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 Un Mercenaire et Sept Nains

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MessageSujet: Un Mercenaire et Sept Nains   Lun 14 Jan 2013 - 19:59

En ce soir d’automne, un vent chafouin chassait les dernières lueurs du jour aux confins des Plaines de Nebesha.

Lëly contemplait le crépuscule naissant de l’unique et crasseuse fenêtre des cuisines, comme chaque soir depuis maintenant cinq ans. Un soupir muet gonfla sa poitrine alors que la ligne de lumière fondait, s’amenuisait sur les rondes collines comme sa bonne humeur du jour. Au Tonneau Plein, la venue du soir était toujours synonyme de l’arrivée des habitués avec leur lot d’odeurs et de bruit.
Bien que Lëly appréciât l’automne, la robe d’ocre, de pourpre et d’or que revêtaient les forêts, les lumières et odeurs douces typiques à la saison, il lui était insupportable de voir venir le soir de si bonne heure. Dès le premier déclin du Soleil, il lui fallait quitter son atelier aux écuries pour les cuisines et la salle bondée. Il fallait céder le calme des box, la présence puissante et rassurante des chevaux contre une foule de badauds bruyante et imprévisible, les invectives incessantes de Mäalt et l’agitation de la pressante Roberta.

- Cinq ans… Cinq ans passés à suivre cet immuable rituel. Lëly salua la mort du Soleil par un amer sourire. Cinq longues années à côtoyer les même énergumènes, répéter inlassablement ce quotidien impersonnel. Et c’est pourtant lors d’un crépuscule comme celui-ci que j’ai scellé mon destin dans cette auberge, devant la tombe de mon père. Il n’est pire prison que celle que l’on se crée…

La porte des cuisines s’ouvrit avec fracas, l’interrompant dans son monologue intérieur et dévoilant un énorme cochon de lait fraîchement tué.

- T’voilà encore à rêvasser ! s’exclama le porcelet en s’avançant dans les cuisines d’une démarche brinquebalante. Veux-tu bien m’aider, s’te plaît, et te hâter d’passer ta tenue? Tu pues l’canasson et tes braies sont couvertes de graisse !

- Je suis vraiment obligée de porter cette robe ? grommela Lëly en débarrassant Roberta de son fardeau porcin.

- Ben…Elle te plaît pas ? J’lai pourtant cousue dans tes couleurs préférées.

La jeune femme eût un pincement au cœur devant la moue dépitée de la Naine. Depuis cinq ans, Roberta tentait de faire amende honorable par des petits gestes à son égard. Des gestes d’une gentillesse et d’une attention qui seraient passés inaperçus aux yeux d’un quidam, trompé par le caractère bourru et besogneux de la tenancière. Lëly, elle, n’avait aucun mal à lire la culpabilité sur ses traits rudes et rougeauds. Elle y voyait le souvenir de ce jour où Roberta avait envoyé un Chevalier faible et blessé, son père, dans une mission périlleuse… Ce jour où elle l’avait envoyé à sa perte et fait de Lëly une orpheline par peur du veuvage. Un choix que la Naine n’arrivait pas à se pardonner.

- Pourtant, ma colère s’est tarie, Roberta. J’ai grandi, mûri et t’ai pardonné dès la première fois ou tu m’as protégée de la méchanceté naturelle de ton stupide mari. Tu es une brave femme dont le seul tort est de n’avoir rien connu d’autre que cette vie… Lëly renonça à faire de la résistance et poussa un nouveau soupir. Bien sûr qu’elle me plaît Roberta, c’est juste qu’ainsi accoutrée, je ne fais qu’échauffer les ardeurs de Ragnar et sa bande de ratés.

- C’est ben la preuve qu’cette coupe mets ton corps en valeur ! rétorqua la tenancière en marquant ses mots de coups de hachette bien placés sur le futur rôt. Pis les autres, on en a déjà parlé : t’as qu’à les ignorer. Ils finiront bien par lâcher l’affaire.

- Mais bien sûr… murmura Lëly avec une grimace sinistre, avant de s’éclipser pour aller se changer dans sa petite chambre en appentis.

Sous l’étoffe de lin bleue et verte (il n’y avait pas à dire, la robe était d’une coupe simple et élégante), Lëly prit soin de dissimuler son Coutelas dans un fourreau sanglé à son mollet droit. Outre le fait qu’elle n’attirait guère les convoitises malsaines, Roberta avait baigné trop longtemps dans l’ambiance du Tonneau pour en voir la lie. Des hommes aux âmes cabossées et rugueuses, dont la rude et amère existence avait gommé tous les scrupules.
Lëly connaissait leurs histoires personnelles, souvent chaotiques, et compatissait dans une juste mesure mais quiconque franchissait les limites de la bienséance, et ils étaient nombreux à le faire, se voyait remis à sa place. Néanmoins, certains hurluberlus comme Ragnär Tête d’Argile, semblaient déterminés à ne jamais cesser de la harceler. Lëly avait pourtant fracassé une cruche sur la tête de ce dernier, dont il tirait le surnom et la cicatrice qui le caractérisait aujourd’hui, et pourtant le bouvier semblait tirer un plaisir infect de leurs rixes, multipliant les outrages pour se nourrir de sa colère et de son indignation.

- N’y a-t-il donc aucun divertissement en ces terres désolées, que tous s’acharnent ainsi à me faire enrager et me poursuivre de leurs…assiduités ?! bougonna Lëly en attachant son épaisse chevelure sombre en un catogan sobre. Grands Dieux, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre et après on s’étonne qu’à mon âge je sois toujours…

- Mais elle va se s’couer les miches la ribaude ?! beugla Mäalt dans les escaliers étroits qui menaient à sa chambre. Y’a plein de clients à servir en bas !

Un frisson d’intense colère rentrée hérissa l’échine de Lëly lorsque la voix rauque et bourrue, aussi haïssable que le personnage, atteignit sa porte. Contemplant son visage crispé et livide dans le vieux miroir tacheté, la pucelle s’obligea à prendre une ample inspiration.

- Respire… Calme-toi. Ce soir, tu contrôle ta colère, d’accord ? intima-t-elle à son reflet.

A peine avait-elle atteint la salle du Tonneau, déjà bondée, surchauffée et incroyablement bruyante, que Mäalt lui fourra un large plateau de pintes dans les bras sans délicatesse aucune. La bière arrosa copieusement son corset.

- Fallait t’secouer, t’as des commandes en r’tard et j’ai du m’en occuper ! argua Mäalt lorsqu’elle poussa un juron devant le désastre. Sa face barbue et mal dégrossie se fendit d’un sourire méchant. Et pis ca plaira aux clients, tes loches mouillées ! Va donc apporter tout ça à la table du fond et précise leur que c’est offert par la maison.

Lëly ravala ses envies de meurtre, étonnée de cette générosité exceptionnelle. L’avarice de son patron était légendaire et elle ne put s’empêcher de se demander la raison de ce revirement. Un regard rapide vers ladite table lui apporta la réponse : une dizaine de Nains, des Guerriers ou mercenaires visiblement, s’ébrouait joyeusement, couvrant presque le brouhaha de la salle de leurs éclats de voix, rires et autres chansons paillardes. La jeune femme esquissa un sourire mesquin en reconnaissant la fatuité de Mäalt, avide de l’admiration de ses pairs, trop rares parmi les clients de l’auberge.

- Prenez garde, si tous les Nains sont aussi retors et mauvais que vous l’êtes, une telle tablée aura vidé les fûts à vos frais avant la fin de la nuit. lâcha-t-elle en tamponnant distraitement son corset et sa gorge d’un chiffon.

- Espèce de … !!

Lëly laissa tomber un regard condescendant sur le petit personnage, de toute sa hauteur et sa prestance d’Humaine. Lorsqu’elle était plus jeune, Mäalt la battait à loisir, mais aujourd’hui il aurait fallu qu’il se hisse sur un escabeau ne serait-ce que pour la souffler.

- Dépêche toi, maudite souillon. cracha-t-il finalement, après avoir enragé en silence. Et puisque t’es en verve ce soir, tu s’ras au service de cette tablée aussi longtemps qu’ils le d’manderont. Nous autres Nains sommes de gros mangeurs alors autant dire qu’t’ en as pour un moment !

- Je suis au courant. Votre embonpoint parle pour vous.

La jeune femme tourna les talons sans autre forme de discours, sourde aux injures tonnant dans son dos. Les Nains accueillirent les cervoises fraîches et gratuites dans un concert de grognements et d’exclamations ravies, leur faciès luisant à la lumière de l’âtre tout proche. Puis ils trinquèrent à de nombreuses reprises, levant leurs verres à la Guerre, aux Compagnons d’Armes, aux escarcelles bien remplies et aux missions réussies. Chaque lampée de bière arrosait copieusement leurs barbes rousses, brunes, blanches et les choppes claquaient en retombant sur la table, dans une grande gerbe maltée.

- C’est bien ce que je disais. A ce rythme, les choppes gracieuses vont défiler à grande vitesse… songea Lëly en tapotant sa plume sur le parchemin qui attendait les premières commandes de repas, un petit sourire amusé aux lèvres. Leurs barbes, leurs pourpoints et leur table boivent presque autant qu’eux.

