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 Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}

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MessageSujet: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Jeu 10 Nov 2011 - 22:44

Par une aube brumeuse


La lumière naissante venait de déposer sa rosée sur la ville. Tout ce qui avait séché et brûlé durant la journée devenait luisant par l'humidité. Tout semblait serti de bijoux, l'herbe semblait porter des perles. La moindre des choses qui était en ce lieu pourtant anodin était soudain comme enrobé de multiples richesses : orné de reflets d'argent, de lumière de diamant.... Mais ce spectacle n'est réservé qu'à un nombre réduit de personne. Ce monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, car sitôt le soleil levé, il fait fuir les merveilles et rendait, au crépuscule de son aube, le monde tel que le commun des mortels le connait : lisse, pâle, fade et simple.
Mais il y a ceux qui se lèvent en même temps que la brume. Ce sont généralement ceux qui sont habitués à saisir ce moment de magnificence chaque jour, chaque matin. Ce sont des promeneurs solitaires dont les rêveries émerveillent les sens et l'esprit.
Et enfin, il existe quelques rares protagonistes dont les pensées les ont empêchés de prendre un sain repos. Ils ont déambulés toute la nuit en quête de réponses voire même parfois de question, n'est-ce-pas un paradoxe ? Perdus et malheureux en ces temps festifs, il sont restés longtemps seuls face à leur solitude.

Parmis eux se trouvait un enfant, on lui donnerait treize ans, quatorze à tout casser. Un enfant chétif dont la seule chose qui attirait le regard était ses cheveux et ses yeux. Le reste, qui s'en soucierait ? Il a courru longtemps sans s'arrêter sans même savoir où il allait. Il est demeuré seul au milieu de la multitude, novice dans l'art de prendre un bain de foule. Puis il a rencontré une amazone aussi triste qu'un amant ayant perdu son amour. Un amant qui se serai perdu lui même. Elle l'a regardé. Un instant. De planitude. Puis est partie, tout simplement. Puis il y a eu ce ménestrel. Ce ménestrel qui lui a parlé. De la voix. Des chants. Des contes. De l'immortalité.
De ces deux rencontres, il est ressortit encore plus troublé qu'il ne l'était au départ. Mais il était heureux, n'était-ce pas là l'essentiel ?

Puis il est rentré. Non pas au lieu qu'il pourrait appeler « chez moi », mais une petite auberge dont le gérant colérique l'accepta à grand peine sous son toit. À condition qu'il parte au premières lueurs. Pourquoi ? Il ne faut jamais demander pourquoi. Il faut subir. Et se taire. C'est tout ce que le garçon avait apprit du sombre pays des Vampires.
Alors il est sortit de cet auberge dès qu'il s'est réveillé. Il ne se souvient pas de ce dont il a rêvé - était-ce important ? - mais se rappele s'être réveillé la peur au ventre, avec une envie de crier le tenaillant la gorge et dans sa bouche, un étrange goût de sang.
Et depuis ? Il attend. À demi couché sur un ban, l'un de ses genou replié contre sa poitrine, son autre jambe tendue, avec une épée miteuse posée en travers, un sac à ses côtés, il attend. La tête en arrière, à profiter de ces moments de solitude et de merveilles.

La lumière naissante venait de déposer sa rosée sur la ville. Et c'est là, par une aube brumeuse, que Shadow patientait pour rencontrer une deuxième fois cet homme philantrope si étrange du nom de Luminen Stark.


Dernière édition par Shadow Foss le Jeu 22 Déc 2011 - 11:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Ven 11 Nov 2011 - 0:57

L’aube s’était glissée à travers le verre de la petite fenêtre. Les rayons s’étiraient dans l’obscurité de la chambre de l’auberge, rampant sur le plancher de bois jusqu’à rencontrer un museau noir. Celui-ci remua doucement et la bête à qui il appartenait fut soudain tirée de son sommeil. L’animal poussa un grognement en étirant les muscles de ses pattes, puis ouvrit grand la gueule sur un bâillement aiguë. Il entrouvrit les paupières un instant, puis les referma en soupirant longuement.

L’agitation, si brève fut-elle, et les bruits de l’animal extirpèrent Luminen de ses rêves. Repoussant les couvertures, il se tourna sur le dos et contempla le flou du plafond que ses yeux découvrirent en s’ouvrant. Le bras gauche quitta la chaleur du lit pour venir chercher d’une main malhabile sur la table de nuit à côté du lit. A tâtons, il trouva les lunettes et vint les poser sur le nez du mage. Le plafond se fit plus net et avec lui l’ensemble de la pièce, meublée avec un certain gout et comprenant tout le nécessaire au confort de l’hôte. Ce dernier émergeait peu à peu, se remémorant où il était et ce qu’il était venu faire. Un accès de toux saisit ses poumons, ce qui le redressa et acheva de le réveiller. Il jeta alors draps et couvertures au bas du lit et se leva, manquant de poser le pied sur Akin qui fut d’un bond tout aussi debout que son maître.

La routine du matin fut exécutée dans ses moindres détails. Un brin de toilette tout d’abord, avec l’eau froide de la bassine mise à sa disposition. Puis il ouvrit la fenêtre, non sans soulever un petit nuage de poussière et sortit sa main au-dehors pour estimer la température et contempler le ciel. La journée s’annonçait douce, le bleu rosé de l’aube avait l’avantage sur le blanc et le gris, mais il n’empêchait qu’il faisait encore frais. En s’habillant, Luminen ne manqua donc pas de passer sa veste de cuir. Il ramassa son carnet laissé sur la table et l’ouvrit à la page de la veille, relisant rapidement ce qu’il avait inscrit dans l’ombre de la nuit précédente. D’un geste sec il referma le livre, le plongea dans une poche intérieure et fit suivre encrier et plume. D’une autre poche il sortit un pot à tabac et une pipe qu’il prépara avant de saisir la boîte d’allumettes. Il en craqua une et alluma un petit brasier dans le creux de bois tout en inspirant une longue bouffée de fumée qu’il savoura. Il rangea le tout, s’assura que son or se trouvait toujours dans sa veste, puis sortit, Akin sur ses talons.

Seule la moitié du tabac s’était consumée, emplissant les poumons du mage en délivrant leur saveur toxique quand celui-ci quitta l’auberge. Il avait pourtant prit le temps de saluer le tenancier et de tenir la conversation qui s’en suivit. Ce dernier s’était confondu en excuses quant au refus qu’il avait la veille opposer à Luminen le voyant faire monter le chien vers les chambres. « C’t’une brave bête que v’s avez là. Pas un bruit qu’il a fait c’te nuit. Je méfie v’savez, des fois yen a qui qu’sont pas si braves… » et de continuer sur une série d’exemples, puis de poursuivre sur le souvenir de la chienne qu’il avait quand il était gosse… Le mage avait écouté, répondu, parlé un peu en retour de Akin et de Kitchee, sa première bête. Mais dès que la conversation avait fait mine de s’épuiser, il avait souhaité « bonne journée » et avait filé. C’était qu’il avait rendez-vous ce matin-là et pas avec n’importe qui.

L’auberge où il devait se rendre était dans le même quartier, mais à l’autre bout. Un endroit modeste, aux chambres à petits prix, qui en contrepartie était parfois mal fréquenté. Avec les festivités, les rues de Mannheim était deux fois plus bondées qu’à l’ordinaire. Même si tôt le matin, la foule grouillait, qui a pied qui a cheval, qui travaillant qui flânant, qui traînant et saluant multitude d’amis, qui filant à travers la masse, anonyme et silencieux. Le mage ne tarda pas à trouver le garçon, reconnaissable de loin à sa chevelure de feu. Il était étendu sur un banc, avec pour seule compagnie une lame émoussée et un sac de voyage. Luminen lui fit signe de loin, sans être bien sur qu’il l’ait vu, lui qui n’était pas bien grand et au milieu de tous ces gens. Une fois à son hauteur il s’arrêta et fronça légèrement les sourcils.

« T’as pas dormit là quand même ? »

Le ton était décalé, mais une pointe d’inquiétude persistait. Si le garçon était si miséreux qu’il paraissait, il n’était pas impossible qu’il n’ait pas de quoi payer une chambre en auberge. Il chassa cette pensée, tira une bouffée de fumée sur sa pipe et poursuivit dans un sourire :

« Je suis bien content de te voir. Marchons pour discuter, tu veux ? »

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 19 Nov 2011 - 20:53

On pouvait aisément dire que la patience était une des vertues de Shadow. Depuis combien de temps était-il étendu sur ce banc sans même penser à bouger ? Il ne le savait sans doute pas lui même. Il savait que cela durerait le temps qu'il faudra.Il savait que Luminen viendrait, c'était une certitude des plus évidentes : le mage se serait damné pour assister à leur première rencontre, combien donnerait-il pour une nouvelle fois le voir ? Beaucoup plus qu'une nuit écourtée, donc Shad n'avait aucune crainte à ce sujet. Il avait peu de certitude, mais celle ci était bel et bien là. Il savait qu'il n'attendait pas pour rien, c'était l'essentiel.

Ce qui l'entourait ne le dérangeait en aucun cas. Il sentait l'agitation autour de lui devenir naissante, et ce malgrès l'heure matinale. Sans doute était ce la fête qui changeait les us et les moeurs de toute personne de Mannheim. Les êtres de toutes espèces grouillaient dans les rues comme autant de fourmis dans leur fourmillière. Shad semblait le seul qui ne se pressait pas vers une destination hasardeuse, vers on ne sait où. Partout on pouvait des sourcils froncés par le soucis ou par la concentration, des bouches tendues par la parole, le cri ou même le rire, des lèvres pincées, de l'inquiètude... Et un peu à l'écart de tout cela, se trouvait Shad, à la limite de la somnolence, écoutant attentivement le brouhaha incompréhensible. Il entendait tout. Il retenait tout. Il comprenait beaucoup.

Il reconnut le pas de Stark entre tout les autres. Un pas posé, un pas libre. Un pas rêveur. Il entrouvrit les yeux, juste assez pour le voir, se dirigeant vers lui. Apparemment, il avait trouvé l'endroit et l'avait vu sans trop de difficultées.

« T'as pas dormit là quand même ?» s'exclama--t-il. L'inquiêtude non feinte de Stark fit sourire Shad. Il n'y avait que lui pour s'enquir ainsi des autres. Il le rassura doucement d'un simple signe de tête, accompagné par un sourire fatigué. Non. Exténué serait plus juste. L'enfant regarda l'autre d'un regard interrogateur, c'était sans nul doute à lui de commencer.

Le mage lui proposa une ballade. Aprês une seconde de réflexion, il accepta. Sans un mot, il se leva, non sans dégourdir ses muscles laissés ankylosés. Il mit rapidement son sac sur son épaule, prit son épée par le fourreau et la cala contre son cou. Il portait toujours de cette manière son attirail en ville, question de praticité. Bien qu'il savait que la discussion du jour allait se révéler assez ardue, il était anormalement calme. La présence de Stark était paisible, et instinctivement on voudrait la qualifier de rassurante.

Il se passa des vaines formules de politesse. Il savait qu'il n'y en avait pas besoin dans l'état actuel des choses. Alors autant entrer directement dans le vif du sujet. « Vous savez, durant cette nuit, j'ai beaucoup réfléchit... Mais je ne me suis pas encore fixé sur ma réponse.» commença-t-il tandis qu'il marchait à pas lent, à coté du mage, le chien marchant derrière eux. (Celui ci avait sans doute passé l'âge des fioritures des ballades, où il courait, inarrêtable, autour de son maitre.) Ce que Shad venait de dire était la pure vérité. Mais il ne disait pas cela pour quémander du temps supplémentaire, loin de là. Il l'avait dit pour signifier très clairement que chacune des paroles que Stark dira seront autant de poids pour l'une ou l'autre décision.
« J'ai plusieurs questions à vous poser, certaines seront posées aujourd'hui, d'autres non... Je commencerais par celle ci...» La voix de Shad ne tremblait pas, pour changer. Il avait déterminé ce qu'il devait dire et ne pas dire, et s'y tenait à la lettre. « Admettons que j'accepte votre proposition, et que je vous éclaire... Que ferrez vous, Stark, de ces choses maudites qui auraient dues rester dans l'ombre ?» Cette question était l'une des plus importante. Shad espérait juste que Stark serait d'assez bonne foi pour ne pas mentir à ce sujet.
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Mer 23 Nov 2011 - 16:04

Shadow fut rapidement sur pieds, prêt pour la marche qui lui avait été proposée. Il n’avait pas dit un seul mot cependant et le mage s’en inquiétait un peu. L’hypothèse d’une simple timidité ne tenait pas, car les deux protagonistes s’étaient déjà rencontrés et avaient parlé la veille même. Selon toute vraisemblance, ce silence révélait que le tracas emplissait l’esprit du jeune garçon. Quelque chose le gênait, il n’avait même pas salué Luminen. Quoique moi non plus j’ai pas vraiment dit « bonjour ». Il passa le sac sur son épaule et installa le fourreau de sa lame contre son cou. L’allure que cela lui donnait avait quelque chose d’un peu gauche et d’étonnant. Fronçant les sourcils, le mage tira une bouffée sur la pipe incandescente et en soufflant un nuage de fumée blanche il comprit. Le garçon était sans doute trop petit pour que l’épée tienne à sa ceinture sans toucher par terre. Pour avoir vu des guerriers aux armes disproportionnée, Luminen connaissait leur façon de gérer le problème. Ils s’attachaient leurs longues lames dans le dos. Un bon armurier, ou un sellier peut-être, saurait lui fabriquer l’équipement nécessaire.

Mais ces détails n’étaient pas à l’ordre du jour. L’ordre du jour, Shadow fonça droit dedans en déclarant… qu’il n’avait toujours pas pris de décision. Il est prudent, c’est bien. Mais je ne vais pas rester indéfiniment à Manheim, il faut qu’il se décide. Une nouvelle bouffée de tabac vint apaiser l’infime once d’agacement qui pointait dans l’esprit du mage, et que celui-ci ne tolèrerait pas. L’agacement, comme la colère ou toute autre passion, était un poison de l’esprit. Cela embrouillait les idées, exacerbait les points noirs et faisait prononcer des paroles bien vite regrettées. Il fallait donc jouer de patience et de calme, laisser les choses venir à leur rythme et les saisir délicatement pour en apprécier toute la saveur dans une juste mesure.

