour tous les assimiler ! J’appris donc rapidement à lire et très vite, je dévorais la plupart des ouvrages que possédait mon Maître. A l’époque encore, j’ignorais qu’il était inhabituel de posséder un grand nombre de livres chez soi, même lorsqu’on vivait aussi longtemps que les elfes. Si j’avais été plus âgée, je me serais sûrement posée encore plus de questions, mais ce genre de préoccupations me passait alors totalement au-dessus de la tête.
    Mon Maître n’était pas seulement incroyablement instruit. Peu après m’avoir ouvert la porte qui menait aux nombreux savoirs qu’il m’offrait, il m’apprit à me défendre, puis à me battre. Cela commença assez spontanément, un peu comme l’histoire du livre. Je me souviens que le soir, j’avais l’habitude d’aller m’asseoir en face de lui de l’autre coté du feu de camp qu’il allumait à quelques mètres de la porte d’entrée. Cette fois-là, il taillait deux longs morceaux de bois à l’aide d’un couteau, en silence comme toujours. Le regard perdu dans les flammes, je commençais à somnoler, lorsque l’un des deux bâtons voltigea à travers le brasier et m’atterrit plutôt brutalement sur les genoux. Prise au dépourvu, je sursautais et me retrouvais sur mes pieds en quelques secondes, le bout de bois dans la main droite. Au regard interrogateur que je lui lançais, il répondit par un sourire avant de faire siffler l’air de son arme :

    « Défend-toi ! »

    C’est ainsi que, parallèlement à mon éducation sur le monde qui m’entourait, j’appris à manier plusieurs armes différentes. L’entrainement que mon Maître me fit subir ne se passa pas sans douleur, car il avait tendance à cogner plutôt fort. Mais je compris vite que plus les chocs étaient violents, plus j’en apprendrais. Je me pliais donc à sa volonté, comme toujours, lui vouant une confiance aveugle.

    Je n’avais aucun contact avec mes semblables, à cette époque. Pendant plusieurs années, je vécus au cœur de la forêt et appris tout ce que je pouvais apprendre sur la nature qui m’entourait, mais je ne fis jamais la connaissance d’un autre elfe que mon Maître. Au début, je ne m’en préoccupais guère, car dans ma tête, le monde se réduisait à ce périmètre autour de la cabane que je ne dépassais jamais. Cependant, au fur et à mesure que mon horizon s’élargissait avec les nouvelles connaissances acquises, je me mis à m’interroger sur le peuple qui vivait dans la forêt. Je brûlais de faire de nouvelles découvertes, de voir des choses qui m’étaient inconnues jusque là.
    Ce fut à partir de mes 45 ans que ma vie devînt un peu plus mouvementée.

    *
    * *
    L’annonce du changement se présenta sous la forme d’un jeune Wudu-elfen qui vînt frapper à notre porte un beau matin. A peine éveillée, je sautais sur mes pieds et courus à la fenêtre le plus vite possible, car depuis tout le temps que je vivais ici, jamais personne ne s’était aventuré jusqu’à chez nous. Dehors mon Maître parlait avec ce jeune homme aux cheveux couleur d’or, trop loin pour que je puisse saisir le sens de leurs paroles. A la fin de l’entretient, le garçon s’inclina brièvement et, m’ayant aperçue par la fenêtre, me fit un signe amical de la main – auquel je ne répondis pas, peu habituée à ce genre de situations – avant de faire volte-face et repartir comme il était venu.
    De cette visite découla ma première visite en ville, ainsi que mes premiers contacts avec les gens de ma race. Je n’ai pas grand-chose à dire sur cette période, mis à part le fait que je sentais qu’il y avait du changement dans l’air. Mon Maître se déplaçait plus souvent désormais, pour des raisons qu’il ne m’expliquait pas toujours, ou que je n’étais pas toujours en mesure de comprendre. Ce que je savais, c’est que quelqu'un avait parfois besoin de lui ailleurs, pour des raisons qui m’étaient inconnues. Parfois il me laissait l’accompagner jusqu'à Alhfeim ou Lome-lith, plus rarement. Je fis ainsi la découverte des elfes à la peau noire, des différentes mœurs de notre race, de ses légendes, de ses coutumes…
    Je me mis à voyager avec lui, plus loin qu’autrefois, plus souvent aussi. Plus je grandissais, plus il semblait m’accorder sa confiance pour le seconder dans des tâches dont je n’avais pas forcément conscience. Je découvris la mer qui me parut encore plus immense et changeante que le ciel. Les plaines de Midgar et les montagnes de Novigard. Je pris la mer une fois pour passer d’une côte à une autre, et le souvenir de cette première traversée reste indélébile dans ma mémoire. Bref, je découvrais de nouveaux horizons en accompagnant mon Maître là où son devoir l’amenait. Je ne savais pas bien si je pouvais ainsi qualifier les motifs de ses déplacements, car il ne me semblait pas que quiconque puisse le forcer à quoi que ce fût… mais cela le regardait lui, et lui seul, alors je ne posais pas de questions.
    Je mentionnerai en passant un fait qui n’a pas d’importance pour certains, bien qu’il en ait pour moi, et se produisit à cette époque.
    Nous campions, mon Maître et moi, à la lisière de la forêt d’Aranwë – en terre Midgar - après une journée de voyage à cheval. Après le repas du soir, prise d’une soudaine envie de me dégourdir les jambes, je me levais et allais faire un tour dans les sous-bois. C’est alors qu’au détour d’une piste animale, j’entendis quelques gémissements apeurés provenant d’entre les arbres. A cette époque déjà, plus attachée aux animaux qu’aux humanoïdes, je ne pouvais supporter de laisser un animal souffrir, même s’il fallait l’achever pour cela. Suivant les bruits de la bête piégée, je serpentais entre les arbres à se recherche sans rien trouver. Pourtant bien entraînée, je ne pouvais pas occulter totalement l’obscurité autour de moi, et il me semblait que mes efforts étaient vains. Lorsqu’enfin, les gémissements se turent à mes oreilles, je compris que j’avais échoué et sentis comme un froid glacial me mordre dans la poitrine.
    Déçue de n’avoir rien pu faire, je rentrais au campement, rejoignant silencieusement la clairière éclairée par un maigre feu.
    Même si j’aurais du avoir l’habitude, mon Maître me surprenait toujours. Preuve en fut une nouvelle fois lorsque, levant les yeux sur moi, il esquissa un sourire amusé et donna une légère tape à la croupe d’un chiot allongé à même le sol, près de ses bottes, pour que ce dernier se lève et aille me rejoindre. Autant dire qu’une fois de plus, je ne revenais pas de l’habileté de mon tuteur à me surpasser dans tous les domaines. Je gardais l'animal avec moi et lui donnait le nom de Alùz, celui qui hurle à l’aide. C’était un peu moqueur, mais j’aimais ce nom.
    Depuis ce jour, accroché à mes basques comme mon ombre, à ceci près qu'il me suivait aussi bien de nuit que de jour, le chien au poil sombre ne me quitta plus.

    *
    * *
    Je pense que j’étais destinée à haïr les humains. Aujourd’hui encore, quand j’y réfléchis, je ne trouve pas une autre issue aux relations que j’ai toujours eues avec eux. Quand j’étais plus jeune, mon Maître s’était contenté de me mettre en garde en me recommandant de n’offenser personne de quelque peuple qu’il soit ; cet avertissement ne concernait pas l’être humain en particulier. Pourtant, bien vite, une certaine gêne se déclara en moi vis-à-vis de ce peuple, rapidement suivie par un profond dégoût.
    L’une des altercations qui m’opposa à des humains et laissa le plus grand souvenir dans ma mémoire se produisit dans la grande ville de Mannheim. J’y entrais pour la première fois, accompagnant mon maître comme d’habitude. Je devais avoir une cinquantaine d’années ; en général je m’arrangeais pour ne pas quitter mon Maître d’une semelle lorsqu’il m’emmenait dans un lieu qui m’était inconnu. Mais il faisait tard et j’étais fatiguée par le voyage ; je crois bien que ce sont ces facteurs en particulier qui me conduisirent à le perdre et à m’égarer dans la grande cité des hommes…

    La nuit tombait. Non, la nuit était tombée. Les lampadaires étaient allumés dans les rues, laissant tomber quelques flaques de lumière sur les pavés. Les derniers passants se dépêchaient de rentrer chez eux pour retrouver leurs lits. Et moi, alors que le crépuscule touchait à sa fin, je m’aperçus que je m’étais perdue.
    Un sentiment de profonde angoisse m’assaillit lorsque je m’en aperçus. Je n’étais pas encore bien vieille, à l’époque, souvenons-nous-en ; rapidement, une grande sensation de solitude et d’égarement s’empara de moi. Assis près de mes pieds, Alùz gémissait doucement en me lançant des regards interrogateurs. Mais lui non plus n’avait pas idée de l’endroit où mon Maître avait bien pu aller. Effrayée mais décidée à me sortir de cette situation, je m’étais forcée à me mettre en marche vers les quelques auberges encore ouvertes qui illuminaient les rues, où les ivrognes chantaient à tue-tête jusqu’à une heure avancée de la nuit. Tout plutôt que rester au milieu de la route plongée dans le noir, seule et perdue. Je passais donc devant plusieurs établissements bondés ; quelque fois, des humains me regardaient passer d’un air méfiant. Un elfe dans une citée humaine, c’était rare et ça ne courait pas les rues. Sous leurs regards et leurs airs effrayants, je n’osais pas demander mon chemin.
    C’est lorsque je tournais au coin d’une rue peu éclairée que j’entendis pour la première fois le bruit de pas qui me suivait. Retournant à un stade d’angoisse avancée, je me forçais à marcher normalement et tournais à plusieurs angles, histoire d’être sûre que ceux qui marchaient sur mes traces en avaient bien après moi.
    Après quelques minutes de ce manège, je dû me rendre à l’évidence : c’était le cas. Ils étaient humains, et ils étaient plusieurs.
    Je me laissais entraîner par mon instinct et, renonçant à toute discrétion, détalais comme un lapin à travers ruelles sombres et passages étroits, Alùz sur mes talons. J’étais rapide et agile : j’évitais facilement les obstacles qui se présentaient à moi. Seulement, j’étais jeune et peu endurante. Et eux, bien que moins rapides que moi, étaient adultes et connaissaient la ville comme leur poche.
    C’est ainsi qu’en tournant au coin d’une ruelle plutôt mal famée, je me retrouvais dans un cul-de-sac. Dans mon dos, j’entendis bien vite quelques exclamations victorieuses : ils savaient que j’étais prise au piège. Qui étaient-ils ? Sans doute des ivrognes trop soûls pour réfléchir de manière concrète. Mais ce fait, bien qu’ordinaire n’en était pas rassurant pour autant. Affolée comme la proie coincée dans son terrier, je cherchais du regard un moyen de m’en sortir. Le mur était bien trop haut pour que je puisse le sauter, bien trop lisse pour que je sois en mesure de l’escalader. J’eus beau chercher, je ne trouvais pas d’échappatoire. Comprenant l’urgence de la situation sans pouvoir m’aider, le chien noir tournait en rond devant moi en gémissant. Acculée, je finis par m’adosser au mur en m’efforçant d’avoir l’air déterminé.
    Tout ce que j’aurais pu ressentir comme détermination s’évanouit lorsqu’ils apparurent. Ils étaient trois, passablement éméchés ; l’un deux portait une torche. En me découvrant, l’un d’entre eux émit un sifflement appréciateur et un horrible sourire se dessina sur les lèvres des autres. En proie à une intense envie de pleurer, vomir, ou je ne sais bien quoi, je poussais un gémissement apeuré comme un chaton menacé par une hyène. Je glissais à terre en me protégeant la tête des mains, me collant au mur comme si j’avais voulu disparaître à l’intérieur.
    Alerté par ma peur, Alùz vînt se mettre en travers de la route de l’homme qui s’avançait vers moi en découvrant les crocs. Malheureusement, il n’était pas encore assez âgé pour inquiéter un homme adulte, et un violent coup de pied l’envoya rapidement valser sur le coté avec un couinement.
    Quant à moi, j’étais dans l’impossibilité physique de faire le moindre geste. Lorsqu’il m’attrapa l’épaule d’un geste brusque, je refoulais une irrésistible envie de vomir. Je ne voulais pas qu’il m’approche, bien que ne sachant pas ce qu’il voulait me faire. Je ne voulais pas qu’il me touche. Je voulais qu’il meure.
    Vous trouverez peut-être cela incroyable, mais à l’instant précis où je m’apprêtais à me mettre à crier, il y eut un grand éclair qui illumina un instant la ruelle comme en plein jour ; une immense flamme jaillit dans le dos de l’homme qui m’avait attrapée ; ce dernier s’immobilisa en écarquillant les yeux. Saisie, je sentis un instant le voile de la peur qui embrouillait mon esprit se déchirer, assez longtemps pour pouvoir humer l’odeur salée et métallique du sang frais. La lame d’une épée s’introduisit alors entre les côtes de l’être humain qui me tenait par l’épaule et aussitôt un flot de sang jaillit de sa bouche. Il tomba mort, les bras en croix, sous mes yeux horrifiés.
    A ce moment précis, je compris à quel point mon Maître pouvait paraître terrifiant. Moi-même, j’eus peur de lui pendant un bref instant ; mais j’avais eu bien plus peur des humains qui m’avaient attaquée, alors je ne m’en souciais pas longtemps. La seule chose qui m’importait, c’était qu’une fois de plus, il m’avait sauvée.


    Je crois bien que cet évènement est celui qui a fait germer dans mon esprit la graine de la haine que je nourris aujourd’hui à l’encontre de la race humaine. Les humains sont laids et cruels, c’est ce que j’ai appris. Ils prennent plaisir à violer les serments, saccager les vies et s’approprier ce qui ne leur appartient pas. Leur race est souillée ; c’est ce que je crois.
    De mes conversations avec mon professeur à ce sujet, il n’est pas ressorti grand-chose. Selon lui, je devais faire attention à ne pas avoir une vision trop subjective de la chose. Seulement, aujourd’hui encore, c’est l’un de ses rares conseils que je ne parviens toujours pas à mettre en pratique.


