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 Foss Shadow {Créature}

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MessageSujet: Foss Shadow {Créature}   Mar 18 Jan 2011 - 9:38

Je ne sais pas ce que je veux en écrivant tout cela. Je n'y gagne rien, enfin... je crois. Je me nomme Shadow Foss. Shad.
Je ne suis pas un héros, ni même un guerrier. Je ne suis qu'un enfant, à peine plus grand que rien. Je n'ai pas pour ambition de devenir une légende dont le nom restera dans les mémoires. Car si je meurs maintenant, tout de suite, immédiatement, qui s'en rendra compte ? Qui se souciera de moi ? Personne, sans doute.
Je ne veux pas que l'on se souvienne de moi. Je ne veux pas, quand je rentre dans une village, qu'on dise en accourant vers moi : « C'est lui ! C'est Shadow Foss ! » Non. Je suis un Conteur. Je ne suis pas une légende, c'est moi qui les créés. Je vis pour l'imaginaire. Je vis pour émerveiller les enfants.... Je suis un Conteur. Là où je vais, je suis un étranger, je suis là pour troubler l'ordinaire. Je vis pour l'idéal qu'on m'a un jour raconté.
Alors pourquoi écrire ? Pourquoi écrire ce que je suis ? Peut-être est-ce que-je cherche seulement à exister...
Un conteur est devant l'océan calme. Il lui raconte des histoires, et tant qu'il les raconte, l'océan restera calme. Mais s'il se tait, s'il fatigue, s'il meurt ? Personne ne peut savoir ce que fera l'océan.


    Shadow Foss

    Nom: Foss
    Prénom: Shadow
    Sexe: Masculin
    Age: 12 ans
    Taille: 1m42
    Poids: 35 kg
    Peuple: Créatures
    Classe: Chimère


Description Physique

Je ne sais comment dire ce que les gens voient quand ils me regardent. Un gamin sans doute. Un gamin d'à peine douze ans, qui pourtant fait un peu plus vieux, mais pas de beaucoup. Un gosse frêle, la peau sur les os, portant des vêtement sales trop grand pour lui, une chemise qu'on peut deviner blanche souvent entrouverte, pleine de plis, de tâches, un pantalon de la même couleur douteuse et crasseuse, et des sandales prêtes à rompre à chaque instant en guise de chaussure. Il est vrai que je n'ai rien de vraiment exceptionnel : des traits on ne peut plus normaux, un visage assez fin, une peaux calleuse... Je n'ai pas la carrure baraquée et musclée d'un chevalier, croulant sous le poids de son équipement. Je ne fais pas les deux mètres de haut qui me démarqueraient à coup sûr de tous les autres, bien que je sois assez grand pour mon âge.
Peut-être jetteraient-ils un regard au petit paquetage contenant mon livre, des feuilles, de l'encre et des plumes, ou bien leur regard s'attarderait sur l'épée que je porte... Mais dans tous les cas, vraiment, ce ne doit pas être très flatteur. Je pense qu'au premier abords, ils doivent remarquer plusieurs chose anormales à mon sujet, qui me démarque surement des autres vagabonds.

Premièrement, sans hésitation, mes cheveux doivent leurs sauter aux yeux. Je n'ai jamais réussit à ce qu'ils soient autrement qu'en bataille, décoiffés, presque dressés sur ma tête, avec des mèches folles se battant en duel devant mon visage. Mais même sans ça, je pense que ma chevelure indomptable aurait put paraître normale, si elle n'était rouge. D'un rouge assez inhabituel : ni sanguin, ni même carmin... Juste rouge vif. Je me suis souvent demandé d'où venait cette couleur, comment cela se faisait qu'elle soit si unique. Pour s'accorder à mes yeux ? Ce n'est pas impossible, bien que ce ne soit guère probable.
C'est d'ailleurs la seconde chose que les gens doivent remarquer, c'est à dire mes yeux. A mon avis, il n'est pas possible qu'un humain ait les mêmes. Ils seraient moins rouges et -sans me vanter- moins beaux. Tout est ensuite une question de point de vue. Du mien, ils ont une beauté sauvage, avec le même équilibre que possède toute chose de la nature. Pour les autres... ils pourraient envisager que je me drogue, peut-être. Je n'avais jamais remarqué avant qu'on m'en fasse la réflexion (mais il faut dire que je ne passe pas mes journées à me regarder dans la glace) que mes yeux étaient totalement inexpressifs. Toujours, ils ont une expression hagarde, comme si je rêve continuellement. En plus de cela, le reste de mon visage s'accorde -parait-il- parfaitement à mes deux prunelles. Il est possible que mes années passées dans l'obscurité aient créé un décalage entre mon corps et mon esprit, ou bien suis-je ainsi naturellement, je n'en sais rien, et je ne pense pas que je pourrais savoir un jour la réponse. Peut-être est-ce une séquelle de ma lente agonie à Nilfheim... Je n'en sais rien. Je sais qu'il y a une réponse, mais je ne pense pas que je la chercherais.
La troisième chose qui devrait attirer leur regard et qui les convaincrait de ne pas avoir en face un simple gosse des rues, c'est mon bras gauche. Un bras d'aigle, qui est pourtant le mien. Il n'y a rien à dire là dessus. C'est juste ce qui fait de moi une chimère. Les vampires qui me l'ont greffé l'ont auparavant légèrement mofifié : le bras a la taille d'un bras normal, à la seule différence c'est qu'à la place des doigts... eh ben c'est des trucs bizarres, avec des serres au bout, je ne sais pas vraiment comment le décrire, avec en plus un pouce opposable. La seule chose dont je suis sur, c'est que cette... chose fait partie intégrante de mon corps.

Description mentale

Il est difficile de se décrire soit même. Il est nécessaire pour cela de prendre du recul, de se regarder de haut pour se voir, comme dans un rêve, en train de faire toute les choses qui composent notre vie et notre être. J'en suis capable, je crois. Je peux prendre mon envol pour me comprendre moi-même, tel l'aigle auquel on a arraché le bras pour le faire mien.
Je rêve souvent. Je rêve mon idéal, je rêve mon ambition, je rêve mon imaginaire... Sur le coup, je ne m'en rends jamais compte, mais je crois que je mets toujours des temps de silence dans une conversation, voire même, je change de sujet de façon imprévisible, rapide, sans aucune logique. Je ne le fais pas exprès, loin de là. Je ne suis juste pas très... attentif, disons.
Étrangement, ma condition de chimère me permet de me souvenir de tout ce qui se passe devant et autour de de moi. C'est étrange, je me souviens de tout. Je ne fais aucune distinction, je me rappelle de tout depuis que ma nature humain a été abolie, et même parfois avant. Même quand je ne suis pas attentif, je me souviens. Mais je ne dirais pas que c'est un avantage, et encore moins que c'est agréable. Mes souvenirs rejaillissent comme ils veulent, quand ils veulent, tantôt doux comme la caresse d'une plume, tantôt acérés comme des serres. Par exemple, depuis ma sortie de Novigard, je suis incapable de rester dans le noir complet, surtout s'il fait froid. Au bout de cinq minutes, j'entends de nouveau mes propres cris de douleur et de souffrance et
Non. Je ne peux pas me souvenir de cela. Je ne veux pas.Plus que de me remémorer, je ressens, je subis. Aucune des blessure que j'ai reçus n'est restée oubliée. Elles ne guérissent jamais. Elles demeurent, toujours présentes dans un coin de ma tête, prêtes à se rouvrir et à déverser en moi un flot de souffrance en espérant me voir disparaître sur le coup de la douleur...
Mais assez parlé de ma mémoire traitre. Je n'aime pas discourir à ce sujet.
Extérieurement, je ne pense pas qu'on puisse me croire capable d'avoir des sentiments comme je l'ai dit un peu avant. Intérieurement, j'en ressent, sans aucun doute, mais c'est comme si tout cela se trouve... atténué. Par la tapisserie constante de mes rêveries. Que fais-je quand je rêve ? je n'en sais rien. Je pense à tout et à rien, à l'étonnement du philosophe, aux pensées du poète... J'ai toujours été étonné par la place qu'occupe ces deux choses dans ma vie. Mais sans doutes sont-ils déformés par mon utopie rêveuse omniprésente.

Illustration

Crédits : Daisuke Niwa de D.N Angel
Image retouchée pour le bras d'aigle :
Spoiler:
 
Le meilleur exemple que j'ai trouvé pour ses yeux choux-tés.
Spoiler:
 


Dernière édition par Nocte Lumina le Sam 9 Avr 2011 - 14:46, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Mer 9 Fév 2011 - 16:16

Je n'ai jamais pensé que j'aurais pu tant écrire sur douze ans d'existence...

Chapitre 1 : Ymir

J'ai des souvenirs très précis de mes six première années. Il me suffit de me concentrer quelques secondes pour revoir ma mère, Shénéa Foss, en train de faire du pain, comme chaque matin. J'entends alors le doux chant qui s'élevait de ses lèvres, je sens de nouveau l'odeur du pain grillé... Je me rappelle avec une perfection étonnant chacun de ses traits. Peut-être que ma transformation en chimère a figé ma mémoire « d'avant » dans une précision hors du commun ? C'est possible. Ses cheveux étaient roux, mais pas rouges comme les miens. Son visage était fin, avec un nez aquilin, des joues un brin rosé et des yeux bleus sombres, qui ressemblaient en tous points aux miens à cette époque. Peut-être ne suis-je pas très objectif en disant que je la trouvais belle.
Quant à mon père... Je ne sais que penser à propos de lui. Il n'était pas souvent présent, et je n'ai jamais osé demandé où il était quand il était absent. Trace -c'était son nom- ne manquait jamais une occasion de me réprimander quand ma mère était absente, ou bien de me frapper, juste assez faiblement pou que ce ne soit pas visible après, prétextant une faute quelconque que souvent je n'avais pas faite. Il me détestait, c'était sur. Il ne m'aimait pas, et avec la défense instinctive de l'enfant, je le haïssais. Mais je n'en ai jamais parlé à ma mère, qui ne se doutait de rien. Pourtant, c'était tellement évident que je me demande parfois si elle ne se contentait pas de fermer les yeux sur la haine qui allait en grandissant entre nous deux. Vraiment, je ne l'ai jamais vraiment considéré comme mon père.
Nous vivions dans les montagnes d'Ymir, dans une sorte de chalet assez loin de tout village. J'aurais dû devenir un paysan, un montagnard, connaissant chaque recoin des montagnes, et les secrets pour y survivre... Mon destin était tout tracé, et je l'aurais suivit, si cette nuit d'été n'avait pas survenu.

