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 Tel un flocon doux et paisible porté par les vents

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Elric Dun Culannavatar

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MessageSujet: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Sam 21 Juil 2012 - 9:17

Déchirant la trame nébuleuse de la nuit prenant fin, l’astre solaire dardait ses ardents sur le monde à l’immaculée blancheur des Montagnes d’Ymir, terre à la beauté sans pareil, brillant sous le soleil tel une perle rare à la lumière son éclat laiteux pleinement révélé. Pourtant ça et là, saillaient tel des rappels de l’impureté du monde des pics rocheux à la noirceur profonde, tel des morceaux des abysses transporter sur les hauteurs par quelques forces supérieurs, rappel constant de l’étrangeté du monde et de la beauté fallacieuse de ses terres gelées. Les rochers brillant d’un éclat à la fois magnifique et dur, l’éclat glacé d’une lame tirée du fourreau pour mettre fin au fil de la vie de ses proies, ainsi les montagnes utilisaient-elles la glace en leur sein pour sectionner la trame de la vie de ceux qui osaient s’y aventurer. Au milieu du calme paisible de l’aube, un son rauque et plaintif, hurlement de douleur et d’agonie se réverbérant sur les monts, jusqu’à ce qu’ils semblent qu’eux même pleurent la disparition d’un de leur protégé dévorer par l’un des nombreux prédateurs les hantant.

Debout au milieu de ce monde hostile, le seul qu’il ait jamais connu et qu’il au final jamais apprécier, un être recouvert d’une longue pelisse d’un blanc immaculée observait les montagnes qui l’avaient vu naître ainsi que nombre d’autre être, et prient la vie de plus nombreux encore. Il aimait à être ici seul au sommet d’un des pics à observer le passage du jour et de la nuit, observant la lune se lever ainsi que le lent ballet de étoiles dans les cieux, jusqu’à ce que leurs jeux tellement enfantins pour des êtres témoins de la folie des hommes depuis la nuit des temps fussent chasser par le soleil venant annoncer une nouvelle journée de labeur et de souffrance. Sa chevelure retenue dans son dos sous la pelisse ne permettait en fait à personne de le distinguer de la magnificence de la neige gelé l’entourant, son magnifique visage exceptionnellement caché au monde qui s’étendait sous son regard digne du meilleur des rapaces. Lorsque Sire Sol dans son étincelante gloire se chargea de chasser des montagnes les ombres fugaces, on put voir mis en valeur par ses ardents rayons un être fragile et magnifique bravant les pentes enneigé des mortels monts, continuant à tailler son chemin à travers l’hostile nature d’Ymir sous le regard émerveillé de Elric, fasse à temps de volonté et de légèreté son instinct toujours aux aguets le prévint qu’il devait s’agir d’une jeune dame probablement perdu en ses rudes lieux, continuant à s’approcher de celui qui l’aiderait à finir indemne son chemin. Pourtant ses yeux s’étrécir, derrière la jeune fille la suivant d’une démarche étrange et ahanante, un être respirant la brutalité et la violence souillant de son pas le territoire des ninjas, poursuivant une frêle jeune fille sans que le moindre doute ne soit possible sur ses intentions. Un homme brutal et meurtrier, molestant les faibles et les orphelines pour soutirer au monde ce qu’il ne lui avait donner à la naissance, un vulgaire esclavagiste parmi tant d’autre, menteur et perfide n’hésitant pas à salir l’honneur d’autrui pour la satisfaction de ses besoins personnels. Il ne pouvait ainsi laisser une jeune fille dans un tel danger, au bord d’un précipice plus dangereux et concret que ses montagnes sanglantes où il avait élu domicile. Avançant d’un pas, il se laissa choir de son monticule gelé pour atterrir un peu plus bas accueilli par le doux son du craquement de la neige à son arrivé avant qu’il ne s’élance vers sa cible telle une avalanche immuable.

