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 Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé

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Mage
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MessageSujet: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 0:54

La foule.
Une foule immense, bruyante, plus encore que mon souffle éperdu et mon cœur affolé. Alors que nous nous arrêtions, hébétés d'être passés sans transition d'une ruelle obscure et déserte à une place grouillante d'activité, ou peut-être simplement éblouis par le soleil retrouvé, je me rappelle avoir songé, à la fois acide et au bord des larmes, qu'à Lleya tout était si tranquille par rapport à Mannheim. A Lleya je ne me serais pas retrouvée poursuivie par une horde de brutes sanguinaires pour avoir soigné un simple bras. A Lleya je n'aurais pas...
Heureusement, le responsable indirect de ma situation actuelle ne me laissa pas m'attarder sur les derniers événements et m'entraîna au cœur de la masse. Je compris aussitôt qu'il s'agissait de se perdre parmi la foule, d'y échapper, temporairement du moins, aux regards de nos poursuivants et du guetteur perché sur les toits. Tout en courant, je m'efforçai de rassembler mes cheveux trop longs, trop blonds, trop bouclés. C'était idiot, bien entendu, totalement idiot, dans la mesure où cela ralentissait encore notre course et n'eût en rien empêché mon identification, mais en me focalisant sur mes cheveux je ne pensais pas au reste, à ma situation pour le moins précaire.
Soudain, sans que je comprisse pourquoi, le silence se fit dans la foule, les badauds cessèrent leurs déambulations. Mon compagnon d'infortune en profita pour accélérer et se faufiler entre les habitants immobilisés. Pour ma part, je tournais la tête de droite et de gauche, incrédule, incapable de comprendre quelle force au monde avait bien pu réduire au silence et à l'immobilité une masse aussi tumultueuse, aussi innombrable.
Enfin, indistinctement d'abord, une voix résonna à mes oreilles. Sans doute étions-nous trop éloignés, trop occupés à fuir de toute façon, pour bien entendre ses paroles, mais le vent sembla changer de direction et quelques mots volèrent jusqu'à mes oreilles.

« ...la Nuit est en marche, et vous jouez à vous battre ! Malheur, Défaillance ! Fuyez, fuyez pour vos vies. »

Sur le moment, je crois avoir été à la fois incroyablement agacée et encore plus paniquée. C'était exactement ce que je faisais, fuir pour ma vie.

***

Ce que nous faisions, plus précisément.
Quelques secondes après ces mots, la foule reflua un bref instant, avant de se briser, chacun, manifestement pris de terreur au ton prophétique du vieil homme, fuyant la Nuit dont l'approche venait d'être prophétisée.
Force m'est de reconnaître que rien n'eut été plus facile à mon compagnon que de me lâcher et de s'enfuir tout seul. Je le ralentissais, je compromettais donc ses chances de survie face à un fléau bien plus immédiat que la Nuit, et plus d'une fois un badaud hystérique faillit nous séparer : autant d'excellentes raisons qui auraient pu et peut-être dû le pousser à déguerpir sans se préoccuper de moi, comme il l'avait déjà fait dans la ruelle.
Pourtant il continuait à me traîner derrière lui, lente, paniquée et essoufflée comme je l'étais. Je me demandai fugacement pourquoi.

***

Lorsque nous parvînmes en vue de la grande porte de Mannheim, une bouffée de panique supplémentaire m'envahit. Si je pouvais espérer que les gardes n'avaient pas encore reçu l'ordre de me traquer, ils risquaient en revanche de trouver hautement suspect que nous tentions de franchir la porte à une telle allure et dans un tel état d'essoufflement. Pourtant il n'en fut rien, la troupe avait manifestement d'autres soucis que deux jeunes gens aux joues rougies et au souffle court qui filaient droit vers la porte. Par exemple, une foule hystérique de badauds qui tournaient en rond et se piétinaient les uns les autres sans savoir que faire de leur carcasse. Après réflexion, je supposai qu'ils avaient décidé que, dans la mesure où nous quittions la ville, cela leur faisait toujours deux fous de moins à gérer.

