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 Eclipse [Terminé]

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MessageSujet: Eclipse [Terminé]   Mar 12 Juil 2011 - 21:57

A plusieurs dizaines de mètres la joie, l'euphorie retentissante ébranlait encore la cohorte d'esclaves libérés qui jetaient à l'eau les quelques malheureux pirates encore dans le coin, après avoir récupéré quelques armes sur le bateau. Cëryl n'entendait même pas ce brouhaha qui s'élevait au dessus des arbres, glissait à la surface de l'eau et se répercutait à des lieux à la ronde. Il ne voyait pas l'île des Géants, pourtant si proche, qui trônait au devant de lui. Il ne percevait même pas le léger ronflement de la jeune fille, l'otage que devait ramener Adrena. Ces éternelles émeraudes le fixaient, ce verdoyant éclat de perfection, mêlant à la fois l'intelligence et la naïveté. Il retrouvait enfin cette immensité harmonieuse dans laquelle se plongeait son propre regard, où il chavirait, tel un marin perdu dans le repère des sirènes. Il embarquait dans un autre monde, un océan de bienfaisance et de douceur, où il adorait nager sans cesser de se délecter de ce pouvoir attractif qu'il exerçait sur lui. Il remarquait à présent dans cette mer si vaste qu'il pouvait observer son reflet à sa surface, que ce pénétrant regard qu'il lui faisait subir, il le subissait en retour : de simples échanges de coup d'œil trahissaient la passion qu'ils dissimulaient grossièrement. Dès lors qu'il l'avait retrouvé dans le navire, il n'avait presque pas eu besoin de mots pour lui indiquer ô combien elle comptait pour lui. De simples regards leurs suffisaient pour se comprendre, l'un à l'autre. Cëryl l'aimait... Mais il n'osait pas le lui dire, bien qu'il savait qu'elle ressentait également quelque chose, il lisait cette certitude dans ses yeux. Dans la petite grotte où ils s'étaient abrités, le feu illuminait les ténèbres et révélait toute la beauté de son amie. Chaque trait de son visage lui donnait envie de le caresser, de le contempler de plus près. Il voulait l'étreindre tendrement et se perdre dans ses bras. Au lieu de ça il l'observait, appuyé contre une paroi en pierre, tout en se reposant, éreinté par un usage abusif de la magie. Il y avait nécessairement un contrecoup, avec de tels changements. Lorsqu'il manipulait les éléments, il se concentrait bien davantage qu'auparavant et ainsi, il s'épuisait plus rapidement. La loi de l'échange équivalent.

Ils s'étaient installés tous deux depuis plusieurs minutes quand Cëryl décida de rompre le silence. Ce n'était pas un silence gêné au cours duquel les deux amis ne savaient pas quoi se dire, mais un silence au contraire qui disait tout, qui ré-établissait avec force le lien qui les unissait. La douce et voluptueuse voix de Cëryl retentit dans l'air humide de la caverne, glissant sur la roche millénaire.

« -Adrena... Si tu savais comme tu m'as manqué.

Il marqua un temps, temps suffisant pour laisser les joues couleur albâtre de son amie virer à l'écarlate.

-Je te le dis comme je le ressens. Tu m'as manqué... Quand tu es parti des marais sans même me dire au revoir, je me suis senti... Seul. Ne t'inquiète pas, je sais que ce n'était pas ta faute, que c'était un ordre direct de l'armée. Et puis je n'avais pas été très tendre avec toi. Je m'en excuse... Et je te remercie de m'avoir tiré de cet enfer de marécage. J'ai bien failli y passer... Satané serpent. Tu as été là pour moi, tu m'as sauvé. Tu portes bien ton titre de grande chevalière.

Il la regardait tendrement à présent, happé par son beau visage gêné par tant de compliments.