La distance avec sa cible allant diminué, être vulgaire légèrement en contrebas par rapport à lui, tirant dans sa course son arme il continua sa course à la sanglante récompense alors que d’une main trois senbôn appelant le sang vibrant de cet étrange appel avec tout son être lorsque son saut l’emmena presque sur sa cible, les aiguilles vibrantes quittant sa main pour voler tel des rapaces en directions de leur cible, plongeant vers cet homme à l’âme d’une laideur manifeste. A peine eut il le temps de l’entrevoir, cet être dont les yeux de charbon éteint trônait au milieu d’un visage émaciés et au teint cireux, mine patibulaire hurlant au monde ses mauvaises intentions et ses forfaits sous sa grasse chevelure, un être dont la laideur soufflait le doute quant à ses origines, hurlement de désespoir d’une mère transie de découvrir son enfants fruits d’un amour interdit avec un hideux troll se cachant dans les profondeurs du monde, réclamant vengeance auprès du monde pour l’injustice qui lui fut fait. La montagne même semblait se rétracter face à tant de laideur et l’odeur méphitique qu’il dégageait, souillant le monde de sa seule existence. Elric, atterrissant dans la neige devant se sinistre personnage tournoya sur lui-même faisant voleter autour de lui frais flocons de neige en une danse dangereuse et ancienne, soulevant le sol même de ce monde pour en cacher les secrets avant de frapper allongeant sa jambe en direction du ventre de cet être mesquins et vil dont la mort seul pouvait laver l’ignominie de l’existence, alors que sa capuche emporté par les vents de ce monde dévoilait son visage à la face du soleil…
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MessageSujet: Re: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Lun 6 Aoû 2012 - 23:07

Ciel pestait. Sans discontinuer. Cela faisait trois jours maintenant qu'ils avaient quitté Mannheim. Trois jours à marche forcée pour atteindre enfin les montagnes d'Ymir, où il espérait trouver un refuge sûr, où les Gitans, pensait-il, ne viendraient pas les chercher. Trop loin, trop grand, trop froid, le refuge parfait pour des fuyards comme eux. Un peu trop froid peut-être même... En frissonnant, Ciel rassembla les pans de son pourpoint autour de lui pour se réchauffer.

Trois jours. Trois jours à devoir supporter l'autre greluche. Si elle avait évité de trop se plaindre des conditions du voyage – après tout, Ciel l'avait mise en garde et elle l'avait quand même suivi – elle n'avait pas lésiné sur ses allusions comme quoi c'était de sa faute si elle se retrouvait dans cette situation, et lui de lui répondre du tac au tac qu'il ne lui avait jamais demandé de l'aidé et qu'elle n'aurait pas dû se mêler de ce qui ne la regardait pas, non mais sans blague ! Et elle concluait toujours par un triomphant : « Mais sans moi tu serais mort à l'heure qu'il est ! » ; et lui de maugréer de manière fort peu convaincante : « Ouais, mais j'aurais très bien pu m'en sortir sans toi, j'aurais quand même trouvé une solution tout seul... » Mais au fond de lui, même s'il refusait de se l'avouer, Ciel savait qu'il lui devait la vie.

Les trois derniers jours avaient été éprouvants. Ils avaient marché du lever au coucher du soleil sans discontinuer, sans même une pause à la mi-journée pour se reposer. Ciel voulait mettre le plus de distance possible entre eux et ses poursuivants, et donc Mannheim, en espérant de n'avoir pas été suivis. Leleka avait du mal à suivre, ça se voyait, mais elle endurait sans trop broncher. De temps en temps, par compassion, Ciel lui accordait un bref instant de répit, mais il ne durait jamais. Il ne fallait pas exagérer non plus. Au fond de lui, le jeune homme espérait secrètement qu'elle abandonne l'idée de le suivre et de voyager avec lui. Malheureusement pour lui, elle avait de la volonté à revendre, la blondinette! Elle avait essayé de lui adresser la parole, d'engager la conversation, mais Ciel ne s'était pas montré loquace. Il avait répondu par monosyllabes, ou par phrases très courtes, voire s'était contentés de hochements de tête, d'épaules ou encore de gestes expressifs du bras et de la main. Mais elle n'avait pas un seul instant semblé fléchir ou même envisager de le laisser continuer seul.

