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 Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé

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MessageSujet: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Mer 15 Juin 2011 - 19:25

Aller et retour en terre Elfique

...et non celle du milieu.
On se rend compte que quel que soit le nom qu'on donne à quelque chose,
elle reste toujours un éternel plagiat.


La forêt d'Aranwë avait changée depuis la dernière fois que Shad s'y était rendu. Cela ne faisait pas très longtemps, pourtant. Treize jours ? Treize jours. Treize jours pour aller jusqu'aux montagnes d'Ymir et d'en revenir, sans avoir mis un seul pied dans la destination choisie. Shad eu un petit sourire ironique, comme chaque fois qu'il repensait à la stupidité de ce qu'il avait fait. Il avait marché pour rien. Pour faire un aller et retour vers les terres Elfiques. Il comprenait à moitié pourquoi il n'avait pas voulu pénétrer plus loin que ça dans la forêt. Celle ci semblait... Vivante, contrairement à celle de Tléïar. Non pas que cette dernière soit morte, mais elle était différente sous plusieurs point. Par exemple, maintenant qu'il avait l’œil pour repérer les Eskuriaxs, la première fois qu'il en vit un, lors de son premier jour dans la forêt luxuriante, il remarqua immédiatement à quel point ils étaient différents : par la douce odeur très agréable qu'ils laissaient derrière eux, mais aussi par un je ne sais quoi supplémentaire qui les changeaient radicalement. Une grâce ? Un tempérament ? Une pureté ? Un peu de tout ça, sans doute.
Il n'arrivait pas vraiment à exprimer en quoi la forêt en elle même avait changé. Peut-être était-ce seulement son point de vue qui avait bougé ? C'était fort possible. Même fort probable.

Shad avait beaucoup grandit durant ces derniers jours. Non pas qu'il mesurait désormais plus que son mètre cinquante moins des broutilles, mais c'était surtout sa vision sur le monde qui avait changé. Il avait cessé de penser avec le nous de l'Humanité que seul les plus ambitieux et les plus sages pouvaient (à la limite) employer à usage restrictif. Non, il n'était plus philosophe, mais il faisait sa philosophie, rien de plus, et pas moins.
Quoi que j'écrive avait-il marqué sur ses feuilles récemment, sur le monde, sur les Hommes et sur le reste, cela restera toujours ma plume qui aura écrit ces lignes. J'aurais beau réfléchir durant des siècles, si Dieu (que je ne peux nommer autrement qu'ainsi, il existe, c'est certain, mais qu'il soit au pluriel ou non, cela je ne peux pas le dire) me le permet, je ne pourrais jamais rien affirmer d'autre qui ne vienne pas de moi.
Aussi, quoi que je fasse, la philosophie restera à jamais
ma philosophie et rien d'autre. J'aurais beau dire tout ce que je veux sur le monde, cela restera à jamais ma vision du monde, et cela vaut pour tout le monde, je le crois. Je ne peux pas rajouter le "hélas" que certains voudraient rajouter, car je sais que le jour où chacun croira à la même vérité, ce sera sans doute "le meilleur des mondes" , le pire qui puisse exister.
Chaque jour, il s'aventurait de plus en plus loin dans les méandres de ses pensées, espérant secrètement s'y perdre un jour, hélas en vain.

***

Depuis qu'il était arrivé dans la forêt d'Aranwë, sa route n'avait eu de cesse d'être de plus en plus difficile à parcourir. C'était logique, puisqu'il n'y en avait pas. Effectivement, il n'avait pas vraiment eu particulièrement de pratiquer les sentiers battus. Son caractère de poète l'en empêchait à demi. Il restait dans la tour de cristal de ses pensées et ne souhaitait absolument qu'un étranger vienne par ses paroles la détruire. Non pas que Shad aimait la solitude, mais le peu de rencontre qu'il avait sur sa route depuis qu'il avait quitté Caïgan étaient... infructueuse. Entre les vendeurs de remèdes miracles qui mentaient comme un gosse ment à ses parents quand il fait une parole, ceux qui n'ont qu'une seule passion qui est leur épée ou parfois leur mains tachées de sang, ceux qui ne savent pas quoi faire de la vie à part pourrir celle des autres... Mieux vaut choisir le silence comme seul compagnon de voyage. C'est largement plus enrichissant, sans aucun doute.
Mais bon, cela avait aussi ses désavantages, comme toutes les ronces qui avaient fait don à Shad de blessures indénombrables aux jambes. Il s'en souciait guère, mais certaines avaient commencé à s'infecter, et s'il avait eu la chance de guérir aisément de la morsure d'Eskuriax de la semaine d'avant, certaines seraient sans doute moins clémentes.

Pour le moment, il se reposait, bercé des sonorités calmes de la nuit elfique, adossé contre un arbre, les yeux mis clos. En fait, il dormait carrément. Sa petite halte qu'il avait faite en cours d'après midi s'était changé en nuit. Nuit qui sera dérangé, mais ça, Shad ne le savait pas encore. Laissons le donc dormir un moment, insouciant de tout dans son innocence. Laissons le dans ses illusions tant qu'il peut encore en avoir.


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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Sam 18 Juin 2011 - 3:02

La saison d'Ark touchait à sa fin. Cette saison au nom à vous écorcher les oreilles allait bientôt céder sa place au Dielli, et à ses douces chaleurs. L'étude des mois et saisons remontait à mon enfance, encore une fois, et ce premier trimestre annuel me faisait toujours frissoner quand mon père le prononçait. Il m'avait écrit les trois lettres composant le mot, en m'annonçant : "Voici comment les humains appelent l'Aelaskin Dieg'os. Retiens bien ce nom, car il te sera utile lors de tes voyages futurs..." Je trouvais pourtant le nom elfique, signifiant littéralement "la saison du renouveau forestier", tellement plus poétique. Enfin, ce n'est qu'une impression personnelle...
Plus j'avançais vers mon village natal, et plus je me surprenai à me souvenir de ses jeunes années. Le temps avait passé si vite que, désormais de retour dans ma Maison - comme j'aimais à l'appeler -, je me revoyai encore il y a quarante ou cinquante ans. J'étais jeune à l'époque. Mais aujourd'hui, tout est fini. Et pourtant, je retourne sur mes pas. Pour savoir ce qui s'est passé là-bas, il y a seize ans. Pour savoir, tout simplement...