***

C'est à l'ombre d'un bois quelconque, situé à l'opposé du lac, que nous nous arrêtâmes, que le jeune homme s'assit sur une pierre pour reprendre son souffle et que j'éclatai enfin en sanglots hystériques. La panique, la terreur, la fatigue réclamaient leur tribut à mon corps et mon esprit malmenés.
Surtout, en une fraction de seconde, m'était apparu la précarité de ma situation. Ces hommes allaient me rechercher, c'était évident, et Odin seul savait ce qu'ils me feraient si nos chemins se croisaient à nouveau. L'homme que j'avais défiguré – oh, par tous les Ases, son visage, son visage ! – avait une excellente raison de me rechercher de son côté, et je ne pouvais malheureusement que le comprendre. La justice voyait sans doute déjà en moi une ennemie à capturer sinon à abattre pour avoir défiguré ce qui était manifestement apparu comme une victime innocente. Les autres mages mêmes pouvaient me rechercher pour entendre ma version, ou même vouloir laver la réputation de la corporation dans mon sang. Les mages n'étaient pas tendres envers ceux qui usaient de la magie à de telles fins, et certains fanatiques pouvaient tenter de m'éliminer sans attendre d'en avoir reçu l'ordre. Et Helma, qu'allait-elle penser de moi... Helma, ma presque mère...
Et toujours mes hurlements entrecoupés de pleurs irrépressibles.

***

Je finis par me calmer.
Je ne sais pas combien de temps dura la crise. Nous n'en avons pas reparlé. Mais il était toujours là, je le vis sans lever les yeux jusqu'à son visage. Je n'osai pas. La raison m'était revenue, et avec elle la honte, la honte d'avoir à ce point perdu mes moyens, ma contenance, face à, somme toute, un parfait inconnu. Pas ma dignité – la pensée tournoyait confusément en moi que n'importe qui aurait vu sa dignité sérieusement malmenée par les derniers événements, et de toute manière ma dignité m'importait assez peu en fin de compte. Mais ma contenance, ma capacité à me contrôler, ce qui faisait de moi un être humain doué de raison et plus spécifiquement un mage capable de contrôler les énergies mais avant tout soi-même, avait disparu, happée, broyée par les événements.

C'est donc d'une voix éteinte et quelque peu enrouée que je murmurai, après avoir essuyé mon visage dans l'une de mes manches :

« Qui étaient ces hommes ? Qu'as-tu fait pour... ça ? »


Dernière édition par Leleka Evoë le Dim 8 Juil 2012 - 22:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 13:06

Ciel courait. Encore et toujours. Il sentait la douleur au creux de son estomac, là où la jeune fille l'avait frappé, mais il se faisait violence pour continuer. Une main repliée sur son ventre qui l'élançait, l'autre agrippant fermement le bras de sa compagne d'infortune, la douleur dans son ventre le faisant grimacer, il déboula au milieu d'une grande place, noire de monde. Il pila presque, surpris, et entreprit d'analyser rapidement la situation.

Un olibrius haranguait une foule. Des bribes de mots et de phrases vociférées parvenaient aux oreilles de Ciel, sans que celui-ci n'y fasse réellement attention. Il entendait, mais n'écoutait pas. Ses yeux furetaient alentour. Il crut que son hésitation leur serait fatale à tous les deux.

Mais tout à coup, ce fut la panique. La marée humaine s'égailla en tous sens. L'occasion rêvée. Ciel n'hésita pas une seconde de plus. Il raffermit sa poigne sur le bras de la jeune femme et l'entraîna sans ménagement à travers la foule. Ciel n'avait qu'une idée en tête : quitter cette ville. Mannheim devenait dangereuse à bien des égards...

Un fois les portes de la ville atteintes, après plusieurs minutes de course forcée, Ciel s'obligea à composer une expression neutre et fit en sorte de calmer sa respiration haletante. Il franchit avec détermination la herse, traînant sa malheureuse compagne qui avait du mal à l'imiter. Le jeune homme pria pour que les gardes ne remarquent rien. Mais ces derniers semblaient avoir bien plus à faire avec la panique qui avait déferlé sur la ville que de s'occuper d'un couple étrange, certes, mais apparemment inoffensif. Qu'ils s'en aillent, c'était probablement la meilleur chose à faire par les temps qui couraient, et ça leur ferait du travail en moins !

