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 Sakari Lahav (vampire) [terminé]

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Lord
Lahav Sakariavatar


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MessageSujet: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 13:43

    - Nom: Sakari
    - Prénom: Lahav
    - Sexe: masculin, vous en douteriez ?
    - Age: 32 ans pour l’éternité, en réalité 1151 ans.
    - Taille: 1.86m
    - Poids: 78kg

    - Peuple: Vampire
    - Classe: Lord

    - Description Physique détaillée:
    On trouve en ces terres gelées des hommes bien plus grands que Lahav. Lui n’a pas à se plaindre de sa taille, ni de sa corpulence. Un bon mètre quatre vingt six pour soixante dix huit kilos, pas immense, pas vraiment imposant il serait plutôt tout en finesse. Néanmoins sa force est indéniable. Un corps éternellement arrêté en pleine force de l’âge, taillé par les années de pratique de l’épée et de l’équitation.
    Son visage pour commencer. Indéniablement masculin, loin de ces garçons encore adolescents dont un rien les fait basculer vers un sexe ou l’autre. Lui possède les traits durs, marqués par la finesse due à son rang. Un visage un peu anguleux, rien de choquant. Le nez est droit et fin lui aussi, ses lèvres autrefois pulpeuses ne le redeviennent uniquement lorsqu’elles sont gorgées de sang. Lorsqu’il sourit elles découvrent des crocs luisant, semblables à l’ivoire, taillées pour transpercer sans mal la chair. Ses yeux autrefois bleus ont aujourd’hui pris la teinte du rubis. D’un rouge étincelant, profond, trahissant immédiatement sa nature vampirique. Ils reflètent tour à tour la convoitise ou la faim, la colère ou le désir, véritables fenêtres sur son âme. Souvent encadrés par du noir, ces deux couleurs vont si bien ensemble, car de sa nature mortelle il a gardé la teinte de ses cheveux. Noirs, aussi noirs qu’une nuit sans lune. Il les porte courts, des mèches tombent au plus bas sur sa nuque, et souvent sur son visage, ne soulignant que davantage encore l’intensité de son regard. Ils sont soyeux, doux au toucher, bien que rares soient ceux pouvant y plonger les doigts. Comme tout vampire il a la peau pâle, parfois trop pâle lorsque la faim se fait sentir. Cela l’agace prodigieusement. Car oui, parfois Lahav aimerait pouvoir se promener sans qu’on hurle autour de lui « vampire ! » Cela est prodigieusement énervant. En temps normal ses victimes apprécieront le grain nacré de sa peau démunie d‘imperfections, sa douceur lorsqu’elles glissent sous les doigts. Et bien qu’elle soit glacée, cela donne au contraire envie de se rapprocher dans l’espoir de la sentir se réchauffer.

    Le corps en lui-même a gagné en force avec l’immortalité, bien que dans l’ensemble il n’ait subis aucune transformation notable. La musculature en elle-même n’est pas saillante comme chez les chevaliers, loin de là, ce qui ne l’empêche pas d’être présent. On sentira avec délice au passage d’une main se dessiner les pectoraux et les abdominaux, on les sentira se contracter, le corps entier se détendre avant qu’un soupir ne vienne relâcher la pression. Même le galbe de ses jambes n’a rien à envier aux plus belles gambettes féminines. Il est félin dans sa démarche, gracieux.
    Son port de tête est droit, fier, noble jusqu’au bout des griffes. Lahav aime se vêtir de blanc lorsqu’il déambule dans les couloirs de Niflheim. Lors de ses chasses en revanche il goûtera plus au noir ou au brun, des couleurs n’attirant pas l’attention. Il possède également un immense manteau noir le protégeant des rayons du soleil dont il abaisse la capuche, ne laissant voir que ses prunelles écarlates. Dans l’ensemble il reste sobre et ne se réserve les vêtements vifs, en général rouge, que pour les soirs de fête. Aucun bijoux ne vient souligner davantage ses traits, il trouve cela superflu. C’est pourquoi l’or, les pierres précieuses, n’ont pas leur place dans son entourage. Le luxe, le vrai, se trouve ailleurs.

