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 Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]

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MessageSujet: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Ven 15 Juil 2011 - 22:19

    Il y avait, dans l'air, une odeur de fête. C'était un mélange savoureux de pains aux épices et de vins chauds dont les marchands ambulants vantaient les mérites aux quatre coins de la ville ; leurs roulottes grinçantes rappelaient aux parents leurs souvenirs d'enfance et aux enfants qu'il était le moment d'être heureux. C'était l'odeur de la joie, celle de l'impatience, de l'exultation du théâtre virtuose qui avait envahi les rues pavées. Des acrobates, des prestidigitateurs, de nobles vandales, des vieilles femmes aux larges créoles d'or, gitanes ayant la prétention de tenir entre leurs mains osseuses les clés du destin,... tous avaient fait des rues leur domaine. L'heure était à l'allégresse. Le ciel, pour l'occasion, s'était paré d'une magnifique robe irisée, dont les couleurs balayaient le spectre de la lumière blanche ; là verte, çà d'un bleu éclatant et, au pourtour de l'astre de Sol, un orange vif et lumineux. Un arc-en-ciel d'éclats. Des nuages épars s’effilaient dans le ciel d'azur, comme un coton usé par le temps. Dans la stratosphère, un vent terrible devait souffler, formant et déformant les amas de particules comme un enfant joue avec une motte de sable.

    Les oiseaux de papier, par groupe de quatre ou six, se laissaient flotter au bout des fils que les mains potelées des bambins serraient de toutes leurs forces, glissant les courants d'air ascendants, chauds. Ils avaient, pour l'espace de quelques jours, remplacé les véritables occupants du ciel, obligés de battre en retraite face à une adversité inconnue et inébranlable.

    Des oiseaux de paix. Allégorie de la liberté. Hypostase de Saga.

    Les banderoles colorées se laissaient bercer, tendues entre deux habitations, avec la mollesse d'une algue dodelinée par les courants marins. Au loin, un chérubin hurlait, tendant ses bras dodus vers le ciel, tandis que la corde voltigeait, enfin libre. Des parents attentionnés. Un bisou humide. Une promesse. Une promesse de Félicité. C'était aujourd'hui, le centième anniversaire de la Paix. La Paix, celle qui avait étendu sur les peuples d'Yggdrasil ses ailes immaculées. Une colombe divine, cadeau de Dieux, messager de l'avenir radieux qui attendait chacun des habitants de ces contrées sauvages. Quel bonheur, la Paix.

    À la lumière du jour, il faisait bon. Assez pour se passer de lainage. De plus, les rires des habitants, des voyageurs et surtout des enfants réchauffaient l’atmosphère comme une étoile bienveillante ; celle de la fraternité. C'était un jour de fête. C'était un jour où Adrena L'Ulaun pouvait se comporter comme une simple habitante. Un jour où elle pouvait troquer ses frusques usées et ses épées contre des vêtements plus classieux, plus légers aussi. Une robe fluide, des sandales et la fine couronne à l'émeraude. Ses cheveux détachés, ornés de fleurs printanières coulaient dans son dos comme une cascade ondulante et valsaient à chacun de ses mouvements.

    Comme chaque année, elle avait été conviée aux réjouissances de Mannheim et, par chance, avait pu rejoindre la capitale avant que celles-ci ne commencent. Le voyage avait été rapide, bien plus qu'à l'aller. Et simple aussi. Trois jours depuis la baie de Lome-Lith. Sans détours, sans embûches. Rares instants de calme à l'extérieur des gigantesques murailles de l'immense ville où règnent en maîtres la justice et sa sentence. Ils n'avaient plus parlé. Mais quelque chose restait en suspens, elle le sentait et le savait.

    Cëryl et elle avaient ramené l'enfant chez son père. Ils avaient été remercié pour cela, bien entendu.
    Le remerciement ? La joie peinte sur le visage, les larmes de bonheur traçant des sillons humides sur les joues d'un homme passant ses bras autour du corps maigrelet de la poupée. Là était la véritable récompense aux yeux de la chevalière. Les bonheurs ingénus de l'humanité innocente.

    « Elle est tout ce que j'ai » avait-il dit.

    Oh, oui. J'aimerais vous dire que je sais ce que cela signifie mais c'est faux. Laissez-moi vous approuver.

    Adrena et son compagnon avaient rejoint la demeure de feu Rhya L'Ulaun, demeure dont elle devait hériter quelques mois plus tard, à l'ouverture du testament retrouvé dans un tiroir à double fond. Elle avait besoin d'un peu de repos. Elle avait besoin de se détacher de la Chevalière pendant quelque temps, de la laisser au placard pour donner plus de liberté à la Femme. Elle n'avait pas croisé Cëryl de la journée ; partie tôt, elle lui avait simplement laissé un morceau de papier lui signifiant qu'elle l'invitait au bal donné par le grand Cid II en l'honneur des centaines d'années de paix que connaissait le royaume.


    Alors que ses jambes nues remontaient la pente qui, dans un mouvement de masses, la conduisait au château, elle se demanda si le papier trônait toujours là où elle l'avait laissé, là où il était susceptible qu'il puisse le trouver, sur la table de la cuisine ou s'il l'avait pris avec lui, comme une relique précieuse. Ces niaises pensées indignes à ses yeux pour une chevalière seyaient à merveille à la femme dans la fleur de l'âge qu'elle était, le temps de deux jours.

    Tous les ans, le peuple midgardien, comme un seul homme, venait écouter le discours d'un Roi. De son Roi. Ce discours festif annonçait l'ouverture des tant attendues réjouissances dansantes. Un bal libre, réputé et se déroulant au sein même du château, ouvert en cette seule occasion au peuple. Peuple qui attendait cet événement avec une impatience joviale, l'accueillant comme une offrande chaleureuse. Cid II était un souverain aimé, qui savait se faire aimer. Un roi blessé, un roi aimant. Un charisme hors pair et une charité à nulle autre pareille.

    La dernière marche montée, Adrena retrouva la candeur de l'excitation précédant l'ouverture des portes du bal. D'un balcon élevé, surplombant allègrement la foule venue assister à l'inauguration des festivités. le roi fit son apparition, entouré de sa famille. Sa voix puissante et grave résonna sur les murs de pierre et frappait avec toute sa conviction, le cœur de ses dévoués sujets. Tous les peuples. Toutes les classes. Toutes les conditions. D'un ample geste des bras, il mima l'ouverture de la fête. La salle de bal, dans lequel le peuple s'engouffrait, était magnifiquement décorée. Elle s'offrait à eux comme une sucrerie enrobée d'or et de velours et dont la ganache épaisse n'avait rien à envier aux meilleurs gâteaux d'Yggdrasil. La pièce était immense, parée de proche en proche par des baies lumineuses qui déversaient dans le château leur lumière bienfaitrice. Un tapis de brocart ornait le sol de pierre et d'épaisses colonnes dorées à l'or fin soutenaient le plafond aux arches exquises, vestiges d'un art maître et unique. Dans un coin, l'orchestre de cuivre, de cordes et de vents jouait une musique rythmée et entraînante sur laquelle se déhanchaient déjà certains des invités.

    À l'opposé de l'entrée, la royauté avait pris place devant de larges tentures dressées à l'occasion. Le roi trônait au centre de l'estrade, mis en avant. De part et d'autre de son siège, présidaient la reine et son fils aîné, Cid III digne successeur de son père quoique enclin, il semblait, à un malaise palpable.

    Adrena chercha des yeux son ami. Introuvable. La tristesse prise au cœur, elle balaya la salle de son regard jadéite. Sa vision ne s'arrêterait pas, elle accrochait tantôt un nain trapu, tentant d'une façon pour le moins bourrue de frayer un passage à sa large carcasse, tantôt une elfe longiligne baladant ses jambes sans fin à travers la piste, ondulant son bassin avec une grâce et une élégance félines,...

    Mais toujours aucune trace de Cëryl. Peut-être le papier s'était-il envolé à sa suite, lorsqu'elle avait ouvert la porte pour quitter la demeure, peut-être avait-il préféré rester là-bas, ou aller lire, ou partir dieu seul savait où, ou...

    Une main hasardeuse se posa sur son épaule dénudée, la faisant légèrement sursauter. Elle se retourna lentement. Ses yeux purs s'accrochèrent à ceux de l'individu.