Je n'aime pas me rappeler ce jour-ci. C'était la nuit, il faisait sombre à l'extérieur. Les bras de m mère m'enserraient. Assis sur ses genoux, serré contre son corps, je profitais de la chaleur qu'elle me donnait par sa proximité. Je me sentais bien, je me sentais presque invincible. A ce moment, j'aurais été incapable de dire que quelques heures plus tard, ma maison ne serait plus la mienne, que les bras blafards de ma mère seraient froids. Mon père me regardait avec son habituelle mine désapprobatrice qu'il me réservait tout le temps. Avec autant de courage dont j'étais capable, je lui rendais son regard agressif. Nous nous regardâmes un instant en chiens de fiances, mes yeux bleus dans ses pupilles noires. Poussant un léger grognement, il se détourna. Ce soir, j'avais gagné cette bataille taciturne qui nous opposait si souvent. Au dessus de tout cela, au dessus de nous, loin de nos hostilités, ma mère continuait à m'entourer de son amour maternel. C'était parfait. J'étais heureux, chez moi, dans les montagnes d'Ymir... J'étais heureux...

Soudain, j'entendis un craquement sec. Je tournai la tête en direction du bruit juste à temps pour voir la porte de la maison s'écrouler en s'arrachant de ses gonds. D'un pas gracieux, un homme entra dans la pièce. Il se dirigea sans hésitation vers ma mère et moi. Arrivé à deux mètres environs de nous, il s'arrêta, et nous dit avec un sourire carnassier : « Bonjour... Ou devrais-je dire... Bonsoir ? » Je sentis les bras de ma mère resserrer leur étreinte sur moi, comme pour me protéger. Pour ma part, j'étais pétrifié. Il se dégageait de cet homme quelque chose de... terrifiant. Peut-être était-ce sa façon d'être, si sûr de lui ? Je ne sais pas. C'était la première fois de ma vie que je voyais un vampire...
« Bonsoir... Ce n'est pas une heure très polie pour rentrer chez les gens... Sans frapper, en plus... » répondit ma mère, sur le ton de la conversation. Trace, tétanisé, la dévisagea comme si c'était la première fois qu'il la voyait. C'était compréhensible. Je n'ai jamais pus comprendre comment elle avait pu rester calme dans ces circonstance. Quant au vampire, son sourire s'élargit, désigna la porte défoncée d'un geste vif.
« Oh, mais j'ai frappé à la porte... Ou disons plutôt que j'ai frappé la porte. » La poitrine de ma mère fut secouée par un petit rire, forcé ou non, je n'en ai aucune idée. « La question n'est pas de savoir si un vampire doit être poli ou non envers ses prochaines victimes. Néanmoins, tu me plais, et je te laisse une chance de survivre, humaine. Donne moi le gosse, et je me contenterai de ton mari pour épancher ma soif. » Le silence qui suivit était lourd. Trop lourd. Je me sentais mal. Pourquoi me vouloir ? Pourquoi moi ? Je me recroquevillais sur ma chaise. Peu patient, il répéta, comme si elle n'avait pas compris : « Donne-le moi, et je te jure que je ne te ferais aucun mal. Doutes-tu de ma parole ?» La dernière phrase avait été prononcée avec colère. Ma mère poussa un léger soupir, presque excédé. La colère de l'être ne semblait lui faire ni chaud ni froid, et sa proposition qui aurait pu lui sauver la vie ne semblait pas la tenter le moins du monde. « Je n'ai pas dit ça. Je ne doutes pas que si je sacrifie la chair de ma chair et ma raison de vivre, vous me laisserez vivre une vie pâle et sans couleur. Non, je ne veux pas vivre si vous m'enlevez mon fils... Pourquoi lui ? » Je vis le vampire hausser un sourcil, à la fois intrigué et légèrement agacé. « On m'a demandé un gosse de moins de huit ans. J'ai la flemme d'aller plus loin. Dommage pour toi si c'est tombé sur ton fils. J'ai des ordres, et je les respecterais. »
Je sentis ma mère hocher la tête, comme si elle approuvait les dire du vampire. Une panique intérieure sans nom me saisis. Elle allait m'abandonner ? Elle allait partir ? non ! Elle n'avait pas le droit ! Je me recroquevillais encore un peu plus. Qu'ils cessent de me voir ! Je voulais disparaître à leur yeux. Je ne voulais pas aller vers l'autre, je ne voulais pas... Quitter ma mère ! M'ayant toujours dans les bras, elle se leva, puis me posa sur la chaise où elle était assise. Un instant, son regard croisa le mien. J'aurais voulu ne jamais le quitter, mais après m'avoir adressé un bref sourire en coin, elle se détourna de moi pour faire face au vampire. C'était la dernière fois que je devais voir ses yeux.

« Non. Je ne le permettrais pas. » Elle avait cette phrase sans même trembler, comme si cela était normal de s'interposer entre la mort et un enfant, voir même banal. Cette fois-ci, le vampire parut vraiment en colère. Il ne devait pas avoir l'habitude d'être ainsi contredit. Un instant, je crus qu'il était prêt à bondir au cou de ma mère pour la vider et de son sang et de ses vaines paroles. Je voulus hurler ! La prévenir du danger ! Mais mes cris restaient dans ma gorge. Je restait un simple spectateur.
Il sembla soudain se détendre, et de nouveau ce sourire effrayant amusé réapparut. « Tiens, tiens... Comme c'est intéressant... Les humains sont beaucoup surprenants qu'ils en ont l'air... Crains-tu la mort, humaine ? »
« Comme vous le dites très bien, je suis humaine. » se contenta-elle de répondre. Voyant son incompréhension, elle continua : « Je sais que peu sont capables d'en dire autant... Mais peut-être ne veulent-ils pas reconnaitre leur faiblesse. Être humain, c'est avoir le courage de pleurer ses morts en goutant à la vie, c'est s'étonner de pourvoir rire, s'étonner de voir le soleil mourir puis renaitre. Être humain, c'est vivre. Je suis humaine car je crains la mort. D'autres ne le sont pas car ils craignent la vie. »
Je ne peux faire que des suppositions sur ce que ressentit le vampire à ce moment là... Peut-être était-il comme le prédateur, se nourrissant de la peur et de la chair de ses victimes, ne pouvant satisfaire que la moitié de ses appétits. Il semblait frustré. Frustré d'une chose qu'il avait besoin. Je pense qu'il aimait être craint. Qui n'apprécierait pas ?
Et soudain, sans que personne n'ai pu le prévoir, le vampire bondit en direction de ma mère.

Je ne sais pas quel dieu je dois remercier, mais je lui suis éternellement reconnaissant. ma mémoire, qui pour tout autres choses est imperméable, est imparfaite à cet instant là précis, et m'épargne ainsi ces visions horrible qui ont formé la mort de ma mère. Je ne me rappelle de rien -heureusement !- et même si j'en avais quelques souvenirs, je ne les livrerais pas sur le papier. Je crains ma mémoire.

Tout le reste est confus dans ma tête. Je crois m'être évanouis par la suite, ce qui est fort probable. Je ne me rappelle même pas si mon père est mort ou non, ou s'il est encore en vie maintenant. A vrai dire, je m'en fiche totalement, cela peut paraître cruel, mais c'est la vérité. Non pas que je le détestais, mais il ne représente plus rien pour moi. Je me demande même s'il a un jour représenté quelque chose pour moi. Vraiment, je n'ai jamais vraiment réussit à affirmer qu'il était mon père. Le seul être, l'unique, auquel j'attribuais ce titre, je l'ai rencontré là où le vampire devait me mener, au pays des ombres et des ténèbres, dans les souterrains de Niflheim.
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Sam 12 Fév 2011 - 15:46

Je n'avais plus rien, mais j'ai découvert que je n'avais pas tout perdu.

Chapitre 2 : Cachots de Niflheim

Il faisait sombre... Si sombre... Ou bien était-ce la lune qui était aveugle ? J'étais perdu. Je ne savais plus où j'étais, qui j'étais et pourquoi j'étais. j'étais... triste. L'image d'un cadavre, je ne savais lequel, flottait devant mes yeux entrouverts. Je ne voyais rien. J'avais mal... si mal... J'aurais eu envie de mourir. Je ne voulais plus vivre, pas ainsi. Je savais que j'avais perdu quelque chose, mais je ne savais pas quoi. j'étais réduit à un simple enfant... Je ne savais pas quoi faire. je ne savais pas où aller. J'étais seul. Seul pour marcher sur le chemin de vie. D'ailleurs, étais-je seulement encore vivant ? J'essayais en vain de me souvenir de ce qui s'était passé. Je n'y arrivais pas. Était-ce ça, d'être mort ? Ne ressentir qu'un vide, et rester, pour l'éternité, dans l'obscurité privé de toute lumière ? c'était une possibilité.

Non. Ce n'était pas possible. J'entendais des pas, hésitant, discrets, comme ceux d'une personne déchaussée. Puis j'entendis une voix. « Petit... » murmura une voix. Elle était incroyablement proche, masculine, sans doute, douce, calme. Une main frôla mon visage. Instinctivement, je me redressai et reculai précipitamment. « N'aie pas peur... » Il semblait légèrement amusé, presque. Je me cognai la tête contre un mur. J'entendis l'homme s'approcher de moi. J'étais tétanisé, pétrifié.
« Que crains-tu ? Tu es en sécurité ici - pour le moment. » Silence. « Aurais-tu perdu ta langue ? Déjà ? »
Je répondais enfin : « Qui êtes-vous ? Où suis-je ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi n'y a-t-il pas de lumière ? »
« Ah ! Tu parles donc ! J'avais peur que mon nouveau compagnon de cellule soit muet. Après tant de temps passé en solitaire, ce aurait été bien triste ! Quel âge as-tu ? Non, c'est vrai. il faudrait déjà que je réponde à tes questions. Je me nomme Zahkor al Tichkah. Mais, par pitié, appelle moi Zahk, si nous passons le trois quart du temps à nous nommer par des noms trop longs, cela serait malheureux... Je suis poète et philosophe, si tu veux tout savoir. Tu es en ce moment dans Novigard, à Nilfheim. Enfin, plus précisément sous Nilfheim. Dans les réserves des vampires. Je pense que tu es là soit pour alimenter la réserve, mais j'en doute, soit pour être un cobaye, n'ayons pas peur du mot. Pour quelles expériences, ensuite, voilà la question. Tu auras la réponse dans quelques temps, d'ici une semaine à quatre ans, nous serons fixés. Et pour finir, il n'y a pas de lumière car c'est la nuit. Dans quatre ou cinq heures, il fera jour, n'ai crainte. Et toi, qui es-tu ? »

Je n'avais pas compris la moitié de ce qu'il m'avait dit. Néanmoins, j'avais compris à son ton qu'il ne me voulait pas de mal. Je retenais aussi son nom. Zahkor al Tichkah. Original. Zahk était quand même plus simple, aussi est-ce le nom qui me vint toujours par la suite quand je voulais l’appeler. Je me détendis, et me concentrais sur mon entourage, sans répondre à la question posée par l'autre. Les murs étaient de pierres, taillées irrégulièrement, rugueuses. Il régnait dans l'air une humidité stagnante désagréable, ainsi qu'une odeur de renfermé épouvantable. Je sentais quelque chose d'étrange, que j'identifiais par la suite à l'odeur du sang. Je me sentais mal. Je ne pouvais, en ce lieu, ressentir autres choses que de l'oppression. Je ne connaissais pas les dimensions de ma cellules, mais je me sentais totalement enfermé. A vrai dire, je ne voyais nul barreau, ni même une lueur. Cela m'inquiétais. Où étais-je donc pour que la lumière des astres ne nous atteignent pas ?

