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 Corruption - [Privé]

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Adrena L'Ulaunavatar

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MessageSujet: Corruption - [Privé]   Sam 4 Sep 2010 - 21:36

    Tout en elle respirait le calme. Elle était revêtue d'une robe aux mille couleurs flamboyantes et semblait parée de joyaux ternes sous la pâle lueur de la lune alors que ses longs bras s'étendaient avec grâce de part et d'autre de son corps mince. Sa longue chevelure d'or ondoyait sous la vague bise qui se levait dans l'air déjà bien froid et son visage terreux était constellé de tâches rousses. À son front était sertie une émeraude d'une taille incommensurable. Son sillage respirait la nature. N'importe quel inconnu aurait pu la qualifier de belle. Pour Adrena, c'était une seconde mère.

    Demether; La terre nourricière.

    Rien n'avait changé depuis plus de dix ans mais tout était différent. Les odeurs d'herbes provinciales, entêtantes et nauséeuses, étaient aussi présentes que dans ses souvenirs mais, subrepticement, il s'y mêlait maintenant des senteurs plus exotiques, venues des quatre coins d'Yggdrasil grâce au marché en ce jour largement développé. La route, toujours aussi longue et poussiéreuse – le genre de poussière dont on ne peut se débarrasser qu'en s'immergeant complètement dans l'eau -, n'arborait plus les bosses de son enfance, celles là même sur lesquelles les essieux des charrettes se fendaient en deux. Les champs de Demether constituaient toujours une des plus grandes zones de production du pays; ces carrés de céréales s'étendaient à perte du vue mais elle pouvait deviner à leurs formes passablement géométriques que, là aussi, l'agriculture avait connu quelques changements d'ordre mécanique. Certaines maisons avaient disparues, d'autres avaient émergé de la terre fertile de cette région sous-peuplée. Les fermes étaient familiales et les familles qui les tenaient, les tenaient pour la plupart depuis de longues, longues, longues générations.

    Le ciel découvert n'arborait presque pas d'étoiles, cette nuit. Juste quelques traces blanchâtres en souillaient la pureté abyssale. Seule la lune, une pleine lune ronde et luisante comme comme une pomme d'argent, déversait sa lumière éthérée sur le chemin dégagé d'arbres et donnait aux compagnons une visibilité idéale pour l'heure tardive; il était tout de même près de minuit. L'instant aurait été parfait s'il n'était pas épuisés par la distance qu'il venait de parcourir; les jeune gens n'avaient qu'une hâte, trouver un endroit pour se reposer.

    « Tu verras, les gens ici sont merveilleux... Ils ne rechignent jamais à apporter de l'aide aux voyageurs. » affirma-t-elle dans un sourire resplendissant.

    La journée s'était déroulée sans encombres; elle savait l'heure des séparations proches et était heureuse de savoir qu'ils pourraient se dire adieu et se quitter en bon terme. Elle avait adoré passer ces quelques jours avec Cëryl, c'était sans conteste une personne qu'elle aimait vraiment, et ils étaient enfin arrivés à destination, fin du voyage, fin de la relation. Ça faisait mal. Elle n'en montrerait rien mais ferait tout de même en sorte de remettre les adieux au lendemain. C'était mieux de jour. La demeure des L'Ulaun était encore à une bonne heure de route en direction des marais, aussi les jeunes gens n'eurent d'autre choix que de partir à la recherche d'une maison dont les fenêtres, doucement illuminées, témoigneraient qu'ici au moins, on y dormait pas encore.

    Et ils la trouvèrent, cette bâtisse. C'était une vieille grange réaménagée dont on eut dit qu'elle allait s'envoler au premier coup de vent, à la façon dont cela se passe dans un certain conte dont la chevalière ne se rappelait plus. Elle tapa à la porte; trois coups, comme le voulait la coutume.
    La porte de bois sombre s'ouvrit dans un grincement sinistre dévoilant un vieil homme d'aspect misérable – à l'instar de l'intérieur de la demeure et des deux fillettes qui étaient tapies dans un coin sombre de la pièce – tenant entre ses mains cagneuses et couvertes de cors une fourche qui n'aurait sans doute pas fait le poids contre beaucoup de choses tant elle était rongée par les mites.

    « Bonsoir mon... » commença Adrena.

    « Dégagez d'ici ! On a rien à vous donner, chiens ! »
    rugit le paysan en leur claquant la porte au nez.

    La jeune femme resta interdite les yeux rivés sur la porte close; qu'était-il advenu de la célèbre hospitalité des habitants ?

    « Il ne m'a même pas laissé parler, c'est dingue ça ! »

    Cëryl acquiesça en silence, impuissant face à une telle rage. Elle lui prit la main et l'attira à sa suite, comme elle le fit avec sa jument qu'elle saisit par le mors.

    « On va devoir passer la nuit à la belle étoile je crois... C'est incroyable ça... Presque inquiétant. »


    Ils traversèrent la route pour rejoindre une parcelle de terre abandonnée toute proche du champs sur la rive de l'austri; la rivière glougloutait d'ailleurs à une vingtaine de mètres, en contrebas. C'est là qu'ils s'installèrent.

    Pour la dernière fois, pensa-t-elle.

    Le campement installé, sa jument nourrie, elle prévint le mage qu'elle allait prendre un bain dans l'eau fraîche qui la débarrasserait de toute la poussière, la transpiration et la crasse accumulée. C'était charmant.

    Arrivée près de l'eau, elle ôta ses vêtements un à un, avec une lente désinvolture, considérant l'eau qui coulait, vive et délicieusement froide, à ses pieds. Elle promettait d'être glaciale. Il n'y avait rien le long de la berge couverte de pelouse, le fond par contre était constellé de galets lisses et glissants, dont elle avait plutôt intérêt à se méfier. La jeune femme jeta un regard en haut pour s'assurer qu'il ne pouvait pas la voir et elle plongea dans l'austri.

    Comme de juste, elle était glaciale. Il ne lui fallut pourtant que quelques instants pour s'y habituer et en apprécier la douceur et la volupté; le courant n'était pas bien fort et elle pouvait même se permettre de se laisser porter un peu. Le fluide, comme une couverture vivante, entourait son corps nu d'un voile de tendresse.

    Un moment de félicité.
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Sam 4 Sep 2010 - 23:14

Cëryl n'était pas du genre à se rincer l'œil, bien que l'idée avait dû inconsciemment et subrepticement lui traverser l'esprit. Une tare masculine, une once de perversion, rien de bien grave. Le jeune mage prit la décision de préparer le repas de soir – ou de la nuit, du moins – pendant que la chevalière se lavait à l'aide d'un bain dans la rivière. Il fit flamber quelques bouts de bois amassés ça et là autour du campement, sortit une volaille du sac de provisions pour la faire rôtir, découpa quelques légumes pour agrémenter le tout. Alors que le repas cuisait, il aperçut un autre feu que celui qu'il venait de libérer de sa main pour brûler les combustibles. Le feu en question provenait d'un point luminescent en plein mouvement au dessus de la rivière, non loin d'une habitation. Le jeune homme comprit immédiatement qu'il devait s'agir d'une torche, tout simplement, et ne s'en inquiéta pas outre-mesure jusqu'à ce qu'il aperçusse d'autres points identiques suivre le premier. Apparemment, une sérieuse cohorte devait se déplacer vers la maison en question, et le mage se demanda ce dont il pouvait s'agir. Poussé par son instinct primaire de curiosité, il remonta vers les champs en suivant un petit chemin qui reliait la rivière au terrain plat et s'arrêta peu avant le sommet, se camouflant légèrement derrière la paroi, pour suivre les événements des yeux.

L'homme à la tête de l'attroupement était un soldat d'allure grotesque, un ventre énorme, un visage repoussant couvert de verrues, à l'aspect sale et gras. Ses cheveux étaient dissimulés sous un chapelet et il revêtait une armure plutôt rebondie qui devait le serrer un peu. A la main, il tenait une hallebarde dont il avait plus l'air d'utiliser pour s'appuyer sur le sol par fainéantise que pour combattre, charge qu'il devait d'ailleurs laisser à ses sbires, au nombre approximatif de dix, qui se mouvaient derrière son imposante mais néanmoins pitoyable stature. Cëryl était un peu loin, mais la voix nasillarde et mielleuse qui sortait de ce tas de graisse portait à bonne distance.

« Allan ! C'est l'heure du paiement. »

Il entendit des chocs sourds contre la porte, puis, une voix étouffée dont il ne pu saisir les paroles s'éleva à l'intérieure de la bâtisse. Le « gros » à l'air malsain lâcha un rire tonitruent qui résonna dans les champs. Ce ricanement lugubre fit frissonner Cëryl et lui rappela étrangement une sensation qu'il avait très récemment éprouvée, mais il ne parvint pas à mettre le doigt sur le moment et le lieu de cette impression désagréable. Le soldat obèse poursuivit le dialogue avec un sourire, dévoilant des crocs de loup dangereux au dessus d'un goitre proéminent.