Le jour baissait rapidement, bien que ladite saison avançait. En même temps, nous étions dans une sylve, et rien de plus normal qu'à partir de cinq ou six heures après le zénit, notre astre du jour ne soit plus assez fort que pour laisser de maigres rayons crépusculaire arriver sur le sol de la forêt. Le Lumi était passé, et la pénombre n'apportait pas avec le froid caractéristique des milieux couverts. Cependant, il allait bien falloir que je trouve un endroit ou passer la nuit. Non pas que je n'arriverai pas à cette tâche, car j'avais ma dose personnelle de connaissance sur comment-dormir-dans-un-arbre-en-forêt-quelques-heures-juste-pour-vous-reposer-et-repartir-tout-de-suite-après, mais j'aurais bien aimé un peu plus de... confort, si je puis dire.
Et cela me ramena à la nuit dernière, où j'avais particulièrement bien dormi. À terre, avec un feu, c'était comme un miracle exaucé. Mais cela me faisait penser qu'au matin, j'avais abandonné la petite humaine derrière moi. Et ça, je n'arrivais toujours pas à m'en faire une raison.

"Oh ! À Loki les bonnes manières, de temps en temps ! Je n'allais pas rester sur place une journée de plus ! J'ai besoin de bouger moi !"

Ma réplique véhément avait attiré, ou plutôt repoussé, un Eskuriax, qui, après les quelques secondes durant lesquelles il eût du reconnaître l'accent sylvain, revint à l'endroit exact d'où il s'était enfui, en me regardant fixement de son petit regard craintif. Je souris. Ça aussi, ça m'avait manqué...
Mes tours et détours de pensées s'étaient quant à eux transformés en tours et détours dans la forêt. Je ne m'étais pas perdu, mais je me rendis compte un peu tard que je m'étais égaré du chemin que je souhaiter prendre pour "rentrer chez moi". J'allais faire demi-tour et le rejoindra, quand je vis quelque chose qui m'intrigua. Un enfant, ou tout du moins ce qui y ressemblait, était là, adossé au tronc d'un arbre, semblant dormir.

"Dieux, ce n'est pas possible !", marmonnai-je, "C'est la
Ilinan Sin'dig1, ma parole ?"

Je m'approhcai alors de lui.

1. Ilinan Sin'dig : littéralement "semaine des enfants" ; jeu de mots car cela concerne aussi une fête elfique
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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Dim 19 Juin 2011 - 13:52

Le monde où Shad déambulait le jour avait toujours été celui de ses pensées. Celui où il dormait avait toujours été celui des souvenirs. Extérieurement, rien ne pouvait transparaitre de l'étrangeté de son sommeil. Il restait immobile, les yeux mis clos, remuant parfois les lèvres au rythme où ses souvenirs se formaient en lui... Rien de plus. Quelques crispations, peut-être aux moments les plus douloureux. Il n'avait jamais de repos à proprement parler. Son esprit jonglait constamment entre réalité -la dure et insensible, et rêve -l'inchangé. Étrangement, il avait toujours redouté les moments où son corps trop fatigué lui demandait le sommeil. Son passé était constitué de toute forme de douleurs. Des douleurs qu'il aurait préféré garder enfermées dans son esprit, oubliées dans un de ses multiples recoins. Mais son âme n'avait presque pas de secret pour lui, hélas.
C'était la nuit, il faisait chaud. Tout était propice pour le cauchemar qu'il redoutait le plus : celui de sa transformation en chimère. Tout n'est que souffrance En lui, il hurle, aussi fort que son corps lui permet. A l'extérieur, une personne qui l'observerait ne verrait que la crispation de sa mâchoire, et ses sourcils froncés. Mon bras... Il est en feu.. Éteignez le feu... Éteignez le feu ! « Le feu... » Laissèrent échapper ses lèvres en un léger murmure plus léger que le vent. Instinctivement, sa main droite se porta à son bras gauche. Le contact avec le tissus qui le recouvrait délivra Shad de son sommeil. Ses yeux s'ouvrirent instantanément. Arraché brutalement de son rêve, il laissa jaillir un cris de surprise.
Un second suivit instantanément. Mais pas pour la même raison.

Un homme se tenait devant lui, en train de s'approcher. La nuit l'empêchait de voir distinctement ses traits, et bien qu'il n'avait à proprement parler aucune réelle raison de s'inquiéter, Shad n'était pas rassuré. Un détail qu'il remarqua bien assez tôt fit baisser son inquiétude mais eu pour effet de l'intriguer encore plus sur la nature de l'être : il avait des oreilles pointues. Un elfe ? Shad en savait très peu sur ce peuple. Néanmoins, cela pouvait potentiellement indiquer qu'il ne lui voulait pas de mal. Mais c'était seulement une probabilité. Aussi rapidement qu’instinctivement, Shad se releva, son épée à la main, bien que toujours dans le fourreau. Il ne savait pas se mettre en garde, mais dans le cas précis, cela lui servait plus à se rassurer plutôt qu'à inquiéter l'autre. Il dit de la voix la plus calme qu'il put, et la plus tonnante : « Qui êtes vous ? » Tous ses efforts furent réduits à néants, puisque sa question ne fut qu'un glapissement terrifié.Il s'efforça comme il pouvait de rester sur ses deux jambes, le plus ferme possible sans trembler ni montrer sa faiblesse.
Si l'autre attaquait, quelles étaient ses chances de survie ? Honnêtement, Shad en avait une idée très précise. Il savait qu'il en mourrait à coup sur, si telle était son intention.