Bien que mes yeux étaient voilés d'ombre, je sentais quand même le regard intrigué de l'homme sur moi. Il me transperçait à travers les ténèbres... Je décidai aussitôt de répondre à sa question.
« Je suis Shad. » Il eût un silence. « Où... Où est Maman ? »
C'est en posant la question que j'en devinais la réponse. Oui, bien sur, c'était évident. Je le savais même déjà. Je le savais avant d'être réveillé. Je le savais... Mais je me le cachais, sans doute. C'était comme une affirmation, coincé dans un petit coin de ma tête, dont je n'avais pas encore pris pleinement conscience. Ou peut-être n'avais-je tout simplement compris les conséquences que tout cela avait. Elle était morte. C'était si simple à dire ! Si dur à accepter... Je me recroquevillai sur moi-même, et contre ma volonté, des larmes se mirent à couleur de mes yeux éteints. Je sentis quelque chose recouvrir mon corps secoué de sanglots. Une couverture qu'avait jeté Zahk sur moi. Je l'entendis dire d'une voix douce.
« C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir. »

Je relevai la tête. Quoi ? « C'est de la poésie. », murmura-t-il, presque comme pour se justifier. « C'est efficace, tu vois ? Tu as arrêté de pleurer. » Un gémissement de douleur s'échappa de mes lèvres. « Je sais que ça ne remplacera en rien tout ce que tu as perdu : une mère, un foyer, et je ne sais quelles autres sources de bonheur... Mais n'oublie jamais ceci : on peut tout te ravir, ton corps, tes proches, ta liberté... Mais on ne prendra jamais ton âme ni ton esprit ni ta mémoire. » Je ne dis rien. Je ne comprenais pas grand choses à ce qu'il racontait, mais je savais qu'il avait raison. L'homme me serra contre son corps. « Dors, Shad, dors... Je veille sur ton sommeil... » Il dit encore des choses que je n'arrivais pas à comprendre qui me bercèrent et m'accompagnèrent jusqu'à mon sommeil sans rêves. Une seule chose restait sure dans mon esprit : je n'avais rien à craindre à ses côtés.

C'est ainsi que je connus celui que je considérais comme mon père, celui qui allait me donner une nouvelle naissance à travers toutes ces choses qu'on ne me ravira jamais, et dés le premier jour, il m'offrait ses leçons de bonheur : la beauté de la poésie, et les profondeurs de l'esprit humain.


Dernière édition par Nocte Lumina le Sam 26 Fév 2011 - 15:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Jeu 24 Fév 2011 - 13:18

NB : ce chapitre est un peu space, et n'apporte pas grand chose à l'histoire (il ne respecte d'ailleurs pas la chronologie). C'est plus une explication du caractère un peu philosophe de Shad.
Pour faciliter la lecture, les paroles de Zahk (qui va faire des bigs monologues) seront en écriture normale, exceptionnellement.NB 2 : Pour créditer : ce chapitre est très largement inspiré du livre le monde de Sophie de Jostein Gaarder, mais je n'ai pas son panache pour écrire sur de la philosophie...


Ma vocation était de rester un éternel enfant... ce qui me plaisait assez.

Chapitre 3 : Philosophie

On m'a un jour demandé pourquoi je m'étais tellement attaché à Zahk. C'était normal, je pense : Zahk était la seule personne à qui j'avais pu me rattraper, alors que je glissais dans les abîmes de la tristesse. Et plus loin que toutes les raisons que j'aurais pu trouver, c'est lui qui m'a appris à vivre. A vivre pleinement, malgré tout ce qui m'était arrivé et tout ce qui devait m'arriver. Encore, dans mes grands moments de déroute, je me raccroche à son enseignement. Je ne crois pas que j'ai vraiment tout saisis de ce qu'il a dit, mais toutes ses paroles sont en moi, gravées dans ma mémoire immuable. J'ai encore tout le temps de tout une vie pour les comprendre. Il m'a souvent servit des propos imagés, que je n'ai pas compris sur le coup. Mais encore aujourd'hui, je les intègre de mieux en mieux. Il m'a donné l'œuvre de toute sa vie, en fait. Souvent, le jour ou la nuit, quand je ne trouvais pas le sommeil, il me parlait (parfois des heures durant !) de la philosophie. Je ne me rappelle pas qu'il m'ait un jour demandé si tout son baragouin m'intéressait, mais c'était inutile : j'étais captivé, attentif à chacun des mots qui sortaient de ses lèvres. Parfois, je lui demandais des précisions, mais jamais il me demandait si j'avais parfaitement saisis une notion. En même temps, s'il l'avait fait, ma réponse aurait été "non", le plus souvent. Voici quelques brides des discours qu'il me tenait :

« Shad, as-tu déjà tenté de répondre à la question "Qui es-tu ?". Quand je te l'ai demandé la première fois, tu as répondu "Je suis Shad.", tu dois sûrement t'en souvenir, non ? Ce n'était pas il y a si longtemps, je crois... Mais penses-tu que si tu t'étais Albert, est ce que ça changerait quelque chose à ce que tu serais ? Non, tu serais toujours le petit garçon aux cheveux rouges en face de moi. En es-tu vraiment sûr ? Je ne sais pas toi, mais pour ma part, je ne pense pas. Je n'arrive pas à m'imaginer tendant la main à quelqu'un en disant "Bonjour, je me nomme Charles-Henri De Nilfheim". Le nom ne colle pas à mon apparence, ni même à mon caractère, tu ne trouves pas ? Et de même, regarde toi ! Es-tu toi-même ? Ne préfèrerais-tu pas avoir les cheveux plus foncés ? Être plus grand ? Ne trouves-tu pas étrange de ne même pas savoir qui tu es ? De ne pas pouvoir se choisir ? Tu peux choisir ton entourage, tes amis... Mais pas toi. Tu n'as même pas choisis d'être un humain ! D'ailleurs, qu'est ce qu'une personne ?
Qu'est ce qui fait que tu es là ? Parce que tu es en vie, sans aucun doute. Mais si tu es en vie, tu devras mourir un jour. Même les vampires le savent : un jour, ils devront mourir, que cela leur plaisent ou non. Tu existes. Mais un jour, tu ne seras plus. Penses-tu qu'il y ait une vie après la mort ? N'est ce pas une bonne question ? Pense à ta mère, morte il y a quelques jours déjà. A chaque seconde, tu sens ce poids qui pèse sur tes épaules : elle n'est plus là. Et elle te manque. N'est ce pas injuste, la mort ? Tu verras que si tu tentes de te convaincre de ta propre existence, plus tu auras du mal à chasser l'idée que tu ne vivras pas éternellement. A l'inverse, si tu penses que tu vas mourir un jour, alors tu ressentiras comme jamais la chance extraordinaire que tu as d'être en vie. C'est impossible de se sentir en vie si tu ne penses pas aussi que tu mourras un jour. J'ai rencontré un jour quelqu'un qui venait d'apprendre qu'il n'avait plus que quelques semaines à vivre. "Ce n'est que maintenant", m'a-t-il dit "que je me rends compte à quel point la vie est belle". C'était mon père. Je me suis sentit très triste de constater qu'il fallait attendre de savoir qu'on allait mourir pour savoir apprécier la vie. C'est pourquoi je me suis dit qu'il y avait une alternative : la philosophie.»

« Durant toute ma vie (je conçois parfaitement que je ne suis plus tout jeune), je n'ai eu aucun "guide de philosophie". Je suis allé rencontrer toutes les personnes qui voulaient bien en parler, je me suis documenté durant des heures et des heures à tous ces sujets. Je ne sais pas ce que je cherchais vraiment dans cette quête, mais je savais qu'elle était extrêmement importante. Il existe beaucoup de passion dans le monde. Il suffit de regarder autour de soit (pas ici, j'entends, mais dans Mitgard, bien entendu) : il y a des chevaliers, qui passent leur vie à maîtriser à la perfection leur arme de prédilection, il y a des assassins, il y a des rois passant leur vie à gouverner... Je ne peux pas demander à tout le monde de partager ce que j'aime. Si j'aimais travailler le bois, je n'exigerais jamais que tous soient ébénistes. Mais pourtant, il existe des questions, des choses de natures qui intéressent tout le monde, quelque soit son identité ou sa race.
Qu'est ce qu'il y a de plus important dans la vie ? Si tu poses la question à n'importe quelle personne dans les cachots de Nilfheim, il te répondra qu'il veut sortir d'ici, ce qui est tout à fait compréhensible. Mais au delà de toutes ces nécessites, existe-t-il quelque chose dont tous aient besoin ? Les philosophes pensent que oui. Il s'agit de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons.
Se poser ces question n'est pas aussi anodin que vouloir battre le gars du champ d'à côté à un duel à l'épée. Celui qui s'interroge à ce sujet rejoint ainsi les préoccupations de toutes les générations qui l'ont précédés et qui viendront ensuite.»

« La meilleure façon de faire de la philosophie est sans doute de se poser les bonnes questions. Comment le monde a t il été créé ? Existe-il une vie après la mort ? Comment vivre ? Pourquoi vivre ? Y a t il une raison à tout ? On peut penser à tout, tout ce qui concerne notre existence : la vie et l'au-delà, l'animal et l'Homme, la naissance et la mort, le bonheur, la vérité...
Regarde autour de toi : as-tu déjà vu une seule civilisation qui ne se soit pas posé ces questions ?
Dans le fond, il n'y a pas beaucoup de questions philosophiques. Le seul inconvénient, c'est que poser la question, c'est une chose. Y répondre en est une autre. Tu ne pourras jamais apprendre tel quel comment vivre, ou bien comment être heureux. C'est à toi de chercher, de le trouver. C'est à toi de faire ton propre jugement sur la vie. Tu peux décréter que ce que je dis est faux, ce sera ton point de vue. L'une des choses que tu dois retenir est la suivante : tu ne sais pas si tu vas réussir à découvrir la vérité ou la réponse à ta question, mais n'oublie jamais que cette réponse existe. Et si une réponse existe, on peut même se dire qu'il n'existe qu'une seule réponse juste. On peut comparer ça à une enquête : un meurtre a été commis, et on cherche le coupable, ou ce qui s'est passé. On va peut-être le trouver, mais une chose est sure, c'est qu'il y en a un.
Par exemple, on peut penser que les étoiles sont des sortes de trous dans le ciel nocturne, un autre dirait que ce sont des boules de gaz brillantes à des milliers de kilomètres d'ici, n'est ce pas aberrant ? Tout le monde sait bien que l'univers n'est pas si grand ! Mais une chose est sûre, l'un d'eux a raison, reste à savoir lequel.