    - Caractère du personnage:
    Définir le caractère d’un tel individu est chose bien compliquée. En 1000 ans d’existence il ne cesse de changer. Néanmoins on retrouve quelques grands traits immuables.
    L’Orgueil tout d’abord. Lahav est un noble, plus encore que ça un vampire ayant atteint le sommet de la hiérarchie. Rien n’est au dessus de lui mis à part les Dieux. Les mortels ne valent rien à ses yeux. Même une Dise ne lui arrive pas à la cheville. Lui ne souffre ni de la vieillesse, ni de la maladie, et à moins que demain on ne vienne lui trancher la gorge, il vivra bien plus longtemps que ces aériennes créatures déblatérant amour, poésie et douceur à longueur de journée. Quand aux humains, il les déteste du plus profond de son âme, si on considère qu’il en possède une. Ces infâmes vers de terre qui ont eu l’audace de le chasser de ses terres, il les tue dès que l’occasion se présente. D’ailleurs, les humains de son élevage personnel ne sont pas mieux traités que du bétail. Lorsqu’il lui prend l’envie d’en posséder un en particulier, il se fera un plaisir de le capturer, de le briser aussi longtemps que le commandera son bon plaisir. Si il veut son corps, Lahav le prendra. Si il désire sa vie, elle sera sienne dans l’heure qui suit.
    Le vampire n’a que très peu de considération pour tout ce qui n’est pas lui. A la rigueur ses congénères ont le privilège de son indifférence, au mieux de sa sympathie. Toutes les autres créatures n’ont que son dédain. Lahav ne ressent pas l’amour, son narcissisme le pousse à ne pouvoir aimer que ce qui le surpasse. A son âge on trouve difficilement pareil être en ce monde. Libre au pauvre fou voulant conquérir le vampire de relever le challenge. Néanmoins il est important de noter qu’il ne s’agira jamais d’amour comme l’entendent les mortels. Un vampire ne peut aimer. Même si des cas ont déjà été relevés, ceux là ne s’attirent que le mépris et la colère de leurs semblables. Si jamais Lahav venait à se « prendre d’affection » pour quelqu’un, il ne s’agirait pas d’une relation à proprement parler. Oh bien sûr il ne tuerait pas cet être, sa fascination le pousserait à en prendre soin, à le chérir comme le plus précieux des trésors. Et une fois sa passion envolée, à s’en débarrasser comme on jette un linge sale. Mais jamais il ne pourrait aimer au point de faire passer la vie de cet être avant la sienne. Lahav ne s’encombre pas des promesses, des serments, des veux, il ne se lie pas tout simplement parce que sa liberté prime sur toute chose. De plus, étant un homme profondément libertin il ne va pas en plus faire une promesse qu’il ne tiendrait pas, ce serait un coup à raconter partout qu’il n’est pas homme de parole. Toutefois, si le Lord ne se soumet à rien ni personne, il est absolument hors de question que celui ou celle s’étant attiré ses faveurs en fasse de même. Lahav est possessif. Lui peut faire ce qu’il veut avec qui il veut, pas ses biens. Ils n’appartiennent qu’à lui, et si par malheur un ou une autre venait à poser ne serait-ce qu’un regard de convoitise sur ses trésors, il lui arracherait la vie dans la minute.

    La notion de respect est plus qu’importante chez cet homme. Il attend de tous qu’ils soient à son égard aussi respectueux que lui peut l’être. Même si les humains n’ont pas de place bien haute dans son estime, Lahav se tiendra bien devant un de leur représentant. Il pourra même contenir quelques remarques déplacées. Malheur à celui qui oserait se jouer de lui, se moquer, tenter un trait d’humour cynique, l’ironie ne trouvera pas non plus grâce à ses yeux. Il faut savoir que Lahav n’a pas un sens de l’humour flagrant, aussi prendra-t-il très mal la moindre taquinerie.
    Là où il se montrera indulgent, sera envers les jeunes vampires. Lui aussi a été impulsif et tête brûlée autrefois. Il sera même prêt à prendre personnellement en charge l’éducation de l’un d’eux, à condition que ce dernier soit digne d’intérêt. Le Lord est pédagogue, parfois.

    L’homme aime à vivre dans le luxe. Il ne saurait se passer de ce confort auquel il a pris goût depuis les siècles écoulés. Aussi fait-il en sorte de toujours créer autour de lui un lieu agréable, raffiné, le reflet de ce qu’il est. Un homme distingué, cultivé, rare. Une chose qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie. L’existence à laquelle rêve chaque mortel sans la demander pour lui. Ce que lui-même rêvait d’être et de posséder du temps où le soleil était son astre.
    Lahav possède donc une grande bibliothèque. On y trouvera toutes sortes d’ouvrages traitant sur tous les thèmes. Et également son jardin secret à portée de main. Car dans ces rayons n’en finissant plus, on pourra y lire le journal intime du Lord. Toute son existence depuis bien avant sa transformation. Parfois il se plait à la lire afin de se souvenir de ce qu’il était, du chemin parcouru depuis. En revanche, personne n’est autorisé à toucher ces livres. Il entrerait dans une colère noire si il surprenait un intrus farfouiller ce passé.

    La colère justement est également l’un de ses traits caractéristiques. Lahav est un homme qui s’emporte facilement. A vrai dire, même lorsqu’il n’est pas énervé il lui plait parfois de tuer son interlocuteur, juste pour le plaisir. Il a pris goût à la cruauté et à l’odeur du sang pour le faire couler même lorsque la faim ne le tiraille pas. Lahav est avant tout un vampire, un animal, il ne manquera pas de le rappeler. Cela saute aux yeux lorsqu’il commence à être agacé. Un feulement, un geste nerveux de la main, une étincelle féroce dans ses prunelles, autant de mise en garde qu’hélas peu perçoivent. L’homme peut se montrer d’une froideur implacable. La pitié ? Non, aucune. Rien ne peut l’émouvoir lorsqu’il est soumit à sa rage. Ni femme en larme, ni la supplique d’un enfant. Absolument rien. Et étant très orgueilleux de nature, le froisser s’avère être facile.

    L’immortalité ouvre la porte du savoir. Lahav est un homme par conséquent très cultivé. Il se plait à s’essayer dans divers arts. Si la peinture et le dessin ne trouvent pas grâce à ses yeux, tout simplement parce qu’il ne parvient pas à produire quelque chose de satisfaisant, il adore la musique. Lui-même aime à jouer parfois un peu de piano. Le chant a ce don assez remarquable de le faire frissonner. Lahav serait prêt à payer pour avoir à ses côté la plus belle voix d’Yggdrasil.
    L’art se trouve sous diverses formes, et cela le vampire la sait. Lorsqu’il n’est pas occupé à chasser ou créer, il se plait à organiser de grandes fêtes en compagnie de quelques congénères. Des soirées privées ou le sang coule à flot. Des fêtes qui bien souvent virent à l’orgie, pour le plus grand plaisir de l’organisateur. Lahav est un homme sensuel malgré tout. Et si il aime l’odeur métallique du sang, son goût lorsqu’il touche son palais délicat, il aime aussi la beauté des corps mortels ou non, et cette douce léthargie dans laquelle le Plaisir peu plonger le plus raisonnable des esprits. Il est enfant de Luxure assurément, parfaite incarnation de cet interdit qu’incarne le vampire. Séducteur, mortel, mais irrésistible. Homme ou femme, il les fait plier à son bon vouloir par quelques mots mielleux, quelques promesses de nuits sans fin.