Dernière édition par Adrena L'Ulaun le Lun 22 Aoû 2011 - 23:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Mar 19 Juil 2011 - 18:10

Les rues pavées de la capitale soulevaient le cœur du monde en ce jour de festivités. Toutes les races avaient été convié, tous les êtres d'Yggdrasil invités. Mannheim était, pour ainsi dire, le point de ralliement de toutes les nations, dans une atmosphère de paix et d'euphorie, où le vin coulait à flot. Cëryl déambulait dans ces mêmes rues, petites ou grandes, depuis l'aurore. Il était allé rendre visite à son frère et à sa mère, leur faisant la surprise du retour en ce jour de fête. Son frère lui avait sauté au cou, sa mère l'avait chaleureusement embrassé et ils avaient discuté et ri ensembles. Yvan lui avait tenu à lui faire voir ses progrès à l'épée en frappant un mannequin d'entrainement, mais avait bien vite coupé court à sa démonstration lorsque des amis à lui vinrent frapper à la porte, le réclamant afin d'aller passer la journée à flâner en ville. Cëryl était alors resté un peu avec sa mère, lui expliquant qu'il avait retrouvé son ami, qui devait certainement se trouver dans la cohue immense à l'extérieur de la maisonnée à ce moment là. Sa mère l'avait félicité pour son travail de recherches finalement récompensées, avant de lui demander pour quand était le mariage. Cëryl était devenu plus rouge que les banderoles écarlates qu'agitaient les enfants dehors, et s'était récrié. Après quelques nouveaux échanges affectueux, le jeune homme décida de partir profiter de la fête tout comme son frère, proposant même à sa mère de se joindre à lui, mais celle-ci refusa, prétextant qu'elle avait peur durant ce genre d'évènements où les bousculades sont monnaie courante. Le mage n'insista pas et partit sans savoir vers où il se dirigeait, tournant et virant à travers la grande cité royale. Il pensait à Adrena, qu'il retrouverait sans aucun doute auprès du roi, comme le spécifiait la note qu'elle lui avait laissé le matin même.

Au détour d'une ruelle il percuta une silhouette en robe bleuâtre, se dirigeant vers le centre-ville. Il s'apprêtait à pester contre la personne qui l'avait heurté sans faire attention, lorsqu'Il le reconnut. Ses traits s'étaient encore affermis avec l'âge, même s'ils conservaient une certaine douceur qu'il avait appris à adorer lors de sa jeunesse. Le vieil homme vieillissait, et une triste étreinte enserra le cœur du disciple. Sa barbe grisonnante tirait de plus en plus vers le blanc, son dos se courbait, la paume qui saisissait sa canne tremblait légèrement, elle qui était autrefois si ferme et assurée. Seuls ses yeux conservaient leur éclat doré, vestige d'une jeunesse autrefois vive et féroce. Quelques mois avaient-ils suffi à le rendre ainsi ? Ou Cëryl avait-il réfuté à chaque fois la réalité, voyant le sage qu'incarnait son maître comme une figure de l'éternité, une icône incontestable de sa vie qui ne se ternirait jamais ? L'implacable vérité se tenait devant lui, le fixant d'un regard aimant, nostalgique, ce même regard qu'il avait parfois interprété comme celui d'un père envers son fils. Bien qu'il eut un père, Cëryl n'avait eu qu'un seul guide sur les chemins sinueux de l'adolescence, et c'était lui.

« -Maître Athos ?

-Pourquoi poser la question si tu le sais déjà, que c'est moi, idiot ?


Cëryl voulut se jeter dans les bras de son maître, mais refoula son envie de faire une telle chose, angoissé à l'idée de lui casser quelque chose. Il s'approcha alors doucement de lui et l'enlaça tendrement, collant la tête à son épaule accueillante. Leur étreinte dura un long moment, puis le vieillard se dégagea lentement de l'emprise du jeune homme. Il le regarda, un sourire éclatant sur le visage. Celui-ci, tous comme ses yeux, n'avait pas changé.

-T'as poussé mon petit. Et je peux sentir que t'as progressé, aussi. Tu sais bien que pour ce qui est de détecter la magie, je ne me trompe jamais, fit-il en même temps qu'un clin d’œil à son attention.

-Vous, vous êtes demeuré le même. Toujours aussi perspicace.

-Bien sûr que non, tu ne te rends pas compte à quel point c'est flagrant, c'est tout. Avec des années d'expérience il n'est pas difficile de détecter les flux magiques d'un semblable. Ma perspicacité, comme le reste de mes facultés, quant à elles, doivent être en chute libre depuis le grand pont de la perdition.


Cëryl voulut rétorquer, mais il savait qu'il n'aurait aucun argument pour. Il se contenta de baisser les yeux et de se mordre les lèvres en signe de résignation de la parole. Athos lui posa une main sur l'épaule et le regarda avec douceur.

-T'inquiète pas gamin, j'ai encore du temps à perdre avant de devenir sénile pour de bon. Je fais juste un peu mon dramatique… Va profiter de la fête un peu, et vient me retrouver aux Trois As un de ces jours, j'y reste une semaine encore, avant de regagner Lleya. Allez, décampe !

Cëryl fut rassuré par cette soudaine flambée de bonheur sur le visage de son maître et ami, et après une dernière accolade il repartit guilleret en direction de la demeure royale. Sur le chemin, il fut submergé par un groupuscule en délire, sans doute enivré par quelques alcools importés de l'étranger pour l'occasion, criant et riant aux éclats, composé à la fois d'humains, d'elfes et de nains. Charmante démonstration de la paix apparente, enveloppant Yggdrasil comme une douce couverture. Cëryl se rapprocha du château, où la foule se concentrait davantage, où les hurlements de joie des bambins et les brouhahas incessants des adultes se mêlaient pour créer la musique d'un gigantesque instrument, un violon où chaque corde représentait une nation, et le corps la terre elle-même. Le château impressionnait par sa taille gigantesque, symbole de la capitale. Le mage s'approcha assez pour en apercevoir l'entrée, où des soldats en armure vérifiaient les invitations pour le bal. Le bal auquel Adrena l'avait convié, précisément. Cëryl n'avait participé qu'à un bal, des années plus tôt, avec d'autres étudiants mages. Le souvenir de celui-ci était plutôt désagréable, il était resté à l'écart toute la soirée, n'ayant aucune cavalière. Cette fois il avait sa chance, d'autant qu'il serait avec la plus belle du royaume. La nervosité le gagnait, il espérait ne pas passer pour un idiot. Bien qu'il ait lu quelques ouvrages sur le sujet, et que sa mère ait essayé de lui apprendre quelques pas de danse quand il était jeune, il n'était sûr de rien, et il avait peur de faire mauvais effet lors de l’événement.

Les gardes eurent un petit rictus de mépris en voyant son allure, celle d'un pauvre fils de paysan essayant de paraître bien vêtu. Il avait demandé à sa mère si elle avait conservé quelques habits de feu son père, qui lui iraient pour l'occasion : il n'avait pu trouver qu'une vieille tunique beige, troué au niveau des des jambes, mais qui le faisaient paraître moins « vagabond » que d'habitude. Une ceinture marron et usée nouait le vêtement à la taille. Il avait également trouvé des bottes en daim pour se chausser, mais l'ensemble conservait un aspect pauvre. Il se présenta aux sentinelles, qui vérifièrent qu’il ne portait rien de dangereux, puis il pénétra dans la salle des réjouissances.

Cëryl n'aperçut pas Adrena du premier coup. Il regarda des couples danser avec grâce et volupté au rythme de l'orchestre qui produisait une musique pour le moins magnifique. Il cherchait son amie du regard en parcourant l'immense pièce dans tous les sens. Des robes tournaient, ondulaient, parfois le frôlaient, des gens l’observaient, l’air amusé. Un tourbillon de couleurs l’entourait : arc-en-ciel de rouge, bleu, vert, autant de couleurs qu’il y avait de races, de peuples différents en Yggdrasil. Ensembles se côtoyaient et riaient des habitants de l’Utgard, du Novigard, de Midgard et de Lysangard, dans un gigantesque fourmillement prenant source en plein cœur de la salle du bal. C’était comme si les dieux eux-mêmes avaient organisés cette grande fête pour réunir leurs créations. Au bout de nombreuses minutes passées à chercher son amie, Cëryl reconnut une silhouette familière près d’un groupe d’elfe, revêtant une robe d’un blanc crème. Ayant quitté son armure, elle avait à présent l’aspect d’une frêle princesse, qui méritait un cavalier avec le même charisme. Cëryl se sentit honteux de ses vieux habits, de son allure misérable. Ne se couvrirait-il pas de ridicule en dansant avec une telle beauté ? Ne la couvrirait-il pas de ridicule ? Il hésita à s’approcher, il avait peur de provoquer son dégout…

Il s’aperçut soudainement qu’il n’avait pas bougé de sa position depuis près d’une minute, et que les gens dansant autour de lui devaient se pousser pour ne pas le percuter. Quelques nains grognaient, s’impatientant, et il lui fallait bouger s’il ne voulait pas se faire expulser du coin.