-Quand tu es partie je me suis senti misérable, je voulais te revoir... J'aurais bien pu attendre là-bas, mais qui sait le nombre de mois qui aurait pu s'écouler avant de te retrouver ? Ta mère me l'a bien fait comprendre... J'avais une sorte de boule au ventre, un besoin irrépressible de regarder de nouveau ton visage si...

Cëryl comprit que s'il ne voulait pas transformer son amie en femme-tomate (Encore une de ces créatures immangeables ? Non merci !), il devait calmer son éloge.

-Bref, il le fallait. Je suis donc parti à Mannheim... Où j'ai fait chou gras. Mais mon frère, écuyer je le rappelle, a pu apprendre que tu étais partie en direction de Lysangard. Suite à ça... J'ai fait route vers Alfeim, où j'ai entendu des rumeurs comme quoi tu avais traversé la ville pour te rendre vers Lome-Lith, et de la même manière j'ai su que tu étais venu dans ce coin. Je n'avais aucune idée des objectifs de ta mission, j'ai vraiment eu beaucoup de chance... Je me demande même si ce n'est pas un miracle. Quelle était le pourcentage de chance que je te retrouve, des marais à cette grotte ? Je me le demande. Je suis tellement heureux de te revoir...

Cëryl se rendait compte de son bonheur. Un sourire s'était dessiné sur son visage dès l'instant où il avait pris la parole, et il ne s'était pas effacé depuis. Il sût qu'il n'arriverait pas à enlever cet air idiot de son visage, et il ne chercha pas à le faire. Un détail l'interpella... Adrena avait deux petites balafres au front... Les pirates avaient dû la malmener en la capturant. Cëryl se releva brusquement, provoquant l'étonnement de son amie. Avant même qu'elle n'ait pu réagir, il était accroupi devant elle, une main sur son front. Un léger halo de lumière enveloppait les plaies qui avaient dû mal cicatriser, les purifiant doucement des éventuelles infections et de tous les saletés qui avaient pu s'y nicher.

-Ça a dû être terrible pour toi... Ces ordures ont dû te pourrir la vie... Comment ça c'est passé dans cet enfer ?
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MessageSujet: Re: Eclipse [Terminé]   Mar 12 Juil 2011 - 23:27

    Incendiaire. Elle brûlait. Il était son brasier. Les flammes léchaient sa silhouette sombre et luisante, ne laissant de ce qu'elle était que des cendres. Elle se consumait. La braise roulait sous l'effet des vapeurs cuisantes et sa teinte avait pris la couleur d'une lave en fusion, luisant comme mille lucioles, parée de l'aveuglante lumière de l'astre solaire.
     
    La lune est le soleil des statues. Et la nuit était belle, quoiqu'un peu fraîche.
     
    Qu'importait la rudesse des nuits d'Ark puisque la chaleur de son feu l'imbibait comme un alcool. Enivrant, doucereux, traître. Ses prunelles diamantines imprimaient l'image rémanente du ballet infernal qui se jouait devant elle ; avec tout ce qu'il avait de magnifique et de terrible, sa mémoire sans failles le lui représentait plus vivant que jamais, lorsque son esprit désirait se laisser couler dans la paix et l'abandon nocturne. L’allégresse et les feux de joie teintaient la baie de  rouge, les cris des pirates allaient de pair avec les rires, aux notes d’hystérie, des esclaves ayant recouvert leur liberté. Mais la pluie sanglante qui s’était abattue sur la mer d’Elya, c’était Adrena qui l’avait implorée.
    Les émotions, contradictoires, se déversaient en elle comme un maelström captant et avalant ce qu’il lui restait de force après les jours qu’elle avait passé. Mais sa mission était finie, l’enfant aux allures de poupée dormait paisiblement à même sa cape, le sac de Cëryl lui servait d’oreiller. Cëryl… La jeune femme avait du mal à réaliser qu’il était à ses côtés. La chaleur sourdait de sa peau, il lui semblait même qu’elle pouvait entendre les battements de son cœur.
     
