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 Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]

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MessageSujet: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Dim 18 Sep 2011 - 23:35

Mon voyage vers Mannheim se déroula sans anicroche. Malgré l’heure matinale, la grand-route était abondamment fréquentée : il y avait notamment des paysans, mais aussi des artisans et des commerçants en tous genres, alléchés par la prévisible affluence de badauds ; la plupart tiraient une carriole pleine à craquer des produits qu’ils escomptaient vendre, ou étaient juchés sur un chariot tiré par un bœuf pour les plus fortunés. Des groupes de visiteurs côtoyaient les vendeurs, et je vis même passer un carrosse tiré par quatre chevaux, abondamment ornementé et décoré des armes de ses propriétaires.

Peu à peu, le soleil montait et la chaleur se faisait de plus en plus forte. Environ à mi-chemin, je m’arrêtai sous un arbre, profitant de son ombre pour grignoter une des galettes que contenait ma besace. J’avais bien marché dans la matinée, mais il commençait à faire chaud, aussi ne repris-je ma marche qu’un peu plus tard, et à un rythme moins soutenu, m’arrêtant de temps à autres pour me reposer et boire un peu.



L’après-midi touchait à sa fin lorsque je parvins à Mannheim.

Ici, ma plume hésite, reste suspendue en l’air. Comment restituer le sentiment qui m’envahit la première fois que je vis la capitale des hommes, la plus grande ville du monde, drapée dans ses murailles comme dans un manteau de soie ? Je n’avais jamais quitté Lleya depuis que Helma m’avait recueillie, Lleya, la Ville Blanche, la Pure, le joyau de Midgard. Mais Lleya était dénuée de murailles, et sa puissance tenait moins à ses dimensions ou à son importance commerciale qu’aux pouvoirs de ses occupants, guérisseurs réputés ou élémentalistes. Mannheim était le pouvoir et la domination faits ville, elle suscitait l’admiration et la crainte, le respect et l’incompréhension ; elle était l’image des rois de Midgard, écrasante et puissante, presque menaçante dans sa grandeur.

Je revois l’interminable volée de marches conduisant jusqu’au portail monumental, il me semble à nouveau ressentir la fatigue de la fin de l’ascension, le poids du regard invisible des Juges qui gardaient l’entrée et contrôlaient les voyageurs, le bourdonnement des conversations autour de moi.

Une fois dans la ville, deux choses m’avaient marquée : la foule compacte, armée d’ouvrières désœuvrées dans leur propre ruche et heureuses de l’être pour une fois dans l’année, et surtout la joie qui se lisait sur tous les visages. Lleya était beaucoup moins peuplée et surtout beaucoup moins exubérante, feutrée presque.

Déboussolée, j’errai un instant dans la foule, emportée par le flot des habitants qui semblaient tous se diriger vers le même point. J’entendis plusieurs personnes parler d’un discours royal, et me dis qu’après tout, connaître la voix, les mots, les pensées de Cid II, souverain du puissant royaume de Midgard, ne pouvait être qu’une bonne chose. Je me laissai donc emporter par la foule jusqu’à la cour du château où le roi tiendrait son discours.

Je ne me souviens plus du discours en lui-même. Il fut pourtant assez bref, très apprécié par la foule à en juger par les acclamations frénétiques qui s’en étaient élevées. Pour ma part, je crois avoir acclamé avec les autres, emportée par l’allégresse ambiante. C’était, si je ne m’abuse, un discours visant à promouvoir l’amitié et la paix entre les peuples et les contrées – le tout, si l’on savait un peu lire entre les lignes, sous l’égide de Midgard. Mais un discours de paix et d’entente réciproque ne peut et ne doit être accueilli que dans la liesse.

Ce fut seulement lorsque les gens commencèrent à danser que je réalisai que j’étais exténuée, qu’il faisait presque nuit, et surtout que je n’avais nulle part où dormir. Comme il était hors de question d’aborder au hasard tous les passants en espérant tomber sur un mage susceptible de me prendre sous son aile – et donc de me loger –, je décidai de me renseigner sur l’emplacement et l’éventuelle disponibilité de chambres dans une auberge tranquille dont Helma m’avait donné l’adresse. Je commençai mes recherches avec une imposante marchande de confiseries à l’air sympathique, presque maternel, et la première étape nécessaire à la réussite de mon entreprise était l’acquisition d’un petit gâteau au miel et aux fruits. Lorsque je lui posai la question, elle m’indiqua la direction avec force gestes, ajoutant que vu l’emplacement de l’établissement il y avait des chances pour qu’il y ait encore une ou deux chambres libres, mais que je ne devais pas traîner si je voulais y dormir. Je la remerciai et suivis ses indications tout en grignotant le gâteau au goût sucré.