Je me rappelle d'un type qui disait que ça ne servait à rien de réfléchir à ces questions puisque finalement, on ne saura jamais la vérité. Mais moi je te dis que nous avons une très grande influence sur notre propre esprit : si nous savons que c'est vrai, alors nous en seront convaincu. Ce n'est pas très clair comme phrase... Si je reprends mon ancien exemple du meurtre. Celui chargé de l'enquête saura peut-être qu'il est face à un cas insoluble. Mais est-ce pour ça qu'il va laisser le meurtre tel quel ? Non ! Il va tenter de le décortiquer, de faire tout son possible pour se rapprocher le plus possible de ce qui s'est passé. Et puis, ne trouves tu pas cela exaltant d’aller à l’encontre de la vérité ? Voilà ce que je me demande parfois. »

« Essaye d’imaginer un monde sans magie. Assez facile, n’est ce pas ? Car finalement, la magie ne nous entoure pas tellement, elle est même assez exceptionnelle. Ainsi, dans ta vie, tu trouveras un grand nombre de personne qui, n’ayant jamais vu de près ou de loin un elfe ou un magicien, dira que le monde a été créé par des dieux qui ne sont pas d’ici. Avoue que c’est logique. Mais néanmoins, ne penses-tu donc pas que ce ne soit pas le contraire ? Que les dieux aient été créés par le monde ? Car après tout, qu’est ce qu’un dieu ? Un être d’une puissance infinie ? Oui, c’est cela. Des immortels. Ainsi, je peux dire cela, même si c’est blasphématoire : les dieux ne sont que des Hommes, sauf qu’ils sont plus… puissants que la moyenne, ce qui les démarque du commun des mortels, c’est le cas de la dire.
Cette façon de pensée a été créée par les philosophes de la nature. Ils pensaient que le monde n’avait pas été créé par les dieux, et que la magie n’était pas la source de toute chose. Ils croyaient à une « substance élémentaire » à l’origine des métamorphoses de la vie. Ils cherchaient à comprendre la nature en l’étudiant elle-même, sans avoir recours aux dieux. On peu rapprocher tout cela de la manière de faire des vampires à propos des humains : ils les étudient pour voir de quel bois ils sont faits, pourquoi, ça, pas moyen de la savoir. Plusieurs hypothèses ont été faites à propos de cette substance élémentaire. Un premier pensait que c’était l’eau qui était à l’origine de toute chose. Il avait effectivement remarqué que l’eau apparaissait sous plusieurs états, et en avait déduit, puisqu’elle pouvait être glace et vapeur, qu’elle pouvait être n’importe quoi d’autre. Un autre a pensé que tout venait des quatre éléments, et que ces quatre éléments venaient de l’air, ce qui est un peu étrange, d’ailleurs. Néanmoins, il y avait à chaque fois un problème : comment une seule substance peut-être à l’origine de tant de choses différentes ? Plus tard, un homme proposa les « atomes », minuscules éléments de constructions éternelles, immuables et indivisibles, et que tout plein d’atomes différents pouvaient s’accrocher entre eux pour former des corps solides. Ce type pensait même qu’aucune « force » ni « esprit » influaient dans les phénomènes naturels : c’était un matérialiste. Il pensait par ailleurs que l’âme était composée d’atomes spécialement ronds et lisses. »

« Vois tu, Shad, je ne peux te dire si ces philosophes ont tort ou non. Je ne peux même pas te dire si j’ai moi-même raison. Mais une chose est sûre : Il ne t’appartient qu’à toi d’avancer avec ces paroles. »

Il me tint encore beaucoup d’autres longs discours, m’enseignant les méandres de l’âme et de l’esprit. Mais je pense que si je devais les transmettre autrement que par la pensée, il me faudrait un temps infini que je n’ai pas. Et l’’encre comme le papier me fait défaut pour tout écrire.


Dernière édition par Nocte Lumina le Mar 22 Mar 2011 - 12:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Jeu 24 Fév 2011 - 13:19

A Nilfheim, quand ça change, c'est toujours en pire.

Chapitre 4 : Destiné

Un jour, Zahk disparut, cela faisait presque un an que j'étais arrivé dans à Niflheim.
C'était le matin. Je me réveillais, et je me découvris seul dans la petite cellule. Seul... Je remarquais aussitôt l'absence de mon compagnon : c'était lui qui, en tout temps, me réveillait dès que le soleil perçait le rideau d'ombre. L'astre du jour était déjà haut dans le ciel, il devait être aux alentours de midi. Aussitôt, je m'inquiétais à son sujet. Où pouvait-il bien être ? Avait-il trouvé un moyen de s'évader ? Non, surement, espérais-je, il m'aurait amené avec lui. La seule possibilité était la suivante : les vampires l'avaient emmené autre part. Mais où ? Pourquoi ? Pourquoi... Pourquoi n'avait-il pas prévenu ?
Y a-t-il une raison à tout ? La petite voix presque amusée du philosophe retentit dans ma tête, à travers ma mémoire. Il y a une réponse à cette question. Oui ou non. Mais la réponse, tu n'es jamais sur de la trouver... « Oh, toi, la ferme ! » pensais-je en moi-même. Je savais qu'il y avait une réponse, mais je ne la cherchais pas. Y penser ne m'aurait fait que du mal. Pour me changer les idées, je prenais un caillou parmis les multiples qui jonchaient le sol, et le faisait tourner inlassablement dans ma main, désireux d'en connaitre les moindres détails. C'était stupide, c'était inutile, mais ça avait le mérite d'occuper mon esprit. Peu à peu, j'arrivais à faire fuir l'image de Zahk. Je le reverrais... ou pas. Et il ne servait à rien de tergiverser là dessus.

Quelques heures plus tard, je reçut de la visite de la part d'un des multiples gardien de la prison. Je pensais au début qu'il s'agissait de l'apport journalier en nourriture -faible mais indispensable. Je me détrompais rapidement, dés que je vis à qui j'avais affaire, en fait. Il s'agissait du vampire qui était venu me prendre un an plus tôt, dans les montagnes d'Ymir. Je me figeai. Que faisait-il donc ici ? Il me dévisagea un instant de son regard de sang, pencha un peu la tête, dévoré d'une curiosité malsainte. « Ainsi tu es toujours vivant... Et en bonne santé. » Il découvrit ses dents blanches en un sourire terrifiant. Il me fit signe de la main d'approcher. Raide comme un pantin, je m'avançai sans vraiment le vouloir. Enfonçant une clé dans la serrure, il ouvrit la porte qui grinça affreusement. Il me fit sortir, avant de refermer la cellule. J'osait enfin lui demander : « Où est Zahk ? Où allons-nous ? »
Il tourna la tête vers moi, me dominant de toute sa hauteur. Je regrettai aussitôt d'avoir posé ces questions idiotes. Je baissai le regard, peu désireux de rencontrer le sien. Il ne me répondit pas.

Nous marchâmes durant une vingtaine de minutes, en silence. Vers la fin, j'étais épuisé. Je ne sortais que très rarement de ma prison, et n'avais donc pas l'occasion de marcher, bien que Zahk me forçait à faire journalièrement des tours de cellule pour me dégourdir les jambes. Le vampire marchait vite, et quand il faisait un pas, je devais en faire deux. Je devais presque trottiner pour rester plus ou moins à sa hauteur. Il semblait s'amuser de mes efforts. Je suis sur qu'il aurait pu me porter aisément, mais sans doute ne voulait-il pas se souiller.
Durant notre marche, nous passâmes devant d'autres prisonniers, qui redressaient faiblement la tête à l'entente de nos pas, sans doute espéraient-ils comme moi au début que ce soit un gardien qui leur apportât leur pitance du jour... Régulièrement, nous entendions, comme il était de coutumes en ces lieux lugubres, des hurlement de douleurs ou de terreur. Mais depuis un an que j'étais ici, je m'y étais plus qu'habitué. Je sursautais, parfois, quand je ne m'y attendais pas, je me plaignais quand la cela m'empêchait de dormir a nuit, mais cela faisait bien longtemps que je n'étais plus horrifié par ce qui nous entourait à Niflheim.
Je comprenais au fur et à mesure que nous avancions pourquoi il avait dit que j'étais "en bonne santé". La plupart des personnes devant qui je passais étaient encore plus squelettique que moi, mais plus que ça, il portaient d'affreuses marques, des balafres sur le visages, un bras en moins, des blessures encore suintantes. Comme nous passions, un nous supplia de lui arracher la jambe qui avait la gangrène. Je frissonnais, mais je savais bien que ce n'étais pas à cause du froid.
Je me demandais comment cela se faisait-il que j'étais si bien lotit par rapport aux autres. Je compris ensuite que c'était grâce à Zahk : on distribuait par cellule une et une seule portion de nourriture, qu'il fallait partager. Tandis que le philosophe me donnait la moitié de ce qui nous était réservé, il était de coutume, dans d'autres cellules, qu'ils se battent pour savoir qui aura la portion. Quelques uns s'entretuaient même. En moi, je remerciais les dieux de ne pas m'avoir fait tomber aussi bas.

Il faisait de plus en plus sombre. Je commençais à ne voir qu'une ombre devant moi, qui ne semblait pas se soucier de l'obscurité. Je le suivait tant bien que mal, essayant de claquer le plus possible mes pas sur les siens. Nous descendions de plus en plus en profondeur. Et puis soudain, il s'arrêta brusquement. N'ayant pas du tout prévu ça, je me cognai contre le vampire, qui ne sembla même pas désarçonné par le choc, contrairement à moi. Une porte grinça dans ses gonds. « Bonne chance, petit homme... » murmura le vampire à mon oreille. Il avait une teinte moqueuse dans sa voix. Soudain, il me projeta en avant. Je volai sur environ un mètre, avant de me rétamer lamentablement sur le sol. J'étouffai un glapissement de douleur et de surprise. Je roulai sur moi même pour éviter des dégâts trop importants.
« Hey ! Y'a un nouveau ! » s'écria quelqu'un.
Aussitôt, ce fut comme si cette phrase avait déclanché je ne sais quoi qui fit que tout aux alentours s'activa. On y voyait goutte, mais j'entendais aux alentours des personnes marcher dans ma direction.
« Un nouveau ? »
« Où ça ? Je le vois pas ! »
« Personne ne le vois, je te rapelle qu'il n'y a pas de lumière ici ! »
« Poussez pas ! Faudrait pas l'effrayer ! »
« Aïe ! Y'en a un qui m'a fourré le doigt dans l'oeil ! »
« Oups, désolé, je t'avais pas vu. »
« Mais t'es con ! C'est pas croyable ce que t'es con ! »
« Mais de toutes façon, il te sert à quoi ton oeil ? On voit rien ici ! »
« MAIS VOS GUEUUULES ! »
Un long silence accueillit cette phrase si poétique. Si tout le monde avait parlé, ils devaient être cinq. Leur voix étaient plutôt juvéniles, sauf le premier qui avait parlé, qui semblait avoir une certaine autorité sur les autres.

