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 Hesyl Jiliann [Amazone] - Fiche Terminée

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Amazone
Jiliann Hesylavatar

 :Peuple :
Humains
 :Âge du personnage :
27 ans
 :Equipement :
Carnets de Haan, 'Sigma', flèches aiguilles de différentes longueur & un petit aigle d'argent.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Hesyl Jiliann [Amazone] - Fiche Terminée   Mer 29 Déc 2010 - 22:33



Nom: Hesyl
Prénom: Jiliann
Sexe: Féminin
Age: 27 ans
Race: Humains
Peuple: Amazones

Physique: Certains ont décrit les amazones, peuple insoumis et résigné, comme de délicates créatures au doux minois. Il n’est de plus injuste remarque. L’amazone n’a rien d’une poupée, rien d’une princesse, d’une demoiselle. En elle, dominante, sommeille la femme dans sa plus brute définition. Et sur ses traits cela s’en ressent, cela se retrouve, comme se découvre la face de l’ange au travers le visage du bambin aux boucles dorés. Jiliann, au fond, ce n’est qu’un corps, un amas de ces choses et autres qui n’ont de véritable utilité que la survie. De longues jambes, de larges mains masculines, des ongles dangereusement taillés au ras d’une peau ambrée. Haute, le ventre musclé par de longues traversées contraignantes, le bras puissant mais incertain ; elle n’a ni le corps à s’imposer ni celui à se soumettre.
Une sombre chevelure rarement entretenue, dont les points abîmées font souvent gémir les plus coquettes, encadre le visage creusé de la jeune femme. Grâce à l’environnement sain dans lequel elle évolue, Jiliann garde un corps dynamique, des cuisses et bras lisses. On lui compare la peau et les hanches à celles d’une candide adolescente pucelle, qui comme toute amazone elle fut un jour. Les journées passées au grand air, malgré l’épais toit de branches et feuilles surplombant la cité de Völsungar, lui ont donné un teint légèrement cuivré, propre au peuple dit des ‘Croqueuses’. Des rires il n’y a rien à dire, verts effacés ils ne marquent pas ni se sortent d’un quelconque ordinaire. Seul le vide caractérise ce regard souvent distant, généralement froid.
Les marques visibles sur son corps ne font pas plus de Jiliann une victime qu’un boucher. Muette sur ses dons solitaires et ses manies vespérales, on a prit l’habitude sur Völsungar d’éviter la question et de ne se demander qu’en silence.

Caractère & Comportement: Connais-tu le Mangecoeur? Le connais-tu vraiment, toi qui lui a donné un nom, un visage, un caractère, toi qui a première l'a pointé du bout de ta plume? Pas des monstres, rien que des Hommes; pas des Dieux, rien que des Hommes; pas un Homme, rien qu'un Mangecoeur. Il ne possède ni crocs ni écailles, simplement un comportement remarquable. Asocial, froid et dépendant. Seul? Non, au contraire. Nul ne peut être plus plein de l'autre que le Mangecoeur, puisque lui-même offre sa vie, son corps, son âme à un être choisit. Jiliann connait les pommes d'éternelle jouvence dans les moindres détails, elle les ressent.
Distante, le sourire n'est pour elle qu'une manière de se débarrasser de personnes encombrantes, tout comme les mots emplit de douceur de d'esprit. Un amazone, une femme forte et la tête haute, le bras tendu et le charisme certain; un Mangecoeur, une solitaire fanatique profondément décalée, une rêveuse hors-pair, une idéaliste. Caractère qui mènera forcément à la chute, elle seul l'ignore.

Peurs & Faiblesses: Il existe de ces craintes qui conduisent votre vie. Voire en décide complètement. L’idée, la vision même de la vieillesse, de la déchéance du corps et de l’esprit, voilà ce qui réveille Jiliann. Ce qui la suit, la dévore les jours passants. Tabous sont la mort et la décrépitude.

Utopie: Rondes, sucrées, un éclat délicieusement vermeil. Jiliann les a rêvées, les imagine, idolâtre. Les désires plus que tout. La passion veut la mener à l'immense Bifrost, la faire gravir une à une les marches du destin pour s'en aller telle une déesse dont elle n'a rien cueillir les fruits aux vertus idylliques. Les pommes d'éternelle jouvence ne s'offrent qu'aux divins, Frejya y porte la plus grande attention. Mais le Mangecoeur ne sait pas, il oubli ou délaisse. Il rêve, pour le meilleur comme le pire.