Il s’avança jusqu’à elle et posa sa main tremblante sur l’épaule de son amie, qui se retourna l’instant d’après. Une couronne sertie d’une pierre de la même couleur que ses yeux, une petite émeraude, lui ornait le front. Le mage l’observa de haut en bas, admirant sa splendeur, la bouche légèrement entrouverte. Stupéfaction. Emerveillement. Angoisse. Cëryl tendit une main, à la limite de l’arrêt cardiaque, et prononça les quelques mots si difficiles à prononcer.

« Et bien, euh… M’accorderais-tu cette danse ? »

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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Lun 1 Aoû 2011 - 18:52

MORDIABLE ! Ce cheval me scie l’entrejambe. Maudit soit-tu Loki, toi qui ris devant mes grimaces. Voyager à dos de dragon aurait été tellement plus confortable…

Les quatre montures et leurs cavaliers stoppèrent leur course promptement au pied du gigantesque escalier de pierre qui grimpait vers la porte de Manheim. Les pieds parcourus de fourmis, Piotr ôta ses jambes des étriers et passa au-dessus du dos de la bête afin de laisser glisser sa lourde carcasse et toucher enfin la terre ferme. Son amour-propre déjà entaché par sa seule présence à une fête qu’il n’avait pas désiré, il fit l’effort de se poser gracieusement au sol comme l’avaient si bien fait ses trois collègues silencieux. Une fois ses deux bottes enracinées, il poussa rageusement son cheval aux deux écuyers qui venaient les accueillir, un sourire aimable étirant leurs visages.

- Bienvenue à Manheim, Maîtres Nains ! Le discours du Roi Cid II va commencer, nous vous conseillons de vous hâter.

En s’étirant allègrement, les Nains furent frappés par la grandeur imposante des fortifications de la ville. De part et d’autre de la montagne où elle se tenait, une muraille monstrueuse semblait sortir de terre et l’envelopper tel deux bras protecteurs, leurs extrémités se rejoignant en une voûte solide et dont les tourelles sortant du mur comme des protubérances menaçantes grouillaient d’hommes et de femmes curieux et bruyants. L’échelle doublée de chaque chose laissait les Nains bouche bée et, bien que la taille ne fut jamais sujet à des complexes mal dissimulés, ils se sentaient réellement petits face à cette omniprésente grandeur. Piotr s’avança et posa le pied sur la première marche des 500 autres qui l’attendaient. Si Loki pouvait se matérialiser en objet ici même, un sourire cruel se dessinerait sur chacune des étapes de cette infernale ascension. Et les écuyers demandaient aux Nains de se hâter ! Piotr pesta dans sa barbe et ils entamèrent leur chemin avec dignité.

Loin d’inspirer de la pitié, la venue de ces quatre Nains royaux était pour les Hommes de toutes races un spectacle étonnant. Gonflés d’orgueil sous leurs splendides armures d’or et de pierres précieuses, les hallebardes, haches et lourdes épées aux pommeaux menaçants portés à la ceinture ou dans leurs large dos, ils avançaient d’un même pas, le casque sous le bras. Chaque marche faisait résonner leurs massives bottes de cuir. Leurs visages durs étaient levés vers les hauteurs de la ville ; le soleil venait illuminer le crin raide de leurs barbes, soigneusement tressées et parées de perles pour l’occasion. Celle de Piotr possédait deux nattes symétriques qui s’échappaient de sa lèvre inférieure, et la couleur blanche peu commune de sa pilosité le rendait plus royal encore que les trois autres rouquins. Pourtant, il était de loin le moins noble, le moins riche. Son armure était simple, de couleur violette car frappée d’améthyste, et son casque aux longues cornes courbées apparaissait bien plus barbare que les beaux chefs ronds ou géométriques des trois autres Nains. Enfin, c’était un forgeron remplaçant. D’apparence, Piotr était un roi, mais aucun sang de haute condition ne coulait dans ses veines.

Ils assistèrent au discours du Roi Cid II en ayant pris avantageusement place sur un promontoire qui offrait une supériorité par rapport à la foule. Piotr observa longuement cet humain tant adoré de ses sujets, donc les traits tirés par le temps trahissaient sa faiblesse humaine. Son regard pétillant inspirait la confiance et son discours était juste, dénué d’artifices. En somme, ce devait être un bon Roi qui ne tiendrait pas longtemps. Lorsque les acclamations tonitruantes de la foule résonnèrent, une vague de mouvement vers la salle de bal du château se fit sentir. Piotr resta immobile, prenant plaisir à observer l’architecture de Manheim. Elle se présentait comme la plupart des villes royales ; une ville commerciale entourant l’édifice du palais des souverains. Le chemin vers celui-ci n’était pas bien compliqué, la rue principale y menant sans détour. Les quatre Nains se mirent en route d’un même mouvement et Piotr eut un petit sourire fier en voyant qu’à leur passage, tous s’écartaient et exprimaient leur admiration par une exclamation ou une inclinaison de la tête.

La salle de bal, à l’image de ses occupants, pétillait de vie et de splendeurs. La musique délicate et enjouée portait les invités vers la piste de danse où déjà des couples hétéroclites s’adonnaient à quelques mouvements rythmés. A droite, un gigantesque buffet s’élevant au-dessus des têtes débordant de victuailles, entremets sucrés et plats de toutes les contrées. Un gigantesque tonneau calé sur des rondins de bois sculptés déversait sa bière dorée où une joyeuse bande de Nains nomades s’y servaient avec allégresse. A gauche, non loin des trois trônes occupés par leurs souverains avait été montée une scène en bois et les planches craquaient discrètement sous le poids des musiciens, emportés par leur musique, qui dansaient également tout en jouant. Piotr laissa ses compagnons aller saluer Cid II et se dirigea naturellement vers le tonneau géant. Il salua ses confrères d’une puissante tape sur la poitrine en demandant des nouvelles de cette fameuse bière. Le vacarme des Nains faisait converger les regards des invités tant leurs voix étaient rocailleuses et leurs rires puissants.

Après s’être réveillé le gosier, Piotr s’éloigna du joyeux groupe et voulu aller quérir le roi Cid II afin de se faire indiquer le forgeron de la ville. En marchant à petits pas parmi les invités, il sentit soudainement une douleur sur le crâne et poussa un cri surpris. On lui tirait les cheveux dans le dos. Il jeta un regard derrière lui et aperçu trois petites têtes aux mains baladeuses qui riaient en lui tripotant la crinière. Piotr eut un petit soupir et, ménageant ses effets, poussant un grognement en crescendo avant de se retourner, tombant nez à nez avec le trio démasqué.

- Par les cornes de Loki, qui ose donc m’attaquer dans mon dos !? Si je vous attrape, petits trolls, vous tâterez de ma lame !

Les enfants poussèrent un cri de joie et passèrent sous les jambes du Nain avant de s’enfuir en riant. Piotr se lança à leur poursuite en proférant des jurons fleuris qui faisaient doubler les rires des gamins. Il trottina sur leurs pas mais ce qui devait arriver arriva. Il percuta un des invités au beau milieu de la salle et leva les yeux, confus.

- Par Odin, excusez-moi. Je poursuivais mes jeunes assaillants… mais lorsqu’on est Nain, il faut regarder au ciel et non devant soi pour ne percuter personne !

Piotr s’inclina légèrement en signe d’allégeance, le poing fermé sur sa cuirasse. L’Humain qu’il avait percuté était un jeune homme d’une blondeur lumineuse, largement vêtu d’une toge blanche aux multiples bijoux bleutés. Ses yeux de même couleur étaient frappants par leur profondeur, mais sa carrure n’avait rien à envier puisqu’il semblait un tantinet maigrichon. A ses côtés, le Nain remarqua la présence d’une grande et imposante demoiselle, davantage bâtie que ce dernier, dont la robe avait… tout à envier. Piotr s’efforça de ne pas trop la dévisager et se contenta de s’incliner.

- Acceptez mes humbles excuses, madame.
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Mar 2 Aoû 2011 - 21:17

    Soudainement, la musique changea. Pas de changement franc, non, elle coula d'un ton à un autre comme une chenille se muant doucement en papillon. Elle se fit suave et, avec la volupté de lourdes boucles de fumée, entraîna dans son sillage volatil les couples éphémères. La main pâle de son mage était tendue vers elle, résolue. Son regard translucide semblait la percer de part en part, la déshabiller des yeux.

