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 Manque - Partie V [Terminé]

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AuteurMessage
Mage
Cëryl Eludiaavatar

 :Peuple :
Humain
 :Âge du personnage :
19 ans
 :Equipement :
Du matériel de voyage, de lecture et d'écriture !


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Manque - Partie V [Terminé]   Dim 3 Juil 2011 - 0:33

Au loin s'étendait l'île montagneuse de Djavigard, habitée par le peuple des Géants. Cëryl n'avait que très peu entendu parlé de ce peuple mystérieux, il savait cependant qu'ils étaient doués de pouvoirs de nature magique, tout comme lui. Il espérait un jour rencontrer un de ces êtres massifs, pour satisfaire sa curiosité, bien que des rumeurs les décrivaient comme inhospitaliers. Les terres sauvages où demeuraient ces êtres surnaturels étaient bordées par la mer d'Elya, la gigantesque masse aquatique dont les vagues heurtaient les régions occidentales d'Yggdrasil. Dans les profondeurs marines devaient vivre de fantastiques créatures, bien plus impressionnantes que celles qu'évoquaient certains marins saouls entre deux bières, à l'auberge de Lleya, où Cëryl appréciait passer du temps avec Athos lorsqu'il était plus jeune. Si Yggdrasil était vaste grâce à ses étendues terrestres, les mers et océans qui entouraient le cœur du monde étaient non moins grandes et encore davantage méconnues par le mage et probablement la plupart des mortels. Peut-être que certains êtres comme les Géants connaissaient des légendes sur des créatures abyssales, des histoires qu'ils conservaient jalousement et ne seraient jamais prêt à communiquer à des humains normaux. Mais Cëryl était-il un humain normal ?

La magie qui coulait en lui... Il la sentait bien plus intensément qu'auparavant. Elle émanait de chaque parcelle de sa peau de manière avec plus de violence, de puissance. Il avait l'impression que son pouvoir s'était transformé, depuis sa chute de la cascade. Un traumatisme ? Non. Plutôt un déclic, un brusque relâchement de pouvoirs jusqu'à lors enfouis au plus profond de lui. Et lorsqu'il avait manipulé l'eau qui le recouvrait pour amortir le choc avec la surface, au dernier moment, l'espace d'un instant, il avait senti qu'il avait toute emprise sur le liquide aqueux. Une fois réveillé, sur la berge, il avait pris conscience d'un changement intérieur, mais avait préféré ne pas faire usage de la magie, en vue de son état déplorable. Il s'était traîné jusqu'à Lome-Lith, mutilé, errant à travers les bois, se nourrissant de baies, de fruits trouvés sur les arbres qui eux, ne manquaient pas. Quelle joie avait-il ressenti en (re)découvrant le chemin qu'il avait emprunté au départ ! Un marchand, qui faisait voyage à travers les terres elfiques, le trouva à moitié évanoui au beau milieu de la route et l'emmena sur son chariot. Lorsque Cëryl se réveilla, il lui expliqua sa situation et le marchand, peiné par son histoire, accepta de l'amener jusqu'à Lome-Lith, la cité où périrent de nombreux Munt-Elfen, assassinés par les démonistes d'Alfheim. Le jeune homme dormit jusqu'à son arrivée, où il s'empressa de gagner « Le Refuge », auberge indiquée par l'homme qui l'avait aidé. Tout au long du chemin, il s'étonnait toujours de cette nouvelle aura qui se dégageait de lui. Celle-ci différait du passé par l'harmonie qui la traversait, comme une osmose entre les éléments. A l'auberge, en tentant d'allumer une bougie dans sa chambre, il avait failli mettre le feu à son lit à cause de la puissance du jet de flamme qu'il avait invoqué. Il y avait également autre chose, quelque chose en rapport avec son rêve, en rapport avec Lleya et la lumière qu'il dégageait : c'était comme si cette lumière ne lui brûlait plus les yeux. Lui appartenait-elle ?