Bassement matériel: Un arc, quelques flèches. Là est la richesse de Jiliann. En tant qu'amazone de premier ordre, elle possède une arme remarquable et y porte une attention toute particulière. Les armes à lames ne la réjouissent que peu, c'est pourquoi elle ne porte sur elle ni couteau ni poignard.
Ses vêtements sont simples, sombres, faits de cuir et de tissu. Un seul objet sort de l'ordinaire dans son attirail: un petit aigle d'argent aux ailes déployées, créé à la base pour passer une vie à servir de porte-plume, mais qu'elle a pointé comme étant une sorte de porte-bonheur... La raison, aucune.

Génitrice: Répondant au nom de Jade, d'elle il n'est pas nécessaire de savoir grand chose. Une amazone n'a qu'une Mère, c'est son clan. Laissons Jade à sa propre vie, bien loin de tout cela.

Progéniture: Un soupçon d'inspiration, un éclair de poésie, un instinct peut être. Lorsque le doux et délicat nom 'Ambre' franchit les lèvres de Jiliann il y a maintenant quelque peu plus de neuf années, il eut semblé qu'une lueur éveillait son regard. Quelque chose de furtif, soudain. A l'heure qu'il est Ambre, fils d'amazone &élevée parmi les autres, vit et dévore des yeux ces femmes fières bandant leurs arcs et chevauchant inlassablement au travers des territoires. Indépendantes, fortes, soudées. La ressemblance physique est certaine, même chevelure sombre, même iris grisés, même stature. Même visage. Mais il n'y a pas de place pour un mère dans la vie d'Ambre, ainsi est fait le peuple amazone.
Du ventre de Jiliann sont apparus deux êtres, mais le second, appartenant au sexe sombre, n'eut pas même le temps de cirer que déjà on l'arrachait du sol pour l'abandonner à son sort. Pas de pitié, je vous pris. C'est assez douloureux et décevant comme ça pour une amazone de mettre au monde un mâle.


Dernière édition par Jiliann Hesyl le Dim 16 Jan 2011 - 13:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Hesyl Jiliann [Amazone] - Fiche Terminée   Mer 29 Déc 2010 - 22:40




Tu veux savoir comment finira le monde ? Tu veux savoir comment finiront les tiens ? Je vais te répondre, dieu insolent. Écoute-moi.

Je vois l’éclat du soleil se ternir, et la clarté de la lune s’amoindrir. Je vois les géants du givre et les créatures du feu escalader Bifrost pour envahir le palais d’Asgard. Je vois les frères se battre avec leurs frères et s’entretuer. Je vois la perversité et la corruption se répandre dans le monde des dieux et dans celui des hommes. Je vois la débandade chez les nains comme chez les Afles. Que veux-tu savoir de plus ? Je vois Balder, ton fils préféré, tué par traitrise. Je vois Asgard éclaboussé par le sang rouge de tes fils dévorés par les loups noirs de la nuit. Je vois ta lignée maudite, chez les dieux comme chez les hommes. Que veux-tu savoir de plus ? Je vois les serpents, les dragons et les loups dévorer le monde, le soleil et la lune. Je vois le monde périr par le feu. Je vois la fin des temps. Que veux-tu savoir de plus ? Je vois la fin du monde et la chute des dieux tout-puissants.
Je vois le Crépuscule les dieux.





Jiliann. Le nom résonnait dans la pièce étroite, frappant les murs humides, aussi désagréable de prononciation qu’apeurant de réputation. Jiliann. Tel un coup porté sans vergogne aucune, un revers de main tranchant abattu sur une nuque dénudée. Jiliann… Cette lettre double, ce second ‘n’ inutile se voulant naïvement original, n’était-ce pas là le signe, le lien tant espéré ? Ou bien rien de plus que l’une de ces coïncidences inintéressantes qui ne faisaient rire que ces Dames aux bouches grossières, enveloppées de jupons trop larges et lourds. Ces idiotes, offertes aux hommes comme le bout de viande jeté aux loups. Arrachant son regard du miroir mural, la jeune femme plongea ses longs doigts abîmés dans l’eau glacée de la cuve, déposée le matin même par elle ne savait quelle fillette au bras encore trop lâche pour tenir la flèche et l’arc. L’effet fut immédiat. Au contact du liquide, ses mains parsemées d’écorchures et de blessures à peine cicatrisées se mirent à la démanger, libérant la douleur au cœur même de ses membres, ennemie contre laquelle elle ne pouvait rien. Rien de plus que serrer les dents, parfois y placer la lèvre inférieure, où demeuraient d’ailleurs nombre de traces anciennes. Elle résista quelque secondes, ravalant gémissements et autres commentaires. D’un geste sec elle se dégagea enfin, échappant à la détestable morsure du froid, les paupières semi-closes. Elle resta ainsi, ses pieds nus à même le sol rugueux, debout au centre de cette pièce adorée, alors uniquement éclairée par une ridicule flamme de bougie qui subsistait courageusement. Rejetant en arrière sa volumineuse chevelure brune, l’intéressée leva de nouveau les yeux vers son reflet flottant sur la surface lisse du miroir, clone imperturbable qui seul encore osait la dévisager de cette façon. Une légère brise souleva la tenture noire qui recouvrait murs et fenêtres, laissant apparaître un fin rayon blanchâtre sur le parterre. Styria n’abandonne jamais, n’abandonne personne. Sphère argentée dans le ciel d’encre, elle veillait, chaque nuit, sur les habitants d’Yggdrasil, en rêvant de son Amour arraché, de l’amant qui pour l’éternité lui avait été refusé. Styria, irréelle source de lumière la nuit venue ; Nix, lumineux être baignant les mondes de ses puissants rayons.

