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 A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif

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MessageSujet: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Sam 14 Jan 2012 - 12:52


Je lance donc le premier combat, je laisse à ceux qui désirent venir dès le début du combat poster leurs rps.
Etant donné que je ne me sers pas de mes PNJs sur ce post, cela veut dire que l'annonce du combat et des deux protagonistes notés dans le titre du sujet n'a pas encore été faite.

Bien sûr, si vous n'avez pas encore posté de rp lorsque j'arriverais avec mon PNJ pour débuter le premier duel, vous pourrez sans aucun problème vous ajouter.

A vous!

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Dernière édition par Lenwë le Sam 14 Jan 2012 - 12:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Sam 14 Jan 2012 - 12:57

    Le zénith tordait la place, malmenée par les ardents rayons de midi comme un fétu de paille crépitant au cœur d’un immense brasier.

    « Je ne parie pas sur une femme ! » Vociféra-t-il, fracturant la rumeur qui parcourait l’assemblée d’un frisson.

    L
    es deux hommes se toisèrent quelques instants. Entre eux, le silence. Si l’un fulminait de n’avoir pu remplir sa bourse davantage (la recette était, il est vrai, maigre, pour le moment), la montagne qui lui faisait face semblait irritée qu’on ait essayé de la rouler. Irritée et prête à jouer des poings, aussi décida-t-il qu’il était largement temps de couper court à la discussion. D’un lever d’épaules qui se voulait indifférent, le plus trapu des deux se remit en quête de parieurs, faisant cliqueter les pièces au fond de la sacoche de cuir. De sa longue expérience, il connaissait les hommes, et savait se jouer de leurs vices. L’argent, les gages, les femmes. Qu’importait, au fond, la nature de la tare, qui aimait quoi et quand, puisqu’il pouvait tout contenter ; c’était un vendeur de rêves, entre les mains de qui rien ne semblait impossible.

    Comme chaque année, le tournoi de Cid II était au jeu, et la journée, pour lui, s’annonçait prospère.
    La lumière pâlissante du soleil déteignait les toits des bâtisses d’un ocre aigre comme du sang. La chaleur presque étouffante graissait la patte des marchands de fraîcheurs et faisait couler les grassouillets visages des badauds. Et, comme de juste, la place centrale de la capitale humaine en accueillait son lot, énervés par la canicule et gesticulant en tous sens. Un rictus fêla son visage taillé à coups de hache. Lui qui hélait les clients, fendant la foule disparate, qui jetaient à ses pieds ses piécettes de cuivre, ne put s’empêcher de les prendre en pitié. Leur naïveté déroutante… Il n’était pas de ce bord-là. Il n’aimait pas jouer, ne savait se satisfaire des plaisirs de la chair. Certains attributs – Des plus rudimentaires, il en convenait comme d’un défaut – lui manquaient à assouvir les bassesses de l’avarice humaine. La cupidité, l’égo… Et d’autres petites choses sans importance.

    Où qu’il aille les exclamations fusaient dans l’air, impétueusement. On piétinait, on apostrophait, on languissait que le tournoi ne débute, avec dans son sillage tout ce qu’il apportait d’horreur et de tension. Les foules se pressaient tant et plus aux barrières de bois, s’étalant en masses compactes jusqu’aux abords des restes fumants du brasier de Skuld, qui étaient une tâche d’encre sur le blanc de la place. Les enfants, juchés sur les épaules de leurs parents qu’ils haranguaient de questions, ne voulaient rien rater du spectacle, dussent-ils en faire des cauchemars. En marge de la zone aménagée, un couple atypique. La donzelle, blonde d’or, et son jouvenceau, pâle d’ivoire, regardaient l’arène avec une envie mêlée d’excitation. Il s’approcha d’eux d’un pas assuré.

    « Ma bonne dame ! dit-il avec entrain dans de larges moulinets de ses bras gras, Mon bon monsieur ! Laissez-vous donc tenter par les gages ! Ça coûte peu et peut rapporter gros !»

    Adrena fit couler son regard émeraude sur lui, perplexe. Passivement, elle avait tiré la corde qui maintenait fermée la besace accrochée à sa ceinture de cuir pour en extirper une pièce, qu’elle fit sauter dans les mains boudinées de l’homme. « Pourquoi pas… » L’air guilleret qu’elle affichait n’entama en rien la réserve de son compagnon, qui la fixait, interdit. Il tourna la pièce dans le creux de sa main, y planta une dent gâtée, et sa bouche s’arrondit de stupéfaction. De l’or ! Poinçonné de l’emblème royal ! Qui était-elle ? Elle tendit un doigt blanc vers le jeune homme qui l’accompagnait et articula un très incisif « Lui,… Je mise tout sur lui. »

    Il le détailla des pieds à la tête, sidéré. Si chétif ? Était-elle folle ou simplement aveugle ? Depuis vingt ans qu’il pratiquait le tournoi, il en avait vu des plus gros se faire déchiqueter par les dents trop longues de combattants affamés de pouvoir. Il n’était pas dans ses habitudes d’aiguiller ses pigeons, mais il ne pouvait pas décemment plumer cette pauvre Dame ; il avait des principes.

    «— Ma Dame, d’autres combattants sont…, mais elle le coupa net.
    — Qu’importe les autres, c’est en lui que je crois. »

    Son sourire éclatant l’estomaqua alors qu’elle glissait son regard à son compagnon. Quelle beauté. Quel succès elle aurait, au bordel ! « Comme il vous plaira, ma Dame. » marmonna-t-il en s’éclipsant, pour la dernière fois, dans la masse spongieuse du public.

    «— Dis…, fit-elle en se blottissant entre les bras de Cëryl, Pourquoi t’être inscrit à ce tournoi ?
    — Parce que tu m'as incité à le faire, quelle question !
    — Pardon ?
    Ses yeux s’écarquillèrent, pleins de sa si belle candeur.
    — Ne fais pas l'innocente... »

    Son sourire tendre et amoureux la poussa à se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un léger baiser au coin de ses lèvres, offertes à elle comme un fruit savoureux. Une voix l’interpella, un cor strident, qui annonçait le début du tournoi.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Mer 18 Jan 2012 - 23:21

Le tournoi était sur le point de commencer et Cëryl se sentait anxieux. Il n'avait pas la carrure d'un combattant, et malgré le zèle communicatif d'Adrena, il eut quelques frissons à la vue de certains participants hauts comme des montagnes qui paraissaient capables de l'écraser d'un simple coup de poing. Sa magie le rassurait, d'autant que sa maîtrise s'améliorait de jour en jour avec l'utilisation qu'il en faisait. Le matin même, il était passé voir sa famille avec sa compagne. Sa mère s'était réjouie de les voir ensembles et heureux, son frère n'avait pas manqué de faire quelques blagues à ce propos, mais ils avaient tous passer un agréable moment dans le petit salon familial, à échanger quelques paroles sur les événements festifs. Lorsqu'ils avaient abordé le sujet du tournoi, la mère à Cëryl s'était presque étouffé en apprenant qu'il y participerait. Le jeune mage avait prévu une telle réaction : il avait rassuré sa mère en lui expliquant qu'il ne risquait rien, qu'il pourrait déclarer forfait à tout moment s'il se sentait en difficulté et que ses adversaires ne tiendraient pas le coup face à ses pouvoirs. Sur ce dernier point, il avait menti. Yvan, son petit frère, avait été lui aussi choqué par la révélation du tournoi, car ardent comme il l'était, il avait désiré y prendre part également. Mais son trop jeune âge était en sa défaveur : les officiers chargés des inscriptions ne l'avaient pas accepté. Savoir que son frère, qui n'avait cure de ce genre de duels, pourrait y participer tandis que lui, grand fanatique des combats en tout genre devrait seulement y assister le rendait fou de jalousie. Mais sa colère s'estompa néanmoins rapidement et il en vint même à avoir hâte d'observer son frère en action.

La matinée s'était donc déroulée dans cette chaleureuse ambiance que Cëryl adorait tant, mais l’atmosphère rejoignait peu à peu la froideur des lames qui l'attendait. Qui les attendait. Adrena était moins préoccupée de lui. C'est avec nonchalance qu'elle donna même une pièce à un homme chargé des paris, et Cëryl émit un hoquet de surprise lorsqu'elle annonça qu'elle misait la somme sur lui, le frêle mage. Quelle preuve d'amour remarquable. Mais quelle bêtise, aussi ! Il allait se faire laminer, il le savait. Face à eux se tenaient quelques participants à la fière allure, désireux de faire étinceler leurs glaives, leurs masses et leurs haches à la lumière du soleil d'Yggdrasil, comme pour montrer toute leur force aux dieux qui les regardaient. Dans leurs yeux luisaient l'éclat propre aux combattants aguerris, expérimentés, qui ne demandent qu'à en découdre. Que pourrait-il faire face à une telle soif de victoire ? Lui n'avait pas particulièrement envie de gagner. Il avait surtout envie d'en finir, à dire vrai. En remportant des combats il risquait de se mesurer à des adversaires de plus en plus robustes et il n'avait pas envie de lutter autant pour finalement se faire écraser par le meilleur de ces duellistes.

La foule s'accumulait autour de lui, ce qui n'améliorait en rien son état d'anxiété. Il sentait des perles de sueur couler le long de son front et les épongea d'un revers de manche, espérant qu'Adrena ne les remarque pas. Il ne faisait pas assez chaud pour faire croire qu'elle étaient dues à la température ambiante. Les gens criaient, attendant l'annonce du premier combat. Des jeunes femmes humaines cherchaient du regard les guerriers en espérant en trouver un à leur goût. Quelques nains cherchaient un endroit en hauteur pour admirer les affrontements sans être gênés par la taille des membres des autres races. Certains elfes discutaient entre eux, spéculant sur celui ou celle qui paraissait le plus apte à la victoire. L'ambiance était à son comble, elle était palpable dans la mesure où le dynamisme était à son comble, les enfants étant surexcités et les adultes languissant dans une attente grandissante.

Adrena s'était blottie contre lui. Les deux jeunes gens devraient bientôt s'offrir en pâture à la rage des combats. La présence de sa compagne à ses côtés lui redonnait courage mais il savait très bien que cela ne durerait pas longtemps. Sitôt pénétré la zone de bataille, elle ne serait plus à ses côtés. Il espérait qu'elle l'encouragerait pendant qu'il combattrait, ce à quoi elle répondit avec un franc sourire : « Une pièce d'or pour ta maigre carcasse, n'est-ce pas là une preuve de soutien ? » Il lui pinça le nez, riant malgré lui de cette pique à son encontre. C'est durant son éclat que fut officiellement annoncé le début du tournoi, après le bruit retentissant d'un cor.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 10 Fév 2012 - 23:11


Que le duel commence, que le spectacle soit!

Adrena L'Ulaun, fille du Seigneur et Maître de Maison Kalem Ulaun, Chevalier attesté de la garde de Mannheim, ouvrira le bal face à Cëryl Eludia, mage de de son état, encore inconnu aux oreilles de la capitale.

Les yeux s'ouvrent pour assister aux échanges, à la dance des armes, mais le sang et les déchirures ne sont pas bienvenus. Nulle fête de paix digne de ce nom ne se doit terminer dans le sang.

A vos épées!


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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Sam 11 Fév 2012 - 13:14

    Son nom comme un prélude, chanté par un mélomane discordant. Elle laisse les sons l’emplir et la prendre, et la déchirer et l’exalter, elle se fond dans la masse et coule, coule un regard à son compagnon qui tressaille. De peur ? De surprise ? Un début, une fin, une illusion. Le début s’était fait languir, la fin ne saurait tarder. Et c’est le ballet qui commence. Levez haut, hérauts ! Et troubadours, chantez sa gloire ! C’est le ballet, le ballet qui commence…

    Adrena tiqua à l’appel strident de l’envoyé royal, fendant l’air d’un coup de cor aigre qui lui hérissa les poils, comme s’il fendait l’eau d’un coup d’épée en bois. C’était inutile, frustrant et désagréable. L’atroce crissement qui vibrait dans l’air avait fait taire le bourdonnement des spectateurs, dont certains se dévissaient le cou pour apercevoir les concurrents. Ses yeux, malgré elle, se tournèrent vers l’appel. Qui aurait l’honneur d’ouvrir le bal ? Cette montagne ? Ce jouvenceau richissime à la cape parée de roses ? Ce chevalier à peine adoubé ? L’homme égrena minutieusement les syllabes, cinq minuscules syllabes et écorcha son nom, le nom de son père, de sa maison, résonnant en silence, cendres volatiles impitoyablement lâchés dans l’air dur de la capitale. Une femme ! La belle affaire ! Les parieurs s’en frottaient les mains. Puis il épela celui de son adversaire et elle frémit. Cëryl Eludia. Son nom, si frais, aérien, inconnu, vain. Qui avait cure d’un mage malingre quand il s’opposait à un chevalier – Fut-il une femme ! – de la garde de Mannheim ? Chance ou mauvais coup du destin. Ils se jetèrent un coup d’œil en biais, entendu, et se dirigèrent chacun d’un côté de la zone de combat, sous les regards disparates de la foule, qui s’écartait sur leur passage, les régalant de rires, d’encouragements teintés de moqueries et de coups d’œil glacés.