La recette fonctionna, comme presque toujours, et le jeune garçon donna les raisons de son hésitation persistante. « J'ai plusieurs questions à vous poser, certaines seront posées aujourd'hui, d'autres non... » S’était-il rendu compte qu’il sous-entendait que ce jour n’était pas leur dernier passé ensemble ? Un sourire se serait bien glissé sur le visage du mage mais il se garda de montrer ce signe de victoire qui aurait pu être mal interprété. Il plongea ses pupilles dans celles de Shadow, tout attentif à ce qui allait suivre. Luminen admit sans difficulté. Et quand vint la question, ses lèvres imprimèrent un petit rictus alors qu’il retournait son attention sur la rue devant lui. Ce qu’il entendait plus que la question, c’était la crainte de Shadow. Crainte de ses ravisseurs, quoi de plus naturel, mais crainte surtout que le savoir qu’il pouvait transmettre n’engendre le mal par une mauvaise utilisation. Et il a raison, ce gamin est loin d’être idiot ! Sa main libre monta vers son visage et deux doigts remontèrent les lunettes qui glissaient dangereusement sur son nez. Après quoi il répondit :

« La connaissance, pure et simple. Savoir est la plus puissante des armes… » Merde ! « Pas que je veuille déclarer la guerre à quiconque, seulement connaître les mystères de ce monde et, s’ils s’avéraient utiles, les utiliser pour le bien commun et la paix. »

Il sentait que ces mots risquaient de trop sonner comme une justification, comme s’il cherchait à s’innocenter. Qu’ils ne sauraient rassurer totalement la méfiance de l’enfant. Il combla la pause qu’il s’accordait par une nouvelle inspiration de tabac.

« Tu sais, depuis que j’ai ton âge – non j’étais plus jeune même quand j’ai commencé – j’essaie d’apprendre tout ce que le monde a à offrir de merveilles. Et pour beaucoup, je les ai apprises dans les livres et les notes de mes prédécesseurs. C’est fou tout ce qui a pus être transmis, depuis des siècles et des siècles, par des gens qui ont recueillis de ci de là une bribe d’information, un témoignage ou le résultat d’une expérience. Malheureusement, quoiqu’on comprend pourquoi, le peuple vampire reste mystérieux. Pour cela, un témoignage comme le tien a une très grande valeur. Etre celui qui le retranscrit et apporte des réponses non seulement aux miens, mais aussi aux générations futures, serait un très grand honneur. »

Une sorte d’accomplissement, une fierté. Luminen avait tourné son regard tourné vers Shadow pendant son discours, ne jetant de brefs coups d’œil au devant que pour ne pas percuter un passant. Il ne souriait plus, car il savait qu’en se montrant si honnête il prenait un gros risque. Celui que le garçon comprenne qu’il comptait transmettre ces informations. Que rien ne pouvait dire qu’elles ne tomberaient jamais entre de mauvaises mains. Mais le mage espérait qu’il verrait au-delà de ce risque. Car si jamais une mauvaise âme se servait des données du vécu de la chimère, il y en aurait cent autres qui les connaîtraient tout de même et seraient alors prêtes à lutter contre toute personne mal intentionnée.

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 26 Nov 2011 - 16:52



La réponse de Stark était claire : il ne pouvait lui garantir ce qu'il allait faire de ces informations. Tant pis... Shadow avait quelque peu prévu la réponse : quelle intérét d'avoir récolté minutieusement des informations une à une, de les avoir ensuite notées, interprétées, classées, si ce n'est pour que d'autres lisent tout ceci ? Shad l'avait prévu, y avait réfléchit, également. Tout dépendait en fait de la justification du mage. Et celle qu'il venait de lui fournir lui convenait amplement. Il connaissait cette envie de savoir, ce désir de voir ce qui n'avait jamais été vu, dans une moindre mesure, certes, mais quand on l'instruisait, il y avait toujours une part de lui qui disait, une fois la nuit tombée et l'heure de dormir venue : « Encore. J'en veux encore ! »
Il connaissait cette force. Il l'acceptait en partie. Luminen ne pouvait s'en défaire, c'était ainsi.

Comme il l'avait fait si souvent durant ces deux jours, Shad réfléchit en silence. En enlevant le tabou sur sa transformation - ou de sa création ?- il mettait en jeu des enjeux considérable. Si loin de la sombre cité des Vampires, devait-il craindre une représaille de ses anciens geolliers ? Lui avait-il seulement interdit de révéler leurs secrets ? Était-il seulement un secret ? Il se souvenait de ces soirées passées avec Zahk, où ils échangeaient sans pour autant le mentionner ce qui leur était arrivé... Nul ne l'avait jamais empêché de parler, finalement. Pourquoi s'était-il toujours imposé cette limite, inconsciemment, instinctivement ? Cette souffrance - car il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qu'on lui avait infligé - l'avait donc traumatisé à ce point ? Au point où là où son bon sens lui disait de parler, sa conscience lui ordonnait de se taire ?
Il avait compris cela cette nuit, s'était appliqué à passer au peigne fin chacun de ses blocages, chacun d'eux, il les avait examinés sans pour autant les comprendre. Sans pour autant les détruire. Mais malgré tout cela, son sens de la logique prenait le dessus. Il avait prit sa décision.

Arrivé à une intersection, il tourna doucement à droite, enjoignant d'un geste Stark à le suivre dans une ruelle un peu moins passante. Si on enlevait les quelques individus qui comme eux cherchaient à s'éloigner des oreilles indiscrètes, ils étaient presques seuls. Shad poussa un soupir de soulagement à l'idée que dans quelques secondes, cette incertitude longtemps restée sera effacée.

« Bon... » dit-il doucement. Puis, assez violemment. Il rompit le rythme tranquille de marche pour couper la route à Stark et faire lui face. Il voulait voir son visage. Il plongea son regard si rouge si flamboyant dans ses yeux. « J'ai pris ma décision, à vous de prendre la votre... » Il parlait d'une voix calme, en contraste avec son geste si brusque « Depuis ma sortie de Nilfheim, un Vampire me suit, de jour comme de nuit. J'ignore ses intentions, à vrai dire. Si vous acceptez ce fait et comprenez ses possibles conséquences, alors j'accepterais votre accord. » Il eut un léger sourire. Oui, c'était bien formulé. Il savait qu'il était nécessaire que Stark se rende compte du risque qu'il prenait possiblement sur sa propre personne. Mais Shad était presque certain que sa soif de savoir sera la plus forte, mais Stark l'avait toujours surpris jusqu'alors, pourquoi encore une fois ?
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Lun 28 Nov 2011 - 14:27

Shadow resta silencieux un moment. Il continuait de marcher, semblant remuer les paroles du mage dans sa tête. Au moins n’avait-il pas bondit en entendant que les informations qu’il donnerait pourrait être divulguées. Il semblait encore en train de peser le pour et le contre de rester avec Luminen. Ou peut-être était-il en train de formuler une nouvelle question, il avait dit en avoir plusieurs. Le mage ne voulut pas interrompre le fil de ses pensées et ne dit pas un mot.

Quand le garçon désigna une ruelle peu fréquentée de la main, Luminen comprit que ce qu’il allait dire ne devait pas être entendu de n’importe qui. Et cela le fit s’interroger. Certes ils en viendraient tous deux à parler de vampires, et ce simple nom faisait frissonner la plupart des habitants du pays, mais cela ne pouvait justifier l’écart qu’il prenait avec la population. D’autant que ce mot avait déjà été prononcé, tout haut et au su de tous. Il y avait quelque chose d’autre, à la fois inquiétant et intriguant. Les sourcils du mage se plissèrent légèrement et ses lunettes glissèrent d’un poil. Mais il ne s’en rendit pas compte. Pas plus que de la braise qui venait de s’étendre dans le creux de sa pipe.

Akin avait mis une seconde à réaliser le changement de direction. La tête basse, haletant, il avait marché machinalement le long de la grande rue des auberges. Quand il avait vu que son maître ne se trouvait pas juste devant lu, il avait dressé la tête, s’était mit à renfiler l’air et sa queue remua quand il repéra le mage se faufilant dans une ruelle à la suite du garçon. D’un petit trot, il s’était lancé après eux. Et dans son élan, et sa certitude que la marche se poursuivrait, il les dépassa. Puis se retourna, immobile à quelques pas devant eux, penchant la tête vers son maître en signe d’interrogation. Allait-on avancer ou pas ? Il n’aurait pas été capable de le dire.

Luminen grattait sa barbe. Ce que venait de lui révéler le garçon expliquait son attitude craintive et sa volonté de s’isoler de la foule. L’information bouleversait l’esprit du mage. Ce n’était plus une chimère en vadrouille qu’il avait sous ses yeux, mais un fugitif. Avec à ses trousses un membre de l’espèce la plus dangereuse qu’il soit. Tout cela demandait réflexion et il porta à ses lèvres la pipe pour en tirer une bouffée à la saveur de cendres. Constatant que le tabac ne brûlait plus, il tapota l’objet sur le dos de sa main pour en vider le résidu. Puis le glissa dans sa manche. Shadow se tenait toujours devant lui, le regard rivé sur son visage. Le mage imprima un large sourire.

« On peut continuer ! »

Il fit un pas de côté, puis en autre et continua à s’enfoncer dans la ruelle. Au plaisir du chien, qui le talonna d’un peu plus près que précédemment. Luminen eut du mal à garder son sourire plus d’un instant. Si ce que le garçon disait était vrai, c’était dangereux pour eux d’en parler ici à voix haute. En fait, ils auraient été bien plus en sécurité au milieu de la foule, où même l’ouïe réputée si fine des suceurs de sang n’aurait pas pu distinguer une voix d’une autre. Mais il fallait bien répondre au garçon qui devait se demander à quoi il jouait.

« J’ai comprit. Alors… content que tu acceptes ! »

Car c’était fait, l’accord était passé. Shadow avait finalement accepté. En y repensant, Luminen se félicitait de lui avoir proposé et remerciait de grand cœur le hasard qui avait permit leur rencontre. Ce qu’il venait d’apprendre annonçait l’arrivée d’un danger à ne pas prendre à la légère. Danger dont il se jurait de protéger l’enfant. Mais en considérant l’information sous tous ses aspects, le mage devait bien admettre qu’elle constituait une nouvelle qui pouvait avoir sa part de bénéfice. Car qui sait, si ce vampire trouvait leur trace et venait à réclamer sa chimère, peut-être Luminen pourrait enfin rencontrer un individu de ce peuple si emprunt de mystères.

Jusqu’à leur sortie de la ruelle, il resta silencieux. Il était vraiment content que le garçon l’accompagne et réalisait peu à peu tout ce que cela signifiait. Il n’avait peut-être pas eut de famille et qu’un chien pour compagnon, mais maintenant il aurait ce jeune homme en devenir. Même s’ils ne restaient pas ensemble bien longtemps, la compagnie serait agréable, il n’en doutait pas. Le brouhaha de la foule matinale les entourait de nouveau quand le mage reprit la parole :

« Tu disais avoir plusieurs questions, je t’écoute si tu veux les poser. Quant à moi, je garde ma question du jour pour plus tard, je veux bien la choisir tu comprends. »



Dernière édition par Luminen Stark le Dim 4 Déc 2011 - 1:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Lun 28 Nov 2011 - 21:50

L'attente était étrangement douce. Cela changeait des choix longs et insupportables dont la vie semblait dépendre de leur issue. Certes, cela arrangerait Shadow que Stark accepte. Cela pourrait lui offrir, l'espace d'un moment tout du moins, un confort de vie qui ne serait sans doute jamais inégalé par la suite dans son cas tout du moins. Quant aux désagréments moraux et mentaux que cela impliquait également... N'étaient-ils pas moindres ? Il ne pouvait pas se prononcer pour l'instant. Attendre et observer. Il n'y avait que ça de vrai, au final. Mais si Stark au final refusait ? C'était improbable : c'était lui qui l'avait proposé après tout... Mais si c'était le cas, le garçon continuerait sa vie comme si de rien ne se serait passé, avec peut-être des regrets, peut-être des souvenirs. Des chimères de l'esprit continueraient à le hanter parfois, puis, au bout du compte, ils seront emportés, comme toute chose matérielle et donc imparfaite, par le temps, notre infâme bourreau.
Dans un geste mesuré, Stark porta à ses lèvres sa pipe. Ce ne fut qu'à ce moment là que Shad, trop absorbé dans ses pensées sans doute, avai tissé autour de ses sens une sorte de toile qui l'avait jusqu'alors empêcher de distinguer convenablement son entourage. Il avait omis cette odeur forte de tabac omniprésente autour du mage -sans doute un grand amateur-, rendu plus importante grâce à la pipe fumante. Avec le même calme presque agaçant, Stark rangea l'ustensile, le regarda encore un instant, comme mesurant une dernière fois le pour et le contre, puis conclut son examen par un sourire, que Shad rendit dans une moindre mesure.

Il lui sembla qu'il avait presque oublié de respirer durant ces quelques secondes decisives, car soudain il expulsa tout l'air qui était auparavent contenu dans ses poumons. Et ce fut plus léger qu'il emboita le pas à Stark, se plaçant à sa droite, un peu devant le chien docile. Cela lui faisait étrange de de nouveau avoir un compagnon de route. Voilà des semaines, depuis qu'il avait quitté le conteur en fait, qu'il n'avait pas eu quelqu'un avec qui marcher à ses côté. Était ce un heureux hasard qui les avait réunit ? Cela intriguait Shad, cette chance étrange qu'il avait pour tomber sur des bonnes rencontres : Fendracier, le chevalier poète, Caïgan, la folle chimère, Dyrlian, l'elfe, et enfin ce curieux personnage qu'était Stark. Qu'avait-il à lui apprendre, cette personne ? Beaucoup de chose, sans doute. Le savoir n'était-il pas finalement une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ? Shad pouvait toujours passer le reste de sa vie à étudier, il trouverait toujours quelqu'un de plus spécialisé que lui dans un domaine, qui ait exploré des données qu'il n'aurait même pas vu... L'infiniment petit, l'infiniment grand... Il était impossible qu'une rencontre ne soit pas fructueuse, à moins de trouver en face de soi son parfait homologue, et dans ce cas, qu'elle pauvreté ce serait ! Ce n'était pas finalement la fortune qui lui souriait mais bel et bien la logique, qui le veuille ou non.

De nouveau dans la foule aux mille murmures, le mage recommença à parler : « Tu disais avoir plusieurs questions, je t’écoute si tu veux les poser. Quant à moi, je garde ma question du jour pour plus tard, je veux bien la choisir tu comprends. »
Shad eut un petit rire involontaire qui aurait put se traduire par un espiègle : « Oh, ça ! » et dit tout simplement : « Oh, si nombreuses soient-elles, elles pourront bien attendre un peu, elles ne sont là que pour assouvir ma curiosité, rien de plus... » Il enchaina, pour ne pas laisser le silence s'installer : « Mais que diriez-vous de boire un petit coup à la taverne la plus proche histoire de fêter cette union comme il se doit ? » L'enfant ne goutait guère aux plaisirs de l'alcool, mais il savait que cette proposition plairait quelque peu au mage. Il désigna rapidemment le bâtimment le plus proche. Dans ce quartier, les tavernes faisaient foules...

