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 Le Fratricide, ou le jour où les blanches chevelures trempèrent dans le sang

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MessageSujet: Le Fratricide, ou le jour où les blanches chevelures trempèrent dans le sang   Ven 13 Juil 2012 - 10:19




LÉGENDE DE LA MAISON AVALACH

Le Fratricide, ou le jour où les blanches chevelures trempèrent dans le sang




Avant toute chose, il est un conte à avoir à l'esprit lorsqu'il est question des Tours Avalach: l'histoire, tristement célèbre, des frères Hoel et Vorgern Avalach. En l'an 144, alors que le vaillant seigneur Tibald Avalach voyait se profiler ses dernières heures, il rendit visite à son fils aîné, Vorgern, qui gérait depuis ses 18 ans Tour Nacrée, pour s'assurer que les années de responsabilités n'avaient pas noircies son héritier. L’aîné de Tibald, en effet, était de loin le plus rageur et le plus ambitieux de ses cinq enfants, et l'unique angoisse de son père est qu'il devienne, au jour de monter sur son trône, un tyran. Ses inquiétudes s'effacèrent dès qu'il aperçu son fils, plus beau et fier que jamais, le sourire aux lèvres, la haine de ses jeunes années transformées. Seule une femme lui manquait, désormais, et Tibald se donna comme dernière et ultime mission de lui trouver le plus pur visage des terres de Midgard.
Il chercha durant un mois entier cette demoiselle, en vain. Il ne trouvait pas l'exceptionnel, la pureté souhaitée, et ce n'est qu'au le soir de sa mort venue, allongé dans son large lit à baldaquin, malade, qu'il reconnu l'ange rêvé. La famille toute entière s'était regroupée autour de la dernière couche du mourant, adoré de tous, des enfants aux arrières cousins. Parmi eux se trouvait Keral, le benjamin de Tibald, accompagné de sa femme et de ses sept filles, toutes plus belles qu'Innocence au premier matin enneigé de l'année. Astrid, Helga, Mathilde, Ludovika, Oda et Vigdis étaient sublimes dans leurs noires robes de deuil, mais Solveig, légèrement en retrait, les effaçait toutes. Tibald ne se serait pour rien au monde séparé de son frère, et sa famille vivait donc depuis toujours à Innocence, dans une grande villa non loin du château. Solveig s'était très tôt démarquée de ses grandes soeurs, préférant chevaucher des heures durant plutôt que d'essayer une montagne de robes. Elle avait passé son enfance à jouer avec le Prince Hoel, et leur amitié fusionnelle n'était plus un secret pour personne. Tibald sourit alors, grelottant de fièvre entre ses draps de soie: il donnerait Solveig en mariage à son fils Vorgern, et tout le monde serait alors heureux, Hoel en premier lieu. Le souverain appela son frère et lui souffla ses dernières volontés puis, enfin reposé, invita la mort à le prendre, lui ouvrant grand la porte comme à une vielle amie.

Si le décès de Tibald Avalach fit couler de nombreuses larmes et lamentations, on vint y mêler la joie de voir monter sur le trône un homme qui ferait lui aussi merveille, ainsi que l'euphorie d'un mariage royal approchant. Après l’inhumation du corps de Tibald, la ville et le territoire Avalach tout entier se mit en action pour préparer les heureux évènements à venir: Solveig étouffait sous les milles conseils et indications de ses soeurs et de sa mère, pendant que Vorgern s'en retournait à Tour Nacrée pour libérer son poste de Commandant, et dire symboliquement adieu à ses hommes. Seul Hoel Avalach, enfermé dans ses appartements au sommet de Tour Ivoire, ruminait de sombres pensées. Lui qui avait de tout temps été le plus doux, le plus calme, le plus angélique, il était lentement envenimé par la rage qui avait tant fait défaut à son frère aîné durant sa jeunesse. Et elle, Solveig, il l'aimait tant, tant, depuis si longtemps. Il désirait demander sa main, mais son père avait détruit tous ses espoirs de mariage. Solveig irait aux côtés de Vorgern, lui qui n'avait jamais partagé ses jeux, lui qui la méprisait lorsqu’ils étaient enfants, lui qui était si violent... On ne renie pas sa nature, elle revient toujours. Il ne fallut pas plus d'une nuit à Hoel pour prendre sa décision, au matin il enfourcha son cheval et s'en fut vers tour Nacrée, où son frère faisait ses bagages. Le mariage et couronnement étaient programmés pour le lendemain, si bien que les routes menant à Innocence étaient bouchées: malgré cela, on laissa passer le Prince Hoel, bien aimé de la population. Il chevaucha sur les chemins, passa La Nordri, et atteignit la Tour quelques heures plus tard. Arrivé là-bas, il fit appeler son frère. Sur la route principale se trouvait un immense chêne teint en violet par leur père et ses hommes le jour de leur acquisition des terres Avalach, en guise de symbole; Hoel mis au défi son frère de se lancer à ses côtés dans une course allant de Tour Nacrée au Chêne, et Solveig reviendrait au vainqueur. Vorgern rit d'abord puis, voyant que son frère n'avait aucunement l'air de plaisanter, se reprit. Malgré le calme qu'il avait apprit à cultiver, il se prit au jeu et, retrouvant ses réflexes d’adolescent incontrôlable, acquiesça. Chacun s'appropria une monture et, une demi-heure plus tard, le départ était donné.