Je trouvai assez facilement l’établissement, une petite auberge proprette coincée entre deux autres beaucoup plus imposantes et plus hautes d’un étage. Je compris pourquoi la marchande de gâteaux avait mentionné son emplacement : les clients devaient se diriger spontanément vers les deux grandes bâtisses. Je demandai au tenancier s’il était possible de dormir, à quoi il répondit par l’affirmative, même si la chambre restante était l’une des plus petites de son établissement. Je payai la nuit et gagnai la pièce, effectivement minuscule – elle tenait davantage du placard que de la chambre – mais propre et comportant un lit qui l’emplissait presque entièrement. Il ne m’en fallait pas davantage. Je déposai mon sac sur l’espace disponible à côté de la tête du lit et m’étendis, persuadée de m’endormir aussitôt.

Et c’est ce qui se produisit.



La soif me réveilla quelques heures plus tard. Même si la chambrette n’avait pas de fenêtre, je savais instinctivement qu’il faisait noir dehors. En fouillant à tâtons dans mon sac à la recherche de ma gourde, ma main passa sur un objet lisse quoiqu’aux bords irréguliers, rectangulaire et assez fin, manifestement composé de plusieurs couches. Mon cœur rata un battement. Je sortis fébrilement sur le palier où brûlait une petite lampe, retournai la moitié du contenu du sac avant d’en retirer, tremblante d’émotion et d’incrédulité, un petit carnet de parchemin, vierge de toute écriture. Une cordelette bleue y reliait une mine de plomb, qui servait à la fois de moyen d’écriture et de marque-page.

C’était un cadeau de Helma, le plus beau qu’elle aurait pu me faire, celui que je n’aurais jamais pu accepter : un livre. Fût-il en devenir, un tel objet coûtait atrocement cher. Elle avait dû le glisser dans mon sac juste avant que je partisse pour prévenir mon refus.

J’en aurais pleuré. Mais les larmes ne coulaient pas, quoiqu’elles emplissent mes yeux, et je restai là, comme frappée par la foudre, tenant dans mes mains le petit paquet de feuilles, comme en vénération.

Finalement je m’assis sous la lumière, le carnet dans les mains, tournant respectueusement page après page, humant l’odeur de suif qui se dégageait des feuillets, imaginant ce que pourrait contenir l’immensité de chaque page. Des figures complexes se dessinaient sous mes yeux, des combinaisons de runes, des plantes médicinales encadrées de longs textes, le ciel nocturne et ses constellations innombrables.

Une idée s’imposa cependant peu à peu : ce carnet contiendrait le récit de mon voyage. Un récit aussi fidèle et exhaustif que possible, qui transcrirait mon évolution vers l’être plus sage et plus mature que je serais au terme de mon apprentissage – plus savant aussi, à n’en pas douter ; car tel était également le but de ma pérégrination.

Et mes yeux s’emplirent alors de vastes forêts que transperçaient les rayons du soleil, de villes immenses et éclatantes, des richesses du monde souterrain, de la rudesse d’une terre vierge et battue par les vents, même des froids échos du monde des morts et des non-morts et du soleil brûlant des déserts arides.



Je dormis très peu cette nuit-là. Je n’avais qu’une hâte, commencer à noircir les pages du cahier, mais la crainte du repentir m’empêchait de tracer les mots qui se bousculaient dans ma tête, mots parmi lesquels j’eusse par ailleurs été bien en peine de choisir. Lorsque je voulus me coucher, j’étais bien trop surexcitée pour fermer l’œil.

Je décidai finalement de sortir, espérant que l’air de la nuit me calmerait suffisamment pour au moins pouvoir dormir. J’hésitai à prendre le carnet avec moi, mais me dis qu’il valait mieux le remettre dans le sac si je voulais avoir une chance de dormir cette nuit-là.



Les rues étaient calmes, beaucoup plus en tout cas qu’à mon arrivée à l’auberge ; plus fraîches aussi, ce qui était plutôt bienvenu en cette période de l’année. Je fis quelques pas, fermant les yeux pour mieux apprécier l’air frais qui pénétrait dans mes poumons. Lorsque je les rouvris, mon cœur rata un battement et un léger "oups !" m’échappa : j’étais à tout juste deux pas d’un homme que je n’avais pas aperçu en sortant de l’auberge. Un homme plutôt grand qui plus est, voire très grand, puisque je fus obligée de lever la tête pour distinguer la sienne, moi qui ai toujours été plus grande que la moyenne des femmes et même des hommes. Pour ce que j’en voyais, il était plutôt fin également, ce qui me rassura quelque peu – sans véritable raison, puisque la tête dont il me dépassait laissait toujours supposer une différence de force largement suffisante pour m’assommer. Après ces quelques considérations, je me fustigeai mentalement : j’avais failli le percuter et je ne trouvais rien d’autre à faire que de le dévisager – si l’on peut dire, car la lune n’éclairait pas directement son visage dont je ne devinais donc rien.

« Excusez-moi… je ne vous avais pas vu. » murmurai-je donc, penaude, en reculant d’un pas.