Ils entamèrent la fastidieuse descente des cinq cents degrés qui les séparaient du plancher des vaches. Ciel lâcha le bras de sa compagne. Ils n'échangèrent pas un regard ni une parole. Ils marchaient néanmoins côte à côte. Ciel poussa un soupir résigné. Ils étaient dans la même galère maintenant. Et qu'il l'admette ou non, c'était un chouïa de sa faute. Même si bon, il ne lui avait rien demandé, hein, à l'autre greluche !

Au bout d'un moment d'une marche dans un silence pesant, ils s'arrêtèrent à l'orée d'une forêt, de l'autre côté du lac. Ciel se laissa tomber sur une pierre pour se remettre de ses émotions. L'autre fille se mit à pleurer et à crier de manière hystérique. Le jeune homme la laissa déverser tous les sentiments qu'elle avait refoulé jusque là. Contrairement à lui, elle n'avait pas eu le temps de s'habituer à ce genre de situations.

la crise de la jeune femme ne semblait pas avoir de fin. Dès qu'une accalmie dans les hurlements pointait son nez, que les sanglots s'espaçaient, ce n'était que pour mieux redoubler d'intensité. Ciel ne savait pas exactement combien de temps il était resté là, gêné, sans pouvoir lui décocher un seul regard et pourtant incapable de s'en aller, quand bien même l'envie ne lui en manquait pas.

Au bout d'un certain temps, qui parut interminable à Ciel, la jeune femme blonde finit par se calmer. Elle avait l'air complètement vide et éteinte, épuisée par son hystérie passagère. Elle renifla, s'essuya machinalement son visage dans l'une de ses manches et se tourna vers lui sans pour autant le regarder :

« Qui étaient ces hommes ? demanda-t-elle d'une voix encore altérée par les larmes. Qu'as-tu fait pour... ça? »

Le jeune homme eut un moment d'hésitation avant de lui répondre de manière laconique :

« Des Gitans. Comme moi. Ils sont à ma recherche. Une sombre histoire de faufiffon. »

Il ancra ses prunelles dans celle de l'inconnue pour ajouter ces derniers mots :

« Mais ils sont envoyés par une vieille connaissance. Un ennemi à moi. Il veut ma mort. »

Ciel tenta de prendre une voix plus décontractée pour lui demander :

« Et sinon, c'est quoi ton nom, à toi ? »
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MessageSujet: Re: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 14:58

« Des Gitans. Comme moi. » répondit-il après un bref silence.

Je mis quelques instants à interpréter ses paroles. Un gitan. Cela commence bien, ne pus-je m'empêcher de songer avec amertume, tout en levant les yeux vers lui comme pour vérifier ses dires. Je n'en connaissais personnellement aucun, mais on en disait un peu tout et son contraire : voleurs, voyageurs, commerçants, libres-penseurs. Fils du ciel, prétendaient certaines histoires. Mon esprit malmené aurait aimé disposer d'une catégorie un peu mieux définie et un peu plus fiable dans laquelle le ranger, je suppose. D'autant que son physique m'apparut somme toute assez quelconque. Bien sûr, sa peau était plus sombre que la mienne et celle des citadins, mais pas si différente de celle de ma mère et de tous ceux qui passaient leurs journées sous le soleil, et il n'était pas rare de rencontrer des chevelures de jais même à la Ville Blanche. Quant à ses vêtements, bien que portant les marques de l'usage, ils me parurent tout ce qu'il y a d'ordinaire. En somme, un individu presque normal, d'une vingtaine d'années, sans rien qui eût pu me permettre de le résumer en un mot. Et pourtant, les Ases savent à quel point j'aurais aimé pouvoir mettre des mots simples et clairs sur ma situation !

En revanche, si mes réactions jusque-là avaient été, je crois, plutôt discrètes, je ne pus retenir un murmure incrédule lorsqu'il mentionna la « sombre histoire de faufiffon ». Non seulement cela ne m'apprenait strictement rien, mais encore cela entraînait bien d'autres questions, la première d'entre elles étant : mais qu'est-ce que c'est que ça ?

Comme pour me réprimander d'avoir interrompu ses explications succinctes par l'exclamation étouffée que m'avait arraché le mot inconnu, il planta son regard dans le mien. Des yeux d'un noir d'encre, légèrement en amande, emplis non plus d'effroi comme lorsqu'il se cachait derrière un cageot de pommes – des siècles auparavant, me sembla-il –, mais de quelque chose qui m'effraya presque.