    Elle, droite comme un i, avança vers la palissade de bois rongée aux mites, branlante sur ses fondations, qu’elle soupçonnait d’avoir été dressées à la va-vite. Ses émeraudes balayaient vivement la foule à la recherche d’un visage connu, croisant au hasard les œillades lubriques de quelques mâles en mal de sexe, au sourire gâté par des dents pourries, aux yeux fébriles, porcins, fiévreux d’un désir affamé. Si d’aventure ses yeux se posaient sur une figure bonne et généreuse, celle-ci se détournait aussitôt. Quoi de moins encourageant ? La chevalière déglutit.

    O
    n ouvrit la barrière de bois devant elle et on lui souhaita bonne chance. Les sourires acerbes qui pendaient aux lèvres des autres participants jetaient des feux acides sur le sol. Aimable toujours, elle remercia, mais ce n’était pas de chance dont elle avait besoin, c’était définitivement de s’enfuir, de disparaître, d’échapper aux regards qui la déshabillaient. L’écuyer qui l’arma, une bâtarde mouchetée sans garde, émoussée et boutonnée de cuir, la dévorait des yeux et s’esquiva aussitôt qu’elle le lui en eut fait signe. On la para d’une rondache de fer à l’email d’argent, à deux fasces d’azur, craquelé et gondolé, et la sangle de cuir rapiécée la blessait, lourd qu’était le bouclier à son bras misérable. On lui glissa des précautions d’usage dont elle n’avait cure, et les paroles filent à ses oreilles comme de l’eau entre ses doigts. La peste soit du Roi et de sa suite quand elle devait combattre celui qu’elle aimait ! Ses prunelles suppliciées se portèrent sur la silhouette dégingandée de Cëryl, remerciant l’écuyer, glissèrent sur ses robes élimées, ses braies de lin trop larges pour lui. L’épée qu’il portait est une alumelle elfique, à l’allure effilée, mais elle savait, elle le connaissait, son bras n’était pas habitué à porter le fer, pas plus qu’il ne l’était à porter le pavois. Que faire ? Se devait-elle d’abandonner ? Ce serait pure folie de le jeter dans les bras des autres participants. Lui,… lui devait abandonner. Puissent les Dieux le lui faire comprendre…

    Sa chemise buvait sa transpiration, son pantalon de cuir lui collait à la peau et l’irritait. Sa chevelure d’or tressée battait la mesure dans le creux de ses reins à chacun de ses pas. Droite, gauche, droite, gauche. Démarche mécanique, toujours répétée, jamais altérée. Une goutte de sueur frémit au bout de ses cils et goûta la poussière. Une minuscule perle de sel qui s’évapora sitôt en contact avec le sol brûlant. On la siffla lors qu’elle marchait pour gagner le centre de l’arène, des sifflements sûrs et amers comme le fiel. Face à eux-tous, elle était de pierre, mais ses yeux myosotis qui la scrutaient l’obsédaient et la transportaient. Elle pouvait y lire sa détermination, sa confiance et pas l’ombre d’un début de couardise. Et il lui sourit en la saluant, de cette légère révérence qu’exigeait la coutume. Elle pouvait lire mille autres choses dans son regard plein d’amour. Mais une seule l’intéressait. « Je vais bien, ne t’en fais pas», lui disait-il. C’était un imbécile confiant mais pas idiot. Il abandonnerait en temps voulu.

    D
    e sa même démarche dansante, le cœur léger, elle gagna l’autre bout du terrain, où un trait de craie se démarquait de la poussière. Elle s’y tint, les muscles tendus. Elle s’y tint et elle attendit.

    « Que le duel commence ! » Cria-t-on.

    Lame au clair, elle s’avança à pas mesurés, ne se présentant à lui qu’aux trois quarts. Sa posture défensive aurait invité n’importe qui à attaquer le premier mais pour Cëryl, qui n’y comprenait goutte et qui se contentait de tenir son épée à deux mains, tendue devant lui comme une fourche, cela ne signifiait rien. La jeune femme fit appel, tapant du pied pour simuler une feinte, mais là encore le mage resta de marbre. Intérieurement, elle le fustigeait de s’être inscrit par fierté, et se maudissait de s’être inscrite pour le provoquer. À quoi leur menait de faire des ronds dans le sable ? Ridicules qu’ils étaient à se tourner autour. Soit, puisqu'il ne pouvait s'y résoudre, elle attaquerait la première.

    Elle arma un coup sans grande force, se contentant d’attaquer au fer à lente cadence pour minimiser ses risques de le blesser. Mais même là, le mage ne semblait parer qu’à grande peine. Il chassait les mouches. Grands Dieux ! Quand il ne se découvrait pas ! Calvaire. Le soleil déclinant assommait les spectateurs et énervait les combattants, las de voir si pitoyable duel, et son crâne dans un étau sévère la martelait durement. Il était d’autant plus difficile pour Adrena de garder son calme qu’autour d’eux, des protestations commençaient à s’élever parmi les rires gras qui saturaient l’atmosphère. On réclamait un vrai combat. Son honneur piqué au vif, elle rugit rageusement… Il intenta un coup minable, qu’elle esquiva d’un simple pas chassé, et voulut contre-attaquer aussitôt du plat de l’épée sur son épaule. L'attaque aurait fait mouche s’il avait été plus rapide. Mais il était lent, diablement lent. Aussi lent que la course du soleil, aussi lent que ce duel interminable !

    « Que cessent ces stupides politesses ! » hurla l’un. D’aucuns l’approuvèrent.

    Adrena le battit du regard en se mordant les lèvres avec violence, balançant un coup en écharpe au hasard. C’est avec une horreur non dissimulée, et sa bouche s’arrondit d’un gros O de stupeur, qu’elle vit que son imbécile d’amant avait baissé sa garde et découvrait son torse. Le coup allait porter. Le dard superbe filait droit vers sa poitrine, offerte. Elle ferma les yeux.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Sam 11 Fév 2012 - 22:32

Le soleil lui cuisait la peau. La transpiration l’horripilait. Son arme lui semblait peser une tonne. Et par-dessus tout, il y avait tous ces abrutis en train de le huer, de le rabaisser. Mauvais à l’épée, il l’était. C’était un fait indéniable. Certes, c’était un gringalet. Certes, il n’avait rien à faire là. Mais la rage montait en lui à mesure qu’Adrena l’attaquait faiblement. Il avait compris dès le début qu’elle ne mettrait pas toute sa force dans l’affrontement. Elle l’aimait, et c’était normal. Il en aurait fait autant. Mais il ne pouvait pas se laisser insulter par tous ces idiots qui les observaient. Non… Il devait faire quelque chose pour offrir du spectacle à ces gens, ce pourquoi ils étaient venus. Il allait se défendre, il n’allait pas laisser Adrena le mettre simplement à terre, sans qu’il n’ait rien montré aux spectateurs. Après tout, sa force ne résidait pas dans les armes.

L’épée de son amante arrivait droit vers lui, il avait été suffisamment maladroit pour laisser une nouvelle ouverture. Le sifflement de plusieurs hommes ainsi que plusieurs moqueries lui parvinrent, et aussitôt il craqua. C’en était trop. Ses yeux brillèrent d’un éclat surnaturel et la terre à leurs pieds sembla mugir. Elle se déforma, se transforma, s’éleva rapidement jusqu’à former un cône terrestre imposant entre lui et la lame qui s’enfonça dans la structure. Le mage en profita pour reculer et s’aperçut qu’un profond silence venait de s’installer autour du champ de bataille. Les boutades allaient-elles donc cesser ? Il jeta son épée loin de lui et se sentit soulagé. Pourquoi s’entêter à se battre d’une façon qu’il ne connaissait pas ! Et puis tant pis si cette manière de se défendre n’était pas approuvée par le cercle des juges de ce tournoi. De toute façon, il ne comptait pas gagner, il comptait simplement montrer que ce n’était pas un parfait incapable.

Adrena lui adressa un sourire complice. Oui, aucun d’eux ne serait blessé au cours de ce duel. Adrena sortirait victorieuse, mais Cëryl vendrait chèrement sa peau. Un hochement de tête dans sa direction lui fit comprendre qu’ils étaient, comme toujours, sur la même longueur d’onde. Cëryl dirigea le flux magique qu’il sentait couler en lui vers la Reine Terre, et aussitôt de nouveaux pieux sortirent du sol tout près d’elle. Il ne cessa pas un instant d’en faire apparaitre, comptant sur son habileté de chevalière pour esquiver leur pointe perçante. Et comme il l’avait escompté, la jeune femme sut avec précision anticiper chaque nouvel assaut grâce à des bonds en arrière, des pas de côtés, des ruées en avant. Lorsqu’il interrompit ses attaques pour se reposer quelques secondes, la jeune femme ne lui laissa pas de répit : elle courrait déjà vers lui, profitant de ce laps de temps pour essayer de l’évincer. Juste avant qu’elle n’atteigne sa cible -en l’occurrence lui-même- il projeta sur elle une violente bourrasque de vent qui la fit ralentir brusquement. Mais elle n’abandonna pas. Elle continuait sa course, même bridée par la tempête. Elle n’eut de cesse d’avancer jusqu’à lui jusqu’à ce qu’il décide de changer de tactique. Pour la faire reculer, il projeta de petites boules de feu devant elle, espérant la faire fuir. Sa technique n’eut pas l’effet escompté : au lieu de chercher à s’échapper, Adrena brava les flammes, battant l’air de son épée pour les éparpiller autour d’elle et s’en sortir indemne. Le jeune voulut recommencer sa stratégie des pieux de terre mais son amante sembla anticiper sa tactique et redoubla d’effort pour aller plus vite, échappant aux redoutables attaques telluriques. Dans une tentative désespérée, Cëryl provoqua un léger séisme sous ses pieds. La secousse fut suffisante pour déstabiliser la chevalière, mais pas pour la faire tomber.

« Mais tu es increvable ma belle ! » cria le mage à son attention, dépité par tant d’acharnement.

« Je vais t’arracher la langue, pleutre ! » répondit-elle, l’air franchement en colère.

Pourquoi tant d’énervement ? Il ne faisait simplement que de se défendre ! Cëryl décida en dernier recours d’utiliser le dernier élément qu’il avait à disposition. Des gerbes d’eau semblèrent jaillit de nulle part et se précipitèrent dans la tête de son amie qui hurla de rage. Son aveuglement provisoire permit au jeune mage de transformer de nouveau la terre de l’arène en une multitude de petites surélévations, autant de cachettes qu’il pouvait utiliser à son avantage. Il se précipita vers l’une d’entre elle, distante de sa position initiale, et s’accroupit derrière. Un rapide coup d’œil hors de son repère lui permit d’apercevoir la chevalière qui déambulait déjà entre les monticules érigés pour le trouver, la bouche tordue dans un rictus rageur. Etait-il allé trop loin ? De toute façon, il parvenait à ses limites, il le sentait. Sa défaite était inéluctable. Dans un dernier effort, il se hissa au sommet du monticule et balança autant de projectiles magiques qu’il le pouvait en direction de celle qu’il aimait. Quelques boules feu volèrent, de nouveaux vents violents s’engouffrèrent sur le champ de bataille, ainsi que des tirs d’eau condensée. Tous laissèrent la chevalière imperturbable. Elle ne cilla pas un instant lorsqu’elle le vit sortir de sa cachette et commencer ses assauts indirects. De la même manière que la première fois, elle dispersa les boules de feu, elle utilisa les élévations de terres à son avantage pour se mettre à l’abri des bourrasques, et elle scinda littéralement le jet d’eau puissant en deux en tendant son épée droit devant elle. Lorsqu’elle parvint enfin devant lui, il soupira.

