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 Le temps d'un songe [pv Dyrlian]

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MessageSujet: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Dim 10 Oct 2010 - 12:32




L’Homme, par sa nature, est violent. Il en a toujours été ainsi. Une profonde bestialité décrit la partie la plus véritable et obscure de son être. Il ignore qui il est mais il sait qu’il est né dans la violence et pour la violence. Et cet Homme là peut constater avec consternation que la société a échoué, il demeurera toujours un brin de violence en lui. Une sorte d’étincelle qui pousse à commettre l’irréparable. C’est ainsi que naissent deux genres bien distincts d’êtres humains. Il y a ceux qui ont hélas pris conscience de cette vérité. Ces derniers sont condamnés à se questions sur l’existence, son but et son intérêt. Dès lors qu’ils ont constaté l’échec du genre humain, ils ne pourront plus jamais côtoyer la sérénité et l’espoir. Ils savent au plus profond d’eux même que l’espoir est mort à la naissance de l’humanité. Ils savent qu’il n’existe aucun espoir. Cependant, n’allez pas croire que ces hommes là sont désespérés. Ils ont juste perdu cette lueur, infime, qui nous pousse à aller de l’avant et lutter contre le flot impétueux de la vie.
Et puis, il existe un tout autre genre d’homme. Ces derniers n’ont pas pris de conscience de cette part obscure qui habite l’être humain, ils n’en prendront jamais conscience. Ces derniers peuvent incarner ou non la violence, ils ne peuvent le savoir. Ils se contentent de vivre leur vie d’un trait. Ils ne savent pas pourquoi ils sont ici, ils l’ignorent et s’en satisfassent amplement. Ils ne se sont jamais posé de question quant à leur existence. Ils n’en ont jamais pris le temps. Ils veulent vivre et se sentir vivre, simplement. Ils commettent des erreurs mais ne prennent pas le temps de s’arrêter pour les analyser, les comprendre et en tirer des leçons. Ainsi, lorsqu’ils se retrouvent plantés au pied du mur, ils ne se posent guère d’avantage de question. Ils n’en ont pas l’envie. Ils ne remettent alors pas en question leur existence, leur mode de vie ou leurs erreurs. Non, ils décident simplement que l’erreur, le mal provient de leur environnement. Tout cela, c’est la faute de leur entourage, de leur Etat, des personnes qui prennent les décisions à leur place. C’est ce qu’ils disent, ce dont ils sont convaincus. C’est gens là, on les nomme les imbéciles. N’allez pas voir dans ce terme une quelconque insulte méprisante. Retournez aux sources, cherchez donc les racines et les origines d’un tel mot. Dans un langage ancien de l’Homme, cela signifie « celui qui marche sans bâton ». Cet être là ignore qui il est mais il sait dès le premier instant qu’il doit se débrouiller seul et tracer sa vie sans aide. Cet homme là ne prend pas conscience du désespoir du genre humain. Il ne sait pas que son existence ne donnera naissance qu’à une mort, simplement. Cet homme là est ignorant. Cet homme là est heureux.



Et c’était donc au grès de ses vagabondages qu’Abysse appréciait la solitude et venait se perdre dans les méandres de sa pensée. Cette condition sur l’être humain. Elle y avait songé maintes fois. Et toujours, elle en tirait la même conclusion. Elle aurait aimé de jamais se poser de question. Elle aurait aimé être heureuse, ignorante, tout simplement. Cependant, le destin en avait décidé autrement. Il lui avait confié de l’absurde tâche de se questionner sur la vie, de tenter de comprendre son existence et d’errer à jamais sur ces chemins brumeux. Il n’existait plus rien à espérer d’une telle existence. La jeune femme en avait pleinement conscience. Elle avait beaucoup appris au cours de ses voyages mais se sentait toujours aussi ignorante. Sa quête de réponses ne l’avait emmenée qu’à se poser d’avantages de questions. Elle ne savait plus où elle se rendait, elle avait perdu cette notion d’objectif depuis bien longtemps et elle s’en réjouissait. Si Abysse avait su où son chemin la conduisait, elle ne s’y serait jamais aventurée. C’est ainsi. L’homme était attiré et effrayé à la fois par l’inconnu. Les pans de sa cape fermement resserrés autour de son corps, la jeune femme marchait sans réel but. Elle n’en possédait plus depuis bien longtemps.