Dernière édition par Leleka Evoë le Lun 16 Jan 2012 - 21:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Lun 3 Oct 2011 - 0:29

Après avoir passé une nuit tranquile dans l'auberge où Khaelan et moi-même avions loué une chambre chacun, je me levai peu de temps avant l'aurore. Dès le réveil, j'étais alerte, et je me redressai comme si je n'avais dormi qu'une heure ou deux, et pourtant en pleine forme. Je m'habillais prestement, et je descendis dans la salle commune de l'établissement. Déjà derrière son comptoir, le vieux Bringhem, l'aubergiste, astiquait un verre, tandis que quelques clients étaient attablés par cette heure matinale, certains réveillés, d'autres n'ayant pas eu la force d'aller se coucher la veille. Quand j'arrivai de l'étage, Bringhem se retourna vers moi, et me lança un sourire en coin.

"Ah, monsieur... Eslin, si ma mémoire ne flanche pas. C'est bien cela ?"

J'acquiessai, en profitant dans le même temps pour me rendre jusqu'à lui, et de m'accouder au comptoir. Il posa son verre, et un autre sourire éleva la comissure droite de sès lèvres.

"Vous êtes bien matinal. C'est la fête de notre capitale qui vous met dans cet état d'euphorie ?"

"On pourrait dire ça comme cela... Disons qu'il y a bien longtemps que je comptais profiter un peu de la vie joyeuse des cités, autre que celle que j'ai vécu jusqu'ici..."

Il me regarda, et reprit son verre. Il m'était sympatique, mais je ne m'expliquai pas pourquoi. Peut-être parce que je me sentais serein ce matin, prêt à mordre la vie à pleines dents, et à me laisser porter par le courant des événements.

"Voulez-vous prendre quelque chose pour commencer la journée ? À manger, à boire ?"

Je déclinai ses offres, bien que mon estomac crie famine. Je sentais le poids de mes maigres économies dans ma poche. Et je comptais bien faire quelques emplettes aujourd'hui.

"Non merci, cela ira... Je pense que je vais vous régler ma nuit ici..."

Je lui tendis le montant convenu, qu'il encaissa, et je lui souhaitai la bonne journée. Une fois dehors, je me mis en marche droit devant moi. Le soleil allait bientôt faire son apparition sur cette partie du monde, et je ne voulais pas manquer le spectacle.
Je montais alors sur le premier toît qui passa à portée, et j'attendis, peu de temps certes, mais j'attendis que l'astre diurne pointe à l'horizon. Et quand il le fit, ce spectacle me r&chauffa, aussi bien physiquement que spirituellement : une grande vague de chaleur envahit mon coeur.
Je continuai alors ma marche sur les toîts. À certains moments, j'envisageai de descendre sur la terre ferme, mais aussitôt je me disais, à voix haute :

"Cela fait quatre-vingt-dix-sept ans que tu ne fait pas comme tout le monde, pourquoi aujourd'hui voudrais-tu rentrer dans la normalité ?"

Et je continuai de marcher. Peu de gens encore parcouraient les rues. Mais je le savais, aussi sûr que le soleil revenait chaque jour de sa course, la capitale allait bientôt s'éveiller et on entendrait bientôt plus que le brouhaha des conversations entre les bonnes gens, les marchands, ou entre ces deux groupes. La journée se poursuivrait selon un procédé paraodixalement monotone et inimitable.

***

La journée passa. Ma matinée fut remplie à vider mes économies et à investir dans une besace et un calpin de médiocre qualité, mais qui me semblait tout à fait convenable. Les marchands étaient tous pour la plupart joyeux : leurs commerces battaient leur plein, et je les comprenais. Il n'était pas rare d'en croiser qui faisaient des rabais sur des objets que la plupart de la populace n'aurait jamais pu s'offrir sans sacrifier une année de dur labeur...
Plus tard, quand l'après-midi tira à sa fin, après avoir fait un repas frugal le midi et m'être promené en chantonnant et en m'émerveillant de tout ce qui m'était totalement inconnu dans Mannheim, j'entendis parler du discours que donnerait le roi du pays humain. Je m'y rendis, et le trouvai remarquable, juste, et bien approprié. Cid II parlait d'une paix de cent ans. Cela me fit sourire : j'avais moi-même presque cent ans, et je trouvais la coïncidence plutôt amusante.
Ensuite, alors qu'un bal était donné dans le château royal, je me dirigeais pour ma part vers le lac, au sud est de la ville. Je le regardai, me rappelant mon court séjour à Lleya, la ville bleutée des mages. Qu'aurais-je donné pour être encore là-bas ? Je me dis alors que je pourrais y retourner ensuite, que rien ne m'en empêchait...
La soirée s'avança, et je quittai les berges de l'étendue cristaline, ce fameux "Talken delen Anerian", comme j'aimais l'appeler. Je me dirigeai à nouveau vers la ville, plus précisément vers le quartier des hôtes, flanai un peu de-ci, de-là, et rentrai dans l'auberge du vieux Bringhem à la nuit tombée. Il ne fit aucun commentaire en me voyant revenir après cette journée.