« J’abandonne. » déclara-t-il d’une voix claire et distincte. Un son de cor retentit, et un tonnerre d’acclamations suivit le résonnement de l’instrument. Ils avaient offert un spectacle bien sympathique. Cëryl lança un clin d’œil à Adrena, un simple geste qui voulait tout dire. Il s’excusait d’avoir été si énervant, la félicitait pour cette première victoire, lui souhaitait de réussir la suite du tournoi, et enfin lui rappelait ô combien il l’aimait. Elle lui sourit et lui répondit silencieusement par un « Je t’aime » qu’elle murmura sans laisse s’échapper un son, simplement pour qu’il le lise sur ses lèvres.

Le premier combat était achevé.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Lun 9 Avr 2012 - 11:56

Reprise du sujet Par une aube brumeuse

Avec une vivacité que Shadow prit pour de l'entrain, Stark vida sa chope d'un seul coup, d'un geste qui montrait sa longue expérience de cette boisson. « On y va ! » Confirma le mage en se levant. Le deuxième mage de la table, par contre, ne fit pas de même : elle s'excusa de ne pas pouvoir les suivre dès cet instant. Elle devait se concentrer, semblerait-il. Encore une fois, Shadow fut tenté de réfléchir encore sur la magie, sur cette nature si extraordinairement banale pour ces êtres d'exceptions, mais il s'en détourna. L'heure n'était pas aux pensées, mais bel et bien aux rires !
... mais un enfant qui n'a pas rit depuis qu'on l'a ravit à tout ce qu'il avait sait-il encore rire ? N'a-t-il pas plus que son esprit pour tenter de voir dans la réalité un éclair de beauté ? La suite ne démentit pas cette pensée qui lui revenait souvent, lancinante.

Stark et Shadow sortirent de la taverne. Tandis que le mage s'occupait d'Akin, la chimère regarda attentivement l'animal, qui était heureux du retour de son maitre -il le paraissait, tout du moins. Le chien ne semblait jamais poser de questions, se dit Shadow dans un instant d’égarement (vu le nombre de "moments d'égarement" qui rythmait sa route, la chimère commençait à penser que c'est dans l'égarement qu'il trouvait le chemin). Depuis que sa route avait croisé celle de Stark, Akin devait le suivre, nuit et jour, et ne s'en était sans doute jamais détaché ni même éloigné... Pourtant, il s'était accompli. Il était devenu grand, robuste, alors que Stark avait dû le connaitre alors qu'il était chiot. Il vit, il a vécu. Mais pourtant, est-il devenu quelqu'un pour autant ? Penserait-on à Akin autrement qu'en pensant à Stark ? A trop suivre les pas d'un autre, il n'a jamais laissé de traces, pensa Shadow
Comme le chien avait fini d’engloutir la croûte de la tarte (l’attention que Stark manifestait à Akin l’étonna encore, puis il se dit que c’était normal, après tout, de choyer un vieux compagnon comme il se doit, que ce soit un chien ou un Homme.), ils purent se mettre en route, direction, le Tournoi !

La route était aisée à suivre, vu le nombre de personnes qui s’y précipitaient. Là, on pouvait presque suivre la foule. Quitte à faire une redite de ce qui s’était passé lors du discours du roi, Shadow n’aimait pas la foule. Il la détestait, même, soyons franc. Mais elle lui semblait moins hostile que la dernière fois. Elle se déplaçait, juste, comme un vieil animal fait le tour de son repère, conscient de sa force et de son pouvoir. Elle n’avait rien de dangereux. Pour le moment. C’est ce « pour le moment » qui donna à Shad assez de réserve pour ne pas la rejoindre, et de juste la suivre. Il observa d’ailleurs la même attitude chez Stark, comme celui-ci marchait d’un pas mesuré, suivit comme une ombre par Akin –décidément cet animal avait toute son attention ces temps-ci ! -. C’était tout de même étrange comment l’Homme, si prompt à se réclamer unique, indépendant, si désagréable envers son prochain, si énervant à être si peu sociable, semblait apprécier le fait d’être dans une foule. Pourquoi ? Pour l’exaltation qu’elle procurait ? Espérons que non. Pour se montrer qu’il peut être un peu plus que lui-même, en s’unissant ? Bof…
Ils continuèrent leur route, se laissant guider par la foule. Si celle-ci était un guide efficace, cela restait à prouver, mais de toute manière Shad ne pouvait faire autrement que de la suivre.

Il remarqua les enfants qui courraient dans la rue, se chamaillant gentiment. La chimère eut un sourire attendri. Oui, il jouait ainsi, avant. Avant quoi, ça, il le savait très bien. Non, ils ne se chamaillaient pas. Ils se bâtaient se rendit compte Shadow, avec un certain effarement. La différence était faible, à leur âge, mais elle était tout de même là. Quand l’un frappait un autre de son bâton, (de sa brindille), cela ne lui faisait aucun mal, mais pourtant, les combattants mettaient toute leur énergie dans chaque coup. Il n’y avait aucune haine, aucun amour –ou tout du moins ne s’en rendaient-ils pas compte-, mais il y avait cette envie d’en découdre. Cette même envie que le garçon allait revoir, un peu plus tard, au tournoi. Pourquoi ? Qu’allait donc lui apporter cette expérience, voir cette foule hurler à un guerrier de battre l’autre, la technique de la guerre portée à sa perfection par des hommes surentrainés ?

« Que le duel commence, que le spectacle soit!

Adrena L'Ulaun, fille du Seigneur et Maître de Maison Kalem Ulaun, Chevalier attesté de la garde de Mannheim, ouvrira le bal face à Cëryl Eludia, mage de son état, encore inconnu aux oreilles de la capitale. »
Il entendit de loin cet appel aux spectateurs. Pour peu que le « spectacle » soit court, ils ne verraient pas le premier combat. Cela n’attrista pas vraiment Shad, mais la foule, elle, en fut mécontente. Elle pressa le pas.
Les yeux s'ouvrent pour assister aux échanges, à la danse des armes, mais le sang et les déchirures ne sont pas bienvenues. Nulle fête de paix digne de ce nom ne se doit terminer dans le sang.

A vos épées!
La foule le forçait à un pas rapide. Pourquoi tant de mal puisque tu sais que tu n’aimeras pas le spectacle ? Se dit-il, avant de se reprendre à moitié. Il ne savait pas encore s’il allait aimer ou non le spectacle, et juger ne servirait à rien avant d’avoir vu de ses propres yeux ce qui allait se passer. Après tout, si tous se pressaient à ce point, si tous semblaient apprécier ce tournoi, pourquoi pas lui ?
Et soudain, il vit vers quoi tout semblait converger à ce moment là du jour : une structure en bois, faite plus ou moins à la va vite, tout juste assez solide pour espérer contenir la charge des spectateurs déchaînés… Et en son sein, elle semblait abriter un monstre, noir, énorme, grondant, hurlant… Shad mit un long moment à comprendre que c’était les hommes qui criaient, en délire, devant le combat en cours. Et il fallait y aller ? Il sentit le sang quitter un instant son visage. Pourquoi était-il venu déjà ? Il n’eut pas le temps de se poser la question, la foule ne le laissa pas se figer. Rester près de Luminen se dit-il. Près de lui, rien ne pouvait lui arriver, après tout. Il s’émerveilla l’instant d’après de la confiance qu’il plaçait dans le mage. Non, vraiment, il se passait des choses étranges durant cette fête.
Il entendit un Homme dire à je ne sais qui à côté de lui : « Vite ! Que le sang coule » rajouta-t-il, en rigolant presque.
Oui, que le sang coule, et que la Terre s’abreuve. Qu’elle s’abreuve des cris des Hommes qui déferlaient sur elle. Qu’elle s’abreuve des passions sanguines. Qu’elle boit dans une coupe précieuse le doux vin que lui offrait les Hommes.
Ça y est. Il était au tournoi.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Mar 17 Avr 2012 - 14:33

Il était au tournoi. Depuis combien de temps ? Et pour combien de temps ? Aussi étrange que cela puisse paraitre, chaque seconde semblait une éternité, chaque pas semblait aussi pénible que le tour d'Yggdrasil en 80 jours. Une faiblesse passagère, voilà ce qu'il ressentait, cela lui arrivait très souvent, une sorte vertige qui le prenait d'un coup, une lassitude aussi grande que les montagnes d'Ymir, aussi dangereuse également si on se trouve, comme l'était Shad à cet instant, dans un monstre apparenté à une foule. Son souffle se fit de plus en plus court, au fur et à mesure qu'il avançait péniblement au rythme qu'on lui imposait. Il dévisagea une fraction de seconde Stark. Ce dernier avançait docilement, une chouille énervé -il semblait apprécier la foule autant que Shad - mais sans se rendre compte de l'état de plus en plus affolé de la chimère. Zahk lui avait autrefois dit que ce qui lui arrivait de façon chronique était plus ou moins comme une crise d'angoisse. Angoissé, ça, on peut dire que Shad l'était ! Quelle idée aussi de foutre un gosse dans un endroit aussi restreint avec autant de monde à l'intérieur ?
Le plus étrange était que personne d'autre que lui ne semblaient affectés ! Fallait-il donc être un homme pour supporter ce genre de chose ? Sa transformation en chimère l'avait-il vraiment "élevé au dessus de la condition humaine" ? Était-ce donc une tare humaine d'être capable de supporter cette inter-dépendance qui rendait le bain de foule agréable ? Alors pourquoi avaient-ils l'air tous si heureux ? Pourquoi ne tremblaient-ils pas de terreur ? Pourquoi n'avaient-ils cette envie si soudaine de fuir ?
Le souffle court, les muscles tétanisés, ce qui était inévitable arriva. Shad s'écroula.

Disons plutôt qu'il tenta de s'écrouler. Ses jambes s'affaissèrent, certes, mais ce n'est pas pour autant que la foule le laissa au sol, immobile et tranquille. Il fut comme trainé sur dix mètres, dans une direction presque totalement aléatoire comme s'il était porté au vent des mers, avant de tomber définitivement. Une fois à terre, il reprit plus ou moins conscience de ce qui se passait autour de lui. Il entendait toujours la rumeur montant de la foule déchainée, des pas s'écrasant un peu partout autour de lui, un ou deux ne le ratant pas. Haletant, la respiration sifflante, Shad commença à se déplacer le plus rapidement possible d'une façon qui oscillait entre rampement et course. La bipédie ? Il l'avait totalement oubliée. Seule comptait de s'échapper de cette foutue foule ! Il sentit la main de quelqu'un sur son bras chimérique. Il se raidit tandis qu'il entendit une voix dire d'une voix inquiète : « Hep, petit, ça va ? » Ce n'était pas la voix de Stark, le seul contact qu'il supporterait à l'instant. Il se dégagea brutalement. « Ne... me... touche PAS ! » Siffla-t-il sans même réfléchir. Il fit volte face, se mettant presque debout, juste assez pour voir le visage d'une femme qui se tenait interdite, la main plaquée contre son autre, comme si son agressivité l'avait brulée. Shad se détourna. Que lui importait ? Il se remit à courir, avec plus d'aplomb cette fois ci et moins de hargne. Était-ce ceci qu'avait ressentit l'amazone quand il lui avait agrippé le bras ? Était-ce pour les mêmes raisons qu'il ne pouvait rester au milieu de tout ses gens ? Était-ce la même force invisible qui coulait dans ses veines et qui le forçait à avancer même s'il n'avait qu'une envie : tomber et ne plus se relever ?

Et enfin, la respiration toujours sifflante, il sortit de la foule. Il s'en rendit compte immédiatement : ce n'était plus des hommes qu'il avait devant lui, mais bel et bien du vide. Son espoir fut de courte durée. Son pouls s'accéléra encore quand il se rendit compte qu'il n'avait pas fuit le tournoi, bien au contraire. Il se trouvait au beau milieu de ce dernier, plaqué sur la balustrade qui délimitait les gradins de l'arène à proprement parler. Il dut se tenir à la rampe pour ne pas défaillir, tandis que ses lèvres laissaient échapper un gémissement. Se calmer. Il devait se calmer. Et regarder ? C'était pour cela qu'il était venu, après. Des flammes entrèrent dans son champ de vision. De la magie ? Oui, l'un des combattants se battaient avec de la magie... Magie ? Luminen ? Shad sursauta comme si on l'avait blessé. Luminen... Il l'avait perdu de vue ? Il se retourna, affolé, cherchant le mage des yeux. Ce n'est que quand il tenta de rejoindre le coeur de la foule pour mieux le chercher qu'il se rendit compte qu'il était quasiment bloqué contre la balustrade, immobilisé. Il avait beau dire et crier, personne ne faisait attention à lui, tous avaient les yeux rivés sur le spectacle. Et ce jusqu'à ce que le mage décrète, absolument pas audible face au hurlement de la foule « J'abandonne. » A ce même instant, un cor sonna, qui changea toutes les encouragements et cris en bien pire.