Il remarqua enfin que l'autre ne semblait pas vouloir l'attaquer et que, d'ailleurs, s'il avait une arme, il ne la tenait pas en main. Il poussa un léger soupir de soulagement. « Je... » Il ne savait pas quoi dire. Il laissa tomber son épée pour que l'elfe voit qu'il était tout aussi inoffensif que lui. Que dire ? Rien ? Le silence pesa quelques instants avant que Shad se décide à faire au plus simple. « Je me nomme Shad, et vous ? »
Il resta néanmoins sur ses gardes. Rien ne disait qu'il n'avait des intentions tout sauf amicales.


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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Mer 22 Juin 2011 - 1:40

Je me rapprochais furtivement, et, une fois à une petite distance de lui, je pus m'appercevoir qu'il semblait remuer dans son sommeil. Rêvait-il ? Cela ne faisait auucn doute. De quoi rêvait-il ? Vu son attitude dans son inconscience, j'aurais dit quelque chose qui ne lui plaisait pas tant que ça.
Vu que j'étais à portée auditive, je pus l'entendre marmonner dans son rêve - ou cauchemard, cela était bien possible aussi - quelque chose qui mintrigua. De toutes manières, entendre quelqu'un parler alors qu'il dort est toujours un peu intriguant :

"Le feu...", dit-il.

"Le feu ?", répétai-je doucement, plus pour moi-même que pour le faire répondre.

Cet élément ne m'était pas inconnu et, bien que je préfère l'air, léger et libre de toutes les lois de ce bas monde, le feu m'attirait et me semblait un ensemble parfait, alliant chaleur et beauté sauvage de la Nature.
Je n'allai pas plus loins dans mes pensées, car il se redressa d'un seul coup, le souffle court. Il cria. Deux fois d'ailleurs. La première, je ne sais pas pourquoi ; sans doute des suite de cet état hypotique qui l'avait mené dieu-sait-où. La deuxième, ce fut quand il jeta un regard dans ma direction. Il m'avait repéré.
Il se releva, et dans un élan mélant la bravoure à - de mon avis en tous cas - la folie, il dégaina sa lame, me fixant du regard prestement avant de déclarer d'une voix étranglée par la peur :

"Qui êtes vous ?"

Niveau originalité, l'entrée en matière n'était pas ce que l'on avait fait de mieux. Mais je ne m'en formalisai pas : qui aurait pu faire un trait d'humour devant un inconnu, en forêt, en pleine nuit ? Mis à part quelques fous comme moi, je ne vois pas vraiment.
Pour le moment, je ne lui répondis pas, préférant lever les mains, paumes ouvertes, afin de montrer que je n'étais pas armé et que mes intentions n'étaient pour le moment pas mauvaises ou belliqueuses. Il réagit en baissant son arme, et en reprenant d'un ton peu assuré :

"Je... Je me nomme Shad, et vous ?"

Si cette dernière phrase avait su se faire désirer quelques instants, je ne le relevai pas. J'écoutai sa voix, que je n'avais entendue que trois fois pour l'instant, puis je réfléchis quelques menues secondes, ressassant ma géographie et remuant mes souvenirs pour trouver, à sa façon de s'exprimer, d'où ce garçon venait. Finalement, je pris la parole, éludant dans un premier temps sa question.

"Montagnes d'Ymir, je présume ? Ce doit être une belle région... En tous cas, son accent est léger à vous entendre parler."

Pour ne pas paraître trop rustre, je lui rendis tout de même sa politesse.

"Pour ma part, je m'appelle Dyrlian Magelan Eslin. Dyr' pour les intimes, et Dieux seuls savent qu'ils sont peu nombreux en ce moment, et Dyrlian Eslin pour les autres. Vous avez du remarquer ma non-humanité, je présume. Bien, je n'aurais pas à m'en expliquer plus tard. J'arpente en ce moment la forêt d'Aranwë pour revenir à un lieu qui m'est cher, plus à l'ouest d'ici. Et vous ?"
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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Mer 22 Juin 2011 - 2:52

L'autre laissa un temps passer. Durant ce temps, plusieurs pensées eurent le temps de traverser l'esprit de Shad.Toutes étaient d'une incohérence sans nom, mais l'idée était la même : pourquoi était-il là ? Toute personne sensée aurait passé son chemin. D'ailleurs, aucune personne sensée ne devrait se trouver en ces lieux si éloignés de la route. Il s'intrigua sur un point : cela le rendait-il plus ou moins sympathique ?
« Montagnes d'Ymir, je présume ? Ce doit être une belle région... En tous cas, son accent est léger à vous entendre parler. »
D'incompréhension, Shad ne sut que répondre. Il ne savait pas trop comment réagir à cette réplique. Certes, il venait des Montagnes d'Ymir, de près ou de loin. De loin, plutôt. Sans doute avait-il un léger je ne sais quoi sur la langue qui faisait que l'autre l'avait aussitôt reconnu venant de telles. Néanmoins, il ne compris pas l'utilité profonde à ce qu'il en fasse la remarque. Il savait d'où il venait, non ? Pas besoin d'en parler. Toujours, on avait tendance à clamer aux autres : "je te connais" par une quelconque remarque. Étrange, non ? Peut-être est-ce que c'était pour se sentir moins... vulnérables ? Là n'était pas la question. Ce qu'il faisait là, voilà ce qu'il fallait se demander.
« Pour ma part, je m'appelle Dyrlian Magelan Eslin. Dyr' pour les intimes, et Dieux seuls savent qu'ils sont peu nombreux en ce moment, et Dyrlian Eslin pour les autres. » A son insu, sa mémoire grava de manière indélébile ce nom et ce visage. Shad murmura en lui même ce nom Eslin, en apprécia les sonorités, et n'alla pas plus loin.« Vous avez du remarquer ma non-humanité, je présume. » Ce n'était pas réciproque, semble-t-il. Shad n'aimait pas ce ton. Un peu trop... Sur de lui. Il exposait des vérités simples, ne se souciant guère de la réaction de la personne se trouvant en face de lui, c'est à dire Shad. Messire Eslin -si c'est ainsi qu'il s’appelait- ne l'avait, pour le coup pas joué très diplomatique, et à trop parler ainsi, il avait réveillé ce qu'il y avait de moins désirable chez un enfant : la méfiance. Il n'attendit même pas sa réponse pour continuer : « Bien, je n'aurais pas à m'en expliquer plus tard. Plus tard ? J'arpente en ce moment la forêt d'Aranwë pour revenir à un lieu qui m'est cher, plus à l'ouest d'ici. Et vous ? »