"Bonsoir. Avez-vous toujours une chambre de libre ?"

Je regardai alors ce qu'il me restai de monnaie, et jugeai que c'était encore acceptable de se payer un repas et une chambre. Je fis un repas rapide et léger, payai l'aubergiste, et montai à l'étage pour m'y reposer. Je regardai le ciel étoilé avant d'aller au lit, et je vis luire encore ce soir les quatre noms inscrits sur mon bras. Mais cela avait moins d'importance pour moi désormais : la page était tournée, et il allait falloir arriver au bout du livre avant de pouvoir le relire.
Je me couchai alors, et m'endormis rapidement.

***

Ce fut tout du moins ce que je crus. Je ne trouvai pas le sommeil. Me retournant d'un côté et de l'autre, je finis par me lever et m'habiller : une petite balade au clair de lune me ferait le plus grand bien...
Les ruelles étaient calmes, et la fraicheur de la nuit était la bienvenue. Je levai les yeux, regardant le firmament étoilé s'étirant dans toutes les directions au dessus de nos têtes. Quand je les descendis, je me stoppai net. J'avais failli rentrer dans quelqu'un.
Apparement, cette personne aussi avait failli faire la même chose que moi, car elle s'arrêta de marcher précipitament en laissant échapper un léger :

"Oups !"

Je la regardai rapidement : de ce que j'en voyais, c'était une jeune femme, aux longs cheveux clairs et bouclés. Elle me paraissait assez grande, mais il y avait entre elle et moi au minimum quinze centimètres. Elle avait l'air de procéder elle aussi à un examen de ma personne, et il finit par dire, avant que j'ai pu ouvrir la bouche :

"Excusez-moi… je ne vous avais pas vu."

Je hochai négativement de la tête...

"Non, cela serait plutôt à moi de m'excuser. J'étais perdu dans les nuages... ou dans les étoiles pour être plus précis..."

Pour ne pas paraître trop impoli, je me présentai sommairement.

"Je me nomme Dyrlian Eslin ; je suis en visite à Mannheim. Et vous ?"


Dernière édition par Dyrlian Eslin le Jeu 27 Oct 2011 - 3:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Sam 15 Oct 2011 - 19:10

Je me souviens encore de la voix de l’inconnu, moins grave qu'aurait pu le faire penser sa taille, de son ton un peu absent, songeur, presque mélancolique, comme si je l’avais effectivement tiré d’une profonde rêverie. Je me rappelle aussi qu’il hésitait un peu sur certains mots, comme s’il n’était pas habitué à parler dans la langue commune. Mais aujourd’hui, lorsque je me remémore cette rencontre, c’est son accent qui s’impose immédiatement à ma mémoire. C’était un accent très chantant, quoiqu’assez peu marqué, où les r s’attardaient et roulaient un peu plus qu’à l’habitude, aux voyelles plus longues aussi, plus profondes parfois. Je me rappelle avoir rapidement passé en revue les différentes contrées d’Yggdrasil dont je connaissais des ressortissants, et avoir conclu avec un brin de stupeur que mon interlocuteur était vraisemblablement un elfe à l’accent plutôt prononcé. Ce n’était pas tant sa nature qui m’avait alors surprise, mais plutôt le fait qu’il se soit excusé alors que je venais de le faire. Les quelques elfes que j’avais pu rencontrer à Lleya étaient tous si imbus de leur supériorité sur nous autres humains, si… pédants, qu’ils avaient réussi à me dégoûter de l’ensemble des leurs. Eux m’auraient probablement gratifiée de quelques remarques sur ma vue de taupe avant de s’éloigner sans cesser de jaser sur mon compte et celui de ces tristes créatures que nous étions. Ce soir-là, je songeai pour la première fois qu’ils étaient peut-être l’exception. Ou bien que mon interlocuteur était lui-même l’exception. Comment savoir ?

Lorsqu’il parla des étoiles, je levai machinalement la tête. La nuit était claire. Le ciel était d’un bleu sombre – quoiqu’éclairé par les lumières de la ville, de la fête et de la lune – et piqueté d’une myriade de petits astres étincelants. Je reconnus quelques constellations, avant de reporter mon attention sur l’elfe qui avait repris la parole.

"Je me nomme Dyrlian Eslin ; je suis en visite à Mannheim. Et vous ?"

Dyrlian Eslin. Un nom aux consonances typiquement elfiques, ce qui confirma mon raisonnement. C’était surtout un nom difficile à prononcer correctement pour moi qui devais déjà surveiller ma diction pour ne pas reprendre l’accent de Demether. Il fallait rouler le "r", enchaîner sur le "l", accentuer le "i". Le "e" était plus faible, le "i" à nouveau accentué. Je mâchonnai le nom un instant, remuai prudemment les lèvres pour tenter de le prononcer en silence. Comme je m’y attendais, ma langue trébucha dès le milieu de son prénom. Je renonçai donc et choisis de contourner la difficulté pour m’éviter le ridicule de ne pouvoir prononcer décemment un simple nom.