« Si vous ne voulez pas payer, vous connaissez alors les ordres de Cornéo, et les ordres sont les ordres. Nous devrons sévir, en commençant par emmener votre femme. Cornéo sera ravi de faire ample connaissance avec votre épouse, vous ne croyez pas ? »

Cëryl fut saisit d'effroi. Les soldats semblaient portaient le blason de l'armée de Midgard, et ils s'adonnaient à une aussi vile bassesse que du chantage ? Qu'avait donc bien pu faire le paysan pour mériter cette infamie ? L'espace d'un instant, son cerveau lui commanda d'aller au devant de ces monstres sans cœur pour leur faire une bonne leçon de morale par rapport à leurs devoirs, mais son corps ne bougea pas, pétrifié par le nombre d'hommes à qui il aurait affaire. Un ou deux auraient pu éventuellement passer, mais une dizaine ?

Toujours sans réagir, il contempla, horrifié, l'un des soldats défoncer la porte de la maison et rentrer à l'intérieur, suivi par l'un de ses compères. Il y eut des cris, des cris inhumais qui firent blêmir le jeune homme. De nouveau, il faillit se jeter à corps perdu à travers le champ devant lui en direction de ces bandits pour tenter de les raisonner, mais quelque chose l'empêchait de bouger. Une frayeur colossale, incommensurable. C'était comme si son être tout entier était paralysé et ne pouvait rien faire d'autre que de regarder la scène qui se déroulait sous ses yeux pleins d'angoisse. Il était faible, et même s'il appelait Adrena - en supposant qu'elle aie le temps de revêtir son armure - , ils ne pourraient rien faire contre dix soldats de l'armée. C'était courir vers sa perte que de se précipiter vers ces individus immondes. Il vit la femme se faire conduire de force par les deux soldats au milieu de leurs camarades, sous les moqueries de ceux-ci. Elle hurlait à pleins poumons. Le mage jeta un coup d'œil rapide et craintif autour de la maison : les autres fermes du coin gardaient leurs portes closes, malgré le vacarme, et aucune lumière ne filtrait à travers les lucarnes. Les gens avaient peur, et personne n'osait sortir voir ce qu'il se passait, certainement déjà au courant des mœurs de ces infâmes brigands. Celui qu'on appelait Cornéo devait exercer un dictat plutôt impressionnant sur cette partie de la ville. Un nœud se forma soudain dans la gorge du mage. Et s'ils venaient par ici, et qu'ils voyaient le feu de camp ? Il était quasiment certain que ce maître-chanteur ne les laisserait pas tranquilles non plus, trouvant n'importe quelle fumante excuse pour les arrêter, leur soutirer de l'argent, ou même les emprisonner. Qui sait ce qu'il leur arriverait... Une image fugace mais intense lui traversa la tête, et il imagina Adrena, se faisant entourer par ses hommes au visage avides des plaisirs de la chair.

Sans plus attendre Cëryl dévala la pente jusqu'en bas et leva une main vers la rivière. Un jet d'eau se propulsa de celle-ci jusqu'au feu de camp, trempant quelques-unes de leur affaire au passage et inondant le repas en pleine cuisson. Le feu s'éteignit instantanément, puis il retourna à son poste de guet. Les lumières venaient vers eux. Le cœur du mage s'emballa et il eut soudainement très peur, il tenta alors vainement de calmer se respiration le plus possible : il suffoquait presque. Quand il pensait qu'Adrena se baignait tranquillement, à quelques mètres de là, complètement nue et sans défense...

Des bruits de pas plus rapprochés se firent entendre, et Cëryl s'arrêta complètement d'inhaler la moindre parcelle d'air, trop concentré sur ce qu'il écoutait avec tant d'attention. Il ferma les yeux, sentit ses membres trembler et des gouttes de sueur lui couler le long des joues. Au bout de quelques secondes qui lui parurent infiniment longues, le piétinement s'éloigna, certainement vers une autre demeure à soudoyer. Le bruit des gémissements de la femme s'était interrompu depuis une bonne minute et il supposa qu'on l'avait assommé. Cëryl se laissa glisser au sol et se recroquevilla sur lui-même, complètement vidé de son énergie, impuissant et maladif.
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Dim 5 Sep 2010 - 22:56

    Le paysage autour d'elle semblait à tout jamais figé dans une nuit protectrice et digne d'un Eden; la lune éclairait de larges monts, ombres se découpant sur le ciel, dans le lointain. Ces dernière surplombaient des plaines sans fin d'herbes foisonnantes et vives, l'austri recoupait ces étendues qui semblaient ne jamais en finir. La jeune femme se surprit à penser qu'elle aimerait vivre éternellement dans un lieu tel que celui là et se fit sourire quand l'idée de ne jamais quitter les ondes de la rivière lui traversa, fugitivement, l'esprit. Une bonne dizaine de minutes passa lorsqu'elle décida qu'il était temps de rejoindre son ami; lequel devait s'inquiéter de ne pas la voir revenir tout en se refusant de venir vérifier si elle ne s'était pas noyée. C'était plus fort qu'elle, elle adorait l'eau.

    Adrena émergea avec grâce, et réticence, des eaux translucides. À peine eut-elle posé un pied hors de l'eau qu'elle ressentit la morsure de la brise nocturne sur ses chairs chaudes; sa peau, immaculée sous le grand disque d'argent, était couverte d'une légère chair de poule qui n'attendait que la protection douceâtre du coton molletonné. La chevalière essora sa belle chevelure d'or et, ayant passé ses vêtements à l'eau, s'apprêta à enfiler des changes. C'était sans compter sur les cris, des cris de désespoir, et la disparition instantané de l'âtre qui brûlait à l'endroit où ils avaient posé pied une petite demi-heure plus tôt.

    Qu'est-ce que... ?!

    Ses sens en éveil lui signalait qu'elle avait tout à craindre à rester à découvert et un regard autour d'elle lui fit prendre conscience, avec détresse, que sa lame était restée là haut, à côté de Cëryl; elle songea d'ailleurs avec effroi que la disparition soudaine des flammes pouvait présager de tout, y compris du pire pour le jeune homme. Elle espérait de tout son cœur que ce ne fut pas le cas et en éprouvant physiquement l'angoisse. Des points lumineux se mirent à évoluer sur la route qu'ils avaient emprunté un peu plus tôt. Au vu du nombre de lumière, elle pensa à une petite dizaine de personnes, pas plus. Elle replongea dans l'eau, se plaquant contre la berge qui la cachait entièrement des regards et tendit l'oreille, attentive mais surtout méfiante. Elle percevait des bruits de pas, un pas mesuré sans être lent, la démarche rythmée et lourde d'une monture - qui entraînait le grincement métallique caractéristique des armures de moindre qualité - et des rugissements étouffés qui ne tardèrent pas à cesser; était-ce une milice du roi venue procéder à une arrestation ? À une heure si tardive ?

    Lorsqu'elle considéra que tout danger était écarté, elle enfila rapidement des vêtements et remonta la pente en direction du bivouac. C'est à une dizaine de mètres qu'elle constata l'absence du jeune homme. Le campement avait été retourné, les affaires éparpillées. La peur lui mordit le ventre d'une atroce façon; la boule qui se forma subitement dans sa gorge l'empêchait pratiquement de respirer tant elle était oppressée, elle tremblait de tous ses membres et des larmes de rage lui piquaient les yeux.

    « C'est pas vrai... C'est pas vrai... ! »


    Elle saisit son épée avec rage et se prépara à sauter sur sa monture, à la poursuite de cette troupe; peu importe qui ils étaient et combien ils étaient. Cela avait-il encore une importance ?
    Un bruit attira cependant son attention.

    « Cëryl ? »
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Lun 6 Sep 2010 - 0:00

Cëryl s'élança et saisit Adrena à la manche. Il était encore confus par ce qui venait d'arriver mais avait encore suffisamment de lucidité pour empêcher son amie de foncer droit vers la mort. Il tremblait toujours, et il pensa avec un peu de honte que la chevalière devait le sentir à travers le tissu de son vêtement. Quand elle se retourna vers lui et prononça son nom, il lâcha sa prise et s'approcha simplement d'elle, plus près qu'il ne l'était déjà. Malgré l'obscurité, il pouvait observer la silhouette d'Adrena se dessiner dans le noir et il pensa donc qu'elle était elle-même apte à distinguer ses mouvements. Il rapprocha son index de sa bouche, lui intimant de faire le moins de bruit possible, tandis que de grosses gouttes de sueur tombaient sur le sol avant de s'infiltrer dans la terre. Paniqué, il murmura à sa compagne.