Tout n'était que cris sans sens, hurlements et gestes sans logique. Non pas un hymne à la gloire de quelqu'un comme le jour précédent, mais un véritable déchainement. Et au milieu de tous ces tourments, il y avait un garçon, les mains crispées sur la rampe, qui jetait des regards affolés un peu partout.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 27 Avr 2012 - 22:14

      Les temps sont durs et le soleil de plomb. Elles perlaient sur les fronts, les gouttes de sueur et s’écrasaient dans le souvenir d’une après-midi d’Ark. Ovation sur ovation, arrivaient comme des vagues et venaient se fracasser sur les nerfs à vif de la foule excitée. C’était comme panser de sel une plaie à vif, ça piquait ; elle en avait la bave aux lèvres et au cœur. Elle acclamait, à s’en briser la voix parfois. Cette assourdissante anxiété reflétait sans mal le pressant de la situation, mais on acclamait le triomphe et non la soldate. Profondément fichées dans le sol, les barrières tremblaient sur leurs fondations quand l’air vibrait de l’exultation et des cris qui semblaient réduire à néant le calme de la combattante. Rompue, la femme plantait la pointe de son arme dans la terre retournée, dans l’attente de son prochain adversaire. Des coups incisifs, déçus, troublés. Certes, la prestation magique avait été exceptionnelle – Tout le monde s’accorderait à le dire, et pour des semaines ! En vérité, l’on avait rarement l’occasion de pareille démonstration. En particulier en de telles occasions.

      En particulier lorsqu’il n’était pas question de tours de passe-passe mais de vraie magie. Oui, le mage s’était offert en spectacle comme un vulgaire gitan et chacun le magnifiait. Mais la chevalière, la blonde… Il fallait dire que ç’avait été là un bien piètre combat, mais y était-elle pour quelque chose dans le choix de son adversaire ? Ridiculisé, tordu en tous sens et jeté en pâture aux soupirs des spectateurs, son honneur. Souillé ? Non, juste empoussiéré. On glousserait dans son dos et tout serait très vite oublié.

      Le héraut perché sur son mirador, qui portait haut la bannière Eivind, glissa entre ses lèvres minces le cor d’ivoire et souffla dedans les trois coups secs qui firent se taire l’assemblée, soudain silencieusement révérencielle. Aigre, la rumeur. Le cor, et le silence. Le silence était lourd, mais tous trois, restaient aigres et sans saveur. Et sans odeur ? Non, on suait la frustration. Et la transpiration, poisseuse et écœurante. La peur, le doute aussi. Mais sûrement pas la victoire. Cid II posa son regard calme et pénétrant sur l’arène et, d’un geste évasif de la main, ordonna de lancer le second combat, non sans préalablement avoir accordé un sourire encourageant à la chevalière, laquelle s’était respectueusement inclinée, genoux à terre, main sur le cœur. Si le combat précédent n’avait rien eu à envier aux supercheries des prestidigitateurs qui déambulent au gré des foires, et quoiqu’ayant bien amusé le Roi dont le visage encore était marqué d’un demi-sourire, il n’avait pas amusé la foule. Et la foule était amère. Elle était avide de sang et sa fureur capricieuse avait déjà désigné le prochain adversaire ; Un mercenaire, aguerri, puissant, épais comme un tronc d’arbre. Une montagne, en vérité. La gamine tressaillit dans son armure neuve et cramponna ses mains à la garde de l’épée. L’envoi allait être donné lorsque vibra une voix.

        « Le sort s’abat sur les impétueux ! »


      On se crispa. Il y avait dans le timbre quelque chose de providentiel qui brûlait la paix, la certitude, la conviction. Quelque chose de supérieur et d’indéniable. Elle semblait venir de partout et nulle part à la fois, du fin fond des cieux et du plus profond de leurs âmes. L’angoisse, bientôt cèderait place à la démence dans un concert de cris où Terreur et Violence mêlée danseraient une valse superbe, la panique en ré mineur.

        « Craignez ! Vociféra-t-il de nouveau. Ils arrivent de tous horizons, Monstres, Cataclysmes. La Nuit est en marche, et vous jouez à vous battre ! Malheur, Défaillance ! Fuyez, fuyez pour vos vies.»


      Le Roi se leva gravement et fit un léger signe en direction de l’homme (Il avait déjà congédié femme et enfants). Sa prestance et son stoïcisme infaillibles consumèrent en un instant la peur des soldats qu’il envoyait quérir le Hurleur, mais pas l’effroi des citoyens qui, eux, s’étaient mis à brailler à tout va et courir en tous sens, à se bousculer égoïstement, manquant parfois de s’écraser. Mannheim était en proie à une panique chaotique. Le souverain s’était retranché dans son château en compagnie de l’étrange individu.

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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Dim 27 Mai 2012 - 4:51

Le soleil plombant, à l’image de la veille, contrastait avec la brume qui avait couvert les rues de Mannheim au réveil de Khaelan. Le jeune elfe sylvain se tenait debout devant l’arène où aurait lieu le tournoi depuis quelques temps déjà, après une longue marche matinale dans la capitale humaine. Il était bien décidé de ne pas manquer une seconde des affrontements, désireux d’être témoin des prouesses des combattants des quatre coins du royaume. L’idée de voir ce que ces gens avaient à offrir à la foule l’intéressait d’autant plus que les règles d’engagement étaient claires sur un point : pas de bain de sang. Maintenant, entouré par tous ces êtres criant leur impatience, Khaelan réalisait, non sans surprise mais avec une touche de déception, que la plupart des spectateurs le souhaitaient presque.

Ce fut sous les ardents rayons du midi qu’un premier coup de cor retentit, suivit de la voix du héraut annonçant le premier combat :



"Que le duel commence, que le spectacle soit!

Adrena L'Ulaun, fille du Seigneur et Maître de Maison Kalem Ulaun, Chevalier attesté de la garde de Mannheim, ouvrira le bal face à Cëryl Eludia, mage de son état, encore inconnu aux oreilles de la capitale.

Les yeux s'ouvrent pour assister aux échanges, à la dance des armes, mais le sang et les déchirures ne sont pas bienvenus. Nulle fête de paix digne de ce nom ne se doit terminer dans le sang.

A vos épées!"

Adrena l’Ulaun... Fille du seigneur de la maison l’Ulaun. À laquelle appartenaient le marais du même nom ainsi que Demether. La chevalière était donc une noble, une noble issue d’une famille respectable. Par contre, le nom Eludia ne disait absolument rien à Khaelan, ce qui était normal, vu les propos du héraut.

Les barrières de bois usées s’ouvrirent, dévoilant les deux combattants aux yeux de la foule. L’une, Adrena l’Ulaun, se dirigeait vers le centre de l’arène d’un pas mécanique, ses pieds frappant le sol au rythme d’un métronome inaudible, ses cheveux de la couleur d’un champ de blé battant contre ses reins. Elle était armée d’une longue lame au bout arrondit qu’elle tenait de la droite ainsi qu’un bouclier rond – une rondache, si la mémoire de Khaelan était bonne – teinté comme le ciel de Dielli. L’autre, Cerÿl Eludia, était vêtu d’un accoutrement de combat trop grand pour lui et armé d’une épée mince et courte ainsi que d’un pavois, qui semblaient tous deux peser une tonne pour le pauvre mage. Il avançait pourtant d’un pas plus détendu que son adversaire, qui avait visiblement plus d’expérience que lui au combat.

Ils se rencontrèrent au centre de l’arène, le mage saluant la chevalière, qui ne répondit pas au geste. D’où il était, Khaelan avait l’impression qu’elle était tendue. Avait-elle peur? Pour qui? Elle prit une position défensive, invitant son adversaire à attaquer – l’elfe, dont le frère s’entraînait au combat, reconnaissait cette stratégie. Il n’en fit rien et, sous l’impatience de l’assistance, elle mena l’assaut. Dès le premier coup, Khaelan comprit qu'Adrena l’Ulaun ne souhaitait pas faire de mal à son adversaire. Quelques faibles attaques, bloquées difficilement par le mage, suffirent pour énerver la foule, qui demandait de l’action.

Les oreilles de Khaelan captèrent derrière lui un sifflement aigu :

« Ne... me... touche PAS ! »

Il se retourna et vit un jeune garçon à la chevelure flamboyante qui se frayait à la hâte un passage parmi la foule, en s’éloignant d’une dame dont la main était plaquée sur l’autre, et qui affichait un air surpris, même un peu effrayée. Les yeux de l’elfe suivirent le jeune garçon, qui semblait fuir... quelque chose. L’inquiétude gagna Khaelan, qui fit quelques pas dans sa direction...

... Lorsqu’une sensation légère, familière mais étrangère à la fois, attira son regard vers le combat. Juste à temps pour voir un cône de terre s’élever entre les deux combattants. Ébahit, il retint son souffle. Ses yeux s’agrandirent. Ils restèrent rivés sur l’arène. Khaelan oublia complètement le jeune garçon. S’en suivit d’un spectacle tout aussi époustouflant : Le mage projetait vers son adversaire des pieux de terres, des projectiles enflammés et ce que l’elfe devinait être de puissantes bourrasques, que la chevalière bravait avec la grâce d’une danseuse. Sous les regards médusés des spectateurs, il provoqua un séisme qui déstabilisa son adversaire, sans toutefois réussir à l’arrêter. Des gerbes d’eau jaillirent pour aveugler la combattante tandis que le mage créait des surélévations. Khaelan fut bouche-bée face à cet exploit. Enfin, une pluie de projectile de toutes sortes s’abattit sur la chevalière, qui fit montre de ses prouesses une autre fois, évitant les bourrasques, dispersant les boules de feu et scindant les jets d’eau de son épée. Alors qu’elle atteignit le mage, se dernier abandonna.

Khaelan, sortant de sa transe, applaudit vivement avec la foule alors qu’un large sourire s’étampa sur son visage. Décidément, on ne voyait pas ce genre de spectacle à tous les jours. Adrena et Cerÿl avaient performé de façon magnifique. Il n’y avait aucun doute pour Khaelan : Il avait devant ses yeux de grands combattants.

L’envie d’aller les voir et de les féliciter, gagna Khaelan. Mais alors, il vit du coin de l’œil la chevelure rouge en bataille du jeune garçon qui était passé par là un moment plus tôt. Il se rappela de la scène, et l’inquiétude le regagna. L’elfe sylvain se remit à marcher dans sa direction, tout en le détaillant. Ce qui lui sauta aux yeux en premier fut son accoutrement, que d’aucuns compareraient à celui d’un sans-abri : une chemise sale, trop grande pour lui; des pantalons crasseux, tachés. En s’approchant, Khaelan put remarquer qu’il portait un grand gant sur sa main gauche uniquement, comme un fauconnier. De plus, il put voir que le garçon jetait des regards affolés autour de lui, seule mais forte marque d’émotion sur ce visage autrement quasi inexpressif. Quelques pas de plus, et l’elfe put observer la tension dans la main droite du jeune, crispée sur la balustrade séparant les gradins de l’arène. Décidément, le garçon aux cheveux de flammes semblait mal à l’aise parmi tous ces gens. Quelle que soit la nature de son malaise, Khaelan était bien décidé de s’en informer. Ainsi, arrivé à environ deux mètres de lui, il lança :

« Holà, jeune garçon, est-ce que tout va bien? Vous semblez tendu. »

Son interlocuteur n’eut pas le temps de répondre. Au loin, une voix puissante, autoritaire retentit :

« Le sort s’abat sur les impétueux ! »

Khaelan tourna la tête dans la direction d’où provenait cette voix alors qu’un vent d’angoisse balaya la foule. Les gens s’agitèrent autour de lui, certains tremblant déjà de peur, peur que l’elfe ressentit aussi. Que se passait-il? On attaquait la foule? On s'en prenait au roi? Il n’en fut rien. L’homme, que la garde repéra rapidement, parla à nouveau :

« Craignez! Ils arrivent de tous horizons, Monstres, Cataclysmes. La Nuit est en marche, et vous jouez à vous battre! Malheur, Défaillance! Fuyez, fuyez pour vos vies.»