    « Et bien, euh… M’accorderais-tu cette danse ? »

    Sans un mot. Sans fioriture. Juste la grâce d'un sourire et le monde danse autour d'eux.

    Un sourire qui fleurit sur son visage, épanouissant ses traits candides, ceux d'une belle femme dans la fleur de l'âge. Son regard translucide qui magnétise celui de son ami ; des yeux d'un bleu princier. C'était un lagon. C'était la magie. C'était une ode à la liberté. Elle déposa sa main gracile dans celle, forte, du mage. Avec la légèreté et la caresse fragile d'une fleur, elle sentait sous ses doigts la moindre rugosité de la peau nue, habituée des travaux de force. La jeune femme le détailla longuement ; de la pointe sèche de ses cheveux platine, au liseré sombre qui teintait encore la balafre sur sa joue. Et non, elle ne s'en lassait pas.

    Adrena s'inclina doucement en signe d'acceptation. Elle n'avait pu s'empêcher d'esquisser un sourire à la demande maladroite de son ami et, lorsqu'elle se redressa, sa longue chevelure dorée à peine nouée pendant sur ses épaules, elle posa sa main libre sur l'épaule de Cëryl et sentit un frisson lui parcourir l'échine tandis qu'il raffermissait doucement son étreinte autour de sa taille. Comme un reflet, il lui rendit son sourire. Le rythme entraînant des tambourins faisait valser les robes des femmes comme autant de pétales de papiers multicolores. De partout les gens riaient ; des éclats de voix aux intonations harmonieuses qui, d'une seule force, formaient le chant de la paix.

    Des dissonances pourtant. Des brides d'exclamations suintaient par les pores de la foule qui semblait secouée d'un frisson interne. Adrena se figea un instant, scrutant les dansants autour d'elle.


    « Par les cornes de Loki, qui ose donc m’attaquer dans mon dos !? Si je vous attrape, petits trolls, vous tâterez de ma lame ! »


    « Tu entends ? » demanda-t-elle au mage, qui détaillait son visage sans sembler comprendre.

    Surgissant d'entre les tulles et les doublures chatoyantes, trois marmots aux joues roses, à peine sevrés, filèrent comme des comètes de part et d'autre du couple de danseur, éraillant leurs voix rondes de rires purs et sonores, de ravissants couinements de joie. D'un pas en avant mesuré, Adrena esquiva les têtes blondes qui ne semblaient pas tenir compte de l'endroit où ils étaient, ni d'où ils allaient. L'insouciance enfantine lui fit chaud au cœur et elle ne les quitta pas des yeux.
    En moins de quelques secondes, ils avaient disparu de son champ de vision. Elle se retourna vers Cëryl, toujours sans départir de son sourire chaleureux et ses yeux pétillants de malice le regardaient d'un air de dire : « Ah ! Les enfants,... ».

    Alors qu'elle s'apprêtait à se perdre dans la chaleur des bras de son ami, quelqu'un le percuta, le faisant chavirer dans les siens. Adrena jeta un œil derrière Cëryl, vivement. Pensant dans un premier temps à une facétie puérile, elle fut surprise et amusée de constater que son interlocuteur était un nain.

    « Par Odin, excusez-moi. Je poursuivais mes jeunes assaillants… mais lorsqu’on est Nain, il faut regarder au ciel et non devant soi pour ne percuter personne ! »

    Il s'était incliné en guise de pardon et pendant quelques instants, elle put l'observer avec un mélange de curiosité humaine et d'émerveillement militaire. Le myrmidon était vêtu richement, bien plus que la plupart des nains qu'elle avait déjà croisé dans la salle. Il portait une armure dorée, forgée avec finesse. Une finesse qui aurait fait mourir d'envie n'importe lequel des forgerons de Midgard tant elle était ouvragée. C'était un métal qu'elle avait déjà eu la chance de porter, à la fois léger et solide dont seul le petit peuple détenait le secret du travail et de la confection. Çà et là des pierreries luisaient sous la lumière vacillante des candélabres lui donnant prestance et grandeur. Une cotte de mailles recouvrait son corps et ses vêtements simples ; chemise de brocart crème et bottes de cuir lourd. Son visage aux traits épais était entouré d'une barde blanche et foisonnante, lui octroyant un aspect puissant et de ses yeux d'acier, dont l'un était dissimulé derrière un cache oeil, elle put déceler son caractère fort et houleux. Il se releva, l'air renfrogné et se tourna vers elle.

    « Acceptez mes humbles excuses, madame. »


    Le visage de la jeune femme se fendit d'un sourire amusé en se détachant de Cëryl qui n'avait pas pipé mot depuis le début.

    « Je vous en prie ! Nul besoin d'excuse... »
    elle leva son regard d'émeraude vers les trois têtes qui avaient émergé de derrière une porte et ricanaient gaiement. « Les enfants sont usants ! »

    Elle reporta son regard perçant sur lui.

    « Vous ne semblez pas là pour le plaisir, comme vos compatriotes qui roucoulent gaiement près du tonneau. »


    Elle désigna un groupe de nains trapus, de larges choppes de bois débordant de mousse fraîche à la main et chantant à tut tête avec quelques sylphides aux yeux sibyllins. La voix basse, elle ferma ses paupières délicieusement.

    « Il est rare que des délégations naines nous rendent des visites de courtoisie. À voir votre carrure, vous devez être... forgeron ? »

    La chevalière rit. Un rire simple et franc qui lui leva, en un instant, la désagréable sensation d'avoir importuné le convive.

    « Pardonnez-moi si je vous ai mis dans l’embarras. Je m'appelle Adrena L'Ulaun, et » elle désigna son ami doucement « voici Cëryl. Eludia. » ajouta-t-elle guillerette.

    Ses yeux doux affichaient toute sa bonté, bien plus que des mots, bien plus que des actes.

    « Bienvenue à Midgard, Maître nain. »
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Mer 3 Aoû 2011 - 14:57

Lorsque le nain les bouscula, Cëryl sentit la douceur, la volupté du corps de son amie dans ses bras. Il goûta à la fraicheur de sa peau sous le tissu, un délicieux régal dont il ne pouvait se passer. Chaque parcelle de son être contre laquelle Adrena était appuyée subissait une décharge de ravissement contre laquelle il était totalement impuissant. Il s’abandonnait à ce désir grandissant jusqu’à ce que le nain se mette à parler : le charme se rompit alors, en même temps qu’Adrena s’écartait doucement de lui. Autour de lui, le monde reprenait ses couleurs, ses mouvements, ses bruits, les gens dansaient toujours dans la félicité et la bonne humeur générale ; des jeunes femmes nobles se mêlaient à des jeunes hommes richement vêtus, et les plus pauvres demoiselles dansaient également, avec des hommes de leur classe sociale, oubliant leur misère, oubliant leur dénuement en ce jour de fête. Des vieillards se balançaient doucement, ne pouvant suivre le rythme des moins âgés. La symphonie de l’orchestre enveloppait le lieu d’une atmosphère rêveuse, iréelle, apportant réconfort et soulagement à chacun. Cëryl remarqua, postés aux quatre coins de la pièce, des juges, certainement des gardes rapprochés du roi et impressionants par leurs armures épaisses les recouvrant des pieds à la tête. De véritables créatures d’acier, à cœur humain. Le jeune mage eut un frisson alors qu’Adrena parlait au nain devant eux, constatant la froideur des personnages. De véritables de statues n’esquissant aucun mouvement, scrutant la salle à la recherche du moindre trouble, la moindre nuisance : des chevaliers préparés à toutes les situations, formé depuis leurs débuts, plusieurs décennies auparavant. Des mesures précautionneuses dans le cadre d’une si grande fête, s’était dit le jeune mage, quand on sait qu’une telle confusion est idéale pour préparer un attentat… Mais qui voudrait briser un tel équilibre, une si belle harmonie ? Les héritiers de la lignée des Jaseth ?

« Voici Cëryl. Eludia. » annonça son amie au nain avec qui elle discutait.

Cëryl le fixa alors pour la première fois, attardant son regard sur les traits dur du petit personnage. Ses yeux étaient bleus, comme les siens, mais ceux-ci semblaient briller davantage, reflétant la force et l’ardeur que l’on devinait déjà en observant sa peau épaisse et musclée, signe d’un labeur intensif durant de nombreuses années. Ses cheveux et sa barbe tressés étaient d’un blanc pur, net, immaculé. Pourtant le nain n’avait pas l’air très usé, au contraire : on pouvait discerner fougue et ambition juste en croisant ses yeux. Le mage hocha la tête poliment, une manière de dire bonjour comme un autre. Encore tourneboulé par le choc avec son amie, il emergeait du rêve dans lequelle le nain l’avait littéralement… Poussé.