« Chuuuuut, fit-il dans un souffle. Ces hommes exercent un chantage cruel sur les habitants, ils leur réclament de l'argent et enlèvent quelqu'un de leur famille, tout comme cette femme qui hurlait, s'ils ne payent pas. Ils les emmènent à leur chef, qui s'appelle Cornéo, d'après les paroles du gros lard en tête de file. Je sais que c'est horrible et que toi comme moi avons certainement une énorme envie de l'aider, mais on ne peut rien faire tous les deux, ils sont trop nombreux. J'en ai compté une dizaine. C'est de la folie. Je ne suis pas un lâche et j'aimerais sincèrement sauver cette malheureuse, mais là, c'est trop Adrena. Je ne veux pas qu'on se perde idiotement en leur fonçant dessus. Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas te perdre. S'il te plait, ralentis le rythme, on va réfléchir calmement à ce que l'on peut faire. »


Il avait fait des efforts monumentaux pour prononcer tout ça avec calme, sans s'emmêler les pinceaux, sentant les yeux intelligents de son amie le fixer sous le manteau de la nuit. Il sentit que ses arguments avaient touché la chevalière et qu'elle était prête à réfléchir plus tranquillement à la situation. En premier lieu, ils savaient déjà comment se nommait celui qui était responsable de tout ça. Cëryl pensa que c'était une première piste à exploiter. Il proposa à Adrena d'aller rendre visite à ce fermier qui venait de perdre sa femme, du moins pour un moment, et qui devait se trouver dans un état de profonde dépression. Le mage pensa qu'ils ne pourraient sans doute rien faire face à cet homme qui profitait de sa condition pour se faire toujours plus d'argent, tout en semant la désolation dans les terres qu'il occupait. Cependant, il ne partagea pas cette pensée avec son amie, de peur qu'elle ne le fusille du regard, même dans les ténèbres les plus sombres. Cëryl expliqua avec douceur qu'il n'était pas envisageable de s'occuper de cette affaire à l'instant même et qu'il devraient s'en acquitter le lendemain, car ils se trouvaient dans un état instable où la fatigue pouvait prendre le dessus d'un moment à l'autre sur l'excitation et l'angoisse. Le jeune homme passa un bras sur l'épaule d'Adrena dans le seul but de la réconforter, et à vrai dire de se réconforter aussi. Au dessus d'eux, la lune l'observait sous son masque blanc avec un air accusateur, et il soutint ce regard, comme pour affirmer qu'il n'avait rien à se reprocher. Il venait même de leur sauver la vie.

Cëryl soupira. Il espérait au fond de lui qu'aucun mal ne serait fait à la femme, et il espérait davantage que la nuit leur porterai conseil et qu'ils seraient en mesure de trouver une solution pour combattre ce monstre, le lendemain. Son côté rationnel lui rit au nez, s'exclamant qu'il se faisait des illusions quand au destin de la femme du paysan. Dans moins d'une heure, elle se retrouverait enfermée dans une pièce lugubre, et durant la nuit, peut-être qu'elle serait même...

Il secoua la tête, repoussant cette voix aux confins de son cerveau, sentant des larmes lui piquer les yeux. C'était horrible, mais ils étaient impuissants pour le moment, même ensembles contre le Mal. Et puis la femme qui venait d'être enlevée n'était sans doute pas la seule du coin a avoir subi ce châtiment funeste, au vu de l'inaction des habitants face au drame. Des dizaines de femmes étaient peut-être séquestrées, torturées... Violées par l'homme en sommet de cette corruption, mais qui était-il en réalité ? Et comment faisait-il pour continuer ses méfaits sans que quiconque n'ait eu le cran de faire appel au roi de Midgard pour l'arrêter ? Terrorisait-il tant que ça la population ? Un instant, Cëryl se vit comme dans un livre d'aventure, une épée à la main, en bas d'un donjon où l'attendait des femmes en détresse, prises sous le joug d'un diabolique dragon. Sauf qu'il n'était pas ce chevalier, le seul vrai chevalier qui pouvait réaliser la prouesse de tuer le dragon en question s'appelait Adrena et était une femme. Lui n'était qu'une aide apportée au chevalier. Il espérait cependant démontrer son utilité en temps voulu. Pour l'instant, il ne ressentait que la fraîcheur de la nuit envelopper les deux êtres pensifs sous l'intensité stellaire et l'incroyable besoin de dormir. Il avança doucement jusqu'aux couvertures, tenant toujours Adrena par une épaule, et se baissa délicatement jusqu'à ce qu'ils fussent assis à même le sol, et la lâcha enfin. Il lui tendit une couverture, caressa rapidement son épaule une dernière fois et lui souhaita une bonne nuit.

« Je t'assure qu'on les fera payer, ces ordures. On y veillera personnellement. Repose toi bien, Adrena. »
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Lun 6 Sep 2010 - 21:19

    La nuit fila comme une comète incandescente dans un ciel trop vide. Rien ne répercutait la lumière de l'objet céleste et pour cause; il n'y avait rien là haut à embraser et la lueur la plus vive était engloutie dans les ténèbres environnantes. C'était ça maintenant... Demether. Une terre où les ténèbres d'un cœur corrompu dévoraient sans pitié la lumière d'une journée de paix. Elle ne s'endormit pas immédiatement et ce malgré l'heure tardive et la fatigue accumulée lors du voyage; était-ce les évènements en eux-mêmes ou la rage ? Cette rage qui la dévorait parce qu'elle se savait impuissante, cette rage contre elle-même de ne pas avoir sauté sur sa monture à la suite de ces hommes, cette rage avec laquelle elle combattait sa propre peur de perdre la vie. Adrena contempla un long moment le moment le ciel au dessus d'elle; elle songea qu'elle aimerait pouvoir faire partie de ces astres qui brillent jusqu'à en mourir, consumant leurs vies dans une lente danse, ces mêmes astres qui ne ressentent aucun des vices ni des faiblesse humains. Leur vie était simple et elle finissait même par la trouver enviable, au final.

    Combien étaient-ils de ces habitants qui vivaient chaque jour dans la crainte terrible qu'un soir peut-être, les trois coups fatidiques - le glas, le crépuscule final – retentiraient comme une rugissement bestial contre leur porte, menaçant de l'emporter comme un fétu de paille. Parce que rien ne résistait à...

    Cette fois c'était bon, les larmes débordèrent de ses yeux déjà bien humides et tâchèrent de larges auréoles humides la couverture dans laquelle elle s'était enroulée. Parce que rien ne résistait à la puissance des chevaliers du roi ! Ses larmes silencieuses parvinrent un peu à calmer la détresse qui enserrait son cœur et près d'une bonne heure après avoir entendu la respiration de Cëryl prendre le rythme associé à celui du sommeil profond, elle se dit qu'il était temps pour elle d'en faire tout autant. Elle se roula sur le côté et se retrouva collé au dos de son compagnon; malheureusement (?) elle prit conscience qu'il fallait qu'elle s'en dégage quand, bercée par son odeur douceâtre, le sommeil finit pas la gagner.

    Cette nuit là, elle rêva encore. Un rêve qui, balayé dès que sa conscience reprit le dessus sur son subconscient, ne lui laissa pour le reste de la journée qu'une vague impression de malaise. Des images simples et sans équivoque; le plancher de glace était toujours présent mais prenait maintenant l'apparence d'un carrelage glacé tapissant le sol d'un couloir sans fin. Des visages morts la fixaient et l'appelaient. Elle courait sans y arriver. Ses jambes étaient coton. Que fuyait-elle ?
    Elle se réveilla.

    Avait-on jamais vu plus beau spectacle que le ciel embrasé des premières lumières du jour ? On eut-dit retrouver la pureté du premier matin du monde. Le ciel, d'un fuchsia soutenu et vif comme une flamme, jouait avec les rayons miellés du soleil et donnait à la voute céleste l'apparence d'une friandise infinie. Les collines en contrebas, au delà de la rivière, commençaient à peine à être caressées par la lumière matinale et de la rivière, dont les vaguelettes la répercutaient en pites d'or, semblait couler du nectar pur. Était-ce le paradis éternel des guerriers ? Un coup d'œil à son ami, endormi tout près d'elle, lui signifia que non. C'était une aube nouvelle; celle où elle prit la décision de libérer sa patrie première du joug immoral de la corruption.

    Elle enfila son armure - avec un mal sur lequel on ne s'étendra pas – et lorsqu'elle eut fini de préparer le repas du matin, un vrai repas, le tout dans un silence respectueux. Elle réveilla doucement son ami.

    « Cëryl... Je t'ai laissé dormir le plus longtemps possible mais il est temps. Aujourd'hui sera une dure journée. »

    E
    lle lui sourit doucement quand ses yeux myosotis, encore alourdis par la fatigue, s'ouvrirent en papillonnant.

    Ils déjeunèrent et, laissant le campement en place mais prenant tout de même soin de le cacher près du champs de maïs, à la protection seule des pieds hauts pas encore arrivés à maturité, rendirent visite au paysan Allan.

    « C'est cette maison... » reconnut le mage.

    C'était cette maison. Cette même maison à laquelle ils avaient demandé l'hospitalité la veille et qui le lui avait refusé; elle comprenait pourquoi. La porte de bois sombre n'était plus que débris et échardes et gisait comme un vieux soldat qui serait resté trop longtemps en service. Adrena posa un pied dans la demeure insalubre quand un homme, sûrement fils du vieillard de la veille, se jeta sur elle; beaucoup trop lent pour son jeune âge, elle tailla sans peine la fourche qu'il tenait entre les mains. Déséquilibré, il tomba à genoux et se mit à pleurer.

    « Nous n'avons pas pu réunir la somme nécessaire... Laissez-nous encore un peu de temps, je vous en supplie ! Prenez moi mais laissez mes sœurs... Pitié. »

    Cette voix ?

    « Bet' ? C'est toi ? »

    Le jeune homme leva de grands yeux incompréhensifs, la fixa intensément et tout revint. Il se jeta dans ses bras et la tint fermement contre elle en murmurant dans ses cheveux des « Dieu merci tu es revenue... Tu es revenue pour nous sauver. ». Il était à peine plus grand qu'elle et avait le teint basané et la carrure imposante des paysans. Ses cheveux noirs de jais retombaient sur son visage hâlé dont les yeux verts, comme deux puits d'eau, anéantissaient l'attention qu'on aurait pu apporter au reste de sa personne. Adrena laissa tomber son épée et passa ses propre bras autour de la taille mince de son ami.