Khaelan ne put s’empêcher de plaquer sa main sur ses yeux en grimaçant, alors que la foule cédait à la panique. On avait à faire à un fou, à un prophète de malheur. Les gens ne croient tout de même pas ce non-sens! Que cet homme annonce-t-il? Le Ragnarök? La fin du monde? Même si c’était le cas, qu’est-ce qu’un homme normal pourrait bien savoir à ce sujet? Quelles preuves a-t-il pour supporter ses propos? La population ne voit-elle pas que rien n'a été démontré? Khaelan retira sa main de son visage en relâchant un long soupir et, ignorant les cris de la mer humaine, se retourna vers le jeune garçon. Il s’accroupit, pour être à sa hauteur, et repris, son ton et son visage trahissant son inquiétude:

« Bon... Je disais que vous aviez l’air tendu. En fait, c’est vraiment peu dire : vous me paraissiez affolé. Qui a-t-il? La foule vous rendrait-elle mal à l’aise? Quelqu’un vous a-t-il fait peur? »
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 8 Juin 2012 - 14:58

Chaos. Rien n'était à sa place, rien n'avait d'ordre, comme si ce mot n'avait jamais existé, comme si cette foule reniait ce dernier de toute sa force.
Tumulte. Un grondement sourd. Pour une fois que les hommes sont unis, pourquoi donc l'être ainsi ?
Assonance. Ils sont unis, mais ne sont pas ensembles. Il n'y a aucune cohérence.L'harmonie qu'Yseult avait brodée du bout des doigts sur sa harpe juste auparavant dans l'auberge avait disparue, brisée.
Dissonance Pourquoi donc n'ont-ils aucun respect pour la musique ?

A force d'être crispé sans but sur la balustrade, sa main chimérique lui faisait mal. Il savait qu'il devait la lâcher, avant que la douleur devienne à la limite de l’insupportable, mais il n'y arrivait pas. Au fond de lui, une illusion inutile lui soufflait que s'il cessait de si désespérément tenir ce bout de bois sans vie, il n'aurait définitivement plus rien à quoi s'accrocher. C'est si incompréhensible comme ressentit qu'on ne peut rien faire d'autre que d'obtempérer sans même oser demander « pourquoi ».
« Holà, jeune garçon, est-ce que tout va bien? Vous semblez tendu. »

Une voix claire dans le désordre. La seule en tout cas dirigée clairement vers quelqu'un. Vers lui. Comme une lumière au milieu des ténèbres, comme une main tendue dans cette foule immense. Shad sursauta. Puis lentement il tourna la tête vers cette voix. Il aperçut succinctement la personne qui lui avait adressé la parole, à deux mètres à peu près de lui, essayant de s'approcher tant bien que mal de la chimère. Il ne sut si la gratitude éclaira ses yeux agrandis par la terreur, mais en tout cas, il la ressentit vivement. Mais tendit que ses lèvres voulurent former des mots, ce furent des tout autres qui vinrent frapper les oreilles du garçon.

« Le sort s’abat sur les impétueux ! »

C'est le calme après la tempête. L'excitation baisse. Désormais, ce ne sont plus les combattants qui sont en danger, mais bel et bien la foule. Et cette dernière est lâche. Si lâche qu'elle se fige dès qu'elle se sent menacée.
Mais ce n'est pas un vrai calme. Il couve un autre vent, bien plus dangereux, bien plus dévastateur. C'est le calme après la tempête, c'est le calme avant l'ouragan.

« Craignez! Ils arrivent de tous horizons, Monstres, Cataclysmes. La Nuit est en marche, et vous jouez à vous battre! Malheur, Défaillance! Fuyez, fuyez pour vos vies.»

Comme de concert, tous les instruments désaccordés se remirent à jouer, à brailler à hurler. Il n'y a rien de pire qu'un orchestre sans chef. Un orchestre on aurait infusé le plus insidieux des poisons : la peur. Comment donc les hommes pouvaient-ils devenirs si effrayés par de si futiles paroles ? La nuit est en marche. Shad était figé dans l'incompréhension. Ces hommes si rationnels, si prompts à ne pas croire tous les dires, si difficiles à émerveillés... ébranlés par les hurlements d'un vieillard sénile qui avait sûrement trop bu ?
Les Hommes couraient dans tous les sens, comme cherchant à s'échapper. Shad leva son bras gauche pour se protéger à moitié des grains de poussières qui restaient comme en suspension après avoir été soulevés par les pieds de tous les fuyards. D'autres restaient stoïques, grognards, en hurlant au roi et à d'autres de continuer le tournoi. Et puis il y en avait un qui avait décidé qu'il y avait des valeurs un peu plus importantes que la lacheté ou l'impatience. La solidarité par exemple.
« Bon... Je disais que vous aviez l’air tendu. »
La même voix. Inquiète. Baissant son bras, la chimère pu observer plus distinctement l'homme qui lui faisait face. Enfin, homme... Il aurait fallu être bigrement bigleux pour s'y tromper et voir un homme dans l'elfe qui lui faisait face. Etrange. C'était le même ton poli que ser Eslin, Dyrlian, avait employé avec lui quelques jours plus tôt. Le même vouvoiement, d'ailleurs. Fallait-il être un elfe pour connaitre le respect ? songea-t-il avec égarement.
« En fait, c’est vraiment peu dire : vous me paraissiez affolé. Qui a-t-il? La foule vous rendrait-elle mal à l’aise? Quelqu’un vous a-t-il fait peur? » reprit l'elfe. Cette certaine assurance qui se tenait en respect derrière son inquiétude aida la chimère à reprendre plus au moins contenance par rapport aux dernière minutes qui semblaient avoir été extirpées tout droit de l'enfer. Il laissa sa respiration reprendre un rythme presque normal avant de parler juste assez fort pour couvrir le brouhaha.
« Non... je vais bien...» ça, c'était un mensonge... « Enfin... mieux. Grâce à vous. avoua-t-il dans un souffle.
« J'ai perdu quelqu'un dans la foule... » expliqua-t-il devant l'air soucieux de l'elfe. « Et, ce faisant... je crois m'être perdu moi-même...» finit-il avec un étrange sourire. Ce n'était pas vraiment une plaisanterie, juste un jeu de mot qui venait de lui venir en tête et qui avait franchi sans demander son accord la brèche de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 20 Juil 2012 - 0:10

Le jeune garçon attendit un peu avant de parler. La tension accumulée en lui sembla s’écouler de son être comme une rivière, tranquillement, progressivement. Peu à peu, la panique avait cédé au calme sur son visage et dans ses yeux rouges, un calme quasi inexpressif qui ne permettait pas de deviner ses pensées. Cela intrigua Khaelan. On aurait dit que le jeune à la chevelure cramoisie était dans sa bulle, à rêvasser, et pourtant, il avait pris conscience de la question qui lui était adressée. Autre détail intrigant : la couleur de ses yeux, qui était rare, voir inexistante chez les humains normaux. Mais ce n’était qu’un détail. L’important, c’était de s’occuper de l’enfant.

Le jeune garçon répondit :

« Non... je vais bien...»

Khaelan fronça légèrement les sourcils, peu convaincu. Ah bon? Son interlocuteur se corrigea :

« Enfin... mieux. Grâce à vous. »

Cette réponse fut moins surprenante que la précédente. L’elfe, soulagé de l’état amélioré du jeune garçon, se permit un sourire, déclarant d’une voix douce :

« Tant mieux si tout va bien, maintenant. »

Le jeune à la chevelure flamboyante ajouta :

« J'ai perdu quelqu'un dans la foule... Et, ce faisant... je crois m'être perdu moi-même...»

Un sourire naquit sur ses lèvres. Le jeu de mot plut à Khaelan par son côté philosophique. Il a l’esprit vif, pour un jeune de son âge. Mais il y avait plus important que de se soucier d’un jeu de mot. Il revenait à l’elfe d’aider l’enfant à retrouver cette personne.

« Je veux bien vous aider à retrouver cette personne. Quel est son nom? À quoi ressemble-t-elle? »

Luminen Stark était son nom. L'elfe se releva en se tournant vers sa place. Le garçon était passé par là, après tout. Il se retourna néanmoins vers lui pour confirmer :

« Vous êtes passé par là, ce me semble? »

Il lui laissa le temps de répondre avant d’ajouter :

« Au fait, je m’appelle Khaelan. Maintenant, si vous le voyez avant moi, vous saurez comment m’appeler. Puis-je savoir votre nom? »

Après quoi, ils se mirent à marcher dans ladite direction, se frayant un chemin à travers la foule quasi chaotique. Khaelan jetait des regards à gauche et à droite, tentant de trouver l’homme que cherchait le garçon. À plusieurs reprises, l’elfe repéra des hommes semblables et se retourna pour demander au garçon, qui à chaque fois lui faisait comprendre que ce n’était pas lui. Il devint clair aux yeux de l’artiste aux oreilles pointues que l’enfant avait dérivé longtemps. Puis, après un certain temps, une idée lui vint en tête. Ahhh! Mais pourquoi n’y avais-je pas pensé avant?! Il se retourna vers l’enfant et lui demanda :

« Dites-moi, deviez-vous rester durant tout le tournois? Vous a-t-il donné un point de rendez-vous au cas où vous vous perdriez? Vous souvenez vous de quoi que ce soit qui pourrais nous aider? »

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Dernière édition par Khaelan Eklemtaäl le Sam 1 Sep 2012 - 15:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 17 Aoû 2012 - 22:33

« Je veux bien vous aider à retrouver cette personne. Quel est son nom? À quoi ressemble-t-elle? »
La phrase qui franchit les lèvres de son interlocuteur surprit la chimère. Lui avait-il donc demandé quelque chose ? Ou bien la serviabilité n'avait-elle pas totalement disparue de nos jours ? Cette fête de Mannheim regroupait décidément de bien étranges gens. Mais ce n'était pas désagréable, après tout.
« Luminen Stark » répondit-il dans un souffle. « C'est un mage Lleya, je crois. Un vieil homme... Gentil. »
Sa description se finit aussi vite qu'elle avait commencée. Il n'avait jamais été doué pour décrire physiquement ce qu'il voyait. Les émotions avait toujours eu pour lui des couleurs plus vives. Ce sont les seules choses visibles une fois le monde plongé dans l'obscurité. Mais si l'autre voulait l'aider, il lui faudrait sans doute plus de détails.« Il est relativement petit, calme, blond...» Rien d'autre ne lui venait à l'esprit. L'elfe devrait se contenter de cela.
»Vous êtes passés par là il me semble ? «

Shad balaya longuement du regard l'endroit désormais un peu moins chaotique maintenant que la foule commençait à partir doucement, sans plus attendre. Il se rendit compte avec effarement qu'il n'en avait vraiment aucune idée. Le chaos ne lui avait laissé aucun repère dans sa mémoire où il aurait pu s'accrocher afin de renseigner l'elfe... En vain. Néanmoins, c'était la seule porte menant à l'extérieur dans un large rayon. Il venait donc forcément de là. Il hocha du chef pour confirmer l'intuition de l'elfe.
Ce dernier se présenta d'une manière abrupte, passant presque du coq à l'âne. Il s'appelait donc Khaelan ? Un nom très... elfique, Shad reconnu les consonances étranges que semblaient apprécier ce peuple. « Maintenant, si vous le voyez avant moi, vous saurez comment m’appeler.» ajouta l'elfe, comme pour se justifier. C'était tout à fait juste. Khaelan semblait doté d'un certain pragmatique. Pragmatisme appréciable, d'ailleurs.
« Puis-je savoir votre nom? »


Shad le dévisagea longuement avant de répondre d'une voix assez faible : « Shad. » Il était encore trop chamboulé par les récents évènements pour être plus bavard que cela. Alors, sans un mot, il suivit la chevelure blonde de l'elfe qui semblait avoir plus d'aisance que lui à se déplacer dans la foule. Le fait qu'il surpasse tout le reste des hommes agglutinés devait sûrement y jouer.... Shad profitait de cet avantage pour se glisser le plus agilement possible dans le tracé de Khaelan. De sa petite taille, la chimère ne pouvait pas vraiment voir d'autres personnes que celles qu'il bousculait malencontreusement. Néanmoins, quand l'elfe se tournait vers lui avec une mine assez anxieuse pour lui demander confirmation (ou négation, dans ce cas) sur des personnes qui auraient pu être Stark, Shad se dressait le plus possible sur la pointe des pieds pour entr'apercevoir la dite-personne, mais aucune n'était le mage. Ce petit manège dura un certain temps mais rien ne semblait pouvoir entamer la bonne volonté de l'elfe. Shad l'aurait presque qualifié de "borné" jusqu'au moment où Khaelan stoppa sa marche (la chimère faillit lui rentrer dedans tant il était concentré à éviter les collisions) et lui demanda :
« Dites-moi, deviez-vous rester durant tout le tournoi ? Vous a-t-il donné un point de rendez-vous au cas où vous vous perdriez? Vous souvenez vous de quoi que ce soit qui pourrais nous aider? »