C’est alors qu’elle le remarqua. Retranché en bout de table, dans l’ombre d’une alcôve, un jeune homme, Humain à n’en point douter, se tenait à l’écart de l’allégresse générale. Son regard et son visage émacié disparaissaient sous de longues mèches brunes, échevelées par le voyage, il semblait absorbé par le contenu de sa choppe, sur laquelle sa main semblait crispée avec une force étonnante. Lëly aurait volontiers pensé qu’il s’agissait là d’un pauvre hère que l’arrivée intempestive des Nains avait dérangé mais l’un d’eux se pencha pour échanger quelques palabres avec lui. Lorsque le jeune garçon se tourna pour lui répondre, Lëly remarqua une cicatrice large et violacée descendant de son œil droit jusque sur sa joue. La blessure semblait cicatrisée mais sévère, sans doute était-il borgne.

- Il a l’air jeune mais déjà tellement éprouvé… Fait-il partie de cette troupe de mercenaires atypique ?

Le Nain qui l’avait questionné lâcha un rire tonitruant, envoyant une claque énergique dans le dos de l’Humain. Oui, il faisait partie du groupe, Lëly en avait maintenant la certitude. Pourtant, sous ce geste de franche camaraderie, le sourire du jeune homme fondit et se mua en un rictus que Lëly reconnut immédiatement pour l’avoir vu tant de fois sur le visage de son père : un cri de douleur étouffé entre des mâchoires serrées.

Le jeune homme acheva de noyer sa souffrance dans une fébrile goulée de bière et lorsqu’il renversa la tête pour s’abreuver, le col de son pourpoint béat, révélant l’horreur.

- Par les Dieux !!

La peau du torse, parcheminée, noircie, semblait avoir été gravement brûlée. Des bandages empoissés de sang et de pus cachaient le reste de l’ample blessure mais Lëly devinait sans mal que la vie nomade et belliqueuse de mercenaire n’avait rien arrangé. Ce garçon était affaibli. Hantée par une sinistre sensation de déjà-vu , Lëly nota les interminables commandes de repas d’une plume nerveuse et grinça des dents lorsque le jeune guerrier déclina, prétextant n’avoir aucun appétit.

- Il faut que tu manges, sombre idiot ! Les hommes sont décidément pétris de fierté mal placée, c’en est pathologique !

Alors que Roberta s’activait en cuisine, la jeune femme retourna discrètement dans la chambre où elle fouilla fébrilement dans ses maigres effets, vidant ses malles avec fébrilité, les mâchoires serrées.

- Je ne laisserai pas un autre inconscient se laisser mourir bêtement… Où est-ce que j’ai pu le mettre, bon sang !

C’est une Roberta épuisée mais fière qu’elle trouva en cuisine. Il faut dire que les mercenaires n’avaient pas lésiné sur les commandes, il y avait sur la table des bols de fèves en sauces, du pâté de lapin, un ragoût de gibier faisandé au goût des Nains, des roues entières de fromages et moult autres plats au goût prononcé et généreux. Lëly ne put s’empêcher d’admirer les talents de la tenancière pour avoir préparé un tel festin en si peu de temps.

- J’ai aussi ajouté un caquelon de Börk-Tchull, une spécialité Naine des SombrePierre. annonça-t-elle en désignant une mixture à l’aspect douteux. Les palais raffinés reconnaitront.

- J’en suis sûre. renchérit la jeune femme en songeant que cette drôle de soupe n’avait rien de raffiné, mais que Roberta méritait bien un compliment. Ils ne feront qu’une bouchée de ta délicieuse cuisine !

La Naine rosit de plaisir et tourna le dos pour cacher son ravissement. Lëly en profita pour ajouter un bol de bouillon de poule et de légumes destiné au blessé, qu’elle emporta en hâte dans le premier service. Elle servit le jeune homme en dernier. Profitant de l’extase des mercenaires, happés par la découverte du festin, elle fit tomber un petit sachet d’herbes médicinales dans sa poche et glissa à son oreille, dans un murmure précipité.

- Trois pincées dans un bol d’eau chaude, deux fois par jour. Ce sera long mais cela vous préservera de la gangrène et de l’infection. Et mangez moi ça ! ordonna-t-elle en désignant le bol de bouillon d’un geste de la tête. C’est bon pour vous.
Puis elle se détourna et repartit en cuisine.
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Paysan-berserker
Art Aegirsonavatar

 :Peuple :
Humain
 :Âge du personnage :
18 ans
 :Equipement :
Une armure en cuir clouté, avec des runes censées lui porter chance, deux haches en acier. Une patte de lapin.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Re: Un Mercenaire et Sept Nains   Dim 3 Fév 2013 - 15:02

Presque un mois s'était écoulé après cette sanglante bataille où Art s'était fait l'horrible brûlure qu'il ressentait à chacun de ses pas en compagnie de ses amis nains. Ceux-ci avaient d'ailleurs perdu deux des membres du groupe, Bagnar et Burin, ainsi que Galim, qui était mort deux semaines plus tard dans une embuscade de bandits. Ces derniers avaient un net avantage numérique mais les nains les avaient repoussé et le groupe de bandits s'était vu rapidement décimé. Il s'était alors retrouvé dans son lit de fortune avec un mal de crâne et sa blessure avait empiré. Il appris plus tard que Bolt l'avait assommé pour éviter qu'il ne se fasse trop de mal. Art avait eu le temps de tuer deux des agresseurs mais Galim était mort...Galim qui lui offrait toujours une pinte de bière et lui parlait du pays des nains. Ils avaient creusé sa tombe dans les bois puis étaient partis le lendemain, par un beau matin d'automne. Maintenant il faisait de plus en plus froid, ce qui était loin d'être bon pour la douleur causée par sa blessure . Il n'empêchait que la petite troupe avait connu en peu de temps une perte de membres sans précédent. A continuer comme ça la troupe de mercenaires serait obligée de se dissoudre, ou serait anéantie. Mais ils continuaient d'avancer car un contrat juteux les attendaient et les nains ne savent pas rester longtemps sans rien faire. Ils recruteraient de nouveaux membres plus tard!

-J'ai maaaaaaaaaal, gémit-t-il


Bolt se tourna vers Art et lui dit:

-Ca fait un mois qu'on t'entend pleurer comme un morveux, tu devrais avoir
honte. Une blessure comme ça aurait guérit depuis longtemps si tu te plaignais pas autant...et puis quelle idée de sauter à la gorge de ces bandits, il y a deux semaines! Certes ils n'ont pas fait long feu mais quand même ! Tu as de la chance, on arrive bientôt à une auberge tenue par un confrère nain. J'y suis allé il y a longtemps. Ils ont de la bonne gnôle. Même toi qui boit comme un vrai nain tu en tombera raide ivre.. Il nous donnera surement quelques indices sur la région. ça pourra nous être utile pour la suite... Et peut-être, qui sait, recruter des gars.


Art avait honte de lui mais il avait de plus en plus envie que les craintes du chef nains se réalisent et que la troupe soit obligée de se dissoudre. Bolt n'était pas vraiment de bonne humeur ces derniers temps. C'était une époque dure pour la troupe et le moral n'était pas vraiment là. Beaucoup attendaient cette virée dans l'auberge du Tonneau Plein avec beaucoup d'impatience. Les nains en parlaient le soir et ils comptaient bien y rester au moins deux ou trois jours. Art risquait de vouloir y rester beaucoup plus longtemps. Après deux journées entières de marche, et une nuit à ne parler que de beuverie ils arrivèrent enfin à leur but. Tous les nains furent bientôt réunis devant la taverne, en train de calculer le nombre de futs de bière qu'ils pourraient se payer. Les conversations allaient bon train Art écouta pendant un bref instant une dispute entre Hasil le forgeron et Brado devant la taverne .


-Ouais, si tu demandes un tonneau de bière on pourra boire plus!


- Mais j'aimerais bien économiser pour acheter de l'acier pour faire de nouvelles armes! C'est vital, ton arme est tellement en mauvais état que je me demande comment elle fait pour pas se dissoudre au contact de ton haleine.


-C'est pas vrai ces forgerons ! On crève tous de soif et ça pense qu'à forger des armes, faut savoir quand arrêter de travailler dans la vie!

-N'empêche tu seras bien content quand tu pourras fracasser le crâne de tes ennemis avec!

-Préfère me battre avec un demi-manche de hache, que ne pas boire! La bière nous a toujours remis en forme MON GARS! On boit de la bière de père en fils, et c'est pas demain que ça va s'arrêter.

- Ah ouai, va pas te plaindre après si on est obligés de te mettre en sécurité parce que tes
armes sont inefficaces à force de servir, et que ta hache se casse comme la dernière fois alors que tu es en train de combattre un troll. Tu avais l'air bien fin sans armes face à un ennemi qui faisait le quintuple de ta taille ! Tu dois avoir une sacrée veine pour être encore vivant, et c'était pas ta sacro sainte bière qui allait t'aider! Heureusement qu'Art -qui a aussi de la chance d'être encore vivant- lui à sauté dessus pour le déconcentrer, sinon j'aurai pas donné cher de ta peau trouée.


Etc ...