    « Papa... Venez-voir... Mon dieu venez... ! »




    « Je reprends... Chaque ferme doit lui livrer, au nom du roi, un impôt par semaine sous peine de se voir enlevé quelqu'un. Vous n'avez pas osé vous rebeller en pensant que l'ordre venait du roi directement et il vous fait du chantage en menaçant de tuer ces personnes qui sont retenues... Dans une demeure près des marais ? »

    Le vieil homme acquiesça, interdit. Le visage sombre et renfermé. La jeune femme fit la moue avant de sourire, déversant sur cette famille désolée la lumière chaleureuse de la confiance et du soutien.

    « Ne vous inquiétez pas... Nous allons vous aider ! N'est-ce pas Cëryl ? Nous vous libèrerons de manière définitive de ce... Cornéo. En attendant nous devrions élaborer un plan; vous nous avez dit que la garde était composée en tout de quinze hommes entraînés. Des hommes que nous ne pourrons pas battre sans l'aide des autres habitants et sans un plan tenant la route. Nous resterons ici pour l'élaborer, cachés. J'aimerais que vous vous chargiez en rallier le plus de monde que vous puissiez et ce dans le plus grand secret. C'est capital ! »

    Elle marqua une pause, une pensée lui avait traversée l'esprit.

    « Cëryl... Et Bet'. Nous allons nous y mettre dès maintenant, le temps presse ! »
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Lun 6 Sep 2010 - 23:03

La table du salon d'Allan devint le centre des opérations stratégiques, et les officiers de bataille se tenaient autour, assis sur les chaises en bois du fermier. Cëryl, Adrena et son vieil ami Bet' se tenaient chacun dans une attitude de réflexion, les bras et jambes croisés, les sourcils froncés, agitant longuement leur doigts sur la table. C'était une première pour le mage, de concocter un « plan », et il fut pris d'une bouffée d'excitation à tel point qu'il dut finalement se lever pour faire les cent pas dans la salle. Il n'était pas à cours d'idées, bien au contraire, il essayait juste de mettre de l'ordre dans celles-ci et de les ordonner dans sa tête, avant de les soumettre à ses deux compères pour à partir à l'assaut dès que tout serait prêt. Même si la route n'était pas si courte que cela...

Pour débusquer le repère du tyran, ils leur faudrait traverser les plaines de Rig en direction du nord et atteindre le bâtiment, une sorte d'avant poste situé en bordure des marais d'Ulaun. Ils auraient effectivement besoin d'hommes pour se battre, mais même s'ils en ralliaient ne serait-ce qu'une vingtaine, Cëryl ne pensa pas que cela serait suffisant, surtout que la garnison qu'ils avaient vu la veille devait être composé de soldats aguerris qui pourraient chacun sans problème s'occuper de plusieurs habitants à la fois. Cëryl eut alors une idée pour le moins saugrenue :

« Et si... Nous prenions Cornéo en otage ? »


Devant le regard dubitatif de ses compagnons, il s'avança dans ses explications, en proposant de créer une diversion pendant que quelques personnes – comme eux trois - se faufileraient dans l'enceinte du poste de garde pour s'emparer du corps du tyran. Ceux qui s'occuperaient de la diversion risqueraient leur vie mais ne seraient pas obligés de se battre, il suffirait simplement qu'ils amènent la concentration des gardes à se fixer en dehors de leur petite forteresse. En s'infiltrant discrètement, il ne devrait pas être trop dur pour les personnes parvenues à l'intérieur d'arriver jusqu'à Cornéo. D'autant que Cëryl était un mage et pourrait provoquer d'autres diversions à l'intérieur, comme un petit incendie dans une chambre. Le tout était de trouver Cornéo et l'endroit où étaient emprisonnés les villageois. Ce n'était pas une mince affaire mais à eux trois, en faisant preuve de grande prudence, ils pourraient certainement arriver à leurs fins. Convaincus, ses deux acolytes acquiescèrent.

Une heure s'écoula , à examiner en détail certains points, certaines précautions supplémentaires, et la porte d'entrée s'ouvrit à la volée et les stratèges entendirent du bruit dehors. Allan rentra d'un pas précipité et leur annonça qu'il avait « engagé » vingt-deux hommes assez habiles avec leurs mains, après une vie passée aux travaux des champs. Allan écouta le plan de bataille mais demeura sceptique. Il eut un faible sourire, comme compatissant, pour Cëryl et Arena et s'exprima d'un ton lugubre. Il n'avait plus l'air d'un paysan âgé en proie à un triste sort, mais à un vieux capitaine réfléchi dont les yeux brillaient d'une ardeur depuis longtemps enfouie.

« Vous savez, de la racaille pareille, ça ne s'arrête pas après la prise d'otage de leur chef. Non, prendre Cornéo en otage ne servira à rien. Votre plan est bon, juste incomplet. Vous devriez effectivement vous introduire et sauver les otages de la façon dont vous l'avez décrite, mais profitez en pour tuer cette ordure, cela ajoutera un bref moment de désordre chez ses sbires et nous profiteront de ce court laps de temps pour nous battre au mieux. Nous les attirerons dans la forêt et les éliminerons un par un, en faisant preuve de ruse. Je commanderai nos hommes dans cette optique. Maintenant... »

Allan demanda à tous les volontaires d'aller chercher des vivres chez eux pour le voyage, qui devrait durer une journée complète au minimum, en plus du nécessaire pour se battre et dormir. Ainsi, les pseudo-soldats revinrent équipés de gourdins, de hachoirs et de quelques réserves de nourritures qui suffiraient amplement pour toute la troupe et pour une durée de un ou deux jours. Ils amenèrent également des couvertures pour la nuit et des chevaux pour le voyage. Cëryl décida de monter sur celui d'Adrena, et après avoir reçu les encouragements des vieux fermiers du coin et les derniers préparatifs effectués, ils partirent tous au galop en direction des marais.
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Lun 20 Sep 2010 - 22:33

    Ils partirent à l'aube; le soleil voilé d'une pudeur timide revêtait son plus bel et plus sombre apparat, cette lumière obscure qui tombe des étoiles. Les plaines de Rig s'étendaient sous leurs yeux comme un océan imperturbable à la fois mort et vivant. La petitesse des créatures qui le peuplaient, et leurs instincts primaires - Ceux-là qui les contraignaient à fuir sans cesse la présence de ces étranges créatures que sont les hommes -, les rendaient invisibles aux yeux des soldats nouvellement engagés qui progressaient inlassablement vers les marais d'Ulaun. Les herbes folles fouettaient les jambes pendantes des cavaliers et semblaient s'y accrocher comme d'innombrables mains avides de chair; pas un bruit ne pouvait traverser l'épais brouillard qui recouvrait les étendues d'ordinaires vertes, ici jaunâtres, comme une présence fantomatique et glaciale.

    Ce dernier se serait dissipé d'ici quelques heures; ces heures là qu'il faudrait pour accomplir un peu moins de la moitié du chemin et entamer leur seule et unique pause de la journée. Adrena ne prononça pas un mot de tout le temps que dura la première partie du voyage; elle adressa à peine quelques mots à son ami lorsqu'il s'inquiéta de sont état et pas un seul à Cëryl dont elle n'entendit pas non plus le son de la voix. Était-il lui aussi oppressé pas tant d'injustice ?

    En vérité, la jeune femme avait terriblement peur; peur de ce qu'elle pourrait découvrir dans les geôles de la bâtisse qui offrait un toit protecteur à l'homme qui tyrannisait ses proches. Tortures sadiques ? Viols ? Meurtres ?

    Tyran... Il avait pris le pouvoir par la force mais n'agissait en aucun cas pour le bien de ceux qu'il dirigeait. La jeune femme laissa son esprit divaguer pendant la pause repas qu'ils s'accordèrent un peu avant l'heure; elle pensa à cet homme et essaya d'imaginer ce à quoi il pouvait ressembler. Avait-il le physique caractéristique des hommes véreux, gras et roses ? Ou ressemblait-il plutôt à ce genre de personne si maigres qu'elles en devenaient sèches et insipides ? C'est sans parvenir jusqu'au bout de sa réflexion qu'un bras basané surgit devant elle, la faisant sursauter légèrement.

    « Il est temps de repartir Ad'... », dit l'homme qui lui tendit la main, chaleureuse, qu'elle serra pour se relever. En effet, ils avaient déjà perdu une bonne heure, le soleil était maintenant au zénith. Et ils avaient encore des heures de routes pour atteindre les marais, territoire dangereux et pourtant si familier. Le marais depuis toujours avait été considérés par Adrena comme une entité vivante à part entière; une espèce de membre de la famille, un animal sauvage apprivoisé depuis bien longtemps. Pour les autres il n'en était rien et il fallait être prudent. Battre un homme, même entraîné, était une chose, battre un bipède astral en était une autre.