Plongé dans ces réflexions le jeune homme faisait route vers le nord tout en contemplant le paysage. Si son potentiel magique s'était accru, c'était grâce à un brusque choc psychologique. Peut-être que son aventure avait du bon, finalement. Cela lui donnerait certainement plus de moyens à l'avenir. Il n'avait plus qu'à s'exercer avec ses aptitudes magiques, et il avait la sensation que son entrainement viendrait bien assez tôt. Il avait un pressentiment depuis que le nain avait évoqué cette histoire de piraterie, de braconnage, à laquelle était peut-être mêlée Adrena. Il avait peur pour elle, mais avec son esprit revigoré par la prise de conscience de ses progrès dans le domaine magique, il n'avait pas peur pour lui. Avec un peu plus de force et de bravoure qu'auparavant, il se sentait capable de relever tous les défis. Et le moment était venu pour lui de prouver cette certitude qu'il avançait. Il s'interrogeait sur le trafic des brigands. Pourquoi venaient-ils établir un camp ici, à la frontière entre la terre des elfes, Lysangard, et Djavigard, s'ils s'agissait d'humains ? Cherchaient-ils spécifiquement des elfes ? Ou peut-être étaient-ils en fuite, après un kidnapping réussi. Le nain avait mentionné une femme dans son récit. Si les ravisseurs se cachaient là, c'était peut-être pour garder des distances avec la famille de la personne enlevée... Peut-être même qu'ils attendaient là une délégation, quelqu'un venu de Mannheim payer une rançon ? Se pourrait-il qu'Adrena...? Cëryl ne savait rien de la mission de son amie, mais dans tous les cas elle était dangereuse. Très dangereuse. Comme c'est toujours le cas lorsque l'on traite avec des bandits.

Il faisait nuit depuis quelques heures, et seule la lune et les quelques lucioles qui erraient en pleine nature éclairaient la route du jeune homme. Il se rapprochait de la baie des « pirates ». Son cœur battait la chamade au rythme de ses pas, son souffle s'accélérait à mesure qu'il avançait vers son objectif et son front était imbibé de sueur, chaque goutte lui troublant la vue en glissant sur ses yeux. Son obstination l'avait conduit jusque là, aucune marche arrière n'était possible. A quelques kilomètre, dépassant du sommet des arbres, il aperçut un mât. Il accéléra la cadence, trottinant presque, parcourant le chemin qui lui restait vers la dernière étape de son voyage. La lune se réduisait à un modeste croissant au dessus des grandes et riches terres d'Yggdrasil, les étoiles dansant autour d'elle. A Mannheim, son petit frère et sa mère devaient dormir, sans se douter une seconde que le sang de leur famille bouillait à des centaines de kilomètres. Des cailloux roulaient sous les chausses du mage, il décida de s'écarter du sentier que tout le monde devait emprunter pour se rendre sur la baie, pour marcher à travers les herbes, réduisant ainsi le bruit provoqué par chacun de ses pas. Des braconniers devaient monter la garde, s'il y avait là bel et bien un camp. Cëryl parcourut de nombreux mètres à l'affut, guettant à droite et à gauche le moindre signe qui l'avertirait d'un danger imminent. Il eut un rictus, un sourire forcé. La discrétion dont il faisait preuve lui rappelait un livre qu'il avait lu, où un pauvre humain vagabondait en Novigard et tentait de passer inaperçu dans une ville de vampires. Recouvrir son visage par une capuche seule ne suffisait pas à tromper la soif de sang des êtres avides. Cëryl se demandait si de la même façon, un simple mage pouvait échapper à des assassins. Son pied écrasa une branche qui craqua aussitôt et fit s'envoler un oiseau non loin. Cëryl s'arrêta net, se rabaissant dans les hautes herbes.

Une minute s'écoula et aucun autre mouvement ne se fit que celui des feuilles sur les arbres, agités par une légère brise nocturne. Peut-être était-il paranoïaque, peut-être les trafiquants dormaient, assurés de leur impunité totale, loin des terres humaines. Mais mieux valait-il prévaloir la prudence à l'assurance qui le mènerait probablement à de désagréables surprises. Il poursuivit ses efforts, dissimulant au mieux le moindre de ses gestes à son environnement, marchant doucement, mais sûrement. A un moment donné, il vit une faible lueur devant lui, juste devant les arbres derrière lesquels s'élevait le mât. Il comprit qu'il s'agissait d'une torche, puisque la lueur en question bougeait, portée par une silhouette noire en dessous d'elle. Un veilleur de nuit. Cëryl déglutit. Il pouvait se montrer prudent; il n'était pas un expert en infiltration comme certains voleurs qui parfois, dérobaient quelques bien chez les bourgeois de Mannheim. Cëryl réfléchit longuement, observé uniquement par les animaux de la forêt qui l'entouraient. Le veilleur n'était pas seul. Deux de ses compères montaient également la garde, et les trois surveillants étaient séparés d'une vingtaine de mètres chacun. Derrière eux, des arbres. Derrière les arbres, le bateau. Et dans le bateau... Qu'y avait-il au juste ? Accéder simplement au bateau ne le mènerait à rien, s'il ne savait pas où trouver son amie. Il devait s'approcher. Il devait épier les conversations des brigands, déceler des indices...