    Quiconque croise un jour sa route pourra sans mal parler du charisme qui se dégage de cet être. Il envoûte tant par le regard que par la parole et le sait. Souvent il se sert de ce talent pour négocier, toujours à son avantage, pour mentir également et tromper. Néanmoins, les rares fois où Lahav engagera sa parole d’honneur, il tiendra ses promesses par tous les moyens.

    - Équipement:
    Si il peut éviter le combat, cela l’arrange. Lahva n’aime pas se salir les mains. Outre ses crocs, ses griffes, et sa force prodigieuse, il possède une épée. Celle-ci est aussi vielle que lui, voir plus encore, seul héritage de sa famille qu’il a accepté de garder. Elle se nomme Wiith, mais ne quitte que très rarement son fourreau. Jusqu’à présent, pas un seul Sakari n’a eu à se plaindre d’elle.
    Lahav possède d’autres armes en sa demeure, mais il s’agit surtout d’armes de collection. Jamais elles ne quittent leur vitrine.

    - Ambitions: créer la perfection, obtenir le meilleur élevage d’humain de tout Novigard, posséder la plus belle collection d’œuvres d’arts du monde.

    - Mère (description physique + résumé de son histoire): :
    Loreleï Sakari, 1.73m, 62kg. C’est elle qui a légué à son enfant les yeux bleus qui faisaient tout son charme. Brune à la peau claire, elle a connu de nombreux problèmes de santé suite à la naissance de son fils. Puis une dépression à la mort de son mari acheva sa vie. Elle est morte à l’âge de 48 ans après une dégradation violente de sa santé.
    - Père (description physique + résumé de son histoire):
    Eshäsran Sakari, 1.94m, 88kg. Son fils a hérité de lui ses cheveux noirs. En revanche, le père portait les cheveux longs souvent nattés, et ses yeux étaient noirs, vestige de l’origine de cette famille. Il est mort à l’âge de 53 ans lors d’un accident de chasse. En réalité son fils l’a tué lors de cette partie de chasse, mais jamais Lahav ne révéla comment.

    - Frères & Sœurs (description physique + résumé de leur histoire):
    Lahav est fils unique

    - Illustration(s):
    Spoiler:
     


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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 13:46

L’histoire d’un être tel que lui ne devrait pas être racontée, car elle appartient à un monde que la raison d’un esprit mortel ne saurait entendre dans toute sa grandeur.
Il est né voici bien des lunes. Et sa venue au monde en tant qu’enfant, elle, remonte à bien plus loin encore. Il parait qu‘on ne possède qu‘une seule vie. Certains on cette chance de pouvoir en avoir deux. Lahav fait partie de ces élus. Mais venons en au commencement.

I. De la naissance d’un enfant.


Avant la naissance de Midgard, avant même l’apparition des premiers rois, la vie peuplait déjà ces terres sans nom. Si les frontières et les notions de territoires n’étaient pas clairement posés dans les esprits de chacun, on maîtrisait parfaitement celles de pouvoir et de soumission. Les Sakari savaient se faire obéir, inspirer respect et crainte. Surtout la crainte. Originaire non pas des plaines glacées du Nord, cette famille trouvait ses racines bien ailleurs, dans les confins du monde où neiges et glaces se muent en sable et soleil. Les archives de la bibliothèque ne remontent pas assez loin pour retracer avec exactitude le parcours de cette famille. Avec le temps, le soleil ne plus qu’un souvenir lointain, et la neige devint la mère de chaque Sakari à naître.

Lahav naquit un soir de Lumi particulièrement rigoureux. On crut que jamais le soleil ne reviendrait, qu’aucun être vivant ne survivrait à ces températures. Et pourtant l’enfant naquit en bonne santé. On craignit pour la santé de sa mère, néanmoins elle survécut bien qu’une maladie survenue des suites de l’accouchement ne la fragilise toute sa vie.
Cette famille jouissait des privilèges du pouvoir. Offrir à leur fils unique tout le confort et l’éducation nécessaire à un garçon de sa condition fut aisé. Il eut droit aux meilleurs nourrices et précepteurs. Il mangeait dans des plats d’argent, dormait dans des draps chauds et doux, la tête sur des oreillers de plume. Son père, Eshäsran, veillait personnellement à ce que son héritier ne manque de rien. Là où son épouse apportait calme et patience, lui exigeait résultat et force. Deux êtres à priori opposés qui offrirent à leur fils tout ce qui ferait de lui un homme, leurs qualités fondues en cet enfant, et leurs défauts également.

Il possédait cette curiosité propre aux enfants le poussant à toutes les bêtises possibles. Quand il eut douze ans, et lorsqu’on lui laissait un peu de temps libre, il aimait à vadrouiller sur le domaine de ses parents. Et surtout se faire de belles frayeurs en jouant dans le cimetière familiale à la tombée de la nuit. Ces jeux exaspéraient ses parents sans qu’il ne sache pourquoi. A chaque fois son père le réprimandait et criait ces mots à travers toute la demeure : « tu fera mourir ta mère de frayeur avant d’être un homme ! »
Ses parents n’étaient pas les seuls à perdre leurs couleurs en le sachant au cimetière. Tous les domestiques également. Avec le temps il eut interdiction définitive de sortir sans escorte. Si Lahav voulu contester cette décision que son esprit d’enfant trouvait injuste, il n’en eut jamais l’occasion. Son père le fit crouler sous les apprentissages en tous genres, allant des lettres à l’art de l’épée. Si bien que l’enfant s’écroulait de sommeil parfois avant le repas.