« Je m’appelle Leleka. Leleka Evoë. Je suis également en visite ici… je viens de Lleya. »

J’hésitai un instant, ne sachant trop si ajouter quelque chose serait mal perçu. Je finis néanmoins par remarquer d’un ton que je voulus léger :

« C’est la première fois que je viens ici, à vrai dire. Mannheim est vraiment une ville immense… »

Mais je ne pus m’empêcher de trouver mon ton admiratif, et je m’en agaçai.
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Jeu 27 Oct 2011 - 3:14

À peine avais-je prononcé mon nom, que je la vis essayer de le dire à son tour. Intérieurement, je souriai : elle avait par moment quelque peine à le faire correctement, et elle finit par purement et simplement renoncer. Je la comprenai : la langue elfique n'était pas toujours la plus simple à prononcer, et, si je n'étais pas ignorant sur la langue des nains, j'aurais sûrement pu dire que c'était la plus difficile à prononcer du continent, langues mortes non incluses. De plus, quand votre prénom a sa propre signification dans votre langue, voire plusieurs... enfin bref, je me perds encore une fois dans mes pensées...

"Je m’appelle Leleka. Leleka Evoë. Je suis également en visite ici… je viens de Lleya."

Je relevai les yeux vers le ciel étoilé en entendant le nom de cette ville. Lleya éveillait tellement de bons souvenirs en moi, et pourtant en même temps j'en avais si peu à ce sujet. La ville bleutée des mages était pour moi un petit bout d'Eden perdu sur cette terre. Je poussai sans m'en rendre compte un petit soupir de nostalgie...
À nouveau, je portai rapidement mon attention sur son nom. Leleka Evoë. La consonnace était harmonieuse et sonnait plus d'une contrée de l'est, bien que je ne les ai jamais visitées personnellement...
Elle repris rapidement, après un instant comme d'hésitation.

"C’est la première fois que je viens ici, à vrai dire. Mannheim est vraiment une ville immense…"

Je la regardai encore plus précisément. Elle ne m'inspirait pas de méfiance, mais rien n'était sûr par cette pénombre. Ni son ton, ni ses paroles, ni même ses mimiques, rien ne laissait transparaître de l'agressivité. Et cela me rassurait. Je n'avais absolument pas l'intention de me battre, et encore moins contre une femme. J'aivais un grand respect pour l'Autre Sexe, et ne voulait pas le réduire à néant ce soir...
Mais pourquoi pensais-je à ça ?! Elle n'avait pas l'air de vouloir m'attaquer parce qu'elle ne m'attaquerai PAS ! C'était pourtant simple ! Il fallait que je me calme : j'étais justement sorti pour me calmer, par pour m'affoller...
Essayant de ne rien laisser transparaître, je pris à mon tour la parole.

"J'ai déjà visité une fois Lleya, et je la trouve splendide. Elle restera pour moi l'une des plus belles villes du monde, même si je ne les ai pas toutes visités. Quand à Mannheim, c'est moi aussi ma première visite de la ville, et mon deuxième jour ici. Mais il vrai que c'est une grande ville, et plutôt jolie elle aussi..."

Je fis une courte pause.

"Cela vous dirait-il de marcher un peu ? Les nuits sont tout de même fraiche ici, et je ne compte pas m'enrhumer pendant ces festivités...", dis-je avec un sourire en coin sur la fin de ma phrase.
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Jeu 10 Nov 2011 - 0:08

Au soupir qu’il poussa en levant les yeux au ciel, je crus d’abord que mon interlocuteur s’était agacé de mon origine, et je me demandai pourquoi. Avait-il rencontré des problèmes avec un mage ? La ville lui avait-elle paru en deçà de sa réputation ? Ou peut-être ces fameux elfes qui étaient passés à Lleya quelques années auparavant avaient-ils fait le récit scandalisé de leur séjour dans la Ville Blanche à qui voulait l’entendre, cette dernière hypothèse ayant le mérite d’expliquer pourquoi je n’avais plus revu d’elfes à Lleya après ceux-ci. Toutefois, lorsqu’il prit la parole, je compris qu’il n’en était rien. Sans doute son soupir exprimait-il alors une certaine émotion, traduisait-il des souvenirs heureux. Je ne pus qu’acquiescer lorsqu’il mentionna la beauté de Lleya. Comme il avait raison… et comme les murs blancs de la ville des mages me manquaient déjà.