Un instant, elle s’arrêta et prit le temps de contempler le lieu qui l’entourait. D’immenses troncs noueux, sans âge se profilaient et l’encadraient. Ils l’écrasaient par leur stature de géant. Ces arbres étaient bien plus vieux que l’Homme. Ils avaient vu cette race naître, croître et détruire ce monde. Ils étaient sans doute plus vieux que les autres races de ce monde d’ailleurs. Même les elfes ne pouvaient rivaliser en années avec ces géants au corps immobile. Abysse en était persuadée. Il lui suffisait d’écouter et d’observer le calme de cette forêt. Elle avait appris à comprendre les signes de la nature. Elle avait appris à la respecter et à la craindre. En cette forêt, il régnait d’ailleurs une aura écrasante, oppressante. Il y circulait sans doute plus d’énergie et de magie que dans n’importe qu’elle autre forêt de ce globe. La jeune femme s’en sentait presque étrangère alors qu’elle avait appris à vivre avec ces flux d’énergie, à les accepter et les comprendre. Cet endroit provoquait en elle un frisson langoureux, subtil mélange de fascination et de peur. Si les elfes étaient à l’image de leur forêt, alors la rencontre avec ce peuple risquait de marquer à jamais ses souvenirs.

Au cours de ses voyages, Abysse n’avait eu l’occasion de rencontrer qu’un ou deux elfes. Il s’agissait d’êtres tout à fait surprenants et remarquables. Bien que réservés, elle avait aimé discuter avec eux. Elle les avait écouté et en avait appris plus qu’ils ne le pensaient à leur propos. La jeune femme avait ce don là de pouvoir percer les mystères d’un être, tout aussi mystique et ancien qu’il soit. Cependant, Abysse avait senti en ces êtres un détail infime et pourtant si important à ses yeux. Leur nature était instable, bien différente de ce qu’elle avait pu être. Elle y sentait une once d’humanité, une once de violence et de désespoir. Cette part demeurait infime mais bien présente. Ces elfes avaient perdu une part de leur nature en quittant leurs terres pour se mêler aux hommes. Leur fierté, leur mépris et leur sagesse n’avait rien pu y faire. Il en était ainsi. La violence de l’homme était un poison tenace qui se distillait lentement mais sûrement au contact du genre humain.

Abysse plissa le nez. Une odeur âcre et douce à la fois de sous bois venaient caresser ses narines. Elle ferma les yeux. Cette odeur la rassurait et lui rappelait la forêt où elle avait grandi, aux côtés d’Ida. Des souvenirs ressurgissaient lentement de sa mémoire. Tout à coup, la jeune femme rouvrit les yeux et poussa un juron en une langue oubliée. Elle avait bien failli se laissait envahir par ce brûlant frisson de mélancolie. Il en était ainsi à chaque fois qu’un détail venait à évoquer Ida, son mentor. Cette femme lui manquait terriblement. Un jour, peut-être, son chemin croiserait de nouveau le sien. En attendant, Abysse avait encore beaucoup de terres à parcourir et d’inconnu à découvrir. Au fond de son être, elle le savait. Elle n’était pas encore prête. Depuis le temps qu’elle marchait au sein de cette forêt millénaire, la jeune femme n’avait pu percevoir la moindre trace d’êtres pensants. Ses sens aiguisés et son savoir lui permettait de deviner chaque brin de vie qui se trouvait autour d’elle. Elle n’avait pourtant pu distinguer la moindre trace d’homme ou d’elfe. Évidemment, c’était la deuxième race qui l’intéressait d’avantages. Elle savait pertinemment qu’ils ne l’accepteraient pas au sein de leur capitale. Les elfes étaient bien trop méfiants et méprisants pour accepter une humaine dans leur propre cité. Néanmoins, elle caressait l’espoir insensé de rencontrer l’un d’eux au sein de cette immense forêt. Les elfes étaient passés maître en l’art de l’illusion et de la dissimulation. Elle espérait cependant que l’un d’eux se montrerait moins farouche et accepterait de discuter un peu avec elle. C’est en se berçant de ce fol espoir qu’Abysse avançait vaillamment à travers la forêt d'Aranwë.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Dim 10 Oct 2010 - 13:42