Art avait mal à la tête de les entendre se disputer à longueur de temps, pour tout et rien. La petite troupe finit par rentrer dans l'auberge et ce fut le chahut. L'ambiance des auberges, un lit confortable, beaucoup de bruit et de l'alcool lui suffisaient pour oublier sa douleur. Et les 7 nains chantèrent en chœur:


Héhohého
on rentre à la taverne
héhohéohéhohéo


Et alors ils arrivèrent et se fût la pagaille la maison leur offrit dela bière gratuite, venant du clan du propriétaire. Tout les nains , Art y comprit, acclamèrent en chœur l'aubergiste, une bière à la main. Ils ne chantèrent toutefois pas "Les nains sous la montagne" qui se vendait comme une chanson de nains. C'était faux, c'était une chanson de mineurs nains! Art voyait désormais l'ambiance de la taverne comme quelque chose de glauque, il n'avait pas envie de s'amuser avec sa blessure et avait envie de dormir dans un bon lit. Il regardait sa bière en se disant qu'il aurait bien aimé quelque chose de beaucoup plus fort pour atténuer sa douleur. Tout ses sensations semblaient avoir disparu, il ne restait plus qu'un mal de tête,sa blessure qui le traumatisait à chaque pas et une envie de dormir.

Bolt vint alors à lui. Il avait l'air légèrement anxieux (mais pas trop), et prêt à plaisanter avec le jeune homme, et se dirigea directement vers Art.

-Art qu'est-ce que tu as en temps ordinaire tu aurais vidé cette bière encore plus vite que n'importe quel nain!

Art se sentit faible pendant un bref instant, il savait que critiquer la bière n'était pas une bonne chose chez les nains. Pourtant la première chose qui lui vint à l'esprit et qu'il dit fût:

-J'aimerai juste que la bière soit plus alcoolisée.

Bolt contrairement à ce que craignait Art, se mit à rire et lui donna un grand coup amical dans le dos. En temps normal, il n'aurait absolument rien senti malgré le coup qui aurait déstabiliser une personne n'en ayant pas l'habitude, mais cette fois-ci il faillit crier:

*-pu**** ma blessure*

En temps normal, il aurait provoqué Bolt en duel, il l'aurait traité de brute, d'ivrogne de n'importe quoi... Et ça serait parti dans une joyeuse dispute sans fin. Mais, depuis un moment déjà, il ne s'en sentait pas capable.Puis une serveuse dans un vêtement bleu lin qui lui allait à ravir lui demanda ce qu'il voulait pour le repas. Art sentit bizarrement que manger l'achèverait. Il décida alors de prendre rien pour une fois, se disant que de toute façon ses compères nains lui donneraient à manger pour dix. Il vit la serveuse devenir blême et partir à toute allure. Hasil qui se tenait prés de lui dit d'un ton à peine assez élevé pour que seulement Art puisse l'entendre:

-On dirait que tu lui as fait de l'effet gamin, tu devrais en profiter. Je t'avais dis qu'une
femme restait pas insensible aux cicatrices.


Il ne savait pas à quel point il avait raison. Rapidement la serveuse revint le voir, pour lui servir un potage, et lui murmura de se servir d'une poudre qui comprit t'il servirait à faire guérir sa blessure . Art était gêné et confus mais garda précieusement l'herbe médicinale sur lui. Cela lui réchauffa le cœur.



Il n'eut pas le temps de dire Merci qu'elle était déjà partie!

-Hé gamin, cette fille là... Va la voir ce soir! ça fait longtemps qu'on t'a pas vu t'amuser!

Cette fois tout les nains le regardèrent avec un grand sourire, et il eut le droit à une autre tape amical, et des réflexions du style :

-Sacré Art, tu les prends à même la roche!

Art fût de nouveau tout rouge, tout en se tordant de douleur! Il se demandait ce qu'il allait faire maintenant... Il avait envie d'aller la voir et de lui parler. Puis on lui resservi de la bière, puis une autre, encore et encore, puis...

-Prend ça pour avoir des forces cette nuit!


Une cuisse de sanglier gigantesque atterrit dans l'assiette d'Art, qui commença à manger avec plus d'appétit. Il dût se passer une bonne heure et demie, où Art engueula Break, Break engueula Art... à propos d'une histoire de choppe qui s'était mystérieusement vidée. De Bolt qui fit fuir un client qui s'approchait trop prés de lui en sortant son épée
runique (le seul de la bande à en avoir une). Suivi de Break et Brado qui se battirent en plein milieu de la taverne avec Un Art à moitié bourré pariant toutes les économies de la troupe sur Break. Notre personnage ne ressemblant en aucun cas à un nain, les clients avinés lui firent confiance. Ils avaient tort, le combat étant bien sûr truqué .Pourtant il paraissait réel, du fait que les coups n'étaient pas truqués. Mais Les deux nains évitaient tout de même de mettre l'autre sur le tapis. Les gains de la bande furent doubler en moins d'une demie heure, et donc presque doubler (à cause d'un Hasil réticent). Les choppes de bières achetées. Une fois les nains partis dans une discutions plus que mouvementée.


Art vit plusieurs fois la serveuse apparaitre et disparaitre, se faire appeler par les clients qui voulaient visiblement autre chose, que de boire ou de manger, la jeune femme semblait ne pas aimer cette situation, et avait l'air de se défendre becs et ongles. Il entendit plus d'une fois des phrases du type "sacré donzelle". Il remarqua cependant qu'après un deuxième passage de sa sauveuse les hommes étaient bizarrement enthousiastes, pour venir la draguer, sauf auprès de quelques personnes, pour qui la ferveur à vouloir dragué la jeune femme était égal à l'alcool déjà ingurgité. Art, observant les scènes des gens ivres, ressentit une certaine jalousie . Et ce fût cela, même si Notre héros ne s'en rendit pas compte qui lui fit faire le pas en avant. Art repéra de nouveau la serveuse et lui dit, à moitié ivre, (mais essayant d'avoir un minimum de tenue):

-Je vous remercie, mademoiselle pour tout à l'heure... ça m'a fait chaud au cœur, Mais,heu attendez, je voulais vous demander heu...(silence), si vous aviez pas par hasard de l'eau chaude pour vos herbes?

Cependant, il sentit qu'il fallait rajouter quelque chose. ans son état normale, il n'aurait jamais dit cela à une inconnue, mais cette fois-ci il osa.

-Et qu'est-ce qu'une jolie Femme comme vous fait ici, dans ce trou perdu? Vous avez
beaucoup de prétendants apparemment,
fit-il d'une mine écœurée, avec un mélange de jalousie et de dégout pour le genre des prétendants.
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MessageSujet: Re: Un Mercenaire et Sept Nains   Lun 4 Fév 2013 - 14:19

Un soir comme un autre...

Comme tous les soirs, l'ambiance s'échauffa vite au Tonneau Plein et le groupe de mercenaires y contribua grandement. Lorsque leur seuil d'ébriété eût pulvérisé tout reste de bienséance, les Nains décidèrent d'organiser un combat entre deux d'entre eux et lancèrent des paris pour renfler leurs escarcelles.

L'animation créa un bazar sans nom : devant une foule de clients en délire, les deux Nains s'empoignaient, roulaient au sol, se lançaient chaises et choppes à grands renforts d'injures et de ahanements théâtraux. Il n'était cependant guère difficile de trahir le calcul derrière ce combat monté de toute pièces. Les Nains semblaient habitués à ce genre d'arnaque et les deux combattants comédiens avaient du mal à contenir leur hilarité alors que les pièces pleuvaient d'une masse de clients bien trop ivre pour déceler le subterfuge.

Lëly laissait faire, tentant de cacher son exaspération derrière une indifférence « professionnelle ». Au fond de la salle, Mäalt et Roberta pianotaient sur le comptoir, se dandinaient d'un pied sur l'autre et guettaient l'évolution du combat d'un œil méfiant, manifestant d'évidents signes de gêne et d'appréhension. Soudain l'un des deux Nains – se nommant Break, si l'on se fiait aux hèles des clients – reçut un uppercut sublime et totalement feint de son adversaire. Titubant avec emphase, son épaisse paluche plaquée sur le visage, il chût en entraînant avec lui le napperon brodé et le vase Novigardien qui décoraient la petite fenêtre près de l'entrée. La foule salua le bris du précieux objet par un hola qui couvrit le hurlement de colère de Roberta. Lorsqu'elle secoua vivement le bras de son mari pour lui demander d'intervenir, celui ci leva la main avec suffisance, l'air de dire « Silence femme, je maîtrise la situation »

Un sourire amer se peignit sur les lèvres de Lëly, alors qu'elle suivait la scène d'un œil tout en servant les rares clients encore trop sobres pour participer au chaos général. Si Mäalt voulait se faire bien voir des mercenaires , au point de les laisser mettre le Tonneau sans dessous dessus, grand bien lui fasse.

-Il est en tout cas hors de question que je nettoie ce champ de bataille ce soir ! Il se débrouillera avec sa femme et ses « frères » .

Alors qu'elle repassait près de l'attroupement, les bras chargés de vaisselle sale, elle remarqua le jeune homme blessé de tantôt. Il semblait avoir repris du poil de la bête et se joignait dûment à la liesse, misant des sommes excessives pour faire grimper les paris de ce combat truqué. Lëly resta plantée là, à l'observer, partagée entre soulagement et déception. Si le mercenaire semblait aller mieux, le voir ainsi partager les vices de n'importe quel hurluberlu du Tonneau (tricherie, ébriété...) la contraria plus que de coutume.

- A quoi tu t'attendais ma fille... ? Ce sont tous les mêmes. songea-t-elle en reprenant son service avec résignation.