Un frisson parcourut les cuisses de la jeune femme, ses épaules se crispèrent dans un spasme. Une chair de poule discrète apparut sur son corps entièrement dénudé, ses muscles se raidirent légèrement et elle sentit une brusque crispation presser sa poitrine. Malgré les appels répétés que lui lançait son corps amaigrit, elle s’obstinait, restait plantée devant ce miroir qui lui renvoyait la réalité de sa violente existence, et ce dans le plus impénétrable des silences. Haan écrit, dans le premier de ses carnets, que ‘le reflet de sa propre personne est sans nul doute le plus sincère des amis’. Il faut écouter Haan, il faut s’abaisser devant Haan. Après une seconde d’hésitation qu’elle tenta en vain d’effacer par une remontée rapide de l’une de ses mains, elle posa une paume agressive sur son ventre plat, où s’entrecroisaient de façon presque artistique de longues cicatrices sombres.

Jiliann, 27 ans. Jiliann, une fille, deux césariennes.





Il y a en l’homme, dit-on, une part de vice dont se défaire lui coûterait bien plus d’une vie. Par définition, la sienne propre, comme une fatalité qui l’apeure et le rend médiocre; parfois lâche. Existe-il pour une raison précise, a-t-il une réelle utilité ? Combien de temps lui reste-il. Voilà à peu près ce à quoi vous devriez vous attendre de la part de l’une des ces âmes grisées : tant de réflexions égoïstes, de pensées nombrilistes. L’étalon, le mâle, est à lui seul la cause du déclin, de l’effondrement de toutes choses. Haan sait cela, elle connaît l’homme mieux que quiconque; femmes, vieillards, sages, mères ou philosophes. Sa vie entière durant elle l’a sentit sur elle, agrippé à ses épaules rondes, pesant de tout son poids sur un ventre douloureux comme peut l’être celui d’une femme, d’une génitrice. Haan écrit, dans ses carnets, que l’envie et la recherche du plaisir sont les motifs de chaque geste, pensée, action de l’homme, qu’il le sache ou non. Il est un animal. Grossier et s’enorgueillissant de n’être monté, lui, que sur deux pattes certes, mais tout de même un être au fond chétif, frappant pour sa survie, tuant par peur, gardant avidement domaine et terrier. Mais tout animal qu’il est, il s’apprivoise, se fait avoir comme le loup par le piège, le chat par le bol de lait.

Si Haan avait vécu de nos jours, le cas de Jiliann l’aurait sans doute intéressée, non pas pour l’être en lui-même, mais pour ce qui l’habite. L’auteur des carnets, précieux héritage du peuple Amazone, décrit durant de longs chapitres les femmes qui vivent à ses côtés, celles que l’on nomme vulgairement ‘Les Croqueuses’. Haan classe avec précision les différents statuts, caractères, et en conclue dans la seconde partie du premier de ses carnets qu’il existerait trois types de profil chez l’humain.