Aujourd'hui encore, je serais bien en peine de définir exactement ce que disait son regard. C'étaient deux puits sans fond emplis à en déborder d'un mélange incompréhensible et évident. Du dégoût je crois, de la détermination – de l'anxiété bien sûr, enfouie mais bien réelle – et une haine à en avoir peur, comme une main qui traverserait votre poitrine pour vous broyer le cœur.

« Mais ils sont envoyés par une vieille connaissance. Un ennemi à moi. »

Si ces mots indiquaient manifestement que ces émotions mêlées ne m'étaient pas destinées, du moins pas directement, ils ne firent que redoubler leur flot, et je dus me faire violence pour ne pas détourner les yeux.

« Il veut ma mort. » conclut-il après quelques secondes.

Je ne bronchai pas. Mais je me sentis pâlir – davantage encore, si possible. C'était une chose de l'avoir deviné ou du moins pressenti, c'en était une autre de l'entendre directement de la bouche du principal concerné. D'autant que l'équation qui s'établit aussitôt dans mon esprit n'était franchement pas réjouissante. Elle tenait en deux mots : moi aussi. Ma propre tête se trouvait de facto sous la menace de ces hommes qui, si j'en croyais les récents événements, n'avaient pas l'intention d'établir une quelconque distinction entre leur cible principale et ceux qui l'accompagnaient.

Ce fut lui qui détourna les yeux le premier. Je clignai les miens, hébétée par les implications de ces quelques mots. Un individu ou un groupe inconnu, suffisamment puissant pour dépêcher une troupe à la recherche d'un seul homme, en avait après l'homme en question pour une histoire de « faufiffon », quoi que cela pût signifier et quelle que pût en être l'importance. Bien sûr, la troupe de Mannheim pouvait également constituer l'intégralité dudit groupe inconnu, cependant rien n'était moins sûr.

Et moi, je me retrouvais entraînée dans cette histoire qui ne me concernait en rien, avec en prime la justice de Mannheim et la vendetta des fanatiques aux trousses, sitôt que la nouvelle de ma faute leur parviendrait aux oreilles. Je n'avais aucune chance de m'en sortir vivante, réalisai-je avec un fatalisme qui m'étonna moi-même.

« Et sinon, c'est quoi ton nom, à toi ? »

La question, posée sur un ton qui se voulait détendu, ne me fit réagir qu'après quelques secondes.

« Leleka. Evoë. » précisai-je machinalement. « Et toi ? »

La réponse me parvint, elliptique : Ciel. Pas de nom de famille. Peut-être craignait-il que j'eusse déjà entendu parler de lui, ou peut-être n'était-il simplement pas loquace. Je me rappelle avoir trouvé le prénom étrange. Il évoquait la liberté et l'infini, mais celui qui le portait n'était qu'un fugitif prisonnier de son corps.

« D'accord. »

Je laissai un instant s'écouler avant de demander, prudemment :

« Et... qu'allons-nous faire ? »
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MessageSujet: Re: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 15:00

Apprendre que les Gitans en voulaient à mort à Ciel semblait troubler fortement la jeune fille. Il y avait de quoi, si l'on y réfléchissait un peu. Elle venait de se rendre compte dans quel pétrin elle s'était fourrée, et à mesurer les conséquences de sa générosité irréfléchie. Après tout, c'était de sa faute. Ciel ne lui avait jamais demandé de l'aider, et il n'avait rien fait pour l'encourager. Bien fait, ça lui apprendrait la vie!

Elle lui apprit son nom. Leleka Evoë. Un patronyme bien paysan. Le jeune homme lui répondit de manière aussi laconique que les fois précédentes, ne lui confiant que son prénom. Après tout, il devait rester méfiant. Rien de ne lui prouvait de façon certaine qu'elle était sincère après tout. Elle pouvait très bien être mandatée par Sosthène pour lui faire un coup bas en douce dès qu'elle aurait gagné sa confiance. Et même si ce qu'elle disait était vrai, ce qui semblait malgré tout à Ciel le plus probable dans l'histoire, rien ne lui disait qu'elle décide de le vendre aux Gitans pour sauver sa peau... et il aurait été parfaitement capable de le faire lui-même, et s'il avait été elle, il aurait pensé tout de suite à cette éventualité, bien qu'elle comporte énormément de risques : ce serait quitte ou double.