    Ils n’avaient pas échangé un mot depuis qu’il l’avait retrouvée dans la cale du bâtiment ; et les mots qu’ils n’avaient pas échangés étaient tout autant de questions sans réponse. Pourquoi ? Le silence perdurait, entité omniprésente resserrant son emprise à chaque minute sur le minuscule campement que formait sa grotte chérie, et la rendait affreusement nerveuse.
     
    Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence.
     
    Adrena... Si tu savais comme tu m'as manqué, avait-il dit depuis plusieurs minutes déjà. Mais elle le connaissait, il ne s'arrêterait pas à ces paroles en l'air. Surtout pas après avoir jeté son regard sur elle et intercepté la rougeur de ses joues pleines, l'ultime émotion qu'elle se refusait à lui dévoiler : la joie. Le jeune homme ne tarissait pas d'éloges à son sujet et, au service de son désarroi, ne semblait pas vouloir s'arrêter. Elle avait tourné son regard émeraude vers lui mais aucune de ses paroles n'avait trouvé grâce à ses yeux, car rien au monde n'avait le pouvoir de la captiver plus que le visage de Cëryl Eludia.

    Les cheveux, filaments d'or pâle, prenaient une teinte rousse à la lumière de l'âtre et à ses yeux jaunis dansaient les femmes de feu, dandinant leur candeur épurée au rythme effréné de la destruction. Ses lèvres si parfaitement dessinées se mouvaient imperceptiblement, et un son si cristallin en sortait que l'esprit abandonné de la chevalière se laissait bercer par les intonations doucereuses. Pourtant, elle avait gardé de ce visage un souvenir bien plus parfait que ce à quoi elle faisait face au jour présent. Ses vêtements étaient en piteux état ; des éraflures avaient déchiré le tissu çà et là, parfois laissant à nue la peau blanche et douce du mage. Ses bras dénudés étaient couturés de fines cicatrices argentées, le gauche était ceint d'un bandage qui vraisemblablement recouvrait une blessure suintante, et à son front une bosse commençait à disparaître. À mesure que l'hématome noir qui l'entourait commençait à virer au jaune, une légère croûte de sang s'était instaurée. En dessous, une balafre encore rosée barrait sa joue. La blessure était affreuse mais semblait propre.

    La blessure vit au fond du cœur.

    Elle baissa les yeux sur ses mains, sales, malmenées, encore tâchées de sang. L'image que lui renvoyait les yeux myosotis de Cëryl n'était pas belle à voir ; un visage émacié, des bleus courant le long de ses membres élancés. Son souhait aurait été de disparaître. Ou tout du moins d'échapper à son regard si pur, qu'il la transperçait, elle lamentable. Elle, ombre d'elle-même.

    Il s'était levé si soudainement qu'elle avait sursauté ; son cœur battait à tout rompre y compris sa propre parois. N'ayant ni le temps de reculer, ni le temps de le refuser, elle décida de se laisser faire, dans une sorte de défaitisme malsain. Il s'agenouilla face à elle, si proche et pourtant trop loin. Et cette proximité lui faisait peur, peur de ce qu'il pouvait voir, peur qu'il la rejette encore une fois, peur... Pourquoi la retrouver ? Lui voulait-il des adieux en bonne et due forme ? La caresse angélique qu'il lui délivra la fit frissonner de plaisir. Elle ferma les yeux avec délice, profitant de chaque seconde pendant lesquels elle pouvait oublier qui elle était, ce qu'elle avait subi et avec qui elle était. Le toucher était frais, délicat et si précis qu'Adrena avait l'impression d'être opérée avec la précision d'un médecin. Les blessures qui fendaient son front avait cessé de la brûler et laissaient place à une douce plénitude.

    « Ça a dû être terrible pour toi... Ces ordures ont dû te pourrir la vie... Comment ça c'est passé dans cet enfer ? »

    La voix semblait lointaine, si lointaine... Elle allait prendre la parole, pour la première fois depuis des heures. Sa propre voix, qui s'éleva avec difficulté comme alourdie par la fatigue et la tension, sonnait rocaille à ses oreilles. Quelques discrets raclements de gorge contribuèrent à lui faire retrouver son timbre normal.