Jusqu'au passage de La Nordri, Vorgern avait une avance acceptable, qui grandissait même au fur et à mesure de l'approche du fleuve. D'eux deux il avait toujours été le plus capable. Seulement, une fois arrivé au bord des eaux, son cheval renâcla et le jeune homme dû chercher durant un certain temps un passage assez large pour pouvoir traverser, une grande partie des anciens ponts ayant été brisés lors de la dernière tempête. Son précieux temps d'avance fut perdu, son frère cadet, Hoel, étant passé plus au sud du fleuve, sans même avoir le besoin de s'arrêter. Cette étape fut décisive pour la course, car Voergern arriva quelques minutes après son frère au vieux chêne, où ce dernier l'attendait, son cheval déjà descellé et libre de brouter tout son saoul. Le futur souverain Avalach mis pied à terre, claqua violemment la croupe de sa monture et s'avança vers son frère, menaçant. Hoel eu à peine le temps de se relever que son frère avait déjà extirpé son épée du fourreau orné offert par Tibald, et la pointait vers son visage. A son tour, Hoel se saisit de son arme et se positionna.

A tous deux, la scène semblait irréelle. Violent ou non, doux ou réactif, rageur ou bien solitaire, peu importe ce qu'ils étaient ou avaient été, jamais ils n'avaient souhaité le mal de l'autre. C'était un fait, ils s'aimaient, comme deux enfants puis jeunes hommes ayant vécu ensemble, comme deux amis ayant apprit ensemble, comme deux frères, enfin. Leurs armes s'abaissèrent lentement. Mais la douceur, la candeur, la beauté qui caractérisaient les traits de Solveig, la profondeur de ses yeux sombres, le vermeil de sa bouche,... Un cri se répercuta dans le tout Midgard. Non, plus qu'un cri, un hurlement. Un râle, violent, vomit, immonde. Hoel, au regard si tendre, à la jeunesse si touchante, lâcha son épée, tomba sur ses genoux tremblants, et s'effondra sur le sol, la gorge noyée de sang. Vorgern écarquilla les yeux, sous le choc. Quelques secondes à peine avait suffit à ôter à son frère la vie. Il laissa son arme, parfaitement nette, à ses pieds et se jeta sur le cadavre encore chaud de son égal, puis ses yeux embués de larmes se levèrent vers Solveig, qui tenait encore son poignard à pleine main, le bras couvert d'un sombre rouge granuleux. Son visage était blanc, plus blanc qu'il ne l'avait jamais été, et sa lèvre inférieure, violentée par ses dents, saignait sur son délicat menton d'ivoire. Hoel l'avait prévenu, il lui avait annoncé qu'il mettrait Vorgern au défi, et que le premier à atteindre le chêne aurait sa main. Elle était venue, dès le petit matin, discrètement, se poster derrière l'arbre gigantesque, guettant son promis, guettant le puissant Vorgern, l'adolescent impressionnant dont elle était tombée amoureuse dès lors qu'il lui fut permis d'aimer, lui qui était devenu un homme fier et digne. Hoel lui avait glissé à l'oreille qu'il était prêt à tout, qu'il donnerait tout pour elle, même sa vie, pour son bonheur. Et là, au pied de ce chêne centenaire, il l'avait fait, elle le lui avait prit, pour son bonheur. Pour toujours Hoel Avalach aurait une place dans son coeur, cet ami si proche et si important à ses yeux, mais pour l'amour on devait tout donner. C'est lui-même qui lui avait apprit cela.
Solveig sourit timidement, jeta le poignard au sol et tendit sa main rougie vers Vorgern, toujours muet. Dans ses grands yeux tirés en amande avec lesquels elle avait déjà fait tant de malheureux jeunes hommes, une légère lueur de démence passa, en demi-teinte. Vorgern, respirant vite, trop vite, le regard humide, humide de sang, se releva, tremblant, se releva doucement, les bras crispés, la bouche entre ouverte, la gorge serrée, le ventre retourné. Il s'approcha d'elle, lentement, aussi lentement que s'ils étaient à l'autel, vêtus de leurs plus beaux atours, aussi lentement que pour déposer un baiser sur son front si délicat. Il se pencha, ramassa quelque chose sur le sol, se redressa. Lorsqu'il lui passa la branche au travers du corps, elle n'eut pas même le temps d'émettre un son. Ses yeux s'ouvrirent grands, plus grands que jamais, et elle glissa contre le tronc de l'arbre inébranlable, lui, poupée de cire ornée d'une large tâche rouge des seins aux hanches.

On raconte que Vorgern Avalach porta le corps inanimé de son frère jusqu'à La Nordri, s'y attacha à l'aide de la sangle de son cheval puis, exténué, offrit sa vie et leur chair aux dieux, en se jetant dans le fleuve.
Aujourd'hui encore, lorsque l'on vient se recueillir auprès du chêne béni par Tibald Avalach, il a de cela bien des années maintenant, on peut remarquer l'empreinte rouge sombre d'une main d'homme incrustée sur l'écorce, comme un lointain souvenir, comme un rappel, un appel.
Et si jamais il vous prenait de vous y promener au jour des premières neiges, lorsque les terres Avalach se recouvrent d'un sublime manteau lumineux, il n'est pas impossible que vous aperceviez, assise contre le tronc du majestueux arbre mauve, une jeune femme au visage d'ange semblant attendre quelque chose, un léger sourire étirant ses lèvres, une lueur de démence à peine perceptible dans ses yeux.


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Personnage rp: Jiliann Hesyl

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