Cëryl aperçut les enfants, après qui le nain semblait en vouloir, courir quelques mètres plus loin. Leur candeur faisait plaisir à voir, une innocence encore bien loin des affres du monde. Il les regarda quelques instants se rejoindre puis se disperser plusieurs fois, avant de disparaitre derrière des tourbillons de robes. Ils appréciaient la fête à leur manière, une délectation juvénile de la vie. Cëryl eut un petit sourire et pensa à son petit frère, Yvan, qui faisait la même chose à leur âge. L’attention du jeune homme se reporta sur le nain… Sa carrure obligeait certains danseurs qui ne le voyaient pas à se détourner au dernier moment, et de justesse, pour ne pas le percuter de plein fouet. Adrena avait parlé de forgeron, était-ce le métier qu’exerçait ce nain ?

Curieux comme d’habitude, le mage ne put s’empêcher de prendre la suite d’Adrena :

« Maître nain, si vous m’autorisez à vous le demander , pourrait-on connaître votre nom ? Venez-vous d’Urgard ? On m’a raconté de magnifiques récits à propos de ses montagnes, où vos semblables creusent la pierre… Excusez mon interêt exagéré, mais j’aime apprendre des détails sur Yggdrasil. »

A dire vrai, Cëryl connaissait déjà plusieurs choses sur Utgard. Il avait eu l’occasion de lire des livres d’histoire sur les différents rois du pays, tels Trederkrag le Gras ou Veseth le Sanguinaire, ainsi que sur la douleureuse défaite des humains, lorsque conduits par Jaseth Ier ils furent vaincus et humiliés par le peuple nain. En admirant la prestance de la tenue du nain devant lui et de l’armure ornée de magnifiques pierreries de ceux qu’il aperçevait plus loin dans la salle de bal, Cëryl se demanda comment le peuple nain avait bien pu être endetté aurpsè des hommes un jour.

Cëryl n’était pas rancunier mais il en avait un peu voulu au nain lorsqu’Adrena et lui-même avaient été interrompus et qu’elle s’était retournée vers la personne de petite taille pour lui parler. Une pointe de jalousie, peut-être. Ils dansaient jusqu’à lors ensembles, chorégraphie onirique puisqu’il était charmé par le sourire de sa compagne : c’était lui le cavalier, cette fois. Les notes de musiques avaient fusé autour d’eux, les imprégnant de cette douce mélodie produite par les musiciens les plus renommés de Mannheim. Ils avaient chavirés ensembles à bord de ce bateau romantique qu’était la piste de danse, laissant derrière eux un monde euphorisant qui n’était rien à côté de la magie de cet instant. Cëryl avait été nerveux quelques minutes auparavant, et avait craint de trahir son calme coutumier. Sa peur s’était dissipé dès les premiers instants, où il l’avait soutenu par la taille, enserrant ses formes pour la première fois. Seul son cœur n’avait cessé de battre à toute allure, accompagnant un autre chœur, celui qui envoûtait toute la pièce. Son amie dansait admirablement bien, et il s’était également bien débrouillé pour mener la danse jusqu’à l’incident avec le nain. A présent, il ne lui en tenait plus rigueur et appréciait même leur rencontre forfuite, car il n’avait presque jamais parlé avec un nain (le dernier en date était un ivrogne à Lome Lith, qui avait du mal à mettre deux mots l’un à la suite de l’autre). Une occasion de découvrir un peu mieux ce peuple méconnu par des gens tels que lui ou Adrena.
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Mer 3 Aoû 2011 - 18:04

Pardon, Piotr parle beaucoup. Trop. Mais les questions méritent leurs réponses...!

________________________

Piotr, la main fermement plaquée sur sa cuirasse métallique, pestait intérieurement. Sans prêter attention aux risques encourus, il avait cru bon de se prêter au jeu des trois marmots et se retrouvait dans une situation où la politesse et la retenue étaient de mise. Encore n’avait-il pas bu de grandes quantités de bière lors de son passage au tonneau, mais il avait chaud sous son armure cérémonieuse qui ne lui convenait guère, lui dont le corps pouvait habituellement se mouvoir dans sa forge spacieuse. Un rictus courroucé figeait sa bouche ; il se mit immédiatement à tripoter une des tresses de son épaisse barbe lorsque ces jeunes gens curieux l’interrogèrent. Leur étonnement se lisait sur leurs visages angéliques aux traits trop parfaits. Ainsi la fleur de l’âge chez les Humains leur dessinait des points communs étonnants.

Piotr se réjouissait de ne pas avoir heurté un couple Elfique. L'échange aurait été certainement différent. Cependant, en observant attentivement ce gracieux couple par-dessous ses sourcils épais, Piotr décela une certaine déception dans le regard du blondinet qui avait lâché la taille de sa compagne. S’était-il donc empêtré dans les sentiments amoureux qui touchaient tous les cœurs fragiles en Yggdrasil ? La situation n’en devenait que plus risible. Par simple curiosité ou poussés par la politesse, leur jeu de questions semblait se répondre. L’une parla de sa condition de forgeron, une étonnante déduction fondée sur l’état piteux de ses mains et de sa peau ainsi que de son désintérêt pour la gente royale. Piotr acquiesça en haussant les sourcils.

- Ainsi même cet attirail artificiel ne trompa pas vos beaux yeux. Je vous donne raison car il sembla que je sois né dans une forge plutôt que dans une armure comme celle que vous voyez. C’est certes beau mais il fait bien chaud à l’intérieur.

Lorsqu’elle évoqua ses excuses, il secoua son chef en guise de négation. Être forgeron était une fierté autant que d’être un Nain parmi les Hommes, et jamais il ne nierait cette confortable condition. Cependant, il ajouta :

- Voyez-vous damoiselle, le voyage fut très inconfortable pour un Nain de ma sorte. Je ne suis ni noble, ni demandé par notre Roi Jorgeg le Vaillant. Le forgeron du roi, un individu que je n’apprécie guère, s’est laissé mordre par un serpent et une forte fièvre le cloue au lit. Je suis donc ici par ordre du Roi et non par intérêt personnel.

Il ajouta avec un petit rire moqueur :

- Ces individus que vous avez pu apercevoir sont des aventuriers. Leurs armes barbares et leurs vêtements usés en sont la preuve. Moi, je suis un sédentaire qui ne quitterait pour rien au monde sa ville et sa forge.

Autour d’eux, la musique doublait d’intensité et les couples tournoyaient maintenant au milieu de la piste au rythme des tambours et des violons. Les hommes disparaissaient derrière les robes gonflées des dames et reparaissaient, souriants ou concentrés, pour leur redonner l’équilibre d’un habile mouvement du bras. Non loin de là, la troupe des Nains s’éloignaient des festivités en parlant bruyamment, certains continuant à se frapper la cuirasse entre deux éclats de rire. Plus loin, le Roi s’était levé et, le bras posé à la taille de sa Souveraine, l’invitait à la danse au milieu des convives qui se laissaient distraire par leur venue en poussant des exclamations admiratives, en s’excusant humblement lorsqu’ils étaient sur leur passage où en applaudissant. Voyant cela, les musiciens achevèrent leur morceau et s’engagèrent sur un air subtilement enjoué où violons et flûtes, complices, se répondaient parmi les percussions. Le couple royal s’enlaça et Cid II prit l’initiative de conduire le pas, ses mains parées de bagues tenant fermement sa sublime compagne. Leurs pieds se croisant sans erreur et la tête haute, ils ne se quittèrent pas des yeux et dansèrent sous les milliers de regards qui faisait une arène autour d’eux.
Piotr se permit de les observer puisque le couple faisait de même. Puis il dû forcer sa voix pour se faire entendre parmi le tumulte des spectateurs.

- Je me nomme Piotr, fils de Thingrim et d’Hadra, descendants du clan des Cornus et forgeron par hérédité.

Piotr avait toujours eu un léger souci de mémorisation des identités. Ainsi s’efforça-t-il de se souvenir des prénoms de ces deux Humains avec qui – qui sait ? – pourra-t-il faire commerce un jour. En observant l’accoutrement de chacun, il semblait que la femme soit mieux dotées que l’homme. Si par chance c’était une guerrière, l’affaire était bouclée. Mais là n’était pas lieu de marchander du métal. Piotr se tourna vers Cëryl Eludia dont la remarque sur Utgard avait suscité son attention. Fidèle à lui-même, le Nain répondit sur un ton fier et un tantinet arrogant.