« Heu...Bonjour. Qui êtes vous ? Où sommes nous ? Et... »
« Eh, ho, calmos, les vampires vont pas débarquer maintenant, hein, tu vas pas commencer à nous saouler en posant trop de questions. Pour ce qui est des présentations, je te propose un petit tour des prénoms. Je m'apelle Epharestas, j'ai dix-sept ans, et je suis le meneur de cette bande de c... crétins finis. »
« Eh ! Y'a qu'un seul crétin, ici, et c'est Inrak ! »
« Menteuse ! »
« La ferme. Présentez-vous, au lieu de vous disputez. »
« Je suis Astrid » ronchonna-t-elle.
« Inrak. »
« Moi c'est Friddangaëlle, mais tu peux abréger Fridda. »
« Je me nomme Eirik. » Dit le dernier.
Silence. Je mis un temps à me rendre compte qu'ils attendait que je me présente à mon tour.
« Je suis Shad. »

Les présentations étaient finies. Plus tard, Epharestas prit du temps pour m'expliquer ce que nous faisions ici. Notre destin était de devenir une chimère, un jour où l'autre. Lui, ça faisait bientôt cinq ans qu'il croupissait ici à attendre sa transformation, ou plutôt à redouter sa transformation. Chaque fois que les buveurs de sang venait chercher une personne pour en faire ce qu'ils en voulaient, il réussissait à se dérober. Au départ il étaient dix, et il était le plus jeune. Puis, régulièrement, les vampires descendaient pour en prendre un ou deux. Quand il fut seul, ce fut Fridda qui arriva en première, puis Eirik, Astrid, Inrak et enfin, moi. Il n'y avait jamais de lumière en ce lieu, sauf quand -rarement ! quelqu'un passait, une torche à la main, on ne sait pourquoi. Le seul avantage, c'est qu'il y avait une portion de nourriture par personne, ce qui était vraiment beaucoup comparé aux autres.

Les moments que j'ai passé dans ces lieux dénués de lumière demeurent les meilleurs souvenirs que j'ai des cachots de Nilfheim. Malgré toutes les engueulades dues la plupart du temps à des maladresse d'Inrak (qui n'avait que cinq ans), nous étions comme une famille, dont le père était Epharestas.
Néanmoins, je n'ai jamais réussis à faire sortir de ma tête l'image de Zahk, poète et philosophe, perché dans la haute tour de cristal de ses pensées.

On ne parlait pas souvent du moment redouté où ils viendraient pour en choisir un qui cesserait d'être humain. Vu comment Epharestas en parlait, ça l'avait traumatisé d'entendre les hurlements de douleur des autres. Les rares fois où on avait abordé le sujet, il disait juste "Je pense que ça fait mal." et il s'arrêtait là. Mais sa voix était assez éloquente pour nous épargner la suite.
Les premiers jours, dés que j'entendais des vampires venir nous apporter de la nourriture, je me mettais à avoir peur, puis, les jours passèrent, puis les semaines, puis les mois. L'obscurité faisait partie intégrante de ma vie : je ne me souciais plus de sourire, car je savais qu'on ne le verrait pas. Je ne pleurais plus, car je savais que mes larmes ne scintilleront pas autour de mes yeux. Et finalement, je finis par oublier l'ombre qui planait autour de nous.


Dernière édition par Nocte Lumina le Sam 26 Fév 2011 - 15:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Ven 25 Fév 2011 - 13:26

Y a-t-il une vie après la mort ? Peut-être. Surement ! Ou pas.

Chapitre 5 : Mort

Durant deux ans, il ne se passa rien de vraiment très changeant. Nous nous amusions comme il était possible, presque à en oublier qu'on était dans une prison. On voyait chacun de nous évoluer à son rythme, à sa manière. On ne laissait jamais personne derrière. Dans nos grands délires, on se débrouillait toujours pour que tous y participe un peu, au moins, c'était l'une des choses qui tenait le plus à cœur Epharestas. Je pense que sans lui, cela ferait longtemps que nous nous serions déjà entretués, ou approchant. Il raccommodait chacun de nos différents, nous empêchait de s'en vouloir durant trop longtemps... On voyait bien, pourtant, qu'il avait ses petites préférences : il adorait Fridda et Eirik, qui, quand il réglait une dispute ou autre, se retrouvaient toujours avec le bon rôle. Mais on ne lui en voulait pas, il était humain, voilà tout. Inrak se faisait martyriser par un peu tout le monde, mais ça, c'était normal. C'était le plus jeune. Le plus chiant, aussi. En prenant du recul, nous étions quand même un peu dur avec lui, à souvent le rembarrer, à ne pas l'écouter quand il parlait...
Durant longtemps, je restais un "nouveau" pour eux. Tous étaient là durant une année au moins quand j'étais arrivé. J'ai souvent souhaité qu'un autre arrive pour qu'il endosse ce rôle, mais il n'est jamais venu. Et puis au bout d'un moment, j'ai fini d'être le "nouveau", et je suis devenu "Shad". Je suis rentré définitivement dans la famille. Enfin, famille, façon de parler, vu que je ne dirais pas que la relation entre Fridda et Eirik soit incestueuse ! Frères et sœurs d'âmes, par contre, aucun doute là dessus. Au fond de moi, maintenant, je crois que j'aurais préféré rester à jamais le "nouveau" pour eux, ils m'auraient quitté sans trop de tristesse. En fait, nous aurions dû tous rester des "nouveaux". Mais c'est indéniable, c'est la nature humaine de profiter du moment présent sans nous soucier du reste. Encore aujourd'hui, je ne sais pas si nous avions fait le bon choix.

Je pourrais longtemps écrire sur tout ce qui se passa durant ces deux années ! Quand j'y repense, c'est à chaque fois une scène différente qui jaillit de mon esprit. Je m'étonne toujours la richesse de ce nous avons vécut ces jours là. Et plus j'y pense, plus je trouve mon sacrifice stupide et fou. Mais que se passerait-il donc si je n'étais pas stupide ni fou ? Nous naissons tous fous, quelques uns le demeurent. Quant à la stupidité... On peut peut-être dire que les deux vont de paire, c'est une possibilité.

Un nuit -le jour n'existait pas là bas- nous vîmes une lumière s'approcher de notre grande cellule. Nous n'y prêtâmes guère d'attention, car cela se produisait -rarement. Mais quand la lumière s'arrêta, notre réaction fut spontanée : d'un même geste, nous dressâmes, à l'affut. La porte s'ouvrit en grinçant encore plus abominablement que la première que je l'avais entendu. Quatre vampires entrèrent dans la pièce. Le premier était le plus horrible de tous. A la faible lueur des torches que portaient les deux derniers, je voyais son teint blanc blafard, plus pâle que pâle, et des yeux rouges... rouges criard. On aurait presque dit qu'ils luisaient d'un éclat de malveillance. J'aurais poussé un cri d'horreur si je n'avais pas été tétanisé par l'intensité de ces iris sanglantes et ce regard qui ne m'était même pas destiné. Je déglutis avec difficulté. Les deux qui portaient les torches vinrent se placer à ses côtés. Je connaissais déjà le quatrième, pour l'avoir déjà vu deux fois. Encore, il abordait se sourire sadique révélant ses dents blanches. Je jetai un regard apeuré aux autres qui semblaient tout aussi terrifiés que moi. Nous savions tous ce que tout cela voulait dire. Cela signifiait le départ de l'un de nous.
Comme satisfait de son petit effet, le vampire diaphane nous dévisagea lentement un à un puis nous adressa la parole d'une voix aussi criarde que la couleur de ses yeux. « Bonjour, futures chimères ! » Nous frissonnâmes comme un seul homme à cette appellation. « Le jour que vous attendiez tous avec impatience est enfin arrivé ! Aujourd'hui, l'un de vous aura le suprême honneur de se défaire de sa misérable condition humaine... Pour s'élever au dessus de ses risibles faiblesses ! » Je vis Epharestas pâlir. « Je suppose que vous êtes tous impatients, me tromperais-je ? » Il laissa sa question en suspens, Epharestas articula silencieusement une réponse que je devinais aisément. « Non, bien sur que non, je ne me trompe pas ! Alors ! Qui est volontaire pour acquérir ce rang tellement supérieur à votre actuel ? »

Il n'eut pas de réponse. Le temps me sembla durer une éternité. Je ne savais pas quoi faire. A ce moment, il ne me vint même pas à l'esprit de me proposer en tant que "volontaire". « Non ? Vraiment ? » Il s'accorda un léger sourire satisfait. D'un pas agile et gracieux, il s'avança vers... Astrid. Dès que je vis cela, mon regard se tourna vers Epharestas, qui blêmit à cet instant même. Je le vis changer de position, prêt à se lever. Je ne sais pas se qui se passa dans ma tête, mais je le devançai, et me mis prestement debout. « Je... Je suis volontaire ! » J'avais voulu faire ma voix dure, forte, mais elle n'était qu'un murmure. Epharestas me regarda un instant, horrifié. Je soutins son regard, le mettant au défi de m'enlever la légitimité de mon acte. « Shad... tu... Tu ne peux.. C'est à moi de... »
« Tais-toi, Ephy. » Cette fois ci, mon ton était ferme. La logique de mes actes s'ouvrit à moi à ce moment. Le vampire pouvait choisir qui il voulait, Epharestas devait rester ici. Sans lui, je ne pense pas qu'il ne resterai grand chose de notre grande famille... Bon, ensuite, à voir si la raison contrebalançait de la stupidité de ce que j'étais en train de faire... Mais bon.
« Un volontaire ! Impressionnant... »
Il s'approcha de moi, me dévisageant comme si j'étais une friandise. Ses yeux me transpercèrent, leur éclat se nourrissait de mon sang. Il s'accroupit, se mettant à ma hauteur. Son sourire s'élargit. J'aurais voulu courir, partir, fuir, je ne le pouvais pas. J'aurais voulu détourner le regard, je ne le pouvais pas.
L'instant d'après, je perdis connaissance.