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va..."
Chrisophe Colomb (1451/1506)

***

On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va.
Je ne savais pas pourquoi, mais cette phrase résonnait dans ma tête comme une incitation à l’aventure. Je faisais pour le moment le bilan de toute mon aventure jusqu’à maintenant : j’avais été poursuivi par un destin implacable, et je sentais que celui-ci me poursuivrait encore longtemps. Quatre-vingt-seize ans de vie, et presque autant de malheur. Deux membres de ma famille décédés, un sûrement mort, et le dernier porté disparu. Mais à part ça tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes...

Je repensais aux bandits qui avaient fait la ruine de ma famille, qui avait fait de mon petit paradis un enfer. Si jamais je mettais la main sur eux, ils allaient voir de quelle boit je me chauffais. Pour m’en assurer, je mis la main à mon bras droit, et en tirai une fine dague, faite d’un métal qui m’était inconnu. Un cadeau qui remontait à loin, mais dont je prenais grand soin depuis longtemps... Je la sortis de son étui en cuir et regardai le reflet du soleil qui filtrait parmi les arbres sur la lame à l’éclat argenté. Mes parents avaient dû débourser une fortune pour pouvoir m’acheter ce petit bijou. Elle était légère, mais restait tout de même agréablement maniable et tranchait nettement tout ce qui ne ressemblait pas de près ou de loin à une pierre. Utile pour le combat comme pour la chasse, elle avait vraiment du coûter très, très trèèès cher...

Je marchais en direction de... de... vers où marchais-je, en fait ? J’avais quitté quelque jours auparavant le petit village où l’un de mes compatriotes avait bien voulu régler mon problème de jambe, mais ensuite, je m’étais lancé sure les chemins, sans vraiment avoir de direction précise...
On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va.
C’était bien vrai : en seize ans, je ne savais pas par où j’étais passé, mais j’optai plus pour la solution "un petit tour du monde connu sans avoir jamais croisé un village" que pour l’option plus abaissante de "le tour de la même forêt pendant longtemps sans jamais ce rendre compte que l’on a tourné en rond parce qu’on ne sait même pas se repérer dans l’espace". Pourquoi ? Allez savoir...
Et maintenant, je ne savais pas plus là où j’allais, mais je sentais que quelque chose allait bientôt se passer. L’aventure m’attendait-elle au tournant ? Allais-je faire la rencontre d’une personne aimable et distinguée dans les prochains jours ? Et si oui, jusqu’où cela me conduirait-il ? Alfheim, la capitale de ma patrie ? Ou tout autre endroit susceptible d’abriter une once d’esprit intelligent ? Peu m’importait, seul le frisson de l’aventure était important ! Seul le fait de sentir son estomac se retourner devant le danger m’importait. Étais-je fou ? Non, pas vraiment... Mais j’avais côtoyé par deux fois des assassins, j’avais fait la rencontre d’un suppôt de Loki - puisse-t-on un jour réussir à le faire pourrir dans les méandres de Helheim - et j’étais toujours là, bien en vie. Alors, un peu d’aventure ne me faisait pas peur, loin de là...

Mais j’étais quelque peu... perdu parmi tous ces arbres qui avaient fait mon quotidien jusque seize ans plus tôt. Alors, pour attendre une idée lumineuse, je m’adossai à un de ces nombreux frères végétaux qui peuplent le monde. Je me sentais chez moi, dans mon élément. La couleur de mes vêtements n’étaient pas forcément la plus approprié pour le déplacement discret en forêt, mais c’était là que mon sang se calmait et se disait : "Je suis ici au calme, au meilleur endroit du monde...".