Dernière édition par Chrystal d'Yhvaald le Mer 11 Aoû 2010 - 23:29, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:04

    Chapitre III
    x Le chien de Garde x
    Après cet incident se développa ma haine pour l’espèce humaine. Mais ce n’est pas de cela dont il est question ici. A vrai dire, je m’interrogeais bien vite sur la manière dont mon Maître avait pu faire jaillir de nulle part le brasier qu’il avait allumé dans la ruelle obscure, où il était venu me secourir. J’étais également certaine d’avoir aperçu un éclair avant ce déferlement de flammes. Et il n’y avait pour moi aucun doute à ce sujet : le phénomène en lui-même n’avait rien d’ordinaire. J’interrogeai mon Maître à ce sujet dés notre retour à Lyzangard.
    C’est ainsi que j’appris la vérité sur les pouvoirs magiques des elfes. Les membres de mon peuple qui pratiquaient la magie l’avaient reçue du démon Loki, l’alter-ego maléfique de l’Ase Odin, qui en avait fait don au deuxième roi Vàngö, il y a bien longtemps. On les appelait « démonistes » : leurs pouvoirs étaient grands et leur apportait force et sagesse… mais la contrepartie, en échange de ce pouvoir, était l’impossibilité de rejoindre le Walhalla après la mort, et d’errer à jamais dans les limbes de la fille de Loki, Hel.
    Mon Maître était un « scientifique » avant tout. De fait, je n’avais pas grandi accompagnée de l’idée que les Ases étaient des Dieux tout-puissants qu’il fallait vénérer à tout prix. Leur existence elle-même me laissait sceptique jusque-là. Mais l’histoire des démonistes me fit admettre qu’en effet, il était bien possible que les Dieux existent, et, plus important, se mêlassent parfois des affaires des mortels. Voilà qui m’arrangeait bien.
    A l’époque, j’avais dépassé 50 ans, et je recherchais déjà le pouvoir. La force pour la force. Ou plutôt… disons que les connections force/connaissance/liberté avaient commencé à se former dans mon esprit. Je commençais à ressentir un intense besoin intérieur… le besoin de m’envoler, d’être libre et sans attaches.
    Mon Maître n’émit aucune objection lorsque je le priais de me révéler l’emplacement du temple de Loki. Il me laissait tracer le début de mon chemin seule tout en s’assurant que je ne m’égarais pas. Tant que ce n’était pas le cas, j’étais libre de mes choix.
    Je me présentais donc un jour de Vihm devant l’héritier de Vàngö, au sein du temple obscur du démon Loki ; les démonistes lui vouant un culte – normalement, un lieu de « prière » avait forcément dû être édifié. Ce temple noir dormait au fin fond de la forêt, et je n’y parvins avec Alùz qu’après deux jours de marche tranquille. Là, je reçus comme beaucoup d’elfen avant moi, le don de l’esprit malin.
    Lorsque je revins auprès de mon Maître, mon entrainement repris avec un facteur supplémentaire : la magie.
    J’étais douée dans cette matière ; je progressais plus vite qu’à l’escrime où j’avais les premiers temps rencontré quelques problèmes. Mais j’étais jeune et j’avais tout mon temps devant moi – du moins, le pensais-je – pour me perfectionner. Mais mes pouvoirs restaient limités.
    Car - et je n'appris que plus tard que cela en était la cause, à cette époque, je ne croyais pas. Pour moi, si la magie pouvait couler dans certains membres du peuple elfique, c'était parce que Dame Nature comblait parfois les vides laissés dans la création ; et grande était la honte pour mon peuple de ne pas disposer du pouvoir naturellement.
    Non, à cette époque, je ne croyais pas. Je pensais que ça n'avait pas d'importance. J'avais tort.

    Je ne me souviens plus comment ce désir secret devînt le but de ma vie. La liberté. La liberté d’aller où il me plaisait, sans attaches, sans lien et sans frontières, devint ma principale préoccupation. Je ne voulais pas me laisser enchaîner au sol. Je voulais m’envoler. Très vite, le moyen de mettre ce rêve en œuvre s’imposa à moi ; je n’avais besoin que de deux choses. La connaissance, qui me permettrait de savoir plus de choses que nul autre avant moi sur le monde. Cette connaissance, je la voulais depuis toujours ; je voulais m’imprégner des secrets de cette terre, je voulais découvrir ce que le monde me cachait. Et je voulais aussi la force. La force qui donnait le pouvoir de n’être mis au pas par personne, de n’être dominé par aucun être sur terre. Le pouvoir pouvait me donner la possibilité d’être libre.
    Néanmoins, pour le moment, être libre m’était impossible. Alors je restai auprès de mon Maître pour apprendre encore et toujours.
    A cette époque, il se révéla plus sur le qui-vive qu’à l’habitude. Les raisons des voyages que nous entreprenions semblaient le déranger, et quelques fois, nous dûmes nous défendre contre des attaques au-delà des frontières de Lyzangard. Je compris bientôt que l’homme que je servais depuis ma plus tendre enfance avait des ennemis. Bien que j'en ignore la raison.
    La première fois que je tuais pour lui, j’avais 63 ans. Ma première victime fut un humain masqué sur les terres de Midgard ; je lui ôtais la vie sans les remords que j’aurais éprouvés à briser celle d’un animal. Certains trouveraient sûrement cela horrible, mais pour moi sa vie était insignifiante à coté de ce que je voulais protéger, ou même face à celle des bêtes qui partageaient mon temps libre entre les arbres d’Aranwë. A compter de ce jour, je tuais encore en de rares occasions lorsque je voyageais avec mon Maître. Plus j’allais en grandissant, plus je désirais l’aider dans sa tâche qui m’était inconnue. Je devins son ombre. Son chien de garde.

    *
    * *
    Faisons un petit retour en arrière. Je perdis la vue de mon œil gauche l’année de mes 54 ans. Je crois bien que c’était un Centarus d’Ark. Je crois bien, parce que j’ai le souvenir de belles fleurs blanches à peine écloses tandis que je m’amusais à pourchasser un Eskuriax Parfumé en sautant agilement de branches en branches tandis que la minuscule bête rose s’enfuyait de toute la vitesse de ses petites pattes en couinant, mimant une terreur absolue. Il m’arrivait souvent de jouer avec les animaux de la forêt, dangereux ou non. Maintenant que j’avais une plus grande connaissance du monde qui m’entourait, je courais moins de risques qu’autrefois et j’étais donc plus libre de mes mouvements. La forêt n’avait quasiment plus de secrets pour moi ; je connaissais toutes les plantes qui y poussaient, tous les animaux qui y vivaient. Si je n’avais pas toujours vu les plus rares d’entre eux, il m’était régulièrement arrivé de mettre un Morbol en fuite, et une fois, j’avais même failli me faire écraser par l’esprit d’Aranwë qui ne regardait pas où il mettait les… pattes. Mais passons cet épisode, si vous voulez bien.
    Enfin, dans l’ensemble, j’occupais tranquillement la plupart des mes journées sédentaires, avec les Eskuriax qu’Alùz adorait pourchasser en avoyant furieusement.
    Cependant, ce jour-là, je fis une mauvaise rencontre.

    Je m’aperçus du danger lorsque, perchée sur une branche et observant ma « proie » en contrebas, je ressenti un changement d’attitude de sa part. Soudain, les couinements simulés de l’Eskuriax devinrent réels, et la petite bête fit volte-face et s’enfuit à toutes pattes. Interdite, je le regardais disparaître dans les fourrés sans bouger de mon perchoir, me demandant ce qui avait bien pu provoquer sa fuite. Tout d’abord, je crus qu’il s’agissait du Morbol qui nichait dans le coin et répandait par tout temps une infecte odeur de pourriture autour de lui, mais celui-ci, visible à quelques mètres de là, semblait endormi. Visiblement, il n’était pas la menace concernée.
    C’est alors que, fouillant les buissons du regard, j’aperçus un groupe de taches sombres et mouvantes qui ondoyait entre les arbustes feuillus. Me penchant un peu pour les observer, je compris ; il s’agissait d’un groupe d’Hyènes, 3 à première vue, de passage dans le secteur. Notre chère petite boule de poils rose les avait sans doute senties avant moi et avait pris ses pattes à son cou pour regagner son nid comme la plus élémentaire prudence le lui conseillait. En ce qui me concernait, je pris la décision de ne pas bouger de ma cachette avant le départ des trois animaux. Je ne les craignais pas spécialement : l’entente cordiale animal/elfe n’est pas un mythe sans fondement comme beaucoup de légendes. Cependant, au cas où, je préférais autant que possible garder mes distances avec les carnivores. Surtout ceux qui faisaient ma taille.
    Mais bref.
    Enfin, cela vous surprendra ou non, en tout cas, sachez que je n’eus pas vraiment le choix… car il s’avéra que, comme tout bon canidé qui se respecte, Alùz était rigoureusement incapable de grimper aux arbres. Logique, me direz-vous. J’avais simplement oublié ce petit détail.
    Donc, manque de chance, mon petit chiot – d’environ 9 ans, si vous voulez tout savoir – se retrouva au pied de l’arbre où je m’étais réfugiée, face à trois bêtes d’une tête de plus que lui, visiblement affamées. Quand je vous disais que je n’avais pas eu le choix.
    Résignée à devoir affronter les trois Hyènes, je me laissais glisser à bas de mon chêne pour venir me placer devant un Alùz toutes griffes dehors, les mains tendues en avant pour montrer que je n’étais pas armée. Refoulant ma crainte, je tentais de calmer les trois carnivores par des paroles tranquilles en leur communiquant mentalement des intentions pacifiques.
    Ca aurait pu marcher si quelque chose n’avait pas à ce moment précis fait fuir en hurlant le Morbol assoupi à l’autre bout de la clairière. Aujourd’hui encore, l’un de mes buts principaux dans la vie est de retrouver l’abruti qui a osé réveiller cette satanée bestiole et lui faire passer le plus mauvais quart d’heure de sa vie. Mais passons.
    Donc, j’étais en pleines délibérations avec mes collègues charognards lorsque la plante gigantesque fut réveillée en sursaut. Vous avez déjà entendu hurler un Morbol ? Celui-là nous passa sous le nez à toute vitesse en faisant tout un tas de bruits bizarres – comme tous les Morbols – et me surprit à un point tel que je sursautais. Il faut dire que sur le moment, j’étais assez crispée. Le résultat fut qu’un déluge de flammes s’échappa soudain de mes mains tendues, répondant automatiquement au choc émotionnel dont je venais d’être victime, et carbonisa de moitié l’Hyène en face de moi. La bête s’écroula au sol en aboyant de douleur tandis que je sautais en arrière, horrifiée par mon geste. Les représailles ne se firent pas attendre. Toutes griffes et crocs dehors, les deux camarades de l’animal blessé furent sur Alùz et moi en une seconde.

    Lorsque la bête à l’échine brune me renversa dans l’herbe, le monde sembla basculer et il ne resta autour de moi que confusion, tornade de poils rêches qui m’écorchaient la peau, et de crocs qui cherchaient à me déchiqueter ; je ne voyais plus rien, et ce n’était qu’une question de secondes avant que la bête ne trouve ma carotide pour la trancher. Tout en tentant désespérément de résister à la pression de l’Hyène qui cherchait ma gorge avec avidité tout en me lacérant les membres de ses griffes, mes doigts tâtonnaient à ma ceinture, cherchant avec fièvre la poignée de mon épée. J’entendis soudain Alùz pousser un grand cri de douleur, et une odeur de sang me parvînt, brisant ma concentration ; mes bras cédèrent sous le poids de l’Hyène qui me jeta ses griffes au visage avec un aboiement de triomphe, au moment même ou mes doigts gourds empoignaient la poignée de métal froid. Le monde éclata en un tourbillon d’étincelles rouges, et j’eus la sensation d’une arme en métal chauffée à blanc appliquée sur mon visage ; un hurlement de souffrance m’échappa tandis que le sang se mettait à couler à flot de ma blessure. J’ignore comment, alors que la bête allait m’achever, j’eus la force de redresser mon arme pour la planter dans son abdomen. Son sang se mêla soudain au mien, elle hoqueta, sembla s’étouffer, puis s’affaissa sur ma poitrine en un pesant poids mort qui faillit me faire suffoquer. Je restai à terre quelques secondes qui me parurent des heures, à peine consciente que les bruits de lutte autour de moi avaient disparu.
    Lorsque je compris enfin à quel point je manquais d’air, je grognais et tentais de me dégager de sous la carcasse en la poussant sur le coté, ce qui eut pour seul effet direct de faire jaillir une nouvelle gerbe d’étincelles rouges dans l’extrême gauche de mon champ de vision. Epuisée, une main sur mon œil douloureux, je haletais ; tant bien que mal, je finis tout de même par me dégager et roulais sur le coté dans l’herbe sanglante, hors d’haleine. Je me remis péniblement en position assise tout en continuant de compresser la plaie qui ne cessait de saigner et cherchais mon compagnon du regard. Avec un faible grondement, Alùz se remit lui aussi sur ses pattes et s’écarta de la dépouille moitié calcinée/moitié déchiquetée de feu son adversaire, qui avait dû lui sauter dessus en reprenant ses esprits. La troisième Hyène avait disparu, sans doute peu tentée par un combat à deux contre un.
    Trainant la patte, le chien au poil sombre vînt s’asseoir près de moi et je lui flattais l’encolure. Il me rendit un regard curieux, car – je le compris aux sensations qu’il me communiqua – il ne parvenait pas à comprendre d’où venaient les larmes qui roulaient sur mes joues.
    J’avais tué un animal ; cette idée tournoyait dans ma tête et me remplissait de regrets. J’aurais pu éviter sa mort mais je n’avais pas réussi ; de plus, il avait réussi à me blesser sans effort avant de rendre l’âme. Je me sentais plus faible et inutile qu’un nouveau-né.

    Lorsque je rentrais ce soir-là, la tunique trempée de sang, mon Maître me lança un de ses rares coups d’œil intéressés et me demanda ce que j’avais bien pu faire pour me retrouver dans un état pareil. La question était justifiée, cela dit. Je lui racontais l’histoire pendant qu’il soignait mon œil blessé. Lorsqu’il passa à la patte cassée d’Alùz, je restai assise sur une chaise, à ruminer.