    « C'était terrible... J'ai été battue, esclavagée mais pire encore... J'ai pu assister à la chute de la civilisation en tant que telle. Des hommes traitant des hommes... Si l'esclavage n'est pas mauvais, alors rien n'est mauvais. »

    Qui parlait ce soir, cette nuit. Si son esprit divaguait bien loin devant elle, alors se devait être sa conscience, alerte en n'importe quelle situation, qui prenait la parole et les commandes d'un corps trop fatigué pour résister à sa juste emprise. Si la conscience dirigeait les hommes, ils n'en seraient que moins mauvais. Les yeux toujours clos, elle se blottit dans les bras de son ami sans même lui donner le droit de la refuser.

    « Merci Cëryl... Je ne t'ai pas vu depuis assez longtemps pour remarquer que des choses ont changé en toi »

    Elle susurrait doucement, toujours sous l'emprise, poigne féroce, d'une berceuse qu'elle seule pouvait entendre.

    « Tu t'es terriblement amélioré en magie, je me trompe ? Et ces cicatrices... Comment les as-tu récoltées ? »

    Elle n'était pas certaine d'avoir la force d'entendre les réponses à ses questions mais, intérieurement, elle se jura qu'elle essaierait.
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MessageSujet: Re: Eclipse [Terminé]   Mer 13 Juil 2011 - 22:49

L'astre lunaire brillant bien au dessus d'eux les observait, comme deux étoiles lointaines. Chaque parole était perçue par la déesse stellaire, qui entendait jusqu'au moindre bruit émis par l'univers tout entier. Pour Cëryl, les cheveux de la magnifique jeune femme qui l'enserrait lui rappelaient le soleil, un paradoxe agréable au plus noir de la nuit. Le jeune homme sentait l'odeur qui émanait de la chevelure éclairée par la lueur des flammes et les rayons de la Lune. Il s'y noyait, cherchant à s'en imprégner comme un fou fétichiste, bien qu'il sût par lui même qu'il savait se maîtriser. Son corps brûlant était comme un second feu, bien plus ravageur que celui qu'il avait allumé plusieurs minutes auparavant. Son cœur battait si vite qu'il pensait qu'il cherchait à traverser son propre corps pour rejoindre celui de celle qui l'attirait. D'une seconde à l'autre, il s'attendait à voir de la fumée s'élever au dessus d'eux, reflétant l'ardeur de son désir, de son amour pour son amie. Il ferma les yeux et sentit chaque fibre de son enveloppe physique sur le point d'exploser de bonheur. Lorsque la rêverie laissa place à la réalité, il entendit sa douce voix s'élever à son tour... Elle lui semblait irréelle, ne l'ayant pas entendu depuis ce qui lui semblait être des lustres. Les mots se formèrent loin au dessus de son esprit, il mit un moment pour les ressentir, les assimiler puis les comprendre. Elle lui posa deux questions, questions auxquelles il devrait fatalement répondre par la même explication : ses cicatrices et sa nouvelle puissance étant inéluctablement liées. Il passa une main sur ses doux cheveux et parla d'une voix lente et basse, comme s'il avait honte d'avoir bravé la mort comme il l'avait fait.