Arrivé au seuil de la porte ouverte, dès le matin, l'agitation faisait loi, elle était grande ouverte, il embrasa du regard l'assemblée qui ne les vit sans doute même pas. C'est alors qu'une envie familière au garçon se créa dans sa gorge, ce désir de capter son attention, de les fasciner de deux, trois gestes, de faire jaillir du néant et de ses mots un imaginaire... Oh oui, il la connaissait bien cette envie... Il savait même qu'elle devait être en train de briller au fond de ses yeux quand il se tourna vers Luminen, mais ne la laissa pas transparaitre dans ses paroles : « Profitons donc de la fête, non ? » Inconsciemment, il avait mis dans sa voix l'accent charmeur de son aura. Déjà, il cherchait à faire âme et corps avec les autres...
Mais il devait attendre, encore un peu. Plus il attendrait, plus son aura sera fine, plus le conte sera captivant, plus le moment sera grandiose...


Dernière édition par Shadow Foss le Dim 4 Déc 2011 - 16:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 3 Déc 2011 - 23:15

Un petit rire échappa au garçon, avant qu’il ne dise que ses questions pouvaient bien attendre. La phrase qu’il utilisa pour s’exprimer, dans sa tournure et son vocabulaire juste et évolué, surprit un peu le mage. Dans le bon sens du terme bien sur. Qu’un enfant de son âge ait un langage si châtié spontanément révélait qu’il avait reçu une éducation excellente. De ce que Luminen savait, il avait quitté sa famille assez jeune et son apprentissage n’avait pu se faire qu’après cette séparation. Mais il fallait alors admettre que c’étaient les vampires qui s’étaient chargé de lui enseigner l’art et la manière de parler. Que ces suceurs de sang se préoccupent tant de leurs chimères, le mage ne l’aurait pas deviné. Mais peut-être que Shadow était un cas à part, le résultat d’un projet bien plus complexe qu’une simple transformation physique. Peut-être même les vampires s’étaient, aussi déroutant que cela paraisse, attaché à leur création au point de vouloir lui transmettre une part de leur savoir. L’envie d’utiliser sa question du jour afin d’élucider ce mystère vint s’installer dans l’esprit du mage. Cependant, il ne se hâterait pas. Le soleil venait à peine de s’arracher à l’horizon, il y avait encore beaucoup de temps pour choisir judicieusement une question et la poser.

La proposition de Shadow ne manqua pas de ravir le mage qui, plaçant une main sur son ventre bien en chaire, accepta dans un sourire. La perspective d’une bière bien fraiche, d’un quignon de pain et d’un bout de fromage l’enchantait. Après tout, il n’avait encore rien avalé de la journée et son appétit était bon, comme toujours, en ce début de matinée. Avisant la première taverne qui se trouvait sur leur route, les voilà qui allaient y pénétrer, tous deux en compagnons de route, pour fêter leur alliance. Ne connaissant pas le maître des lieux et voulant éviter le scandale, Luminen décida de laisser dehors le pauvre Akin. A Lleya, il était connut comme un consommateur régulier, déboursant suffisamment d’or dans ses établissements favoris, pour se permettre de leur imposer le chien. Il savait pourtant que l’odeur de l’animal, et parfois sa simple présence, en dérangeait plus d’un. Arrivant devant l’entrée grande ouverte, le mage extirpa de son manteau une longe de cuir. Akin fit mine de ne pas l’entendre lui demander d’approcher pour se laisser attaché, jusqu’à ce qu’un ton ferme et un claquement de doigts ne le rappellent à l’ordre. Il vint se coucher là où son maître le lui désignait, soupirant doucement, et accepta de rester. Fixant l’extrémité de la longe à l’abreuvoir laissé là devant pour les éventuels chevaux, le mage gratifia son chien d’une caresse et entra dans la taverne à la suite de Shadow.

Il y avait là déjà beaucoup de monde malgré l’heure matinale. Sans doute des travailleurs venant se donner du courage à la tache en commençant par se réunir autour d’un café ou d’un brin de vin. Des voyageurs aussi, attirés par les festivités, qui faisaient la joie des tenanciers en leur procurant en quelques jours la recette de plusieurs semaines de service. Nul doute que même le moins avisé d’entre eux avait fait rentrer pour l’occasion force boissons et vivres.

« Profitons donc de la fête, non ?

- Bien sur, amuse-toi ! »

Il y avait dans les yeux de Shadow un pétillement malicieux que le mage voyait pour la première fois. Il lui avait répondu machinalement, d’un ton enjoué, mais à y réfléchir à présent il ne voyait pas trop de quelle fête parlait le garçon. Certes, la taverne bourdonnait d’agitation mais il était bien trop tôt pour parler de fête. Ce soir sera bien plus agité, festif… On n’en était pas là. Il n’était que l’heure du petit déjeuner. A ce sujet, Luminen comptait bien se remplir la panse dignement. Il hésita un moment entre une table et le comptoir, choisissant finalement la deuxième option. Si Shadow voulait s’amuser, lui ne cracherait pas sur un brin de conversation plus adulte avec les gens de la ville et les étrangers de passage.

La tenancière était une femme toute en rondeur, certainement plus vieille que le mage mais qui s’échinait par une abondante couche de maquillage à paraître plus jeune. Enveloppée dans une tunique d’un rouge criard, elle vint l’aborder, aguichante, demandant ce qui pourrait bien faire plaisir au « blondinet ». Son visage avait des traits rudes qu’encadrait une cascade de boucles brunes. Le mage commanda une chope de bière et se laissa séduire par la tarte au citron dont elle vantait la saveur. Il s’assit sur un tabouret libre et se tourna vers la salle en attendant d’être servit. Il voulait voir ce que le garçon appelait « faire la fête », essayer de comprendre ce qui pouvait tant le réjouir par avance à l’idée de se trouver dans cette taverne. Dire qu’il y avait un instant seulement, il était tiraillé par la peur et révélait le danger qui le guettait au mage. Le voir rayonnant, comme devrait l'être tout garçon de son âge, était bien plus plaisant.

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 10 Déc 2011 - 20:38

Shad embrassa encore une fois la foule dont faisait maintenant partie Stark du regard. Tant de multitude dans une telle unité ! Des unités, en fait. Déjà, les paroles de son ami et mentor Caïgan rejaillissaient dans sa tête... mais pas exactement comme d'habitude. Par comme des souvenirs intacts cinglant son esprit tels des fouets. Au contraire, les dires semblaient venir non pas de la mémoire du garçon mais bel et bien de son âme et de ses pensées. Tous les conseils, encouragements, mots que le maître conteur avait put lui dire et affirmer, Shadow les avaient répétés, appliqués, retenus... jusqu'à faire de ces paroles les siennes. Il prit une grande inspiration avant de songer, presque instinctivement : Ce que j'ai devant moi, c'est une foule. C'est non pas un amas de choses identiques en tout point, mais un rassemblement de différences, de richesses. Il ne revient qu'à moi de toutes les posséder, et pour cela, ce n'est pas à eux de chercher à me comprendre et me percevoir. C'est à moi de faire le premier pas vers eux. Et ensuite ? Rester bras ballants à réciter un conte comme de quelconques phrases tout en demandant aux oreilles non exercées d'être attentives ? Non ! Je suis un conteur, je suis un étranger ! Il est de mon devoir de déranger et de bouleverser. C'est pour ça qu'en prenant place sur scène, je ne fais pas apparition aux seins d'eux mais bel et bien intrusion.
Calmement malgré son haut état d'excitation, il essaya de mettre ses idées en place. Devait-il demander tout d'abord la permission à la patronne de l'établissement ? La réponse vint dès le premier regard : non, sûrement pas. Un simple instant lui avait suffit à cerner plus ou moins le personnage : une aubergiste on ne peut plus sédentaire, sans doute intolérante des différences que lui offraient pourtant quotidiennement son emploi. Elle devait sûrement pas comprendre les conteurs, comment le pourrait-elle ? Comment compatir pour ces êtres étranges qui bougent de partout, ces nomades qui n'exigent pour tout salaire de leurs talents l'écoute de leurs auditeurs ainsi que leur compréhension ?Ils vivent de leur misère qu'ils ont choisit, alors qu'ils y restent
Shad eut un étrange sourire. Il venait de comprendre. S'il réussissait à la captiver, il aurait gagné. S'il parvenait à percer ce cœur hermétique, nul autre ne lui résisterait en ce jour festif. Si cette femme s'arrêtait un instant dans sa lassante routine pour se tourner vers lui intriguée et l'écouter, alors ce conte sera un succès.

L'enfant choisit méticuleusement des yeux une table vide dans l'un des coins du bâtiment. Il pourrait ainsi faire face à toute l'assemblée et se faire voir de tous. Tandis qu'il s'avançait vers son piédestal, il regardait une à une ces faces qu'il allait devoir séduire et sidérer. Aucune, ou tout du moins n'en avait-il pas conscience, ne faisait attention à lui. Arrivé devant la table en bois, après avoir laissé choir à même le sol son paquetage et son arme, il la poussa pour bien la coller contre le mur. Le bruit fit tourner quelques têtes vers le garçon. Agilement, il posa ses deux mains à plat sur la table et prit appui sur elles pour ramener son pied droit au niveau de celles-ci. Il se dressa, désormais surélevé d'un bon mètre. Debout, bien campé sur ses deux pieds, il voyait tout le monde d'un angle qu'il n'était habitué à avoir. Était-ce donc ainsi que les Dieux voyaient le monde ? Shad secoua la tête pour reprendre ses esprits. Il était là pour émerveiller, non pas pour rêver.
Il choisit un conte parmi les multiples qu'il connaissait. Celui-ci était tiré d'un poème, Trymskvida.
« Un jour, alors que le grand Thor se réveillait de son divin sommeil, il se rendit que son puissant marteau n'était plus à ses côtés ! Le Dieu éclata dans une colère qui n'avait nulle pareille. Ses mains et sa barbe tremblaient violemment si bien que tout Asgard en fut effrayé.» Il avait commencé sans aucune introduction ni présentation. Il n'en avait pas besoin. Le conte se suffisait à lui même. Sa voix réussissait à suffisamment porter pour que tous dans la taverne puissent l'entendre. Pour l'instant, il n'utilisait pas encore son aura. Avant tout, le travail à faire pour captiver les autres était avant tout un travail sur soit même. Chacun de ses geste était précis, naturel, pas calculateur mais toujours dans une optique précise : son regard, par exemple, ne déviait que quand il le désirait, le faisant aussi perçant qu'il le pouvait. « Or, ce marteau était non seulement une arme puissante, mais était également magique ! À chaque fois que Thor le brandissait son marteau, le Torden, l'orage, s'abattait sur la Terre des Hommes, ainsi que la pluie et donc la vie. Mais plus encore, le marteau permettait aux Dieux de se défendre contre les Géants, ces êtres vivant dans l'Utgard. Ces Géants avaient toujours eu un but suprême : enlever Freyia, la Déesse de la Fertilité. Ainsi, sans le marteau de Thor, la désolation allait s'abattre.
C'est alors que Loki, maître de la Ruse, emprunta les ailes de Freyia pour se rendre à Jotunheimen pour découvrir si les Géants étaient bien les voleurs. Le roi des Géants, Trym, lui avoua sans remord ni regret qu'il avait caché le marteau huit pied sous terre. Puis, le terrible Trym ajouta dans un rire bestial : "Je ne le rendrais que si j'épouse Freyia !".»
Shad nota avec plaisir le certain frémissement qui parcourut certains. Il était assez proche de la tension avec des capacités humaines pour désormais utiliser son aura, dans une moindre mesure. Sa voix changea légèrement comme pour avoir plus d'empreinte, se faisant plus prenante. Il saisissait mieux chaque personne dans son ensemble, réussissait maintenant à parler à chacun d'eux individuellement. « Que pouvaient donc faire les Dieux d'Asgard ? Rien ! Aussi longtemps que les Géants possèderaient le marteau, tout mourrait lentement sur le monde des Hommes, et s'ils livraient Freyia, toute vie serait impossible sur Terre !» Il conta encore le désespoir de Freyia, qui devait -hélas !- devenir l'épouse du Géant. « Mais Loki inventa alors un stratagème : si Thor se déguisait en femme, ils pourraient peut-être récupérer le marteau ! (Il eut un léger rire) Alors Thor, bien que contrarié par l'idée n'a pas d'autre choix que de s'attacher les cheveux et de prendre des pierres en guise de poitrine ! Et le voilà en route pour Jotunheimen, Loki le suivant en demoiselle d'honneur ! À peine arrivés, les Géants, fous de joie, organisèrent le grand banquet de noce ! Ah Dieux qu'il était impressionnant ce banquet ! Cette Taverne ferait bien piètre allure à ses côtés !» Il vit la tenancière faire la moue, certains rires, et un idiot crier un malsain « C'est vrai ! » « Mais la douce fiancée -Thor- engloutit un taureau entier et trois tonneaux de bière devant les yeux ébahis de Trym ! Il s'en étonna grandement, commença à poser des questions... mais Loki s'écria soudainement : "Seigneur Trym, il faut l'excuser ! Elle était si heureuse de venir vous rejoindre qu'elle n'a pas mangé pendant huit nuits !"
Alors Trym souleva le voile de la mariée pour l'embrasser... Et recula ! Il n'avait vu dans un regard une si grande dureté ! Cette fois -ci, il en fut même vexé, mais encore le malin Loki dit :"Seigneur Trym, il faut l'excuser ! Elle était si heureuse de venir vous rejoindre qu'elle n'a pas dormi durant huit nuits !"
Trym, fort satisfait de sa nouvelle femme ordonna alors qu'on apporte le Marteau de Thor et qu'on le pose sur les genoux de la mariée ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Les Géants s'exécutèrent ! Et dès que le Dieu reçut l'arme...» Il s'arrêta un instant, laissant sa phrase en suspens, puis soudain agrippa un marteau imaginaire et le brandit : « Thor la saisit ! Et son rire à ce moment là équivalait à sa colère ! Puis il enleva son masque et tua d'un coup sec Trym qui l'avait tant offensé ! "Victoire !" hurla-t-il exultant. Sans prendre la peine de massacrer le reste des géants, il rentra avec son marteau tant chérit en Asgard où il recommença à faire pleuvoir sur Terre.
Ainsi, quand vient Lumi, la nature est morte car les Géants ont volé le marteau, mais dès que Vihm arrive, cela signifie que Thor a réussit à de nouveau le reprendre victorieusement !»
Et sans d'autres conclusion, il sauta à terre. Le conte était fini. La magie était passée. Le silence se tut jusqu'à disparaître. Déjà, les Hommes retournaient à leurs chopes de bières. Qui se souviendra, parmi eux, du gosse qui leur avait raconté une histoire ? Quelques, et c'est pour ces quelques que Shad existait.
Il récupéra légèrement satisfait ses affaires posées sur le sol et se dirigea d'un pas leste vers Stark. Qu'avait donc pensé le mage de sa prestation ? C'était une question intéressante à poser, tiens....
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Dim 11 Déc 2011 - 2:07

    Mannheim, capital humaine, ville du roi des Hommes, mais surtout la ville la plus proche de la petite ferme qu'habitait autrefois Yseult. Elle s'était, à son départ, jurée de ne plus jamais mettre les pieds ici, la douleur et la tristesse envahiraient alors trop son cœur. Mais on finit toujours par oublier ses promesses, surtout celle faite à soi-même. Et puis il faut bien aller la ou les tavernes se trouvent, surtout quand les fêtes sont présentes. Tenant sa jument par la bride, la jeune femme retrouvait avec un mélange de joie et de douleurs l'ensemble de ces sentiments : la chaleur réconfortantes des passants, la douce mélodie des tavernes, et le tempo des pas des chevaliers. Et parmi tout cela, elle entendait encore les murmures de son père a propos des meilleures endroits pour acheter une bière ou manger une tartine de pain et de fromage. Elle avait quitté ces lieux il y avait au moins 6 mois, peut être moi, peut être plus, elle avait perdu peu a peu la notion du temps. Mais cela n'avait guère d'importance aujourd'hui.
    Les fêtes de la ville avaient débuté depuis quelques jours déjà, et partout une foule grandissante envahissait les rues, si bien que la jeune femme avait préféré dès son entrée dans la ville descendre de sa jument. Toutes les races étaient présentes, et les auberges étaient pleines, que ce soit les plus riches qui n'autorisaient que les grand mages, chevalier ou elfes de la hautes société, aux auberges mal famées de coin des rues où voleurs se donnaient rendez-vous. Elle espérait grâce à cela trouver un endroit où on l'autoriserait à chanter et jouer de la harpe , pour gagner ainsi de quoi se nourrir et nourrir Lullaby pendant quelques temps encore. Car cette jument lui coutait chère, la plus grande part de ces dépenses étaient dû à ce dernier souvenir de sa vie d’antan, mais malgré cela, elle ne pouvait se résoudre a l'abandonner. Elle représentait pour elle son ancienne vie à la ferme, et les tendre moment avec son époux et son fis, mais aussi les très lointain souvenir de Lleyla ou elle avait vécut huit années à apprendre ce qu'elle essayait de retrouver aujourd'hui : la magie. Yseult avait décidé de repartir à zéros, de se refaire, malgré la peine qui serait toujours présente dans son cœur, et la magie était le seule moyen qu'elle avait trouvé jusque là pour l’apaiser.