Il y avait néanmoins quelque chose qui plaisait à Shad dans Ser Elsin : au moins, il n'y allait pas par quatre chemin. Il voulait dire quelque chose, il le disait. Il voulait demander quelque chose, il le demandait. Il ne semblait pas vouloir passer par on ne peut savoir combien de courbe pour aller au but.D'un côté, Shad appréciait cela. Cela enlevait le masque si insupportable que portait la majorité des humains, ce masque que l'on nommait société. De l'autre, cela le gênait. Il avait l'impression d'être... légèrement oppressé. Néanmoins, il avait la ferme impression qu'il allait devoir faire avec.
Il s'étonna que ser Eslin n'ait pas relevé son hostilité. Y était-il habitué ? N'avait-il pas eu envie d'aborder le sujet ? Ou peut-être avait-il seulement rit de cette arme pourtant aiguisée et repue du sang d'un homme ?
Shad interrogea sur la question de l'elfe.Et vous ? Shad n'avait pas vraiment de raison pour être là. Certes, il pouvait mentionner ce vampire dont il n'avait jamais vu la couleur, mais était ce prudent ? Surement pas. Il était impossible de parler de ce vampire. Mais sans lui, il n'avait aucun motif pour être ici. La réponse coula soudain de source :
« Je suis là où mes jambes me portent, je vais là où mes pas me mènent. »
Il eut un léger sourire en prononçant cette phrase. Il devrait s'en souvenir pour la noter quand il aurait le temps. C'était une belle phrase, fluide, tout ce qu'il y avait pour plaire.
« Cela veut juste dire que je n'ai pas la réponse à votre question, ser Eslin. » Continua-t-il. Très peu de gens étaient capables de comprendre ses allusions poétiques, aussi préféra-t-il ne pas laisser le doute s'installer.

Il laissa une pointe de cynisme s'intégrer dans la conversation. Il se laissa tomber dans le creux de son arbre, et dit d'un air nonchalant : « Je ne suis pas encore habitué aux us et coutumes locales, mais est-il de tradition elfique de s'approcher ainsi des gens qui dorment si tôt le matin ? »


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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Jeu 23 Juin 2011 - 2:19

Un instant passa. Je ne le pressai pas dans sa réponse. Après tout, je lui avait débité des phrases en tas, il n'aurait pas été des plus normal qu'il me réponde sans les assimiler pendant un petit temps. Mais la normalité était quelque chose qui était apparament absent de certaines vie, et de la mienne aussi par la même occasion. De toute façon, qu'est-ce qui était "normal", et qu'est-ce qui ne l'était pas ? C'était très subjectif comme point de vue.
Sa réponse coupa court à mon envolée philisophique spirituelle.

"Je suis là où mes jambes me portent, je vais là où mes pas me mènent. Cela veut juste dire que je n'ai pas la réponse à votre question, ser Eslin."

Je souris en entendant cette réponse. Malgré son jeune âge apparent - ne laissons pas les apparances nous tromper -, il avait un esprit très subtil et développé. Un brin poétique aussi, je trouvai. De plus, je ne savais ce qu'était cette marque de "ser", mais je la devinai respectueuse au ton qu'il employait. Ou alors, elle était moqueuse et utilisée par ironie, ce que je ne pensais guère...
Il reprit, après qu'il se fut adossé à l'arbre, avec un note cette fois ironique dans sa voix :

"Je ne suis pas encore habitué aux us et coutumes locales, mais est-il de tradition elfique de s'approcher ainsi des gens qui dorment si tôt le matin ?"

Mon sourire s'agrandit un peu plus. Il pouvait sûrement le percevoir, tout du moins s'il regardait avec un peu d'attention. Ce petit me plaisait bien. S'il était humain, de par son physique, je ne lui donnais pas plus de leurs quatorze ans, soit soixante-six ans pour un elfe. Plutôt jeune donc, mais son mental était aussi acéré que s'il avait une centaine d'années, soit plus d'une vingtaine des leurs.

"Excusez-moi, si je me trompe, en'il Shad", en utilisant comme lui une certaine marque de respect, "mais n'est-ce pas plutôt vous qui vous êtes vous même réveillé, puis troublé à mon arrivée en ces lieux ?"

Nous pouvions débattre longtemps de ce sujet, avec pour seules armes notre intellect et notre potentiel cognitif. Mais cette joute ne m'intéressait pas dans l'imédiat.

"Bah ! Laissez tomber. Je parle, je parle... trop souvent, ces temps-ci. Le silence..."

Pour seule réponse à cette phrase débutée mais jamais achevée, je laissais planer un moment de calme où je ne dis rien. Cela dura peut-être trente secondes, mais cela me fit un bien fou. J'aurais pu repartir ensuite dans mon mutisme, mais je me déliai bien vite la langue.