Le garçon resta un instant bouche-bée. La question de l'elfe était tellement évidente qu'il était stupéfait de ne pas y avoir songé plus tôt ! Encore une fois, il s'émerveilla du sens pratique de celui qui l'aidait. Il se remémora avec la facilité habituelle que lui offrait sa mémoire chimérique la plupart des paroles qu'il avait échangé avec Stark. Non. A aucun moment ils n'avaient prévu de se séparer, ni même de se perdre. A moins que... Il est vrai que Stark avait parlé de soigner des combattants. Néanmoins, aucun n'avait été blessé pour le moment, et le mage n'allait sans doute pas se déplacer là bas pour rien.
...
Et puis, Shad voulait-il vraiment retrouver le mage ? Après tout, il lui avait fait confiance sur un coup de tête, lui offrant ses souvenirs en échange de sa sécurité. Mais au vu de ce qui venait de se passer, Stark était-il finalement capable de respecter ses engagements ?
Pendant un instant qui sembla durer une éternité pour la chimère, cette dernière pesa le pour et le contre, espérant que sa réflexion passerait pour autre chose auprès de l'elfe. Décidément, il n'était pas fait pour faire des choix.
Mais la perspective de maintenant retrouver Stark ne lui plaisait définitivement pas, pour une raison qu'il n'aurait su pleinement expliquer. Mais la méfiance, principalement... Cette méfiance qui s'était incrustée si profondément dans sa chair au fil de sa souffrance.
« Je crois qu'il voulait aller soigner les combattants blessés une fois le premier combat achevé... »
Il y avait peu de chance en vérité que Stark s'y trouve en ce moment, Shad laissait ainsi plus ou moins le destin décider s'il devait ou non revoir le mage et définitivement accepter son pacte. Dans le cas contraire, il continuerai sa route comme il l'avait toujours fait.
« Par contre, je ne sais pas où se trouve l'endroit où les guerriers sont soignés, sortons déjà de la masse, nous y verrons plus clair ! »
C'était un prétexte comme un autre pour quitter la foule. Mais un prétexte utile, c'était déjà ça.

C'est ce qu'ils firent. Après quelques minutes à jouer des coudes, l'elfe et le garçon se trouvèrent largement moins oppressés, et le flot chaotique de personnes fluctuait plus loin, inoffensif comme l'eau qui dort. Enfin, Shad put souffler en toute sécurité. Il se laissa quelques secondes pour reprendre ses esprits de cette aventure tumultueuse. Un, deux... trois, il releva la tête pour dévisager l'elfe avec un maigre sourire qui daigna s'accrocher sur ses lèvres : « Merci de m'avoir sortit de là. » dit-il d'une voix hachée par le trop plein d'émotions. L'elfe s’étonnerait sans doute de tant de reconnaissance pour un acte qu'il considèrerait sûrement comme insignifiant et naturel, mais pour un gosse comme Shad, c'était plus qu'il ne pouvait en espérer.
Sans qu'il y fasse attention, son sourire s'effaça de lui même, comme si son visage perdait toute volonté tandis qu'il lança : « Bon... Et maintenant ? »
Avec un petit peu de chance, Khaelan était un peu plus doué que lui pour se repérer en ville...

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Khaelan Eklemtaälavatar

 :Peuple :
Elfe sylvain
 :Âge du personnage :
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 :Equipement :
Ses vêtements, un poignard, son luth, sa lyre, un journal de bord et du matériel pour y écrire. Et une chaîne solide.


* * *

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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Lun 3 Sep 2012 - 3:55

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La série de question sembla surprendre le jeune Shad, qui en resta bouche-bée un instant. Puis, il parut tomber dans une réflexion profonde. Un moment passa avant que le garçon ne réponde :


« Je crois qu'il voulait aller soigner les combattants blessés une fois le premier combat achevé... »

L’éternel sourire de Khaelan s’élargit, ses yeux s’emplirent d’étoiles. Maintenant, l’elfe savait exactement où il fallait chercher. Le mage devrait bien faire savoir sa présence aux autres guérisseurs rapidement, et ce, même s’il n’y avait pas eu de blessés. Du moins, c’était ainsi que l’elfe voyait les choses. Ainsi, ce fut avec entrain qu’il s’exclama :

« Et ainsi le ciel s’éclaircit! Plus un seul nuage à l’horizon! »

Mais il en restait bien un, un nuage. Quelque chose clochait chez le garçon, dans son attitude face à la présente situation. Pas un brin de joie n’animait son visage, mais aucune trace d’appréhension ne le marquait. Du moins, aucune trace perceptible. Le visage de Shad était tout simplement inexpressif, ce qui eut don d’inquiéter Khaelan. Ce dernier allait demander au jeune s’il allait bien, lorsqu’il ajouta :

« Par contre, je ne sais pas où se trouve l'endroit où les guerriers sont soignés, sortons déjà de la masse, nous y verrons plus clair ! »

« Je vois... » Réplica l’elfe, penseur. « D’accord, Shad, suivez-moi. »
Il se remémora l’état d’angoisse dans lequel s’était trouvé le garçon à la chevelure flamboyante un peu plus tôt. Ce doit être encore la foule qui a cet effet sur lui, qui l’empêche d’être à son aise et d’éprouver ou de montrer quelconque joie. Ce fut la seule explication que Khaelan put trouver, mais elle ne le convainquit pas vraiment. Il devrait néanmoins s’en contenter; il ne doutait point que la présence de tous ces gens ait un effet négatif sur le garçon.

Ainsi, les deux êtres se dirigèrent vers la sortie des gradins, se frayant tant bien que mal un chemin parmi la foule à l’aide de « Pardon! » et d’ «Excusez-nous! ». Ils finirent par se retrouver sur la grande place, à quelques mètres de l’arène. Khaelan dénicha un banc sur lequel lui et Shad s’assirent. Le garçon put se détendre quelques instants, enfin extirpé de l’oppressante masse humaine. Il leva la tête vers l’elfe et lui offrit un maigre sourire, première marque d’émotion qu’il put observer sur son visage. D’une voix hachée, sûrement due à l’émotion, Shad dit à Khaelan :

« Merci de m'avoir sortit de là. »

Khaelan lui rendit son sourire, et répondit doucement :

« De rien; heureux d’avoir été utile! »

L’elfe vit le sourire du garçon disparaître. Décidément, Khaelan avait affaire à un curieux petit humain. Jusqu’à maintenant, il ne s’était pas posé trop de questions, mais après avoir éliminé le principal obstacle au bien-être du jeune, la curiosité naturelle de l’être aux oreilles pointues prit le dessus. Son regard descendit vers le gant recouvrant la main gauche de son protégé du moment. Que peut bien se cacher sous ce gant? Il posa par la suite son regard sur la chevelure et les yeux du jeune, les deux d’un rouge inhabituel pour sa race. Que peut bien se cacher derrière toi, Shad? Les humains sont tous différents, certes, mais tu es décidément celui le plus à part de la masse que j’aie eu l’occasion de rencontrer. Une poignée de questions envahirent les pensées de l’elfe. Comme il avait envie de les poser! Mais là n’était pas le bon moment. Shad devait encore récupérer des émotions qui l’avaient frappé aujourd’hui.

Le garçon rompit le silence qui s’était installé pendant quelques secondes :

« Bon... Et maintenant ? »

Khaelan se mit à réfléchir à l’endroit où les combattants blessés pourraient bien être emportés.

« Ce ne serait certes pas pratique d’avoir à traîner les blessés jusqu’à l’autre bout de la ville. » Il exprima cette réflexion tout haut. « Il doit bien y avoir des installations provisoires à proximité. » Mais où pouvaient-elles bien être? Pour en faciliter l’accès, le meilleur emplacement était certainement près de l’endroit où les guerriers entraient dans l’arène. Si ce n’était pas le cas, l’elfe et le garçon pourraient au moins s’y renseigner. Il leur fallait donc retourner à l’arène, mais pas par les gradins.

« Suivez-moi, Shad. » Dit l’elfe, d’un ton assuré. « J’ai peut-être une idée de l’endroit où il nous faut aller. Ne vous inquiétez pas; nous ne retournons pas dans la foule, je vous l’assure! » Il finit sa phrase avec un clin d’œil dans la direction du garçon.

Le duo fit le tour de l’arène, cherchant une entrée menant à ce que Khaelan surnommait l’«aire de préparation ». En marchant, l’elfe se remémora le combat spectaculaire auquel il avait assisté. Il réalisa à quel point la situation actuelle était parfaite : en allant chercher Luminen Stark parmi les guérisseurs, il aurait sûrement l’occasion de féliciter les jeunes Adrena L’Ulaun et Cerÿl Eludia pour leur performance. Il en fit part à Shad.

« Si vous le souhaitez, vous – et Luminen, si nous le trouvons – pourrez m’accompagner. Je me doute bien que le combat vous ait peu affecté, vu ce qui s'est passé, mais je tiens tout de même à vous faire cette offre. »

Khaelan et Shad finirent par trouver l’unique entrée de l’«aire de préparation », à côté d’une des portes menant aux gradins. Le passage était gardé par deux hommes grassouillets, dont l’un d’eux, l’elfe le reconnut, s’occupait des paris. Ce dernier s’avança vers le duo en les apercevant.

« Eh, vous, là! » Héla-t-il. « Vous vous êtes trompés d’entrée! Les gradins sont à gauche! »

« Justement, messire, nous ne cherchons pas les gradins. » réplica Khaelan. « En fait, nous cherchons l’endroit où les combattants blessés sont soignés. Voyez-vous... » ajouta-t-il, face à l’expression de surprise qui se lisait sur le visage des deux sentinelles, « ... Ce jeune garçon s’est égaré de son accompagnateur, un mage qui devait se rendre au chevet des guerriers. D’ailleurs, l’auriez-vous vu, par hasard? Un homme âgé, blond et pas très grand? Du nom de Luminen Stark? »

Les deux hommes hésitèrent un temps, visiblement pour assimiler le flux d’information qui leur avait été imposé en un claquement de doigts. Ils se consultèrent du regard un instant, puis regardèrent Shad, confus. L’un deux, le responsable des paris, rompit enfin le silence.

« Euh... Non, je crois pas que votre ami ait passé par ici. En tout cas, vous êtes au bon endroit. Au fait... » Il se tourna vers Shad. « Qui est la personne que vous cherchez? Un parent? »

L’homme se retourna vers Khaelan et murmura quelque chose, que l’elfe devina vouloir dire « Et pourquoi un elfe aiderait un humain? ». Puis, après avoir laissé le temps au garçon de répondre, il alla consulter son camarade à l’écart. Après un moment, il revint, se racla la gorge et déclara d’une manière théâtrale qui était sûrement de mise dans le domaine des paris :

« En tout cas, vous êtes au bon endroit. Et c’est votre jour de chance, messieurs! Parce que ça nous touche profondément, voir un enfant égaré... » L’homme avait placé ses mains sur son torse et avait fermé les yeux. « ... Nous allons vous laisser entrer et rejoindre les guérisseurs à l’intérieur. La générosité, moi, j’y tiens! Vous pourrez y attendre votre ami; ne vous inquiétez pas, je lui dirai que vous y êtes quand il arrivera. En plus, c’est une place de CHOIX pour voir le reste du tournoi!»