    Diminuant la cadence de son pas à l'approche de quelques tavernes, Yseult savait lesquelles autorisaient ou non les voyageurs en quête d'argent. Certaines étaient réputées pour leur générosité pour ces artistes, d'autre pour leur indifférence. Parmi celle-ci, elle avait souvent entendu parler d'une d'entre elle. La patronne et son défunt époux étaient d'anciens marchand qui avaient voulu se sédentariser, et avait acheter alors avec leurs économies cette petite boutique. Rapidement ils avaient fait fortune grâce a la beauté de la femme, jeune encore à cette époque ; mais aussi car il n'y avait pas spécialement de règles là bas. Chacun pouvait conter son histoire ou chanter sa chanson, tout le monde ne donnait alors pas une pièce a l'artiste, mais il y avait toujours un ou deux généreux dans la salle. L'homme mourut et la femme vieillit mais la réputation était faite. En se dirigeant vers cette auberge, dont le nom ne lui était revenu que partiellement, elle passa devant une autre, plus petite, déjà pleine. Un chien accroché à l'abreuvoir attendait sagement son maitre, sans doute à l'intérieur.
    Elle avait toujours vécut avec des animaux, que ce soit à la ferme, mais aussi à Lleyla, son maitre là bas avait deux juments, et la petite fille qu'elle était à l'époque passait le plus claire de son temps avec elle, lorsqu'elle n'étudiait pas la magie. Elle avait alors appris a reconnaitre chaque animal, une sorte de mémoire très sélective et spécifique. Et contre toute attente, ce chien qui ne semblait plus très jeune, lui rappelait de lointain souvenir. Était-il possible qu'elle arrive à reconnaitre un chien qu'elle n'avait pas vu depuis son apprentissage dans la ville des mage ? Doutant tout de même de ces capacité, mais étant envahit pas un étrangement sentiment, Yseult sortie de sa poche quelques pièces, ces dernières, mais avec un peu de chance elle se ferait de l'argent ce soir. Elle voulait savoir si son intuition était juste. Elle pourrait se payer une chope de bière, et demander en passant si elle pourrait chanter ici ce soir. Elle attacha alors sa jument, pris son sac et sa harpe, et s'avança jusqu'à la porte ouverte de la boutique.

    La jeune femme s'attendait à entrer dans une salle où de gauche à droite s’élèverait un brouhaha discontinu. Et pourtant une seule voix reconnait. Celle d'un jeune homme, âgé tout au plus de 14 ans, debout sur une table. Ses cheveux et ses yeux étaient couleurs sang, sans vraiment l'être. Un rouge très vif, très étrange aussi. Il semblait bien différent de tous les enfants qu'elle n'avais jamais vu, mais malgré tout un pincement au coeur été né dans sa poitrine. Son fils aurait pu atteindre cet age là, aurait dû. Yseult aurait sans aucun doute quitté la salle si les quelques mots qu'elle avait entendu ne l'avaient captivé. S'agissait il d'un conteur ? Il était pourtant si jeune, il semblait cependant avoir de l'expérience à la façon dont il s'exprimait, bougeait, et regardait chaque personne. Elle savait très bien ce qu'il devait faire, et savait aussi qu'elle n'avait jamais réussit a atteindre le niveau qu'elle voyait devant elle. Elle se rapprocha alors de la table, mais il sauta a terre avant même qu'elle n'est le temps de le rejoindre. Et pour la second foi de la journée, ce sentiment étrange de volonté de savoir naquit dans l'esprit de la demoiselle. Elle n'avait pas ressentie ça depuis les quelques mois qui avaient précédé son arrivée a Lleyla. On lui avait dit qu'il s'agissait de la curiosité. Mais la routine et le calme d'une vie a la ferme lui avait toujours beaucoup mieux convenu. Et pourtant, maintenant que tout ça avait disparut, il revenait doucement à elle.
    Elle suivit alors du regard le jeune garçon, il fallait qu'elle lui parle. D'un pas décidé, elle se dirigea vers lui. Et lorsqu'il s'arrêta, elle frôla délicatement son épaule, histoire de lui faire comprendre qu'elle souhaitait lui parler.

      -Excusez moi, jeune homme !

    Sans le remarquer, elle se trouvait en face de sa deuxième réponse. Le maitre du chien se trouvait de l'autre coté du jeune homme, il s'agissait d'un mage qu'elle avait autrefois côtoyer, Luminen Stark.

HRPG: J'espere que mon entré dans le RP vous convient... Dîtes moi si quelque chose ne va pas... Merci encore de m'avoir accepter.
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Dim 18 Déc 2011 - 16:18

Shadow observait la foule et Luminen observait Shadow. Il tenta de se glisser dans la peau du garçon, de voir à travers ses yeux afin de comprendre ce qu’il cherchait. Peut-être un compagnon de bavardage ou quelques jolie fille, mais l’assistance ne comportait apriori aucun enfant de son âge. Quand le garçon se dirigea vers un coin de la salle et grimpa sur une table libre, le mage comprit qu’il allait d’adresser à l’assemblée toute entière. Une déclaration ? Mais à quel propos ? Moitié inquiet et moitié impatient de connaître la réponse, Luminen se fit toutes oreilles.

Il n’y eut pas d’autre introduction que « un jour » et, esquissant un sourire, le mage comprit rapidement ce qui était en train de se passer. Debout au-dessus de la foule, faisant porter sa voix juste ce qu’il fallait pour que chacun puisse l’entendre, il racontait le début d’une histoire. Avec pour personnage principal le dieu Thor et pour objet son marteau, le décor était posé. Et chacun s’y retrouvait déjà, car ces éléments de cultures n’étaient étrangers à personne. Les gestes de Shadow, justement mesurés, rythmaient son récit en lui donnant corps. Quand à son regard, c’est une âme qu’il lui conférait. Aussi vivant que le jeune garçon, le conte prit forme, l’intrigue se dessina et les péripéties s’ensuivirent.

« V’la vot’ commande. » Les gestes un peu brusques de la tenancière lorsqu’elle vint porter nourriture et boisson tirèrent Luminen hors de la rêverie dans laquelle il avait plongé. Quelques pièces en moins et une gorgée de bière après cela, il se complut à observer la foule. La plupart des clients dardaient sur l’enfant des yeux avides de connaître la suite. Tenus en haleine, ils semblaient presque retenir leur respiration alors que Freyia se désespérait de son triste sort. Les histoires de ce genre finissent pourtant toujours bien, mais le public se plait à croire en la réalité du suspense. Enfin, la majorité du public. Parce qu’en y regardant à deux fois, il y avait là une part de récalcitrants, blasés ou absorbés par les chuchotements de leurs voisins. L’histoire valait pourtant la peine d’être suivie, le mage lui-même était ravit à chaque instant de la ruse dont faisait preuve Loki. Mais il savait bien que pour certains tout ceci n’était qu’une perte de temps, un divertissement puéril qu’on leur imposait. Il y avait aussi quelques spectateurs qui n’avaient d’yeux que pour l’apparence des plus singulière de Shadow : ses yeux, ses cheveux et bien entendu le bras difforme qu’il agitait sous leur nez. Un pilier de comptoir sur la gauche de Luminen marmonnait depuis le début, raillant le spectacle sans même avoir daigné jeter un œil en direction de la scène. Imbécile ! Rien que pour avoir le courage de se tenir devant l’assemblée, la générosité de partager son histoire et l’habilité pour la raconter, Shadow méritait le respect !

Un moment le mage fut à nouveau captivé par l’histoire. Mais déjà celle-ci touchait à sa fin. Et la fin n’était jamais la partie qu’il affectionnait le plus. Tout était attendu : la victoire des justes, l’équilibre retrouvé, parfois un brin de morale. Il laissa de nouveau son regard glisser sur la foule, esquissant un bref sourire à entendre qu’ainsi les saisons allaient et venaient en un cycle éternel. Quand ses yeux se posèrent sur une tête familière. Non. Si ? Il connaissait ces traits, sans parvenir à les reconnaître. Puis il fouilla dans sa mémoire, s’imaginant la jeune femme quelques années plus tôt. Et là le souvenir le frappa, éclatant et pourtant cruel. Car du visage innocent et réjoui de l’adolescente dont il avait souvenir ne restait pas grand-chose. Ses yeux eux-mêmes semblaient avoir perdu de leur éclat. Pouvait-on mettre tout cela sur le compte d’une jeunesse perdu ? Se creusant un peu les méninges, le mage se rappela avoir rencontré cette enfant, Yseult, une dizaine d’années en arrière, lors de son retour du nord. Elle était la protégée de Lia à ce qu’il se souvenait. Il l’avait vu devenir femme mais celle qu’il voyait à présent paraissait bien plus mûre et marquée par la vie.

Tout ça n’allait pas pour le rajeunir et il poussa un long soupir avant de s’efforcer d’oublier son âge grandissant en le noyant dans deux longues gorgées de bière. Shadow, lui, venait de quitter sa scène éphémère pour venir le rejoindre, un brin de fierté dans le regard. Et pratiquement à sa suite approchait Yseult, qui aborda le garçon juste avant de poser ses yeux sur lui. « Yseult ? C’est bien toi ? » Le doute qui n’en était pas vraiment un se dissipa dès lors.

« Ravi de te revoir, comment vas-tu ? Oh ! Et Lia n’est pas avec toi ? » Mais il manquait de correction, alors il se tourna vers Shadow et se rattrapa. « La ravissante jeune femme que tu vois là est une mage, élève d’une amie à moi. Permettez-moi de faire les présentations : Yseult – il tendit une main vers elle – et voici Shadow – puis l’autre main vers lui – ce garçon m’accompagne. »

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Mar 20 Déc 2011 - 13:46



Shad était fatigué par sa prestation. À chaque fois, il se donnait tellement qu'il était épuisé. Comme toujours, il était toujours par la suite un peu groggy, un peu plus hagard que d'habitude. La gorge sèche, les sens émoussés. Heureux, sans aucun doute, mais exténué. C'est à peine s'il entendit les félicitations d'un des gaillards de la taverne. D'une démarche peu sûre qu'il tentait de faire assurée, il se rapprochait de la table du mage. Il avait encore été étonné de la capacité de Stark à se fondre dans son environnement. Rien en lui extérieurement tout du moins ne semblait sortir de l'ordinaire. Pas de cheveux de couleur extravagante, pas de bras difforme (et même si Shad s'efforçait un maximum de le cacher par son grand gant, sa forme en elle même n'avait rien de bien humain), un âge passe-partout. Devait-il l'envier ? Était-ce donc une tare que les gens s'interrogent rien qu'en le regardant ? Shadow ne trancha pas et repoussa durement la question. Pas maintenant. Lentement, mais indéniablement, son "moi" conteur faisait place à un autre, beaucoup plus mélancolique et poète. Il laissa un échapper un souffle de contentement.

Il arrivait devant Stark quand une voix qui ne lui était pas familière se fit entendre, l'interpellant. La personne qui venait de parler avait aussi touché son épaule. Gauche. Plus par réflexe que par animosité, Shadow se retourna vivement, la main plaquée sur l'endroit où la main l'avait frôlé, en poussant un petit sifflement comme si ce bref contact l'avait brûlé. C'était le cas, en fait. Il se refusait toujours de laisser pendre son bras, le laissant ballant le long de son corps. Contrairement à d'habitude, il le contraignait à bouger de façon naturelle et fluide, et cela se ressentait par la suite par un extrême sensibilité de son articulation.
Shadow considéra la personne qui lui faisait face. Si la voix qu'elle possédait s'était révélé pour la chimère très jolie et belle à entendre, le reste était assez... Commun ? c'était sans doute le mot. Un peu comme Stark : passe-partout. Rien à voir avec l'amazone qu'il avait rencontré hier - il lui suffisait d'une pensée pour être de nouveau hypnotisé par ces traits.