"Le seul inconvénient, c'est que la communication par pensée n'est pas encore possible, dans l'état actuel de nos connaissances scientifiques et magiques. Encore que, sur ce dernier point... Bref ! Vous avez tout de même un esprit très philosophique et un sens oral pointu, el'in Shad. Je ne me rappelle plus quand, pour la dernière fois, j'ai eu une telle discussion avec quelqu'un..."

M'asseillant en face de lui, je pris une position la moins inconfortable possible, ne sachant pas combien de temps j'allais rester là.

"Excusez-moi encore une fois, Shad, mais, mis à part 'là où vos pas vous mènent', avez vous une destination précise ? Je ne vois pas ce que vous viendriez faire dans le Lyzangard sinon... Enfin, répondez si vous le voulez, ce ne sont pas mes affaires après tout... C'est juste histoire d'en savoir un peu plus sur vous..."
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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Jeu 23 Juin 2011 - 13:25

Shad s'accorda également un sourire, voyant ser Eslin faire de même face à sa pique. Il avait craint un instant de l'avoir vexé, tout le monde n'appréciant pas ces pointes d'humour douteuses. Shad avait prit le parti que l'elfe n'était pas de ces personnes, et avait plutôt gagné. Il en éprouva un certain contentement qui fut agrandit quand il entendit la réponse de ser Elsin.
« Excusez-moi, si je me trompe, en'il Shad mais n'est-ce pas plutôt vous qui vous êtes vous même réveillé, puis troublé à mon arrivée en ces lieux ? »
Shad eu un petit rire qui n'avait absolument rien de forcé. Il s'étonna lui même de cela. Combien de temps s'était-il écoulé depuis son dernier vrai rire ? Depuis sa séparation avec Caïgan le conteur, sans doute, il y a deux semaines. La distance que ser Elsin maintenait l'instant d'avant avait disparu, c'était une conversation on ne peut plus... normale, si on oubliait le fait qu'elle se déroulait la nuit, au beau milieu de la forêt elfique. Shad aurait put relancer le sujet, continuer le débat du "qui est en tort", mais c'était futile, il le savait. Ils auraient put continuer à se renvoyer la balle durant des heures et des heures jusqu'à ce que leur bouche soit trop sèche pour parler ou que leurs esprits ne trouvent plus d'arguments valables. Cela faisait longtemps que Shad n'avait pas eu cette certitude : cette certitude d'avoir en face de lui quelqu'un à l'esprit assez affiné pour faire un dialogue...intéressant.
« Bah ! Laissez tomber. Je parle, je parle... trop souvent, ces temps-ci. Le silence... »
Il ne termina pas sa phrase. Peut-être parce qu'il n'en ressentait pas le besoin, peut-être parce qu'il savait que Shad était capable de terminer sa pensée : le silence est précieux comme de l'or, car il n'y en a que trop peu en ce bas monde.Peut-être ser Elsin n'aurait pas utilisé ces termes, mais c'était l'idée, Shad en était certain. L'elfe ne parlait pas, Shad respecta son mutisme. Cela ne lui couta aucun effort. Il était habitué à ces temps où rien ne se passait, où même l'esprit avait cessé de sans cesse mouvoir ses lèvres diaphanes. Néanmoins, quand ser Elsin coupa le calme qu'il avait instauré, il n'en fut pas surpris. A vrai dire, c'est l'exact moment où il l'aurait lui même troublé.
« Le seul inconvénient, c'est que la communication par pensée n'est pas encore possible, dans l'état actuel de nos connaissances scientifiques et magiques. Encore que, sur ce dernier point... Bref ! Vous avez tout de même un esprit très philosophique et un sens oral pointu, el'in Shad. Je ne me rappelle plus quand, pour la dernière fois, j'ai eu une telle discussion avec quelqu'un... »

Cette fois ci, il remarqua l'emploi de "el'in". Il considéra que c'était une marque comme un autre, tel que "monsieur", et s'en étonna un instant. Rares étaient ceux à employer un terme si respectueux pour parler à un gamin. C'était peut-être la culture elfique. Elle était dans ce cas très agréable. Ses lèvres s'étirèrent un peu plus quand il entendit les moments "esprit philosophique". Ainsi, c'était si visible que ça ? Un sens de l'oral pointu ? Sans doute à cause de toutes ces heures passées à discuter sans relâche avec Zahk, Fendracier ou encore Caïgan. Il avait passé sa vie à faire ça, hormis les deux ans dans le noir avec Ephi et les autres. Ser Eslin s'assit devant lui.
« Excusez-moi encore une fois, Shad, mais, mis à part 'là où vos pas vous mènent', avez vous une destination précise ? Je ne vois pas ce que vous viendriez faire dans le Lyzangard sinon... Enfin, répondez si vous le voulez, ce ne sont pas mes affaires après tout... C'est juste histoire d'en savoir un peu plus sur vous... »
Shad hésita longuement à répondre. Il est vrai qu'il était dangereux (en quoi ?) de révéler sa nature chimérique. Mais d'un autre côté, ces elfes auxquels ont plaçait l'étiquette de hautains par rapport aux humains étaient tous transcendés par ser Eslin aux yeux de Shad.aucun des deux n'était humains, qu'importe ?
« A vrai dire... C'est assez long à expliquer. Néanmoins, comme il me semble que nous avons tout notre temps... Tout d'abord... » Il parait qu'un geste vaut mieux que mille discours. Il enleva le gant qui masquait son bras gauche, révélant ainsi son bras d'aigle. « Il semblerait que vous n'êtes pas le seul à ne pas être humain dans ce lieu. » Il laissa un temps passer pour laisser à l'elfe le soin de digérer cette nouvelle. Il contempla lui même son bras, toujours aussi horrible. Puis, lentement, il replaça son regard rouge dans celui de ser Eslin. « Pour être parfaitement franc avec vous, il semblerait qu'un vampire me suit, pour une raison que j'ignore. Mais si vous aviez seulement conscience de la moitié de ce que ce peuple m'a fait subir, vous comprendriez mon désir de m'en débarrasser. Un conteur m'a un jour parlé d'une vieille légende disant tout simplement que même le plus horrible prédateur ne pouvait pénétrer dans la forêt d'Aranwë si l'esprit de la forêt ne l'y avait pas convié. Me voilà donc ici pour tenter de vérifier cette légende. »
Voilà. C'était dit. Il n'y avait rien à rajouter. Il avait tout raconté sans fioriture, sans mettre un seul de ses talents de conteur. Seulement en énonçant les faits, brutalement.