La paranoïa de Ciel l'empêchait d'apprécier vraiment cette compagnie pour le moins bienvenue. S'agissait-il d'une espionne envoyée par Sosthène dans le but de le piéger ? Rien n'était moins sûr, et le jeune Gitan était déterminé à ne pas se laisser avoir avoir des papillonnements d'yeux innocents. Encore une fois, il refusait de s'avouer tous les avantages de la présence de Leleka la mage à ses côtés dans cette aventure.

Ciel accéléra le pas pour rattraper Leleka – il avait dû s'éclipser pour satisfaire un besoin pressant et naturel. Il vit qu'elle s'était retournée pour l'attendre et il lui lança :

« Allez, ne lambine pas, va ! Déjà que tu es à la traîne en temps normal ! »

Soudain, le jeune homme entendit le sifflement caractéristique de projectiles affûtés, qui n'avait rien à voir avec les rafales de vent. Avant d'avoir eu le temps de s'arrêter pour analyser d'où cela pouvait bien venir, il sentit des objets lourds le percuter et se perdre dans les plis de ses vêtements, le déséquilibrant. Pendant un instant, il bénit sa maigreur et l'ampleur de ses habits. Mais une ombre blanche atterrit juste devant lui, et sans qu'il ait pu distinguer quoi que ce soit des traits de son assaillant, ce dernier lui décocha un coup de pied en plein ventre. Exactement à l'endroit où l'avait frappé Leleka quelques jours auparavant dans la ruelle. Le jeune homme ne l'avait pas vu venir... Il tituba, vacilla sur ses jambes avant de s'effondrer sur le dos, sonné. Il tenta de se redresser sur ses coudes tant bien que mal, tout en essayant d'ignorer la douleur au creux de son estomac qui l'élançait. Il jeta un coup d’œil à son mystérieux agresseur. Au regard qu'il lui jetait, il avait l'air de le haïr profondément, pour une raison totalement inconnue. Il avait des yeux de glace, autant par la couleur que par la manière dont il scrutait impitoyablement Ciel. Le Gitan sentit la panique l'envahir. Ce type lui en voulait, et il ne savait pas pourquoi. Était-il mandaté par ses ennemis ? Que lui voulait-il au juste?

« Qui es-tu ? demanda-t-il d'une voix sifflante tout en avançant ses mains vers ses moitiés d'Organix pendues à sa ceinture. Que me veux-tu ? Tu es un brigand, tu en as après notre argent ? Désolé de te décevoir, mais nous n'avons pas une piécette sur nous, tu es bien mal tombé !
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MessageSujet: Re: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Dim 12 Aoû 2012 - 21:45

Plus d'une fois je me suis demandé si j'avais bien fait.

Bien fait d'avoir insisté pour suivre Ciel, bien fait de m'être enfuie de Mannheim au lieu de me rendre tout de suite aux autorités, tant pour justifier le visage brûlé que pour me mettre un tant soit peu à l'abri des gitans, bien fait d'avoir soigné Ciel avant toute chose, bien fait d'avoir quitté l'auberge, bien fait d'avoir quitté Lleya... bien fait d'avoir suivi Helma, presque quinze ans plus tôt.

Autant dire que je commençais à perdre la raison.

Rester avec ma famille n'aurait conduit qu'à me conforter dans mon rôle de folle dangereuse, rester à Lleya ne m'aurait jamais permis d'apprendre tout ce que Helma ne pouvait m'enseigner, rester à l'auberge... eh bien, m'aurait effectivement évité bien des tracas, mais aurait condamné Ciel. Ne pas l'avoir soigné après l'avoir vu dans la ruelle aurait pesé bien trop longtemps sur ma conscience, et je n'aurais plus jamais pu apercevoir mon reflet sans écœurement. Qu'est-ce donc qu'un guérisseur qui ne soigne pas ?