    La soleil voilé d'une pudeur timide et matinale déversait sur Demether une lumière blafarde, nauséeuse, sur laquelle se découpaient, alors que la route se déroulait sous leurs galops précipités, un lot d'arbres morts aux branches comme des griffes et de marais nauséabonds envahis par les moustiques et les mauvaises herbes. Elle reconnaissait à peine ce lieu qui avait bercé son enfance tant il était noyé sous une forêt vierge de ronces; le chemin boueux était là, assurément, les arbres morts et les moustiques aussi. Sans doute était-il trop tôt pour que les myriades de lucioles, comme des étoiles terrestre, illuminent les surfaces lisses et sombres des eaux troubles et rendent à ces arbres gris la lueur bleutée qui leur allait le mieux, celle de la glace, de la beauté du froid.

    À son grand soulagement, le voyage se fit sans encombres. La chevalière s'arrêta au beau milieu des marais, imitées par la trentaine d'hommes qui composaient son « bataillon » dont elle avait pris la tête.

    « Messieurs, c'est ici que vous abandonnerez vos montures. La discrétion vous oblige à continuer à pieds; attachez les assez solidement pour qu'elles ne s'échappent pas mais pensez à pouvoir les détacher facilement au cas où... Il faudrait fuir, pour vos vies, pour celle de vos proches. Vous savez ce que vous avez à faire alors à partir de maintenant, vous ne prononcerez plus un mot. »

    Elle posa sa nuque sur l'épaule du mage et lui murmura:

    « Bien Cëryl, si nous mourrons ici, saches que je suis heureuse de t'avoir connu. »

    Aevc un sourire taquin, elle tira de toutes ses forces sur les rennes. Ils attaquèrent de front.
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Sam 25 Sep 2010 - 22:35

L’attaque lancée, Cëryl aperçut plutôt rapidement le fort des brigands s’immiscer dans son champ de vision, après le départ au triple galop d’Adrena qui se poursuivit en une course effrénée de cinq minutes environ. Le bâtiment s’élevait sur deux étages, de hauteur égale, et le toit ajouté à cela achevait d’accentuer l’impression de grandeur de la maison. Le fort, à première vue, ressemblait plus à une gigantesque maison aristocratique puisque les décorations qui l’ornaient lui donnaient une apparence luxueuse. Mais il nota bien vite que de chaque côté de l’entrée principale étaient disposés des tourelles de garde, même si elles semblaient vidées de leurs occupants. Le jeune mage pensa qu’ils ne devaient simplement craindre aucune menace, et que c’était là la raison d’une telle négligence dans la surveillance de la bâtisse. En cependant affûtant son regard, il put discerner des barreaux aux fenêtres du rez-de-chaussée et se dit qu’il y avait tout de même un minimum de sécurité. De plus, deux gardes - peut-être deux de ceux qu’ils avaient vu la veille - étaient postés à l’entrée, le regard éteint.

Cëryl se demanda combien de temps allaient-ils mettre à réagir et s’aperçut avec un certain amusement, qui l’aurait fait sourire si les circonstances avaient été moins dramatiques, que l’un d’eux dormait, la tête plantée sur le bon côté de sa javeline appuyée contre le sol. L’autre avait l’air à peine plus éveillé. Le mage se dit avec malice que si cet état était commun à tous les sbires, les libérateurs n’auraient aucun mal à mener à bien leur mission de sauvetage. Finalement, celui qui n’avait l’air que somnolent releva la tête, et s’agita à son poste, paniqué. Il poussa son compagnon pour qu’il ouvre les yeux et celui-ci manqua de s’effondrer, paraissant encore plus pathétique aux yeux des nouveaux venus. Il s’ébroua, essuya la salive qui coulait en un filet peu ragoûtant au coin de ses lèvres grasses d’homme auquel il semblait évident que l’hygiène n’était pas la préoccupation principale. Ils discutèrent quelques secondes alors qu’Adrena ralentissait en arrivant à une vingtaine de mètres d’eux. Celui qui dormait jusqu’à lors se précipita à l’intérieur, sans doute pour signaler l’intrusion dans le domaine. Cëryl jeta un regard circulaire pour s’imprégner mentalement du paysage environnant : il devait s’agir d’un des rares endroits des marais où l’humidité s’était retirée, laissant à l’atmosphère un air moins poisseux qu’au reste de la région. Autour de la propriété, beaucoup d’arbres aux allures fantomatiques et aux branches noueuses tendaient leurs troncs décharnés dans leur direction. Quelques corbeaux croassaient ça et là, renforçant le cliché romanesque de lieu particulièrement lugubre que donnait le domaine. Cëryl se dit qu’il ne restait plus que la nuit et une lune blanche et ronde pour transformer définitivement ce lieu en page de livre à frissons.

La monture s’arrêta à une dizaine de mètres du garde restant. Celui-ci toisa ses cavaliers avec un mépris total. Il se racla la gorge et cracha une glaire de taille honorable sur le sol terreux devant lui, symbolisant à la fois le signe de son intelligence brillante et son salut personnel aux étrangers. Il ouvrit la bouche et des paroles suintantes de méchanceté et d’idiotie s’échappèrent pour empoisonner l’air vicié qui l’entourait.

« C’pourquoi ? Beugla-t-il de son air ensuqué qui se métamorphosa rapidement en air pervers quand il vit le visage de la cavalière. J’sais pas c’que vous v’nez faire dans l’coin mais c’est la propriété de Sire Cornéo, faut pas v’nir ici sans motif… » Il s’interrompit en remarquant l’équipement d’Adrena, et sembla comprendre qu’il ne s’agissait sans doute pas de n’importe quel gueux.

Des gouttes coulaient sur son front huileux, et Cëryl comprit que le vent de la panique commençait à souffler sur son crâne, lui donnant des sueurs froides. Son esprit surdimensionné lui faisait-il remarquer que l’arrivée d’une chevalière d’appartenance royale était dangereuse pour lui, ses compagnons et son maître ? Cëryl aurait mis sa main à couper que oui (enfin, la main qui ne tenait pas la fourchette). La porte derrière lui s’ouvrit soudain à la volée et plusieurs hommes - il en compta une vingtaine - formèrent une ligne devant les intrus. Il y en avait de toute sorte, des grands, des petites, des gros et des maigres. Cëryl ne put cette fois s’empêcher de laisser échapper un ricanement : le recrutement s’opérait apparemment chez tous les résidus d’abrutis de Midgard. Pas un seul ne paraissait savoir compter jusqu’à dix, même en s’aidant des mains. Il décida d’engager les « déclarations de guerre ». De toute façon il n’avait pas d’autres choix que de lancer la bataille, des pourparlers étant probablement inutiles, au vu de leurs têtes de vainqueurs.

« Et bien, et bien, les écervelés, on était juste passés voir si les rumeurs de cet endroit disaient vraies, et maintenant il ne nous reste plus qu’à rentrer faire un rapport aux autorités supérieures. Merci de votre compréhension, on se retrouvera lors de vos exécutions respectives. A bientôt ! »

Le jeune mage chuchota quelques mots à la chevalière, lui intimant de revenir en arrière au petit trot, juste pour les attirer un peu plus loin. Là vers où « leurs » hommes avançaient, par exemple. Le résultat escompté ne se fit pas attendre : en moins de quelques secondes, des hurlements gutturaux s’élevèrent derrière eux et des bruits de pas martelant le sol se firent entendre à la grande satisfaction des deux jeunes gens. Adrena accéléra le rythme de chevauchée et bientôt, ils se retrouvèrent suffisamment à distance des « écervelés » qui les poursuivaient toujours en les gratifiant vraisemblablement de très jolis compliments à leur encontre. Cëryl aperçut Allan, dissimulé derrière des herbes touffus, et ils s’écartèrent du chemin pour revenir vers le fort en sens inverse, entendant toujours les cris bestiaux des imbéciles de service. De retour au repaire des bandits, Cëryl et Adrena mirent pied à terre et s’approchèrent discrètement du mur ouest, en prenant soin de se camoufler de la vue des deux nouvelles sentinelles qui remplaçaient les deux dernières, en se mouvant entre les arbres sinistres. Ils parvinrent près d’une fenêtre à barreaux, hors de vue. Cëryl fit jaillir de sa main un jet de flamme s’en servit pour amollir le fer pas très solide qui servait à protéger l’accès. Après une ou deux minutes, Adrena put ouvrir un passage en tordant les barreaux avec son épée. L’infiltration commençait.
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Jeu 14 Oct 2010 - 21:32

    Les évènements prenaient sans conteste une tournure favorable, pour eux. Le fort était épuré de la majeure partie des sous-fifres, des marionnettes sans cervelle, de l'homme qui tiraient les ficelles de ce sombre réseau. Un léger coup de la lourde armure métallique fit s'effondrer le mur de verre en un millier d'éclats luisants et tintant comme des grelots. Ils n'entrèrent tout de même pas immédiatement, s'assurant avec crainte que personne n'ait entendu le fracas de la vitre qui gisait maintenant au sol comme un soldat brisé. Fier soldat. À leur grand étonnement, il n'y eut pas un bruit, pas même le grincement affolé des planches de bois sous le pas lourd et précipité des sentinelles qui auraient du, en tout état de cause, garder l'intérieure de la maison. C'est en pénétrant la pièce, qui s'avéra être la cuisine de par ce qu'elle distinguait dans la faible lueur d'une bougie mourante, qu'Adrena sentit toute la puissance de ce qu'elle faisait; et toute sa crainte. C'était trop facile.