- Il est évident que notre capitale ne ressemble pas à cette ville, bien que sa splendeur m’étonne encore. Sachez, maître Cëryl, que les Nains ne se limitent pas à frapper des cailloux pour peupler les dessous de la terre. Mon peuple doit son Histoire au talent inné de la sculpture et de l’architecture mêlé à l’art de la guerre. Que l’on soit guerrier, forgeron, sculpteur ou cuisinier, un Nain est un artiste et nous nous vouons corps et âme à notre activité.

Il cessa de tripoter sa barbe et se tourna cette fois-ci vers Adrena L’Ulaun pour ajouter avec un petit sourire aimable :

- Nous extrayons également diverses pierres précieuses des montagnes d’Imir, dont les dames de toutes races en apprécient la qualité.

Comme tout Nain fidèle à son sang, Piotr avait dans sa façon de parler de son peuple une tendance à valoriser chaque profit en vue d’un commerce prochain avec l’interlocuteur. Il aimait entendre les pièces d’or s’entrechoquer joyeusement dans sa bourse de cuir et, dans un pays étranger où il ne se sentait pas bien, chercher de quoi rentabiliser son voyage ne pouvait lui procurer plus de plaisir. C’est ainsi.
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Sam 13 Aoû 2011 - 22:13

    Les intonations graves sourdaient à ses tympans et bien plus encore lorsque, couvert par la musique, le nain dut élever le ton pour se faire entendre. Sa voix avait la dureté et l'éclat des métaux précieux d'Utgard. Adrena se risqua à fermer les yeux l'espace d'un instant, fugace et suspendu, rabattant ses paupières qui, ornées des longs cils d'or qui venaient caresser ses joues rosies par la danse. Son esprit fit un voyage fabuleux. Au son de la voix qui rythmait son échappée, Adrena sentit les réguliers chocs du marteau du forgeron contre le fer éternellement prisonnier entre l'outil et l'enclume et qui, chauffé à blanc, rougeoyait comme un plasma magmatique. Ces vibrations traversèrent son corps et le transportèrent comme une musique brutale et tribale. Elle sentit le frétillement de l’arme lorsqu'il la plongea dans l'eau glaciale des montagnes, dégageant des volutes d'eau vaporeuse, enfumant la pièce déjà surchauffée par la forge d'une vapeur torride. La vapeur teinta tout de blanc. D'un blanc éclatant qu'était la neige sur les sommets d'Ymir. Elle vit dans le sol les traces fraîches du chasseur vêtu de peau et qui avance péniblement, arme en main, traquant sans relâche de ses yeux perçants la proie vers laquelle ses sens le guide. Elle fit un bond dans les entrailles de la terre, c'était dans les mines qu'elle se trouvait. Là, les mineurs frappait la pierre avec une précision et une minutie acquise année après année. De ce qu'elle savait d'eux, les métiers se transmettaient de père en fils. Chaque choc déversait autour d'eux des gerbes de gravillons, se répercutant sur leur peau épaisse comme s'ils avaient heurté un mur de pierre. Les enfants de la roche étaient des êtres surprenants.

    « Nous extrayons également diverses pierres précieuses des montagnes d’Ymir, dont les dames de toutes races en apprécient la qualité. »

    La jeune femme rit franchement à la remarque un tantinet publicitaire du nain et rétorqua ironiquement que si elle commerçait un jour avec lui, ce serait probablement pour acheter une lame plutôt qu'un bijou. « Même si, comme toutes les dames, j'aime les gemmes ! » avait-elle ajouté avec un clin d’œil complice.

    Une lame... La chevalerie. Ce fut bref, elle était jeune mais dans sa voix sonnait l'exception qu'elle accordait à ce à quoi elle avait consacré sa vie. Elle n'évoqua pas son rêve ; les rêves nourrissaient l'esprit, pas les conversations. La spontanéité de leur interlocuteur n'avait rien à envier à sa fierté populaire. De son oncle, de ses rencontres aléatoires, Adrena avait toujours entendu dire des nains qu'ils étaient un peuple fier aux accents arrogants. Et maintenant, seulement maintenant, elle se rendait compte à quel point cela était vrai. Dans le milieu des armes, les forgerons nains jouissaient d'une excellente réputation, en particulier s'ils provenaient de l'est du pays d'où on disait qu'il naissait chaque année le forgeron du siècle. On eut dit que Loki lui-même ait craché son feu divin dans la forge primordiale ; la forge aux braises infernales brûlant pour l'éternité, brûlant jusqu'au crépuscule des Dieux.

    La chevalière jeta un œil rapide dans la salle en mouvement. Les lumières tamisées étaient focalisées sur le centre de la pièce, là où le couple royal avait entamé une valse voluptueuse sous les regards bienfaiteurs de leurs sujets. Aussi loin que portait son regard, Adrena put distinguer un visage qui ne lui était pas inconnu, et qui l'observait avec toute la réserve d'un étranger voyeur.

    Tiens…

    Elle prit la parole.

    « Enchantée d'avoir fait votre connaissance Piotr ! Et excusez-moi de devoir vous fausser compagnie ainsi mais il m'a semblé apercevoir quelqu'un de ma connaissance dont je m’enquiers la santé depuis plusieurs semaines et que personne ne semble connaître. De plus, la soif tiraille ma gorge. C'est ainsi, les femmes parlent trop ! »

    Après s'être approchée de Cëryl, elle lui avait glissé à l'oreille qu'elle reviendrait dans l’instant. « Si je ne suis pas revenue d'ici que l’aiguille ait fait un demi tour d’horloge, rejoins-moi près de la fontaine. » avait-elle ajouté doucement, presque dans un murmure. Après quoi elle s'était éloignée dans un éclat de rire faisant tournoyer sa robe fluide autour d'elle comme les pétales d'un lys épanoui dont elle serait le pistil mordoré.

    Elle déambula gracieusement jusqu'au buffet auprès duquel un certain nombre d'individus s'étaient réfugiés. Les nains alcoolisés riaient joyeusement dans leurs barbes fournies, tapant sans vergogne les épaules d'elfes trop droits et fiers, ne serait-ce que pour vaciller. Ils rotaient, s’extasiaient de la blancheur de la mousse de la bière qui remplissait leurs chopines et dont ils ventaient les mérites, la prétendant « nécessairement » de chez eux. Plus loin, quelques demoiselles peu gâtées par la nature regardaient les couples danser d’un œil torve et riaient grossièrement derrière leurs éventails de satin et de plumes. Malgré l’agitation ambiante, un homme demeurait à l'écart. C’était un grand personnage vêtu de nuit. Il arborait des vêtements riches, ce dont pouvait en témoigner les bordures et les galons à ses manches, mais rien en lui ne suait l’ostentation. Il était classieux et sobre dans son habit d’ébène. Ses yeux noirs sondaient la foule autour de lui, impassiblement et une coupe de liqueur, vide, tournait entre ses doigts habiles. Signe d’ennui. Lorsqu'il l'aperçut, essayant de se frayer un chemin entre deux elfes élancés, il esquissa un vif mouvement pour déposer le cristal sans la quitter des yeux et s'avança vers elle, le pas assuré, la mine fière. Saisissant sa main délicate, il rejeta en arrière la cape qu'il portait sur les épaules, y déposa un léger baiser de courtoisie.

    « Bonsoir. » Sa voix grave bercée d'une onde de sensualité n'avait rien à envier à son charme sombre et insaisissable.

    Les yeux verts d’Adrena fixaient l’homme calmement, un petit sourire en coin éclairait son visage.

    « Messire. Jamais je n’aurais cru vous revoir en de si bonnes dispositions… Voilà une chose dont tu ne m’avais pas parlé, Ian. » Conclut-elle, prenant une mine doucement vexée. « Il semblerait. » articula-t-il en se relevant. Avec assurance, il saisit une carafe de verre remplie d’un liquide sanguin. Il en versa le contenu dans un verre en cristal avec souplesse et savoir-faire, esquissant de long vas et vient pour oxygéner le vin et libérer tous ses arômes. Elle prit le verre qu’il lui tendait et y trempa les lèvres ; au contact du liquide amer, elle ferma plaisamment les yeux et laissa les sensations l’envahir. Il était rond, boisé et quelques exhalaisons fruitées cédaient au plaisir de l’alcool, le rafraîchissement du raisin.