Et un guérisseur qui blesse ? chantonnait une petite voix sur un ton mordant. "C'était de la légitime défense", me répétais-je en silence, m'efforçant d'y croire. Bien sûr, je savais ce qui m'aurait attendu si je ne l'avais pas fait... mais j'aurais pu simplement le faire tomber, faire voler de la poussière jusque dans ses yeux, ou même ne brûler que son bras... au lieu de quoi ma main, ma propre main, de son propre chef, avait jugé pertinent d'invoquer la flamme et de... enfin, c'était fait, je n'y pouvais hélas plus rien.

Me rendre aux autorités de Mannheim eût certes été pertinent, dans la mesure où justifier mes actes signifiait ne plus avoir la justice du roi après moi ni, avec un peu de chance, la vendetta des mages. Mais une fois entendue et disculpée je serais relâchée, et une fois relâchée ma peau ne valait plus grand-chose face aux gitans. Ces derniers étant de loin le péril le plus urgent à traiter, dans la mesure où je pouvais espérer que la panique avait fait oublier aux chevaliers de la garde de rapporter mon cas aux autorités et où les mages ne se lanceraient à ma poursuite que si l'événement assorti de mon nom parvenait à leurs oreilles, la fuite restait malgré tout préférable à mes yeux.

Quant à savoir si j'avais bien fait de suivre Ciel... c'était je crois le point sur lequel j'étais le plus mitigée. Certes, mathématiquement parlant nos chances de survie s'en trouvaient sérieusement augmentées – deux fois moins de chances de trouver l'un d'entre nous puisque nous étions au même endroit, et nos chances de survie au combat affectées d'un coefficient inconnu que j'espérais très fort ne jamais avoir à découvrir –, mais je ne savais franchement pas combien de temps je pourrais tenir avec lui.

Déjà parce qu'il était insupportable, et ensuite parce qu'il marchait insupportablement vite.

Je faisais de mon mieux pour suivre, déployais des trésors de volonté pour ne pas m'effondrer comme une masse au beau milieu de la piste de plus en plus raide et étroite qui tenait lieu de chemin dans le piémont des montagnes d'Ymir, et lui, lui, ne trouvait rien de mieux à faire que de me toiser en persiflant, lorsqu'il ne m'ignorait tout simplement pas. Passé un certain point je n'arrivais à tenir qu'en me répétant à mi-voix que tout était de sa faute, et même, ce qui ne me ressemblait pourtant guère, lorsque je me prenais les pieds dans quelque racine ou que des papillons de fatigue voletaient devant mes yeux, en l'agonisant d'injures entre mes dents serrées. Si, le plus souvent, il répondait sèchement à mes accusations, à quoi je ripostais immédiatement qu'il était tout de même heureux pour lui que je l'eusse aidé, ce qui rabattait suffisamment son caquet pour que n'en émanent plus que quelques vagues protestations auxquelles même lui ne semblait pas croire, il n'a jamais répondu aux insultes. Je pense qu'il ne les a jamais entendues, ou qu'il les pensait destinées aux racines. Je pense surtout que j'ai eu de la chance, car l'individu ne semblait pas excessivement bien disposé envers ma personne, et nul doute que s'entendre traiter de résidu de tripes de crapaud fermentées ne lui aurait pas plu du tout. Son regard, lorsque par hasard je le croisais, ne décolérait pas. Bête traquée prête à tout pour ne pas tomber aux mains des chasseurs. Si nous étions attaqués, et moi en mauvaise posture, dans quelle mesure s'en soucierait-il ? Cette question me hantait. Dans ces conditions, il valait mieux pour moi faire profil bas et garder mes injures pour les racines.