    Ile prirent soin d'éviter de marcher sur les éclats et quittèrent la pièce. Celle-ci s'avérait être la plus basse de la demeure et donnait directement dans la cour; vaste rectangle boueux et puant de terre verdâtre aux relents moisis de transpiration et de crottin de cheval visiblement très frais. La jeune femme eut un haut le cœur et pensa que l'état de la nourriture ne devait pas être fameux; n'y avait-il pas un minimum d'hygiène à avoir ? Le perron et l'entrée de la maison se trouvait à leur droit en haut d'un magnifique escalier blanc d'où les tâches sales se démarquaient affreusement. C'était visiblement la seule issus mais il allait leur être impossible de l'atteindre sans passer sous les yeux de la grande majorité des gardes qui étaient là, plantés comme des piques dans la bouillasse kaki et arborant visiblement l'air caractéristique des personnes incapables de prendre les mesures nécessaires contre un envahisseur sous entraîné et armé de fourches. C'était certain, épée contre fourche, ils ne faisaient pas le poids ! La chevalière sourit ironiquement en remarquant l'éclat vide des yeux de ces hommes, dénué de toute forme d'intelligence ni même de malice. Étaient-ils marionnettes ou comiques, au final ?

    « Je crois qu'on va avoir du mal à entrer.. C'était peut-être pas tant un bonne id... Ah ! J'ai un plan, suis moi. » chuchota-t-elle à l'oreille de son compagnon en se penchant vers lui.

    Ils s'abritèrent du regard des soldats toujours immobiles derrière un mur de rondins de bois et purent parler plus librement.

    « Il faut que tu m'enlèves ! »

    Devant le regard interloqué – choqué ? - de son compagnon, elle émit un rire victorieux et développa le fond de sa pensée.

    « Le mieux à faire pour s'infiltrer jusqu'au maître, c'est de se faire passer pour un de ses sous-fifres. Non ? »

    Il acquiesça en silence et ses yeux myosotis brillèrent de cette lueur sans faille témoignant sa grande vivacité d'esprit. Il saisissait l'essence même de sa manigance.

    « Nous allons attirer et assommer un de ces gardes avant de le ligoter, c'est important. Après quoi je quitterai mon armure, mon arme – tu la garderas pour moi - et toi tes vêtements pour enfiler ceux de l'homme. Tu marches ? »

    « Comme toujours ! » répartit-il d'un air enjoué.

    La jeune femme quitta sa carcasse de métal pour retrouver une tenue bien plus confortable. À défaut de parer les coups, elle les éviterait. Cëryl jeta une pierre de la taille d'un poing contre le bois d'une des palissades entourant le domaine; comme par évidence, la sentinelle la plus proche sembla revenir à la vie et s'approcha d'un air méfiant, visiblement pas assez pourtant, de l'endroit d'où provenait la pierre. Un coup sec de pommeau dans la nuque lui fit rejoindre le sommeil libérateur et protecteur de l'inconscience; quelque part, cet homme avait de la chance. Ils le bâillonnèrent et le saucissonnèrent avant de le glisser derrière le tas de rondins avec leurs affaires personnelles. Les infiltrés étaient enfin prêt à passer à l'action tandis qu'au dehors, le combat se déchaînait de plus belle.

    Adrena prit un bout de corde, un solide rotin, et le tendit à son ami.

    « Attaches moi donc !, ironisa-t-elle alors qu'il s'exécutait, prêt ? »

    Il hocha de la tête. Elle lui sourit.

    « LÂCHEZ MOI ! LÂCHEZ MOI JE VOUS DIS ! » hurla-t-elle en courant hors de sa cachette, comme pour échapper à un poursuivant fantôme. Cëryl réagit à peine, comme elle l'espérait, et fut arrêtée par des sentinelles sitôt qu'elle débarqua dans la cour.

    « LAISSEZ MOI PARTIR ! VOUS LE REGRETTEREZ ! » Ils rirent. Ils caressèrent la peau douce de son visage en la regardant avidement comme un enfant regarde une friandise. Visiblement ravis, se délectant effectivement, par l'expression effroyable de peur et de désespérance qui éclairait son visage d'une ténébreuse lumière.

    « Elle appartient au patron... Vous n'avez pas le droit de la toucher.» ajouta la voix glaciale de Cëryl dans leur dos.

    Le petit théâtre pouvait commencer.


Dernière édition par Adrena L'Ulaun le Jeu 21 Oct 2010 - 23:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Dim 17 Oct 2010 - 20:17

Cëryl trouvait l’idée d’Adrena amusante, malgré la situation. Arpentant les couloirs, ils croisèrent plusieurs autres sentinelles et aucune d’entre elle ne s’appliqua à analyser de plus près le « nouveau garde » et sa prisonnière. Tous étaient paniqués, se demandant quoi faire, cherchant à se rassembler ou à se préparer au combat. Au bout d’un corridor, les deux jeunes gens trouvèrent une porte solide, d’aspect sinistre et verrouillée. Deux gardes étaient postés de chaque côté de celle-ci et, tout comme ceux de l’entrée, paraissaient endormis. Ces deux là étaient tellement éloignés du reste de la demeure qu’ils ne devaient même pas être au courant du remue-ménage qui sévissait à l’intérieur et à l’extérieur de leur petite forteresse. Le premier, apercevant la prisonnière, devait s’extirper d’un rêve agréable en provenance de son demi-sommeil et demanda d’une voix pâteuse qui était cette femme. Cëryl la présenta comme une fille de paysan du village, ayant refusé d’obtempérer aux ordres du maître. Cette description parut suffisante à l’homme, mais alors qu’il ouvrait la porte du cachot, le second regarda le mage déguisé de travers.

« - Ta tête me revient pas mon gars… T’es nouveau ici ?

- Euh, hoqueta Cëryl après avoir déglutit, je viens d’arriver effectivement. Je suis d’Argos, j’étais sans le sou mais en voyageant, j’ai eu la chance de rencontrer Cornéo à proximité de Demether il y a quelques jours et il m’a enrôlé dans son groupe…

- C’est plutôt étrange, quand on sait que Cornéo n’a pas bougé du marais depuis un mois… »
Fit la sentinelle en pointant sa lance vers Cëryl.

Dégoûté d’être tombé sur l’intellectuel de service, Cëryl réfléchit à vive allure pour trouver une manière de se sortir de se guêpier. L’acier froid de l’arme tout près de lui ne l’aidait pas dans cette optique. Finalement, il se contenta de tenter le tout pour le tout, et en ultime recours, il ferait usage de la magie.

« - Bon vous ne me laissez pas le choix, dit-il en faisant jaillir une flamme de sa main qui ne tenait pas le bout de corde. Je suis le bras droit de Cornéo, Tham Ymalleb, un mage de Lleya qui assure la liaison entre notre organisation et Mannheim pour éviter que l’armée de la capitale ne nous attrape avec nos activités... Compromettantes. Laissez-moi maintenant. Si vous m’importunez, c’est vous qui finirez dans le cachot. »

Cëryl avait dit ça avec une telle autorité et irritation dans la voix que les deux gardes blêmirent et celui qui avait braqué son arme en direction du jeune homme l’abaissa brusquement. Ils reculèrent contre le mur pendant que Cëryl s’avançait, menant sa pseudo-prisonnière devant lui. Finalement, après avoir descendu un long escalier les menant à un sous sol éclairé par quelques torches, Cëryl parla à voix basse à sa compagne :

« - Je me demande comment j’ai pu répondre du tac au tac, de cette façon… Enfin… Je voulais te dire qu’il faudra que tu les assomme rapidement quand on sortira d’ici. Ca ne devrait pas te poser trop de problème, à mon humble avis. »


Ils longèrent un nouveau couloir, où les ombres des flammes éclairantes vacillaient sur les murs de pierre, puis débouchèrent dans une vaste salle où plusieurs cellules, d’espace moyen pour chacune d’entre elles, étaient alignées de part et d’autre d’un cheminement qui permettait d’accéder à n’importe laquelle. Ne voyant pas l’ombre d’un garde, Cëryl libéra Adrena pour l’exploration du lieu et lui tendit son équipement. En s’approchant des premières cellules, il vit des visages épouvantés de femmes qui s’isolaient au fond de leur prison. Il lisait dans leur expression une terreur exorbitée qui signifiait que les hommes de Cornéo devaient leur faire subir d’horribles moments. Cëryl tremblait à présent, dégoûté par tant d’horreur humaine. Il se demanda comment de tels châtiments pouvaient être infligés à de si jeunes créatures -certaines n’étaient qu’adolescentes- et failli bien vomir si Adrena n’avait pas été auprès de lui, présence rassurante dans cet enfer malsain. Une main sur le front, il tenta d’apaiser son esprit avant de lancer d’une voix forte, quoique légèrement chevrotante :

« N’ayez crainte, mesdames, je ne suis pas plus garde que vous ne méritez ces infamies qui vous sont délivrées. Je m’appelle Cëryl Eludia et voici mon amie Adrena L’Ulaun, nous sommes ici pour vous libérer du joug de ce monstre qui vous retient depuis bien trop longtemps. Nous allons vous libérer puis nous planifierons votre évasion. Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas seuls : vos maris, frères et pères sèment la discorde dehors et retiennent les hommes de Cornéo. Une fois sortis d’ici ils vous emmèneront loin de cet endroit maudit et vous recouvrerez liberté. Nous pensons avoir assez fait peur aux soldats du tyran en leur annonçant qu’ils seraient dénoncés au Roi de Midgard et qu’ils ne seraient pas impunis. Cornéo ne vous importunera plus désormais. Il nous faut à présent partir. Quelqu’un sait où sont les clés des cellules ? »