« …c’est moi aussi ma première visite de la ville, et mon deuxième jour ici. Mais il est vrai que c’est une grande ville, et plutôt jolie elle aussi… »

Je hochai machinalement la tête. Oui, Mannheim était une belle ville. Mais une ville d’une beauté froide, hautaine, inhumaine malgré la multitude qui l’habitait. Drapée dans sa grandeur, Mannheim semblait vous toiser comme l’insecte que vous étiez face à elle. Nulle chaleur dans l’étreinte de ses murailles, nulle bonté dans le regard invisible que ses Juges portaient sur vous, eux qui étaient les yeux et ses oreilles du roi qui l’incarnait.
Le monarque m’avait pourtant semblé presque paternel dans son rapport aux habitants, lors de sa brève apparition. Peut-être était-il l’âme de la ville, une âme attentionnée qui ne se montrait pas et ne le montrait pas, comme chez ces hommes d’apparence austère qui ne manquent pourtant jamais l’occasion d’offrir une friandise à leurs enfants. Tout comme il pouvait ne s’agir que d’une façade : après tout, on serait bien surpris de savoir combien d’hommes unanimement appréciés se comportent en véritables monstres une fois de retour chez eux…

« Cela vous dirait-il de marcher un peu ? » me demanda-t-il alors.

Je clignai des yeux, perplexe.

« Les nuits sont tout de même fraîches ici, et je ne compte pas m’enrhumer pendant ces festivités… » précisa-t-il avec un petit sourire face à mon mutisme.

Je me rappelai alors que j’avais l’avantage d’être bien moins frileuse que la moyenne des gens, et que le Lyzangard se trouvait au sud du continent, ce qui signifiait que mon interlocuteur était vraisemblablement habitué à des températures plus clémentes que celles de Mannheim.

« Pourquoi pas. » acquiesçai-je. Néanmoins, je n’avais pas l’intention de trop m’éloigner de l’auberge, d’une part parce que je voulais la retrouver facilement et d’autre part parce que je ne savais absolument pas où aller. Après une seconde de réflexion, je me tournai vers la rue d’où j’étais arrivée plus tôt dans la soirée. J’étais à peu près certaine de retrouver le chemin de la place du château.


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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Sam 26 Nov 2011 - 17:19

"Pourquoi pas."

Cette simple réponse me convint amplement. Elle se retourna vers là d'où elle venait - tout du moins, je le suppose, n'ayant pas réellement porté attention à mon entourage jusqu'au moment où nous nous sommes rencontrés, la tête perdue dans le firmament étoilé -, et nous commençâmes à avancer dans cette direction. Nous allions à une allure modérée, presque ralentie, par rapport à celle que j'avais fourni pour arriver en si peu de temps à Mannheim. Cela me permit de me détendre et de m'ouvrir encore plus aux merveilles nocturnes qui m'entouraient.
Nous commençâmes tout d'abord à marcher en silence. Seuls étaient audibles le bruit de nos pas, les crissements des petits animaux nocturnes et les rares activités humaines de la ville. Tout était calme. Trop calme.
Affreusement calme.
Je ne tins pas longtemps le mutisme, qui commençait à me gêner. Tout d'abord, j'essayai d'attirer son attention en toussotant. Puis, comme un cliché des situations de rencontres incongrues, où rien ne semble pouvoir être échangé comme naturellement, je réfléchissais à quelle phrase pourrait être la plus utile parmi les "La nuit est belle", ou les "Cela fait longtemps que vous êtes ici ?", et autres interrogations ou affirmations qui ne vous avancent pas le moins du monde et qui ne font que vous délier la langue quelques instants avant de vous renfermer dans le silence.
J'ouvris finalement la bouche, et ce furent ces mots qui en sortirent :

"Vous avez déjà voyagé loin dans votre vie ?"

J'eus alors une envie monstre de m'envoyer quelques claques dans la figure. Cette phrase était tout simplement honteuse et pitoyable, tout à fait digne de celles que je décriais tout à l'heure.
Pourtant, Leleka me répondit, et cela permit de détendre un peu l'atmosphère. Pour entretenir la conversation, et ne pas paraître grossier, j'apportai ensuite à mon tour une réponse à cette question, comme si elle me l'avait posée en retour.

"Pour ma part, je me suis mis récement à voyager pour découvrir. Je viens du sud-est de Lyzangard, et Mannheim est la troisième ville humaine que je visite, après Argos et Lleya...", je repartis ensuite dans mes souvenirs sur cette courte visite dans la ville joyau de Midgard, "Ah ! Qu'est-ce que je redonnerai pour m'assoir à nouveau au bord du lac, ô
Talken delen Anerian... Hum ! Excusez-moi, je m'égare, je m'égare... Encore une fois..."

Je lui évoquai rapidement aussi mon projet de visiter Alfheim, bien que je ne sache pas encore que faire directement : pousser la randonnée jusqu'en Ymir, aux frontières du Novigard, m'intéressai aussi ; voire même aller encore plus loin au nord, dans les contrées nanesques ou humaines donnant sur l'océan de Shenan, et atteindre ce petit bout de monde...

"En conclusion, je ne puis pas vous informer grandement sur ce que je compte faire ensuite. Mais il me reste du temps : les festivités et les réjouissances viennent à peine de commencer..."