Les années passaient, toutes se ressemblaient. Le père trouva la mort lors d’un accident disait-on, son fils lui succéda. Le garçon innocent laissa la place à un homme de trente deux ans, aux cheveux de geais et aux yeux aussi bleus que l’océan. Un homme inspirant la crainte autant qu’il séduisait. Depuis longtemps le Vice avait fais son chemin, empoisonnant Lahav chaque jour un peu plus. Il n’était pas un plaisir qu’il ne se refusait. On en vint même à murmurer que le fils aurait tué le père. Seule restait en vie sa mère, recluse dans sa tour à attendre la mort. Depuis la perte de son époux on ne la voyait guère plus sourire. Lahav quand à lui reprenait ses anciennes habitudes. Emmener ses conquêtes d’un soir au vieux cimetière familiale devenait un jeu dont il ne se lassait pas. La peur les excitait bien plus encore que l’alcool. Un soir toutefois, il comprit enfin ce que ses parents cachaient et craignaient.


Dernière édition par Lahav Sakari le Dim 15 Jan 2012 - 19:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 13:51

II. Un damné sous une pierre tombale.


Cette nuit là, alors qu’il revenait un verre d’hydromel dans chaque main, quelle ne fut pas sa surprise de trouver sa fiancée de puis peu allongée sur une stèle, un mince filet écarlate dévalant poignet et gorge.

-Mina ?

Aucune réponse. Pourtant elle vivait, son souffle rauque et irrégulier soulevait sa poitrine comprimée par un corset.

-Elle vit, pour l’instant.

Lahav leva les yeux vers la voix doucereuse d’un homme assit sur la pierre tombale, alors qu’il ne s’y trouvait pas juste avant. Il sauta légèrement au sol et vint cueillir des mains du mortel une coupe d ‘hydromel qu’il porta à sa bouche. Une hideuse grimace déforma ses lèvres écarlates, et il jeta à terre le verre encore plein.

- Ces boissons humaines, quelle horreur. Oh ne t’en fais pas pour ton amie, elle est encore vivante comme je te l’ai dis.
-Qui … Qui êtes vous ?
Demanda le jeune humain. Son corps tremblait, le froid n’y était pour rien. Il s’agissait de la peur. Peur de cet inconnu, de ce qu’il venait de faire à sa fiancée.
-Oh tu ne me reconnais pas ? Je suis déçu. Lahav. Il s’approcha encore. Le jeune homme remarqua la pâleur extrême du visage de son interlocuteur, le flamboiement effrayant de ses prunelles rubis. Dire que je t’ai vu à ta naissance. Tu étais si petit à l’époque, si fragile. Remarque … Tu n’a pas beaucoup changé. Il éclata d’un rire glacial.
-Je ne trouve pas ce jeu amusant. Qui êtes vous ?! Le nobliau perdait clairement patience. En même temps il reculait de quelques pas. Tant pis pour Mina, qu’elle meure si cela sauvait sa vie.
-Allons allons mon enfant, ne reconnais-tu point ton propre sang ? Ton oncle ? Il fit une mimique de courbette, moqueur et hypocrite. Allan Sakari, frère de ton père, et ton oncle.

Pourquoi ne lui avait-on jamais parlé de cet homme ? Quoique … A bien y réfléchir cette silhouette ne lui était pas si inconnue que ça. Lors de ses jeux au tombée du jour il l’avait déjà remarqué, tapis derrière un pin, des rubis incandescents dardés sur son frêle corps d’enfant. Lahav voulu reculer encore mais son pied se prit dans une ronce, un cailloux, une imperfection du sol, peu importait l’obstacle à l’origine de sa chute, toujours est-il qu’il rencontra la terre avec un peu trop de brutalité pour un corps sensible à la douleur. Il grimaça, une écharde enfoncée dans la paume de sa main faisait à présent couler ce si précieux liquide, d’autant plus précieux que le sien était de noble naissance. Son poing se serra. Quant à son oncle, il s’agenouilla, son corps dominant aisément celui de son cadet. Ou non ? Maintenant que Lahav y pensait, cet homme se prétendant son oncle semblait bien jeune pour être le frère de son père. Il devrait avoir plus de cinquante ans, des cheveux grisonnant, des rides, un corps affaiblit par le temps. Rien de tout ça. A la place il semblait plus vigoureux qu’un jeune soldat, si on omettait ce teint maladif et ce regard brûlant. Brûlant de … Désir ? Oui il ne pouvait se tromper pour l’avoir vu si souvent luire dans les regards de ses compagnes d’une nuit ou d’un mois.
L’homme se pencha sur son cou. Lahav ferma les yeux avec force. Au dernier moment Allan dévia, et vint lécher lentement la gorge, s’attarda sur la jugulaire. Sa main glaciale prit celle, blessée, du jeune noble qu’il porta à sa bouche. Ses yeux toujours rivés dans ceux de son neveu se teintaient de ce désir toujours plus violent, malsain, affamé. Au passage de cette langue la blessure se refermait, le sang disparaissait lui aussi, lapé par le gourmand assit sur ses jambes.