Le combat prit fin et les habituels clients racoleurs, tels que Ragnär, se remirent en devoir de la faire tourner chèvre. Lëly, fatiguée, irritée par l'ambiance bruyante et agitée de la Taverne, fut encore moins patiente que d'habitude. Elle s'accorda quelque minutes de répit dans un coin sombre et isolé de la salle, pour reprendre ses esprits et calmer le bouillonnement de son sang.

- Ce n'est pas une vie... Je suis à bout de forces... songeait-elle, les poings blêmes et tremblants serrés sur son tablier. Je hais ces gens, je hais Mäalt et je hais cette auberge ! Alors pourquoi...pourquoi ne suis-je pas encore partie ?!

Alors que la réponse s'imposait en son esprit par l'image d'un cairn recouvert de mousse, planté dans l'immensité des Plaines de Nebesha, une voix masculine, hésitante, vibra dans son dos.

- Je vous remercie, mademoiselle pour tout à l'heure... ça m'a fait chaud au cœur.

Lëly fit volte-face , le visage encore crispé de colère et de frustration, la crinière en bataille. Le jeune mercenaire humain était venu la retrouver et se tenait devant elle, le regard vitreux et l'équilibre précaire.

- Il est ivre. Comme c'est étonnant !

Néanmoins, l'amertume de Lëly fut adoucie par la démarche du jeune homme. Rares étaient les clients qui la remerciaient en personne pour ses services. Mäalt était celui qui récoltait les lauriers de son travail...

- Mais, heu attendez, je voulais vous demander heu... Il semblait confus. Était-ce l'alcool ou la timidité qui le troublaient ainsi ? Si vous aviez pas par hasard de l'eau chaude pour vos herbes ?

Lëly allait ouvrir la bouche pour répondre lorsque le garçon ajouta, portant un regard sévère sur Ragnär et sa bande qui les observaient depuis leur table.

- Et qu'est-ce qu'une jolie Femme comme vous fait ici, dans ce trou perdu? Vous avez bbeaucoup de prétendants apparemment...

Le regard de mépris et d'arrogance qu'il porta sur ses « prétendants » était si brûlant que le voile opaque de l'alcool ne pouvait en démentir la sincérité. Et pourtant, qu'avait-il de différent de ces hommes de basse extraction ? Il était ivre lui aussi et avait participé à l'allégresse autour de ce combat stupide. Peut être que tout n'était qu'une manœuvre pour qu'elle s'intéresse à lui ?

-Lëly ! Viens donc là, souillon !

Le corps tout entier de la jeune femme se crispa sous l'odieux appel de son patron.

- Croyez moi, si j'avais encore goût à la vie et l'aventure, j'aurais quitté ce taudis depuis des lustres...murmura-t-elle dans un halètement de colère, à l'intention du jeune homme, avant de gagner précédemment le Comptoir.

Alors que Mäalt, qui s'apprêtait à conduire Messires Nains à leurs chambres avant de gagner la sienne, énumérait une liste de consignes et autres tâches diverses pour la fermeture de la taverne, Lëly laissait son esprit harassé vagabonder, ne l'écoutant que d'une oreille.

-Pourquoi lui ai-je fait une confession pareille ?! Il n'a pas a le savoir...Qui est-il d'abord ? Je ne connais même pas son nom ! Il y a quelque chose en lui, une forme...d’innocence, de naïveté. Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.

- Hey, tu m'écoutes dis ?! T'endors pas avant d'avoir viré tout le monde et nettoyé ce fatras !

- Entendu. répondit Lëly en songeant « Cours toujours », impatiente d'en terminer avec lui.

- Bon allez, va t'coucher Roberta, jte rejoins bientôt !

La Naine s’exécuta, morose. Comme toujours , Lëly la regarda faire avec un mélange de pitié d'exaspération pour cette femme docile et besogneuse. L'Amour pouvait-il suffire à supporter un époux tel que Mäalt ? Elle se promit de lui racheter un vase dès qu'elle en aurait l'occasion.

Le couple de tenancier partis, les clients rentrés dans leur chambre, ne restait plus que quelques hères comateux que Lëly s'empressa de chasser.

- Tiens, Tête d'Argile est parti tôt ce soir. Tant mieux, c'est sans doute le plus pénible à mettre dehors. grommela-t-elle en poussant un de ses acolytes vers la porte.

- Ah non non, l'est touzours là ! répondit l'autre, surgissant soudainement du brouillard. L'est dans l'arrière-cour en train de casser la gueule à l'aut' !

- L'autre ? Un frisson glacé parcouru l'échine de Lëly

- Bah oui, le gamin qui t'faisait du gringe, le brun là ! Celui qui nous z'a r'gardé d'travers ! Ragnär l'a pas aimé qu'on marche sur ses plates-bandes , té !

Une vague de sourde colère mêlée d'angoisse submergea Lëly qui abandonna le compère à son équilibre chancelant, indifférente à son sort. Des rumeurs de coups et de cris de douleurs étouffés s'entendaient déjà derrière la porte, que Lëly ouvrit sur une scène aussi violente que surprenante :

Le jeune mercenaire avait plaqué au sol le bouvier, qui faisait au moins deux fois sa taille et son poids , et le rouait de coups, le visage déformé par une colère sans nom. L'éclat de ses yeux semblait surnaturel, presque démoniaque... Malgré le sang suintant à ses bandages et les ecchymoses boursouflant son visage – Ragnär s'était visiblement défendu - le jeune homme frappait, frappait , frappait avec la force du désespoir et une puissance qui semblait bien au delà de sa constitution.

- CA SUFFIT ! ARRÊTEZ !

Ses poings ensanglantés restèrent suspendus en l'air et il tourna sur elle un regard d'animal blessé qui la toucha au cœur. Mais s'était sans compter sur l'intervention de Rägnar qui frappa sa tempe d'un poing dur comme la pierre. Alors que le mercenaire roulait sur le côté , complètement assommé, le bouvier se redressa, terrible, prêt à lui éclater le crâne sous la semelle de ses bottes épaisses. Lëly se précipita et le retint par le bras.

- Ragnär ! C'est bon, il a eût son compte, laisse le tranquille !

- Je ne vois pas ce que tu lui trouves à ce gringalet ! C'est un bâtard sans nom et sans destinée. Il cracha à la tête de son adversaire puis son regard se posa sur la main délicate à son bras. Sa bouche ensanglantée déformée par le mépris se mua en un sourire concupiscent. Un vrai homme comme moi te conviendrait tellement mieux que ce puceau ! Ragnär saisit le poignet de Lëly , l'attira brutalement contre lui puis murmura tout de près de son visage plissé de colère et de dégoût sous l'odeur d'alcool rance et de sang. Je sais que tu en rêves, ma belle...Ca t'as excité de me voir casser du morveux, je le vois dans ton reg...

Le bouvier se raidit en sentant un contact aiguisé et froid piquer son entrejambe. Lëly avait profité de leur proximité pour pointer son poignard sur sa virilité.

-Tout ce que tu es censé voir dans mon regard, c'est le dégoût que m'inspire un ivrogne sans scrupules et sans morale, qui n'hésite pas à s'en prendre à plus jeune et plus faible que lui. siffla Lëly entre ses dents, tant pour contenir sa colère que la douleur à son poignet enserré d'un étau impitoyable. Maintenant lâche-moi et trace ta route...Ou Ragnär Tête d'Argile deviendra Ragnär Sans Noix.

Levant les sourcils, elle appuya de plus belle, attestant qu'elle n'hésiterait pas à passer à l'acte. Le bouvier ricana et la relâcha.

- Tu finira par gagner ma couche, petite putain
. grommela-t-il avec un sourire malsain. Et si ce pouilleux se dresse encore une fois en travers de ma route, je le transforme en charpie.

Lëly attendit qu'il franchisse la porte de la Cour, droite et tremblante (de colère ou de peur, nul n'aurait pu le dire) puis elle se laissa tomber au sol, la main plaquée sur sa bouche pour retenir son envie de vomir et d'éclater en sanglots. Un gargouillement se fit entendre. Le jeune homme avait repris conscience et roulé sur le côté. Il tentait de se relever.

- Attends... Ne bouge pas ! l'avertit Lëly en s'accroupissant près de lui. Tu risques d'aggraver les choses...

Il se laissa choir sur le sol pavé et lui adressa un sourire navré, comme pour s'excuser de ne pas avoir pu intervenir plus tôt. Lëly lui renvoya, étrangement émue par son état.

- Ragnär est un homme dangereux, j'ignore ce qui vous as poussés jusque là, mais tu aurais du l'ignorer. marmonna-t-elle en examinant ses blessures. Il ne t'a pas loupé...Laisse moi faire.

Glissant les bras sous ses aisselles, elle le tira vers les écuries non loin, lâchant un « désolée » sincère lorsqu'il étouffa un cri de douleur. Elle l'allongea sur une couche de foin puis entreprit de le débarrasser de son bliaud tâché de sang et de pus. Le jeune homme rougit et darda un regard fixe au plafond.

- J'y suis obligée, je vais devoir changer tes bandages également. expliqua Lëly, amusée par sa réaction. Ne t'inquiètes pas, les hommes ne m’intéressent pas..Même si à dix-neuf ans je suis en âge de me marier, je n'appartiendrais jamais à personne...Jamais.... lâcha-t-elle entre ses dents serrées.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais une toux pénible lui coupa la parole. Lëly approcha une coupelle d'eau de ses lèvres et le regarda boire, irritée contre elle même

- Encore des confidences ?! Mais laisse le donc tranquille, il s'en fiche, il ne peut même pas te répondre... Pauvre gars...