« -Je n'avais pas trop envie d'en parler mais il l'aurait fallu tôt ou tard... »

Et ainsi il lui raconta tout. Son voyage entre Alfheim et Lome-lith, comment il était tombé dans le piège mortel d'un troupeau de hyènes, sa fuite démente dans un labyrinthe forestier, son arrivée dans la clairière, son désespoir et, finalement, sa chute suicidaire du haut de la cascade. Voyant l'effroi gagner le visage de son amie, il tenta de lui expliquer avec clarté la manière dont il avait senti l'eau, dans ce qu'il pensait être son ultime instant, entourer son corps avec bien plus d'aisance que d'habitude, et qu'il s'en était servi pour se protéger. Les rochers jonchant le fleuve de part et d'autres furent les terribles obstacles qui lui infligèrent les blessures qu'Adrena avait pu apercevoir. Il ne savait pas cependant comment lui faire comprendre ce qui lui était passé par la tête, pourquoi il avait décidé de sauter. Il se rappelait seulement de cette sensation d'invincibilité qui l'avait traversé, juste avant le plongeon. Cette sensation était liée à elle, il en était sûr et certain, mais il préféra lui cacher ses réflexions. Il ne voyait aucunement quel était le besoin de faire culpabiliser son amie à cause d'un simple trouble. Il conclut ainsi son récit en disant à la chevalière entre ses bras qu'il avait sous-estimé la taille de la chute d'eau.

Adrena ne parlait plus, certainement encore choquée par ce qu'il venait de lui révéler. Tout en jouant à tortiller ses cheveux entre ses doigts, il décida de reprendre la parole une nouvelle fois.

-Depuis cet incident, mes pouvoirs semblaient avoir réellement grandi, et j'en ai eu la confirmation tout à l'heure. Mais j'ai encore de la marge, pour rattraper mon vieux maître Athos, qui doit m'attendre à Lleya de pied ferme pour voir mes progrès de plus près.

Il rit. Il ne rit pas simplement pour donner du baume au cœur de son amie, mais parce qu'il ressentait le besoin d'exprimer son bonheur, libérant l'obscurité nocturne de sa morosité, éblouissant la nature de la beauté des émotions humaines. Sans réfléchir, il déposa un léger baiser sur la nuque de son amie, plongeant ses lèvres dans un abîme de douceur et de fraîcheur. Il poursuivit néanmoins son discours, seul orateur face à deux spectateurs, son amie la plus chère et la nuit la plus noire.

-On devrait... Tu sais, rentrer à Mannheim. Enfin, on y est bien obligés pour ramener la petite, mais... J'aimerais rester avec toi à l'avenir. Si ça ne te dérange pas. Tu crois qu'ils accepteraient des mages à l'armée...? »

Il avait prononcé cette dernière question avec une sorte de gêne, de timidité dans la voix. Il n'était pas du genre direct, il n'osait pas se déclarer franchement à elle, lui expliquer l'étendue de sa passion. Au lieu de cela il ferma les yeux sans vraiment savoir ce qu'il attendait en réponse. Il tentait désespérément d'écarter sa peur de ne jamais vieillir, ce qui l'éloignerait fatalement d'elle. Il repoussait cette idée douloureuse, sentant les larmes lui venir aux yeux, enfouissant son visage dans la cascade dorée, agrippant ses bras chaleureux. Peur et bonheur, une éclipse insensée.

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MessageSujet: Re: Eclipse [Terminé]   Jeu 14 Juil 2011 - 20:33

    Le monde devait avoir cessé de tourner. Autour d'elle, il n'y avait plus que les ténèbres et lui. Elles étaient douces, ces ténèbres. Dans son plus beau faste, la nuit, parée de mille diamants luisait d'une lueur surnaturelle et unique ; ce soir elle était spéciale et, du fond de sa conscience, une voix lui murmurait de faire perdurer cet instant pour toujours. Elle redoutait la venue du jour, elle redoutait la disparition du plus merveilleux de ses rêves.

    Blottie qu'elle était, tout semblait si vrai. Au son d'un te deum magnifique, les battements du cœur de Cëryl formaient une mélodie déchaînée ; c'était la vie, la magie, la puissance du sang propulsé par le muscle à travers ses veines fortes. Une main dans ses cheveux, l'autre l’enserrant, il caressait la longue cascade d'or avec douceur. Apaisant. Les respirations, calquées l'une sur l'autre, créaient des volutes de buées neigeuses, nuages miniatures formant leurs nues. La nuit de satin blanc s'étendait à perte de vue, écrivant leur histoire avec des perles de désir, des bulles d'envie et des cristaux de fidélité. Tout ce qu'ils avaient traversé semblait ne plus avoir de densité face aux vagues sentiments qui devenaient entre eux.