-Vas-tu cesser de fuir que nous puissions discuter ?
-Discuter ?
Il ramena sa main contre sa poitrine, comme pour la dissimuler au regard de ce … Monstre.
-Oui discuter. Pourquoi ne plus venir jouer dans le cimetière ? J’aimais tant te voir courir et sauter, t’entendre crier qu’un monstre t’attaquait et appeler en renfort tes chevaliers. A ces mots le jeune noble se teinta d’écarlate, tête basse, honteux. Ne te cache pas de moi, je sais tout de toi, de la vie que tu a mené, de celle que tu mènera, de la mort « accidentelle » de ton père. Un nouveau sourire mauvais naquit sur les lèvres d’Allan.
-Mon père est … Lahav ne put en dire davantage qu’un index glacé se posa sur sa bouche, imposant le silence.
-Je sais. Inutile de te justifier devant moi. Dis moi jeune Sakari, quelle vie souhaites-tu avoir ?
-Eh bien,
il prit le temps de réfléchir. Je suppose que je vais épouser Mina, reprendre le flambeau familiale, avoir un héritier, et attendre qu’il me tue à son tour, acheva-t-il avec une certaine ironie.
-Palpitant. Mais il ne s’agit pas là de ce que tu veux n’est-ce pas ? Le jeune homme baissa à nouveau la tête, tel un enfant prit sur le fait.
-Non, souffla-t-il sans hésitation.
-Alors laisse moi t’en proposer une autre. Une vie à laquelle tu n’aurais jamais osé rêver. Une vie de plaisir éternel. A toi le pouvoir, les femmes, le monde !

Le regard de l’homme s’illumina en entendant toutes les possibilités proposées par son oncle. Une telle vie était-elle donc possible ? Echapper à l’ennui qui l’attendait. Lahav se redressa, rapprochant par la même son visage de celui de son aîné. Et, l’excitation mêlée à la peur, il souffla contre les lèvres écarlates :

-Je suis partant.

Ses derniers mots en tant qu’humain.
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Lord
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 13:56

III. De l’homme à la bête.


C’était insupportable. Cette douleur assaillant son corps par vagues de plus en plus fortes. Chacune d’elles lui faisait courber l’échine, arquer le dos, échapper des cris plus ou moins suppliant selon le degré de sa souffrance. Attaché à une table de pierre, pieds et poings fermement maintenus par des liens de cuivre marquant sa peau pâle, luisante de sueur. Aucun vêtement ne protégeait son corps dénudé du regard de son oncle qui se délectait de ce spectacle. Un quelconque tissu eut été de trop, lui qui brûlait aussi surement que si son sang, soudainement, s’était changé en lave.

-Aidez-moi ! Hurla-t-il à l’adresse d’Allan. Ce dernier ne bougea pas, la tête posée contre son genoux qu’il enserrait de ses bras.
-Tu chipote. Dans quelques heures tu ne sentira plus rien. Ni souffrance, ni honte, ni froid, ni chaleur.

Quelques heures ? Pour Lahav cela dura une éternité. Il finit par fermer les yeux et se réfugier aux confins de son esprit dans l’espoir que le temps s’écoulerait plus vite.
Lorsqu’il se réveilla, son corps avait cessé de le malmener. Il regarda dans tous les sens, peu gêné par le noir. Et soudain il prit une grande inspiration, comme si il respirait pour la première fois. L’air brûlait ses poumons, le fit suffoquer. Il tira sur ses liens, s’agita de plus en plus, jusqu’à ce qu’une main posée sur son ventre ne le fasse s’arrêter net. Devant lui, le dominant de toute sa hauteur, Allan le couvait d’un regard proche de celui de la bête affamée, et du père admirant sa plus belle réussite. L’aîné libéra Lahav de ses liens, puis l’aida à se redresser.

-Comment te sens-tu ? Demanda-t-il tout en lui donnant une couverture.
-J’ai … Je suis … Il ne parvenait à trouver les mots pour s’exprimer, tout comme il ne tenait que bien difficilement sur ses jambes tremblantes.
-Tu as faim ?

A ces mots, Lahav manqua de sauter à la gorge de son aîné. Mais celui-ci le maîtrisa sans mal, tenant simplement son poignet comme on le ferait d’un enfant.

-Doucement, tu viens juste de naître, il te faut t’habituer.
-Naître ?
- A présent tu es mon enfant Lahav. Je vais t’enseigner comment survivre dans ce monde.
-Survivre ? Je croyais que vous m’offriez une vie de rêve !
S’emporta la jeune noble.
-Et c’est ce que j’ai fais ! Répliqua Allan. Seulement il te faut savoir que tout le monde ne voit pas les choses sous cet angle. Tu es devenu aujourd’hui, un enfant de la nuit, le fils de ce monde qui effraye tant les mortels.
-Mortels ?


Allan soupira, fit un vague signe de la main.

-Tout te sera expliqué. Mais avant, n’avais-tu pas faim ?

A ces mots la puissante envie qui le secouait juste avant revint, plus forte encore. L’homme se tut pour laisser parler la bête. Elle feula. Son impatience se lisait non seulement dans son regard, mais aussi dans chaque muscle tendu, dans chaque geste esquissé. Allan le conduisit au dehors, en pleine nuit. Seule la lune leur servirait de soleil. Désormais elle serait son astre.
Les deux hommes se mirent en route, le jeune noble plus excité que son aîné, prudent, les sens en alerte. Il le conduisit difficilement jusqu’aux abords d’un village. Si Lahav avait été lui-même sans doute aurait-il prit garde au paysage qui lui était inconnu, à ces saveurs nouvelles. Mais non. La seule chose qui importait à ses yeux était ces quelques passants pressés de retrouver la chaleur de leur foyer. Il voulu se lancer en avant, toutefois une poigne de fer le retint. Il jeta un regard furieux à Allan. Celui-ci s’agenouilla, comme si il parlait à un enfant, et caressa les lèvres pâles de son cadet.

-Allons, laisse moi faire veux-tu, regarde, et apprends. Quand tu sera repus, nous parlerons.