Elle s'attela aux soins du torse meurtri, s'absentant quelques instants pour aller se procurer onguents, lotions et bandages propres. La fermeture de l'auberge et le nettoyage attendraient le lendemain. Il la laissa faire, l'observant parfois en silence, puis finissant par sombrer dans un sommeil agité. Étrangement, s'occuper de ce garçon et panser ses blessures l'apaisait... Cela la ramenait à la convalescence de son père. Lorsque le Chevalier était dans ce lit, paisible dans son sommeil, elle pouvait prendre soin de lui sans qu'il ne l'abandonne pour courir au danger au nom du Credo. Elle avait la sensation d'être utile, d'avoir le cœur serein...

- Tiens, voici la fameuse infusion. lui dit-elle lorsqu'il émergea de son sommeil, lui tendant un bol fumant. Je me suis permise de reprendre le sachet d'herbes dans ta poche. Bois pendant que c'est chaud.

Lëly le laissa boire en silence, perdue dans ses pensées. Elle brûlait d'envie d'en savoir plus sur le jeune homme ; qui était-il ? D'ou venait-il ? A quoi ressemblait la vie de mercenaire ?...Elle songea à cette fille, Lëleka, rencontrée un an plus tôt à Lleya. La jeune mage lui avait prouvé qu'il existait des gens prêts à s’intéresser à vous, votre vie, à ce que vous pouvez partager avec eux et que le monde n'est pas rempli d'ivrognes, d'intéressés malsains et de pervers...

-Je...Je suis Lëly. dit-elle lorsqu'il eût fini. Je suis désolée de t'avoir entraîné là dedans. Elle baissa la tête, les poings serrés sur les genoux. Ragnär n'a toujours pas compris que je ne suis pas sa propriété et il est souvent prompt à chercher des noises aux autres. Tu n'avais pas besoin de ça...
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Paysan-berserker
Art Aegirsonavatar

 :Peuple :
Humain
 :Âge du personnage :
18 ans
 :Equipement :
Une armure en cuir clouté, avec des runes censées lui porter chance, deux haches en acier. Une patte de lapin.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Re: Un Mercenaire et Sept Nains   Ven 15 Fév 2013 - 14:36

Art vit disparaitre la jeune fille très vite il décida alors d'aller boire un coup Hasil avait encore des sous et pouvait bien payer un coup à lui! Art. Cependant Hasil le renvoya poliment mais sûrement vers une chambre et proposa même de l'accompagner. Bolt un peu rongé par le remord en voyant l'état de la taverne parla avec le propriétaire de la taverne pour offrir "son aide entre compagnons nains". Celui-ci refusa disant que ça lui rappelait son jeune temps et que sa serveuse faisait des miracles dans ce domaine. Après avoir remit deux tables debout pour la forme les nains commandèrent un fut de bière. Et Hasil commença se disputer avec Break pour de vrai cette fois à propos d'un certain honneur de forgeron. Les mercenaires aimaient bien taquiner le forgeron. Mais c'était plus une rivalité amicale qu'autre chose. Ils savaient que bien que forgeant des armes de pas très bonne qualité pour un nain, ils avaient besoin de lui de plus Hasil mettait du cœur à l'ouvrage.

-Hey alors la d'moiselle elle était comment!


Art répondit la première chose qui lui vint à l'esprit:


-Ben heu.;; Bien



Tout les nains se mirent alors à rire et à chanter. Sauf Break et Hasil qui essayaient maintenant de se concentrer pour savoir comment arrivait à toucher l'autre sans tomber par terre. Quand soudain Hasil Pointa du doigt un petit groupe dans le chef présumé avait une blessure au crane et leur cria

-"Et vouusss là qu'è-ce que t'a à regarder notre aaaaaaaamis comme ça? Hein? Il vaut dix tafioles comme touâ d'abord!"

Mais se fût aussi le moment où Break arriva à touché Hasil, celui-ci bien qu'il n'eut pas l'air de souffrir le moins du monde riposta comme il put en se concentrant plus sur sa capacité à tenir debout que sur la force de son coup et la bagarre d'arsouille reprit de plus belle. Cette fois ce n'étaient pas eux qui risquaient de faire tomber la table c'était plus la table qui risquait de les faire tomber. Cependant Feyr qui n'était pas totalement sobre mais qui tenait encore fermement sur ces deux jambes et avait garder l'esprit vif leur lança un regard noir. A leurs disparition il cracha et commença a marmonner aiguisant machinalement sa hache de qualité naine. Art eut soudain un frisson dans le dos. Feyr avait fait bien des champs de batailles et semblait avoir acquis un sixième sens quand il commençait à avoir cette réaction c'était mauvais signe. Bolt alla d'ailleurs le voir.

-Pourquoi es tu nerveux comme ça Feyr?

-Il'ce me revien'e pas les autres corniaux. On serè sur un champs de bataille que les z'auraient déjà tous étripatouillé.

-Tu es trop nerveux profite l'occasion d'être dans une taverne où la bière coule à flot ne se fera pas de sitôt

Feyr cracha de nouveau en direction de là où le groupe avait disparu :

-Mouai. Aimerait mieux les voir ces drôles là avec ma hache planté dans leurs crânes.

-Tu aurais déjà massacré la moitié de la population du pays si on t'écoutait.

Un petit sourire sadique s'afficha alors dans le regard de Feyr.

-Mouai ce n'è pas faux.

C'était Feyr quand il avait un peu et qu'Art l'entendait parler ce dernier avait la chaire de poule. Art décida d'aller se coucher dans son lit pour récupérer de ces blessures. De plus après avoir été éconduit par la serveuse il se sentait un peu triste et avait envie dans le fond d'arrêter le plus rapidement possible cette soirée et même si l'alcool avait atténué la douleur de ces blessures elles se faisaient toujours ressentir. Les nains prirent tous leurs haches et allèrent dehors dans le but de s'entrainaient à la lancé sur un arbre dehors pour savoir qui était le meilleur et Art ne se sentait pas d'humeur à voir ce spectacle. Il prit donc la direction de sa chambre comme on lui avait indiqué. Il avait l'habitude avec son ancien travail de serveur/nettoyeur et de tout ce que personne n'à vraiment envie de faire. Il comprenait donc la jeune serveuse qui avait pas l'air ravit et aussi le fait qu'elle supporter pas qu'on la drague. Lui Art c'était fait draguer par plein de gens louche et pas forcement de jolies filles. D'ailleurs la dernière personne à l'avoir draguer en date était aussi une vampire qu'il avait juré de retrouver. Juste à ce souvenir ces poings se serrèrent. A peine eu t'il franchit la distance nécessaire pour que ces compagnons nains ne puissent plus l'entendre qu'il se surprendre par Ragnär. Art commençait à avoir peur quand:

-Ah tu fais moins le malin, espèce de gringalé. Et la ta troupe de demie-portions ivre nous laissera tranquille le temps qu'on s'occupe de toi. Mon nom est Ragnâr. Tu empiètes sur mon territoire et sur la serveuse qui va avec.

Cella eut probablement l'effet inverse que celui désiré. Sans sa malédiction et l'éducation que lui avait donné les nains la tentative d'intimidation aurait sûrement marché à merveille... Mais pas sur le Art mercenaire sur qui la moindre menace faisait monter sa rage.

Et toi qui t'attaque à un paysan seul et sans armes presque mortellement blessé. Chez les nains les gens de ton espèce sont considéré pire que des lâches.

Pourquoi Hasil lui avait confisqué ces haches avant de rentrer dans la taverne? Sous prétexte que c'était mauvais pour sa santé et qu'il s'en occuperait avec plaisir? Il avait déjà envie de fracasser la tête de ragnär.


Un paysous qui ouvre autant sa grande gueule voyait vous ça? Tu di ça c'r tu as peur morveux de te battre" les gens dans ton genre je les connais.


Ragnär se mit à rire:

-Tu es simplet, 'conscient ou tout simplement consanguin? Tu n'as aucun' chance pouilleux Je t'épargnerais si tu restes sage.

Art vit rouge au sang ou plutôt au sens propre, ces muscles et tout son être se prépara au combat, pire il se mit à vouloir se combat comme une drogue douce et amer. Il avait envie de..


-" Je vous viderez de vos sacs de sang", murmura Art. Bien que déjà en état de semi berserk avait encore une infime chance de se calmer et d'éviter tout combat.

[-Pardon ? Je t'ai pas entendu sale consanguin. Et cette chose marche sur mes plates bandes en essayant de perdre ce qui m'appartient de droit alors qu'il est même pas capable de parler.

Ragnär se remit à rires sadiques que l'on réserve aux simplets trop faible pour se défendre. Cette fois Art cria du plus fort de ces poumons.

-JE DIS QU'UNE TAFIOLE çA RESTE UNE TAFiOLE!