En attendant, je jouais toujours avec ma dague. Je regardais les nombreux reflets qui parvenaient jusqu’à mes yeux depuis les objets derrière mon deux, eux-mêmes reflétant la lumière solaire ténue qui passait outre de la chevelure des arbres. Soudain, mon sang se glaça, et je restai immobile : là, dans le reflet de mon arme, je venais de voir apparaître une forme humanoïde. Et quelque chose me disait que je pouvais remplacer "humanoïde" par un terme bien plus précis et dont le terme générique m’apportait le dégoût aux lèvres chaque fois que je le prononçais : un "humain".
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MessageSujet: Re: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Dim 10 Oct 2010 - 14:49

Songes. Perdue dans ses pensées, Abysse avançait machinalement. Ses pas évitaient gracieusement les entrelacs de racines et autre pièges de la forêt tandis que son esprit s’était perdu en vagabondages. Il se trouvait bien loin, en des mondes imaginaires nés des méandres tortueux de la pensée. Elle avait toujours débordé d’imagination. De nature rêveuse, la jeune femme avait su se créer un monde au-delà de toute réalité dans lequel elle aimait se perdre lorsqu’elle errait sans but. A défaut de profiter de l’instant présent, elle se perdait en contemplation imaginaires. Cependant, Abysse avait appris à toujours garder une part de son esprit aux aguets, même en de pareils divagations. Il lui fallait toujours se tenir prête à affronter n’importe quelle situation, il en allait de sa survie. Et cela, aucun homme aussi sage soit-il n’avait pu lui apprendre. Elle en avait prit conscience au cours de ses voyages. Parcourir le monde à la recherche de nouveaux mystères à découvrir forge une expérience considérable. Découvrir par soi-même avec un regard éclairé s’avère parfois le meilleur enseignement que l’on puisse recevoir.

C’est ainsi qu’Abysse remarqua la présence inconnue qui s’approchait d’elle. Elle avait beau se trouver plongée dans ses pensées, elle n’avait pu ignorer ce brusque changement dans l’atmosphère. Trop habituée à voyager en solitaire, elle devinait presque instantanément lorsqu’elle n’était plus seule. Il y avait quelqu’un, elle le sentait. Les flux qui englobaient la forêt avaient brusquement changé. Il ne pouvait donc s’agir que d’un être pensant. Méfiante, la jeune femme ralentit considérablement l’allure. Sans visage ne laissait paraître aucun sentiment. Il n’était qu’un masque de porcelaine. Si cet inconnu lui vouait une quelconque animosité, elle devait absolument ne pas laisser transparaître son trouble. En l’espace de quelques instants, Abysse avait interrompu ses rêveries et se trouvait complètement ancrée dans son corps et la situation présente. Son esprit, quant à lui, s’affairait à détecter l’origine de cet présence et surtout à calculer toutes les alternatives possibles. Hélas, pour le moment, il y en avait beaucoup trop et les facteurs de probabilités n’étaient pas très fiables. Imperceptiblement, la main d’Abysse vint se ranger tout près de sa cuisse, là où se trouvait sa dague. Elle se remémorait également quelques sorts défensifs en cas de danger.

La lanière de sa besace lui scindait l’épaule. Son sac était lourd. Cela faisait longtemps qu’elle marchait sans s’arrêter. Abysse avait réussi à oublier la fatigue en détachant son esprit du corps et en le laissant vagabonder au grès des pensées. A présent, elle prenait pleinement conscience de la fatigue qui s’accumulait dans son corps. Cependant, elle se sentait assez prompte pour réagir au moindre danger et se défendre. La jeune femme plissa les yeux et sonda les alentours. Tous les sens en alertes, elle essayait de deviner qui pouvait bien avoir interrompue ses rêveries de la sorte. Elle repéra alors l’origine de la présence. Cette dernière se trouvait quelques dizaines de mètres en avant, légèrement sur sa gauche. Ce fut l’éclat du soleil reflété dans un métal qui l’en alerta. Abysse se tendit légèrement. Il pouvait bien s’agir de l’éclat froid et dur d’une lame. Elle serra légèrement les mâchoires. Lentement, elle s’avança en se redressant de tout son haut. Elle n’avait guère été discrète jusque là. Il était certain que l’inconnu avait repéré sa présence. Il y avait de grandes chances qu’il soit armé. Elle devait donc lui montré ses intentions pacifistes. Abysse redoutait toujours l’instant fatidique de la confrontation. Elle portait en horreur le carnage et le sang. Elle détestait la violence et les combats.