Les deux seules choses dont je lui savais gré étaient de s'arrêter, parfois, lorsque j'étais trop à la traîne, ce qui me laissait quelques minutes pour souffler avant de repartir, et d'avoir maintenu une distance maximale entre sa personne et la mienne lorsque nous nous arrêtions – enfin – pour la nuit. Qui savait de quoi il pouvait bien être capable, n'est-ce pas ? Des quelques borborygmes que j'avais réussi à lui soutirer ainsi que de la logorrhée qui avait précédé notre départ, j'avais conclu qu'il était poursuivi à tort par un certain Sosthène pour une obscure histoire de "faufiffon", du moins selon ses dires, et qu'on cherchait à le faire taire avant qu'il n'ait pu prouver son innocence, mais qui pouvait bien me la prouver, à moi ? Qui me disait que je n'avais pas mis ma vie en danger pour un vulgaire voleur, ou même un assassin ? Et qui me disait qu'il n'allait pas m'éliminer à la première occasion ? Je n'en avais presque pas fermé l’œil la première nuit malgré la fatigue de la marche et les émotions de la matinée, guettant entre mes larmes muettes le moindre craquement de feuilles pendant qu'il montait la garde, puis m'efforçant de rester éveillée lorsque ce fut mon tour. Le deuxième soir, l'épuisement avait triomphé, et je n'avais pas touché le sol que je dormais déjà. J'avais eu l'agréable surprise d'être réveillée, quoique sèchement, pour prendre mon tour de garde, pour autant je ne pouvais me défendre d'un reste de méfiance.

Au troisième jour, j'étais exténuée, percluse de crampes, d'éraflures et de bleus, ma besace ne contenait plus de nourriture que quelques miettes, mais je commençais à moins souffrir de la pente. Pour mon malheur, une autre composante vint se mêler de l'affaire : la neige. Certes, la neige rose des matins d'hiver est magnifique, indubitablement, mais nous étions censés être en été, aussi ne m'émerveillai-je que quelques secondes à la vue de la montagne enneigée qui nous toisait. Sans parler de la progression qu'elle venait singulièrement compliquer malgré sa faible épaisseur, neige signifiait froid. Mes vêtements étaient chauds, certes, et certes j'avais toujours la cape que j'avais emportée à mon départ de Lleya, cape que je portais déjà depuis la veille, mais lorsque le vent s'en mêlait elle ne me servait guère. Et le vent qui vient de caresser la neige des jours durant est glacé, il semble prendre un malin plaisir à se glisser sous vos vêtements, comme frustré d'avoir dû quitter sa blanche maîtresse et désireux de vous y rendre semblable pour s'en consoler.

Brutalement arrachée à mes pensées par l'appel lancinant d'un oiseau, je réalisai que Ciel avait disparu. Pourtant j'étais bien sur le sentier... ou du moins sur quelque chose qui s'apparentait à un sentier... c'étaient bien des poteaux ces trois barres de bois taillé qui dépassaient de la neige, là, sur le côté, n'est-ce pas ? Oui, indubitablement, c'étaient des poteaux, donc j'étais bien sur un sentier, et de toute manière il n'y avait pas de trace devant moi. Je me retournai, sentant l'inquiétude monter. L'avais-je doublé sans m'en rendre compte ? Ou bien avait-il filé ?

« Allez, ne lambine pas, va ! Déjà que tu es à la traîne en temps normal ! »

Je sursautai. Oui, c'était bien lui, son ton si délicat et ses paroles éternellement aimables, qui émergeaient de derrière un arbre avec le reste de sa personne.

« Tsss. » sifflai-je entre mes mâchoires serrées, retenant les compliments fleuris qui me montaient aux lèvres. Il y avait certainement de l'écho dans cette zone, inutile de tenter le sort.

Je me retournai donc pour poursuivre la lente ascension, mais à peine avais-je fait quelques pas que des bruits sourds derrière moi, immédiatement suivis de la voix de Ciel, me firent me retourner. A première vue je crus que Ciel était simplement tombé. Bien qu'indistinctement en raison du vent qui soufflait en sens contraire, je compris qu'il était question de brigands. A cet instant, je réalisai que ce que j'avais simplement pris pour... quelque chose, je ne sais quoi, ou que je n'avais pas vu, blanc sur fond blanc, était en réalité un homme vêtu d'une cape blanche, juste à côté de Ciel. Mon sang se glaça, je faillis hurler, me retins juste à temps. Il n'était pas face à moi, mais il n'était pas loin, quinze ou vingt mètres tout au plus. Sans doute m'avait-il vue, néanmoins je me coulai derrière le sapin le plus proche, le cœur battant, et pour tout dire au bord de la panique.