Mais tandis qu'il s'apprêtait à dire quelque chose - s'excuser de sa réaction, dire bonjour ?- le regard de la jeune femme passa derrière lui. Tandis que Shad se retournait pour à qui celui-était attribué, Stark prenait la parole. Le gamin recula d'un pas pour mieux considérer la situation. À sa gauche, Stark, assis sur son tabouret, qui semblait donc connaitre Yseult, à sa droite. Yseult ? Un nom qu'il n'avait encore jamais auparavent entendu. (En même temps le nombre de ses rencontres était assez limité) Puis le mage enchaina, parlant d'une Lia. Les yeux de Shad passait en silence de Stark à Yseult, cherchant à comprendre plus ou moins. Stark dut s'en rendre compte car il fit ensuite les présentations en bonne et dû forme. Le garçon hocha du chef pour signifier qu'il afait bien saisit, puis se tourna vers la mage - encore une ! Décidément... - en disant doucement : « Je suis enchanté de faire votre connaissance, mademoiselle Yseult. »
À ce moment là, il se souvint quand est-ce qu'elle était rentrée. Le brouhaha de la rue s'était fait plus clair quand elle avait ouvert la porte. Elle s'apprêtait à partir quand Shad avait tendu un peu plus son Aura dans sa direction. Il avait sentit une certaine mélancolie inexplicable, mais s'en était désintéressé aussitôt.
Shadow s'extirpa difficilement de son souvenir pour revenir à l'instant présent. Il remarqua que sa main était resté sur son épaule, comme la protégeant. Légèrement gêné par ce geste que d'autres trouveraient sûrement inexplicable, il replaça son bras dans une position normale, non sans avoir frictionné doucement la région douloureuse. Pour combler le silence, il la détailla encore de ses yeux écarquillés comme à l'ordinaire. Puis se souvint du simple « Excusez moi, jeune homme ! » qui l'avait fait se retourner, s'interrogea sur les raisons de cette interpellation, et trouva intéressant de tout simplement demander quelle raison la poussait à lui adresser la parole. « Vous... Vous vouliez me parler ? » dit-il d'une voix mal assurée. Prononcer un discours devant une foule et la charmer était facile pour lui, mais dès qu'il s'agissait de quelqu'un en particulier, cela lui était paradoxalement difficile.
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 24 Déc 2011 - 1:33


    Sa main avait juste frôlé l'épaule du jeune homme, un geste simple et doux, un moyen très efficace pour faire comprendre que l'on souhaitait parler à la personne que l'on touchait. Avec ce geste, Yseult espérait que le conteur se retourne, simplement, et écoute sa question. Tout simplement. Comme elle l'avait déjà fait des dizaines de fois avant ce jour-là. Mais ce qui se passa fut légèrement différent. D'un geste brusque, il se retourna, et dans ses yeux rouges on pouvait presque sentir une douleur profonde, qui s'accompagna d'un léger sifflement. Lui avait elle fait mal ? C'était tout de même peu probable qu'un geste comme elle venait de lui faire lui faire le fasse réellement souffrir si il n'avait à la base pas déjà quelque chose. Même si elle avait travaillé à la ferme depuis plus de 6 ans, ses travaux se résumait bien souvent à traire les vaches et sortir les poules. Elle n'avait donc pas forcément développé une musculature particulièrement exceptionnelle. La jeune femme se contenta alors de baisser légèrement les yeux, pour s’excuser. La simple vu de la douleur lui rappelait les yeux de son frère, il y avait bien des années, se noyant dans le lac qui se trouvait devant leur maison.
    En relevant la tête, ses yeux croisèrent un regard qu’elle connaissait. Ses yeux marron cachés par des verres de lunettes elle les avait déjà bien souvent croisés, il y a bien des années, et en quelque seconde, elle se souvint du chien à la porte, qui l’avait poussé par un étrange sentiment, à rentrer dans cette taverne. Il était le maitre du chien. Il n’y avait aucun doute. Elle les avait rencontrés en arrivant dans la ville des mages, le chien comme le mage était bien plus jeune. Luminen semblait être, a ce qu’elle avait compris, un ami de Lia, son maitre. Elle les avait alors bien souvent vus pendant ces huit années, pour des réunions, dans la bibliothèque de la ville, et de nombreuses autres occasions. Et puisqu’elle était tout de même assez romantique, malgré son côté très campagnard, elle avait nourri secrètement des envies de mariage entre son maitre et le mage qui se trouvait en face d’elle… Ils avaient le même âge, vivaient pas très loin l’un de l’autre et semblaient très bien d’entendre. Et à 12 ans, il n’en faut pas beaucoup plus pour éveiller l’imaginaire d’une paysanne romantique. En quittant Lia, elle l’avait oublié, comme beaucoup de personne et de chose, la magie compris.

      -Yseult ? C’est bien toi ?
    Apparemment, Luminen avait aussi reconnu la jeune femme, et dans cette question qui ressemblait plus à une question rhétorique qu’a une vraie question, on pouvait voir se dissiper les quelques grammes de doute qui étaient encore présent quand la jeune femme avait croisé pour la première fois son regard. Elle hocha alors la tête, plus machinalement, que parce qu’elle ne voulait pas répondre de vive voix, et puis de tout façon, il avait recommencé à parler, la présentant au jeune garçon, aux cheveux rouges qu’il semblait aussi connaitre.

      - Ravi de te revoir, comment vas-tu ? Oh ! Et Lia n’est pas avec toi ? La ravissante jeune femme que tu vois là est une mage, élève d’une amie à moi. Permettez-moi de faire les présentations : Yseult, et voici Shadow, ce garçon m’accompagne.
    Le garçon répondit a ses présentation, par une phrase simple et classique, des salutations, et un mademoiselle qui ne lui convenait plus depuis quelque temps déjà, elle était marié et avait consommé son mariage un bon nombre de fois, même si ceci n'était plus que cendres a présent. Et puis après avoir remis son bras a sa place, le jeune homme posa a la jeune fille la question qu'elle avait éttendu en le forlant... Mais dans sa tête d'autre réponses et questions se mélangeant, si bien que cette question sur la faculté du jeune homme de rendre aussi captivant son discourt s'envola dans toutes ses pensées.

      -Luminen... Excusez moi, je ne vous avez pas vu. Je suis moi même très heureuse de vous revoir. - Elle se détourna du mage pour regarder à présent la chimère- Enchanté moi aussi, Shadow. -Puis elle se remit face a l'homme, pour essayer de répondre aux autres questions- Je n'ai pas revu Lia depuis mon départ de Lleyla, ca doit faire plus de 6 ans à présent... Elle n'habite plus à Lleyla ? -La pensé que son ancien maitre pouvait être morte ou disparue attrista d'autant plus la demoiselle qu'elle devait répondre avec le sourire à la question suivante, alors que son cœur était loin d'être joyeux, et ce fut avec un voile de tristesse et de mélancolie qu'elle répondu- Très bien, j'ai décidé depuis peu de partir sur les routes.
      Par contre j'ai oublié ce que je voulais vous poser comme question, Shadow... Oh, et excusez pour tout à l'heure aussi, j'ai cru comprendre que je vous avez fait mal au bras...


    Elle posa la harpe qu'elle portait depuis son entrée, a ces pieds, oubliant qu'elle voulait aussi demander si elle pouvait jouer ici ce soir, cette rencontre l'avait transporter dans un pasé beauocup plus joyeux, ou le mage qui se trouvait devant elle avait beaucoup moins de ride et d'embonpoint, et elle beaucoup plus de joie et de beauté. Mais ce temps était à présent révolue...

      -Et vous comment allez vous ? Que faites vous ici ? ... Enfin, je suppose que vous êtes ici pour la fête...

    Elle voulait surtout éviter de parler de son passé ou de se faire remarquer...


HRPG: Bon, ce post est pas très palpitant.. J'essayerais de faire mieux la prochaine fois... ^^


Dernière édition par Yseult Lessien le Dim 16 Sep 2012 - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Jeu 5 Jan 2012 - 14:12

Le temps que Shadow salue Yseult et que celle-ci lui retourne la politesse, Luminen s’offrit une bouchée de la pâtisserie qu’il avait commandée. La pate sablée était cuite à point, le gout du fruit prononcé sans que l’acidité du citron ne dérange les papilles et la couche de crème meringuée sur le dessus tout juste dorée au four, venant parfaire l’ensemble. Une recette sans doute améliorée sur de longues années, dont l’aubergiste avait eut raison de vanter les mérites. Le mage avala finalement, venant remplir d’un peu de solide cet estomac qui n’avait vu que bière depuis le levé du soleil. Cela le mit en appétit et il salivait d’avance à l’idée de mordre à nouveau dans la tarte.

Cependant, politesse oblige, il se retint pour entendre Yseult lui donner des nouvelles d’elle et de Lia. Etrange qu’après 6 ans de séparation elle n’ait pas eut l’idée de la retrouver à Lleya plutôt que de venir ici… Mais peut-être cette distance faisait partie de son initiation. Luminen se vit un instant quinze ans en arrière, sur les routes du continent, avec en tête l’écho des mots de Sirius, lui enjoignant d’aller « voir le monde de ses propres yeux ». Il se serait alors mal vu rendre visite à son maître entre deux voyages. Il sourit à l’idée qu’Yseult était en train de vivre, du moins le supposait-il, ce qui avait été pour lui la période la plus riche de sa vie. Mais peut-être se trompait-il de bout en bout, peut-être que ce voyage d’initiation n’était qu’une idée de Sirius. Mais si un jour j’ai un élève, il devra le faire c’est certain… Il finit par rassurer Yseult au sujet de Lia :

« Si bien sûr, je l’ai croisée la veille de mon départ. Elle va bien. »

N’entrant pas plus dans les détails, il laissa la jeune mage poser sa question à Shadow… ou plutôt avouer qu’elle l’avait oubliée. Et s’excuser du mal qu’elle avait pu lui faire. Avait-elle comprit ce qu’était le garçon ? Le mage n’eut guère le temps de s’interroger là-dessus car déjà Yseult posait sa harpe et lui demandait à son tour de ses nouvelles.

« Tout va pour le mieux. Je suis venu écouter notre Roi et le hasard m’a permit de rencontrer Shadow. Un garçon remarquable – il lui adressa un sourire sincère – dont je viens de découvrir le talent pour raconter de belles histoires. Aussi, nous avons croisé une errante… Je te prêterai mes notes à son sujet si ça t’intéresse, mais je n’en ai pas beaucoup apprit malheureusement. »

La rareté de ces créatures, que beaucoup considéraient comme relevant de la légende, rendait toute information alléchante pour les êtres instruits qu’étaient les mages, Luminen le savait. Il eut soudain la pensée que sa propension à partager son savoir, ses « notes », pouvait effrayer Shadow qui lui avait promit de lui répondre au sujet des vampires. Mais le garçon savait cela, pour lui avoir demandé quelques instants plus tôt ce qu’il comptait faire de ce qu’il dirait. Il se félicita pour le coup d’avoir été totalement honnête. Levant machinalement le coude, il fit monter la chope de bière à ses lèvres. A peine une gorgée déglutit qu’il la reposa, avec l’air désolé d’avoir été impoli.

« Allez-y, commandez ce que vous voulez vous deux. A boire, à manger, prenons donc des forces pour la journée… Et je vous recommande personnellement leur tarte au citron. Faites-vous plaisir en tout cas, c’est pour moi. »

Associant le geste à la parole, il héla la tenancière qui lui fit signe qu’elle arrivait, après avoir servit les godets qu’elle tenait dans les mains. Luminen réalisa à ce moment que pas mal de gens s’étaient rendus vers le bar après le conte de Shadow. Et tous à commander, ils accaparaient une bonne partie des ressources de l’aubergiste. Elle devait bien être contente de cette situation, vu le profit qu’elle engendrerait, pourtant elle avait une mine patibulaire et ne se forçait à aucune politesse envers ses clients. Elle avait largement à faire, et le silence le temps de s’installer. Alors Luminen reprit la parole, s’adressant à Shadow :

« Je pensais aller au tournoi après ça, ça te dis ? »

Ce n’était pas vraiment le spectacle de l’acier contre l’acier qui l’intéressait. La violence, le sang et la danse avec la mort ne l’avaient jamais attiré. Mais qui disait bataille disait blessures. Des blessures qu’il saurait soigner facilement et en un rien de temps. Ce pourquoi nombre de participants seraient bien contents de le trouver et prêt à débourser de coquettes sommes pour s’offrir ses services. Prendre de l’argent pour soigner les gens n’était pas vraiment du gout du mage, mais il fallait bien gagner son pain tant que l’on ne vivait pas d’air pur et d’eau fraiche. Et puis, les combattants de ce genre d’évènements étaient conscients des risques, cela n’avait rien à voir avec une maladie insidieuse qui frappait un innocent. Pour cela, Luminen ne culpabiliserait pas de leur faire payer le prix fort. Il croqua à nouveau dans sa part de tarte en attendant la réponse.



Dernière édition par Luminen Stark le Lun 30 Jan 2012 - 22:12, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 14 Jan 2012 - 18:00

Tu sais, mon petit Shad, l'Homme est décidément un étrange animal. Le plus étrange d'entre, eux, même. Content de s'être réunit dans une sorte de société afin de préserver la sécurité de chacun, non seulement ils choisissent un roi au pouvoir absolu afin que celui pense à leur place jusqu'à ce qu'il soit trop corrompu par le pouvoir pour penser les intérêts du peuples avant les siens, mais en plus, heureux d'être ensembles, leur seule occupation est de se séparer dans des adieux déchirants pour en suite se saluer d'un simple hochement de tête cordial quand Dame Fortune accepte de les faire se retrouver. L'Homme vit des autres, mais ne l'accepte pas et surtout ne le comprends pas.
Telles avaient été les paroles de Zahk le philosophe le premier jour après leur sortie des geôles de Niflheim. Au cours de tes nombreux voyages heureux (car quelque soient tes voyages, ils seront mués d'une beauté magique et indéniable), tu découvriras des liens qui unissent les Hommes si fort que tu les croiras unis pour toujours, mais au final, qu'il ne reste en chacun des deux êtres que des souvenirs et des regrets de leur existence commune.

Ces paroles avaient rejaillit de la mémoire de Shad comme n'importe autre souvenir, mais cette fois ci à un moment qui semblait être opportun. Il comprenait mieux ainsi les intonations qui portaient la voix d'Yseult tandis qu'elle parlait de son maître. Quand Stark eut épanché sa curiosité à ce sujet, elle lui annonça que sa question lui était sorti de l'esprit. Shad sourit légèrement à l'entente de ses excuses. Il comprenait tout à fait comment c'était possible, comme cela lui arrivait souvent. Par contre, son sourire disparut quand elle mentionna son bras. Il se maudit d'avoir réagit si promptement à la douleur. Il secoua négligemment la tête pour dire que ce n'était rien, espérant qu'elle oublierait ce détail aussi vite que celui-ci se gravant dans la mémoire du garçon.

Il écouta avec gravité Stark raconter leur rencontre mouvementé, avec Hywell. Shad se rendit alors compte d'une certaine différence finalement très marquée entre lui et le mage. Il savait plus ou moins, par intuition certain, la nature des notes que Stark avait prit tel un bon scientifique : ce qu'il avait vu, assurément, ses hypothèses, peut-être, sa déception, à la limite. Du qualitatif en quelque sorte. Là résidait la différence. S'il avait demandé un résumé au garçon, celui-ci aurait répondu par de l'affect plutôt. Par des sentiments, sans doute mièvres, pleins de naïveté enfantine, mais de l'affect quand même. C'était la différence entre le vieil homme et le gamin. Entre le savant et le poète, même.
Shad nota également ce sens aigu du partage du savoir qui se retrouvait chez le mage -chez les mages en général ? il n'en avait aucun idée-, celui qu'il craignait tant. Mais il ne s'en formalisa pas. Il avait accepté le contrat en toute connaissance de causes.