Il y eut un silence presque salvateur, puis Ragnär rouge de colère lui aussi:

-Tait toi, sinon je t'ouvrirai ta grande gueule une dernière fois

Un sourire sadique s'afficha très largement sur le visage d'Art. Un truand qu'Art n'avait pas encore aperçu commençait a regretté d'être venu. Art lui même était totalement métamorphosé comme un ciel rouge sang avant le ragnarok. Il n'avait plus du tout l'air du paysan un peu simple d'il y a seulement quelques minutes. Il avait plutôt l'air d'une espèce de divinité regardant les mortels avec un profond mépris. L'attitude même d'Art pendant ces quelques secondes qui parurent irréel avaient changé. Il se comportait maintenant avec l'attitude d'un noble.

-Il me semble t'avoir traité de tafiole mon grand, mais tu es incapable de prouver que tu en es pas un. N'est-ce pas Sir Ragnär?. Dit-il d'un ton très calme et sarcastique qui ressemblait pas du tout à Art en colère.

Ragnär se jeta alors sur un Art qui attendait que ça. Et se fût à ce moment précis qu'Art perdu toute mémoire de la suite des évènements. Pourtant quelques secondes plus tard il désarma le bandit et l'assomma avec force contre le mur. Quelques le temps d'un battement de cil plus tard il mit ragnär par terre et avant que celui-ci ai put faire quoi que ce soit, commença à le marteler de coups de poing. Soudain il entendit le cri d'une jeune femme qui lui semblait étrangement familière. Et la rage de Art se calma et il reprit conscience de lui même juste le temps de perdre à nouveau conscience.


Il se trouva étendu dans le foin en train de se faire soigné par la jeune serveuse qui se nommait Lëly. Il prit le bouillon qu'elle lui tendit. Il ne comprenait pas grand chose à ce qu'elle lui racontait. Mais il comprit que ragnär était vivant. C'était la première personne à sa connaissance qui avait survécu à une attaque de ces crises. Et il le regrettait déjà. Il ne comprit pas vraiment le principe de possession d'une personne. Dans sa culture de paysan on devait respecter sa femme sinon il te restait plus rien. Même si tu l'aimais pas tu devais la respecter. Il se souvenait de son père se moquant de ceux qui maltraité leurs femmes parce qu'elles obéissaient pas ou que c'étaient des bouche inutiles à nourrir. Son père avait toujours était très famille et savait que tout ce que pouvait lui offrir sa femme faisait partit du peu qu'il avait.



-Ainsi donc... "kof" Ainsi donc Ragnar est vivant... C'est le premier à avoir... Survécu... A une attaque...

Il fût bien sûr déçu de n'avoir plus aucune chance avec la demoiselle. Mais il se sentit soulager en même temps. Mais il se sentit obliger de lui parler un peu. Et c'est en fait tout naturellement qu'il lui fit quelques confessions en retour.

-Mon nom ... est Art. Je n'ai en fait qu'une seul envie maintenant...Aller dans un sanctuaire Près de Mannheim voir les prêtres de Caer Dyvi... Très réputé. Un grand sourire de joie se dessina sur le visage d'Art.


-Ils me libéreront de cette malédiction. Ils me l'ont promit.

Puis après un silence. Il repensa les circonstances dans lesquels il s'était fait sa dernière blessure. Et aussi sa situation actuel.

-Je ne veux pas mourir.


Il commença à boire un peu son bouillon censer le guérir. Mais il n'y croyait plus il pensait qu'il allait mourir ici. Au milieu de nul part. Dans une auberge entourée d'ivrognes. Soudain il entendit des pas venir vers l'endroit où ils étaient la tête de Brado apparut soudain.

-Hey Art, l'autre un certain Ragnär qu'il parait, entre nous ce nom fait penser à Break quand il vomit... Mais bref je ne sais pas pourquoi il c'est mit à nous agressé avec toute sa bande prétextant qu'il avait casser ta grande gueule comme il disait, ce qui est faux je vois que tu profites bien de la jeune fille. Ah oui j'ai entendu que les jeunes humains ne faisaient que ça. Après on s'étonne pourquoi vous êtes si faible. Enfin pas toi Art, enfin visiblement tu penses qu'à ça aussi. Sinon après nous avoir allégrement traité de demie-portions il a tenté de nous chassé de l'auberge. Tu connais Bolt! Ça lui a pas du tout plus. On s'en est tous donné à cœur joie. En moins de deux cette bande de blanc bec à pas tenu une minute et pourtant ils étaient armés et pas nous. En plus je sais pas si tu te rends compte le plus vieux doit faire à peine le tiers de mon âge. Et maintenant on est face à un dilemme... Bolt veut casser les bras à ce Ragnär...Feyr lui couper une main... Brado et moi lui casser les côtes. Les autres s'en moquent sauf hasil qui a jugé qu'ils avaient eut leurs dose pour cette fois mais qu'on pouvait leurs piqué les armes pour les fondre et faire de nouvelles armes. Tu en penses quoi?


Un grand sourire sadique s'afficha sur le visage Art... Fallait pas faire chier un nain! Il savait tout de même que les nains faisaient surtout ça pour faire peur à Ragnär pour avoir une occasion de plus de se disputer et rigoler un bon coup en même temps. A part Hasil qui voulait surement vraiment leurs piquer toutes leurs armes et Feyr qui voulait sûrement vraiment lui couper la main...
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MessageSujet: Re: Un Mercenaire et Sept Nains   Mar 19 Mar 2013 - 10:10

Lëly papillonna des paupières devant l’irruption du mercenaire. Le Nain avait pommettes et mâchoires anguleuses, contrastant étrangement avec son nez épaté et ses lèvres épaisses, encore teintées de vin. Le nom du petit personnage lui revint instantanément : Brado. C’était l’adversaire de Break dans la rixe simulée de la nuit dernière. Un sourire goguenard flottait dans sa barbe brune drue, donnant à son regard perçant et ses traits épais un air malicieux, alors qu’il énumérait les châtiments que la troupe de Nains avait l’intention de faire subir à Ragnär.

Art souriait aussi…mais d’un rictus froid et sans joie. Le temps d’un souffle, Lëly crût sentir l’air vibrer autour de lui. Son corps blessé sembla absorber la lueur blafarde de l’aube alors que dans son jeune regard tournoyaient de sombres méandres, comme l’annonce d’un prochain orage. Elle eût à peine le temps de s’émouvoir de cet étrange phénomène qu’il s’était déjà dissipé, lui rendant le jeune mercenaire aux airs candides qu’elle avait soigné.

- Qu’est-ce que c’était que ca ?! La fameuse…Malédiction dont il avait parlé ? Au simple nom de Ragnär, quelque chose à changé en lui. On l’aurait dit prêt au …meurtre…

C’est alors que lui revint un vieux conte que son père lui narrait souvent au coin du feu, inspiré des légendes transmises et pérennisées dans ses Montagnes de Bestla natales. Elle parlait d’hommes - et parfois de femmes, mais cela semblait beaucoup plus rare – dont la mortelle enveloppe avait été choisie pour recueillir la Colère Divine : Ber’zerkir, les Guerriers-Ours. Cela intervenait souvent à la puberté, se traduisant par une crise de colère incontrôlée et extrêmement violente. Par la suite, ces Hommes-Ours étaient souvent chassés de leurs clans, condamnés à l’errance car devenir l’instrument d’une vengeance divine était à la fois un honneur et une malédiction. Si la force et la résistance de l’élu s’avéraient décuplées lors de ses crises, le rendant presque invincible, il demeurait complètement imprévisible, à l’image des desseins mystérieux des Dieux. Une petite contrariété, une angoisse trop vive pouvaient déclencher chez l’individu la Divine Furie. Le malheureux perdait alors tout contrôle de son corps, de ses pensées et, sous la férule de Ceux-d’en-Haut, se laissait habiter et guider par cette colère folle, jusqu’à en perdre la tête ou…en mourir parfois.

- C’était donc ça …La malédiction, l’affrontement avec Ragnär et les dégâts que tu lui as infligé, malgré votre évidente différence de force et de constitution. Le cœur de Lëly se serra alors que son regard se posait sur Art, ses grands yeux bruns et sa tignasse folle, ses airs d’adolescents. Tu as perdu le contrôle… Tu es…un ber’zerk.

« Je ne veux pas mourir »
. Les mots du jeune garçon étaient clairs à présent. La Colère avait dû s’éveiller en lui depuis peu, bousculant cette nature douce et un peu naïve qui se lisait sur ses traits, dans sa façon d’être. Sans doute était-il devenu un paria, comme elle, victime ses crises… et avait-il choisi le métier de mercenaire pour s’adapter et user au mieux de sa nouvelle condition. Mais il était si jeune encore !

Une bouffée de compassion et culpabilité prit la jeune femme à la gorge. Après tout, n’était-ce pas à cause d’elle si Ragnär avait cherché des noises au mercenaire ? Elle posa délicatement la main sur le bras d’Art, lui adressa un sourire ému et maladroit. Bien que Lëly fût peu familière du contact physique, elle n’avait pas trouvé d’autre moyen pour partager le capharnaüm de sentiments qui se bousculait en elle. Ce geste voulait dire « Pardon. Merci. J’ai compris ta situation. Je compatis », tout à la fois. Et le regard que lui rendit Art lui montra qu’il en avait saisi le sens.

Un raclement de gorge très gras et prononcé mit fin à leur conversation silencieuse.

- Hum ! J’m’excuse d’interrompre vot’ moment d’osmose intense, genre on s’parle par le regard parce qu’on est jeunes, fougueux et passionnés… intervint Brado avec sa délicatesse coutumière. Mais y’a Ragnär et sa bande de gais-lurons qui sont en train de s’vider d’leur sang dans la salle là-bas. Et on aimerait bien savoir c’qu’on fait d’eux !