"Que faire ?" me répétais-je. Je ne savais pas si Ciel était blessé, ni où le cas échéant, je ne pouvais donc pas le soigner, néanmoins il était clair qu'il était en fâcheuse posture et que l'individu vêtu de blanc avait des intentions peu pacifiques à notre égard. Attaquer était exclu, quand bien même l'aurais-je voulu je n'allais pas lui courir sus et lui plaquer une main brûlante sur le visage, cette fois l'effet de surprise ne jouerait pas et il aurait tout le loisir de m'abattre avant. Quant à viser à cette distance, je ne m'y étais jamais employée et doutais que commencer à cette occasion fût une riche idée. "Réfléchis", m'enjoignis-je en silence, m'obligeant à respirer calmement. De quoi avait-il besoin ? D'aide. Bon. Quelle aide pouvais-je lui apporter ? Le guérir à cette distance et sans voir les blessures était exclu. Attaquer, il n'y fallait pas songer. Défendre...

Défendre.

Je m'agenouillai précipitamment à côté de l'arbre, traçai les runes du doigt dans la neige gelée, prononçant successivement leur nom à mi-voix. Un bouclier lumineux entourait désormais Ciel, aveuglant sur la neige blanche, et normalement il bloquerait les coups de son adversaire. Toutefois la situation restait dangereuse : je n'avais jamais expérimenté cette magie en situation réelle. Surtout, je ne savais pas combien de temps je pourrais le maintenir, mais je sentais déjà le sort puiser dans mes forces amoindries. A charge pour lui de régler le problème le plus vite possible.
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MessageSujet: Re: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Dim 13 Jan 2013 - 0:40

Tandis que dans le domaine glaciale de Skadi, les entourant de ses chaîne de glace et de neige se répendait le hurlement de Njörd, transformant l'horizon en une étincelante brume à l’éclatante blancheur teinté par le disque solaire miroitant au dessus du domaine des hommes, éclairant sans distinction le malheur des dieux et des hommes, transformant le mariage des monts et du vent à la symphonique glaçant d'effroi les plus terrible guerriers, sa lueur apportant chaleur et espoir, démontrant à tous la beauté sans fin du monde. Les cristaux de glace s'accrochant à leurs manteau, tourbillonnant autour d'eux dans le soleil levant, Elric regarda son pathétique adversaire effondré dans l'étreinte de la géante du froids, essayant de se relever pour échapper à son destin, le poids de ses pêchés s'ajoutant sur ses frêles épaule et l'astre solaire tentant de percer la noirceur de son âme damné. Il joignit son hurlement à celui du vent, se répandant en rodomontade insultante pour le genre humain même, le pleutre ne prêtant aucune attention même à la frêle et divine créature qu'il forçait quelques instant plus tôt à parcourir les voie glacés menant aux domaines des enfers. Se baissant vers la terre qui le vit naître, Elric d'un mouvement brusque se redressa laissant en butin à Njörd son blanc mantel et soulevant un mur de neige aveuglant. Cheminant avec la légèreté propre à ceux qui se sont longuement entraîné, il ne lui fallu que quelques bonds élégant à travers la furie des éléments pour atteindre son but. Timidement caché, forcé d'assurer sa propre sécurité par la faute de son indigne compagnon, cherchant refuge auprès de la généreuse nature, se cachant des éléments et de la violence imprégnant ses montagnes auprès d'un sapin, elle était là courbée, pauvre ère priant pour le salut de son âme.