***

Ce qui se passa ensuite peut se décrire en un seul mot : Souffrance.
Je ne savais même d'où elle venait, cette douleur, je ne savais même pas pourquoi je souffrais. C'était comme si j'allais mourir, comme si j'allais rendre l'âme... Mais je ne mourrais pas. Je ne savais même pas si la souffrance était réelle ou non. Je savais que j'avais... mal. J'avais mal. Mon corps entier me brûlait. Il n'y avait rien aux alentours. Que de la souffrance. Il n'y avait que ça. Que ça... Au début, je crois que je m'étais dit que je ne devais pas crier. Si jamais je hurlais, Epharestas et les autres l'entendraient. Et ils souffriraient de cela. Mais dès que cela commença, je ne m'en souvenais déjà plus. Je ne pouvais plus penser, d'ailleurs. Je ne sentais que cette douleur omniprésente, à la fois corporelle et mentale. J'étais écrasé de toute part. J'étais transpercé par milles flèches. J'étais broyé par... je ne sais quoi... Et toujours, il y avait autour de moi une effervescence que je ne comprenais pas. Je ne comprenais rien. J’eus vaguement l'impression qu'au départ, mes yeux me faisaient plus mal que le reste -était-ce possible ? Ensuite, vint mon bras. Le gauche, je crois. Parfois, j'entendais des cris horribles, puis je me rendais compte que c'était les miens... Si seulement j'avais pu prononcer des mots intelligible, j'aurais pu leur demander de me tuer, d'abréger tout ça ! Je me consumais lentement dans le feu qui me brûlait mes entrailles. Je n'ai aucun idée du temps que ça dura. Même une seconde aurait été trop longue. Je me disais que ça allait s'arrêter. Je me disais que ça devait s'arrêter... Mais toujours, la douleur persistait, toujours plus poignante d'un instant à un autre.
Dans l'un des vagues moments où ma conscience n'était plus déformée par la souffrance, je me rendis compte que mon bras gauche, qui me faisait si mal normalement, n'était plus là. A la place trônait une marre de sang qui abreuvait la terre de son flot sans fin. Le peur me saisit : que me faisaient-ils ? Je vis fugitivement un autre bras, noir, difforme. Une angoisse fugitive me saisit, puis plus rien, rien que de la douleur.

Je rendis l'âme.
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Dim 27 Fév 2011 - 16:00

Je sentis son doux souffle sur mon visage... Pour la première fois, il me touchait, le vent de la Liberté !

Chapitre 6 : Départ et Renaissance

Rien. C'est difficile à expliquer. Il n'y avait rien. Dire que tout était noir n'aurait pas été justifié. Ce n'était pas noir, ce n'était pas blanc... Vraiment. Il n'y avait rien. Avec les mots, on peut décrire toute chose dès qu'on a posé ne serait-ce qu'une seule seconde les yeux dessus. Toute chose, sauf ça. Je me sentais mal. Il me manquait quelque chose dont j'avais besoin, et que je n'avais pas.
Je ne savais plus rien. Qui étais-je ? Je n'en savais rien. Tiens, je pensais. Étrange. Pourquoi étais-je ? ça, c'était une bonne question. Une question stupide, mais une bonne question quand même. Une conclusion naquit alors dans mon esprit : je ne devais pas être. J'avais le choix, je crois. Je pouvais partir d'un côté, ou partir de l'autre. A gauche, je devais m'en aller pour ne jamais revenir, et à droite, je savais que je serais un jour de nouveau dans cet endroit. Ma première intuition fut d'aller à gauche. Je ne voulais pas revenir ici. Ce lieu, bien que je ne sache pas où il se situait me donnait la nausée. Il y avait quelque chose de malsain, d'horrible, de morbide... Je commençais à me diriger vers mon choix.

« Shad... »
Quel était donc cette voix ? Shad... Oui, c'est moi. C'est bien moi... J'étais émerveillé par cette découverte. J'étais quelqu'un ! Impressionnant. « Petit, tu m'entends ? » Qui donc me parlais ? La voix m'atteignait distante. Elle me disait quelque chose. Quelqu'un que je connaissais ? « Shad, c'est moi, Zahk ! » Zahk ? Ah, oui, Zahk. Je me souvenais. Cela faisait longtemps que je ne lavais pas vu. Encore que, je ne le voyais pas. Je ne faisais qu'entendre sa voix. J'hésitais. Je fis encore un pas vers la gauche, et je sentis la présence de Zahk se faire plus lointaine. Je me retournai vivement. ça, c'était hors de question. J'avais le choix entre quelque chose d'imprécis -je devinais désormais que c'était la mort- et Zahk.
J'allai à droite.


Quand j'ouvris les yeux, je ne vis rien, tout d'abord. La lumière me faisait mal, mes yeux semblaient me brûler. Tout autour n'était que flammes me dévorant, mes yeux et mon bras. Mon bras ? Le gauche, plus précisément. Tremblant, je tentais, de mon bras valide, de toucher mon autre membre. Je réprimais difficilement un cris de terreur. Qu'était ce donc cette chose ? C'était noir, rugueux au toucher, écailleux... Plus tard, je découvrit qu'il s'agissait la chose noire que j'avais vu tout le long de ma longue agonie. Je paniquai complètement. Zahk tenta en vain de me calmer, et réussit quand je me rendais compte (enfin !) qu'il était là, que nous étions vivants, et ensembles, surtout. Ma vue me revint quelques jours plus tard, mais moins bonne qu'avant. Mais je n'avais pas vraiment accepté ce bras d'oiseau dans mon corps. Mes yeux étaient devenus rouges, l'une de mes nombreuse séquelle de mon séjour dans les cachots de Nilfheim. Selon Zahk, les vampires avaient en quelques sorte "préparés" mes yeux à être chimériques, puis avaient finalement choisit mon bras.
Nous discutâmes de nombreuses choses. Je lui racontais tout ce qui s'était passé dans la cellule sombre, comment je m'étais proposé "volontaire" à mon supplice. Quant à ma transformation en elle même de chimère, j'estimais que je ne pouvais pas humainement raconter cela. Zahk accepta mon silence avec un simple hochement de tête. Il n'attendait pas plus que ça de moi. Tandis que je l'interrogeais sur ce qu'il avait lui même vécu, il se contenta de me regarder d'un œil sombre. Ses yeux étaient verts... Un peu trop vert, en y repensant. D'un vert... animal.
« Oh. Tu es devenu une chimère. »
Il acquiesça tristement.
« Et maintenant ? Que penses-tu qu'ils vont nous faire, à présent ? »
« Je ne sais pas, bonhomme... D'ailleurs, tu as énormément grandit en deux ans ! Je ne pense pas que je vais de nouveau pouvoir t'appeler "petit" un jour ! »
Nous rîmes presque à contrecœur.

La réponse à notre question nous arriva quelques jours après. La nuit, un vampire vint nous chercher. Il nous demanda juste de sortir de la cellule, sans autres explications, en emmenant nos affaires. Celles de Zahk se résumaient à un sac avec un livre à l'aspect à l'intérieur. Le vampire nous amena dans une salle assez grande où étaient déjà plusieurs groupes d'hommes. Un seul regard me permit de me rendre compte qu'un point commun nous unissait : nous étions tous des chimères. On nous fit asseoir par terre. J'attendis en silence, sans parler à Zahk, car je savais qu'il ne me répondrait pas. Au bout d'un petit moment le vampire que j'avais vu si souvent rentra dans la salle avec une moue presque triomphante. « Chimères ! J'ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes désormais libres ! » Un murmure surpris accueillit cette déclaration.
Ils nous firent sortir de la ville.

***

J'avais peine à me rendre compte que c'était la vérité. J'étais dehors, à l'air libre.
« Où sommes nous ? »
« Au sud de Niflheim. Nous allons longer la côte jusqu'à arriver dans le Lyzangard. »
« Le quoi ? »
« Le pays des elfes. Je pense qu'on en a pour un bon moment avant d'y arriver, alors, autant ne pas perdre de temps ! »
« Mais, on aurais pu voyager avec les autres chimères, non ? »
« Hors de question. J'en connais quelques uns qui sont devenus cannibales dans les cachots. Et la plupart... Sont des personnes dont je ne tiens pas à recroiser. Je te raconterais, si tu veux. »
Je devais me contenter de cela.

Nous nous mîmes en route.

***

Zahk devait me quitter deux semaines plus tard. Je ne sais pas de quoi il est mort. Je pense que son séjour en prison l'avait considérablement affaiblit. Je sentais depuis le début que ses forces déclinaient au fur et à mesure que nous avancions. Puis, un soir, il se contenta de me rappeler que nous allions vers le Lyzangard, juste avant de s'endormir. Au petit matin, je me réveillai à côté d'un cadavre.Au début, je ne comprit pas ce qui se passait. Ne voulant au départ pas le réveiller, je me mis à rallumer le feu, comme il me l'avait appris quelques jour plus tôt. Les cendres étaient encore chaudes, ainsi je ranimai aisément les débris de chaleur. Néanmoins, je fus fier de ce que je considérais alors un exploit. En y repensant, si Zahk avait été vivant à cet instant là, il m'aurait félicité silencieusement, comme il savait si bien le faire d'un simple geste de ses paupières. Il faisait relativement chaud à cette époque là de l'année, aussi le feu servait surtout à éloigner des créatures tout sauf sympathiques. Je contemplais sans penser à rien le spectacle que les flammes m'offraient.
Puis, au bout d'un moment, trouvant le temps long, je tentai de le réveiller, en vain. Je n'aime pas me rappeler les heures qui suivirent. Je ne pouvais plus bouger. J'étais juste assis aux côtés de ce qui était Zahk, ne pouvant détacher mon regard de la chimère.
Je pense que j'y serait resté dans les deux sens du termes si personne n'était venu à ce moment là.
J'ai toujours eu beaucoup de chance, sauf que cette fois ci, c'était ironique.


Dernière édition par Nocte Lumina le Sam 9 Avr 2011 - 14:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Sam 2 Avr 2011 - 14:32

Chance ou malchance ? Moi je dis que le plus fort entre l'hippopotame et l'éléphant, c'est encore le rhinocéros !

Chapitre 7 : Fendracier

J'entendis des bruits de pas. De course, plus particulièrement. Je me défis de mon immobilité parfaite pour me retourner. Je repris soudainement conscience de ce qui m'entourait. Étrangement, mes yeux étaient totalement secs. Je crois que depuis ma sortie de Nilfheim, je n'ai jamais pleuré. Peut-être me l'interdisais-je inconsciemment, peut-être pas, qui peut savoir ? La seule chose qui était vraiment sûre, c'est que ma souffrance était réelle et prenante. Pourtant, je conservais l'esprit clair. La personne qui avançait vers moi était essoufflée, visiblement. Elle venait de courir durant un bon bout de temps. C'était un homme, d'une trentaine d'année, peut-être, déformé par le temps et sa condition -sans doute mauvaise. Il était habillé de haillon, avait le teint grisé par la crasse et la terre. Il portait à la main une épée relativement longue, effilée et sans doute mortelle, bien que pas très belle. En contraste avec tout cela, il portait à son bras gauche un magnifique bouclier étincelant et finement ciselé. Il était... dangereux, c'était une évidence. Disons que ça n'aurait jamais été cette personne à qui j'aurais dit "bonjour" avec un grand sourire d'ange.
Il me regardait avec autant de surprise que de haine. Étrange. Je ne lui avait rien fait, pourtant. Je crois que je m'étais contenté de me retrouver sur son passage, je lui bloquais la route, et que ça lui avait amplement suffit à me détester. Il fronça les sourcils, sans comprendre pourquoi j'étais là. Puis son regard se posa sur ce qui restait de Zahk. Il ne fut aucunement leurré par sa nature, et le considéra immédiatement comme un cadavre. Combien de temps resta-t-on ainsi à nous dévisager en chien de faïence. Je ne savais pas ce qu'il me voulait, je ne savais pas ce qu'il faisait là, je ne savais que faire. Puis, un bruit détourna notre attention à tout deux. Quelqu'un courait dans notre direction. Il se rapprochait, rapidement, sans aucune hésitation, le pas alerte. L'homme regarda un instant derrière lui, puis se tourna de nouveau vers moi. Il avait peur. En un rien de temps, sa décision fut prise. Il s'élança dans ma direction. Je réagis instinctivement. Je pensais qu'il me voulait du mal. Comment penser autrement ?