Hmm... Ce ton de vendeur ne me dit rien qui vaille. se dit Khaelan. Un « mais » est clairement sous-entendu. Confirmant l’intuition de l’elfe, qui s’efforça de demeurer souriant malgré le déplaisir qui s’emparait de lui, le beau parleur, s’approchant de lui, continua, prenant un ton dramatique :

« Mais vous savez, cher ami elfe, en ces temps durs, les bonnes actions sont rares, et souvent mal récompensées. » Il avait placé sa main sur l’épaule de Khaelan, qui ne broncha pas. « Vous êtes différent, non? Vous qui êtes plein de bonne volonté, vous me comprenez sûrement, moi, Larik l’honnête homme. Un peu d’aide serait bien reçue. »

Khaelan bouillait. Devant lui se trouvait l’avatar même de l’avarice, personnage qui donnait un mauvais nom à la race humaine que l’elfe affectionnait tant. Mais son désir de balancer directement à la figure de l’homme ses quatre vérités devrait être retenu; le tact était de mise. Ainsi, ce fut avec un grand sourire qu’il prit la main de l’avare et l’écarta de son épaule; et avec un ton doux qu’il réplica :

« Messire Larik... Vous jugez très bien les gens. Il est vrai que je tiens à récompenser toute marque de bonne volonté. Mais est-ce vraiment ce que vous souhaitez? Ne craignez-vous pas que l’on vous accuse d’avarice, à vous voir tirer des pièces d’or d’un jeune duo en détresse? Je suis sûr que vous êtes un homme bon; je serais désolé d’apprendre que d’injustes rumeurs nuisent à votre commerce des paris. »

La figure du dénommé Larik vira au rouge alors que ses mains se crispèrent. Il réussit tout de même à garder son sourire, mais ce ne fut pas assez. Son camarade tentait en vain d’étouffer son rire derrière sa main. Khaelan sut qu’il avait vaincu l’avare. Ce dernier inspira longuement, puis dit d’une voix qui tremblait légèrement de colère :

« C’était une blague! »

Il se tourna vers son comparse et ajouta :

« Hé, Björn, accompagne donc ces deux-là chez les guérisseurs! J’ai des paris à aller récolter. »

« Quoi?! » Répondit l’autre, d’un ton énervé. « Mais t’es fou? ‘Faut quelqu’un ici pour surveiller l’entrée! »

Larik prit un aire contrarié et réplica : « Pour si peu de temps? Pas la peine. Allez, va! » Puis, il prit la direction des gradins. Björn poussa un long soupir, et d’un ton las dit :

« Bon, allez, suivez-moi, vous deux. »

Larik hors de portée d’ouïe, Khaelan laissa s’échapper un faible gloussement. Puis, il se tourna vers son camarade et, enthousiaste, demanda :

« Alors, on y va? »
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MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Ven 14 Sep 2012 - 18:30

À chaque fois que Khaelan s'adressait à lui, il avait un sourire franc accroché aux lèvres, songea pensivement la chimère, jalousant presque ce que l'elfe faisait, semblait-il, instinctivement alors que cette tâche lui était bien plus que difficile. Khaelan était-il donc si gentil pour être capable de montrer toujours un riant visage à Dame Fortune ? Ou bien était-il tout simplement « heureux » ? Heureux... Le mot avait toujours sonné étrange aux oreilles de Shadow. Car avec sa vie de chimère planait les chimères du malheur. Un petit gamin avec pour seul ange gardien un vampire qu'il n'avait jamais vu avait-il donc le droit au bonheur ? Oh que la vie de Khaelan devait être belle et surtout simple pour pouvoir être ainsi !

« Suivez-moi, Shad. » le sollicita l'elfe d'un ton rassurant, comme si rien au monde n'aurait pu l'ébranler. « J’ai peut-être une idée de l’endroit où il nous faut aller. Ne vous inquiétez pas; nous ne retournons pas dans la foule, je vous l’assure! »Continua-t-il posément avant de conclure par un clin d'œil malicieux. Mais ni les yeux ni les lèvres du garçon ne pu lui rendre son espièglerie. Shad acquiesça donc d'un mouvement du chef avant de l'accompagner dans sa marche, se plaçant à sa gauche. Juste avant que le silence devienne gênant pour Shadow - Khaelan semblait absorbé dans son bonheur, comme s'il flânait en permanence tout en gardant un pragmatisme hors du commun - l'elfe rompit le silence en lui proposant si jamais Stark ne se trouvait pas là bas, ce qui était une hypothèse plus que réaliste, d'aller féliciter les combattants qui avaient offert un spectacle qui avait été selon lui fabuleux. Vu comment la foule avait été absorbée par cette passe d'arme, c'était sans doute vrai, songea le garçon, sarcastique. Il nota que l'éternel optimisme de l'elfe ne l'empêchait tout de même pas d'envisager très sérieusement l'échec de sa tentative. L'admiration que Shad éprouvait pour l'altruisme de Khaelan n'en fut qu'augmentée.
« C'est avec plaisir que je me joignerai à vous, en ce cas, Khaelan. Pour peu que je ne retrouve pas Luminen, il se trouve que je serai comme avant, sans aucune attache...»

Au bout d'un certain temps, ils virent une entrée dans la palissade. Quand l'un des deux hommes qui gardaient la porte s'approcha, Shad se dit qu'il ne l'appréciait pas trop. Cette première impression basée sur rien de plus que l'instinct se confirma à la vue de la certaine dérision que l'Homme affichait tandis que Khaelan lui expliquait calmement mais rapidement l'affaire.
« Qui est la personne que vous cherchez? Un parent? » demanda l'Homme à la chimère avec le même air insupportable. Pendant un premier temps, Shad ne sut que répondre. Comment devait-il considérer Stark ? Qui était-il pour lui ? La réponse lui vint, même s'il eu quelques peu du mal à l'admettre : une connaissance, rien de plus. il s'acharnait à retrouver une vague connaissance qui allait lui changer la vie. Absurde. C'était absurde. C'est ce que penserait également son interlocuteur si jamais il lui répondait ceci. La chimère faillit lui faire remarquer que son compagnon lui avait dit une poignée de seconde auparavant le nom de la personne recherchée, mais cela n'aurait pas été très diplomatique, disons.
Il hésita une poignée de seconde de trop ce qui eu le don d'agacer légèrement l'énergumène qui cherchait (ou non, d'ailleurs) à les aider sans doute pas au mieux. Voyant cela, il lâcha précipitamment « Un ami. » d'un ton qui se fit plus sec que ce qu'il aurait voulu. L'autre haussa un sourcil (devant l'hostilité apparente de la réplique ou de son contenu, Shad n'en avait aucune idée) puis considéra un instant Khaelan d'un air presque moqueur en marmonnant quelque chose de manière inintelligible, se demandant sans doute ce qu'avait à gagner un elfe à aider ainsi un gamin des rues à retrouver un dit « ami ». Shad réprima un grognement agressif qui aurait traduit son insurrection intérieure face à une telle mise en doute de la bonne volonté de son compagnon. L'humain repartit vers son congénère, le prenant à part dans un petit conciliabule. A la fin de ce dernier, il se retourna vers le duo égaré avec un sourire et un entrain qui avait l'air un peu trop sincère. Le reste de ses dires ne fut qu'un discours à peine cousu de sens et dépourvu de finesse qui avait pour but d'extorquer quelques sous en échange de ce service effectué bien entendu de bon cœur. C'était sa manière d'affirmer à quel point il était corrompu et comment il l'assumait sans voir la moindre bavure sur son panache...
Des gens véreux jusqu'à la moelle des os, Shadow en avait l'habitude. S'il avait eu la chance de tomber sur un compagnon de cellule intègre et soucieux des autres, les « voisins » ne l'étaient guère, pour la plupart. Souvent, il voyait certains extorquer aux de façon plus ou moins abjecte leur ration par échanges peu équitables voire même par chantage. Un cachot est une société étrange, mais elle reste une société. Il ne s'était jamais attendu à ce que le monde extérieur soit un parfait Eden où tous étaient heureux de ce qu'ils avaient. Si ça avait été le cas, ça n'aurait pas été la première fois où il aurait vu ses illusions se défaire, d'ailleurs. Aussi il ne se formalisa pas de ce manque de morale. Néanmoins, comme à chaque fois, cela eu droit de l'énerver au plus au point.
C'est avec une certaine surprise qu'il vit le visage de Khaelan se fendre en un grand sourire tandis qu'il éloigna d'un geste calme la main que le dénommé Larik avait posé familièrement sur son épaule.
« Messire Larik... Vous jugez très bien les gens. Il est vrai que je tiens à récompenser toute marque de bonne volonté. Mais est-ce vraiment ce que vous souhaitez? Ne craignez-vous pas que l’on vous accuse d’avarice, à vous voir tirer des pièces d’or d’un jeune duo en détresse? Je suis sûr que vous êtes un homme bon; je serais désolé d’apprendre que d’injustes rumeurs nuisent à votre commerce des paris. »
La répartie de l'elfe remit Shadow dans sa bonne humeur relative -si tant est qu'il pouvait être de bonne humeur au vu de sa situation actuelle. Tandis que Khaelan avait parfaitement camouflé dans ses traits son indignation qui s'était pourtant si bien sentie dans son ironie mordante, l'humain devint cramoisi à cause de sa colère. Devant ce spectacle tout à fait délectable, le garçon compris que Khaelan avait gagné d'une seule lance cette joute verbale. Cela lui donna matière à réflexion. L'argument premier de la pique de l'elfe étant basé sur la réputation de son adversaire, sur la mise en ridicule de ses propres arguments; en bref, sur son honneur. Quand on a appris à s'abaisser quotidiennement sous le joug de la force, voir d'autres puissances semblant bien plus risibles vaincre un tel combat avec une telle aisance, voilà encore une chose qui lui prouvait qu'il n'avait pas fini d'apprendre sur ce monde extérieur.
« C’était une blague! » se défendit pitoyablement Larik ; puis, s'adressant à son comparse, il lança, toujours en colère d'avoir été tourné en ridicule de cette manière : « Hé, Björn, accompagne donc ces deux-là chez les guérisseurs! J’ai des paris à aller récolter. »
Après quelques seconde, quand Björn eut accepté de mauvais cœur la tâche dont Larik s'était débarrassé rageusement, l'elfe, pas mécontent de lui, se tourna vers Shadow en demandant : « Alors, on y va? »
Question rhétorique. Shad lui emboita le pas sans daigner répondre en disant à mi-voix pour ne pas que les autres entendent : « Bien joué ! »

Björn marchait d'un pas rapide en faisant d'énorme enjambées, sans doute pressé de pouvoir se débarrasser de cette tâche au plus vite, si bien que Shad devait trottiner aux côtés de Khaelan. Heureusement, le trajet ne fut pas long, car le garçon n'aurait pas été capable de soutenir cette allure très longtemps. Après être passés dans l'embrasure de la porte, ils se situaient sous les gradins, dans une sorte de couloir sombre éclairé uniquement par les interstices entre les planches de la structure en bois qui faisait le tour de l'arène, mais de l'intérieur. Ils le suivirent un temps avant d'atteindre un large espace rectangulaire, cette fois ci à l'air libre. Il n'y avait plus de gradins cette fois ci, mais la loge royale, beaucoup plus haute et en profondeur.
« Voilà, c'est là, cherchez le autant que c'est nécessaire, attendez-le si ça vous chante, mais dérangez pas et ressortez par le même chemin. » grogna leur guide avant de leur tourner le dos et d'aller reprendre son poste de la même allure athlétique ; mais c'est à peine si Shad le regarda. En quelques secondes, il détailla le paysage. Beaucoup de combattants attendaient là, énervés par le contretemps qu'avait provoqué le gêneur en hurlant des menaces sans sens. Et quelques autres, en habits plus civils, sans aucun doute des mages attendant pour des raisons tout autres, mais aucun ne ressemblaient de près ou de loin à Luminen Stark. La chimère se mordit les lèvres tout en s'avançant de quelques pas pour être sûr de ne pas avoir raté de recoin où le mage aurait pu l'attendre paisiblement, fumant sa pipe si chérie. Bon... Il fallait s'y attendre, en même temps. Il se tourna vers l'elfe en lâchant un soupir : « Il n'est pas là...»
Il allait proposer à son compagnon d'aller voir Adrena l'Ulaun et Cëryl Eludia quand une exclamation le stoppa : « Un vampire ? Ici ? Tu n'es pas sérieux... » Danger.
Shad sentit son sang se figer dans ses veines, tandis qu'il tourna lentement la tête pour mieux entendre. Il s'agissait de deux mages, vu leur accoutrement, qui parlaient à vive voix.« Si, j'ai soigné un homme qui avait eu les deux jambes brisées dont les frères avaient été tués par un vampire - j'ai moi-même étudié leurs cadavres ! Vu la route que le monstre a pris, il s'est doute dirigé ici ! »
Toutes les autres conversations avaient pris fin avec cette déclaration. Si ça avait sur un tout autre sujet, Shadow aurait considéré ces mages comme des imbéciles d'être d'une telle indiscrétion sur une notion aussi sensible, mais là, il était question de vampires. On lui avait dit qu'un vampire le suivait toujours à une certaine distance de lui, il en avait conscience. Mais il ne l'avait jamais vu, il ne l'avait jamais senti... Mais entendre ainsi des gens parler de cette menace qui planait au dessus de sa tête devant lui... c'était tout autre chose. Si le garçon était déjà pâle à cause des précédents événements, il devint livide. Un attroupement se formait peu à peu autour des indiscrets formé d'hommes désireux d'en savoir plus sur cette nouvelle. La chimère dans un état second n'entendait que des bribes éparses de ce qui se disait. « ... vidés de leur sang... morts... ?! ... arrachés... » Il n'y avait même plus de jonction entre les questions effrénées et les réponses hésitantes et gênées. Le garçon porta la main à son épaule dénaturée, passant ses doigts sur la jonction entre sa monstruosité et son semblant d'humanité, comme s'il s'attendait à ce que la chair torturée se rappelle de ses souffrances comme au premier jour. Ce n'est pas ce qu'elle fit, mais sa vision, elle, se brouilla en bribes de mémoires éparses. Du sang. Du sang... Encore et toujours du sang.