Shad déclina d'un simple mouvement de main la proposition de Stark quant à un peu de nourriture. Il avait bien mangé hier, et cela lui suffisait amplement pour le moment.
« Je pensais aller au tournoi après ça, ça te dis ? » demanda Stark en se tournant vers Shad. Celui-ci resta un instant interdit, puis dit simplement : « Oui, bien sûr ! Je n'ai jamais regardé ce genre de combat chevaleresque ou je ne sais quoi, mais ça pourrait être intéressant ! » Il espérait également revoir Fendracier, chevalier poète, qui l'avait aidé à la mort de son mentor et ami, Zahk. « Mais avant cela, je me posais une question... » Il lança un regard à la harpe sur laquelle il avait quelques temps lorgné, puis le releva afin de planter ses yeux rouges dans ceux d'Yseult. « Plairait-il à Mademoiselle de nous jouer un petit air, afin d'égailler de nouveau cette taverne ? » Il avait découvert la musique qu'un seul mois auparavant. Avant cela, il ne connaissait que ses merveilles que Zahk avait toujours fait miroité devant ses yeux. Cette fascination pour la musique qui s'était développée dans son ignorance, puis s'était confirmée hier, lors de la fête de Mannheim où les ménestrels et troubadours étaient à l'honneur, et parmi eux, cet espiègle homme au luth si affiné, à la langue si sage.
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Dim 29 Jan 2012 - 15:34

      « Si bien sûr, je l’ai croisée la veille de mon départ. Elle va bien. »

    Son cœur, anormalement lourd quelque second auparavant, avait repris un rythme régulier, doux et calme. Elle pouvait même sentir un peu de joie, ce qu'elle n'avait pas connu depuis quelque mois déjà. Elle continua de l'écouter, racontant sans trop de détail, sa rencontre avec le garçon chimérique, ainsi qu'une seconde rencontre avec une être tout aussi étrange que Shadow. Ils avaient donc tous deux rencontré une Errante. Personne ne peut ni voir ni rencontre un Errant physiquement, mais il arrive, de temps en temps que ses paroles nous soient murmuré, on ne sait comment, dans le creux de notre oreille. Yseult avait tres bien comprit que si elle voulait retrouver un peu de magie, il fallait qu'elle retrouve cette curiosité que possède les mages, elle accepta donc avec plaisir de lire les notes du mage, un peu plus tard. Passant sa main devant ses yeux pour écarter quelques mèches de cheveux, elle lacha pendant quelques instants la conversation, repassant en mémoire les instant a Lleyla il y a bien des années. Il lui arrivait de rejoindre quelque mage dans des bars de la capital des mages, en compagnie de son maitre. On pouvait y apprendre dans de choses, et les discutions y était toujours follement intelligente et intéressante. A l'époque, elle s'y ennuyait rapidement, préférant manger ce qu'on lui proposait, et se réfugier dans les rares souvenirs de sa ferme. A présent elle regrettait ce temps.
    Ce qui la réveilla fut la demande du jeune homme.

      « Plairait-il à Mademoiselle de nous jouer un petit air, afin d'égailler de nouveau cette taverne ?»
      -Avec plaisir, Shadow.

    Elle abandonna les deux hommes pour se placer au même endroit que la chimère quelque minutes avant elle. Sa harpe avec elle, elle la posa et fit sonner quelque codes, histoire de voir qu'elles étaient bien régler, et que le son qui sortait était aussi pure et doux qu'elle le souhaitait. Puis, elle commença, ses mains s'agitèrent doucement, avec amour, comme lorsque l'on caresse avec amour un nouveau né. Cette harpe était à présent son unique enfant, son unique amour, le reste de sa vie d'autrefois. La musique était douce, calme, et résonnait dans l'ensemble de la pièce, qui a l'écoute de l'instrument s'était un peu calmer. Et puis la jeune femme mêla à son instrument sa voie douce et cristalline, cette voix qui n'allait pas vraiment avec ce physique basique. Une voix qui semblait pouvoir calmer les peurs et adoucir les tristesses.

    " On raconte l'histoire d'une fille belle, et fière,
    Un chevalier sans terre, qui l'emmena,
    Il l'enlève, tout au bord, au bord, de la terre
    A la frontière du nord, elle le suivra,
    Sans faire un bruit la neige tombera, et j’attends
    Que la nuit la ronde des heures me ramène à toi

    Toi ma belle si tu renonces, à la mer,
    Je serais ton trésor, ton père, ton roi,
    Jamais ! ne serais tienne,
    Jamais ne serais, toute à toi,
    Trois heures avant le jour, je m'enfuirais,
    Sans faire un bruit la neige tombera, et j’attends
    Que la nuit la ronde des heures me ramène à toi
    Et que sans faire un bruit la neige doucement, s'en ira
    C'est la nuit, la ronde des heures qui te ramènera

    Trois heures avant le jour elle se fond, dans l'hiver,
    En un renard des neiges elle se changea,
    Sans faire un bruit la neige tombera, et j’attends
    Que la nuit la ronde des heures me ramène à toi
    Et que sans faire un bruit la neige doucement, s'en ira
    C'est la nuit, la ronde des heures qui te ramènera
    Sans faire un bruit la nuit j'attends...
    Sans faire un bruit bien loin d'ici j’attends...
    Sans faire un bruit la nuit j’attends...
    Sans faire un bruit bien loin d'ici j’attends..."

    La Chanson:
     

    Elle avait écrite cette chanson il y avait quelques jours, en repensant a ce qu'on lui avait dit sur le ondins. Elle s'était alors imaginer un chevalier qui obligerait une jeune ondine a ne plus rejoindre l'eau qu'elle aime temps. Et puis au fils de ces idée, elle avait transformer la jeune ondine en une femme étrange pouvant se transformer en renard. Mais après tout, il existait un bon nombre de légendes qui évoquaient ces transformations, et puis on ne croit jamais ce que dit une chanson. Les chanteurs sont toujours des menteurs. Et puis, elle leva la tête et ouvrit les yeux. Elle les fermait toujours pour jouer, pour ressentir n peu plus en elle les vibration de la cordes sus ses doigts. Et elle sourit, on lui avait demander d'égailller un peu la salle, et s'était retrouver a chanter une chanson triste et nostalgique, comme un bon nombre de ses chansons. Mais sa vie n'était plus depuis bien longtemps une vie joyeuse, alors i fallait mieux qu'elle fasse ses chansons avait ce qu'elle ressentait, pour se reconstruire un petit peu, pour s'ouvrir a nouveau au monde qui l'avait construit.
    Elle ne regarda pas si les gens qui se trouvait dans la taverne appréciaient, ni même si ils l'avaient écouté. Elle se redirigea juste vers les deux compagnons. Il fallait qu'elle se reconstruise, et pour cela elle n'avait pas 5o solutions. Elle ne voulait dépendre de personne, survivre tant bien que mal dans le monde qui l'entourait, mais cette fois il lui fallait de l'aide.
      -Pourrais je vous accompagner, Luminen, quand vous rentrerez sur Lleyla ? L'aimerais beaucoup revoir Lia, et je ne veux pas vraiement faire le chemin seule...

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Jeu 2 Fév 2012 - 14:56

Shadow accepta, le temps de percuter, de se rendre au tournoi. Sa réponse avait l’ingénuité enfantine. Bien sur qu’il voulait ! Ces combats étaient réputés et constituaient toujours de grands évènements. Sa curiosité spontanée détonnait pourtant avec la triste réalité de ce qu’il allait voir. Le peuple debout derrière les barrières, la noblesse jouissant du confort et des rafraichissements de circonstance. Et le sang. La violence des hommes. Celle des spectateurs étaient parfois plus effrayante encore que celle des guerriers. La mort surement. La honte pour le perdant, les insultes… Cette sauvagerie savamment orchestrée était la distraction.

Ce qu’il demanda ensuite à Yseult fit se lever l’un des sourcils de Luminen. Lui n’aurait jamais formulé une telle requête, car il avait bien moins de curiosité artistique que de curiosité scientifique. Mais ce qui l’intriguait surtout était le ton du garçon, emprunt d’une courtoisie adulte… Décidemment, ce Shadow ne cessait pas de surprendre le mage. Et il avait bien fait. Yseult, tellement ravie à l’idée de jouer, se dirigea vers la même table qui avait servit de théâtre de fortune à la performance de l’enfant. Comme lui, elle ne chercha en rien à attirer l’attention avant de se lancer sur un air de harpe mélancolique.

Il apparut très vite, même aux oreilles novices du mage, que la jeune femme savait manier ses cordes. Sur le vent glissaient ses doigts et bientôt sa voix vint se mêler aux courants harmoniques. Une belle voix, mais tellement triste. Les paroles s’écrivirent dans l’air et Luminen tenta de s’en représenter l’histoire. Une jeune fille, l’innocence, enlevée par le « chevalier sans terre ». Qu’était censé incarner ce personnage ? Il lui demandait de renoncer à sa vie au nom de l’amour qu’il lui portait. Tout cela était bien trop tragique. Si c’était sa propre personnalité qu’Yseult chantait, cette jeune femme devait être profondément blessée. Le mage en fut désolé. Il réalisa qu’il ne savait en fait pas grand-chose de la femme qu’elle était devenue. Et elle semblait bien différente de l’adolescente de ses souvenirs. Sa performance achevée, elle revint vers ses compagnons. Sans rien attendre du public.

Le public… Luminen avait considéré ce dernier aussi pendant le chant. Quelques dames avaient été charmées, cependant beaucoup avaient espéré plus joyeux, convivial, une histoire de chevaliers oui, mais des qui se battent férocement pour la gloire ! Ce qui n’empêcha pas que la chanson trouve un accueil respectueusement silencieux, laissant chacun apprécier l’air et la musique.

« Pourrais-je vous accompagner, Luminen, quand vous rentrerez sur Lleyla ? J'aimerais beaucoup revoir Lia, et je ne veux pas vraiement faire le chemin seule...
- Oui, bien sur. Je rentre avec la caravane d’un ami. On le retrouvera le lendemain des fêtes assez tôt pour l’aider à atteler.
- Alors, se s’ra quoi pour ces messieurs dames ? »

La tenancière n’avait pas oublié l’appel du mage comme il l’aurait pensé. Il y avait moins de monde au bar aussi, les gens se dissipaient après avoir vidé leurs verres et elle n’avait plus personne d’autre à servir. « Tu bois quoi Yseult ? » Il la laissa répondre en farfouillant sa manche à la recherche de ferraille. Comptant dans sa main les pièces dégotées, il ajouta à l’intention de Shadow. « Prends ce que tu veux, profites. Là-bas, t’auras plus de mal à trouver de l’eau fraîche qu’un endroit pour pisser. »

La tenancière disparut, ramassant son paiement, et Luminen se tourna vers la jeune mage. Il voulait rattraper le temps perdu, prendre des nouvelles de cette jeunesse qui lui succèderait. Enfin pour celle dont le niveau progressait encore. Celle qui pratiquait et cherchait encore. La vie était courte, à en croire les chiffres, et il fallait la consacrer toute entière à la magie pour espérer un jour lointain, à l’aube de la mort, effleurer l’un de ses secrets. Du moins voyait-il les choses ainsi.

La dernière fois qu’il l’avait vu, elle avait déjà un corps de femme et rayonnait du feu de la jeunesse. Lia venait d’accorder à son élève le droit de partir sur les routes retrouver sa famille. Cela s’était fait un peu tôt à son gout, mais jamais il ne se serait permit de critiquer la décision de sa collègue. Le mage allait demander si les retrouvailles s’étaient bien passées, il aurait été curieux de savoir comment d’autres familles réagissaient face à la nature de leur progéniture. Mais la tristesse dans les yeux de Yseult et la mélancolie de sa chanson laissaient penser qu’un drame s’était joué. Il ne remuerait pas le couteau dans la plaie, non, d’autant qu’il n’était pas vraiment un proche de la jeune femme et donc assez mal placé pour entendre ce qu’elle avait sur le cœur. Luminen préféra donc éviter les sujets familiaux et se raccrocha à ce qu’il maîtrisait : la magie.

« Des études intéressantes en ce moment ? Tu pratiques et t’entraîne toujours ?... Je suis sûr que tes capacités seront appréciées au tournoi, si tu proposes tes services en guérison. Il faut pas louper une occasion de se faire connaître tu sais, et pas louper non plus une occasion de rentrer un peu d’argent. »

D’un sourire il masqua une pointe de malaise. Car en parlant il avait réalisé le ton moralisateur et supérieur qu’elle pouvait entendre. Il se demanda si c’était bien son rôle à lui de guider cette jeune femme. Elle avait déjà eu un maître, déjà fait ses preuves, et n’avait surement pas besoin de lui comme conseiller. Espérant que ses mots ne seraient pas mal vu, mis sur le compte de son statut d’ainé, il croqua dans sa part de tarte et attendit la réponse.

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Dim 5 Fév 2012 - 15:53

« Avec plaisir Shadow » répondit Yseult à sa question. La spontanéité de la réponse enjoua de façon agréable le garçon. Il y avait soudain du naturel dans ce masque ! Dans des gestes soudain gracieux, elle se leva, et alla se placer sur le piédestal que les pieds de la chimère avaient auparavant foulé, avec son instrument.
Voici l'Harmonie. Se dit Shadow. Tout semblait à sa place. La femme était faite pour son instrument, il semblait que rien au monde n'était plus accordé tandis qu'elle commença à pincer quelques cordes. De la distance où il se trouvait, tout l'empêchait de voir parfaitement les gestes graciles, mais il devinait comme une intime évidence les doigts cornés et abîmés par les heures de pratiques effleurer avec à la fois douceur et simplicité les cordes. Alors elle se mit à jouer. A vraiment jouer. D'une justesse inégalable sans doute propre à la musique. Pour l'une des premières fois de sa vie, il avait devant lui l'ambivalence si étrange de la dissonance et la consonance. Qu'importe si cela semble sonner faux ou juste. Tant pis, pourvu que cela sonne. Et quand enfin elle commença à chanter. Il sentait la maitrise bien sûr omniprésente dans cet art - car s'en était bel et bien un - de mêler avec grâce et style la puissance et la douceur de sa voix au magnifique son de sa harpe. Mais il y avait également une trace - toujours ! - d'invention. C'est ça, l'art. Donner l'impression de réinventer ce qui est a été maintes et maintes fait. C'est l'identique différent. C'est le paradoxe du beau.
Il sentit un certain pincement au cœur quand il se rendit compte après réflexion qu'il lui serait à jamais impossible d'atteindre un tel niveau de musique. Sa main chimérique ne lui permettrait jamais ceci, hélas. Au fond de lui même un désir farouche s'affirma au fil de la chanson : celui d'apprendre cet art. Bien sûr, son allégeance et son affection première restait à la magie des contes. Mais il voyait là un autre moyen d'atteindre l'ivresse divine qu'il ressentait à la fin de chaque histoire.