Haan. Sage et admirable Haan. Jamais au cours de ta douce et paisible existence tu n’as put te rendre compte à quel point tes pensées étaient véridiques et emplies de sens. Pas plus que tu n’as osé imaginer la dure réalité de ces Mangcoeurs aux vies étroites, aux esprits tordus et saccagés. Car ils sont là, ils vivent parmi les habitants d’Yggdrasil, seuls au milieu de foules grouillantes, recroquevillés dans cette carapace insondable dont ils ont perdu la clé. Ils ne sont pas mauvais, Haan. Ils ne sont pas mauvais…





Les coutumes n’ont pas changées depuis des générations chez le peuple amazone, et profondément stupide est celui qui oserait tenter de prouver le contraire, ou tout bêtement de le dire. Voire simplement de le penser. Il n’est par exemple pas question de ‘mères’ mais de ‘génitrices’, ou bien de ‘porteuses’. Cela ne résulte aucunement d’un quelconque manque d’amour, ni de l’incapacité à éprouver ce genre de sentiment [chose qui par ailleurs reste sur ce pauvre continent tristement probable], mais d’une parfaite logique, d’une volonté appuyée de faire perdurer une lignée rejetée de tous. Jiliann, comme toutes, naquit des violents ébats d’une porteuse [nommée Jade, jeune amazone de 17 ans alors] et d’un mâle parmi tant d’autres. Elle patienta un peu plus de huit mois dans le globe brûlant et confortable qu’était le ventre de la toute jeune femme, avant de violemment se faire extirper de cet Asgard miniature par deux larges mains fripées recouvertes de sombres fleurs de cimetière. L’enfance ne vaut rien chez l’amazone, ce n’est qu’une longue attente qui semble aux yeux des fillettes de Vöslungar plus interminable que plaisante. Évidemment elles courent au travers des prairies, elles cherchent en vain le nid de l’arc-en-ciel, elles jouent et montent aux immenses arbres gardiens de la cité… Mais leurs regards ne brillent que lorsqu’elles se retrouvent, assises légèrement en retrait, auprès des amazones faisant chanter et résonner les cordes tendues de leurs arcs. Non, ce n’est pas un besoin, pas une envie de destruction ou d’extermination; il n’est aucunement question ici d’un peuple assoiffé de sang et de victoire, mais simplement de jeunes et moins jeunes femmes, adolescentes, fillettes, possédant un réel goût pour l’art du combat, dans sa forme créative et artistique. Elles sont le beau sexe réagissant aux injustices de son statut de personnage secondaire, elles sont l’honneur de la créature nommée femme. C’est au milieu de cette société que s’est réveillée Jiliann, à l’aube de sa vie. Ses premières années ressemblèrent à celles de ses voisines, ainsi qu’à celles des voisines de ses voisines. Comme le veut la tradition de ce peuple dit barbare elle jura, la nuit de ses 16 ans, de vivre et combattre pour Völsungar, ses sœurs, leurs valeurs. Et lorsque, le lendemain, le soleil franchit les hautes cimes et vint baigner de sa divine lumière les habitations perchées, Jiliann était une femme. Une amazone. Il existe peu de règles, peu de codes chez le peuple amazone. Mais s’il arrivait à l’une de ces femmes de violer celles mises en place, aussi restreintes soient-elles, elle signerait là la déchéance de cette civilisation en marge. Il ne suffit que d’une brise, un ridicule coup de vent, pour faire s’effondre le château de cartes et tout ce qu’il s’en suit. En jurant fidélité aux amazones et en assurant être des leurs, chacune s’engage à mettre au minimum deux fois au monde et ainsi qu’à donner une fille au moins. Ce travail fait, puisque qu’il est ici question de travail et non de plaisir, l’amazone peut choisir sa destinée, devenant parfois guerrière solitaire, femme à enfants, etc.

Oui, mais tout cela n’a rien à voir avec Jiliann. La vie, l’histoire, l’existence de Jiliann… Oh, tout cela a à voir. Elle n’est qu’une parmi d’autres, comme le veut la coutume. Amazone avant la mort, amazone au dernier souffle, amazone jusqu’à Hel. A 17 ans elle accoucha d’une fille, qu’elle nomma Ambre, sans raisons. Le jour même de la naissance l’enfant lui fut enlevé et placé au milieu des autres nouveau-nées, futurs puissances de la fière Völsungar. Jamais Jiliann n’éprouva de remords, pas plus à la pensée de cet instant qu’à celle de tous ceux qui auraient pu en découler. Elle est amazone, comme Elles. Comme toutes Celles. Trois ans plus tard naquit de son ventre un second être flétrit et rougeâtre identifié comme appartenant au sexe sombre, abandonné le lendemain même en lisière de forêt. Sa promesse de maternité remplie, la jeune femme stoppa ses ébats nocturnes et se retira dans le cœur Völsungar, s’éloignant pour la première fois de ses sœurs. Reconnue comme une excellente archère et une femme dotée d’un sang-froid de guerrière, elle fut très vite appelée à assurer la sécurité de la ville, chevauchant plusieurs jours durant, entreprenant de nombreux voyages. On ne connaissait pas Jiliann. On ne connaît pas Jiliann. Aucun de nous n’a jamais connu Jiliann. Et il ne doit arriver à personne cette mésaventure. Elle n’est pas Loki, elle n’est pas le Mal. Elle n’est pas détestable et repoussante, elle n’est pas le Mâle. Mais elle possède le grain de solitude, elle ne connaît que seule l’extase que peut apporter une vie. Pas le sourire franc, pas la face attirante. Oubliez Jiliann, oubliez le nom et le regard. Rien ne compte, rien ne compte pour elle. Connaitre c’est quitter, connaître c’est comprendre, c’est se dégoûter d’elle. Alors ne la voyez plus que comme une simple passante, ne la croisez plus que comme une amazone. Pensez-là à l’image de Toutes.