    « Finalement, je n’avais pas le choix. » Je ne reçus pas de réponse, mais son silence était approbateur.

    J’avais eu raison, parce que c’était l’Hyène ou moi. Et la loi de la nature implique de tuer son prédateur, ou mourir ; or, accepter sans regimber d’être tué n’est pas inclus dans la loi de la nature. Donc, ce que j’avais fait n’était pas une mauvaise chose en soi ; même si je regrettais tout de même d’avoir eu à tuer cet animal.
    Lorsque ma blessure guérit, je pris conscience que mon œil gauche ne captait plus la lumière du soleil. Les griffes de l’Hyène avaient tracé en diagonale sur ma paupière deux cicatrices parallèles, dont la plus éloignée du centre du visage courait le long de ma tempe jusqu’à la base de l’oreille. Heureusement, grâce aux soins que j’avais reçus, ces cicatrices ne resteraient pas trop visibles. Ce n’était pas par soucis de beauté que je pensais cela, plutôt par commodité : une femme avec des cicatrices sur le visage est aisément reconnaissable. Pour plus de discrétion, je pris l’habitude de cacher mon œil gauche derrière une de mes mèches de cheveux comme le faisait mon Maître – eh oui, vous avez compris maintenant ? d’autant que parfois lui apparaissaient des images qui me troublaient. Ce n’était sans doute qu’une illusion imposée par mon cerveau, mais ces images me mettaient tout de même mal à l’aise.
    Quoi qu’il en soit, ce soudain handicap me permit d’affiner mes techniques de combat. En effet, peu après cet incident, un soir – j’eus une certaine impression de déjà-vu, d’ailleurs, mon Maître se leva et me lança un sabre d’un geste qui me parut flou.

    « Défend-toi ! »
    J’avoue avoir laissé échapper un juron de mauvais goût. Il me sembla que l’entrainement avec un seul œil me laissait beaucoup plus meurtrie et avec le double des bleus que je récoltais lors de mon initiation à l’épée. Mais c’était nécessaire pour me permettre de reprendre le contrôle de mes mouvements ; à cette époque, il m’arrivait souvent de me cogner dans les meubles ou de mal calculer les distances. Pour un escrimeur, le moindre déséquilibre peut être fatal, néanmoins : je devais absolument surmonter cette difficulté.
    Toutefois, le fait de ne plus voir du coté gauche me permettait d’affiner mes autres sens de ce coté-là ; bientôt, je fus à même de « ressentir » quand quelque chose s’approchait de moi par mon angle mort. Ce n'était pas à proprement parler un sixième sens, plutôt un rassemblement de facteurs, tels que l'environnement dans lequel je me trouvais, l'ennemi, le bruit ambiant... A force d’entrainement sur de (très) nombreuses années, je parvins à devenir quasiment plus sensible et alerte de ce coté-là que du droit, même si ça n'est toujours pas comparable à l'aisance que j'avais lorsque je possédais mes deux yeux. D’ailleurs, c’était plutôt forcé, vu que du coup tout le monde m’attaquait à gauche. Mais passons.

    *
    * *
    Je me souviens bien d’un soir où nous étions tous deux à l’intérieur, lui à lire un de ses livres, moi avachie sur un fauteuil, le sabre à la ceinture – une mauvaise habitude, en train de taquiner Alùz de la pointe de ma botte, pendant que ce dernier se roulait sur le sol en grognant.
    « Est-ce que c’est important, de savoir qui sont ses parents ? » La question en elle-même n’avait pas de but précis. Etait-ce par simple curiosité ?
    Aujourd’hui, j’ai encore beaucoup de mal à savoir ce que je ressentais pendant cette période. J’étais encore dans le flou, voyez-vous ; je ne savais pas bien quelle allure avait ma route, ni quel était mon but final.
    Il avait refermé son livre avant de me répondre ; je crois bien que son rôle à lui, c’était de me mettre sur cette voie.

    « Pas vraiment. »
    « Tu connaissais mes parents ? »
    Je le tutoyais et vouvoyais par à-coups.
    « Non. »
    Le silence était retombé, tandis que je fixais la flamme vacillante de la bougie. Elle dansait, se gondolait et se tordait en tous sens sans cesser de brûler. Je me demandais combien de temps elle aurait la force d’exister.

    « De toute manière, les liens, ce n’est qu’un poids dans la recherche de la liberté, non ? Avoir un lien de famille avec quelqu’un, c’est lui devoir quelque chose, donc forcément, cela forme une attache… Comme pour la loyauté ou l’esprit patriotique. »
    Il ne répondit pas à cette phrase monologuée. Je continuais de fixer la flamme d’un air pensif.

    « Ce n’est pas une mauvaise chose, au fond. Mais si on n’en a pas depuis le début, c’est une chaîne de moins qui rattache au sol… »
    « Ca dépend. »


    J’hochais la tête.

    « Tout est question de point de vue, » murmurais-je avec un imperceptible sourire. « Il y a force et force. La liberté dépend des liens qu’on tisse. »
    Je crois bien que lui aussi avait souri, à ce moment-là. Peut-être que j’avais compris quelque chose d’important. Personnellement, j’avais eu l’impression de toucher le début de ma liberté du bout des doigts. J’étais loin, encore bien loin de ce qui détacherait mes ailes. Mais j’étais au commencement du chemin.
    En tout cas… il y avait une chose dont j’étais certaine. Si je devais vivre libre sans attaches, il y aurait au moins un lien que je ne briserais pas. Une unique chaîne comme preuve de ma mortalité ; celle qui me reliait à lui. Car tant qu’il aurait besoin de moi, je serais là pour lui servir d’ombre, d’arme, de pouvoir. Car tant que j’étais près de lui, tout ce que je pouvais accomplir était à sa disposition. J’étais le chien du bourreau, l’ombre du juge.

    *
    * *
    C’était un jour de Lumi. Maintenant que j’y songe, c’était un peu comme le reflet du premier jour. Il neigeait, chose rare à Lyzangard, et la forêt était recouverte d’un épais manteau blanc. La veille au soir, mon Maître m’avait annoncé qu’il partait pour un voyage, comme souvent ; je ne venais pas avec lui. Comme toujours, je devais avoir cet air déçu de l’animal qu’on laisse à la niche, car il m’avait lancé un de ses rares sourires teinté d’une once d’ironie.
    Je me souviens d’une étreinte irréelle dans le froid, puis de sa silhouette qui s’éloignait. Un geste de la main sous les flocons, la fumée de mon souffle en une buée blanche. Je me souviens d’un sentiment d’absence anormal…
    Je sais que j’étais restée dans la forêt avec Alùz jusqu’à la fin de Lumi. Je me souviens du matin où il était venu s’asseoir devant moi, assise n’importe comment dans un fauteuil – les jambes par-dessus le dossier, et m’avait fixé avec insistance jusqu’à ce que je lui rende son regard. Lui comme moi savions que mon Maître ne reviendrait pas ; tout comme je l’étais, ce n’était pas le genre de personne qu’on pouvait retenir. Tout comme je souhaitais l’être, il était libre. Plus libre que je l’aurais jamais cru. Je ne savais pas si je le reverrais un jour ; je l’espérais, simplement.
    Mais je n’allais pas me mettre à sa recherche. J’allais me mettre en route, mais pour trouver ce que je voulais obtenir. J’allais chercher la force de voler de mes propres ailes et de briser toutes les chaînes qui auraient eu la possibilité de les retenir.
    J’étais un chien sauvage libéré de sa cage ; un loup remis en liberté.
    J’avais pris mes affaires le jour même. Et après avoir jeté un sort devant la maison pour que nulle être vivant n’y pénètre, j’étais partie, tout simplement. Car être libre, c’est aussi agir sur ses coups de tête. Je voulais être libre d’aller où je voulais et quand je voulais.

    C’est en courant, Alùz sur mes talons, que je m’élançais à la conquête du monde.


Dernière édition par Chrystal d'Yhvaald le Mer 11 Aoû 2010 - 23:30, édité 6 fois
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128 ans
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Deux dagues, un arc et quelques affaires importantes, ainsi qu'un chien - qui n'est pas un équipement en soi.


* * *

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:04

    Chapitre IV
    x Recherche x
    J’avais 72 ans lorsque je partis sur les routes avec pour seul bagage un sac contenant deux livres, des vêtements de rechange et divers objets indispensables à la survie, un gros chien noir de race indéterminée en guise d’ombre. A partir de ce jour, je cherchais force et connaissance en parcourant Lyzangard, Mitgard et même d’autres pays plus lointains. Mon Maître m’avait laissé une forte somme d’argent avant de me quitter ; s’il y avait quelque chose que j’avais compris en fréquentant d’autres peuples à ses cotés, c’était bien que sans argent, on pouvait difficilement vivre et encore moins vivre sans aide. Or, vivre sans être liée à personne était ce que je convoitais. Je me devais donc d’avoir toujours de quoi me nourrir, au moins, pour ne pas avoir besoin de demander du secours à qui que ce soit. De toute manière, je n’étais pas du genre dépensière. Je vivais comme une vagabonde, passant mes journées sur les chemins, dormant dans des auberges ou à la belle étoile. Plus souvent à la belle étoile d’ailleurs.
    Je me mêlais à tous les genres, à toutes les races. Je fréquentais les gitans et les voleurs, les braconniers et les maraudeurs. En quelques mots, les « hors société » qui vivaient à leur guise malgré les lois et les interdits. J’aimais bien les gitans qui vivaient en marge des villes, selon leurs propres codes de conduite. Il m’arrivait régulièrement de me mêler à leurs caravanes pour danser avec eux devant le feu et dormir à leurs cotés sous leurs roulottes. Mais bon... je dis "j'aime bien"... mais ils restent humain malgré tout. La vérité est que, si j'appréciais leurs coutumes et leur liberté... ils n'en restaient pas moins à mes yeux de cette race qui souillait la planète. C'est comme ça.
    J’avoue de bonne grâce que pour survivre – vu que je m’étais promis de ne pas trop entamer mon pactole secret, je me retrouvais souvent contrainte à voler, accompagnée, de temps en temps, de quelques miséreux ou voleurs de grands-chemins.
    Je fus, de fait et plus souvent qu’à mon tour, forcée de fuir aussi vite que mes jambes le pouvaient. Je me souviens de quelques échauffourées dans lesquelles j’avais dégainé ma lame, de quelques duels que j’avais perdus ou remportés. Je me souviens avoir été engagée comme mercenaire, assassin, avoir failli être pendue deux fois et perdre la main droite une autre.
    J’appris beaucoup de cette manière. J’appris à survivre les nuits d’hiver, à chasser de manière à toujours pouvoir me nourrir. J’appris plus de façons de tuer que je ne peux en citer, plus de poisons qu’il y a d’étoiles dans le ciel. Tout ce qui touchait au brigandage et au vol. Et plus largement, tout ce qui touchait aux mille et unes manières de sauver sa peau lors de situations épineuses.
    Mais je parcourus ainsi la terre 10 ans durant ; vous devez vous douter que ce ne fut pas les seules choses que j’appris.

    J’eus de nombreux noms, que je ne citerai bien évidemment pas ici, la raison la plus basique étant qu’un tiers d’entre eux est recherché pour divers crimes, et qu’un autre tiers n’a pas spécialement envie d’être retrouvé par les gens importants auxquels elle a déjà eu du mal à échapper. Il m’arrive encore de croiser une prime pour la tête d’une certaine Eleha ou Aliénor… en général, je passe devant ce type d’annonce sans m’arrêter.
    Enfin, laissons ce sujet de coté si vous voulez bien.
    Si ma vie sous le ciel m’offrait la force, la connaissance me fut offerte d’une autre manière. Par la persévérance, surtout. Je commençais par écumer comme un véritable fléau toutes les bibliothèques dans lesquelles je pouvais pénétrer. Je dévorais tous les livres qui me passaient sous la main, quels qu’ils soient, avec une avidité qui m’effrayait parfois moi-même. Cette soif de connaissances était insatiable ; je ne pouvais l’apaiser. Peu à peu, les ouvrages courants ne me satisfirent plus non plus. Il restait dans mes connaissances plus de zones d’ombres que je pouvais les compter, malgré mon assiduité à débusquer jusqu’aux endroits les plus secrets la moindre parcelle de connaissance qui pourrait combler les vides dans mon esprit.
    Mais bien entendu, ça ne pouvait pas être si facile : beaucoup de lieux de savoirs m’étaient interdits. De nombreux livres se cachaient dans la collection de riches particuliers, et certaines bibliothèques étaient privées. Mon maître n’étant plus là pour me guider, je devais me débrouiller seule. C’est là que je fus forcée de recourir à la ruse.
    Amadouer, se faire des amis… je n’étais pas très bonne à ce jeu, mais j’essayais tout de même. Ne rencontrant que peu de résultats, je me tournais vers ce que je connaissais le mieux : l’art du vol et celui qui se rapprochait le plus de l’espionnage. Moyennant quelques pièces, j’obtenais les services d’anciens amis. Ou d’amies, habile à entortiller les nobles autour de leur petit doigt. Je faisais de ce « passe-temps » un véritable trafic entre mercenaires et voleurs de basse échelle. J’avoue aussi avoir pénétré sans autorisation, plus de fois que je ne puis les compter, dans des bibliothèques privées et les lieux interdits.
    Tout cela pour dire que de cette manière, je pu consulter de multiples ouvrages anciens et d’autres plus récents, tous traitant de sujets variés sur le monde qui m’entourais. J’étais avide de connaissance, je voulais tout savoir. Quelle plante poussait à quel endroit, quel animal possédait quelles capacités… Je voulais que ce monde me livre tous ses secrets.
    Mais bien entendu, à ma plus grande frustration, je ne puis pas fracturer toutes les entrées et accéder à tous els savoirs qui m’attiraient. Et encore aujourd’hui, en pénétrant dans un de ces lieux où les livres règnent en maîtres, il m’arrive de me demander si l’entièreté de ma vie suffirait à tous les consulter.
    Je me perfectionnais à l’épée, à l’arc, au sabre. J’emmagasinais de multiples connaissances sur tout ce qui m’entourait. Le savoir et l’habileté grandissaient lentement, mais sûrement. La seule chose que je ne pouvais comprendre, était pourquoi ma maîtrise de la magie ne s’élevait pas à la hauteur de mes attentes.
    Pendant dix ans, je sillonnais la terre. Partie de Lyzangard, je me rendis à Lleya la cité blanche, puis je traversais les montagnes d’Ymir pour suivre les frontières de Novigard et regagner la forêt d’Aranwë. J’explorais Lyzangard tout entier, puis Midgard.