    « Il y a là-bas un jeune homme qui a l’air de ne guère m’apprécier. Il serait bon que nous nous soustrayions à son regard, histoire de le faire mourir de jalousie. » Lui susurra-t-il dans un rictus. Elle écarquilla les yeux, manquant de s’étouffer face à cette soudaine proximité.

    « Ne sois pas si mauvais. Je le connais depuis bien plus longtemps que toi et tu lui dois un minimum de reconnaissance. C’est lui qui nous a sauvés du bateau. »Grogna la jeune femme en posant sa coupe.

    « C’est ainsi alors, Dit-il rêveur, Puisqu’il est ton cavalier, et notre sauveur, ce soir, je m’avoue vaincu. Pas définitivement, bien sûr. Il marqua une pause de circonstance, Puisque tu t’apprêtes à me quitter, je crois qu’il est temps pour nous de nous présenter en bonnes et dues formes. Je suis Lord Erillidan Sardowine, baron d’Oloend, chevalier des terres provinciales de Nebesha. »

    Oloend était le nom d’un petit bourg situé dans la banlieue de Lleya. Une si petite influence qu’elle n’avait jamais fait connaître son père, Lidan. En revanche, elle avait entendu parler de lui comme étant un des précurseurs de la lutte contre persécution des peuples des villes et villages indépendants du pays. Il était également connu pour être un homme volage, aux conquêtes nombreuses et jouissant d’une popularité controversée à la cour. Adrena s’inclina légèrement, comme le voulait l’étiquette.

    « Mon nom est Adrena. Adrena L’Ulaun, fille de Kalem L’Ulaun et de Leea Caelum. Affiliée à feu le marquis d’Ulaun et chevalière de sa majesté le roi. » Déclara-t-elle.

    « Je sais. Je te connaissais déjà avant notre rencontre. L’histoire de Demether a fait couler beaucoup d’encre et agité des langues un peu trop déliées. »

    Elle sourit, à peine déconcertée. « Effectivement, j’en ai entendu parler. ».

    Un coup d’œil à l’horloge surplombant les tentures royales lui apprit que l’échéance qu’elle avait accordée à Cëryl était passée de cinq bonnes minutes. Elle fronça les sourcils et prit la main du nobliau dans les siennes.

    « Ia… Erillidan. Je suis ravie de t’avoir vu et je suis dans la nécessité de me retirer pour le moment. Sûrement nous croiserons-nous lors des festivités à venir. »

    Un baisemain.

    « Cela va s’en dire. Va donc rejoindre ton jouvenceau avant qu’il ne languisse et ne meurt, comme ces poètes des temps anciens. Peut-être un jour, je te dirais ce que je faisais sur ce bateau. »

    Il tourna les talons dans un bruissement de tissu, sa cape sombre le suivant comme un manteau de ténèbres, un serviteur farouche. Il ressemblait à ces créatures toutes d’ombres et de flammes vêtues mais avait la prestance et la douceur sauvage d’un loup.

    Vivement, elle quitta la pièce pour rejoindre l’arrière cours, un sourire flottant à ses lèvres charnues. En contrebas d’un escalier de pierre brute, la fontaine du palais était doucement éclairée. D’ici, elle pouvait entendre les clapotis de l’eau cristalline dans le calme qui régnait en contrebas. Elle fut également rassurée de ne pas voir la silhouette de Cëryl sur le pourtour du bassin rond. Adrena descendit les marches quatre à quatre, manquant de tomber, se rattrapant in extremis sur la rampe de métal. Elle calma l’allure lorsqu’elle sentit les graviers crisser sous ses pas et qu’enfin, la douceur et la fraîcheur des fines particules d’eau volant sous l’effet de la pression.

    Le cœur affolé, elle attendit.


[HRP : Désolée pour le temps que j'ai mis, c'est une honte >< *Camion*]
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Lun 15 Aoû 2011 - 0:09

Un baisemain. Il en était resté là.

Haine ? Non. Fureur ? Non plus. Indignation ? Toujours pas. Cëryl venait juste de heurter un douloureux pan de la réalité, choc qui le fit frissonner des pieds à la tête. L'homme qu'il avait vu parler avec son amie dont il était éperdument amoureux, venait de poser ses lèvres sur sa si douce et délicate peau, un acte que le mage lui même n'avait jamais pu faire. L'homme avait de l'expérience avec les femmes, lui n'en avait pas. Peut-être était-il baron, compte ou duc, lui n'était que roturier. Une flèche de jalousie le traversa, tirée par quelque mauvais ange issu des enfers. Il se sentit vulnérable, lui qui s'était toujours imaginé comme étant le seul prétendant possible pour Adrena. Lui qui pensait n'avoir aucun rival sur son chemin. Il fulminait à présent. Un instant auparavant, il avait vu l'homme -qui ressemblait au prisonnier du bateau pirate- l'apercevoir et murmurer quelque chose à la chevalière. Se moquait-on de lui ? Non, il ne pensait pas qu'Adrena puisse laisser faire cela... Mais le sourire visible sur le visage du noble lui ternissait le cœur, l'emplissant de tristesse. Un instant, il se regarda, lui et ses habits si pauvres. Il se maudissait d'être venu, des gens prestigieux l'entouraient, il n'avait rien à faire à cette fête. C'est au bord des larmes qu'il s'éclipsa, laissant le nain seul, après lui avoir poliment souhaité de passer un bon moment au milieu des danses et de la musique.

Il quitta l'intérieur du palais, et sans le savoir, pénétra dans l'arrière cours. L'endroit convenu pour le rendez-vous. Mais il n'avait pas envie d'attendre la venue de son amie. Il avait le moral au plus bas, il se sentait pathétique, risible. S'il la retrouvait, il ne saurait pas quoi dire. Il n'y aurait rien à dire de toute manière. Mais Adrena sentirait que quelque chose le torturait, et s'inquièterait. Elle lui demanderait son problème mais il ne parviendrait pas à le lui expliquer, et se sentirait encore plus mal. La douleur morale lui faisait peur, et il était angoissé, ne sachant que faire. Partir ? Sans explications, et lui raconter plus tard qu'il s'était égaré ? Sa crédibilité serait sans nul doute médiocre, et il aurait à se justifier plus tard, ce serait reculer pour mieux sauter.

Cëryl se rapprocha de la fontaine. Il vit son reflet à la surface de l'eau claire et observa son propre visage. Les cicatrices qui s'y dessinaient lui rappelèrent toutes ses pensées des derniers mois. Son enthousiasme de voyager avec Adrena, sa bravoure pour sauver les victimes du bandit Cornello, mais également sa faiblesse face à ses sentiments à la demeure familiale des L'Ulaun, tout comme sa folie suicidaire de se jeter du haut de la chute, pour finalement retrouver toute sa fougue et sa volonté lors de son « abordage » sur le vaisseau des pirates. Et puis à nouveau... Rien. Il avait retrouvé Adrena et n'avait finalement rien fait. La nuit qui suivit les évènements de la baie de Lome-Lith lui parût douce et apaisante, mais il ne s'était rien passé hormis le récit qu'il avait fait à son amie et la tendre étreinte qu'ils avaient eu. Qu'attendait Cëryl à présent ? Qu'Adrena ne se marie avec quelqu'un de sa stature, un noble marquis, un grand duc ?

Un mortel ?

Le souvenir de ses sinistres pensées revint en lui comme une lame de poignard : perçante, froide et douloureuse. L'idée qu'il ne puisse plus vieillir parce qu'il était doté de pouvoirs magiques, et qu'il soit condamné à la voir mourir. Il avait poussé le problème de côté pour ne plus y penser, lâchement, et n'y avait plus accordé aucune attention depuis son séjour aux marais. Pourtant, en regardant son visage balafré, plus mature qu'auparavant, atteint par la vie et ses expériences, il se dit qu'il ne pouvait plus échapper à ces ombres : il devait admettre le problème et trouver sa solution. Il devait cesser d'avoir peur.

L
es dieux avaient placé en lui un grand pouvoir, qu'il devait se montrer apte à assumer, il n'y avait rien à redire sur ce point. Sa pauvreté n'avait rien de misérable, sa condition restait celle d'un homme libre d'Yggdrasil. Son amour n'avait pas à être scellé au fin fond de lui-même. Même s'il devait voir mourir sa chère et tendre, il se devait de partager ses sentiments avec elle, tout du moins pour la rendre heureuse, et ne rien regretter.