Elle finit par lui demander d'une voix timide :

« Et... qu'allons-nous faire ? »

À ces mots, Ciel crut qu'il allait exploser de rire.Nous ? Elle avait bien dit nous ? Ah non, c'était trop drôle ! Elle était mignonne, la blondinette ! Elle vivait en plein conte de fée ou quoi ? Nous ! Ah ! quelle idée saugrenue. Et puis quoi encore ? Elle croyait quoi ? Le Gitan n'avait pas besoin d'un boulet au pied. Elle rêvait, là ! Et Ciel comptait bien la réveiller. Brutalement.

« Écoute-moi bien... Leleka, c'est bien ça ? À mon avis, tu ferais mieux de te cacher quelque part, loin de préférence, dans un endroit ou personne ne pensera à venir te chercher, parce que crois-moi, un Gitan, c'est têtu et tenace, et ils ne te lâcheront pas, tout comme ils ne me lâchent pas. Et d'ici quelques mois ou années, il t'auront oubliée... peut-être. »

Le jeune homme se leva et tourna les talons sans demander son reste, esquissant un léger geste d'adieu de la main.

« Allez, bonne continuation. Au revoir ! Ah, non pardon, à jamais. Au plaisir de se revoir si le hasard l'a décidé. »
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MessageSujet: Re: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 16:47

La réponse fut pour le moins cinglante.

« Écoute-moi bien... Leleka, c'est bien ça ? À mon avis, tu ferais mieux de te cacher quelque part, loin de préférence, dans un endroit ou personne ne pensera à venir te chercher, parce que crois-moi, un Gitan, c'est têtu et tenace, et ils ne te lâcheront pas, tout comme ils ne me lâchent pas. Et d'ici quelques mois ou années, il t'auront oubliée... peut-être. »

Interdite, je ne pus qu'ouvrir de grands yeux. J'avais très bien compris qu'ils n'allaient pas me lâcher, ce n'était pas la peine de prendre un ton aussi acide ! Surtout, il ne savait pas qu'au moins l'un d'entre eux en particulier avait une excellente raison de remuer ciel et terre pour me retrouver. Lui au moins n'oublierait jamais, c'était évident.

Cependant, Ciel s'était levé, et sans un regard vers moi il se détourna et commença à s'éloigner.

« Allez, bonne continuation. Au revoir ! Ah, non pardon, à jamais. Au plaisir de se revoir si le hasard l'a décidé. » lâcha-t-il avec un vague geste d'adieu.

Cette attitude si délibérément détachée fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. J'aurais pu m'effondrer à nouveau, au lieu de quoi je sentis la colère s'emparer de moi. Cela semble si commun et si vieilli comme expression, pourtant je ne vois rien de plus apte à décrire cette sensation que l'esprit passe au second plan et que ce sont vos pulsions les plus primitives qui prennent le dessus, une envie de frapper l'autre jusqu'à lui faire cracher son arrogance et son mépris.

Je me levai et me dirigeai vers lui à grands pas. Il ne ralentit pas, ne sembla même pas prêter attention à mon approche. Excédée, je saisis le col de son vêtement et le retournai sans ménagement.

« Non, c'est toi qui vas m'écouter, Ciel ! » sifflai-je en plantant mon regard dans le sien, trop furieuse pour me préoccuper de ce que j'aurais pu y lire. « Je te signale que sans moi tu serais un cadavre à l'heure qu'il est, et que c'est à cause de toi que ces types sont après moi ! Tu n'as donc aucun honneur ?! »

Sans attendre de réponse, je tirai un coup sec sur son col et rapprochai encore mon visage du sien, ce qui eut pour effet secondaire de m'accorder quelques millimètres de plus que lui. Avant qu'il ait pu dire quoi que ce fût, j'enchaînai du haut de cette misérable mais indiscutable supériorité :