    Les minutes qui suivirent ses questions avaient visiblement été sacrifiées sur l'autel de la réflexion et lorsque Cëryl reprit la parole, son timbre avait changé. Il était plus sombre, plus grave, plus voluptueux... Plus entêtant.

    Lentement, et bien qu'à contre-coeur, il lui narra son histoire depuis qu'elle l'avait quitté. Elle l'écoutait, malgré le fait que son attention soit incertaine; elle était dans une sorte de stase, prise entre deux univers, deux réalités. La sienne, et l'autre. La sienne était légère, pure et d'or. C'était l'association de toutes les joies qui n'avaient jamais empli son cœur de femme ; c'était sa famille, c'était son destin, c'était Cëryl, dans tout ce qu'il avait de gai et d'adorable. Son ami, son seul ami.

    L'autre était rouge. Un rouge vivant dont les teintes variaient inlassablement, tantôt rouge sang, tantôt bordeaux. C'était le siège de ses passions, le trône hurlant de Sjofn ; c'était la colère, c'était le plaisir, l'envie, la luxure... C'était une réalité qu'elle craignait.

    Elle prenait le pas sur elle à l'instant même où Cëryl parlait. C'était un mélange détonant d'envie, de colère, de peur et de frustration. L'envie de se coller plus encore à cette peau diaphane, la colère ne pas avoir été là pour lui, d'avoir été la cause de ses maux les plus terribles, la peur de le perdre de nouveau et la frustration, une frustration silencieuse de n'avoir pas pu assister à son évolution. Une jalousie. La puissance d'un baiser. Dans la nuque. Une décharge pour ses sens. Avait-elle de nouveau rêvé de cet instant, la Völa rêvait-elle de choses irréelles, elle qui donnait la constance à notre monde ? La chevalière ne rougit pas, pas plus que son cœur ne se mit à fracasser sa poitrine douloureuse. C'était une évidence. Un léger sourire au coin des lèvres, elle se remémora leur première rencontre et tant d'autres choses fébriles que le flot de ses pensées se supplanta de lui-même. La somnolence avait pris le pas sur son intérêt alerte, elle lui permit à peine de remarquer que le jeune homme lui avait posé une question.

    Ce ne fut que lorsqu'il agita doucement son épaule, qu'elle daigna ouvrir ses yeux anisés.

    « Que... Tu m'as parlé ? » balbutia-t-elle, perdue.

    Il réitéra sa question, d'un air vaguement amusé alors qu'elle se redressait légèrement, seule façon, lui semblait-il de recouvrer l'intégralité de ses facultés intellectuelles.

    « Des mages dans l'armée ? Aucune idée. Peut-être, il faudrait voir... »

    Un bâillement. Il était temps de dire adieu à ses réalités pour rejoindre le monde fantasmagorique de l'abstrait.
    Elle déposa un vague baiser sur la joue rosée de son ami et trouva grâce de son état auprès du feu bienfaiteur qui les protégerait des prédateurs de cette nuit, noire d'encre.

    Ces prédateurs, ils étaient tapis. L'ombre comme Univers, le crépuscule comme avènement Delling comme Dieu. Du fond de leur grotte protectrice, à l'abri d'un éclat solaire prisonnier, ils étaient saufs. Et à jamais ensemble.

    Jusqu'à ce que la mort nous sépare, pensa Adrena avec amusement amer.

    « Moi aussi... Je veux rester... » avec toi... murmura l'inconscient inerte de la chevalière. Elle n'était plus.
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MessageSujet: Re: Eclipse [Terminé]   Jeu 14 Juil 2011 - 20:33

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