    Mon compagnon de toujours perdit la vie alors que nous revenions à Lyzangar pour la première fois depuis notre départ. J’oubliais parfois, en l’ayant toujours à mon coté, qu’il n’avait pas la même espérance de vie que moi. Alùz rendit donc l’âme paisiblement là où nous avions toujours vécu lui et moi, selon la loi de la nature. Je mentirais en disant que son départ ne me fit pas de mal. Je n’avais jamais – ou presque – connu la mort d’un ami de longue date. Je me souviens l’avoir beaucoup pleuré.
    Cependant, il m’avait laissé comme en héritage plusieurs portées de chiots qui habitaient avec leur mère dans la remise derrière la cabane avant l’âge de partir explorer le monde seul. Lorsque mon ami me quitta, sa compagne était déjà partie avant lui, mais trois de ses chiots vivaient encore non loin de moi.
    Au moment de partir, je leur demandais si l’un d’entre eux désirait m’accompagner dans ma quête ; lorsqu’une fois encore je m’élançais sur la route, une toute jeune louve au poil neigeux courut à ma suite en aboyant à tue-tête.
    Elle s’appelait Alwine, « la noble amie », ou le féminin d’Alwin, « de noble origine ». Elle avait de très doux yeux gris et une bonne humeur à toute épreuve. Je l’aimais immédiatement, comme j’aimais tous les enfants d’Alùz, et elle me le rendit bien.
    Nous nous dirigeâmes vers les Terres sauvages et traversâmes de moitié le Désert de Noctis avant de remonter vers les plaines de Nebesha et Rig, car la chaleur n’avait jamais été mon truc. JJe traversais le royaume des hommes de part en part avant de m’aventurer sur les terres froides et obscures de Novigard. Autant vous dire que dans les premiers temps, je me sentis plus proie qu’autre chose parmi tous ces prédateurs aux longs crocs et aux yeux rouges du sang de leurs ennemis. Pour eux, je n’étais guère autre chose qu’un simple repas. Je me rendis donc compte qu'il était à priori impossible de... euh... "cohabiter", sinon sympathiser avec eux. Impossible.
    C'était pas drôle. Mais j’eus - si étonnant que cela puisse paraître – cependant de la chance lors de mon passage sur leurs terres. Je faillis plusieurs fois finir dans l’assiette, si vous voyez ce que je veux dire ; mais la chance dont je parle réside dans le fait que je me retrouvais – bien contre mon gré, d’ailleurs - mêlée à une histoire assez glauque impliquant deux groupes de ces êtres à sang froid. En soit, c’était plutôt une mauvaise chose : mais j’eus l’occasion de m’allier à un jeune homme du parti le moins puissant et – bien malencontreusement, j’en conviens, de lui sauver la vie.
    Je vous jure que c'est vrai. Et que je ne l’ai pas fait exprès.
    Etrangement, malgré notre relation disons très… tendue, il accepta de mauvaise grâce de reconnaître qu’il avait une dette envers moi. Depuis ce jour, il m’arrive – je le confesse – parfois de passer chez lui pour le simple et unique plaisir de l’ennuyer.
    Vu qu'il vit hors de la capitale elle-même depuis la petite affaire que je vous ai citée - en fait, avec une partie de sa famille, il réside plus près de la frontière avec Midgard qu'autre chose, je cours un peu moins de risques de me faire... euh... chasser. Je préfère faire attention parce que je ne suis pas sûre - ou je ne pense pas - que la personne dont je parle me donnerait un coup de main face à un membre de son peuple. Depuis cette époque, je suis passée chez lui... trois fois en tout. Ca peut paraître peu... ça ne l'est pas pour des créatures vivant trèès longtemps. Et je suis prête à parier que lui trouve les intervalles entre mes visites encore moins longues que moi, vu la tête qu'il tire chaque fois qu'il m'entend dégringoler dans sa cheminée. Mais passons.
    Je ne fais que très peu de concessions concernant les autres peuples ; les elfes sont les seuls qui me semblent réellement dignes de vivre sur cette terre. Cependant, les buveurs de sang sont la seule race que je puisse admirer en dehors de mon peuple, pour leur force et leur espérance de vie si longue.
    Ce n’est pas pour cela que je les aime. Et ils sont un peu trop dangereux à mon goût.

    Lorsqu’enfin je quittais leurs terres obscures, je remontais en suivant la côte, traversant les montagnes. En coupant le massif d’Ymir, je parvins près du Sanctuaire qui y trônait. Mon Maître m’avait parlé de cet endroit, dont la légende raconte que le fils de Loki en personne y serait enfermé. J’aurais voulu explorer ce labyrinthe qui m’attirait mais, devant les crocs et les griffes des gardiens du temple, je choisis... avec sagesse, de renoncer à mon projet… pour un temps. Lorsque ce genre de chose m’arrivait, ou lorsque je rencontrais un phénomène qui m’était inconnu, je prenais pleinement conscience de ma petitesse - avec un peu d'agacement tout de même. Je me demandais avec émerveillement combien de vies il faudrait vivre pour pouvoir tout découvrir et tout admirer. Le monde était si vaste qu’il me semblait impossible de pouvoir l’explorer dans ses moindres détails en une seule vie. Et je me demandais comment je pourrais y parvenir.

    *
    * *
    Je citerai alors un épisode qui vaut la peine d’être raconté. Cet incident se déroula en Midgard, entre les montagnes d’Ymir et la forêt de Tleïar.
    A cette époque, je ne croyais pas en Loki, le Dieu de tous les démonistes. Je crois l’avoir déjà mentionné.
    En ce temps-là, j’étais jeune et plutôt neutre en ce qui concerne la religion. Pour moi, les Dieux étaient plus des entités endormies dans les cieux, dont les désirs étaient encore appliqués sur la terre, que des créatures surpuissantes capables de foudroyer les pécheurs d’un regard. Je doutais même parfois de leur existence.
    J’avais tort. J’ignorais que le culte démoniste créait un lien entre l’elfe et ses pouvoirs magique et l’entité qu’il révérait.
    Cet incident me fit changer d’avis.

    Alwine sur mes traces, je descendais les flancs de la montagne la plus à l’est de la chaîne, descendant vers les terres plates et boisées de Midgard, lorsque le sol céda brusquement sous mes pieds ; je fus précipitée dans une crevasse traîtresse, faille béant dans les flancs déchiquetés de la montagne. Je fis une chute incroyable, qui me parut durer une éternité, puis perdis conscience et heurtant le fond de la faille.
    Lorsque je me réveillais, l’obscurité était toujours là. Une noirceur froide et humide, vicieuse et glissante comme la peau d’un serpent. J’avais violemment heurté la roche et souffrait de plusieurs plaies à la tête et au dos. Mais j’étais vivante.
    Lorsque je relevais la tête, la distance qui me séparait du morceau de ciel que j’apercevais au-dessus de la faille me coupa le souffle. Dans l’obscurité, j’effleurais ma peau et me pinçais pour en être certaine. Mais j’étais bel et bien vivante
    Vivante et enfermée dans le noir.
    Déjà, les ténèbres m’oppressaient. Je tentais de me convaincre que je n’avais pas peur du noir et tâchais d’ignorer toute cette obscurité qui m’entourait. Marmonnant quelques mots, je fis appel au don maudit des elfes, dans l’espoir d’éclairer les lieux. A ma grande surprise, aucune lumière ne jaillit. Pas même une faible lueur. Incrédule, je fixais mes mains sans les voir, sentant un frisson glacé courir le long de mon échine. En proie à un sentiment d’angoisse, je tentais à plusieurs reprises de faire appel à la magie, sans résultat.
    Je me sentis encore plus seule, minuscule et désarmée qu’auparavant. Les ténèbres m’entouraient.
    Pour tenter des les oublier, et surtout de les laisser derrière moi, je me levais avec difficulté et cherchais une sortie, un tunnel qui puisse me faire quitter cet endroit.
    Au bout d’investigations dont je vous passe le détail, je me trouvais à l’entrée d’un souterrain qui semblait s’enfoncer dans le massif montagneux. Utilisant toute la voix que je retenais dans ma gorge, j’hurlais à Alwine de ne pas bouger ; j’allais sortir par mes propres moyens. Je voulais y croire à tout prix.

    Dans toute cette obscurité, comme du plomb fondu autour de mon enveloppe charnelle, je me sentais plus perdue que le mot même ne le signifie. Je trébuchais sans cesse sur le sol inégal, ne voyant pas où j’allais : mes yeux ne s’habituant pas aux ténèbres, je déduisais qu’aucune source de lumière ne se trouvait à proximité. Cela resserrait encore l’étau qui me compressait la poitrine.
    Au bout de ce qui me semblait des années et des années de marche en aveugle – j’avais perdu toute notion du temps, je me laissais tomber dans le tunnel, contre une paroi. Autour de moi, rien d’autre que le silence et la pierre. Au-dessus, la masse énorme de la montagne qui pesait sur ses galeries souterraines. Je pouvais presque la sentir m’écraser. J’étouffais.
    Ce moment est pour moi confus. Comme un délire ; une crise de folie. Je hurlais. J’appelais tous ceux qui pouvaient être en mesure de me sauver, même si là où j’étais, rien ni personne ne pourrait, à l’évidence, m’atteindre. Le désespoir finit par m’acculer et je restais seule, perdue, à bout de forces. Je pensais réellement, pour une fois, qu’il me serait possible de mourir dans les entrailles de cette terre que j’aimais tant.
    Je ne sais combien de temps je restais dans le noir. Pendant toute cette durée, les pensées tournoyaient dans mon esprit en une spirale sans fin. Je cherchais quelque chose à quoi me raccrocher.
    Contre toute attente, le visage de l’héritier de Vängo me revint alors en mémoire. Les mots qu’il adressait à son Dieu auxquels elle n’avait prêté qu’une oreille distraite.
    Enfin, dans l’obscurité totale et immortelle, tenue par l’esprit malin, piégée par celui auquel je n’avais pas fait don des hommages qu’il demandait en échange de mon pouvoir, je prononçais le nom du démon qui m’avait fait cadeau de ce dernier.
    Lorsque plus rien ne rattache un être au monde, il est capable de se tourner vers n’importe quelle entité qui puisse lui offrir le salut. Je n’appellerais pas la vérité qui emplit ma tête alors une « révélation ». Mais lorsque la lumière jaillit dans mes mains en coupe, éclairant le boyau obscur, je fus persuadée que quelque part, Loki m’avait entendue.
    S’il m’avait sauvée, ce n’était certainement pas par bonté d’âme. Je lui devais quelque chose en échange. C’est ainsi que, lorsque mes pas retrouvèrent la lumière du jour, une nouvelle certitude avait pris place dans mon esprit.
    Ce pouvoir ne m’avait pas été donné gratuitement. Loki voulait le retour de ce cadeau ; à moi de lui offrir.
    Je n’avais jamais prié sérieusement de ma vie. Je n’ai jamais « prié » cet être maléfique au sens où les humains adorent leurs Dieux. En revanche, je lui faisais don de ce que je possédais et lui adressais les hommages conformes à son souhait, malgré les protestations de la partie encore terre-à-terre de mon esprit.
    J’étais devenue ce que tout démoniste, être maudit, se doit d’être : adepte du culte.
    Et à compter de ce jour, mes pouvoirs recommencèrent à croître.

    *
    * *
    Je traversais Utgard au pas de course, sans pour autant croiser âme qui vive. J’étais certaine que les nains avaient conscience de ma présence, mais je ne m’arrêtais que pour manger et dormir, me nourrissant exclusivement de végétaux. Déduisant sans doute que je n’étais pas une menace pour eux, ils me laissèrent passer sans se montrer et je parvins au Nord de Midgard, là où tout avait commencé.
    Après une petite embrouille avec des Amazones, mais l’histoire ne mérite pas vraiment d’être relatée ici.

    Petit à petit, au fur et à mesure que je foulais du pied la terre d’Yggdrasil, je me rendais compte à quel point j’aimais cette terre. J’aimais, pour ainsi dire, chacune des vies qui y poussait, marchait, criait, galopait, mangeait, dormait, riait. Je me demandais parfois si vouloir tout connaître d’elle n’était pas trop présomptueux, avant de conclure que si elle désirait que je rebrousse chemin, elle me le ferait savoir. J’avais cependant de la répugnance pour les humanoïdes autres qu’elfes ; et je haïssais toujours la race humaine.
    Je n’ai pas l’intention de détailler toutes mes raisons ici. Cela ne ferait que prendre de la place inutile. Pour comprendre mes sentiments, il suffirait de regarder… mais je doute que ça soit suffisant.
    Lorsque j’atteignis le Sanctuaire de Bestla, je compris que j’étais au bout du voyage. Pas au bout de ma quête, bien entendu, mais ce voyage-ci était terminé.
    J’avais vécu, observé, vécu encore, et appris. Je m’étais battue, j’avais souffert et j’avais ri, tout cela en partant à la recherche d’une liberté que je touchais désormais de la main. Ce temps était écoulé.
    A présent, je me devais de trouver une autre forme de liberté, pour la conquérir comme j’avais commencé à le faire avec la première.
    C’est ainsi que, suivie de la fille de mon ami à quatre pattes disparu avant moi selon la fatalité, je traversais Midgard dans le sens inverse pour me rendre à Argos. Et là, la tête encore pleine de tout ce qu’il me restait à accomplir mais les yeux pleins de détermination – et peut-être d’un semblant de folie, je me heurtais à la plus grande puissance qu’il m’ait été donné de défier durant ma déjà longue existence : l’Océan.