Cëryl s'approcha du mieux qu'il put jusqu'à se tenir à près de vingt mètres du premier veilleur qu'il avait aperçu. Le feu crépitait doucement sur sa torche, qu'il avait finalement posé à côté de lui, bloquée dans le trou d'un arbre. Le garde avait ce même aspect vicieux qu'il avait déjà remarqué auparavant, sur les hommes qui servaient Cornello, aux marais l'Ulaun. Décidément... Cëryl pensa que la plupart des hommes mauvais semblaient avoir inscrit leurs vices sur leur visage. Malheureusement pour le mage, les brigands ne semblaient avoir aucun contact les uns avec les autres. Cëryl les observa pendant un quart d'heure, et à aucun moment les trois gardes ne s'adressèrent une parole. Cëryl avait un peu trop cru aux histoires des livres qu'il lisait, plus jeune. Dans le monde réel, il n'y avait que rationalisme, la chance n'advenait pas nécessairement à tous ceux qui avaient l'étoffe de héros. Ainsi Cëryl commença à imaginer douloureusement l'instant où il devrait torturer l'un de ces hommes, pour lui arracher des informations sur son amie, s'il en avait. Mais... Si Adrena s'était infiltrée parmi les bandits, il risquait de ce fait de compromettre sa couverture. Et il n'avait absolument aucune envie de s'abaisser à eux en utilisant les mêmes moyens abjects que ce genre de pervers. Il n'avait d'autre choix que de ne pas se faire repérer, et d'espérer apprendre quelque chose plus loin, aux alentours du bateau. Mais pour atteindre celui-ci, il n'avait aucun plan. Trois gardes, ça faisait beaucoup. Comment passer au travers des mailles du filet qui l'attendait droit devant lui ? Attendre une relève prendrait sans doute trop de temps et ne changerait rien au problème : si les braconniers étaient un minimum intelligents, ils devaient procéder aux trois relèves de façon décalée, pour éviter une absence totale de surveillance pendant l'intervalle de temps où elles s'opéraient. Encore une fois Cëryl se heurtait à la dureté du monde tel qu'il était hors des récits exagérés des voyageurs ou des contes héroïques lus dans des recueils. Le mage réfléchit à ses capacités... Pouvait-il tenter quelque chose avec ses nouveaux pouvoirs ?

Il se remémora les quelques fois où Athos était soudainement apparu près de lui, riant aux éclats en voyant sa mine déconfite après qu'il soit tombé de sa chaise. Athos lui faisait alors un clin d'œil complice en lui expliquant que ce genre de « trucs » ne lui appartiendraient pas avant longtemps. Comment avait-il fait ? Comment son maître avait-il pu apparaître instantanément à ses côtés ? En fouillant obstinément dans ses souvenirs, un détail lui revint brusquement en mémoire. A chaque fois qu'Athos lui avait joué ce tour, il était certain d'avoir entendu des bruits de pas avant qu'il n'apparaisse. Les bruits de pas précédaient toujours son apparition : Cëryl s'en rappela parce qu'il tournait toujours la tête lors de ces moments, conscient qu'il y avait quelqu'un près de lui. L'invisibilité ? Était-ce ça, le « truc » de son maître ? Mais Cëryl se demanda s'il pouvait y parvenir, simplement en imaginant cette possibilité. La première fois qu'il avait commandé au feu, il avait senti un flux d'énergie entre lui et l'élément, flux qu'il avait manipulé en contrôlant cette énergie, en la distordant... L'impression était indescriptible, toujours est-il que c'était ainsi qu'il avait procédé. Justement, le processus était-il le même ? Exaspéré par toutes ses interrogations, le mage préféra tenter l'expérience, plutôt que de théoriser là dessus.