L’espace d’un instant, Lëly crut qu’ils avaient vraiment l’intention d’en finir avec les soudards mais la gouaille de Brado la rassura sur les intentions des mercenaires : la bande de Nains semblait plutôt encline à leur filer une bonne leçon. L’idée l’amusa et lui sembla équitable. Cet immonde personnage méritait de payer pour le mal causé.

- Cette auberge compte un beau nombre de soudards, pervers et autres consanguins locaux…mais ils sont inoffensifs. Ragnär et ses petites frappes sont véritablement dangereux pour les clients et les tenanciers de cette auberge. Ce soir, il a dépassé les bornes. Il n'en demeure pas moins que Ragnär est un bouvier reconnu par ici. On le paie bien pour ses services et il vient dépenser tout ses salaires en boisson au Tonneau. Mäalt ne refusera jamais l’entrée à un si bon payeur… Elle s’accorda un moment de réflexion en silence, puis un sourire torve vint étirer ses lèvres. Néanmoins, il n’est qu’une façon de convaincre mon patron de ne plus le laisser franchir ce seuil…Mais je vais avoir besoin de votre aide, à tous. conclut-elle, laissant glisser son regard d’Art à Brado.

Au matin, une fragrance de purin frais vint chatouiller Mäalt aux narines, l’arrachant à son sommeil. Présentant un évènement de mauvais augure, le tenancier passa robe de chambre et pantoufles en hâte puis sortit de sa chambre, se laissant guider par son odorat. Il ne fit guère attention à la salle impeccablement rangée malgré le chaos d’hier soir – le travail de cette gosse parasite, qu’elle avait tout intérêt à accomplir si elle ne voulait pas se retrouver sans pitance durant deux jours – et la traversa le nez en l’air, s’approchant de la source nauséabonde. Il posa la main sur la lourde porte d’entrée et l’ouvrit avec une lenteur pleine d’appréhension.

- AAARRH ! fit Mäalt en découvrant la façade de son auberge couverte de fumier. RAH ! ajouta-t-il lorsqu’il découvrit la charrette de Ragnär tout près de la scène de crime. Par les entrailles puantes des enfers !! vociféra-t-il lorsqu’il aperçu le Bouvier et sa bande avachis contre le mur, leurs mains souillées agrippant encore des bouteilles de liqueur vides.

Un peu plus loin, cachés dans les étables, Lëly , Art et les Sept Nains contenaient à grand peine leurs éclats de rire. Ils avaient dû travailler vite et bien avant l’arrivée des premières lueurs du matin, mais cela en valait la peine. La chaux claire revêtant les murs du Tonneau avait disparu sous une couche grasse et nauséabonde de bouse, les ventaux et les vitres non plus n’avaient pas été épargnés. Un véritable ravalement de façade ! Les hurlements de Mäalt avaient déjà attiré une foule de passants qui se gaussaient, le nez pincé par l’odeur écœurante.

- C’est toi qui as fait ça, maudit soudard ?! HEEEIN ? C’EST TOI ? hurlait Mäalt en secouant un Ragnär vaseux, les yeux hors de la tête.

- Bbh..Q..Quoi ? L’homme arrivait à peine à garder les ouverts, dodelinant de la tête. Non…Bbgglmm…C’est...Pas moi...!

- Et cette charrette flanquée d’un panneau à ton nom hein ?! T’es bouvier non ? Ici, y’a qu’toi qui gagne ta vie en vendant d’la m…

Mais il n’eût pas le temps de finir. Un hoquet gargouillant secoua Ragnär qui vira au verdâtre, obligeant Mäalt à reculer d’un bond assez spectaculaire pour un Nain, de peur de voir ses pantoufles et sa robe aussi souillées que son auberge. Le bouvier et sa bande s’étaient vus gratifiés de quelques coups et pintes supplémentaires, gracieusement offerts par les mercenaires Nains, puis avaient été traînés, inconscients et pleins comme des fûts, sur la scène du crime, en parfait coupables. Leur réveil brumeux et leur argumentation tout aussi chancelante acheva de plonger Mäalt dans une colère noire, ce qui le rendit sourd à toute explication plausible.

- Tu va l’payer très cher, Tête d’Argile ! Parole de Nain ! hurlait-il en distribuant des claques aux acolytes de Ragnär, à défaut d’en donner au bouvier qu’il répugnait à toucher. Ca va pas s’passer comme ça !!

Bientôt Roberta vint s’ajouter au chœur des récriminations et l’altercation devint un spectacle public à sensation,pour la plus grande joie des Nains et Humains qui se tordaient de rire dans les écuries. Essuyant leurs larmes, Break et Brado échangèrent un regard complice. Les deux Nains ne s’étaient pas joints à la réfection de la façade, prétextant une affaire plus importante, qui aiderait néanmoins à la ruine du bouvier.

- Et maintenant, le clou du spectacle ! s’écrièrent-ils d’une même voix, sortant de leur cachette.

De son côté, pétri de honte et de dégoût, Ragnär tentait de faire amende honorable.

- T’énerve pas le Borgne, je vais te rembourser les dégâts tout de suite ! Il porta la main à son escarcelle, qui avait bien évidemment disparu, et grinça des dents dans un sourire forcé. Je… Je vais vendre mes meilleurs bœufs ce matin même et…

C’est le moment que choisit le garçon vacher, assistant de Ragnär, pour faire irruption sur la scène en agitant les bras d’un air alarmé, comme dans un mauvais vaudeville.

- Maître, maître ! Le troupeau s’est enfui de l’enclos ! hurlait le garçonnet. Les bœufs ne sont plus là !

- Comment ?! rugit Ragnär, saisissant l’enfant par le col. Tu étais censé les surveiller, maudit avorton ! Sa main se leva, menaçante, prête à molester le garçon.

- HA ! Pris la main dans l’sac !
- Oui ! La main dans l’sac !

Break et Brado venaient de surgir, avec l’air pénétré des justiciers en action. Ils se plantèrent aux côtés de Mäalt et pointèrent un doigt accusateur sur Ragnär, aussi stupéfié que tremblant de rage muette.

- Cette homme, mon bon sire, n’est qu’un pauvre hère aux mœurs violentes et dévoyées ! clama Brado, posant une main fraternelle sur l’épaule du tenancier. Vous devriez avoir honte de lui donner à boire !

- Oui, Ragnär Tête d’Argile semble avoir une passion dévorante pour les jeunes adolescents. Non content de s’en prendre à ce garçon ici présent, il a aussi tabassé notre compagnon de route pour avoir refusé de répondre à ses avances concupiscentes ! ajouta Break en revêtant une moue outrageusement scandalisée.

Lëly sentit Art blêmir dans son dos, sans doute peu ravi de nourrir un mensonge aussi tordu, mais elle lui envoya un clin d’œil dans l’espoir de le rasséréner. Après tout, les Nains avaient fait mouche. Une telle accusation ne pouvait faire qu’enrager un machiste tel que Ragnär.

- Mon frère ! renchérit Brado, une main sur le cœur, se tournant vers Mäalt dans un vibrant appel. Nous te respectons et apprécions ta compagnie, mais nous ne pouvons daigner rester plus longtemps dans ton établissement alors que ce soudard corrompu y rôde la nuit ! Après tout… notre petite taille induit grand nombre de gens en erreur et…il est aisé de nous confondre avec des enfants, dans le noir des chambres…

- Qui sait…ce que monstre pourrait nous faire…murmura Break, la lippe tremblante et l’œil mouillé dans une parfaite imitation de la jouvencelle éplorée.

Maält hocha la tête avec gravité et lança un regard mauvais à Ragnär, les traits déformés par le mépris et la colère.

- Chais pas comment j’ai pu vous laisser passer la porte d’mon établissement aussi longtemps, toi et tes bouseux ! Déguerpissez d’ma vue…Tout de suite !! Sa décision fut saluée par les acclamations de la foule, qui n’avait pas manqué une seconde de la scène. Et si j’vous vois rôder à moins d’cinq pieds de mon auberge, j’vous colle la Milice au train !

Sous les huées, Ragnär reposa lentement le petit vacher qui s’éloigna en hâte. Lorsqu’il passa près du théâtral duo de Nains, Brado lui fit discrètement passer la bourse volée de son Maître et le gratifia d’un clin d’œil.

- Le garçon aussi était dans le coup ! Un sourire ravi éclaira le visage de Lëly. Et moi qui pensait être la seule à haïr cet horrible personnage, être seule dans ce combat…

Les huées des badauds, l’hilarité et la complicité des Nains et d’Art…Tout cela lui faisait chaud au cœur. Elle avait été seule si longtemps, à serrer les dents, endurer les coups ! Et maintenant, grâce à la compassion et à la malice d’un groupe de mercenaires dont elle ne savait rien, elle regardait s’éloigner un de ses pires cauchemars, humilié et crasseux de sa propre fange. Cela semblait presque irréel… et il lui fallut attendre que la foule se disperse, que Ragnär disparaisse derrière les collines pour qu’elle réalise enfin qu’elle en était débarrassée. Un étrange sentiment de bonheur et de soulagement, presque trop vif pour elle, gonfla sa poitrine d’un soupir ému. Elle n’avait pas rit depuis si longtemps…

Mue par un élan presque incontrôlable, elle se laissa tomber sur les genoux et déposa une bise sonnante sur chacune des sept joues barbues puis se redressa d’un bond pour serrer le jeune homme dans ses bras. Un grognement de douleur étouffé la rappela à l’ordre.