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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:05

    Chapitre V
    x Par-delà les limites x
    Je m’embarquais tout d’abord sur un vaisseau elfique de moindre envergure, grâce à un contrat on ne peu plus ordinaire. Je fus engagée comme « garde » par un riche commerçant qui craignait l’attaque de pirates en mer – je dus d’ailleurs lui mettre l’épée sous la gorge pour le convaincre que mon genre ne risquait pas de mettre ma mission en péril. Cet homme était humain, comme la moitié de son équipage. A vrai dire, je ne l’aimais pas tant que ça. Mais je me tins à carreau et passais un an sur son rafiot à apprendre le métier.
    Ma carrière de pirate commença deux ans après mon engagement envers la mer, alors que je passais d’un boulot à l’autre sur des navires marchands : je fis un jour, à Argos, la connaissance d’un Munt-elfen et de quelques uns de ses amis qui servaient le capitaine d’un certain vaisseau pirate répondant au doux nom de l’Eventreur - classique. Par « faire connaissance », je veux dire que je me vis dans l’obligation de stopper net ses excès de boisson amassés à la taverne du coin par un rapide et efficace coup de bouteille sur le sommet du crâne. Une fois mon gaillard dessoûlé, j’eus droit à un beau petit duel dans les formes – enfin, dans les formes pirates – que je gagnais par forfait après lui avoir asséné un coup de pied bien placé. L’affaire étant close, je me rendis compte que la qualité des injures déversées de mon coté pendant l’accrochage devait avoir impressionné les amis de l’elfe noir car la proposition d’engagement à bord de leur vaisseau ne se fit pas longtemps attendre.
    C’est ainsi, en résumé, que je passais de la vie tranquille de mercenaire défendant les navires marchands à celle plus rentable de ceux qui coulent les navires marchands. Je fus au service du capitaine de l’Eventreur et de son second, Nerr – le gars que j’avais dessoûlé avant de m’engager , pendant quelques années durant lesquelles nous parcourûmes la Mer d’Elya de long en large. Nos affaires n’étaient pas bien florissantes cependant, vu le peu d’échanges commerciaux dans cette région, et pour une raison inconnue, le capitaine refusait d’aller faire fortune ailleurs. Je me rendis compte que la vie sur ce navire n’était pas telle que je l’aurais espérée et, lorsqu’enfin les pirates montèrent une mutinerie contre leur chef, je profitais de la confusion pour mettre les voiles, accompagnée de deux ou trois camarades elfiques.
    La vie sur l’océan me rendait, j’en pris rapidement conscience, téméraire au possible. Lorsque je débarquais à Argos avec mes compagnons de voyage, la première chose que je fis fut d’enrôler avec l’argent que je gardais en réserve le plus de mercenaires, pirates, voleurs de Lyzangard que possible avant de voler un navire elfique amarré au port avec une maigre garde. J’eus bien entendu quelques problèmes avec les elfes que j’avais pris sous mes ordres – il est de notoriété publique qu’un homme n’aime pas obéir à une femme, mais j’en renvoyais la moitié dans leurs couchettes à coups de sabre et mes hommes les plus dévoués, ceux qui m’accompagnaient depuis l’époque de l’Eventreur, s’occupaient de dissuader le reste.
    Donc, cinq ans après avoir mis le pied sur un navire pour la première fois, je quittais Argos à la barre d’un bâtiment taillé pour la vitesse qui n’arborait aucun pavillon. Ce bateau, je le baptisais « La Flèche d’Argent ».

    Durant les quinze ans qui suivirent, je fis pas mal parler de moi. A bord de la Flèche, mon équipage et moi fîmes deux fois le tour d’Yggdrasil en coulant, pillant, massacrant tous les navires qui passaient à portée. Je vous l’ai dit, la mer me rend sauvage. Je pris sur les ponts de bois et aux fracas des lames le goût du sang. J’aimais combattre, j’aimais naviguer plus vite que le vent et envoyer les bateaux que je croisais par le fond. Je vivais une liberté égoïste et cruelle, je tuais sans retenue, et j’aimais ça.
    A l’époque, je ne me présentais pas sous le nom que j’arbore aujourd’hui, mon véritable nom – mais je ne vous révèlerai pas ce pseudonyme non plus. Je dirai juste qu’on finit par me surnommer « l’Oeil du Démon » en raison de l’étrange masque de métal que je portais au coté gauche. Ce masque, je l’avais récupéré en pillant un navire vamp ; il était ciselé dans un métal sombre, de motifs durs aux arêtes coupantes. En son centre était enchâssé un rubis de la taille d’un œil, d’où ce nom aux accents maléfiques.
    J’avais sous mes ordres un équipage composé essentiellement d’elfes, dont les trois quarts étaient des munt. La plupart avaient fui leur terre d’origine et étaient recherchés pour divers crimes, vols… ou bien venaient des castes plus hautes dont ils avaient désiré s’échapper. Mais je ne me souciais aucunement de leurs origines, du moment qu’ils étaient prêts à me jurer fidélité. Mon équipage comptait également trois vampires - difficiles à tenir, et qui se nourrissaient des équipages ennemis - ainsi qu’un ondin et une chimère. Comme quoi, j’acceptais tout le monde sauf les humains. Ils étaient tous fous, si l’on pouvait dire ; fous parce qu’ils travaillaient pour moi ; fous parce que rien, et surtout pas la mort, ne leur faisait peur.
    Je crois que s’ils m’étaient plus dévoués que nul autre marin envers son capitaine, cela devait être à cause de mon caractère de l’époque. A bord d’un navire, je n’avais peur de rien ; j’étais libre, et je le sentais dans tout mon corps. C’était comme si rien ne pouvait m’arrêter ou me faire reculer : je les menais au-devant du danger en riant, je défiais la mort elle-même de venir me prendre. Certains d’entre eux ont plusieurs fois fait tourner dans les tavernes la rumeur que j’étais folle et décrivaient ma façon de les mener en riant. Je crois bien que nous avions tous une part de folie au fond de l’âme, et qu’en naviguant avec la mer contre les autres formes de vie qui tentaient de la domestiquer, nous la laissions s’exprimer librement. S’ils me suivaient, c’était pour la même raison qui les avait poussés à devenir ce qu’ils étaient aujourd’hui. Ils voulaient, comme tous, être plus libres que n’importe qui, et j’étais le parfait exemple de celle qui est sur la voie. Je pense qu’ils aimaient pouvoir côtoyer ce concept chaque jour et braver les éléments à mes cotés.

    Pendant de longues années, je sillonnais les mers de long en large sans que nul ne puisse m’arrêter. Quelques fois, je subis des coups durs à cause d’une tempête ou bien d’une opération un peu trop audacieuse contre un navire un peu trop bien équipé ; je rentrais alors à Lome-lith ou Argos pour mettre la Flèche en cale sèche et réparer les dégâts.
    Il ne faut pas croire que pendant toutes ces années nous fûmes imbattables. Je peux vous dire très franchement que dans nos débuts, la fuite était une option rapidement envisagée – même si je n’aimais pas spécialement cela. Mas la vie de pirate a ses cotés peu glorieux…

    *
    * *
    Ce jour-là, la Flèche d’Argent se tenait au bord à bord avec un navire de Midgard dont l’étendard claquait avec violence sous le vent d’ouest. Le vaisseau marchand était à peu près de la même taille que le nôtre mais ne semblait pas assez bien armé pour faire face à une attaque d’envergure. Cependant, alors que j’observais sa coque à travers ma longue-vue, l’aspect de leurs canons me dérangeait un peu.
    Mon second, un Munt-elfe de taille imposante aux yeux violets dénommé Eirik, s’approcha par-derrière et me demanda s’il convenait de donner l’assaut. Je restais environ deux minutes à observer le bâtiment ennemi, à moitié couchée sur le bastingage – j’avais toujours un classe monstrueuse dans des situations de calme de ce genre – avant de me redresser et de replier ma longue-vue d’un coup sec.

    « On fonce et on verra après. » Déclarais-je, et cette réponse ne sembla pas le surprendre.
    D’un bond agile, j’attrapais les cordages qui pendaient à ma droite et sautait sur le bastingage où, en équilibre, je hurlais à nos « invités » :

    « Oyez, gentes dames et damoiseaux. Vous êtes mis en joue par l’équipage de la Flèche d’Argent ! Que ceux qui désirent survivre à ce jour se jettent à l’eau sur-le-champ, ou alors nous rincerons le pont de votre navire avec votre sang ! »

    Le vent emporta mes paroles jusqu’au navire humain. J’attendis très peu de temps en retenant mes cheveux que le mistral m’envoyait dans la figure avant qu’un homme ne monte sur le pont supérieur du bateau ennemi pour répondre à ma déclaration d’une voix très officielle.

    « Par ordre de sa Majesté Cid I, Roi de Midgard, nous sommes tenus de mettre en état d’arrestation le capitaine Leah Swan de la Flèche d’Argent ainsi que son équipage pour crime de piraterie commis sur le territoire contrôlé par le Roi. Veuillez nous suivre sans opposer de résistance ou nous serons forcés et libres d’employer la force et tous les moyens que nous jugerons nécessaires pour procéder à voter arrestation. »
    Je faillis m’endormir au milieu de la première phrase. Il faut dire que cette tirade, je l’avais entendue tellement de fois… Mais, avec la politesse qui me caractérise – hum, je laissais l’humain terminer sa phrase avant de lancer d’une voix quelque peu blasée :

    « Préparez-vous à faire feu, mes amis ! »
    Je crois que c’est au moment où nos canons furent parés que je compris pourquoi la tête de ceux d’en face ne me revenait pas. Triples canons. Lorsque les premiers coups de feu furent échangés et que je me fus relevée après m’être très élégamment cassée la figure, je lâchais quelque chose qui pourrait être interprété comme un bon « Oh merde ». Alors que l’équipage tentait de redresser le tir et de faire pencher l’aiguille de la victoire de notre coté, je restais un instant en pleine contemplation des canons ennemis qui continuaient à vomir leurs projectiles mortels à intervalles rapides ; je fus alors réveillée par Eirik qui se précipita vers moi et me demanda avec empressement :

    « Capitaine, ils ont l’avantage, quels sont les ordres ? »

    Je ne répondis d’abord pas et il réitéra sa question. Puis je fis la grimace, et cela lui sembla être une réponse suffisante.

    « Virez de bord, à bâbord, toute !! » Hurla-t-il aux elfes les plus proches.
    La Flèche s’ébranla et, tout en continuant de tirer – et de subir l’assaut ennemi, entreprit de changer de cap pour échapper à la canonnade. Je restais immobile, toujours en fixation sur le navire humain, quand j’entendis dans mon dos un pirate demander : « On fuit alors, capitaine ? »
    Tilt.
    Oui, c’est bien le bruit qu’a émit mon cerveau à ce moment-là ; cette phrase devait agir comme un stimulant. Le regard fou, je m’arrachais au bastingage et hurlais :
    « Noooon ! »

    En un éclair, j’avais attrapé la barre en aboyant sur mes subordonnés :

    « Carguez les voiles, bandes de larves, et continuez à faire feu par les canons avant ! »
    Je donnais alors une violente impulsion au gouvernail qui se mit à tourner à toute vitesse et entraina la Flèche encore plus loin dans sa mouvement vers bâbord. Au lieu de modifier simplement son cap, le navire amorça alors un demi-tour tellement serré que je crus bien qu’il allait se rompre en deux. Mes hommes aussi, sans doute, vu la tête qu’ils tiraient. Puis, au moment de l’impact, ceux d’entre eux qui me connaissaient le mieux éclatèrent de rire ; avec un immense sourire aux lèvres, j’envoyais la proue de la Flèche rentrer dans le flanc du navire ennemi. Les deux vaisseaux s’empalèrent avec fracas et dans un immense craquement de bois brisé, le bâtiment de Midgard commença à sombrer. Aux anges, j’éclatais de rire en montrant une nouvelle fois que, sur les mers, je ne laissais personne me défier.

    Enfin bon, il faut quand même signaler que nous fûmes par la suite contraints de passer trois mois à quais pour réparer les dégâts… Et que la figure de proue représentant un oiseau légendaire garda toujours un air un peu bancal.


    *
    * *
    Je passais au total vingt ans en mer. Cela peut paraître énorme, mais pour ma race, ce n’est rien. Cependant, il faut avouer que c’est quand même assez long. Tout ce temps, mon équipage et moi-même ne fûmes jamais assez gravement atteints pour déclarer forfait et nous rendre. De toute manière, j’aurais préféré avaler ma langue et me jeter par-dessus bord plutôt que me soumettre à l’autorité de ceux qui prétendaient pouvoir nous arrêter. Et mes hommes le savaient mieux que quiconque ; lorsqu’ils s’étaient engagés avec moi, ils avaient perdu tout espoir d’amnistie.
    Les océans, tout comme la terre, ne m’ont pas encore révélé tous leurs secrets. J’en ai découvert beaucoup en voguant çà et là sous l’immensité du ciel ; des choses que nul être vivant n’aurait jamais pu imaginer. Mais il y a encore tellement de zones d’ombre que j’ignore si je serai un jour capable de toutes les éclaircir… et si le monde me donnera la permission de le faire.

    Le plus gros coup dur que j’essuyais à bord de la Flèche d’Argent me tomba dessus lorsque je m’approchais pour la première fois de ma vie du domaine du Divin. J’ai déjà mentionné les Sanctuaires dans mon récit : celui d’Ymir et celui de Bestla.
    Lors d’une razzia sur un bateau des mers du Nord – après un mois passé dans le froid glacial qui gelait les doigts et rendait les cordages cassants, je mis la main sur une carte maritime indiquant l’itinéraire pour se rendre au dernier de ces six Sanctuaires : La Tour Divine, Bifröst. Comme j’étais en panne de mystères à élucider ces derniers temps, j’ordonnais de faire voile vers le Sud – ce qui ne déplut pas à mes camarades – pour retrouver les côtes de Lyzangard – ce qui leur plut encore plus.
    D’après les cartes, c’était au milieu des eaux chaudes qui séparent la Mer d’Elya de l’Océan de Hécate que se nichait l’île abritant la Tour sans fin, Bifröst. Nul ne sait ce qui s’y cache, et nul ne l’a jamais gravie en entier, c’était tout ce qu’on savait d’elle. A la barre de la Flèche, j’y conduisis mon équipage.
    Cependant, alors que les rivages de notre destination faisaient leur apparition fugace à travers la brume, un vent comme nous n’en avions jamais essuyé se leva. Soudainement, le ciel devint d’un noir d’encre rempli de nuages sombres charriant des couronnes d’éclairs lumineux ; le mistral chaud se transforma en une tempête furieuse qui agita les flots obscurs et monta la Mer toute entière contre nous. L’ouragan ballota notre navire comme une coquille de noix, lacéra les voiles, brisa l’un des mats. Les vagues en furie s’engouffrèrent dans les coursives et inondèrent le pont avant de se retirer en emmenant avec elle ceux qui ne réussissaient pas à se retenir. Depuis la proue, solidement attachée à la rambarde, je tenais le gouvernail inutile d’une main fatiguée en regardant l’océan s’acharner sur notre vaisseau sous mes yeux impuissants. Je ne pouvais rien faire, une fois de plus ; juste essayer de survivre aux caprices de Dame Nature. Profitant d’une accalmie aussi brève que réconfortante, je fis rejaillir le coté de moi qui savait les entrainer à sa suite et, défiant l’univers qui m’entourais, j’hurlais mes ordres aux hommes qui restaient et m’efforçais, avec leur aide, de sortir la Flèche de la zone de tempête.