Ah mais qu’il se taise et le nourrisse ! Allan lui ordonna de ne pas bouger, et bien contre son gré, le plus jeune obéit. L’attente lui sembla interminable, mais finalement son oncle revint, une femme au bras. Prostituée, servante, mère de famille, pas une noble dame en tous cas. Elle riait, comme envoûtée alors qu’Allan ne prononçait pas un mot. A peine fut-elle à portée de crocs que Lahav lui sauta à la gorge, enfonçant ses longues canines dans la gorge tendre de sa proie. La sensation du sang chaud sur sa langue, puis descendant le long de sa gorge pour insuffler la vie dans ses veines. Rien ne valait cette sensation, ni le meilleur des vins ni la tendre chaleur d’une femme. Allan l’arracha avec bien du mal au corps de sa proie que la vie venait de quitter sans que Lahav ne s’en rende compte.

-Assez Lahav, assez ! Ou il ne restera d’elle qu’un tas d’os desséchés.
-J’ai faim !
-Lahav reviens maintenant, calme toi cela suffit !


Il fallut du temps pour qu’il ne revienne à la raison. Et lorsque le noble se retourna et vit le corps ensanglanté de la femme, il recula, tétanisé, le cri coincé au fond de sa gorge.

-Qu … Qu’est-ce … Que m’avez-vous fais !
-Je t’ai offerts ce que tu voulais.
-Non vous m’avez maudis ! J’ai tué une femme ! J’ai … J’ai … Oh par tous les Dieux !
Il en aurait presque vomis si cela avait été possible.
-Ah par pitié je t’en supplie ne jure pas devant moi ! Pesta Allan très contrarié. Tu l’a tué, oui et alors ? Ce n’est pas grave, tu as fais ça pour te nourrir. Cesse donc de réagir en humain.
-Mais je suis humain !
-Etait serait plus juste. Tu es ce que les mortels nomment : un vampire. Un être de la nuit qui te nourris du sang des humains pour vivre.
-C’est horrible !
Il se retrouvait à nouveau sur le sol, ébranlé par ce choc, tiraillé entre son instinct de chasseur et celui d’homme encore trop vif.
-Oui c’est horrible, susurra Allan en s’agenouillant face à lui. Ce qui serait plus horrible encore serait de vivre en reniant cette nouvelle nature. Une main pâle glissa sur la joue, un peu plus rosée du fait de sa récente chasse, du jeune vampire. Je t’ai fais cadeau de l’immortalité. Tu ne vieillira plus, ne souffrira plus de la maladie. Le monde sera ton terrain de chasse, les mortels tes jouets. Hommes, femmes, enfants, tous tiens si cela est ton souhait. Il prit entre ses mains le visage décomposé de son neveu. Je t’ai fais cadeau d’un don de séduction qui ne laissera aucun mortel indifférent. Je t’ai fais cadeau de la connaissance que tu aura tout loisir d’accroître à mesure que le temps s’écoulera sans emprise sur toi. Je t’offre cette vie de rêve que tu ne croyais possible. Remercie-moi mon cher neveu, adore moi. Je suis ton bienfaiteur.

Il s’approcha plus encore, sentant à présent l’odeur du sang encore fortement imprégnée sur les lèvres de son cadet. Ce même sourire mauvais aux lèvres, cette même étincelle dans le regard. Lahav se contenta de hocher fébrilement la tête, les yeux fermés, et de se laisser emporter par le bête au dessus de lui. Plus encore qu’un membre de sa famille, c’était un serviteur qu’Allan voulait s’offrir. Un être lui devant tout. Un être qui passerait ses caprices, ses envies aussi vicieuses soient-elles.
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 13:59

IV. Voler de ses propres ailes.


Le temps pour un mortel et un immortel ne s’écoule pas de la même façon. Du moins Lahav le percevait-il ainsi. Il lui semblait que hier encore il sautait à la gorge de cette malheureuse, assouvir une faim dévorante contre laquelle nul ne pouvait lutter. Néanmoins il apprenait vite. Pire encore, non seulement il s’accommodait de cette nouvelle vie, mais elle lui plaisait ! D’animal sanguinaire il passa à chasseur expérimenté, puis à véritable manipulateur séducteur. Allan ne se lassait pas d’admirer sa merveille déambuler dans leur univers avec tant d’aisance et de grâce. Il ne lui pardonnait pas la moindres fautes, le poussait à toujours plus. Le jeune noble retrouvait un peu de son père chez cet être aussi malsain qu’immoral.
A eux deux ils sillonnèrent ce monde, compagnon de route inséparables. Ils rencontrèrent tellement de mortels que Lahav n’aurait su les compter. Tous plus différents les uns que les autres. Certains grands, beaux, d’autres encore tout petit sans grâce particulière. Des vampires également croisèrent leur route, ou eux la leur. Lahav fut étonné de constater qu’ils étaient au final très peu. Ce qui n’empêchait pas cette société nocturne d’être construite sur un socle de règles inébranlables, dont la transgression d’une seule vaudrait la mort au pauvre diable qui s’y risquerait. Pour les protéger disait-on. Protéger leur existence, leur monde, leur domination. Car incontestablement ils étaient les maîtres, dès lors que le soleil se couchait, créatures de cauchemars

Allan parlait beaucoup, principalement de lui. Il raconta à son neveu les raisons de sa présence dans le cimetière familiale. Vampirisé lors d’un voyage, le jeune chevalier qu’il était à l’époque revint chez lui couvert de déshonneur chercher aide et réconfort auprès des siens. Ne connaissant aucun remède contre son mal, et ne pouvant se résigner à le tuer du fait de son appartenance à la famille, on l’autorisa à rester près des siens. Il trouva refuge dans le cimetière familiale. Malgré tout, l’interdiction d’approcher les siens, de les attaquer, planait au dessus de sa tête. Si il souffrait de la solitude au début, cela lui passa bien vite. A voir Lahav jouer si près de sa tanière, il eut rapidement envie de prendre la plus belle chose appartenant à son frère. L’histoire était aussi simple que cela.