Nous ne nous en rendions pas vraiment compte, mais nous commencions à tourner en rond, pour rester chacun dans une zone de la ville où nous pourrions rentrer rapidement, et pour continuer de marcher tout en parlant...
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Lun 19 Déc 2011 - 12:47

Dyrlian m'emboîta le pas en silence. Nous avançâmes d'un pas lent, le genre d'allure où il est fréquent et presque naturel de glisser les mains dans les poches et d'observer les alentours avec l'œil intéressé du curieux ou le regard vague du badaud., Pour ma part, j'étais plutôt curieuse ce soir-là, aussi tournais-je fréquemment les yeux de droite et de gauche pour étudier les façades des maisons plongées dans l'obscurité, les pots de fleurs disposés devant les fenêtres des étages, les lueurs de quelques-unes de ces fenêtres. Peut-être était-ce aussi pour me rassurer, me donner une contenance : le silence presque absolu qui régnait dans ces lieux inconnus et déserts avait quelque chose d'oppressant.
Le toussotement de Dyrlian me fit sursauter. Le cœur battant, je ralentis imperceptiblement pour le laisser parvenir à ma hauteur, me disant qu'il souhaitait peut-être me dire quelque chose, faire demi-tour, ou que sais-je. Au lieu de quoi, il ne pipa mot, et nous continuâmes à avancer. Le malaise grandissait insensiblement en moi, et je voyais de plus en plus nettement venir le moment où je lancerais la première phrase qui me passerait par la tête pour rompre le silence. Une phrase à laquelle je n'aurais même pas réfléchi, quelque chose d'aussi stupide que "oh, un chien vient d'aboyer" ou "connaissez-vous les anciennes légendes à propos de la lune ?"
Aussi bondis-je littéralement lorsqu'il prit la parole.

"Vous avez déjà voyagé loin dans votre vie ?"

Je mis quelques secondes à reprendre mes esprits. Trop heureuse d'avoir quelque chose à dire pour briser à nouveau le silence, je m'empressai de répondre, maladroitement :

"En fait, non. J'ai quitté mon village à huit ans, pour aller à Lleya apprendre la magie – au départ je suis née dans les plaines de Demether. Hormis ce voyage, qui fut plutôt long en effet, je n’ai pas voyagé bien loin. Mais peut-être qu’un jour prochain je partirai… quelque part… »

C’est à cet instant que je réalisai que je n’avais nulle part où aller si aucun mage ne voulait de moi pour m’enseigner ce que j’ignorais. Ce serait l’errance le long des routes, sans doute, à la recherche d’un savoir que je serais bien obligée d’acquérir seule.
La voix de Dyrlian m’arracha à mes sinistres considérations :

"Pour ma part, je me suis mis récemment à voyager pour découvrir. Je viens du sud-est de Lyzangard, et Mannheim est la troisième ville humaine que je visite, après Argos et Lleya..."

Je haussai les sourcils. Mon interlocuteur venait effectivement de loin – presque aussi loin que moi, en fait. Plus tard, en consultant une carte, je devais m’émerveiller de remarquer que les confins du Lyzangard étaient plus proches de Mannheim que Demether. Sur le moment, je me demandai à quoi pouvait bien ressembler Argos. Machinalement, je tournai la tête vers lui comme si son visage pouvait me donner la réponse, et aussi pour essayer de voir quelque chose de plus précis qu'une haute silhouette emmitouflée dans une cape malgré la tiédeur nocturne. Malheureusement, avec l'obscurité, je ne vis pas grand-chose que je ne savais déjà ; tout au plus notai-je que ses cheveux clairs lui descendaient aux épaules. Cependant il poursuivait, presque pour lui-même, sans prendre garde à mon silence curieux :

"Ah ! Qu'est-ce que je redonnerai pour m'assoir à nouveau au bord du lac, ô Talken delen Anerian... Hum ! Excusez-moi, je m'égare, je m'égare... Encore une fois..."

Encore une fois, en effet, et cela me tira un sourire amusé. Dyrlian était manifestement un rêveur, ce qui était plutôt rassurant en un sens. Je me demandai toutefois ce que pouvaient bien signifier les quelques mots d’elfique qu’il avait prononcés, et je songeai un bref instant qu’effectuer un voyage dans le Lyzangard pour apprendre l’elfique et tenter de mieux comprendre le monde pourrait être une possibilité au cas où aucun mage ne pouvait ou ne voulait m’accueillir comme disciple. Puis je secouai la tête pour chasser ces idées de mon esprit. Je venais à peine d’arriver à Mannheim, je n’avais encore rien demandé à personne, il n’y avait aucune raison qu’aucun des mages de la capitale ne veuille de moi !
J’écoutai en silence Dyrlian m’expliquer qu’il souhaitait ensuite se rendre à Alfheim, et je compris qu’il n’y avait jamais été auparavant. Sans doute venait-il de la campagne comme moi, ou d’une petite ville isolée et éloignée de la capitale. Les autres destinations qu’il évoqua successivement ramenèrent des souvenirs d’études chez Helma, et mon cœur se serra lorsque je réalisai que je n’étudierais plus sous sa houlette avant de longues années… plus jamais peut-être, car j’avais entrepris ce voyage pour apprendre ce qu’elle-même ignorait. Puis je m’émerveillai de la variété des destinations qu’il envisageait, et me demandai fugitivement s’il avait bien conscience que le voyage jusqu’à Ymir serait long, froid et pour le moins risqué. On disait que les vampires effectuaient régulièrement des raids hors de leurs frontières. Ce n’étaient peut-être que des histoires de grand-mères, destinées à effrayer les enfants désobéissants, mais le fait était que ceux qui s’approchaient du Novigard revenaient rarement.