    Deux jours plus tard, notre navire flottait à la dérive comme un animal marin blessé le long des côtes de Lyzangard. Le vent s’était calmé et la mer apaisée. La plupart d’entre nous se contentaient de rester allongés sur le pont ou dans le gréement, ayant à peine la force de résister au roulis des vagues sous la coque. Nous étions tous épuisés ; normal, me direz-vous. Personnellement, après avoir replié les voiles déchirées et jeté l’ancre, je m’étais laissée tomber dans un coin de la proue pour piquer un somme.
    Lorsque, deux jours passés, je fus enfin en mesure de réfléchir – pendant que les autres récupéraient encore, je trouvais comme conclusion à notre mésaventure que l’entreprise que j’avais tenté d’accomplir m’était refusée pour le moment. Je ressentis intérieurement une légère frustration, accentuée par le fait que si j’avais vu trois Sanctuaires en tout, je n’en avais pu explorer aucun.
    Je me promis de le faire dés que l’occasion se présenterait.
    Cette réflexion faite, je me relevais pour la première fois depuis une journée et demie et allais m’accouder au bastingage. De mon seul œil, j’embrassais l’océan du regard. Je l’aimais comme j’aimais la terre… ou plutôt comme un adversaire qui ne m’aurait jamais rien lâché. Mais à nouveau, je ressentais le besoin du changement.
    Je m’arrachais donc à ma contemplation et me remis à crier sur ma bande de marins d’eau douce, les sortant de leur agréable torpeur avec ma violence coutumière. Je passais entre eux en leur distribuant des coups de pied pour qu’ils se lèvent et aillent me déployer ces fichues voiles encore intacts. Lorsqu’enfin j’eus un équipage sur pied, quoiqu’un peu grommelant, je retournais à la barre et mis le cap sur Argos.

    *
    * *
    « Dés que le vent soufflera… Dés que le Mistral gonflera les voiles… Je m’en irai aux quatre coins du monde pour défier la mer, pour aimer la mer… »

    Une bouteille de rhum à la main, j’étais comme à mon habitude appuyée sur le bastingage. La Flèche était amarrée dans le port d’Argos, il faisait nuit et l’ambiance était à la fête sur le pont. Logique, j’avais autorisé mes hommes à percer les tonneaux.
    Car je débarquais, ce soir-là.
    Quitter l’Océan après vingt ans sans mettre pied à terre ou presque était comme m’arracher le cœur pour le jeter aux poissons. Mes compagnons avaient d’abord été ébahis par ma décision. Ils n’avaient pas compris ; je ne savais pas comment leur expliquer.
    Le regard perdu dans les méandres sombres du port, je m’expédiais une rasade de rhum dans le gosier avant de sourire à Frida, la louve au pelage gris foncé endormie à mes pieds. Au moins une que ma décision ravirait ; les canidés et la mer, ce n’était pas le top, et la fille d’Alwine, mon amie dont la vie s’était éteinte sur les flots, ayant été croisée avec un loup de surcroît, elle serait heureuse de retrouver la terre ferme.
    Soudain, le bruit de pas d’un elfe m’avertit de la venue d’un homme de mon équipage. C’était Eirik, une bouteille à la main, qui venait me demander de me joindre au groupe qui faisait la fête au milieu de pont, à la lueur des torches.

    « Vous devriez leur toucher quelques mots, capitaine. »

    Je souris et m’envoyai une nouvelle rasade, avant de m’écarter de la rambarde pour rallier le cercle de lumière. Lorsque j’y entrais, la bande de hors-la-loi de toutes sortes se tut ; j’appréciais leur silence respectueux. Je me plantais devant eux, les mains sur les hanches et les dévisageais tour à tour. C’était de braves marins ; ensemble, nous avions défié la mer et les éléments pendant deux décennies. Ensemble, nous avions survécu. Un lien impossible à briser s’était créé entre nous.

    « Mes amis. » Commençais-je avec l’aplomb que j’avais su gagner à force d’être le chef. « C’est ici que tout a commencé. La moitié d’entre vous se souvient encore de cette époque. Björn, Den, Eirik, Ihrak, Loana, Sand… Nous sommes partis d’ici et pendant vingt longues années, vous m’avez suivie à travers mers et océans dans la quête de l’inconnu. Nous avons défié de multiples puissances, nous avons pillé et tué, et nous avons survécu. Aujourd’hui, le temps est venu de nous séparer. »

    Les échos de mes paroles s’éteignirent dans une note triste. Chacun d’entre eux me fixait, à court de mots.

    « Je vous quitte ici. Mes motifs vous sont inconnus, sachez pourtant que me séparer de vous me blesse plus qu’on pourrait le croire. Je souhaiterais, si vous le voulez bien, que vous emmeniez la Flèche d’Argent à Lome-lith, où Nerr saura le conserver précieusement. Ceci fait, vous serez libre de reprendre la vie que vous souhaiterez. L’aventure que nous avons vécue était splendide, mais elle s’achève ici. Seulement… »

    Je m’accordais un temps de pause pour tous les regarder une nouvelle fois.

    « Un jour, je reprendrai la mer. Un jour, je remettrai la Flèche d’Argent à flots, et ce jour-là, je lancerai l’appel. Ce jour-là, vous serez libre de me rejoindre pour partir une nouvelle fois à la conquête des mers ! Erika, Amehd, Livh, Steve, et toi, Johan… qui se joindra à moi quand le temps viendra ?! Qui remontra sur la Flèche pour naviguer à nouveau régner sur les mers ?! »
    Ma dernière phrase, quasiment criée, déclencha un tonnerre d’exclamations en tous genres. Comme les pirates qu’ils étaient, mes hommes jetèrent leurs tricornes au ciel nocturne et reprirent les réjouissances ; et le vin et les chants coulèrent à flot, comme un cadeau d’adieu. Ou une promesse de renouveau.

    Le lendemain, depuis la jetée, j’observais la Flèche d’Argent s’éloigner dans le levant en saluant mon équipage de grands signes de la main. Et lorsqu’elle ne fut plus qu’une minuscule tache sombre à l’horizon, je fis demi-tour et quittais Argos pour revenir sur les terres de mon enfance.


Dernière édition par Chrystal d'Yhvaald le Jeu 12 Aoû 2010 - 17:14, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 18:07

    Chapitre VI
    x Ce qui m'arriva après... x
    Je fis un bref passage à l’endroit où j’avais jadis vécu avec mon Maître. Soulagée de constater que rien n’avait changé, je repartis vite en compagnie de la petite-fille de mon premier compagnon à quatre pattes. Où désirais-je me rendre ? J’avais décidé après une longue réflexion que, cette période de ma vie, je la passerais plus près de la communauté. J’avais vécu en marge, désormais je désirais me fondre dans la masse de mon peuple pour apprendre encore plus.
    Je me rendis donc à Alhfeim, ou je me présentais comme artiste de Lyzangard. J’emménageais là-bas, un peu à l’écart de la ville cependant – les vieilles habitudes. Et j’y restais.
    J’avais dépassé cent ans, et je devenais donc quelqu’un de plus en plus apte à obtenir la confiance des gens. J’avais énormément voyagé, et je possédais des connaissances extrêmement variées ; rapidement, je fus remarquée par les hautes sphères elfiques comme la plupart des jeunes talents de la cité. Je vivais convenablement et employais désormais tout mon temps libre à m’instruire encore et encore. Je dévorais les ouvrages de la bibliothèque d’Alhfeim. Je m’adonnais de plus en plus à de nouveaux passe-temps : l’art en général se mit à m’intéresser. En tant qu’ « artiste », je n’étais pas vraiment spécialisée dans une matière spécifique : je dessinais un peu, jouais un peu de musique… je faisais « un peu de tout ». Mon « art », s’il avait dû être défini, se serait plutôt étendu sur la recherche de la connaissance, l’art du combat, la magie et l’écriture.
    Car je découvris bientôt à quel point les mots avaient le pouvoir de m’ensorceler. Je me mis à écrire en plus des activités auxquelles je m’adonnais déjà dans mon temps libre. Au fur et à mesure que le temps passait, on se mit à faire appel à moi lorsque des problèmes survenaient, et je commençais à m’entretenir avec des elfes reconnus dans tout le pays. Sans m’en rendre compte, je franchissais les paliers qui me séparaient du « pouvoir » tel que les gens le nomment en parlant de politique.
    Mais ce type de pouvoir ne m’intéressait pas.
    Si j’appréciais désormais la compagnie de mes semblables, et vice-versa, je continuais d’étudier pour moi-même, et me délectais de tout ce que j’apprenais.
    Cependant, cette vie paisible me parut bientôt ennuyeuse. Je rêvais de grands espaces et de dangers mortels. L’aventure que j’avais aimé des années plus tôt revenait me tarauder. Je voulais repartir en voyage pour toucher ma liberté des doigts et sentir qu’elle était encore présente.

    C’est ainsi que je repartis. J’étais jeune, j’étais libre. Je voulais aller où il me plaisait quand il me plaisait. Je me remis à voyager de part le monde : cette fois, après avoir passé longtemps à Novigard, je visitais l’île des géants, Djatigard. Puis je revins à Alhfeim et reprit pour un temps une petite vie tranquille. Puis je m’évadais un beau matin pour courir, avec Frida, jusqu’aux marais d’Ulaun avant de revenir en passant par les Terres Sauvages. Il était bon d’avoir un endroit où rentrer.
    La louve au poil moucheté finit par mourir elle aussi. Je vis désormais avec son dernier fils que j’appelle Sköll ou Skoell, et dont le poil est gris blanc et noir, comme un mélange des trois amis de mon cœur qui l’ont précédé. Comme sa mère, il est le fruit d'une union entre chien et loup.

    *
    * *
    Je me souviens du jour où le vampire que j’ai déjà mentionné dans mon récit m’interrogea sur mes motivations alors que j’étudiais tranquillement un livre dans sa bibliothèque. Tranquillement… ou pas : en effet, dés que je pénétrais à Novigard, même pour lui rendre visite histoire de l’embêter – nos relations étaient plutôt contradictoire… je m’amusais à le narguer et lui me menaçait de me mettre à la porte. Chose qu’il ne pouvait faire sans briser la dette qu’il avait envers moi. Il m’hébergeait donc en râlant et je tâchais en retour (discrètement) de ne pas faire de grabuge lorsque je sortais pour ne pas lui attirer d’ennuis. Dans ce pays, il étais bien la seule personne à laquelle je pouvais faire confiance… et encore, parce qu’il me semble bien l’avoir vu plus d’une fois me jeter le même regard qu’un renard devant un lapin qui pourrait devenir un potentiel dîner.
    Lorsqu’il m’interrogea sur le sujet, je me rappelle avoir fermé mon livre comme lui le faisait autrefois pour me répondre.

    « Je veux être libre. Pour acquérir la liberté, il faut se détacher de tout ce qui peut enchaîner à des êtres qui ont le pouvoir de te retenir. Pour pouvoir vivre sans attaches, il faut être capable de ne compter que sur soi-même. C’est pourquoi je recherche la force de vivre sans aide, et la connaissance, car la connaissance apporte tous les secrets du monde. C’est mon deuxième but. Je veux pouvoir découvrir tout ce que me cache le monde s’il me l’autorise. Pour ça, je dois faire tout mon possible pour apprendre, encore et encore. Mais je doute avoir le temps qu’il faudra pour cela. »
    Le jeune homme m’avait lancé un regard et souri. Un sourire plein de crocs.

    « Tu n’as qu’à devenir vampire, tu auras alors l’éternité du temps pour toi. »
    Son sourire, je le lui rendis en à peine moins pointu.

    « Je veux. J’envie à votre race son exceptionnelle longévité. Alors peut-être que quand je sentirai que le temps me manque, ferais-je appel à vous...Ou me livrerais-je en tant que proie. Et si votre temps ne me suffit pas, alors je monterai jusqu'aux Ases dans leur paradis Divin pour leur voler leur immortalité. Ainsi j’aurai, comme tu le dis, l’immensité du temps pour découvrir tout ce que j’ignore encore. »
    Il avait éclaté de rire devant tant d'insolence, avant de me rappeler une information que j'avais croisée au détour d'un chapitre et qui m'avait un peu déçue intérieurement : seuls les humains peuvent devenir vampires par morsure ; je me contentais de le fixer sans ciller, un sourire énigmatique au coin des lèvres.

    *
    * *
    Si j’écris tout cela aujourd’hui, assise sur l’une des branches de l’arbre qui supporte ma demeure, c’est pour préparer le jour où ma mémoire me fera défaut. Ce n’est pas un récit détaillé de ma vie, juste un plan retraçant ses histoires les plus importantes – à mes yeux, du moins. Quand le jour viendra où mes souvenirs s’effilocheront sur la toile du temps, je relirai ce résumé et les détails me reviendront. Je ne l’écris pas pour la communauté, je doute que quiconque lise jamais ce texte. Mais je veux garder une trace de mon passage sur terre, une trace sûre. Je veux laisser l’empreinte de mon nom sur les océans et sur la terre d’Yggdrasil, même si les êtres qui la peuplent ne peuvent l’interpréter.
    Aujourd’hui encore, je pars à l’aventure quand le besoin s’en fait sentir. Aujourd’hui encore, je pense souvent à mon Maître même si je ne l’ai jamais revu. Aujourd’hui encore, la neige me rend nostalgique et l’Océan ranime la flamme de ma liberté. Mais dés que l’appel devient trop fort, alors je quitte mon refuge pour aller courir sur les routes de ma vie, Skoell sur mes talons.