A la si peu désirée fin, Shad sentit la vague envie de pleurer. C'était toujours ainsi. Un rien était capable de l'émouvoir jusqu'au plus profond de ses entrailles. Il n'y connaissait rien en musique, mais il avait était ému et c'était l'unique et seule condition pour qu'il puisse dire qu'une performance était juste ou non. Quand la musicienne revint à eux, il aurait bien voulu la féliciter, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Quant à un sourire, cela faisait longtemps que sa bouche faisait faux-pas à lui et ses désirs.
« Pourrais je vous accompagner, Stark, quand vous rentrerez sur Lleyla ? J'aimerai beaucoup revoir Lia, et je ne veux pas vraiment faire le chemin seule... » demanda Yseult, s'adressant à Stark. Le mage accepta, renseignant par la même occasion Shadow sur comment ils allaient continuer le voyage. Ce sera la première fois que le garçon aura l'occasion de prendre la départ autrement qu'avec ses pieds. Étrangement, cela ne l'excitait pas plus que ça. Caravane signifiait route. Et il n'aimait pas la route.
Face à l'injonction du mage, il commanda sans savoir pourquoi une tarte au citron. Comme il n'en avait jamais gouté, (il n'avait d'ailleurs rien eu devant lui qui ressemble à ce qu'on lui proposait) il se fiait au jugement de Stark de façon relativement aveugle.
Ce dernier s'adressa encore à la femme. Cela ne concernait pas du tout Shad, mais il redoubla paradoxalement d'attention. Décidément, Yseult l'intriguait (il n'y avait en fait pas grand chose qui n'attire sa curiosité), et il pouvait profiter de cette simple discussion pour en apprendre plus sur elle.

(Voilà, désolée, c'est assez court, mais je ne me voyais pas faire plus, au vu de ce qui se passe dans mon post (désolée pour cela ici, mais bon, l'échange concerne plutôt Yseult et Stark, dans l'état actuel des choses..)
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Dim 5 Fév 2012 - 17:06



      - Oui, bien sur. Je rentre avec la caravane d’un ami. On le retrouvera le lendemain des fêtes assez tôt pour l’aider à atteler.

    A cette instant très précis, quand ces quelques mots forent prononcé par le mage, la jeune femme aurait pu se mettre a pleurer. Personne n'aurait alors compris la raison de ces larmes, après tout c'était elle qui avait demander si elle pouvait les accompagné, alors pourquoi aurait il refusé. Mais elle avait oublié depuis a mort de ses proches ce que représenter l'amour et l'amitié, la gentillesse et le service. Seul vivait en elle la nostalgie et la tristesse. Et ces quelques mots lui rappelait ce qu'elle était autrefois, il n'y avait pas si longtemps que cela, et si près d'ici. Mais avant que quelque chose ne couche de ces yeux couleur noisette, la tenancière, qui avait été appelée déjà une première foi par le mage, revient a la charge. Après tout, quand on lui demande quelque chose, il faut lui dire raidement, elle n'a pas que ça a faire. La jeune femme ravala ses larmes, et commanda une chope de bière, cela faisait bien longtemps qu'elle n'en avait pas but. Elle préférait habituellement prendre un peu d'eau, ça ne coutait presque rien et ca lui permettait de prendre quelque chose a mandé a coté; mais cette fois Luminen semblait réellement vouloir payer, alors la demoiselle se permit cette petite folie gratuite.
    Avant que Luminen ne s’adressait a elle, Yseult posa a nouveau son regard sur la chimère. Il semblait comme absorbée par la demoiselle, voulant en apprendre plus sur elle. Beaucoup aurait d'ailleurs remarqué l’intérêt du garçon pour la demoiselle, mais celle-ci se contenta juste de lui sourire. Six mois sans vraiment cherché a communiquer avec les autres, a ne faire que pleurer et chanter, faisaient que forcement, on perd un peu d’aptitude a comprendre les autres.
      - Ce n'était pas très joyeux, je m'excuse... J’espère que cela vous a tout de même plu.

    Luminen en bon mage voulut ensuite savoir si la demoiselle qu'il n'avait pas vu depuis six longues années avait progressé au point de vu magie... Et cela faisait partie des questions qu'elle craignait. Comment dire a un mage de son niveau, qui n'a fait dans sa vie qu'étudier que cela fait 6 ans qu'elle ne pratique la magie que pour guérir quelque blessure ? Il était évident que cela n'allait pas vraiment lui plaire, ou du moins, il ne comprendrait pas la position de le jeune femme. Mais jamais elle n'avait jamais sentie ce besoin, cette étincelle de magie qui semblait vivre dans tous les mages qui l'avaient entouré autrefois. Lia en la laissant partir savait que la demoiselle ne s'entrainerait pas, elle savait que de toute façon la magie n'était pas vraiment fait pour elle, que la Terre résonnait en elle d'une manière beaucoup plus forte, et qu'elle était avant tout paysanne, bien avant d'être mage. Mais elle ne pouvait combattre plus longtemps, elle avait préféré lui donner ce qu'elle voulait. Aujourd'hui, maintenant qu'elle avait tout perdu, Yseult essayait de se raccrocher a cette dernière chose qu'il sonnait en elle. La magie. Mais comment dire a quelqu'un qui n'avait toujours eu que ça dans sa vie que pour elle se n'était qu'un moyen de revivre un petit peu ?
      « Des études intéressantes en ce moment ? Tu pratiques et t’entraîne toujours ?... Je suis sûr que tes capacités seront appréciées au tournoi, si tu proposes tes services en guérison. Il faut pas louper une occasion de se faire connaître tu sais, et pas louper non plus une occasion de rentrer un peu d’argent. »
      - On va dire que je n'ai pas vraiment eu le temps de m'entrainer depuis bien longtemps...
      - un sourire forcée marqua son visage, le rendant un peu moins banale que d'habitude - Enfin, je suis toujours capable de soigner quelques blessures... Je pense que je vais peut être y aller... L'argent fait un peu defaut en ce moment

    Son regard s'était instinctivement dirigé vers le sol, comme si la honte venait de l'envahir, comme l'aurait fait la petite Yseult a qui ont venait de dire que l'on utilise la magie qu'en cas de nécessiter, et bon pas pour créer ce qui existe déjà. Elle savait qu'il avait parfaitement raison, qu'elle devait s'entrainer plus que quiconque a présent, qu'elle devait étudier, se faire un nom, et surtout gagner de l'argent pour ces prochaine études; elle le voulait a présent, elle le voulait plus que tout au monde, vu qu'elle avait perdu tout ce qui comptait pour elle. Dans ses yeux une nouvelle force venait d'apparaitre, doucement, qui grandirait au fur et a mesure qu'elle comprendrait ces paroles, et qu'elle les suivrait. Elle le savait.
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Ven 10 Fév 2012 - 17:24

Mâchant la savoureuse pâte à tarte et la meringue croustillante Luminen écouta Yseult expliquer qu’elle n’avait pas eu le temps de s’entraîner. Voila qui était parfaitement inconcevable à ses yeux. Cela faisait quoi ? cinq ou six ans ? et elle n’avait pas réussi à pratiquer ? Il commençait à se demander si la jeune femme était réellement faite pour être mage. Car qu’importait les évènements d’une vie, celui qui pratiquait la magie ne pouvait pas abandonner du jour au lendemain. La curiosité, l’envie d’apprendre, devait l’emporter sur tout. Rien ne pouvait éloigner un vrai mage de son étude, ni drame ni échec ni découragement. Combien de fois avait-il faillit, lui, renoncer à ses dons parce qu’un évènement l’avait bouleversé ? Combien d’expériences dangereuses avaient manqué de lui faire perdre la vie ? Combien de situation où tous ces pouvoirs s’étaient révélés inutiles, où il s’était sentit faible et impuissant ? Pourtant il avait gardé la même détermination qu’il avait à l’aube de sa jeunesse. Celle qui avait poussé un garçon à quitter sa famille, parcourir une route dangereuse et se lancer dans l’apprentissage le plus long de sa vie.

Yseult rassura son collègue : elle était toujours capable d’utiliser la magie de guérison. C’était la magie la plus élémentaire, la plus abordable, celle que l’on apprenait en tout premier lieu. C’était en quelque sorte un soulagement pour le mage d’entendre qu’elle n’avait pas perdu toute sa pratique. En plus, elle semblait emballée par l’idée de vendre ses services au tournoi. Ils ne seraient sûrement pas trop de deux pour soigner les blessures des uns et des autres, il y aurait plus de travail que n’en pourrait accomplir seul Luminen. Ce renfort qui se présentait à lui était bien agréable et la perspective d’une compagnie féminine pour la journée étira un petit sourire sur ses lèvres. La taverne se vidait au fur et à mesure que chacun rejoignait soit son lieu de travail soit le grand tournoi. Les combats ne commenceraient pas de suite, mais s’ils voulaient être bien placés dans les gradins les festivaliers devaient s’y présenter au plus tôt. Les plus tenaces joueraient des coudes et se faufileraient même jusqu’aux barrières.

La tenancière apporta la commande : une part de tarte pour le garçon et une chope de bière pour la demoiselle. Elle attrapa ensuite le torchon jeté sur son épaule et se mit à essuyer consciencieusement les verres derrière le comptoir. Luminen posa son morceau de tarte dans la petite assiette et leva sa propre chope : « A l’art, aux musiques et aux histoires qui font rêver ». Puis il en vida un bon quart et essuya la mousse sur sa barbe d’un revers de la main. Revenant à la tarte, il grignota toute la partie recouverte de meringue et laissa la croûte. Pas qu’il comptait la jeter, mais il connaissait une bête qui s’en régalerait, un certain sac à puce qui attendait gentiment son retour. Passant la main à l’intérieur de sa veste il chercha et sortit une pipe en bois noir et un pot métallique.

« On devrait pas trop tarder. Le temps de finir ça – il désigna des yeux la bière de Yseult puis la tarte de Shadow – et on pourra y aller. »

Il ouvrit le pot et l’odeur de tabac se répandit dans l’air. Il attrapa une poignée de ces fibres sèches et les entassa dans le creux de la pipe. Une fois satisfait du résultat, il rangea le pot dans sa veste et chercha ses allumettes. Une poche, une seconde puis une troisième furent fouillées, dans lesquelles rien de la forme et de la consistance d’une boîte d’allumettes ne se présenta. Les sourcils froncés, Luminen persista à chercher. Mais les poches de sa veste de mage étaient bien nombreuses et il n’était même pas sûr d’avoir des allumettes sur lui. Il essaya de se souvenir de la dernière fois qu’il s’en était servit, ce matin… Mais finalement il haussa les épaules et sortit sa main de sous sa veste. Il posa ses doigts sur le comptoir et les fit glisser dans une série de gestes précis, dessinant une rune invisible. Il leva ensuite sa main et au bout de son index une petite flamme apparut, dansant paisiblement. Il s’en servit pour allumer sa pipe, tirant quelques bouffées pour faire prendre le brasier. La flamme disparut l’opération terminée et Luminen put savourer son vice en inspirant longuement. Il souffla une fumée aux saveurs qu’il aimait tant et se tourna vers Shadow :

« C’est la première fois que tu vas voir un tournoi, je me trompe ? »

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Sam 11 Fév 2012 - 20:05



« Ce n'était pas très joyeux, je m'excuse... J'espère que cela vous a tout de même plus. » dit Yseult en se tournant vers lui. Elle manquait d'assurance, se dit le garçon. Elle manquait d'ambition. C'était un paradoxe pour quelqu'un de la scène. Comment faire croire au public qu'elle était la meilleure personne à écouter ne serait-ce qu'un instant si elle n'y croyait pas elle même ? Il lui manquait un brin d'arrogance ou un brin de fierté qui convaincrait quiconque l'écouterai qu'elle mettait un peu de soit-même dans ses chansons, que tout ceci lui appartenait puisqu'elle l'avait fait sien au prix d'un dur labeur.Il ne manifesta pas son interrogation à ce sujet. Elle aurait pu mal le prendre et peut-être devenir moins de ce qu'elle était déjà. Aussi, il dit la vérité, celle qu'il avait ressentit lors de l'écoute. « Votre voix, mademoiselle, avait lors de votre prestation l'éclat du vin precieux et avait le même effet que son odeur : celui d'ennivrer celui qui l'hûme à peine. »il avait dû réfléchir quelques secondes avant de trouver la comparaison juste. Il en reçut une certaine fierté de la trouver, tel le poète heureux d'avoir enfin composé un beau vers. La seul bémol qu'il lui trouvait, c'était qu'il n'avait jamais connu de tel vin. Quand il pensait à l'odeur de vin, il ne trouvait dans sa mémoire que l'odeur du sang, celle qui avait eu tout le temps de s'imprégner durant toutes ces années où Shadow l'avait cotoyée et haït au plus haut point, s'y habituant jamais. Le sang signifiait la vie, son odeur la mort.

Mais récemment, c'était une tout autre chose dont il n'arrivait pas à devenir familier avec. C'était la magie. Stark lmutilisait comme si de rien était, comme si c'était aussi simple que respirer, et en faisait tout aussi naturellement un sujet de conversation. Zahk lui avait toujours donné une vision quelque peu mystique de la magie, quelque chose de dangereux, transcendant... En cotoyant le mage, Shad en était tout dépaysagé. Ce n'était pas forcément désagréable, mais assez agaçant, surtout pour un novice tel que lui. Pourtant, il fallait reconnaitre quelque chose d'indéniable : la magie, c'est tout de même pratique. Il gardait en mémoire sa blessure au front que Stark avait refermé quelques secondes à peine.La tenancière apporta ce que chacun avait demandé avec un dédain largement perceptible. La magie des contes était brisé, la personne qu'elle servait était de nouveau un gosse des rues sans prestige ni panache. Ce dernier regarda avec réserve ce qu'il avait sous les yeux. Puis il décida que ça avait l'air bon, et commença à manger la part de tartre. Il en éprouva comme hier avec la viande un certain ravissement. C'était si fin, pour une si débutante bouche ! Il en engloutit une bonne moitié avant de la reposer.

Soudain son attention fut attirée par une odeur qui lui était familière. Aussitôt il se tourna vers Stark pour confirmer ses soupsons : il avait encore une fois sorti son tabac ! Pour la deuxième fois, il le vit bourrer consencieusement sa pipe, puis chercher de quoi l'allumer. Le quotidien de son geste fut dérangé par le fait qu'il ne trouva rien. Shad s'attendit à le voir renoncer à son péché mignon, mais loin d'être dérangé par ce contretemps, le mage dessina de son doigt un... Truc.
Et quand il le leva, un flammèche dansait à son sommet et Stark s'en servit pour allumer sa pipe. Shad fronça les sourcils, se retenant de justesse de prononcer quelques abbérations sous le coup de la surprise. Il s'y ferait un jour, sûrement, de voir le surnaturel jaillir de n'importe où. Il se posa néanmoins une question : la désinvolture avec laquelle Stark avait créé ce feu ne trompait pas : il l'avait fait sans aucune difficulté, sans même se concentrer un instant. Alors pourquoi, si faire du feu lui était si annodin, avait-il besoin d'allumettes ? Y avait-il donc une certaine répugnance chez les mages à user de leur art ou bien Stark cherchait juste, en se rattachant à des babioles utiles pour le commun des mortels, à se prouver qu'il n'était pas différent des autres ? Shad se promit de lui poser la question un autre jour.