Il établit un flux entre les particules de matière qui l'entouraient et lui même, sa peau, ses habits, ses cheveux, de façon à ce que son corps s'adapte parfaitement à l'environnement ambiant. Il canalisa sa magie de façon continue tout en observant son bras, ses jambes, disparaître. Surpris, sa concentration diminua et il les vit reparaitre doucement. Il comprit que pour se rendre invisible, il devait sans cesse concentrer son pouvoir, le moindre relâchement d'attention lui coûtant la fin de l'effet escompté. De plus, il ne put exercer son camouflage plus d'une quinzaine de secondes, le lien entre la totalité de son corps et l'extérieur étant très éprouvant à maintenir. Il se reposa, assis à terre, de longues minutes avant de mettre son plan à exécution. Lentement, il se mit debout, ferma les yeux, et laissa son esprit et ses pouvoirs s'unir.

Un observateur attentif aurait aperçu les herbes qui s'écrasaient sous les pieds du mage, mais Cëryl faisait de grandes enjambées pour se faire le moins remarquer possible. De toute façon, les veilleurs n'avaient pas l'air très alertes. Penser à autre chose perturbait l'équilibre entre lui et l'atmosphère, et il devait s'efforcer de ne diriger ses pensées qu'uniquement vers sa canalisation pour éviter de réapparaitre soudainement, ce qui lui aurait certainement valu un très mauvais quart d'heure. Il atteignit très vite l'emplacement du premier surveillant qui, sans doute plongé dans ses rêveries, ne fit pas attention à la légère déformation de l'air près de lui. Cëryl avait beaucoup de mal à concilier sa concentration avec son angoisse d'être repéré, et sa hâte d'arriver plus loin. Alors qu'il dépassait l'homme, il vit la torche, toujours coincée dans son trou. Sans réfléchir, il tendit un bras vers la flamme crépitante : celui-ci embrasa soudainement tout le reste du bois, avant d'avaler par la même occasion l'arbre qui prit feu instantanément. Cëryl fut ravit de constater que sa maîtrise des éléments s'était bel et bien améliorée depuis le choc. Ce petit tour rameuterait certainement une bonne partie des pirates pendant quelques minutes, lui laissant le champ libre pour farfouiller un peu dans le camp.

Le camp.

Il était minuscule.

Cëryl faillit mourir de rire en voyant la taille ridicule du campement des braconniers. Pourquoi mettre trois gardes pour surveiller trois tentes, un feu de camp presque éteint et deux chevaux ? La réponse lui vint, glaçante comme une lame en plein poitrine : le bateau était à l'inverse... Géant. Du moins, il n'avait rien à voir avec les bateaux de pêche que Cëryl avait l'habitude de voir se déplacer doucement sur le grand lac entre Lleya et Mannheim. Celui ci ressemblait davantage à un vaisseau militaire, paré à la bataille, mené par un équipage armé jusqu'aux dents. Ainsi, nul besoin de déployer un camp important avec un tel luxe à disposition.