Une femme d’une trentaine d’année lui montra un trousseau accroché à un mur et Cëryl l’utilisa pour déverrouiller chacune des portes. Ce fut l’agitation générale, mais le mage, aidé par Adrena, calma la foule de femmes en les priant de faire le moins de bruit possible. Puis, lorsqu’elles furent toutes rassemblées au centre de la pièce et que Cëryl les eut estimé au nombre de vingt, ils parcoururent de nouveau le sombre couloir qui les mena aux escaliers. Il pressa les femmes d’attendre ici et s’adressa ensuite à Adrena :

« Ma chère… C’est à toi de t’occuper des deux sentinelles… Ensuite nous sortirons et examinerons le chemin le plus rapide vers une sortie, de nouveau déguisés, en éliminant si possible quelques gardes sur le chemin, puis nous rebrousserons chemin et les mènerons rapidement à la sortie. Es-tu prête ? »

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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Jeu 21 Oct 2010 - 23:02

    « Oui ! »

    Elle intima aux femmes, silencieuses depuis un long moment déjà, de rester en arrière pour éviter d'être blessées pendant l'altercation qui allait suivre. Elle monta les escaliers avec la justesse, la grâce et le silence d'un félin qui, l'œil aiguisé, s'apprête à bondir sur sa proie, mortel.

    La porte avait été refermée derrière eux mais les lumières faiblardes des lampions fixés aux murs décrépits et couverts d'une mousse verdâtre qui semblait les ronger. Elle gratta à la porte. À nouveau. Encore. Du bruit, au bout du quatrième coup, se fit entendre à travers la lourde porte de bois gainée d'acier et la jeune femme, à nouveau parée de son épée, se tint prête. L'interstice de lumière s'agrandit à ses pieds, l'éblouissant légèrement, et elle fusa. Les exclamations de stupéfaction que les sentinelles poussèrent leurs enlevèrent toute chance de pallier à la rapidité de la chevalière. Si l'un, après avoir reçu un violent coup de poing droit dans le nez – dont Adrena sentit l'os craquer affreusement sous sa main – , alla heurter le mur avant de s'effondrer lamentablement, l'autre en revanche posa plus de problèmes. Peu, au demeurant. Sa hallebarde à la hampe de bois empêchait momentanément la chevalière d'aller au contact mais de toute évidence, le garde n'avait pas envisagé que le corridor, large de deux mètres tout au plus, ne lui permettrait pas de le manier correctement. Tout se passa très rapidement.

    Elle s'avança avec prudence. L'homme brandit l'arme au dessus de sa tête et se retrouva gêné par les pans muraux. Adrena profita du millième de seconde qui lui était accorder pour lui asséner un coup de pied en plein dans le plexus solaire, lui coupant net la respiration. Un coup sec dans la nuque acheva le travail.

    Les voilà endormis pour un bout de temps, pensa-t-elle.

    Adrena guetta d'un bout à l'autre du couloir la présence d'une sentinelle ou un quelconque bruit trahissant des mouvements. Rien. Rien d'autre que les cris hors des murs. Rien d'autre que l'agitation des soldats dans la cours et le mugissement rauque du vent qui venait à peine de se lever sur les terres d'Ulaun. Elle s'approcha de la porte béante et appela son compagnon. Peu de temps après, le flot de femmes avaient quitté les geôles pour rejoindre la douce lueur déclinante du jour. D'ici la tombée de la nuit, elles devraient reprendre le chemin qui les ramènerait à la chaleur protectrice de leurs maisons. Mais avant ça...

    « Rapprochez-vous,
    chuchota-t-elle, Nous allons vous faire partir par derrière mais nous ne pouvons malheureusement pas vous accompagner car nous avons encore à faire ici. Écoutez-moi ! Vous devrez rester groupées et quitter la demeure par le nord. Là, vous ne devez surtout pas rester dans la forêt, compris ? Vous contournerez la demeure et rentrerez chez vous par la route principale. Elle est dégagée, n'ayez donc rien à craindre. »

    Quelques femme acquiescèrent. Les autres, aux visages déformés par l'angoisse, se contenteraient sans nul doute de suivre le mouvement. Adrena s'approcha de son ami:

    « Nous, nous devons trouver Don machinchose. En attendant nous allons devoir reconduire les femmes à la cuisine, là où la vitre est brisée; aucune sentinelle n'est postée ici, ce sera parfait. Le seul problème étant que, pour y accéder, il faut passer par la cours. Cours remplie de gardes. Et là je ne vois pas comment faire, tu as une idée ? »
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Dim 24 Oct 2010 - 23:42

Cëryl acquiesça d'un signe de tête. Oui, il avait effectivement une idée. Une idée qui leur permettrait d'évacuer les femmes et de faciliter leur accès jusqu'à Cornéo. Il leur suffirait de faire brûler l'entrée principale, une grande porte en bois à présent fermée depuis le début de l’attaque, pour permettre à la fois de surprendre les gardes et à leurs alliés de passer, en espérant qu'ils aient fini de se débarrasser d'eux hors de l'enceinte de la propriété. Pour faire flamber une telle entrée, le jeune homme supposa que sa magie ne suffirait pas pour cela. Il se rappela cependant avoir aperçu une écurie dans la cours en arrivant, ce qui signifiait qu’il pourrait trouver de la paille, un excellent combustible. Il expliqua son plan à Adrena et aux femmes qui l’entouraient, qui l’écoutaient avec attention. Le mage et le reste du groupe parcoururent alors en toute discrétion le chemin les séparant de l'entrée de la demeure sans croiser le moindre danger jusque là. Ils arrivèrent dans la pièce et Cëryl regarda par la porte laissée ouverte, délaissée par les gardes.

Dans la cour, il n’y avait plus que six hommes. Les autres devaient probablement être aux prises avec les villageois, et le jeune mage fut soulagé de ne pas en compter plus. Il chercha ensuite des yeux l’écurie à chevaux, et l’aperçut à une vingtaine de mètres de leur position. Le mage, toujours habillé en garde, adressa un clin d’œil à sa compagne et sortit à l'extérieur. Une fois dehors, il avança jusqu’à l’écurie en prenant soin d’être le plus furtif possible, jetant quelques coups d’œil pour vérifier qu’il n’attirait pas l’attention, et en effet, les véritables sentinelles fixaient l’horizon d’un œil soupçonneux, craignant la suite des événements. Certains discutaient entre eux sur ce qu’il se passait, et personne n’avait remarqué la silhouette qui longeait le mur en direction de l’endroit où l’on faisait reposer les chevaux.

Arrivé à l’intérieur du bâtiment annexe, Cëryl eut un sursaut en apercevant un garde qui s’occupait des chevaux. Pendant qu'il était affairé à l’intérieur de l’un des enclos avec un cheval qui paraissait plutôt hargneux, Cëryl réfléchit au plus vite à la manière à employer pour l’éliminer ou le distraire le temps qu’il puisse ramasser de la paille. Il opta pour une solution simple et efficace : il fit trembler le sol sous les sabots du cheval dont l’homme tentait de s’occuper, ce qui eut pour conséquence de le rendre fou et déchainé. L’homme ne comprit absolument pas ce qu’il lui arrivait et il du se débattre avec l’animal rendu fou. Cëryl ne prit pas le temps de regarder le spectacle amusant qui se déroulait près de lui et amassa une petite botte de paille destinée aux chevaux et se précipita dehors. De plus en plus nerveux, il regarda si les sentinelles étaient toujours en pleine distraction et se déplaça jusqu’à l’entrée de la cour, toujours en longeant le mur. Il jeta la paille au pied de la porte et fit jaillir une flamme depuis la paume de sa main, qui transforma rapidement la botte en un brasier, léchant le bois à côté de lui. Le jeune mage avait déjà rebroussé chemin quand une fumée s’exhala de la porte qui prenait feu et que l’odeur de bois brûlé emplit l’atmosphère. Les gardes ne l’aperçurent même pas, choqués par cet incendie soudain. Cëryl, dont le coeur battait la chamade, se dit alors qu'il était vraiment chanceux.

Revenu à la porte de la maison, en sueur, Cëryl vit Adrena et les femmes derrière celle-ci et leur fit signe de sortir, c’était le bon moment pour partir. Une par une, les femmes s’extirpèrent au dehors et Adrena fut la dernière, le mage étant bien content de la retrouver près de lui. Ils longèrent tous ensemble le mur de la demeure en direction de la porte qui donnait sur la cuisine. Ils traversèrent tous ensembles la pièce, jetant des coups d'oeil furtifs de gauche à droite et en arrière pour vérifier qu'ils n'étaient pas suivis. Les femmes se hissèrent une fois qu'Adrena eut finit d'enlever les morceaux de verres qui dépassaient du cadre de la fenêtre par où ils étaient entré au début de l'opération, puis ils purent définitivement d'enfuir hors de la propriété. Cëryl indiqua aux femmes une fois dehors qu’il leur fallait poursuivre leur progression vers l’est et essayer de trouver un endroit où se cacher, le temps que tout se termine. Quand elles partirent, le jeune homme revint ensuite à Adrena et lui montra la maison d’un signe de tête. En regagnant la fenêtre désormais sans vitre, Cëryl entendit une clameur proche, et il aperçut les villageois derrière la porte qui brûlait, n’attendant plus qu’elle se consume entièrement pour régler leur compte aux six gardes qui regardaient la scène, pétrifiés d’horreur.