Bien vite sonna la fin de cette époque. Lahav devenait de plus en plus ambitieux, de plus en plus gourmand, mais surtout de moins en moins obéissant. Il s’estimait l’égal de son aîné et ne comprenait pas pourquoi il devait obéir à un chasseur aux méthodes dépassées. Par de nombreuses fois le jeune noble prouva sa supériorité, dans tous les domaines. Que ce soit la chasse, l’art de la séduction, la simple force physique, l’art de la manipulation, l’éloquence, la persuasion, partout il le dépassait. Allan s’agaçait de cette situation. Il savait que viendrait bien vite le temps de remettre en place ce jeune impertinent qui lui devait tout. Lahav, lui, ne fut pas de cet avis.
Cette nuit là, alors qu’ils se vautraient dans le luxe d’une belle maison vidée de ses habitants par leurs soins; le jeune vampire se coula contre le corps glacé de son aîné. Ronronnant, lascif, il joua d’une griffe sur le torse pâle, négligemment. Loin de se douter des intentions de son cadet, Allan darda de nouveau sur lui ce regard affamé, le même qu’à leur rencontre.

-Que t’arrive t-il Lahav ? Il est rare de te voir si, affectueux.
-Ne te dois-je pas tout mon oncle ?
-Si, bien sûr que si ma merveille. Allons bon, voilà que tu va recommencer avec tes demandes étranges
. Il commençait à bien connaitre son neveu et ses goûts en matière de mortel. Un jour il s’agissait d’un jeune garçon, le jour d’après un nourrisson, parfois un homme âgé qu’il libérait du poids de la vieillesse avec une douceur frôlant l’insoutenable.
-Ma demande sera toute autre cette fois-ci mon oncle. J’ai eu soudainement envie d’une nouvelle pièce à ma collection, une nouvelle œuvre. Une proie sans nul égal. Il vint se couler plus près, et finalement se hisser sur son aîné, le regard mutin d’un enfant dissimulant à la perfection le désir morbide qui le faisait tressaillir.
-Tu m’intéresse. Quelle est cette proie ? Demanda Allan tout en faisant courir ses doigts sur les cuisses de son cadet. Un large sourire étira les lèvres de Lahav. Ses longues griffes se posèrent à la base du cou. Il vit une étincelle d’appréhension s’allumer dans les yeux de son tuteur.
-Toi.

Avant qu’Allan n’ait pu faire le moindre geste, les griffes du jeune vampire s’enfonçaient dans sa cage thoracique, déchirant la peau aussi aisément que si il s’agissait de papier. Les yeux révulsés sous l’horreur, Allan ne mit pas longtemps à comprendre ce qui lui arrivait. Il voulut parler, mais seul un gargouillis infâme se fit entendre. Le plus jeune se pencha sur ses lèvres, ses griffes fouillant toujours le corps de son aîné à la recherche de son cœur. Il le maintenait d’une main ferme. Encore heureux qu’Allan et lui n’aient que quelques décennies d’écart, sans quoi il aurait été maîtrisé sans mal. Toutefois, l’effet de surprise lui assurait l’avantage sur son adversaire.

-Pensais-tu réellement que je resterais à ton service éternellement, Allan ? Je te suis reconnaissant de tes enseignements en tous genres, hélas le temps est venu de nous quitter. Oh ne t’en fais pas, tu aura une belle mort. Digne de toi.

Ses doigts éraflèrent le cœur. Il s’en saisit, le transperça de ses griffes, arrachant un hurlement étranglé à sa victime. Et sans plus attendre, d’un geste violent, il extirpa l’organe de sa prison de chair. Afin de s’assurer que jamais son tuteur ne revienne, Lahav s’empara de son épée et lui trancha la tête. Cela fait, il prit le temps de se laver de cette souillure, de se rhabiller également convenablement. De temps à autre il adressait au corps sans vie un petit mot, un regard. Peut être un ultime adieu. Car malgré les années, il avait apprécié Allan. Les choses se seraient tellement mieux passées si ce dernier n’avait eu la folle ambition de faire de son neveu un serviteur docile.
Lorsqu’il quitta la demeure, Lahav n’emportait avec lui que le souvenir d’un oncle exigeant, ses enseignements gravés jusque dans sa chair, et une envie nouvelle de découvrir le monde. Rien ne saurait l’arrêter. Et il commençait en tirant un trait sur son passé de goule. Le tout à grand renfort de flammes. Ce soir il devenait chasseur aguerrit.
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 14:00

V. L’humain, ce rat orgueilleux titillant le chat.


Les siècles s’écoulèrent, tous plus semblables les uns que les autres. Et pourtant jamais Lahav ne s’ennuya. Il baignait dans le Péché avec une aisance affligeante, couplant à merveille Luxure et Gourmandise, Avarice et Orgueil. Ses colères s’avéraient aussi redoutables que ses moments de calme et de « douceur ». Lahav visitait tout, voyait tout ce que ses yeux d’immortel pouvaient contempler. Il collectionnait également, chaque nouveau hobbies succédant à un autre. Son nom commença à monter aux oreilles des grands de son univers. Il s’attira les faveurs de plusieurs d’entre eux, rusant autant que possible pour se défaire d’éventuels gêneurs. Un âge d’or s’annonçait pour lui. Déjà il se voyait dans son propre château, avec son élevage d’humains racés, ses serviteurs qui se plieraient en quatre pour satisfaire à la moindre excentricité de leur seigneur.