« De toute façon ils t'ont bien trouvé une fois, ils sauront te retrouver. Moi je ne pourrai pas leur échapper indéfiniment, et je peux te garantir, Ciel, qu'ils ne m'oublieront pas. Tu penses en être capable, de rester en vie jusqu'à ce qu'ils t'oublient ? Tu sais peut-être te battre, mais tu as failli y passer tout à l'heure. Moi je ne sais pas me battre, s'ils me trouvent je n'ai aucune chance et je le sais. Nous avons le même ennemi à présent, alors au nom de tous les Ases, allions-nous ! Séparément nous sommes des morts en sursis, ensemble nous avons une chance de nous en tirer, saisissons-la ! »

Furieuse d'avoir senti ma voix trembler sur les derniers mots, je raffermis ma prise sur son col.
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MessageSujet: Re: Proscrits [Privé - Ciel Garland] - Terminé   Dim 8 Juil 2012 - 22:50

Ciel n'était pas peu fier de lui. Il trouvait qu'il s'en était plutôt tiré avec panache. Maintenant, il allait pouvoir poursuivre sa quête de vengeance sans nana dans les pattes.

*Ah comme je te l'ai envoyée dans la sciure !* songea Ciel avec suffisance.

Mais soudainement, il se sentit tiré en arrière par le col de son pourpoint, et il fut brutalement retourné. Il se retrouva nez à nez avec Leleka, qui semblait particulièrement furibarde.

*Et merde.* Ça, c'était une éventualité qu'il n'avait pas prévue.

« Non, c'est toi qui va m'écouter, Ciel ! Je te signale que sans moi tu seras un cadavre à l'heure qu'il est, et que c'est à cause de toi si ces types sont après moi ! Tu n'as donc aucun honneur ?! »

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle enchaîna avec le reste de sa diatribe :

« De toute façon ils t'ont bien trouvé une fois, ils sauront te retrouver. Moi je ne pourrai pas leur échapper indéfiniment, et je peux te garantir, Ciel, qu'ils ne m'oublieront pas. Tu penses en être capable, de rester en vie jusqu'à ce qu'ils t'oublient ? Tu sais peut-être te battre, mais tu as failli y passer tout à l'heure. Moi je ne sais pas me battre, s'ils me trouvent je n'ai aucune chance et je le sais. Nous avons le même ennemi à présent, alors au nom de tous les Ases, allions-nous ! Séparément nous sommes des morts en sursis, ensemble nous avons une chance de nous en tirer, saisissons-la ! »

Leleka s'était dressée de telle manière qu'elle surplombait Ciel à présent. De pas grand chose, quelques millimètres tout au plus, mais cela suffisait à le mettre en position d'infériorité. Là, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. S'il y a bien quelque chose à quoi les Gitans n'aiment pas, mais alors pas du tout qu'on touche, c'est bien leur honneur. Et, dans le cas de Ciel, sa fierté toute masculine.

« Ah tu le prends comme ça ? »

Le jeune homme repoussa Leleka d'un geste brusque.

« Tu as de la chance d'être une fille, sinon je t'aurais déjà collé une baffe monumentale qui t'aurait décollé la mâchoire. Dis-toi bien une chose : je disais ça pour toi, parce que tu as beaucoup plus de chances de crever si tu restes avec moi. Je serais dans l'incapacité de te protéger, et tu ne sais pas te battre. Comme tu l'as dit, toi tu n'as aucune chance de t'en sortir ; mais moi si, un peu. Et c'est moi qu'ils recherchent en priorité, avant que je puisse parler, avant que je ne puisse prouver mon innocence et que je révèle au grand jour le complot que Sosthène a ourdi contre moi ! C'est moi qu'il pourchasseront en priorité ! »

Ciel reprit son souffle un instant et continua d'un ton plus calme :

« Tu veux venir avec moi ? Soit. C'est à tes risques et périls, et je ne t'en empêcherai pas. Mais après, faudra pas venir te plaindre, d'accord ? »

Et Ciel tourna les talons pour s'éloigner à grandes enjambées. Il ne se l'avouerait pas, mais il savait qu'elle avait raison. À deux, l'un avec ses qualités de combattant et l'autre avec ses talents de guérisseuse, ils avaient beaucoup plus de chance de s'en sortir en faisant équipe et en coopérant. Le jeune homme n'allait pas cracher sur un peu d'aide, même s'il elle était plus forcée par la nécessité qu'autre chose.
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