Elle n’était plus qu’à moins de dix mètres sur la droite de l’inconnu. Elle pouvait distinguer nettement ses traits. A en juger par son faciès, son allure et surtout l’aura qu’il s’en dégageait, elle pouvait jurer qu’il s’agissait d’un elfe. Abysse crispa légèrement les mâchoires. Elle avait caressé le vain espoir d’en rencontrer un en pareil lieu et voilà qu’il se tenait là, non loin d’elle. La jeune femme en resta interloquée pendant un court instant avant de se reprendre. Elle retrouva son calme presque instantanément. Son esprit s’affairait à trouver la meilleure réaction possible afin de débuter cette rencontre sans danger. Les elfes étaient méfiants et surtout particulièrement méprisants avec les humains. Il lui serait donc particulièrement difficile de convaincre cet inconnu de sa bonne volonté. De par leur race respective, ils étaient déjà partis en mauvais terme. En temps normal, Abysse aurait eu l’occasion de déplorer autant de préjugés et se serait penchée un peu plus en avant sur la question. Néanmoins, l’heure n’était pas aux débats ethniques. C’était elle qui était venue en direction de l’elfe, c’était donc à elle de se présenter et d’engager la conversation. Pourvu que tout se passe bien. C’était tout ce qu’elle espérait car la jeune femme n’avait jamais été une grande diplomate. Elle était trop peu sociable pour cela.

Abysse se stoppa à une distance raisonnable de l’elfe. Lorsqu’elle s’était rapprochée, elle avait aussitôt remarqué l’arme avec laquelle il jouait. Elle s’était donc soigneusement position de façon à pouvoir éviter aisément toute attaque avec sa lame, qu’elle soit à distance ou non. La jeune femme n’était pas une combattante mais elle en connaissait les rudiments. Elle en connaissait suffisamment sur l’art du combat pour pouvoir se défendre de toute agression, que se soit en la parant ou en l’esquivant. Lentement, elle dégagea sa main droite pour la présenter à l’elfe afin de les saluer comme leurs coutumes l’exigeaient. En effectuant ce geste, les pans de sa cape s’étaient entr’ouvert et lui laissait donc le loisir d’apercevoir qu’elle n’était pas armée. La jeune femme esquissa l’ombre d’un sourire. Ce dernier n’était guère rassurant. Elle était bien trop inquiète pour afficher un sourire sincère. Elle prit finalement la parole d’une voix grave, le timbre légèrement vibrant.

- Je suis une simple voyageuse qui ne fait passer. Il n’y a aucune crainte à avoir.

Il s’agissait d’une approche bien misérable. Dans les circonstances actuelles, en tenant compte de son degré d’inquiétude, Abysse ne saurait faire mieux. Elle ne connaissait que brièvement les codes elfiques et ne se sentait pas la force de prendre le risque d’écorcher leurs formules de politesses. Elle préférait donc se montrer simple et sincère. Constatant que l’elfe n’avait encore esquissé pas la moindre réaction défensive, elle en conclut qu’elle n’avait pas trop à s’inquiéter. Il ne lui restait donc plus qu’à se présenter pour le convaincre qu’elle se montrait réellement sincère quant à ses intentions. Néanmoins, la jeune femme ne voulait pas s’encombrer des surnoms ou des noms glorifiants qui l’entouraient. Elle opta pour une présentation simple et efficace.

- Je me nomme Abysse.

Comme l’elfe se tenait toujours de profil, Abysse n’avait pas encore pu croiser son regard. Elle ne parvenait pas vraiment à percevoir ce qu’il pouvait bien penser. L’attitude de l’inconnu demeurait cependant toujours très hautaine. Du mépris comme de la gratitude, la jeune femme en avait reçu son lot durant son existence. Elle ne s’indigna donc pas outre mesure de cette réaction. Il était connu que les elfes ne se montraient jamais très avenants, surtout envers les humains. Abysse s’était finalement contentée d’une présentation simple en attendant les réactions de l’elfe. Elle aurait aimé pourtant en dire d’avantages. Elle n’était pas spécialement loquace en temps normal seulement elle aurait aimé rassurer cet elfe. Elle aurait aimé lui confier qu’elle n’était qu’une saltimbanque en quête de savoir et de découverte. Elle aurait aimé lui dire qu’elle ne lui voulait aucun mal si ce n’est en apprendre plus sur lui, ses congénères. Hélas, tous ces mots s’arrêtèrent à la frontière de ses lèvres. Il n’était ni le moment, ni le lieu pour les prononcer.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Dim 10 Oct 2010 - 16:57

"Toute espèce de racisme conduit inévitablement à l'écrasement de l'homme."
Jean-Paul II (1920/2005)

***

"Je suis une simple voyageuse qui ne fait que passer. Il n’y a aucune crainte à avoir."