A un mètre de moi, il se figea. Je mis une longue seconde à comprendre plusieurs choses. De part ma nature chimérique, j'étais en quelques sorte au dessus de tout ce qui m'entourait. C'est très difficile à expliquer. J'avais conscience de tout ce qui était à mes côtés, et je les contrôlais. L'homme était figé. C'était moi qui le figeait. Je lui ordonnais de rester immobile. Il me dévisagea, horrifié, comme s'il savait ce c'était moi qui le contraignait à cette immobilité. Il tenta de lever son bras, pour me décapiter, je crois. La lame se posa sur ma gorge avec une lenteur forcée, mais ne put aller plus loin. Je sentais le poids de sa volonté peser en plu sur son épée. Rien de plus n'existait à part lui et moi. Je devais mobiliser toute mon attention sur son être, le forcer à détourner sa lame... Il sembla abandonner. Il voulu partir, peut-être ? Mais toujours instinctivement, je le forçais à rester dans cette position. Il paraissait de plus en plus effrayé, mais sans doute pas par moi. Je me rendis compte que la personne que nous avions entendu se rapprochait, toujours plus inexorablement. Je ne sais pas pourquoi je ne fuyais pas.
L'homme arriva. Trop absorbé dans ma concentration, je ne le vis pas, ou tout du moins ne le remarqua pas. J'étais toujours concentré sur celui qui me menaçait, quand soudain... un éclair blanc métallique fugitif, et sa tête se détacha du corps avec une exactitude effrayante. Mon influence sur l'homme décapité s'enleva aussitôt. Ce lien que j'avais créé entre nous deux se cassa, mais sans cette facilité évidente avec laquelle je l'avais créé. C'était comme si on m'avait subitement privé d'un membre, je ne savais lequel. Je poussai un cri et tombai. Mais avant que je touche le sol, je sentis un bras qui me saisit avec une facilité déconcertante et qui me remit debout en un rien de temps. Je vacillais, tout en tenant le bras qui m'avait secouru. « Ça va aller, petit ? » murmura l'homme. Il était inquiet, visiblement.

Je relevai la tête, assez pour voir son visage. Il n'avait rien de vraiment remarquable. C'était un homme d'une trentaine d'année, à l'air étonnement bienveillant. « Ça va ? » répéta-t-il.
« Je vais bien. » Je prit une inspiration avant de me défaire du soutien qu'il m'apportait. Encore titubant, je m'éloignai à une distance respectueuse de lui. « Tu n'as rien à craindre de moi. » Vraiment ? Il venait pas de décapiter l'autre, alors ? Il dut surprendre le regard que je jetais au corps sans tête car il se justifia aussitôt : « C'est un voleur. Il m'avait prit mon bouclier durant que je dormais, et je n'ai eu d'autre choix que de le courser, puis de le tuer, comme il te menaçait. » Son ton était rassurant, dénué de toute suspicion. Il ne cherchait pas à savoir pourquoi l'autre était resté ainsi figé devant moi. D'ailleurs, il devait sans doute savoir que j'en étais capable, vu que mon bras chimérique était tout découvert à ses yeux. Il se rapprocha du cadavre, sans plus faire attention à moi, ou tout du moins sans se méfier, et récupéra son bien, ensanglanté du sang du voleur. C'est alors que ses yeux se fixèrent sur Zahk, avant de se reposer sur moi. Il resta là songeur, puis se releva.
« C'était ton père ? » demanda-t-il.
« Non. Mais il était celui qui s'en est le plus rapproché, en tout cas. » Il hocha la tête, semblant comprendre. Il me semblait qu'il tentait de reconstituer mon histoire, sans y parvenir, évidemment.
« Veux-tu l'enterrer ? Le brûler ? »
Je n'avais alors aucune idée des rites mortuaires. Mais brûler la dépouille me semblait une bonne idée. Je lui fit par de mon choix, avant de lui demander : « Et l'autre ? »
« Il n'a que ce qu'il mérite, non ? » me dit-il, interloqué.
« C'est un homme. Et n'auriez vous pas fait la même chose, en d'autres circonstances ? »
Il me dévisagea un instant, songeur. Puis son visage se fendit en un grand sourire. « Tu es un sage, petit, tu ne le savais pas ? »

Après avoir brûlé les deux cadavres, il m'emmena à son campement, un peu plus loin, en prenant soin d'emporter les affaires du feu-philosophe. Puis nous discutâmes. Un peu.
Il se nommait Dolérian Fendracier. C'était un chevalier, ce que je n'avais pas remarqué avant qu'il me le dise, étant donné qu'il ne portait pas son armure actuellement. Après avoir passé quelques années dans le Novigard, dans les lieux tel que la forêt d'Ixion, parcourir les terres avec un autre chevalier dont il avait croisé le chemin, il avait décidé de revenir dans sa ville d'origine, Lleya. Il écouta avec attention mon récit très abrégé de tout ce qui s'était passé dans ma vie. Puis il me posa des questions sur Nilfheim. Il était extrêmement curieux à propos de tout qui se rattachait aux vampires. Apparemment, il n'avait jamais appris beaucoup de choses à leur sujet durant toute la période où il était dans leur pays, et était plus qu'intrigué de tout ce que je lui apportais -c'est à dire pas grand chose.
Durant un temps, il feuilleta le livre qui appartenait avant à Zahk, et, au bout d'un moment, me regarda et me demanda : « Tu sais ce que c'est ? » Je secouais la tête, négativement, je ne savais pas lire. Fendracier sourit. « C'est de la poésie. »
Je me rappelais parfaitement toutes les fois où Zahk m'avait récité des poèmes entiers. Oui, c'était normal, après tout... Un livre de poèmes ? Cela lui ressemblait bien. Son bien le plus cher... De la poésie ! Fendracier semblait aimer cela car il m'en lut aussitôt un, le premier :
« Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! »

« J'ai l'impression que c'est un recueil : toutes celles qu'il a put entendre ou lire un jour, je pense. Peut-être quelques unes de lui-même, aussi. C'est un trésor inestimable, que tu as là, Shadow... »
Nous brûlâmes les corps le lendemain, le voleur ayant reçu les mêmes honneurs que mon ami.

***

Je crois que ma rencontre avec Fendracier était providentielle. Sans que nous en aillons vraiment parlé, il m'avait pris sous son aile, comme si cela était parfaitement naturel. Il m'apprit beaucoup de choses, comme comment survivre sans argent, avec les seuls fruits que nous prodiguent la nature... Mais plus que cela, il m'apprit à lire et à écrire. Je retenais instinctivement tous les symboles qu'il me montrait, et avec une facilité qui le déconcerta, j'appris tout ce qu'il désirait m'enseigner.
Le jour, nous marchions à un rythme qui me convenait, c'est à dire assez lent, mais il ne semblait pas se soucier de cela. Tout ce qui comptait pour lui c'est que le soir, je puisse afficher un pâle sourire comme il les aimait tant. Nous parlions peu de nos passés respectifs, d'un accord tacite : je n'aimais guère m'en souvenir, et lui trouvait le sien inintéressant. Il me lisait souvent les poésies que contenaient le livre de Zahk, bien que je puisse les lire moi même. Je lui laissais ce plaisir. Ce livre ne semblait ne pas avoir de fin. Même aujourd'hui encore, je n'en ai pas encore fait tout le tour, je crois.

Je crois qu'à aucun instant nous n'avons perdu de vue le fait qu'un jour, nous devrions nous séparer. C'est ce qui se passa, à notre arrivée à Mannheim. Je devais aller dans le Lyzangard, j'en avais fait la promesse à Zahk. Fendracier me donna l'épée qui appartenait autrefois au brigand qu'il avait tué lors de notre rencontre, avant de me confier qu'il s'agissait surtout de la parade, et non pas une arme, tout du moins pas dans mes mains. Il me dit que ma véritable arme, celle qui me serait le plus utile dans ma vie, aurait été ma fameuse "aura", bien que je n'arrivais pas à l'activer sans que ce soit instinctivement.
Puis il partit de ma vie aussi rapidement qu'il était arrivé, laissant une marque indélébile dans ma mémoire.
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Sam 2 Avr 2011 - 16:35

NB: Le grand discours de Caïgan n’est pas de moi mais de Jean Paul Carrière, Normalien. J'ai pensé que seul ce texte pouvait transmettre exactement la même idée que je voulais moi même dire.

Ici il y a de la lumière...

Chapitre 8 : Chemin vers le Lyzangard

Je déambulais dans les rues de Mannheim, quelque peu triste d'avoir à quitter Fendracier. Il m'avait donné quelques conseils avant de me quitter, et je comptais bien les appliquer à la lettre. Première, il m'avait demandé de toujours voyager accompagné de quelqu'un. Les routes n'étaient pas sûres pour un gosse comme moi, et je le comprenais tout à fait. Sans lui, cela aurait fait bien longtemps que je serais mort, sans aucun doute. Il me fallait donc me trouver un compagnon de voyage, tâche ardue ! Qui donc voudrait d'un gosse comme moi ? Bonne question. Excellente question. Je déambulais donc dans les rues de la ville, espérant que les Dieux guident favorablement mes pas hésitants.
Le gant que m'avait confectionné Fendracier me permettait de passer plus ou moins inaperçu. C'est ainsi que je me fondis dans une masse d'enfant qui se pressaient pour écouter un conteur, sur l'une des multiples places de la ville. L'histoire en elle-même n'avait rien d'originale. Mais ce qui me fascinait, c'était comment le conteur nous parlait, nous, son public. Nous, qu'il ne connaissait pas. Nous qu'il n'aimait peut-être pas ? Impossible ! Il était tellement proche dans son histoire, qu'il était impossible de penser qu'il soit en train de nous haïr. Bien que ses phrases n'avaient rien de poétiques, elles m'atteignaient sans difficultés pour me captiver? J'aurais été incapable de dire comment il le faisait, mais il le faisait, je ne sais comment. Je ne sais combien de temps je restais ainsi à boire ses paroles. Peut-être était-ce inintéressant ? Je ne crois pas que je saisissais vraiment ce qu'il disait. Je me contentais d'écouter distraitement les paroles, et d'entendre distinctement le son de sa voix.
Le soleil mourut sans que je m'en sois rendu compte. Finalement, nous n'étions plus que deux : le conteur, et moi. Tous étaient partis, sans doute avaient-ils des occupations plus importantes...
Le conteur s'arrêta de parler. Il me regarda fixement, et je lui rendis son regard avec autant d'intensité dont j'en étais capable.
« Tu ne rentre pas chez toi ? »
Il se leva sans difficulté du perchoir où il était assis depuis le début de l'après midi et s'approcha d'un pas élégant vers moi.
« Tu es perdu ? Veux-tu que je t'indique le chemin de chez toi ? Tes parents vont s'inquiéter, non ? »
Le charme semblait rompu. Il n'était plus un conteur, il était redevenu un être normal : un homme comme les autres. Il s'accroupit pour être à ma hauteur.