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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Ven 1 Juil 2011 - 17:46

Silence.
Ma question en fut suivi. Un long et paisible silence pour la forêt, légèrement plus gêné pour mon jeune interlocuteur, et... juste long pour moi-même. Mais cette longueur n'était pas le genre de choses qui vous exaspère. C'était juste... comment dire... une chose qui vous laisse quelque peu indéférent d'elle.
Je me demandais bien à quoi il pouvait penser. Il est vrai que, vu comme cela, j'avais posé une question sur lui, lui demandant des détails sur sa personnalité et son passé, sans m'être expliqué moi-même sur les miens. Cela aurait pu paraître légèrement étrange aux yeux de nombre de personnes. Cependant, Shad finit par briser le silence.

"A vrai dire... C'est assez long à expliquer. Néanmoins, comme il me semble que nous avons tout notre temps..."

J'étais prêt à écouter ses explications, fussent-elles longues. Mais je n'eus pas le temps de lui faire cette remarque, car il reprit tout de suite.

"Tout d'abord, il semblerait que vous n'êtes pas le seul à ne pas être humain dans ce lieu.", dit-il en se débarassant du gant qu'il avait sur la main gauche.

Mon sang ne fit qu'un tour, tandis que mon coeur ratait un battement. À la place de sa main, et même de tout son bras gauche, il avait un membre non-humain, qui ressembalit plus à quelque chose d'un rapace. Je remarquais alors avec plus d'intérêt ses yeux rouges que j'avais pris pour une couleur quelque peu excentrique et due à la pénobre grandissante du lieu. Comme il l'avait dit lui-même, ce garçon n'était pas humain. Ou plus exactement, ne l'était plus : une chimère...
Je n'avais pas entendu beaucoup d'histoires à propos de ceux et celles que l'on appelait des créatures, mais je trouvais désormais indigne qu'ils ne partagent pas le titre d'humain, d'elfe ou d'autres êtres pensants... De plus, je mettais en relation sa condition chimérique et son jeune âge. Ceux qui lui avait infligé de telles tortures ne valaient pas mieux que des... que des...
"... que des assassins", finit une voix en mon fort intérieur, et me brisant, me forçant au silence cognitif.
Justement, ce fut à ce moment là que Shad continua ses explications.

"Pour être parfaitement franc avec vous, il semblerait qu'un vampire me suit, pour une raison que j'ignore. Mais si vous aviez seulement conscience de la moitié de ce que ce peuple m'a fait subir, vous comprendriez mon désir de m'en débarrasser. Un conteur m'a un jour parlé d'une vieille légende disant tout simplement que même le plus horrible prédateur ne pouvait pénétrer dans la forêt d'Aranwë si l'esprit de la forêt ne l'y avait pas convié. Me voilà donc ici pour tenter de vérifier cette légende."

Sa condition nouvellement révélée n'avait pas changée la sympathie que j'avais pour lui, mais ses dernières phrases me troublèrent encore une fois en peu de temps. Si cette légende était vraie, alors jamais ma famille n'aurait été assassinée au beau milieu de la sylve. Ou alors, c'est que cela faisait partie de ce que mon père appelait le Destin.
J'en vins encore une fois à Loki. Et si c'était lui, ou tout du moins celui que j'avais rencontré dans la forêt il y a de cela des années et qui m'avait prétendu travailler pour lui, qui avait brisé cette loi ancestrale juste pour me voir souffrir ? Je l'espérais très fortement, mais je ne pensais pas une seule seconde que les êtres supérieurs de cet univers s'attardent longtemps sur le sort d'un être de ce bas monde en particulier.
Après, comment répondre à Shad ? Devais-je le rassurer dans sa pensée, lui dire que, tout du moins, j'espérais que sa légende était vraie, pour son salut et pour celui de tant d'autres âmes ? Cela aurait été certainement plus simple sur le court terme, mais dans quelques temps, je m'en voudrais de l'avaoir aiguillé sur ce que je pensais être une fausse piste, un faux espoir... Je nuançais cependant mon propos.

"J'espère tout autant que vous que cette légende est réelle. Cependant..."

Voilà, j'étais lancé. Il fallait désormais continuer, car il attendait sans aucun doute une suite à mon discours. Je déglutis avec difficulté, et repris.

"Cependant, j'aurais aimé qu'elle s'applique il y a des années. Je n'aurais pas vécu de nombreuses atrocités. Mais je ne serais pas là pour vous en parler non plus..."

Je fis une légère pause, rassemblant mon courage et mon histoire, que je commençais à connaître sur le bout des doigts d'un point de vue narratif, et me lançai.

"On croit toujours vivre les pires atrocité du monde. On croit toujours que rien n'égalera notre douleur. On croit toujours que le destin s'acharne sur nous. J'ai fini par quitter cette voie, ce courant de pensée, quand j'ai commencé à rencontrer d'autres personnes. Certes le mal est là, bien présent, mais on ne peut pas comparer deux blessures faites sur deux âmes différentes. J'ai vu mourir ma mère dans un stupide accident, dans cette forêt, il y a plus de soixante ans. Mais j'ai aussi vu arriver un groupe de personnes à la volonté si affreuse que j'en tremble encore aujourd'hui. Il ont assassiné mon père, je ne sais pour quelle raison. J'ai alors fui et, quand je suis revenu sur ma terre natale, ma soeur est morte sous mes yeux, tuée par un de ces hommes. J'avais un frère, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu... Ce lieu que je te citais au par avant, c'est mon village natal. Je suis en quête de réponses : je veux savoir ce qu'il est advenu de mon jeune cadet..."