Ses cheveux d'or dansant dans le vent telle une flamme vive encadrant un visage à la pureté sans pareille, comme sculptée de toute éternité dans la glace par un artiste au talent sans commune mesure, observant le monde à travers le ciel orageux de ses yeux, l'anthracite de la roche se mariant de manière si unique avec les étendue céleste que nulle ne put ignorer pareil union, fusion du ciel et de la terre, unique créature complète de toute la création dont le regard même est le passage vers les autres mondes, chemin taillés à travers la réalité. La douce expression de son visage déformé par la terreur causés par son ignoble comparse, créature malfaisante dont l'ignominie ne pouvait qu'effleurer l'âme en observant ses yeux larmoyants de cette divinité prostrées dans la neige et le froids, son corps à la volupté sans pareil frissonnant dans le froids tandis que sa prière se tournait vers les dieux traîtres et perfides qui l'avaient abandonnés aux mains de son tyrannique compagnon. Alors, telle une révélation une lumière se leva derrière lui, éclairant de son éclat d'or la magnifique créature, serrant dans sa poitrine son cœur devant le spectacle unique et gracieux qu'elle représentait. Se laissant tombé un genoux à terre devant elle, acte de dévotion et de soumission, Elric tira Kurohime de son sombre fourreau, avide du sang de ses ennemis et de laver à jamais l'affront qui reposaient sur celle qui désormais se trouverait sous sa protection.

Madame, votre honneur a t-il été entâché?? Ordonnée et je laverais votre affront dans le sang de vos ennemi..

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MessageSujet: Re: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Dim 27 Jan 2013 - 16:06

Ciel avait cru sa dernière heure arriver. Crever dans un endroit pareil, loin des siens, en pleine montagne continentale, sans avoir pu rétablir la vérité... Quelle ignominie ! Quelle tristesse ! Pourquoi, lui, Ciel Garland, fils de Lémuel Garland, Gitan, fils de Gitan, petit-fils et arrière-petit-fils de Gitan, devait-il finir comme ça, alors qu'il était marin d'eau douce dans le sang ? Adieu ondes riantes, adieu douce berceuse du clapotis de l'eau sur les flancs de la péniche paternelle, adieu tonton Platon, adieu monde cruel !

Ciel ferma les yeux et ramena ses bras sur sa figure, dans l'attente des coups. Pus, il se ravisa, et décida de regarder la mort et son bourreau en face, comme un homme. Mais était-ce le froid ? Sa vue s'était troublée étrangement... Son mystérieux assaillant lui apparaissait soudain comme à travers un brouillard opaque, laiteux et brillant. Il ne pouvait pas très bien distinguer les réactions de son adversaire. Mais celui-ci sembla soudainement se désintéresser de lui. Il fit volte-face, lui envoyant par la même occasion son manteau et quelques mesures de poudreuse dessus, qui furent miraculeusement arrêtés par l'extraordinaire brume blanchâtre. Interloqué, Ciel tendit la main et frappa quelques coups sur la barrière, qui rendit quelques tintements de diapason.

Trop abasourdi pour songer qu'il était dans une sorte de prison de verre, Ciel contempla avec stupeur son drôle d'adversaire se diriger tout droit sur Leleka, s'agenouiller devant elle et sortir son couteau.

Alors là, son sang ne fit qu'un tour. Non, parce que, s'il lui arrivait quoi que se soit, elle serait capable de tout mettre sur son compte ! Et il allait devoir supporter encore plus les jérémiades de cette greluche blonde, ah ça non ! S'il venait ne serait-ce qu'à l'égratigner... Argh! Il ne voulait même pas penser aux heures de souffrances qui l'attendraient !

Heureusement, l'étrange brouillard brillant avait disparu. C'était pas trop tôt. Ciel se releva tant bien que mal et tira son Organix.

« Eh toi ! Ne t'approche pas d'elle ! »

Il essaya de prendre une pose un brin menaçante, mais avec le vent plein face, ça n'était pas facile. Il s'élança néanmoins comme il put vers le drôle de bonhomme, lames en avant.