Les dents serrées, Shad secoua violemment sa tête et cligna plusieurs fois des yeux en s'ébrouant pour se clarifier les idées. Il souffla doucement une fois. Deux fois.... Trois fois. Assez rapidement, il se tourna vers Khaelan en disant brusquement d'une seule traite : « Allons-nous en d'ici. »
C'était beaucoup plus une supplique qu'un ordre.
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Elfe
Khaelan Eklemtaälavatar

 :Peuple :
Elfe sylvain
 :Âge du personnage :
85
 :Equipement :
Ses vêtements, un poignard, son luth, sa lyre, un journal de bord et du matériel pour y écrire. Et une chaîne solide.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Re: A la fin de l'envoi, je touche! [Duel Adrena l'Ulaun contre Cëryl Eludia] - Collectif   Sam 2 Mar 2013 - 1:56

« Bien joué! » Dit à voix basse le jeune garçon alors que lui et Khaelan se mettaient en marche vers l’intérieur des gradins. Ce fut aussi en murmurant que l’elfe répondit au compliment de Shad : « Merci, mon brave. »

Björn, pressé, marchait d’une allure vive vers leur destination, obligeant le duo à forcer le pas. Après une courte marche, les trois êtres parvinrent à la loge royale, assez spacieuse pour accueillir toute la cohorte de guerriers et de guérisseur en leur laissant assez d’espace pour respirer. C’était de loin la plus belle partie de cette arène de fortune, solide mais simple : accrochés aux murs, les étendards de la famille Eivind ajoutait au brun de l’installation des teintes de rouge et de doré; les chaises maintenant vides de la famille royale, qui avait dû évacuer les lieux, étaient magnifiquement taillées en fioritures et décorées dans les mêmes couleurs. Ces meubles, inutilisés et donc en plein déménagement par les soldats de la garde rapprochée du roi, étaient originellement à l’écart, au bord de l’aire de combat, et isolée du reste de la salle par un court mur, alors que les combattants occupaient plutôt le centre de la pièce à toit ouvert.

Björn, ayant accompli sa tâche, pris congé des visiteurs, grommelant : « Voilà, c'est là, cherchez le autant que c'est nécessaire, attendez-le si ça vous chante, mais dérangez pas et ressortez par le même chemin. »

Khaelan et Shad cherchèrent des yeux Luminen Stark. Bien vite, le garçon se retourna vers l’elfe en soupirant, déclarant : « Il n'est pas là...». La déception envahit le jeune barde, qui soupira à son tour. Il crut voir que son compagnon allait ajouter quelque chose à son tour, lorsqu’une voix l’interrompit :

« Un vampire ? Ici ? Tu n'es pas sérieux... »

Le sang de Khaelan ne fit qu’un tour dans ses veines. Mais il écarta rapidement ses craintes : un vampire, en plein jour? Au beau milieu d’une foule de combattants qui rêvent de faire couler du sang? Absurde! Même pour un immortel, se retrouver contre une dizaine de guerriers et une poignée de mages serait de la folie! L’elfe se rapprocha donc de l’origine des paroles et se mit à écouter les conversations. Deux mages visiblement énervés discutaient à vive voix, gesticulant avec vigueur.

« Si, j'ai soigné un homme qui avait eu les deux jambes brisées dont les frères avaient été tués par un vampire - j'ai moi-même étudié leurs cadavres ! Vu la route que le monstre a pris, il s'est doute dirigé ici ! »

Encore une fois, l’elfe dut chasser son malaise, mais ne réussit complètement à l’éliminer. Les conversations autour de lui cessèrent et les gens se rapprochèrent des deux mages. S’ensuivit d’une cacophonie de questions et de réponses diverses, desquelles Khaelan comprit que des hommes avaient été trouvés morts, vidés de leur sang, les membres arrachés. Puis, la voix aiguë de Shad retentit derrière lui.

« Allons-nous en d'ici. »

Khaelan se retourna vers le jeune garçon et s’agenouilla pour être à sa hauteur, regardant droit dans ses yeux rouges vifs. Il s’apprêta à tenter de convaincre Shad qu’ils n’étaient pas en danger. Puis soudain, quelque chose le frappa: Ses yeux rouges vifs. Ces yeux d’une teinte non naturelle pour un humain, de la même couleur que ceux d’un vampire. Il revit le jeune garçon effrayé en train de fuir la foule qui semblait l’engloutir comme une marée d’hommes et de femmes. Il revit ses traits inexpressifs, ce visage mort qui seulement maintenant semblaient reprendre vie par la terreur. Enfin, son regard se posa sur cet unique gant qui ornait son bras gauche. Quelque chose clochait chez ce garçon. Et ce quelque chose-là avait un lien avec les vampires. Khaelan ne sut pas pourquoi, mais Shad était possiblement en danger, et par conséquent, l’elfe l’était aussi.

Un regard grave était maintenant estampé au visage de Khaelan. Je lui poserai des questions plus tard Pour l’instant, je dois le sortir d’ici. Je dois l’amener dans un endroit sûr!. Il décida d’amener Shad à l’auberge du vieux Bringhem. La place serait moins peuplée que les rues de la ville, et il pourrait plus facilement garder un œil sur le garçon.

« D’accord, nous partons. Donne-moi un instant pour écrire quelque chose. » Dit l’elfe en tirant de son sac son journal de bord et en en arrachant une page vierge. « Un message pour messire Stark. » Il procéda donc à l’écriture de la lettre, détaillant la situation de Shad et donnant l’adresse de l’auberge de Bringhem. Puis, il rangea ses affaires et le duo se remit en route, la mine sombre.

Au bout d’un moment, ils retrouvèrent la sortie de l’arène. Khaelan convainquit Björn de donner la lettre à Luminen Stark; il accepta en bougonnant. Puis, les deux compagnons commencèrent à se diriger vers le cartier des hôtes, après que Khaelan eut expliqué à Shad son plan, omettant toute fois de mentionner ses craintes. « Nous déciderons de la suite rendu là. »

C'était sans compter la foule, qui commençait à emplir les rues, rendant tout déplacement plus ardu. En effet, à la myriade de citoyens et touristes occupant les étals des marchands, s'ajoutaient les naïfs et les superstitieux qui fuyaient encore l'arène, craignant les paroles du vieux fou. Khaelan et Shad se retrouvèrent donc face à un mur compact d'humains parsemé d'occasionnels elfes et nains. Énervé, le jeune musicien chercha une issue. Il trouva une petite ruelle peu fréquentée, et sans doute peu fréquentable. Mais la situation l'obligeait à passer par là.

La ruelle était étroite, prise entre deux maisons hautes qui jetaient de l'ombre sur ce lieu déjà rendu douteux par une odeur d'alcool. Un frisson parcourut l'échine d'un Khaelan méfiant. Après une minute de marche, des rires retentirent derrière l'elfe. Hors de l'ombre, un quintet de d'ivrognes sortirent, titubant vers lui et Shad. Khaelan se plaça défensivement devant le garçon et amena sa main dans son sac. Il y sentait le manche de son poignard, qu'il espérait encore ne pas avoir à utiliser.

L'un des hommes ouvrit la bouche et, pointant l'elfe du doigt, lâcha d'un ton traînant et dédaigneux :
« Ehh ben, les gars, r'gardez-moi-ça! Un elfe! » La bande se remit à rire.
Khaelan grimaça. Je n'aime pas où tout ça s'en va... Un autre, affichant une moue de dégoût, lâcha du même ton, l'articulation encore plus relâchée à cause de l'alcool :
«Fais d'l'air, oreilles pointues! T'es pas chez toi, ici! Tu salis notr' ville! »
Les ivrognes rirent de plus belle, alors qu'ils s'étaient rapprochés dangereusement du duo. Khaelan s'efforça de prendre un ton menaçant. « Ne vous approchez pas de moi! Sinon, vous aurez à faire à la justice! » Ce fut en vain.
« Tu crois qu'tu nous fais peur, l'elfe? Hic... On est cinq, t'es tout seul avec... Eh, qu'est-ce qu'il a, le gosse? Il a une drôle de tête! »

Les yeux de Khaelan s'écarquillèrent et un long frisson lui parcourut l'échine. Non, pas Shad! Ce n'est pas bon, pas bon du tout! L'homme reprit : « Z'avez vu ses ch'veux, les gars? Tous rouges! Et il a les yeux rouges avec! Il est drôle, le gamin! »

« Et pourquoi il est avec un elfe, le môme? » reprit un autre. « Vous croyez qu'c'est un elfe aussi? »

« Eh, le gosse, fais voir tes oreilles! » Ajouta un troisième, en s'approchant de Shad en titubant, manquant de tomber lorsque ses jambes malhabiles rencontrèrent une caisse de bois. Un quatrième l'imita aussitôt. « Et qu'est-ce que tu caches sous ce gant, hm? »

Khaelan paniquait, son cœur battant à la chamade. Ces hommes leur voulait du mal, et ce, uniquement parce qu'il était un elfe et que Shad semblait étrange. Autant la situation était aussi pathétique qu'elle était dangereuse. Il faut que je fasse quelque chose! Khaelan inspira profondément, assemblant son courage, puis il fonça sur les hommes les plus proches de Shad, en criant : « ÉLOIGNEZ-VOUS DE LUI! » Il repoussa l'un d'entre eux. Sous l'effet de la surprise, et affaiblit par l'alcool, le manant tomba à la renverse. Puis, Khaelan se tourna vers le garçon.
« Vas-t'en, Shad! »

Il obtempéra, fuyant aussi vite que ses courtes jambes le lui permettaient. L'elfe, satisfait, se retourna vers ses opposants. Il ne se faisait pas d'illusions : il ne savait pas se battre. Il ne serait pas capable de mettre hors combat un seul de ces ivrognes, encore moins cinq. Mais peu lui importait, tant qu'il donnait à Shad le temps de semer ses poursuivants.

« Eh! Mais il cherche la bagarre, le c...» lança l'un d'eux d'un ton menaçant, mais dont les yeux vitreux trahissait un plaisir immense. Le geste de Khaelan envers ses compères lui avait donné une bonne raison de donner une correction bien méritée à ce membre d'une race qui lui inspirait le mépris. Il ajouta, sa barbe tressée s'agitant sous les mouvements de sa mâchoire : « On va t'remettre à ta place, oreilles pointues! » Puis il décocha un puissant coup de poing qui atteignit l'elfe en pleine figure, le projetant face contre le sol. Le rire gras des hommes retentit alors qu'il tentait de se relever, la douleur pulsant dans son nez. « On fait moins le malin, hein, l'elfe? Hé, les gars, rattrapez le garçon! Sigmund, tu reste.»

Khaelan ne vit pas venir le coup de pied qui s'enfonça dans ses côtes. « On va s'amuser encore un peu. » S'ensuivit d'une série de coup de pieds qui meurtrissaient chacun de ses côtés. Chaque coup, chaque élancement de douleur demandaient un effort surhumain à Khaelan pour ne pas hurler, pour ne pas fondre en larmes. Il se forçait d'invoquer l'image de Shad, de garder en tête son but. Il ne put néanmoins s'empêcher de maudire sa stupidité. Quelle idée, de passer dans cette ruelle! Ils auraient bien pu finir par passer par la rue principale. Ils auraient été en sûreté.

Au bout d'une minute, qui lui parut comme une éternité, les assaillants de Khaelan, dont l'ivresse de la violence avait ironiquement dégrisé, finirent par s'éloigner de lui d'un pas sûr, en ricanant de la malchance de cet elfe qui les avait défié pour pathétiquement s'écraser. Khaelan finit par se relever, des ondes de douleur parcourant son torse à chaque mouvement. Il avait le nez en sang, les vêtements troués et sales et portait son bras à ses côtes. Cet aspect inspira le recul de la foule alors que l'elfe marchait dans les rues. Il voulait demander de l'aide, des soins, ou au moins la direction dans laquelle Shad était parti. Mais la crainte qu'il lisait dans les yeux des humains le repoussaient. Un sentiment de solitude envahit le jeune musicien à l'éternel sourire, qui pour une fois semblait au bord des larmes.

Ce fut dans cette atmosphère glauque, cette bulle de tristesse que Khaelan parcourut dans une direction quelconque les rues pourtant joyeuses. Une seule pensée l'obsédait : Shad, où es-tu?
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