- Excusez-moi, je … Elle se dégagea vivement et recula d’un pas, tentant de remettre en place quelques mèches de sa crinière ébouriffée, les yeux rivés au sol. Ce doit être la fatigue… Mais ce coup monté valait bien une nuit blanche ! Les mains jointes contre sa poitrine, elle inclina la tête, le sourire aux lèvres. Je vous remercie de m’avoir aidé à me débarrasser de Ragnär. Personne avant vous ne s’était autant intéressé à mon sort. Les gens se soucient rarement des souillons des cuisines et des étables. Je suis votre débitrice.
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Paysan-berserker
Art Aegirsonavatar

 :Peuple :
Humain
 :Âge du personnage :
18 ans
 :Equipement :
Une armure en cuir clouté, avec des runes censées lui porter chance, deux haches en acier. Une patte de lapin.


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Re: Un Mercenaire et Sept Nains   Mer 8 Mai 2013 - 20:12

Art se retrouvait donc plutôt bonne posture, son action avait entrainé tout un tas de fait qui( il devait bien l'admettre) étaient plutôt cocasse. Un bouvier allait s'en prendre à une troupe de nains parce que ceux-ci étaient trop petits... Cet imbécile n'avait jamais dû voir de nains de sa vie, sinon il aurait jamais confondu des nains avec des enfants s'amusant aux mercenaires. Il ne pouvait donc pas comprendre que leur petitesse faisait en sorte qu'ils perdaient moins l'équilibre qu'un humain. Ils gardaient toujours les deux pieds sur terre ces fous.

Puis Lëly commença à lui poser des questions à propos de ses pulsions meurtrières et il se trouva bien embêter.Il ne savait en effet pas quoi lui répondre. A vrai dire il comprenait pas très bien ou elle voulait en venir ni de quoi elle voulait parler. Elle avait même l'air de suggérer qu'il y avait des pré-pulsions meurtrières! Ridicule, cela le prenait d'un coup et puis c'est tout. Seul les dieux pouvaient le libérer de ce fléau. C'était quoi ces berse... truc dont parlait Lëly. Des gens comme lui existait donc réellement? Le vieux prêtre avec qui il en avait parlé avait lui aussi l'air de penser la même chose. Il sortit donc à Lëly de peur de l'effrayer et étant dans une réel incompréhension, lui même:


-Je... Je sais pas!

Et si se n'était pas un vampire qu'il lui avait donné cette force? Mais un dieu qui guidait les pas d'Art? Autant de questions qui faisaient que le jeune homme avait de plus en plus envie d'aller vers le sanctuaire. Il préférait cette idée d'avoir été touché par la grâce divine. Bien que les dieux de ce triste monde étaient cruel, les servir ne devait pas être donc de tout repos, de toute façon se dit Art, rien n'était aimable avec les paysans sans cesse obligés de survivre par leurs propre moyen et forcé de se soumettre. Soudain Lëly posa sa main sur le bras d'Art, qui reçu instantanément un espèce de choc. Il avait pas l'habitude qu'on le traite de cette façon, avec autant de gentillesse surtout après qu'il est eu une crise de berserk. Brado quand à lui avait déjà l'air de connaitre ce nom, car après le discourt qu'il fit pour qu'on "porte secours" à Ragnar et ses amis , il dit à un Art encore tout déboussolé:

-Art les Berserkers est un titre honorifique aux plus puissants guerriers nain! Puis il rajouta à voix basse. Tu as dû être fort comme un ours sur ce coup

-Une allusion à tes performances de cette nuit sans aucun doute dit il avec un petit coup dans les côtes, qui arriva heureusement sur une partie non brulé de la peau d'Art.


Art était toujours surpris de la façon dont les évènements pouvaient être interpréter par les nains. La suite des évènements fût digne d'une fable, pendant que Art se reposait de sa nuit assit sur la chaise en train de dormir à moitié. Art écoutait et se demander où eux tous voulaient en venir. Les 7 nains et Lëly semblèrent mettre au point un plan d'action digne de Loki lui même. Au vu du sourire sadique qu'avait tout les nains. Art plaignait presque leurs victimes, toutefois un sourire sadique qui ne lui ressemblait pas en temps normal flotter aussi sur son visage. Ils parlèrent de charrette remplit d'excréments. L'idée vient de Break se qui étonna nullement Art. Bolt et Feyr après une nuit bien agité avait déjà plongé Break dans une charrette du même genre. Il avait visiblement pas dû en garder un bon sourire vu la joie démente qui se lisait sur son visage à l'idée de pouvoir enfin faire subir ce supplice à quelqu'un. Hasil s'était mis entre Feyr et les victimes de l'alcoolisme. En effet le regard de Feyr était particulièrement sadique tout les nains savaient que cela signifiait rien de bon. Quand à la bande de pochtron inconscients gisant sur le sol... Ils ronflaient tellement fort que ça tenait du miracle, qu'aucune personne ne soit venu se plaindre du bruit. Ils étaient tous ivre mort. Art n'avait jamais vu un seul nain finir comme ça. C'était pour dire.


Les derniers détails furent régler, le lendemain Art fatigué comme tout. Le plan diabolique se referma sur Ragnar comme il était prévu. Le nain borgne dont la seule vu donner désormais à Art de lui enfoncer une hache dans le crâne cria sur Ragnar de toute son antipathie habituelle, sauf que cette fois Art était aux anges. Ragnar voulut faire amende honorable. Probablement pour pouvoir continuer à boire. Sa bourse ayant disparu et son troupeau aussi. Le garçon vacher oublia un détail... Quelque vaches accompagneraient les nains pour leurs servir de garde manger ambulant. D'où le fait que ses derniers voulaient partir au plus vite. Bizarrement Art se sentait triste à cette idée, mais il savait que c'était le meilleur choix. Lëly ne pourrait pas fréquenter en permanence un monstre comme lui. C'est au moment où le garçon vacher faillit s'en recevoir une que Brado et Break inventèrent cette histoire, comme quoi lui Art avait faillit se faire violé par cette ordure. Les mains d'Art se mirent à trembler. Cependant d'un geste Lëly parvient à le calmer partiellement, ainsi que la tête que tirait Ragnar à cette nouvelle. Cependant Art jeta un regard furieux à Brado qui lui fit un petit sourire moqueur en coin.

Il se mit à essayer d'imaginer à la suite du discourt comment des nains pouvaient être confondu avec des enfants... Que Ragnar essaye, il était sûr que même à moitié ivre et en sous effectif les nains arriveraient facilement à mettre hors d'état de nuire, et même tout seule une vingtaine de gens comme Rägnar.

Art eut l'impression que personne croyait aux mensonges de Brado et Break, peut-être Maält, peut-être qu'ils imaginaient tous en train d'essayer de se faire forcer par Ragnar, juste à l'idée Art trembla. Brado donna la bourse au garçon vacher pour service rendu et en échange du silence de ce dernier à la disparition des vaches gardées par Feyr, mis à l'écart pour éviter que la blague finisse en carnage sanglant. Lëly alla malgré tout retrouver le personnage en train de ronchonner et de menacer avec sa hache une vache qui le regarder . Lëly pas décourager pour deux sous alla lui faire la bise.


-J'en ai marre de ses bestioles! Cria presque Feyr.Puis en plus faut les traire nom de nom quelqu'un sait traite une vache au moins?

Après quelques secondes de réflexion tout les nains se tournèrent vers Art avec un grand sourire. Il fut même envisager de garder une vache pour pouvoir boire du lait.

Pour finir Lëly par serra Art fort contre elle, le pauvre jeune homme se mit à voir rouge. Pour faire un léger gémissement de douleur pour en pas passer pour un pleutre auprès de ses collègues nains. Cependant une étrange sensation et un léger sourire plana sur le visage d'Art. Bolt lui glissa discrètement un:


"-t'inquiète pas tu en auras d'autre dans la prochaine auberge, j'en suis sûr"

Le discourt de remerciement de Lëly fut bien accueillit par les nains avec un grand sourire, à la fin de celui-ci Bolt répondant très amicalement:

-Ce fût un réel plaisir moi et mes gars avons pas autant rit depuis très longtemps, de plus ça fait plaisir d'aider une amie a Art. D'ailleurs si tu es vraiment notre débitrice...

Et là tout les nains crièrent en cœur:

-Sert nous de la bierreeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee


Tout les nains alors se remirent à boire leur soif, et dans l'après-midi après des adieux. Un départ précipité, un tour de rôle auprès des vaches plus que pas discret. Des éclats de rire. Art eut le temps de faire dans un morceau de boit taillé représentant un ours tenant sur ses deux jambes, qu'il mit discrètement dans la main de Lëly après lui avoir fait la bise et une accolade. Il avait fait cette petite statue avec une vague idée en tête, qu'il avait entendu de la part du prêtre qui l'avait envoyé au sanctuaire:

"Si tu acceptes ta malédiction tout commencera à aller mieux".

Art, n'avait pas comprit cette phrase sur le coup, mais pour une raison inconnue elle lui revenait maintenant en mémoire. Étrangement cette pensée redonna le sourire à Art bien qu'il s'éloignait de la taverne.
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