L'histoire était dite, le mal passé. Je n'avais plus rien à ajouter à l'heure actuelle.
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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Ven 1 Juil 2011 - 19:31

Shad avait remarqué le regard assez... étrange de ser Eslin sur son bras. Il n'arriva pas à déceler quel était cette émotion pourtant irradiante. De l'horreur ? Voire même... de la colère ? Sans doute. Peut-être. Évidemment. N'ergotons pas là dessus. Il n'était pas surpris par cette réaction. A part Caïgan, les rares personnes à l'avoir découvert avaient été... plus qu'étonnées. Voire horrifiées. Il ignorait tout des chimères avant qu'on lui en parle pour la première fois, il y a deux ans de cela maintenant. Il ignorait tout des choses que les légendes colportaient. Cela avait été le seul doute face à sa vocation. Le conteur est le seul apportant les contes, les légendes. Il est le seul qui peut se vanter d'apporter la vérité aux enfants. Mais si cette vérité est fausse, qu'est ce qu'un conteur ? Quel est son utilité profonde ? Terrifier ? Étonner ? Impressionner ? Rentrer dans l'imaginaire des personnes, le bousculer, le changer, l'aider ?
Il lui sembla que ser Eslin lui parla, mais Shad, plongé dans le tumulte de ses pensées, n'écoutaient plus qu'à moitié. Les mots le touchaient, l'effleuraient à peine, puis glissaient sans avoir de prise. Son esprit était devenu lisse comme de la roche polie et rien ne pouvaient s'y accrocher, tel une sphère parfaite. Il n'entendait que des vagues murmures, lointains, incertains, flous. Il ne s'en souciait pas. Il ne le remarquait pas. Seul comptait ce flot ininterrompu de pensées qui tambourinaient à ses tempes.

A quoi servait donc tout cela ? A chaque fois, cette question revenait, lancinante, percutante, violente : pourquoi vivre ? A quoi servait donc de se mouvoir, de respirer, de vivre ? Pourquoi faire tout ce chemin pour aller vers la mort ? Il se souvenait précisément d'un conte où une femme rencontrait un enfant, seul, marchant sur le sentier de la forêt. Elle lui demandait, désireuse de savoir : « Que fais-tu ici ? » Et l'autre répondait, sans comprendre combien sa réponse était importante : « Je marche. Jusqu'au bout du chemin. » Il marchait sans même se soucier de ce qui l'entourait. Tout ce qui lui importait, c'était de marcher. De découvrir. Avec toujours cette même confiance aveugle dans le présent. Dans le futur. Le conte continuait ainsi : « Et que feras-tu si tu savais que c'est la mort qu'il y a au bout du chemin ? ». Et l'enfant riait, d'un rire pur, sans tâche. « Et bien j'aurais bien marché ! »
Aurait-il bien marché ? Ou peut-être... trop marché ? Il s'en fichait, après tout. Seul lui importait sa route.
Mais Shad était-il capable d'avoir cette acceptation sans limite ? Cette foi de voir la mort et d'aller vers elle, le sourire aux lèvres ? Cette froideur consciente face à tout ce qui l'entourait ? Non. Non, il n'en était pas capable.

Son esprit se fissure, il s'y fait une brèche. Et les mots s'y agrippent, et enfin, trouvent le chemin de son oreille.
« Ils ont assassiné mon père, je ne sais pour quelle raison. J'ai alors fui et, quand je suis revenu sur ma terre natale, ma sœur est morte sous mes yeux, tuée par un de ces hommes. J'avais un frère, mais je ne sais pas ce qu'il est devenu... Ce lieu que je te citais au par avant, c'est mon village natal. Je suis en quête de réponses : je veux savoir ce qu'il est advenu de mon jeune cadet...»
Shad fut saisit d'émotion. Il connaissait cet effroi, celui de la mort. Celle qui frappe sans qu'on la voit, toujours aux côtés des plus braves, des plus valeureux, des plus vils, des plus sournois, et on ne sait combien de gens encore... Celle qui apportait désolation et parfois, et rarement, le contentement. Et toujours la certitude de savoir qu'on ne verra plus la vie de la même manière. La certitude que c'était un aller sans retour. Il avait connu cette déchirure. Et il ne pouvait à peine imaginer celle de ser Eslin. Il resta longtemps, ainsi, les yeux dans le vague, figé dans l'horreur, recevant par vagues des souvenirs qu'il aurait préféré enterrés. Il tenta de les repousser vaguement, en vain. Shad se mit alors à parler, pour changer vivement de sujet, celui là lui semblant insurmontable.
« Je ne sais si vous trouverez ce que vous voulez là bas, dans votre village natal. Néanmoins, je sais que si vous cherchez quelqu'un, j'ai entendu parler d'une grande fête à Mannheim : c'est limite si tout Yggdrasil y est convié. Vous trouverez forcément des réponses à vos questions là, non ? »
Ses mots étaient puérils. Pourquoi les avaient-ils prononcés ? Pourquoi n'avait-il pas réfléchit avant de les prononcer ? Pourquoi passait-il tant de temps à réfléchir à des choses sans importance et gâchait des moments par tant d’instantanéité ? La légèreté de l'être était décidément insupportable.