Mais tout à coup, un craquement déchirant se fit entendre, provenant de sous ses pieds. Surpris, coupé dans son élan, Ciel marqua un temps d'arrêt, puis finit un nouveau pas en avant. Le craquement se fit sinistre, tandis que ses pas s'enfoncent plus profondément dans la neige. Et puis soudain, le sol se déroba sous lui, dévoilant une crevasse abyssale, qui se referma sur lui comme un tombeau de glace.

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MessageSujet: Re: Tel un flocon doux et paisible porté par les vents   Dim 27 Jan 2013 - 22:12

Concentrée comme je l’étais sur mon sort, il me fallut quelques instants pour réaliser que l’homme se trouvait juste devant moi. Mon cœur rata un battement, mon bouclier s’effondra et je le suivis de près. Les mains dans la neige, je m’efforçais de comprendre, l’esprit désespérément embrumé. Que s’était-il passé ? L’inconnu avait-il vaincu Ciel malgré le sort ? Le gitan avait-il pris la poudre d’escampette, comme il l’avait déjà fait lors de notre première rencontre ? Ce n’est que lorsqu’il s’agenouilla face à moi et que le léger chuintement d’une lame se fit entendre que je réalisai vraiment la précarité de ma situation. Trop affaiblie pour me défendre, trop épuisée pour fuir, je ne pus que lever les yeux vers l’homme, presque par réflexe. Surprise de le découvrir jeune, plus surprise encore de le découvrir d’une beauté que je ne m’attendais pas à trouver dans la mort, je ne remarquai pas immédiatement qu’il tenait son épée à plat sur ses paumes.

« Madame, votre honneur a t-il été entaché ? Ordonnez et je laverai votre affront dans le sang de vos ennemis… »

Interloquée, je ne pus que cligner des yeux en fixant ceux de l’homme, l’un d’un bleu de glace et l’autre d’une teinte légèrement plus sombre, juste assez pour que ce fût visible. Je crois que rien de ce qui s’étendait de l’agression à l’égorgement plus ou moins rapide ne m’aurait surprise – je veux dire par là que cela m’aurait semblé la suite logique des événements –, mais je faillis véritablement lui faire répéter ses paroles. Principalement parce qu’elles me semblaient si décalées par rapport à la situation. Je dois également admettre qu’elles avaient été prononcées sur un ton si sérieux, si concerné, que j’aurais probablement pu me croire dans un de ces romans de chevalerie que j’avais pu lire étant plus jeune. Néanmoins, je me détendis quelque peu : malgré ses manières pour le moins étranges, l’individu ne semblait pas animé d’intentions si hostiles qu’elles avaient pu le sembler au premier abord.

Un appel de voix me fit détourner le regard. Ciel ? Par-dessus l’épaule de l’homme je le distinguai effectivement, lames au clair, s’avançant vers moi. Je ne compris pas ses mots – le vent qui soufflait dans mon dos avait emporté ses paroles, ne permettant qu’au son de sa voix de parvenir à mes oreilles – mais une vague de soulagement m’envahit. Il allait me rejoindre, et nous pourrions éclaircir les choses un peu plus sereinement. Puis, peut-être, reprendre notre route vers les dieux savaient où.

C’était compter sans les quelques secondes qui suivirent.

Encore aujourd’hui, je ne peux me rappeler cet instant sans éprouver une sorte de malaise dans tout le corps. Dire que mon cœur se serre et que mon ventre se noue semble bien peu pour des événements aussi tragiques, mais le temps a passé, et avec lui se sont enfuis les cauchemars et la peur panique à l’idée de marcher dans la neige.

Un affreux grondement déchira la montagne et la terre s’ouvrit dans un nuage blanc, entraînant Ciel dans ses profondeurs.

Je regardai la neige retomber lentement, incrédule, le silence revenir peu à peu après le craquement inhumain, incapable de remuer. Tout ce dont je fus capable fut de souffler un misérable et inaudible « Ciel ? », dérisoire et impuissant à en pleurer.

Et la neige sur ma joue.


~Fin du topic~
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Tel un flocon doux et paisible porté par les vents

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