Cette phrase brisa le silence ambiant de la forêt. Toujours adossé à mon arbre, je fixai nu point droit devant moi, évitant le plus possible pour le moment de croiser son regard. Quelques soient les arisons de sa présence, être une voyageuse ou non n'était pas le problème. Le problème était de ne pas être une elfe, et pire encore, d'être une humaine. J'observai cette femme grâce à ma dague. Bien lustrée, celle-ci pouvait me servir de miroir, ce qui m'était à ce moment précis d'une grande aide.

J'avais donc devant moi le reflet d'une jeune femme. Me rappelant de la croissance étrange des humains, qui vivaient bien moins longtemps que nous, j'en déduisis qu'elle devait avoir tout au plus vingt-cinq ans. Peau blanchâtre, longs cheveux noirs, une grande cape à capuche blanche, vêtements gris clair. Une besace contenant sûrement quelque ouvrage. Une érudite, peut-être ? Elle brisa le silence pour la deuxième fois en moins de cinq minutes.

"Je me nomme Abysse."

Elle me saluait de la main, à la manière elfique. Ceci ne fit que renforcer mon idée d’avoir à faire à quelqu’un qui avait étudié au moins quelques années les us, les coutumes et les mœurs des différents peuples. Peut-être qu’en fait, certains humains n’étaient pas aussi pervertis que la masse... Cela laissait une chance. Depuis seize ans, je voyais en chaque humain un des cinq assassins de ma famille. Bizarrement, en quelques minutes, les fondations de seize longues années de racisme et de préjugés venaient de chanceler par l’arrivée dans ma sylve natale d’une humaine dont j’ignorais presque tout. Mettant de côté mon dégoût pour cette race ennemie des nôtres depuis plus de mille ans, je la regardai directement pour la première fois. Je ne fis que tourner les yeux. La regardant une deuxième fois, je remarquai que, de par son geste de salut, elle m’avait aussi informée d’une autre chose : elle n’était pas armée, ou du moins ne songeait pas utiliser une quelconque arme contre moi. Pour faire preuve de plus de civilité, je me retournai complètement vers elle, mon épaule pressée contre le tronc de l’arbre. Je jouai une dernière fois à faire faire un tour à ma dague, avant de la remettre dans son étui, et de la coincer de nouveau contre mon bras droit. Un silence désagréable s’installait, et je décidai d’y couper court. Elle s’était présentée, je ne vois pas pourquoi je devrais être le seul à détenir le nom de l’interlocuteur. Croisant alors les bras, la fixant, je lui appris alors mes nom et prénoms.

"Et moi Dyrlian Magelan Eslin. Mais ne retenez que Dyrlian Eslin, ça sera plus simple pour vous..."

Voilà. Les présentations étaient faites. Maintenant que faire ? Que dire ? Je lançai de nouveau un œil à sa besace, et me demandai alors ce qu’elle pouvait bien faire avec ceci, en pleine forêt, à au moins quatre jours de marche de la plus proche ville, ou deux de la plus proche cité humaine. Ma question resterait sûrement sans réponse si je ne lui posai pas, mais l’heure n’était pas à la discussion. Je décidai alors de me renseigner sur elle d’une façon un peu moins directe.

"Peut-on savoir ce qui amène une humaine comme vous dans la forêt d’Aranwë ?", demandai-je.