Quelques hommes se tenaient non loin des chevaux, et d'autres devaient certainement dormir dans les tentes, à en juger par les bruits porcins (des ronflements ?) qui s'en échappaient.. Des maux de tête se faisaient sentir... Cëryl ne pouvait maintenir son invisibilité une minute de plus. Alors que des brigands couraient vers l'endroit d'où il venait, attirés comme des papillons de nuit par la lueur grandissante provoquée par le feu, Cëryl se rua vers une série de buissons et plongea littéralement dedans. Il sentit que l'illusion magique était terminée, et fit lentement sortir sa tête des fourrés. Le navire l'impressionnait plus que les pirates qui devaient l'habiter, tant par sa taille que sa beauté. C'était un navire aux décorations anciennes et gracieuses, la proue dorée paraissant rayonner à travers même la nuit. Cëryl pensa d'instinct à un bateau volé, car on ne pouvait être pirate et avoir un tel goût de l'esthétique et de la décoration en même temps. Ou peut-être se trompait-il, après tout il n'avait pas eu affaire à beaucoup de pirates au cours de sa vie passée. Le moment était venu d'entreprendre quelque chose : le petit incendie ne retiendrait pas les autres bien longtemps, et si l'envie leur prenait de faire un petit tour du côté des fourrés pour... Assouvir une envie pressante, Cëryl serait alors dans de beaux draps. Il observa le bâtiment flottant de long en large, et son regard s'attarda sur un détail tout en bas, à l'arrière du navire : Un petit canot était amarré juste en dessous d'une échelle qui montait jusqu'au sommet, c'est à dire le pont principal. Pendant qu'il en était encore temps, il lui fallait nager jusqu'à ce canot pour emprunter l'échelle sans se faire remarquer. L'eau devait être glaciale, mais pas s'il la contrôlait. Lançant un dernier regard circulaire pour s'assurer de sa solitude, il sortit à vive allure des buissons et se précipita vers l'eau. A son contact, la décharge glaciale provoqua en lui une réaction magique instantanée et l'eau qui l'entourait se réchauffa jusqu'à atteindre une température tiède. « Drôle de bain de minuit... » eut-il le temps de penser, avant d'atteindre la barque en quelques mouvements de bras. L'échelle s'offrait à lui. Jamais il n'avait autant improvisé de sa vie. Et s'il avait tout fait pour rien ? Si ce n'était pas Adrena que tout le monde avait « aperçu » ? Et si Adrena n'était même pas là haut et qu'elle était en train de camper tranquillement à quelques kilomètres de là ? Avec des Si, on pourrait mettre Mannheim en bouteille. De toute manière, il y avait vraisemblablement une prisonnière dans ce bateau. S'il pouvait l'aider, il n'aurait pas fait tout cela en vain, du moins, il l'espérait. Un instant, en se retournant, il imagina un groupe d'elfes à la peau noir, les Munt-Elfen, arriver et détruire tous ces êtres impies qui souillaient les terres de Lome-Lith, les décimant comme ils avaient décimé les elfes d'Alfheim menés par Vàngö, des décennies auparavant. Pourquoi les elfes ne pouvaient-ils pas l'aider, pourquoi ne pouvaient-ils s'occuper du brigandage sur leur propres terres...

Il agrippa le premier barreau et entama l'ascension.

* *
*

Odeurs d'alcool, la pire des ivresses. Le pont était plein de soulards ronds comme des barriques, répugnants, que l'on pouvait sentir à plus de trois mètres. Certains dormaient, d'autres faisaient semblant de monter la garde, une bouteille à la main. Aucun d'entre eux ne sembla remarquer Cëryl tout de suite, bien que les torches accrochées autour du mat l'éclairaient suffisamment pour le distinguer avec netteté. Mais l'esprit embrumé des ivrognes étaient tout sauf nets. En voyant ce spectacle, Cëryl comprit qu'il se devait de rendre justice ici, et de sauver quiconque pourrait être entre les mains de cette vermine grouillante. En tout cas, il ne voyait Adrena nul part autour de lui.

Soudain, quelque chose lui effleura vivement la tempe avant de retomber lourdement derrière et de toucher la surface de l'eau dans un grand PLOUF. Une bouteille. L'un des individus de ce ramassis d'ordures devait avoir conservé une certaine lucidité, puisqu'il était debout non loin de lui et proférait des jurons en le pointant du doigt. Cëryl ne fit ni une ni deux, il tendit également la main, mais son acte eut un effet davantage destructeur. Un souffle violent s'abattit sur l'homme, qui fut projeté en arrière avec assez de force pour l’assommer contre le mât. Le bruit que fit l'impact de son crâne contre le bois laissa présager son futur état mental.

Il y avait du mouvement. Ici et là des silhouettes se relevaient, pour la plupart sans vraiment comprendre ce qu'il se passait, mais certaines s'approchaient déjà du jeune mage. Joignant ses deux mains, comprimant son énergie magique en harmonie avec l'air, il expédia devant lui une mini-tornade pour projeter les pirates hors de leur bateau. Il en créa d'autres, puisant dans son endurance à chaque fois. La fatigue commençait à se faire sentir... Mais il faisait son maximum pour économiser sa force. Il repoussa l'échelle derrière lui; pour éviter que de nouveaux bandits ne rappliquent, et poursuivit son offensive, à l'aide de ses sorts. Des cris fusèrent.


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Manque - Partie V [Terminé]

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