Le dénouement était proche.



Dernière édition par Cëryl Eludia le Sam 6 Nov 2010 - 20:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Lun 25 Oct 2010 - 23:08

    Adrena, une fois hors de la demeure, aida une à une les femmes à s'extirper de la fenêtre sans risquer de se blesser. Elle leur rappela une dernière fois de ne pas trop s'aventurer dans les marais et leur assura qu'elle pouvait longer la propriété pour rejoindre la grand'route sans risquer de rencontrer quelque garde perdu; leurs frères, pères, maris les en avaient débarrassés. Elles ne devaient s'arrêter en aucun cas, même s'il était dur de laisser derrière soi les gens qu'on aime. Dernières précautions, elles quittèrent son champ de vision.
    La jeune femme enjamba l'encadrement de bois hérissé de pointes de verre contre lesquelles elle ne manqua pas de s'ouvrir la main; elle serait tombé en avant, dans un fracas de tous les diables si les bras solides du jeune mage ne l'en avait pas empêché, sans départir de son sourire éclatant. Elle qui ne faisait jamais de gaffes, voilà qui devrait être amusant à voir. Elle fit un bandage rapide avec un torchon de cuisine.

    « Bon, cher ami... Retrouvons Cornéo avant qu'il ne se fasse anéantir par des maris fous. Ou pire. » Ses lèvres s'étirèrent en sourire diaboliquement charmeur.

    La chevalière et son compagnon n'eurent aucun mal à rejoindre la pénombre douce de l'immense bâtisse; ils purent à loisir contempler les meubles de bois riches et les tableaux bordés d'or assurément fait sur mesure, payés avec joie par l'ensemble des contribuables paysans. Ces tableaux aux figures peintes pleines de mépris et dont les regards hautains étaient à jamais figés; on devait reconnaître là des ancêtres du Don, ils étaient gras, roses et avaient tous des yeux porcins et un regard pervers. Elle rit en silence. Cëryl était en tête de la procession et faisait lumière sur leur chemin, elle avait tout loisir de regarder ce qui l'entourait. Et c'était tout bonnement scandaleux.

    Malheureusement, pensa-t-elle avec tristesse, Il n'y a pas que Demether qui soit dans ce genre de situation. Combien sont-ils sur Yggrdasil ? Combien de peuples oppressés ?

    Une porte bien singulière attira son attention; elle prit dans sa main chaude celle du jeune mage et lui intima le silence lorsqu'il se tourna vers elle avec, dans ses yeux de givre, cet éclat unique d'intelligence et de vivacité. Il fronça les sourcils lorsqu'elle lui désigna la porte puis acquiesça. À ne pas en douter, ce battant là devait être bien plus solide que la plupart des ports du manoir. Le bois sombre était élimé, de grosses plaques de métal le ceignaient de long en large et les cadrant était bordé par deux chaises, maintenant vides, qui devaient il y a peu avoir été occupées par des gardes. Elle poussa le battant mais n'entra pas.

    La pièce était sombre et on eut pu la croire inhabitée s'il n'y avait pas eu dans l'âtre de la cheminée les preuves qu'un feu venait tout juste d'être éteint et de toute évidence en hâte, les cendres, inondées, fumaient encore dispersant dans l'air l'âpre odeur du brasier. Elle prit la torche que Cëryl lui tendait et s'aventura doucement dans les ténèbres épaisses de ce qui semblait être la chambre, vide, de Don Cornéo. De l'or, un immense lit à baldaquin, un secrétaire de marbre; on s'refusait rien ! La jeune femme s'apprêta à suggérer à son ami de partir à la recherche de l'homme quand un couinement étrange parvint de sous les lattes de bois qui servaient de sol. Elle consulta son ami du regard et ce dernier répondit pareillement, un regard plein d'étonnement et d'incompréhension. Avec un sourire mauvais elle leva son arme au dessus de sa tête et la planta fermement dans le plancher: elle s'y enfonça jusqu'à la garde. Un petit cri étouffé leur fit rapidement comprendre qu'ils avaient touché au but.

    « Pas que ce soit étonnant Cëryl mais... Je crois qu'on est infestés par les rats. »

    Se servant de son arme comme levier, elle fit sauter une ou deux lattes de bois qui craquèrent atrocement avant de se fendre en une multitude de petits morceaux.

    « Et c'est un gros rat, qui se terre dans son trou pendant que ses compagnons se font trucider. Mais peut être est-il trop gros pour pouvoir se déplacer. » dit-elle en souriant.

    Il s'extirpa avec difficulté de contre-sol et se dirigea vers Adrena avec une pathétique lueur de supplication dans les yeux. D'un coup d'œil, son compagnon alla

    « Pitié... Je vous donnerais de l'argent... Une demeure ! Je ferais de vous... »

    « Taisez vous !
    Le coupa-t-elle sèchement, Taisez vous car on n'achète pas la justice. »

    D
    'un geste sec, elle lui brisa la...
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Sam 6 Nov 2010 - 22:02

Mâchoire.

Adrena et Cëryl trainèrent dehors un Cornéo agonisant. En sortant de son repère, ils découvrirent avec bonheur que les sentinelles gisaient assommées sur le sol, ligotées par les villageois. La porte principale avait complètement brûlé, et il ne restait d'elle qu'un tas de cendre noirâtre. Lorsque les citoyens révoltés aperçurent les deux jeunes gens, ils lancèrent des cris de joie et les applaudirent comme s'ils étaient deux héros triomphant. Le mage se sentit rougir, et lorsqu'Allan le serra dans ses bras à la suite d'Adrena pour le féliciter, une immense fierté lui mit les larmes aux yeux. Les hommes demandèrent où se trouvaient leurs compagnes, leurs filles, et Adrena indiqua qu'il fallait chercher à l'est, elles ne pouvaient pas être allées bien loin. Ils attachèrent Cornéo comme les autres bandits et les firent marcher devant eux. Effectivement, une dizaine de minutes de fouille plus tard, ils aperçurent les femmes installées sur une série de gros rochers, à l'abri des bestioles rampantes des marais. Ce fut alors le temps des effusions, et Cëryl fut heureux du spectacle qui se déroula sous ses yeux, charmé par tant de bonheur, tant d'amour, tant de tendresse dans les embrassades. Il adressa un clin d'œil à Adrena, tout aussi admirative. La scène dura plusieurs minutes, durant lesquelles le mage comprit à quel point l'éloignement de deux êtres vraiment chers l'un à l'autre pouvait être douloureux pour l'âme humaine. Épuisé, il finit cependant par demander à Allan si le groupe était prêt à rentrer, et le départ fut imminent.

Une fois sortis des marais, ils prirent la direction de Demether, ayant tous chargé une femme derrière chaque cavalier, et ils trottèrent quelques temps. Exténues, ils s'arrêtèrent sur la plaine pour la nuit et dormirent longtemps. Le soleil s'était levé depuis plusieurs heures quand ils reprirent la route en sens inverse, dans de meilleures conditions, malgré des courbatures pour la plupart.

Ils arrivèrent à Demether dans le courant de la journée, ravis de retrouver la civilisation. Les villageois les ayant vu partir se massèrent autour des ces héros, et ceux qui étaient trop vieux pour partir sauver leurs filles s'empressèrent de les rejoindre. L'euphorie générale était à son comble, et encore une fois Cëryl se sentit déborder de joie à cette vision enchanteresse que produisait les retrouvailles. Les prisonniers furent enfermés dans la prison locale, et un messager fut envoyé en direction de Mannheim pour expliquer la situation et ramener quelques soldats examiner cela de plus près. Un banquet fut donné regroupant toutes les « retrouvées » et leur famille, dans le quartier où habitait Allan. Jamais Cëryl n'avait autant sourit, et Adrena et lui étaient au centre des attentions, questionnés à chaque instant sur leurs exploits à l'intérieur de la propriété. Le mage n'avait plus de langue au bout d'une heure.

Vers minuit, Adrena et Cëryl rentrèrent dormir chez Allan avec sa famille au complet. Bet' prépara avec l'aide de son père une chambre d'ami au premier étage et les deux compagnons partirent se coucher, trouvant deux lits douillets qui leur suffirent amplement. Après avoir échangé quelques mots pour se souhaiter une bonne nuit, ils s'endormirent. Cëryl avait le sourire aux lèvres.

Le lendemain matin, lorsqu'ils furent levés et préparés, Cëryl eut une idée de leur prochaine destination.

« Et si tu me montrais cette demeure familiale à laquelle tu tiens tant, puisqu'elle n'est pas trop loin au nord ? »



Dernière édition par Cëryl Eludia le Sam 6 Nov 2010 - 22:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Corruption - [Privé]   Sam 6 Nov 2010 - 22:03

Fin Du Topic
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