« C'est la première fois que tu vas voir un tournoi, je me trompe ? » s'enquit Stark.« Effectivement ! » répondit Shad. « Vous savez, cela ne fait pas très longtemps que je suis parti de (il marque un temps d'hésitation) chez moi. Je n'ai pas encore vu grand chose du monde extérieur ! »Cela lui avait fait un peu mal d'appeler "chez moi" un lieu aussi détesté que la capitale des vampires, mais il souhaitait pas vraiment qu'Yseult soit au courant de sa nature chimérique. Il avait fait la gaffe hier auprès de Stark car il était débousselé, exténué et reconnaissant envers le mage, mais ce n'était le cas aujourd'hui. Il avait mit autant de légèreté dans sa dernière phrase qu'il avait pu, car derrière elle se cachait toute sa blessure : son enfance violée, séquestrée, annihilée.Il comptait bien rattraper le temps volé. Faire de sa vie un merveilleux voyage ! Enfin bon. Il n'en était pas encore à là. Il avait trouvé en Stark un moyen de subsidance, c'était l'essentiel. Pour l'instant.Il finit en quelques bouchées ce qui restait de la tarte, puis se tourna vers ses compatriotes en demandant allégrement, avec l'enthousiasme qui le gagnait de plus en plus : « Bon, on y va ? »


Dernière édition par Shadow Foss le Mer 28 Mar 2012 - 12:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Ven 23 Mar 2012 - 21:00

« Vous savez, cela ne fait pas très longtemps que je suis parti de… chez moi. »

Il avait hésité un instant et choisit de rester vague. Cette volonté de discrétion, Luminen la comprenait parfaitement. Crier sur tous les toits qu’il venait de Novigard n’était de toute façon pas une bonne idée. Et ici, dans cette taverne au milieu des clients, un mot pouvait être entendu par bien trop d’oreilles indiscrètes. Le mage tira une nouvelle bouffée de tabac, rougissant le cœur de sa pipe, il se demandait depuis combien de temps au juste l’enfant était libre, puis expira doucement. Il considéra alors la chance qu’il avait de se trouver dans la confidence. Pour une raison qui lui échappait encore, Shadow lui avait fait confiance et révélé son origine. Luminen était touché, flatté et un sourire paisible vint se glisser sur ses lèvres. Il se fit alors la promesse de ne rien dire, jamais, à personne, sur la nature chimérique et l’enfance du garçon. Le clin d’œil qu’il lui fit alors, symbole silencieux de cette entente, il ne sut pas si Shadow l’avait ou non remarqué. Mais qu’importe, ce qui comptait était que ces secrets resteraient dans l’ombre tant que le garçon le souhaiterait.

Celui-ci engloutit sa tarte avec l’appétit de la jeunesse, ne laissant pas une miette. Il avait faim sans doute, même s’il avait au départ refusé ce déjeuner, gêné surement de se faire offrir à manger. Yseult sirotait toujours sa bière, sans rien ajouter. Peut-être se perdait-elle dans des pensées qui ne pouvaient qu’échapper aux autres. Ressassait-elle les paroles du mage ? Il les trouvait un peu dures maintenant qu’il comprenait l’échec de la jeune fille dans ses études magiques. Un instant il faillit s’excuser, mais par trop peur de remuer le couteau dans la plaie il s’abstint. Dans le brouhaha de la taverne le silence s’installait entre eux trois. Et il allait devenir lourd si aucun n’ouvrait la bouche. Heureusement Shadow, innocence enfantine, mit un terme à cette pesanteur en devenir : « Bon, on y va ? ».

Bien résolu à ne pas s’attarder d’avantage ici, car l’heure tournait et les combats commenceraient bientôt, Luminen vida sa bière d’un trait se leva d’un coup d’un seul. « On y va ! ». Sa main droite occupée à tenir la pipe il saisit la croute de la tarte qu’il avait mise de côté entre les doigts de sa main gauche. Yseult s’excusa alors, elle ne les suivrait pas de suite. Sans doute voulait-elle prendre le temps de finir sa chope tranquillement, ou de méditer un moment avant de se lancer dans la foule compacte du tournoi. Elle aurait besoin de tous ses esprits et toute sa concentration si elle voulait se rendre utile et soigner les blessures des guerriers. Luminen n’insista pas et ils la quittèrent d’un « à toute à l’heure » accompagné d’un petit signe. Il avait été content de la revoir, encore plus de la savoir prête à le rejoindre au tournoi et ravit à l’idée qu’ils retournent ensemble à Lleya.

Comme la taverne se vidait ils n’eurent qu’à suivre le mouvement pour sortir et retrouver la fraîcheur matinale. Le soleil avait avancé dans sa course et le brouillard se dissipait. Il ferait beau sans doute, un temps idéal pour croiser le fer et l’acier, pour acclamer ses champions et purger ses émotions dans le déchainement du spectacle. A l’extérieur de l’établissement, Akin avait attendu son maître dans un demi-sommeil tranquille. Quand il vit le mage passer la porte, l’animal leva son arrière train et étira ses pattes avant loin devant lui, baillant et gémissant de plaisir. Il se releva, sa queue battit l’air doucement, puis s’agita avec plus de vigueur quand Luminen lui présenta le boudin de pâte sablée. Les narines remuèrent une, deux fois et la gueule s’ouvrit pour saisir cette friandise toute entière, mâchant à peine avant de l’avaler. Le mage détacha alors la longe qui retenait l’animal, l’enroula assez soigneusement et la glissa dans l’une de ses vastes poches intérieures. Il flatta ensuite Akin d’une caresse sur la tête fit signe à Shadow. Ils se mirent en marche, côte à côte, en direction du centre ville où se tenait le grand tournoi.

Et ils n’étaient pas les seuls, remarqua Luminen en inspirant une nouvelle bouffée de tabac. A part quelques travailleurs occupés, tous les passants suivaient le même chemin qu’eux, d’un pas mesuré et discutant calmement pour certains, d’autres avançaient fermement, bien décidés à se placer en première ligne pour apprécier le spectacle. Et les enfants couraient, zigzaguant entre les jambes des adultes, criant et jouant à se réinventer eux-mêmes guerriers, chevaliers de prestige, bataillant pour déterminer lequel d’entre eux serait plus « sir » que les autres. Spectacle attendrissant que tant d’insouciance. C’était pourtant pour voir le sang couler que tous se pressaient. Un soupir, non, le mage ne comprendrait jamais cet aspect de la nature humaine.

Au milieu de cette foule de plus en plus dense, Akin talonnait son maître de près, haletant un peu, oreilles tournées vers l’arrière. Ni lui ni son maître n’appréciaient se trouver mêlés à tant de gens, plongés dans un tumulte grandissant, bientôt assourdissant. Il fallait faire abstraction, voir le bon côté des choses. Inspirant sur l’extrémité de sa pipe, Luminen se rappela qu’au moins aujourd’hui, et pour tout le temps des festivités, personne ne songerait à faire la guerre ou à s’entre-déchirer. Même sur le champ du tournoi, chacun saurait garder noblesse et honneur. Les conflits s’évaporaient dans l’oubli pour un temps et chacun n’avait d’autre ambition que de s’amuser. Shadow aussi sans doute, à qui il jeta un coup d’œil avant d’en revenir à la route qui se déroulait devant lui. Qu’il s’amuse ! qu’il ouvre grand les yeux et qu’il voit ! Il y avait tant à apprendre de ce genre d’évènement. Le garçon qui venait de retrouver sa liberté ne pourrait qu’apprécier cette journée.

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MessageSujet: Re: Par une aube brumeuse {Privé - Shadow, Luminen et Yseult}    Mer 28 Mar 2012 - 13:52

Avec une vivacité que Shadow prit pour de l'entrain, Stark vida sa chope d'un seul coup, d'un geste qui montrait sa longue expérience de cette boisson. « On y va ! » Confirma le mage en se levant. Le deuxième mage de la table, par contre, ne fit pas de même : elle s'excusa de ne pas pouvoir les suivre dès cet instant. Elle devait se concentrer, semblerait-il. Encore une fois, Shadow fut tenté de réfléchir encore sur la magie, sur cette nature si extraordinairement banale pour ces êtres d'exceptions, mais il s'en détourna. L'heure n'était pas aux pensées, mais bel et bien aux rires !
... mais un enfant qui n'a pas rit depuis qu'on l'a ravit à tout ce qu'il avait sait-il encore rire ? N'a-t-il pas plus que son esprit pour tenter de voir dans la réalité un éclair de beauté ? La suite ne démentit pas cette pensée qui lui revenait souvent, lancinante.

Stark et Shadow sortirent de la taverne. Tandis que le mage s'occupait d'Akin, la chimère regarda attentivement l'animal, qui était heureux du retour de son maitre -il le paraissait, tout du moins. Le chien ne semblait jamais poser de questions, se dit Shadow dans un instant d’égarement (vu le nombre de "moments d'égarement" qui rythmait sa route, la chimère commençait à penser que c'est dans l'égarement qu'il trouvait le chemin). Depuis que sa route avait croisé celle de Stark, Akin devait le suivre, nuit et jour, et ne s'en était sans doute jamais détaché ni même éloigné... Pourtant, il s'était accompli. Il était devenu grand, robuste, alors que Stark avait dû le connaitre alors qu'il était chiot. Il vit, il a vécu. Mais pourtant, est-il devenu quelqu'un pour autant ? Penserait-on à Akin autrement qu'en pensant à Stark ? A trop suivre les pas d'un autre, il n'a jamais laissé de traces, pensa Shadow
Comme le chien avait fini d’engloutir la croûte de la tarte (l’attention que Stark manifestait à Akin l’étonna encore, puis il se dit que c’était normal, après tout, de choyer un vieux compagnon comme il se doit, que ce soit un chien ou un Homme.), ils purent se mettre en route, direction, le Tournoi !

La route était aisée à suivre, vu le nombre de personnes qui s’y précipitaient. Là, on pouvait presque suivre la foule. Quitte à faire une redite de ce qui s’était passé lors du discours du roi, Shadow n’aimait pas la foule. Il la détestait, même, soyons franc. Mais elle lui semblait moins hostile que la dernière fois. Elle se déplaçait, juste, comme un vieil animal fait le tour de son repère, conscient de sa force et de son pouvoir. Elle n’avait rien de dangereux. Pour le moment. C’est ce « pour le moment » qui donna à Shad assez de réserve pour ne pas la rejoindre, et de juste la suivre. Il observa d’ailleurs la même attitude chez Stark, comme celui-ci marchait d’un pas mesuré, suivit comme une ombre par Akin –décidément cet animal avait toute son attention ces temps-ci ! -. C’était tout de même étrange comment l’Homme, si prompt à se réclamer unique, indépendant, si désagréable envers son prochain, si énervant à être si peu sociable, semblait apprécier le fait d’être dans une foule. Pourquoi ? Pour l’exaltation qu’elle procurait ? Espérons que non. Pour se montrer qu’il peut être un peu plus que lui-même, en s’unissant ? Bof…
Ils continuèrent leur route, se laissant guider par la foule. Si celle-ci était un guide efficace, cela restait à prouver, mais de toute manière Shad ne pouvait faire autrement que de la suivre.

Il remarqua les enfants qui courraient dans la rue, se chamaillant gentiment. La chimère eut un sourire attendri. Oui, il jouait ainsi, avant. Avant quoi, ça, il le savait très bien. Non, ils ne se chamaillaient pas. Ils se bâtaient se rendit compte Shadow, avec un certain effarement. La différence était faible, à leur âge, mais elle était tout de même là. Quand l’un frappait un autre de son bâton, (de sa brindille), cela ne lui faisait aucun mal, mais pourtant, les combattants mettaient toute leur énergie dans chaque coup. Il n’y avait aucune haine, aucun amour –ou tout du moins ne s’en rendaient-ils pas compte-, mais il y avait cette envie d’en découdre. Cette même envie que le garçon allait revoir, un peu plus tard, au tournoi. Pourquoi ? Qu’allait donc lui apporter cette expérience, voir cette foule hurler à un guerrier de battre l’autre, la technique de la guerre portée à sa perfection par des hommes surentrainés ?

« Que le duel commence, que le spectacle soit!

Adrena L'Ulaun, fille du Seigneur et Maître de Maison Kalem Ulaun, Chevalier attesté de la garde de Mannheim, ouvrira le bal face à Cëryl Eludia, mage de son état, encore inconnu aux oreilles de la capitale. »
Il entendit de loin cet appel aux spectateurs. Pour peu que le « spectacle » soit court, ils ne verraient pas le premier combat. Cela n’attrista pas vraiment Shad, mais la foule, elle, en fut mécontente. Elle pressa le pas.
Les yeux s'ouvrent pour assister aux échanges, à la dance des armes, mais le sang et les déchirures ne sont pas bienvenues. Nulle fête de paix digne de ce nom ne se doit terminer dans le sang.

A vos épées!
La foule le forçait à un pas rapide. Pourquoi tant de mal puisque tu sais que tu n’aimeras pas le spectacle ? Se dit-il, avant de se reprendre à moitié. Il ne savait pas encore s’il allait aimer ou non le spectacle, et juger ne servirait à rien avant d’avoir vu de ses propres yeux ce qui allait se passer. Après tout, si tous se pressaient à ce point, si tous semblaient apprécier ce tournoi, pourquoi pas lui ?
Et soudain, il vit vers quoi tout semblait converger à ce moment là du jour : une structure en bois, faite plus ou moins à la va vite, tout juste assez solide pour espérer contenir la charge des spectateurs déchaînés… Et en son sein, elle semblait abriter un monstre, noir, énorme, grondant, hurlant… Shad mit un long moment à comprendre que c’était les hommes qui criaient, en délire, devant le combat en cours. Et il fallait y aller ? Il sentit le sang quitter un instant son visage. Pourquoi était-il venu déjà ? Il n’eut pas le temps de se poser la question, la foule ne le laissa pas se figer. Rester près de Luminen se dit-il. Près de lui, rien ne pouvait lui arriver, après tout. Il s’émerveilla l’instant d’après de la confiance qu’il plaçait dans le mage. Non, vraiment, il se passait des choses étranges durant cette fête.
Il entendit un Homme dire à je ne sais qui à côté de lui : « ; Vite ! Que le sang coule » ; rajouta-t-il, en rigolant presque.
Oui, que le sang coule, et que la Terre s’abreuve. Qu’elle s’abreuve des cris des Hommes qui déferlaient sur elle. Qu’elle s’abreuve des passions sanguines. Qu’elle boit dans une coupe précieuse le doux vin que lui offrait les Hommes.
Ça y est. Il était au tournoi.

Fin du topic, suite au tournoi, dans le centre ville de Mannheim : A la fin de l'envoi, je touche !
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