Assurément, Cëryl avait changé. Il était passé du statut du jeune garçon endeuillé par la mort de son père à celle d'un homme ayant pleinement conscience des troubles de la vie. Celle-ci n'était pas rose comme dans certains livres qu'il avait eu l'occasion de lire, mais elle pouvait l'être par moments. Tout comme elle était parfois terrible et cruelle. Mais laisser le côté terrible et cruel l'emporter par crainte de ne jamais profiter entièrement d'une vie sans aucune difficulté à rencontrer était pire que tout. Le mage savait faire face au problèmes à présent. Il n'avait plus qu'à les résoudre, sans s'enfuir.

Au fil de ses pensées, il avait tourné autour de la fontaine et avait fini, par hasard, à se retrouver de l'autre côté, le plus éloigné de la porte du palais. Il n'avait pas aperçu la jeune femme qu'il côtoyait depuis des mois se rapprocher et s'y arrêter, attendant sa venue. Caché par une statuette trônant au centre du bassin, le jeune homme observait toujours son image dans l'eau cristalline. Lentement, il passa sa main sur celle-ci, la troublant en agitant ses doigts immergés. C'en était fini du Cëryl lâche, peureux. La vie lui apparaissait sous un jour nouveau, composé d'une multitude de nouvelle couleurs, prête à l'accueillir chaleureusement s'il l'acceptait dans son intégralité. Il releva la tête.

Il lui sembla avoir vu bougé derrière la statue, son cœur se serra l'espace d'un instant. Elle était déjà là. Quelque chose en lui voulut hésiter, attendre quelques instants avant de s'avancer, mais quelque chose d'autre, de plus dangereux, de plus agressif, grondant, désira s'élancer du premier coup. Cëryl laissa sa première envie mourir sous l'ardeur de sa congénère, détruisant toutes les barrières qu'il s'était fixé depuis sa naissance. Il contourna le bassin et s'avança jusqu'à elle. Son air semblait angoissé, stressé, peut-être avait-elle eu peur qu'il ne vienne pas ?

Elle le vit finalement, entrouvrant sa bouche, révélant ses dents blanches entourées par deux lèvres charnues et attirantes, une architecture de la beauté qui pouvait laisser rêveur n'importe qui. Sous le soleil, ses yeux s'illuminaient davantage, grands ouverts, où se lisait l'étonnement et la surprise. Ses joues aux teintes rosées manifestaient toute la fraicheur de la jeunesse qui émanait de ce corps radieux aux formes parfaites, resplendissantes.

Avant même qu'elle n'ait pu articuler le moindre mot, Cëryl attrapa ses mains, les serrant fort contre ses paumes, et posa doucement ses lèvres contre les siennes tout en fermant les yeux. Le geste avait été simple, il avait repoussé toutes ses entraves et le léger tremblement incontrôlable qui l'avait saisi dès lors qu'il s'était avancé dans sa direction se retrouva littéralement submergé par la vague de chaleur et de douceur qui s'abattait sur lui. Ses lèvres étaient chaudes, tout comme le reste de son visage. Un goût fruité, agréable, lui pénétra le palais, provoqua ses sens. Alors il rapprocha son corps du sien et se plaqua contre elle, passant un bras autour de sa taille, voulant la recouvrir entièrement, lui montrer son amour, et comme il regrettait sa stupidité antérieure. Sa peau était douce sous le tissu fin, ses doigts l'effleuraient, son âme aussi. Chaque seconde qui s'écoulait était bien plus intense que lorsqu'il utilisait la magie, à vrai dire la magie n'était strictement rien à côté de ce feu qui le consumait complètement et le faisait renaitre sous les cendre d'un phénix, désirant à présent ouvrir les ailes. Maintenant qu'il avait pris son envol, il recula ses lèvres l'espace d'une seconde, le temps nécessaire pour articuler les trois mots qu'il s'imaginait lui dire depuis une éternité. « Je t'aime » disparut aussitôt sous un nouveau baiser, encore plus passionné que le précédent.
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   Lun 22 Aoû 2011 - 17:33

« Enchantée d’avoir fait votre connaissance. Excusez-moi de devoir vous fausser compagnie. »

Cette grande dame s’en était allée après avoir murmuré quelques mots à l’oreille de son damoiseau. Piotr l’observa un moment se faufiler au milieu de la foule mouvante qui se laissait porter par la musique, encerclant toujours le couple royal dont les talentueux pas de danse forçaient l’admiration. Piotr se tourna vers Cëryl et vit l’expression butée qui crispait son visage depuis ces quelques mots prononcés par sa précieuse compagne. Il eut un petit sourire amusé. Les sentiments étaient parfois bien plus compliqués qu’une lame à reforger. Effaçant sa compagnie de quelques pas sur le côté, l’imposant Nain parti retrouver le tonneau où il se resservit une choppe mousseuse. La musique commencait à lui assourdir les oreilles et, afin de déguster en paix son breuvage, il prit la direction de la sortie la plus proche vers le grand air.

Dehors, la soirée était tombée et un fin manteau de nuit recouvrait la cour. Epars le long du balcon qui surplombait l’escalier d’entrée se tenait des invités lassés de danser ou désireux de pouvoir se faire entendre dans cette cacophonie. Piotr se posta en retrait, pouvant à peine voir par-dessus le balcon à cause d’une architecture non adaptée à sa morphologie. Il but une longue gorgée qui lui réchauffa le gosier et son regard se perdit dans le paysage. La fatigue le gagnait après un si long voyage ; il ne parvenait plus guère à penser correctement.

- Quel banal tableau nous avons là ! Un Nain cuvant sa dernière bière à l’aide d’une nouvelle. Comme c’est... piquant.

Cette voix claire et ce rire cristallin résonna comme un coup de poing dans le ventre de Piotr qui se retourna lentement. Se tenant sur deux jambes minces et fuselées, un fin manteau brodé d’or lui recouvrant sa taille haute et ses menues épaules, le beau parleur avait croisé ses bras et arborait un léger sourire espiègle. Son visage était d’une beauté androgyne époustouflante et ses cheveux, tressés en un élégant catogan, luisaient de leur blondeur juvénile à la lueur des lampes. Piotr soutint son regard, le temps de porter une nouvelle fois la chope à ses lèvres. La fatigue et l’irritation créait un curieux mélange de sentiments qui le maintenait totalement serein. Lorsqu’il eut fini de boire, il répondit tranquillement :

- Vous parlez d’originalité… c’est amusant. D’un premier abord, j’ai pensé vous connaître. Mais en repensant à chaque individu de votre espèce croisé lors de cette petite fête, je serais incapable de vous y retrouver.

Piotr s’adossa à la balustrade de pierre derrière lui.

- Voyez-vous, cher Elfe, être en harmonie avec la nature vous a offert un point commun avec les individus de toutes les races non-humaines de cette Terre. Vous vous ressemblez tous.

Silence.
L’expression de l’Elfe se crispa légèrement. Il fit un pas en avant et renchéri d’une voix mielleuse.

- Voyons Maître Nain, vous comme moi sommes des créatures d’Odin. Mais peut-être que votre petite taille se justifie par une erreur : par un quelconque évènement, alors qu’il voulait vous aplatir pour recommencer son œuvre, le Divin Borgne n’a pas achevé son travail.


Piotr serra les dents. Il n’avait jamais été très doué pour combattre un Elfe avec des mots. Se contentant d’un regard assassin, il termina sa choppe et se força à sourire.

- La verve Elfique est toujours aussi détestable. Mais je refuse d’avoir des comptes à vous rendre… ce serait me mettre à dos chacun de vos clones. Bonsoir.

D’un pas vif, le Nain s’éloigna du balcon et pénétra de nouveau dans la salle, tentant d’ignorer la réplique cinglante ponctuée de ricanement de l’Elfe qui l’avait pris au mot. Il s’adressa à un valet pour connaître l’emplacement de la chambre réservée aux Nains de Svartalfheim. L’homme lui indiqua un couloir, un escalier et lui souhaita une bonne nuit. Piotr s’y rendit avec empressement. Lorsqu’il pénétra dans la vaste salle où avaient été installés quatre lits douillets, il dégaina son épée Ridill et fracassa d’un coup violent un tabouret de bois posté à l’entrée.
Maudit Elfe et maudite politesse ! Je t’aurais éventré de ma lame si l’éthique me l’avait permis. Pauvre Ridill, je la sentais frémir dans son fourreau. Dormons maintenant. Et qu'Odin garde ces fragiles tourtereaux.

*


Je termine simplement, pardonnez mon manque de zèle quant à l'écriture de ce dernier post. Le RP s'arrête ici pour moi ! Merci chers amis et bonne continuation à vous deux !
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MessageSujet: Re: Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]   

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Réjouissances Dansantes - [Cëryl - Piotr] - [Terminé]

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