Et qui suis-je, oui qui suis-je pour vous mettre en garde, qui pourrais-je être pour prétendre tout savoir, même des plus pourris recoins des existences d’Yggdrasil? On me nomme divin, on m’appelle Ase. Mon nom est Mimir, Dieu étêté reposant aujourd’hui dans la vasque de savoir du grand Odin… Ici, jusqu’au bout, au Ragnarök, le crépuscule des Dieux. Jiliann ne connaitra pas la fin de ce monde, je vois en elle une destinée toute autre. Un futur plein de tâches et de silences, d’énigmes et de désirs. Fous, désirs fous. Car Jiliann est une Mangecoeur, tu avais vu juste Haan, tu as toujours vu juste. Une fanatique, une passionnée. Elle n’adule aucun Ase, ou rien qui pourrait se vouloir Père des Hommes. Non, seules elles retiennent son attention, toute son attention. Elles, éblouissantes de beauté, pendant aux branches lisses de l’arbre de Freyja, planté à l’exact centre du jardin de Vanaheim. Le jardin abandonné, le jardin de ceux et celles qui un beau jour séparèrent mon corps de mon esprit… Elles, rougeâtres à souhait, elles si appétissantes. Pommes, pommes, répondez-moi. Pommes d’éternelle jouvence… Là est le désir, l’envie de Jiliann. Ses peurs et ses doutes se sont changés en adulation pour l’objet adoré des Dieux. Dans ses rêves les plus fous, je le crois, elle tend la main et décroche le fruit tant convoité. Elle l’adore, elle le veut. Bientôt, bientôt elle partira, quittera les landes de Völsungar et tentera le voyage.
L’interminable voyage, celui menant au sommet, au summum, à l’inimaginable. A l’Asgard. Non, Jiliann Hesyl ne verra pas la chute d’Yggdrasil. Tout être mortel qui désirera accéder au Royaume des Ases périra, c’est la règle.
Mais l’histoire reste à écrire. La Völa m’a confié tant de choses, tant de visions et de rêves… Je me prends parfois à croire en un futur plausible. Elle m’a murmuré que le Crépuscule des Dieux était un fait, que rien ni personne n’y pouvait quoi que ce soit. Pas même Odin. Pas même notre Maître, notre souverain, notre Héros. Non. Odin n’est pas ce Héros, Odin n’a rien d’un Héros. En lui coule malédiction et vices, en lui le Mal a son entière place. Loki… Fou reptile, androgyne détestable. Par toi je vois pondre notre fin à tous, par toi, Génie de la Ruse. Toi qui réduiras le monde en cendre, à l’aide de tes fils, de tes monstres, de tes bâtards. Et Jiliann… Elle n’y peut rien. Elle n’y a jamais rien pu, n’y pourra rien de plus. La solitude, l’enfermement ont eu raison d’elle, elle n’est plus d’aucun secours pour la race des Hommes. Et le continent s’effondre, chaque jour l’Immonde gagne du terrain sur la pensée du Dieu borgne, mais Jiliann n’y pense pas. Jiliann n’est rien. Comme Tous.

Va, Jiliann. Va te brûler les ailes sur le chemin des Dieux. Comprendre tu ne le peux pas, la raison n’est plus ton fait. Tu as ignoré, tu ne sais plus. Qu’est-ce qu’être censé ? Ta passion, ta peur te mèneront à ta perte ; trop tôt sans doute. Bien trop tôt. As-tu déjà oublié, Jil’, comme la vie peut être douce et pure…
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Hesyl Jiliann [Amazone] - Fiche Terminée

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