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MessageSujet: Re: Aller et retour en terre Elfiques {Dyrlian} ~ Terminé   Sam 2 Juil 2011 - 16:11

Silence. Encore et toujours.
C'était déjà la deuxième fois qu'un léger malaise s'installait entre nous deux. Et encore une fois, il était du au silence qui suivait nos échanges de paroles. Ce silence était dû apparament à quelque chose qui perturbait le jeune Shad. Il restait les yeux dans le vague, à voir sans vraiment regarder. Il voyait tout, mais ne regardait rien. Je connaissais ce genre d'attitude, car j'étais moi-même plongé assez souvent dans de telles réflexions : ses souvenirs lui revenaient en mémoire. Et, à la tête qu'il me présentait sans le vouloir, sans même sûrement se rendre compte de ma présence, ces souvenirs étaient tout sauf des événements heureux et sans soucis. La haine, la colère, la peur, la douleur, le chagrin, la déception... Pourquoi tous ces sentiments se fixaient plus durablement dans votre esprit que ceux reflétant la joie, le bonheur, la gaieté, à moins que ceux-ci ne soient poussés à leur paroxysme, qui entraine bien souvent le retour d'un des sentiments primaires ? Pourquoi, mais aussi pour quoi étaient-ils plus tenaces ? Je n'avais aucune réponse à apporter à ces deux questions à l'heure actuelle...
Le jeune garçon chimérique finit par reprendre la conversation, m'aiguillant par une voie détournée si bien qu'au départ, je crus qu'il changeait radicalement de sujet.

"Je ne sais si vous trouverez ce que vous voulez là bas, dans votre village natal. Néanmoins, je sais que si vous cherchez quelqu'un, j'ai entendu parler d'une grande fête à Mannheim : c'est limite si tout Yggdrasil y est convié. Vous trouverez forcément des réponses à vos questions là, non ?"

Mannheim. La capitale humaine... Je venais de quitter le Midgard, était-ce vraiment mon destin d'y retourner ? Qui sait ? J'ai vécu, si on ne compte pas ces seize dernières années qui ont été un "Âge zéro" de ma vie, quatre-vingts ans dans mon pays d'origine, ma patrie, le Lyzangard. Pourquoi ne vivrais-je pas les quelques semaines, mois, voire années prochaines à l'étranger ?
Pourtant, je m'étais promis de retrouver mon frère... Et cela, seul une visite au bercail me permettrait de savoir ce qu'il était advenu de lui. Cependant, les meurtres avaient été comis il y a déjà presque vingt ans, et je n'avais pris la résolution ouverte de vengeance depuis seulement une semaine, même un peu moins. Les mânes de ma famille pouvait bien me permettre de profiter de la vie. D'ailleurs, n'était-ce pas ce que m'avait dit de faire Faelan, en rêve, à Argos ? De plus, je n'avais aucun indice pour continuer cette vengeance, si ce n'est un nom : Linz. Cela n'allait pas très loin. Autant prendre un peu le large de cette affaire familiale bouillonnante quelque temps...
Je réfléchissais maintenant à l'instant présent. Shad m'avait aiguillé, mais, lui, semblait vouloir poursuivre sa légende dans la sylve. J'adressai une petite prière silencieuse aux esprits qui, selon les croyances elfiques, peuplaient la forêt d'Aranwë, leur demandant d'être clément avec le jeune homme, et lui fis face à nouveau. J'avais fait route vers mes sources, et arrivé à une intersection, il m'avait indiquer un chemin que jamais je n'aurais pris sans son aide. Au lieu de me pousser dans la voie sombre de cette vengeance, qui entraîne la Mort pour répondre à la Mort, il m'avait montré la voix d'un potentiel salut, il me fallait lâcher du lest et profiter de la vie que j'avais. Un elfe pouvait peut-être vivre près de quatre siècles, personne n'est jamais à l'abri du décès, quelqu'en soit l'instant de sa vie... Il me fallait profiter de la jeunesse, du temps qui passe trop vite. Ensuite, je me remettrai dans ces projets ; quand je serais plus vieux.
Je fis donc de nouveau face à Shad. L'heure était venue de nous séparer. Mais pas de nous dire "adieu" ; juste "au revoir".

"Et bien, merci de cette information, en'il Shad. Je vais suivre ton conseil. J'espère te revoir plus tard. Si tu reste dans la sylve de ce finisterre austral, peut-être nous reverrons nous dans peu de temps. Après ces fameuses 'festivités' à Mannheim, je pensais aller visiter la capitale de mon pays. C'est une ville réputée pour sa beauté, et je ne l'ai encore jamais apperçu. D'ici là, garde ton esprit acéré, c'est ce qui te sauvera sûrement la mise plus d'une fois."

Je lui fis donc un signe de main empli de respect, puis commençai à me diriger vers l'est. Le soleil pointait à peine à l'horizon oriental. Je me retournai une dernière fois, et lui dis.

"Ho, et puis, la prochaine fois, tutoie-moi, s'il te plait. Je ne suis pas si vieux que ça... pour un elfe, je veux dire !"

Et, dans un dernier sourire pour ce jeune garçon, je me retournai vers ma destination. Mannheim, donc...

"Espérons ne pas me perdre, cette fois-ci...", sussurai-je pour moi même, un demi-sourire aux lèvres, "La dernière fois que j'ai voulu atteindre une destination, je me suis retourvé à son total opposé."

Comme pour me guider un peu plus, le vent se leva dans mon dos, soufflant dans un sens ouest-est, et fit frissonner les feuilles des arbres comme des miliers de conversations tenues par des petits être invisbles aux yeux des vivants.
Comme disait les vers d'un artiste que j'appréciais beaucoup :
Aer et Terra askinen sio
Askinen volen askinos maro
In ekel wyrld z'îj levo
In mal mitteros que zi libo.
"L'air et la terre font les arbres, et les arbres forment notre pays. C'est dans ce monde que je vis, dans cette patrie que j'aime..."
Je chantonnai donc ce refrain sur ma route.

"In mal mitteros que zi libo..."
~ FIN DU TOPIC ~
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