« Je n'ai pas de "chez moi", je n'ai pas de maison, et je pense qu'à l'heure actuelle, nulle personne ne m'attend nulle part. A part peut-être Odin à son Banquet, s'Il m'en juge digne, ce dont je doute. Et vous ? »
« Oh. Je vois. Tu ne fais que voyager, n'est ce pas ? »
« Oui. Je me rends dans le Lyzangard. »
Il rit, d'un rire clair et mélodieux. « Le Lyzangard ? Rien que ça ? » Il sourit. Il semblait béat. « Ah, le Lyzangard... Terre des Elfes et de leurs mélodies ! De leurs histoires et de leurs talents ! Tu ne peux imaginer les merveilles que tu verras là bas, petit. C'est une bonne destination, vraiment. Tu as du goût.» Il se pencha légèrement en avant, comme inquiet. « Mais dis moi, tu n'es pas seul, au moins ? »
« A vrai dire... Oui. Je suis seul. »
Il se releva et m'invita à faire de même. « Plus maintenant. Je me propose pour t'accompagner jusqu'à la frontière. »
Une fois debout, je le jugeais du regard, puis acquiesçais silencieusement, sans l'ombre d'un sourire. « Parfait ! Je me nomme Caïgan, et toi ? »
« Shad. »
« Enchanté. »

Nous nous mîmes en route le lendemain, trop heureux de cet heureux hasard.

***

Ce qui me faisait peur, au début, c'était l'heure où Caïgan allait découvrir que j'étais une chimère. Ainsi, peu après notre rencontre, je lui dis aussi abruptement que possible. Il se contenta de faire un grand sourire, à peine surpris.
« Vraiment ? J'en suis fort aise alors, car figure toi que c'est également mon cas ! » Sur ce, il éclata d'un rire franc, avant de me montrer sa jambe gauche, celle d'un loup, en l’occurrence. Tandis que je m'étonnais de ce double hasard qui nous avait réunit, il me dit : « C'est très pratique, tu sais, d'être une chimère quand on fait mon métier. Tout le monde t'écoute car tu les fascine avec ton aura naturelle, et tu retiens toutes les histoires qu'on te raconte : c'est top. Tu parles de hasard, mais je ne pense pas. Vu la trotte que tu a du faire depuis Nilfheim, tu dois être assez vernis pour être en si bon état ! Hasard, non. Chance, oui. Et comme tu n'en manque pas, me voici devant toi, ce qui est la meilleure chose qui puisse t'arriver ! » Il fit mine de réfléchir durant une seconde. « Enfin... La meilleure... Tout dépend si tu aimes les contes ou pas, car mon petit gars, je te le dit, tu vas en avoir ! » Et sur ce, il se remit à rire allégrement.
Ce type était étrange. Vraiment. Un peu fou, aussi, peut-être. Mais sympathique.

***

Dès l'aube, alors que nous commencions à peine à marcher, Caïgan se mit à me parler des contes, avec sa voix si agréable à entendre. Je ne me rappelle pas exactement ce qu'il disait, mais je me souviens qu'il me décrivait l'idéal d'un conteur.
« La première force du conte est évidemment de nous transporter en quelques mots dans un autre monde, celui où nous imaginons les choses au lieu de les subir, un monde où nous dominons l'espace et le temps, où nous mettons en mouvement des personnages impossible, où nous peuplons à volonté d'autres planètes, où nous glissons des créatures sous les herbes des étangs, entre les racines des chênes, où des saucisses pendent aux arbres, où les ruisseaux remontent à leur source, où des oiseaux bavards enlèvent des enfants, où des défunts inquiets reviennent en silence réparer un oubli, un monde sans limite sans règle, où nous organisons à notre gré les rencontres, les combats, et les passions.
L'histoire est publique,. En se racontant, elle parle. Ce n'est pas Narcisse, qui ne pense qu'à lui même qui peut inventer et raconter. Il est perdu dans son reflet muet. L'histoire est là pour nous faire oublier la hideur sanglante du monde ou sa bêtise monotone. Ambitieux projet, n'est ce pas ? Elle est évasion, elle nous transforme au pays de l'oubli. Mais, quand elle est habile, elle nous ramène vite à ce monde dont nous avions cru nous affranchir. Le miroir apparait. Dans la fiction, nous nous reconnaissons bientôt.
Le conteur est avant tout celui qui vient d'ailleurs, qui regroupe sur la place d'un village ceux qui n'en sortirons jamais, et qui leur fait voir d'autres montagnes, d'autres lunes, d'autres terreurs, d'autres visages. Il est le colporteur des métamorphoses.»

Ses paroles m'avaient touchées plus que tout autres qu'il avait dit jusqu'alors. Je me tournai alors vers lui et lui dit avec simplicité : « Je veux être un conteur. »
« Alors tu le sera, Shad. »

***

Plus que cette passion pour les contes, Caïgan m'offrit beaucoup plus que cela. Il me donna beaucoup de contes qu'il avait en mémoire, pour me permettre de les perpétuer à mon tour, puis, surtout, m'apprit à mieux contrôler cette étrange "aura". Je me rendis compte de tout le pouvoir que je possédais à travers ma nature de chimère. Néanmoins, je préférais et je préfère toujours ne pas trop m'en servir, sauf pour donner aux contes cette dimension magique qui m'avait dès le début séduit.
Nous marchions assez lentement, à quatre heures de marche par jour au maximum. Nous employons le reste du temps à partager sur les contes et la philosophie. J'adorais Caïgan, et je crois que c'était un peu réciproque. Il prenait plaisir à transmettre sa passion, et ça se voyait.

Au bout d'une semaine, nous arrivâmes à la frontière du Lyzangard. Nous devions nous quitter, à regret. Je n'ai jamais compris pourquoi il ne voulait pas m'accompagner à l'intérieur des terres des Elfes, mais il ne voulait pas.

***

« Je pense qu'il est venu le temps de nous quitter, Shad... Avant tout, je voudrais te dire deux ou trois mots. Tu feras un bon conteur, sois en persuadé, car c'est la vérité. Deuxièmement... C'est assez... embarrassant à dire, vraiment. Zahk ne t'a jamais dit pourquoi tu devais aller dans le Lyzangard ? » Je secouai la tête de gauche à droite. « Tu es suivis. Par un vampire, je ne sais pas pourquoi, mais ils suivent la plupart des chimères qui quittent leur maudite cité. Je pense que notre ami philosophe voulait le "semer" en le menant dans ces terres, espérant que les elfes soient plus sagace que les humains, pour le chasser de leur pays... » J'encaissai difficilement la nouvelle.
« Et une dernière chose... Pars, maintenant. Traverse la frontière. Et ne tourne pas la tête. Regarde en avant, car là est la vie, là est la lumière. »
Il me poussa en avant, me demandant de le quitter et de partir sans lui. Je me retourner pour lui adresser un triste salut d'adieu. Il me fusilla du regard.
« Nous sommes des conteurs. Nous sommes des étrangers. N'oublie pas. »
Aussitôt, pour ne pas le décevoir, je lui tournai le dos, et me mis à m'éloigner de lui. Derrière moi, je l'entendis qui partait à son tour.
Devant était le Lyzangard. Devant moi était mon avenir. Devant moi était ma vie.
Je résistais à la tentation.
Je ne me retournai pas, et passai la frontière.

A suivre... dans le RP x) (je sais, je sais, vous avez adoré...)
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Jeu 7 Avr 2011 - 23:14

Bonsoir, bonsoir.
Mon message va être plus court que prévu, quelques problèmes médicaux faisant méchamment obstacle, mais je voulais tout de même te montrer que, oui, je l'avais lu!
Et que j'avais apprécié, d'autre part.

Il y a tout de même quelques points que j'aimerais que tu éclaircisses pour moi:
  • Tout d'abord, le fait que tes yeux soient un élément extérieur. Tu en sembles pas vraiment le prendre en compte et Shad' se fait tout de suite à cette nouvelle pair d'iris. Étrange pour quelque chose d'aussi essentiel et surtout délicat que cette partie du corps.

  • Ensuite, le passage où le vampire remet à Zahk ses effets personnels. Cela n'est pas possible, on ne repose pas les yeux sur des chimères inutiles. Zahk peut très bien avoir tout simplement gardé le livre sur lui.


Et... déjà ça! J'attends ta réponse et je verrais ensuite si d'autres choses ne vont pas ou sont à expliquées. En tout les cas, beau choix que celui de la philosophie et du conte.

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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Sam 9 Avr 2011 - 14:55

Il est vrai que j'avais complétement oublié de faire ça >< J'ai un peu modifié, c'ets assez nul, je sais.

Pour justifier l'intérêt (tout relatif) que les vampires portent aux chimères, plus particulièrement la personne de Shad', vient de la "mission" du vampire du début (celui qui vient le chercher dans le chap.1) : j'ai pensé qu'il ferait en quelque sorte partie d'un projet de recherche sur les "chimères juvéniles".
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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Dim 10 Avr 2011 - 17:27


Tes changements me conviennent dans l'ensemble. En tout les cas, je vais te demander de bien y faire attention lors de tes Rps. Du as deux 'parties' de ton corps qui sont des ajouts, et il se peut que, même des années après la greffe, ces 'bouts' te réservent des surprises de temps à autre.
Mais ta fiche tient bien la route, je suis contente de voir arriver la première chimère sur Yggdrasil!
Ta justification pour l'acquisition de ton arme est convenable, je garde.

Donc, je te donne ta couleur et ton blason, bon rp à toi!
Et je vais changer ton pseudo, aussi, une fois que je serais certaine que tu as vu ce message.

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MessageSujet: Re: Foss Shadow {Créature}   Dim 10 Avr 2011 - 19:44

Merci =)

Je ferai bien attention de veiller à tous ces petits détails dans mon RP.
(je viens de lire la nouvelle "l'autre main" de Langelaan, je crois que je suis traumatisée maintenant des membres chimériques ><)
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Foss Shadow {Créature}

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