    And soon, I will be Free Forever
    Chrystal


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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 13 Juil 2010 - 22:19

    Un petit post rapide pour dire à mes Fonda' préférés que j'ai terminé ma petite fiiiche <3

    S'il y a des choses qui ne collent pas dans l'histoire [Je pense notamment aux histoires de piraterie et aux loups], dites-le moi, que je corrige ^^
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mar 20 Juil 2010 - 11:32

Tout d'abord, je voudrais te féliciter. Tu n'as pas encore eu accès à mon commentaire sur ton test rp, mais je suis heureuses de t'annoncer que les erreurs appuyées là-bas ne se sont pas retrouvées ici [Bien moins flagrant disons].
Donc une lecture agréable, un bon moment passé à lire l'histoire de ton personnage, qui en a vu... Et peut être un peu trop.
Si j'ai posté un message concernant les Elfes dans l'Introduction, ce n'est pas par hasard. Quelques éléments me gênent dans ton récit, et je pense que tu vas vite comprendre.

Tout d'abord, ton maître. Tout est flou, tout est indécis. C'est le jeu, évidemment, c'est le truc. Le mystère, il n'y a rien de mieux. Mais tout de même... Un elfe qui fait ami-ami avec d'autres peuples, qui se déplace dans d'autres pays... Seuls les négociateurs font cela, les conseillés les plus proches du roi. Et ces derniers sont censés vivre à Alfheim dans la demeure du souverain, ou bien à Lome-Lith, toujours présents auprès des chefs de clans.
Et ce n'est le cas ni pour l'un ni pour l'autre... Alors qui est-il. Comment se fait-il qu'il soit si puissant et que personne n'ai remarqué ses aptitudes... Il y a là presque un non-sens. Après, à toi de m'expliquer, d'argumenter.

Ensuite, tes déplacements. Je suis impressionnée! Même si les Munt-Elfen sont connus pour être légèrement plus sociaux que les Wudu-Elfen, tu es sacrément bien accueillie... Donc, toujours cette question du Maître.
Tu l'avais dit et c'est tout à fait retrouvé dans ta fiche, ton personnage à cette étincelle de perfection qui est à éviter. Trop parfaite, trop gentille, trop agréable. Tu es une Elfe, pas une humaine. Les Elfes ont mauvais caractère en ce qui concerne les étrangers. Ils aiment leurs semblables, leur culture, leur pays.
Alors peut-être tu es une exception? Une Elfe qui ne rêve que de découvrir le monde... Peut être, oui, mais il faut que cela se ressente! Il faut que tu montres que Chrystal est certaine de trouver mieux ailleurs. Et que, par définition, elle renie un bout de ses origines. Pas de gentils elfes adorables, s'il vous plait...

Après, une petite précision... Tu es donc démoniste. Mais je ne vois pas vraiment les traces de ton amour pour Loki. Le culte que tu es censée lui vouer... passe à la trappe, c'est le cas de le dire. Le vice, la malédiction est en toi, c'est comme ça, tu ne peux rien y faire. Loki peut faire ce qu'il veut des habitants d'Yggdrasil. Il n'a pas de limites, c'est un génie, un mauvais génie...

Bref, une très belle fiche tout de même, ne t'inquiète pas! J'aimerais que tu justifies tes déplacements et ton maître, à la suite de ce message. Ne retouche pas à ton histoire pour le moment, tout va déprendre de ce que tu vas me répondre.
Après, ces commentaires sont surtout là pour tes futurs rp, pas forcément pour ta fiche.

En tout les cas, tu défends avec honneur ta catégorie ^^

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Sam 31 Juil 2010 - 15:19

    J'avoue que, n'ayant pas encore beaucoup de connaissances sur le nouveau contexte, j'ai fait un peu à mon idée. De plus, comme j'allais partir et que je désirais finir ma fiche avant cela, je n'ai pas pris tout le temps que je voulais... j'aurais sûrement dû. Ceci dit, je me rends assez bien compte qu'il y a un peu "trop" dans mon histoire, mais j'ai pris comme ça venait avec l'intention de corriger à l'aide de vos critiques ; parce que je sais bien que j'ai une grosse tendance à exagérer ^^"
    Voyons voir, pour te répondre point par point...

  • Concernant le Maître de mon perso, qui représente sans doute le gros point d'interrogation de l'histoire... et aussi le personnage avec le plus de choses à corriger sur cette fiche °° Dans mon idée, c'est principalement la personne qui a adopté Chrys, donc celle qui a toute son affection. Déjà, je ne voulais pas révéler son identité, car je ne désirais pas qu'il soit réellement quelqu'un de "très connu" dans le monde et même chez les elfes. Plutôt un personne discret, donc. Mais je voulais aussi quelqu'un qui passe à mon personnage le désir de voyager, de connaître autre chose et qui, en se mêlant aux autres peuples, la "détache" pas mal du peuple elfique. J'ai conscience que le fait de connaître pas mal de personnes haut placées ne se fait pas comme ça, en effet, et même en écrivant je me disais bien qu'il faudrait une justification à cela... C'est pourquoi j'ai laissé mon personnage dans un flou total concernant les activités de son tuteur //zbaf// Il faut dire aussi que ces évènements se sont passés il y a bien longtemps et qu'elle n'en garde peut-être pas un souvenir bien net.
    Si je devais justifier tout ça, je minimiserais le coté "puissant et haut gradé" pour simplement dire que, comme Chyrs, il a pas mal voyagé et a réussi à créer certaines relations avec des êtres d'autres pays - en se détachant à moitié du sien.

  • Pour Chrys.
    Citation :
    Trop parfaite, trop gentille, trop agréable. Tu es une Elfe, pas une humaine. Les Elfes ont mauvais caractère en ce qui concerne les étrangers. Ils aiment leurs semblables, leur culture, leur pays.
    Alors peut-être tu es une exception? Une Elfe qui ne rêve que de découvrir le monde... Peut être, oui, mais il faut que cela se ressente! Il faut que tu montres que Chrystal est certaine de trouver mieux ailleurs. Et que, par définition, elle renie un bout de ses origines. Pas de gentils elfes adorables, s'il vous plait...
    J'ai cru comprendre que ma fiche laissait percevoir un personnage amical, prompt à se faire des amis, etc, etc. Ce n'est pas du tout l'impression que je voulais faire passer. Chrys a, soyons francs, un très sale caractère. Et le coté lunatique en plus n'est pas la meilleure chose qui soit pour se faire des potes. Et en plus elle a un bon coté sanguinaire, notamment concernant la race humaine ; que personne ne dise que ma miss est adorable, s'il-vous-plaît ^^" Les "relations" qu'elle possède viennent donc de son Maître et certaines n'ont pas été conservées car les personnes concernées se méfiaient d'elle, etc. Donc, si j'ai fait d'elle un perso trop amical dans ma pres, je ferais bien de changer ça ^^" (Je pensais pourtant avoir précisé qu'elle n'était pas rapide à se faire des amis...*go relire sa fiche*)
    En fait, elle n'aime pas particulièrement les étrangers, elle préfère ses semblables. Elle admire juste un peu les vampire et s'intéresse à ce qui se passe à l'extérieur de Lyzangard car, comme j'ai essayé de bien le faire comprendre, elle ne rêve que de liberté et d'évasion. Rester dans son pays lui donnerait à la longue un sentiment d'emprisonnement ; elle ne veut aucune attaches, elle est donc assez loin de l'idée de l'elfe territorial... même si elle préfère sa patrie d'origine à beaucoup d'autres.
    Cependant, il y a quelque chose à retenir, c'est que ce récit, comme précisé à la fin, n'est qu'un résumé de son histoire complète. Du coup, forcément, il y a des choses qu'elle n'a pas raconté en détail : par exemple, comment elle s'est, non pas liée d'amitié, mais créé une relation assez tolérante avec des Wudu-elfen, ou le fait qu'elle soit "tolérée" par quelques vampires à Novigards... même si ce n'est pas détaillé, ça ne s'est certainement pas fait comme ça, d'un claquement de doigts. Logiquement, elle a mis un bon bout de temps avant de parvenir à un résultat qui, malgré ce que j'ai dit dans l'histoire, est assez précaire. Et si j'ai précisé que pas mal de personnes en voulaient à sa peau, c'est aussi à cause d'une certaines tendance à embêter le monde et à fourrer son nez où elle ne devrait pas.
    N(oublions pas que dans l'histoire, c'est le perso lui-même qui parle, et donc la plupart des faiblesses de sa position ne sont pas révélées =P

  • En ce qui concerne ce cher Loki. Je dirais... Aouuuuh, je croyais que ça se remarquerait pas TT En fait, si Chrys est devenue démoniste, c'est avant tout parce que les pouvoirs que pouvaient lui conférer Loki la rapprochaient encore de son objectif. Elle pratique son culte, et lui garde un place d'honneur dans son répertoire de divinités car, comme j'ai essayé de le faire apparaître, elle n'est pas vraiment "déiste". Comme expliquer ça... Contrairement aux autres dieux, elle accepte l'existence de Loki et l'ascendant qu'il a sur sa vie, mais ne s'en préoccupe pas au premier point... même si au final ça pourrait lui coûter cher.
    C'est acceptable, comme réponse, mon général ? ** //zbaf//

    Edit après lecture du post-it posté après mon départ : ah, oui, carrément un big culte °° Hm... sachant qu'elle est en voyage les trois quarts du temps, je pourrais dire qu'elle profite de ses escales pour ça... Peut-être que je devrais rajouter un passage dans l'histoire pour dire qu'elle a une révélation concernant la religion >.> Comment ça se présente, "vouer un culte à Loki", il faut faire des choses en particulier ? °° Eclaire ma lanterne, je t'en prie, Oo déesse des elfes °° *se prend une porte dans la figure*

    Voilà voilà, j'espère que ces réponses conviendront °°
    *regarde son message*
    Et pardon pour ce pavé en guise de réponse TT

    Edit 2 : Bon, j'ai relu un peu et je me suis rendue compte qu'en me dépêchant, j'avais effectivement fait dans l'excès. Donc, si cela te convient, j'aimerais minimiser le coté "accès aux hautes sphères" concernant Chrys et son Maître en modifiant les expressions utilisées dans mon histoire. Ensuite, si tu veux, je peux aussi retoucher la description du caractère et ajouter un passage dans l'histoire qui montrerait que Chrys voue - comme les autres démonistes - bel et bien un culte à Loki. Désolée d'en rajouter sur le pavé ^^"


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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 4 Aoû 2010 - 16:30

Je prend le relai, Lenwë étant partie pour 2 semaines sans accès à internet °°

Je rejoins Lenwë sur ces différents points:

Relations conflictuelles: un elfe tient beaucoup à ses racines: être elfe, c'est une fierté. La majeur partie du temps donc, ton personnage prendra de haut les autres, ou soulignera leurs défauts dus à leur race. Mais je pense que ceci est bien comprit désormais °° Ce serait sinon comme faire un métissage chevalier-mage: on prend les qualités des deux pour effacer les défauts. Ici, ce serait prendre une elfe sans le défaut de ce peuple: le manque de sympathie et d'ouverture d'esprit envers les autres populations.

Loki: il ne faut pas simplement prier une ou deux fois par semaine pour avoir les pouvoirs d'un démoniste, mais bien croire en Loki, croire en son pouvoir, en sa puissance et par dessus tout en son existence. Ce n'est pas comme aller à l'église et prier sans trop y croire: si tu ne crois plus en Loki aveuglément, tu n'auras plus les pouvoirs de Demoniste, puisque la croyance est très importante là dedans. Mais ça aussi tu l'as compris °°

Vampires: ici par contre, je dois ajouter un point: les vampires sont un peuple encore plus isolé que les elfes. Tout ce qu'ils voient chez les peuples mortels, c'est leurs faiblesses, et leur sang. Il est donc très rare d'avoir des amis buveur de sang, mais il est carrément impossible de vivre plus d'une heure entouré de vampires: bon nombres d'entre eux se demandent quel goût a un elfe. Tu pourras donc peut-être avoir connu un ou deux vampires dans ton passé, mais ces derniers étaient antipathiques et ne te rendront jamais service, en toute logique. A la limite, ils épargneront ta vie pour avoir sauvé la leur, mais ça sera qu'une seule fois. Généralement, les "gentils" vampires ne montent pas haut dans la hiérarchie, d'ailleurs.

Je rajouterai quelques lignes dans le topic de ce peuple, ce n'est peut-être pas très clair j'avoue °°

Par contre, un aveu: je n'ai pas pu lire ton histoire à l'heure actuelle, je me base avant tout sur les critiques de Lenwë pour ajouter quelques points (pour la plupart déjà comprit). Pour la suite, tu peux changer quelques points dans ton histoire, pour corriger les petites erreurs citées plus haut °°

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 4 Aoû 2010 - 16:40

    Merci de ta critique ^^
    Je m'en vais de ce pas corriger quelques petites choses dans l'histoire et le caractère de Chrys pour modifier selon ce que vous m'avez dit.
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 4 Aoû 2010 - 18:56

[Désolée du double-post °°]

    J'ai retouché l'histoire et le caractère de façon à rendre mon personnage plus conforme au portrait des elfes. J'ai également bien minimisé l'importance (bien trop grande) que j'avais donné à son maître dans mon histoire, et ajouté un passage pour le problème de la religion [Chap IV principalement].
    Y a-t-il autre chose à modifier ?