Bien qu’ayant essayé d’être le plus neutre possible, ma voix avait trahi un léger dégoût au genre humain, et un ton quelque peu froid. J’espérai juste qu’elle ne le remarquerait pas ou qu’elle n’en tiendrait pas compte.
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MessageSujet: Re: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Jeu 25 Nov 2010 - 23:59

[Double-post, car en l'absence d'Abysse, je pars faire un autre RP et reprendrais sûrement celui-ci plus tard, quand elle pourra revenir sur le forum]

"Cela devait être écrit là-haut..."
Denis Diderot (1713/1784)

Le silence planait. Froid, sec et mordant, le vent sifflait dans la forêt, montait dans les plus hautes branches de la sylve et faisait penser à quelque esprit égaré dans ce bas monde, cherchant l'asile et le repos final. C'était d'ailleurs étonnant un tel vent frais avec le superbe temps qui nous entourait... Mais cela n'attira pas mon attention plus que ça. Ce qui concentraient mon regard, et mes facultés cognitives étaient bien sûr mon interlocutrice et son silence étrange, vu qu'elle avait parlé la première, lorsque je cherchai le repos et l'isolement. Je savais très bien qu'elle avait entendu et compris ma question, mais je repris tout de même la parole après un long moment de silence.

"Vous avez perdu la faculté de me parler aussi vite qu'elle vous est venue ?", lui dis-ej avec une pointe de cynisme dans ma voix.

Mais elle ne réagit toujours pas. Cela devenait étrange. Qu'est-ce qui pouvait bien la forcer dans son mutisme ? Sûrement une question à laquelle je n'aurais de réponse que si cette humaine dégnait ouvrir la bouche et actionner ses lèvres pour me faire connaître le but de sa visite dans ma terre natale...

"Vous voulez rester comme ça longtemps ? Soit, ne vous gênez pas. Je ne pense pas être celui qui se lassera du silence en premier..."

Toujours aucune réponse. Ma patience, pourtant immence, allait arriver à bout. Et franchement, elle avait mieux à faire que de m'énerver : de une, elle était humaine ; de deux, elle était sur un territoire elfique ; de trois, j'étais armé, et elle apparament non. Je restais face à elle, gardant tout de même un peu de respect. Puis vint ce que certains apellent "l'élément perturbateur". Une pluie fine se mit à tomber, malgré le couvert des arbres. Ajoutée au vent froid, elle rendit très désagréable la présence dans la forêt. La pluie deevint plus importante, avant de former une véritable averse. J'étais gelé et trempé. Il fallait couper court à cette conversation qui, de toutes façons, était bien amputée depuis un petit bout de temps...

"Bien... dans ce cas, je vous laisse, Abysse...", lançai-je avec une teinte ironique en prononçant son nom, Peut-être nos chemins se croiseront de nouveau... En attendant, bon séjour en Aranwë."

Et je la laissai là, en plan. Ce n'était pas très poli, mais je n'étais plus à ça près... Et puis de toutes façons, qui avait laissé la politesse de côté le premier ? Je ne me désignerai pas de but en blanc. Alors, au diable cette humaine, il fallait que je me réchauffe. Le vent souffalit de l'est et poussait la pseudo-tempête sur son passage vers le nord et l'ouest de la sylve.

"Direction le nord, dans ce cas-là. Avec la pluie dans le dos, cela devrait être moins gênant..."

Loin d'être schyzophrène, je souris. Parler est une activité si rare dans ma vie, que je me délectai de chaque mot. Alors que le premier éclair zèbrait le ciel de sa lumière et que la pluie tombait à verse sur mon frêle corps, je marchais, mangréais, et me demandais là où mes pas allaient me porter. Je ne vis qu'une seule réponse adéquate à cette question. Et elle aussi sortit de ma bouche pour moi seul...

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va..."
~ FIN DU TOPIC ~


Dernière édition par Dyrlian Eslin le Mar 1 Fév 2011 - 19:31, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le temps d'un songe [pv Dyrlian]   Dim 19 Déc 2010 - 21:58

Hum et bien salut. En fait, je suis toujours partante pour le rp. J'étais juste dans l'incapacité d'annoncer mon absence parce que je n'avais pas internet. Je travaille beaucoup et je n'ai accès à internet qu'un week end sur deux, du coup, j'ai peiné à trouver le temps de venir. Cependant, les vacances arrivant, je suis toujours motivée pour continuer. Je pense pouvoir répondre dans la semaine si ca te va. Tu veux donc toujours continuer ou on abandonne le rp ? =)
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Le temps d'un songe [pv Dyrlian]

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