C’était sans compter sur les humains …
Misérable vermine que cette créature. Ce monde qui avait vu naître un homme puis un vampire, ces terres de neiges et de glaces étaient à présent le théâtre d’un spectacle grotesque. Des races, elfes, nains, humains, s’y battaient tels des chiens pour un os. Chacun leur tour ils chassèrent ceux n’appartenant pas à leur « race ». Les géants se virent envoyer dans des îles lointaines. Et les vampires … Ah les vampires ! On leur ferma toutes les portes, on les chassa comme de vulgaires bêtes assoiffées de sang. Alors que les animaux dans cette histoire n’étaient autre que ces humains !

Comme beaucoup des siens il fut chassé vers des terres nommées Novigard. Rien de plus que des montagnes, des terres hostiles, des crevasses et un sol instable prêt à s’effondrer au moindre faux pas. Un lieu où se cacher était certes aisé, mais où l’absence de proie rendait les habitants plus agressifs encore. Il n’était pas rare de voir deux membres de la même espèce se battre à mort pour un peu de sang. Les premiers temps furent difficiles, très difficiles.
Lahav s’allia avec d’autres vampires plus âgés, et conclu un pacte. Avec l’aide d’autres congénères, ils partiraient chasser et ramèneraient des humains en Novigard. Et peut être que lancer un élevage serait un bon moyen pour palier au manque de nourriture. Mais cette dernière option il n’en souffla pas un mot, préférant la garder pour lui, lorsque viendrait le moment de s’élever.

Avec le temps tous finirent pas s’accommoder de cette vie et d’en tirer partie. Les humains voyaient naître leurs cités entre deux querelles, dans ce monde à part aussi les choses bougeaient. De la roche et du néant jaillit une cité. Les mortels n’en virent pas la valeur. Les pauvres fous, eux qui n’en franchissaient que rarement les portes en tant qu’êtres libres. Si d’apparence externe elle ne brillait pas par sa splendeur, ses murs abritaient l’essence même de ce qui faisait d’un vampire un prince de la nuit. Le luxe à perte de vue, le savoir à portée de main, une vie telle qu’on en rêve sans jamais oser la prétendre sienne. Un lieu digne de Lahav, à la hauteur de cette débauche qu’il avait fait sienne depuis des siècles.
En ces murs il trouva un lieu où s’abriter, bien que parfois la présence de ses congénères ne lui soit pas toujours des plus agréables. Hélas, l’homme s’était trop habitué au confort et au luxe pour vivre en animal au milieu des forêts. Alors son temps il le passait en lecture, en fêtes somptueuses, en chasse intense jusqu’à sentir à nouveau l’excitation faire à nouveau battre son sang. Mais aussi, quelque fois, à la création. Tel un Dieu il choisissait un mortel capable d’assouvir ses fantasmes malsains, le couplait à d’autres créatures dans l’espoir de faire un jour naître la Perfection. Malheureusement, jamais une chimère ne trouva grâce à ses yeux. Il les rejeta toute sans plus se soucier de leur sort. Quand cette envie ne le prenait pas, il s’intéressait à son élevage d’humain personnel, un Lord pouvait bien s’accorder ce petit plaisir non ? Car oui, les siècles ayant défilé, il atteignit le plus haut sommet. Non seulement par l’ancienneté, mais également par ses autres atouts.
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Jeu 19 Jan 2012 - 15:28


Une superbe fiche, rien à redire face à ça, une belle preuve.
Pour sûr, aucun doute, tu mérites bel et bien la Catégorie A que tu as décrochée lors de ton Test Rp, j'ai plongé avec une simplicité étonnante dans l'histoire dès les premières lignes pour n'en ressortir la tête qu'aux derniers mots. Toujours impressionnée par la fluidité qui émane de l'ensemble.
Pour ce qui est du personnage en lui-même, pas d'erreur ni de remarques à formuler, c'est tout à fait crédible et ça donne aux vampires une image qui me plait bien [je dois dire que lire ta fiche et celle de Mina l'une après l'autre fut quelque chose d'assez amusant. Pour sûr, ça dépayse!].

Juste une minuscule question pour l'histoire, sans réelle importance, mais bon: qu'advient-il de ta Mina? Peut être ai-je mal relu le chapitre II, mais il me semble qu'elle est mordue, elle est dans tes bras, tu rencontres ton oncle et... Et? C'est une toute autre femme que te ramène le vampire pour ton premier 'repas', si j'ai bien fait attention.

Je suis juste curieuse, mais cela n'empêche pas de te valider totalement, je file te mettre ton rang et ta couleur. Tu peux dès à présent poster ton Carnet de Voyage et commencer à Rp.
Chapeau, l'artiste.


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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Jeu 19 Jan 2012 - 15:32

Merci je suis contente que cette fiche te plaise j'ai eu grand plaisir à l'écrire ^^

Pour ce qui est de ma Mina (prénom prit exprès pour un futur rp avec Mina la Dise, point de détail qui aura son importance) Lahav ne s'est plus du tout soucié de son sort.
Elle est en réalité morte (chose que je révèlerais plus tard dans le fameux rp) car abandonnée sans soin et plus qu'à moitié vidée de son sang, elle n'a pas survécu.
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MessageSujet: Re: Sakari Lahav (vampire) [terminé]   Jeu 19 Jan 2012 - 15:36


Merci beaucoup pour cette précision, j'attend donc avec impatiente votre rp en commun pour connaitre la suite des péripéties de notre cher Lord.

Avec l'espoir de pouvoir échanger un rp un de ces jours, une rencontre pleine de classe et de charisme ne ferait pas de mal à ma Jiliann!


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Sakari Lahav (vampire) [terminé]

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