    J'aimerais tout de même poser quelques questions °°
    1) Le loup sera-t-il accepté ?
    2) Peut-on avoir plusieurs armes ?
    3) Quelles règles le culte de notre cher Loki impliques-t-il ?
    4) Les elfes artistes sont-ils "pensionnés" par la royauté elfique ?
    5) Peut-on changer mon pseudo en "Chrystal d'Yhvaald" ? =P
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 14:12

Bon, je pense que quand tu iras voir les absences, tu crieras "nooooooooon", mais je suis désolé j'ai pas le droit de les tuer °°

Sinon je peux déjà essayer de répondre à certaines de tes interrogations:

    1) réponse quand j'aurai fini ma lecture !
    2) je dirai oui, seulement si le personnage fait partie de la classe "noblesse", ou si il vit depuis assez longtemps (genre au moins 20 ans de travail acharné dans la classe "aisé" = bonne paye = de quoi s'acheter une seconde arme) mais ça s'arrêtera à deux armes maximum je pense, inutile de se balader avec une forge sur le dos.
    3) juste une parfaite dévotion ^^ prière quotidienne, pensées souvent tournées vers le personnage, peut-être en parler avec d'autres pour essayer de leur ouvrir les yeux sur l'existence de cette divinité... Et de ses bienfaits.
    4) là... il faudra attendre Lenwë, désolé :/
    5) je pense que c'est dans mes cordes ^^


Lorsque j'aurai fini ma lecture, entre deux passages d'aspirateur et deux enfants passés par la fenêtre, je te donnerai plus d'informations °°

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 14:36

    Merci, Ooo grand Fondateur de FH °w°
    [Attention, parfois, les enfants, ça vole °°]
    //zbaf//
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 15:11

[Chapitre 1 & 2 lus]

Désolé pour le double post, mais j'ai une mauvaise nouvelle pour le loup °°

"Le loup est un animal sauvage doté d'instincts précis lui permettant d'exceller dans la vie sauvage. Domestiquer le loup nécessiterait une sélection permettant de limiter les instincts les plus incompatibles avec une vie domestique, ce qui nécessiterait de nombreuses générations comme cela fut le cas pour le chien. Peut-on vraiment l'apprivoiser ? Bien qu'il existe de telles pratiques (plusieurs ouvrages y font référence, ainsi que certains reportages) le cas le plus fréquent pour l'apprivoisement se fait via une imprégnation (c'est-à-dire que l'humain se substitue aux parents en élevant le louveteau, ou comme pour les chiens en mettant fréquemment le louveteau au contact d'humain durant ses premières semaines). Cette pratique découle d'une certaine fascination "moderne" pour les loups par certaines personnes. Si cela reste faisable, le comportement de l'animal demeure foncièrement différent de celui du chien, ce qui est source éventuelle de danger et d'autres problèmes. D'autres personnes tentent de "minimiser" ce comportement typique du loup en hybridant chien et loup. Il demeure que dans les deux cas, loup apprivoisé ou hybride, ces animaux ont une faible crainte de l'humain et du fait d'un comportement très spécifique, auquel en général nous ne sommes pas habitués, des incidents ou des accidents graves peuvent survenir. Ainsi au USA entre 1986 et 1994, ont été répertoriés plusieurs cas d'enfants mutilés dont 9 cas ayant entraîné la mort de l'enfant. Ces pratiques sont déconseillées entre autres par l'IUCN Wolf Specialist Group (D Mech - L Boitani: "Wolves, behavior, ecology and conservation, p. 304)."

Donc... Je pense franchement que tu vas devoir prendre à tes côté un chien, un vrai, fidèle, moins violent et surtout moins sauvage. Car d'après ce que je peux lire, un loup domestiqué, c'est tout simplement le chien, sélectionné depuis plusieurs générations.

Si tu prends un loup, ce dernier, même élevé très jeune, aura parfois des réactions très violentes, même envers toi. Il ne sera donc pas rare qu'il s'en prenne à des personnes de ton entourage presque sans raison, ou juste parce qu'ils l'ont approché. Tu n'auras pas pour autant une relation privilégiée avec, puisque le loup aime aussi prendre l'air seul, pour chasser ou trouver des semblables.

Conséquences: tu devras, par exemple, empêcher toi-même un loup de tuer quelqu'un juste parce qu'il l'a regardé de travers ou parlé trop fort, et ce en t'interposant et en prenant toi-même des morsures graves (bon courage ?) et, évidemment, il n'entrera jamais dans une ville, sauf si tu souhaites le retrouver mort (il n'est pas rare de croiser des chasseurs aimant la peau de loup, ou pensant qu'il s'est introduit là seul...)

Je ne fais pas ça pour casser tes envies (je ne suis pas méchant à ce point), mais juste par soucis de réalisme (même dans un contexte fantastique il en faut): un rat ne répondra jamais à un ordre, un serpent ne fera pas de câlin, et un loup (même hybridé) ne remplacera jamais un bon toutou :/

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 15:20

    Bien entendu, je suis d'accord avec ce que tu me dis, et je ne conteste pas ta décision.
    Concernant le loup, j'avais pensé que ça pourrait passer parce que les elfes ont des relations privilégiées avec les animaux ^_-, ensuite, pour reprendre tes mots, ça ne dérangerait pas mon personnage d'avoir à "freiner" les ardeurs d'un animal sauvage... vu qu'elle-même n'est pas toujours sociable. Et bien sûr, jamais en ville. Tout ça pour dire que l'idée n'était pas de faire de Sköll un parfait petit toutou, il resterait un animal sauvage.
    Mais si tu décide que ce n'est pas possible, je m'incline et je changerai ça ^^ [J'en ferai un méchant chien xD]
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 18:24

J'aimerai bien demander l'avis de Len' pour vraiment trancher, mais... Elle est loin °°'
Je ne sais pas si les liens spécifiques entre elfes et animaux feraient d'un loup un chien à peu près fidèle...

T'es sûre de ne pas préférer un joli Husky ='D ?

Enfin bref, je vais avancer dans ma lecture déjà °°
Ensuite j'édite ici !

Edit:

Chapitre III - je tiens juste à t'informer qu'un œil en moins (ici le gauche) est un lourd handicap au combat, et que même avec le meilleur des entraînements, il est impossible de "ressentir" quelque chose venant de la gauche: tu pourras peut-être entendre un mouvement, mais... voir comment on t'attaque, non. Donc il faut vraiment être sûre de toi: souhaites-tu vraiment avoir un œil en moins ? Si un ninja expérimenté (très silencieux ceux-là) t'approche par la gauche silencieusement, impossible de l'entendre venir.
Ensuite, si tu prends un chien, celui-ci peut être dressé pour aboyer quand quelque chose approche par ta gauche, je pense que c'est possible... Comme un chien d'aveugle.


Je continue la lecture o/

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 19:18

    Pour ça... Quand je dis "ressentir", ce n'est pas "voir". Juste, par une combinaison de facteurs (ouïe, vue du reste du paysage...), avoir une fausse sensation selon laquelle l'adversaire s'approche. Pis, y a le 6ème sens aussi xDD //zbaf// [Je blague]
    Bien sûr, tout dépend des circonstances : en effet, le perso aurait du mal à sentir arriver un ninja dont le boulot est d'être silencieux --'
    Après, l'idée du chien est pas mal, aussi ** mais le principe est surtout appliquée dans un combat, pour compenser la perte de la vue (et bien sûr, dans un combat, on peut entendre l'adversaire)
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 20:39

Je voulais juste te faire comprendre que la perte d'un œil ne se compense pas aussi facilement
(même avec les autres éléments du décor), et que même si tu peux parfois entendre un adversaire venir,
tu ne peux pas savoir quel coup il va faire, voir même ce qu'il vise °°

Et évidemment, le ninja aguerri sera tellement silencieux qu'il n'aura aucun mal
à s'approcher sans que tu ne puisses rien calculer... D'où le chien ou l'allié °°

Enfin je pense que tu as compris que tu partais avec un handicap et que ce dernier devra se faire ressentir dans ton RP ^^
Et donc c'est ton choix et je le respecte, j'ai juste peur qu'il soit oublié dans un futur combat. [un truc de fondateur ça]

Je vais essayer de lire le prochain chapitre, entre deux cris d'enfants °°

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 21:03

    Je comprends bien ^^
    Mais ne t'inquiètes pas, ça reste un handicap =P
    Bonne chance en tout cas °°
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 21:17

Et je pense qu'avec la suite tu vas me détester °°

Chapitre IV: trois petits soucis:
- Tu dis aimer les gitans. Pourtant, plus tôt, tu dis détester les humains, et même quelques lignes plus loin détester tout ce qui n'est pas elfe... Petit problème °°' ("J’avais cependant de la répugnance pour les humanoïdes autres qu’elfes ; et je haïssais toujours la race humaine.") Donc: tu aimes les elfes et les gitans ?
- Tu as eu ta révélation pour Loki dans ce chapitre... Mais avant pourtant tu as pu utiliser de la magie... Impossible si tu ne croyais pas déjà en Loki ! ("A cette époque, je ne croyais pas en Loki, le Dieu de tous les démonistes.")
Toujours dans le même thème: "En revanche, je lui faisais don de ce que je possédais et lui adressais les hommages conformes à son souhait, malgré les protestations de la partie encore terre-à-terre de mon esprit." Loki étant une divinité, il aura conscience de cette partie terre à terre, donc le reste: "Et à compter de ce jour, mes pouvoirs recommencèrent à croître." ne peut être vrai °° Il ne souhaite pas des hommages, mais une dévotion telle qu'un croyant le donnerait à Dieu !
- Les vampires, encore: c'est mieux, mais c'est pas encore ça: tu ne peux pas rendre visite à un ami vampire quand tu le souhaites, c'est comme traverser plusieurs fois de suite une rivière pleine de crocodiles en espérant qu'aucun d'entres eux ne te bouffera. De même, si tu croises des vampires, il voudront goûter ton sang. Il n'y aura pas de discussion comme là: "mais, après une rude altercation avec des vampires à l’entrée, je dus renoncer à mon projet…" si cette altercation était physique, tu ne serais plus de ce monde °°'


J'aurai droit au titre de fondateur le plus chiant, Lenwë va être contente °°

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Dim 8 Aoû 2010 - 23:10

    Aaah, tu me mènes la vie dure TT
    Alorsalors...
    1) Okay, j'aime pas les humains donc j'aime pas les gitans. Je voulais juste dire que je supportais leur compagnie, mais je me suis mal exprimée =P Je modifierai
    2) Alors... avant je croyais un peu (raison pour laquelle les pouvoirs de Chrys étaient faibles), maintenant je crois complètement, ça passe ? °°
    3) Hm... hm... [Déjà, j'ai précisé que c'était pas à proprement parler un "ami" xD Juste une victime ** //ZBAF// 'fin bref]
    Ca veut dire qu'un non-vampire ne peut pas entrer à Novigard ? °°
    Parce que sinon elle peut se déguiser... [Mais les vampires ça renifle, il me semble...]
    Ou alors elle y va genre une fois tous les 50 ans.
    + : Quand je dis "altercation", à ce moment-là elle a pris la fuite au premier grognement xD [Ca court vite les elfes... m'enfin un vampire ça court sûrement pus vite... but I am the best °° //zbaf//]

    J'suis désolée de te donner tant de boulot ^^"

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 11 Aoû 2010 - 14:53

Pas de soucis, le plus important est que ta fiche soit au final parfaite ^^

    1. Ça marche comme ça ^^
    2. Croire un peu, ça sera peut-être avoir des doutes à certains moments, et à ces moments là: plus du tout de pouvoirs... Je pense que c'est faisable, du moment qu'aujourd'hui ta dévotion soit complète pour avoir plus de pouvoirs qu'avant °°
    3. Non, un non-vampire a tout intérêt à ne pas aller à Novigard sauf si il souhaite mourir vidé de son sang ^^ (ça doit être à cause de Twilight ça: les vampires sont méchants ! C'est précisé dans leur topic: pour eux le sang humain est une drogue: imagine un sachet de cannabis passer devant un drogué, et tu comprendras pourquoi on évite à tout prix Novigard)
    Par contre réussir à prendre la fuite face à des vampires, en groupe en plus, me semble impossible: ils sont habitués à la chasse. A la limite tu as eu beaucoup de chance, mais ça n'arrivera pas deux fois °° Donc oui, une visite à Novigard seulement serait plus logique qu'une visite tous les 50 ans ^^


Je continue ma lecture, les zozios sont partis, le silence est revenu °°

Edit: fini !

Encore quelques précisions:

- Tu dis avoir eu 3 vampires sur ton navire: il faut préciser que ces derniers avaient de quoi se nourrir, par exemple en se servant des victimes de vos attaques comme goûter.
- Encore une fois: impossible de te rendre chez un vampire sans risquer, à environ 70%, de finir vidée de ton sang. A moins que ton ami-vampire vive en marge de la grande cité des vampire. Seule condition acceptable je pense.
- L'île des géants... Je me demandais justement quand tu allais y faire allusion °°' Évidemment, tu n'auras vu aucun géant.
- Au passage: seuls les humains peuvent être transformées en vampire, et non les elfes ou les nains !

Voilà, il ne me reste plus qu'à attendre quelques modifications de ta part pour qu'enfin on approche de la validation ^^

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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   Mer 11 Aoû 2010 - 19:56

    Donc 1 fois tous les 50 ans c'est possible si il vit hors de Novigard ♥ ? [pliiiz **]
    Pour les vampires devant le sanctuaire, j'vais dire qu'elle les a juste vus de loin avant de se carapater x)
    Bien sûr, pas de géants
    ~ Ah booon, les elfes peuvent pas devenir vampires ? Zut alors x) Bon, j'vais trouver quelque chose ^^"

    Alooors... à modifier :

    [x] Les loups : J'vais dire qu'en fait c'était un chien au départ et que ses descendants ont été croisés, comme ça ça fait un chien plus sauvage que d'ordinaire ou un loup quasi-domestiqué =P
    [x] Les gitans
    [x] Novigard : J'aime Novigard TT Mais j'vais alléger tout ça x) [Ce qui inclut les vamp' devant le sanctuaire]
    [x] Monsieur vampire : on va changer la localisation de sa résidence (si tu n'y vois pas d'inconvénient bien sûr =P)
    [x] Les elfes ne peuvent pas devenir vampires (quel dommage xD)
    [x] Loki : Petit truc à changer sur la dévotion, rien de bien méchant
    [x] Oeil gauche : pareil, juste un détail à remodeler un peu °°

    Voilà, [On s'approche ! °° xD] je t'avertis quand j'ai fini ça ^^ Et merci encore d'avoir corrigé ma fiche pleine de fautes =P
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MessageSujet: Re: d'Yhvaald Chrystal {Elfe} - Terminée   

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