"En conclusion, je ne puis pas vous informer grandement sur ce que je compte faire ensuite. Mais il me reste du temps : les festivités et les réjouissances viennent à peine de commencer..."

Je souris à nouveau. Sans qu’il le sache, ses pensées faisaient écho aux miennes.

« Pour ma part, je suis à la recherche d’un mage auprès duquel poursuivre mes études. Je ne sais pas encore si quelqu’un voudra me prendre en apprentissage, mais je compte bien trouver un professeur durant les festivités… j’ai encore le temps, bien sûr, comme vous l’avez dit. Sinon, peut-être tenterai-je ma chance ailleurs, ou bien j’apprendrai par moi-même au gré des routes. Il y a encore tant de choses que j’ignore et que je veux savoir, je pourrai certainement en découvrir quelques-unes par moi-même. »

Puis je levai la tête, et remarquai que nous étions de retour devant l’auberge.

« Eh bien, nous voici de retour au point de départ. Me permettrez-vous de prendre congé ? Je dois me lever tôt demain pour commencer mes recherches. Sans doute nous reverrons-nous. »
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MessageSujet: Re: Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 23:41

"Pour ma part, je suis à la recherche d’un mage auprès duquel poursuivre mes études. Je ne sais pas encore si quelqu’un voudra me prendre en apprentissage, mais je compte bien trouver un professeur durant les festivités…"

Ainsi donc, cette jeune fille était une mage... Ou tout du moins une apprentie-mage, à ce que je comprenais de ces paroles. Voilà donc le but de sa venue à Mannheim. Je me dis à cet instant que, finalement, moi qui n'étais là que pour visiter et me réorienter dans le monde depuis un carrefour important de civilisation, je ne ressemblai qu'à un touriste.

"Sinon, peut-être tenterai-je ma chance ailleurs, ou bien j’apprendrai par moi-même au gré des routes. Il y a encore tant de choses que j’ignore et que je veux savoir, je pourrai certainement en découvrir quelques-unes par moi-même."

Elle manquait un peu de confience en elle, et cela me fit sourire, tout particulièrement parce que, sur ce point, elle me ressemblait un peu. J'avais longtermps sous-estimé certaines de mes capacités, et cela m'avait grandement étonné de voir que je pouvais y arriver, en fait. J'aurais voulu lui dire qu'il ne fallait jamais partir pessimiste, que tout peut arriver, surtout les bonnes choses - quoquei, sur ce point, je demandais confirmation... -, et que l'on perd souvent à se surestimer, mais on perd encore plus dans l'opéraion inverse. Mais finalement, je refermais la bouche et ne dis rien. Ce raisonnement venait de mon expérience personnelle, accumulée sur plus de soixante ans, et il fallait qu'elle se fasse sa propre idée de la vie, et j'espérai bien qu'elle allait pouvoir se la faire plus vite que moi, car Dieux savent que les humains vivent moins longtemps que nous... Bien moins longtemps, voire même trop peu...
Elle leva alors la tête, et je suivai la direction de son regard : je remarquai, tout comme elle, que nous étions alors revenu à l'endroit exact où nous nous étions rencontrés. Elle prit alors la parole :

"Eh bien, nous voici de retour au point de départ. Me permettrez-vous de prendre congé ? Je dois me lever tôt demain pour commencer mes recherches. Sans doute nous reverrons-nous."

Je la saluai, et lui affirmait que je n'y voyais aucun mal. J'allai partir, et je dis alors.

"Oui, peut-être nous reverrons-nous..."

Et, sur ce, je parti vers ma propre auberge, vers la chambre où je logeais pour la deuxième nuit. Je remontai en silence dans la petite pièce, et, ne pouvant me rendormir directement encore une fois, je regardai les étoiles à la fenêtre. Elles étaient belles, mais froides et distantes... Comme des éclats de glace sur une mer d'encre...
Je refermais la fenêtre, et allais vers mon lit. Je m'endormis alors en réfléchissant à mon planning du lendemain : j'aillais sûrement assister au tournoi amical donné en l'honneur du roi Humain ; cela pouvait être intéressant...
En tous cas, seule une chose importait : s'amuser ! Se divertir, quoi qu'il arrive ! Et être heureux...

"Ça va aller...", finis-je par dire en m'endormant...
~ FIN DU TOPIC ~
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Insomnie [Privé - Dyrlian Eslin - Terminé]

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