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 Comme un ours en cage. [PV Leleka]

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MessageSujet: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Mer 13 Nov 2013 - 0:31

Cela faisait un moment qu’Art attendait dans la salle, il regardait du coin de l’œil les personnes qui l’avaient agressé au début de la soirée et il vit qu’aucun d’entre eux n’osait seulement le regarder à présent. La journée avait été très dure pour le berserker, il commençait à avoir vraiment les nerfs à vifs même s’il n’avait plus aucune raison de s’énerver. Il attendait Yseult, la seule personne qui celons lui pouvait le calmer en un rien de temps, mais celle-ci tardait à venir, visiblement elle avait dû s’enfuir après avoir entendu de quoi Art était capable, ou peut-être pas. Il avait envie de revoir ses amis. Pour une des premières fois de sa vie restait en place ne calmer pas ses prémices à la crise de berserk, bien au contraire elle l’encourageait… chaque secondes était comme une torture. Il avait l’impression d’être une bête sauvage que tout le monde regardait comme une curiosité dont il ne valait mieux pas s’approchait. Plus il attendait plus il s’énervait. Plus il voyait du sang partout, la salle devenait de plus en plus rouge. Il voyait du sang sortir du cou des personnes qui rentrait dans son champ de vision. L’aubergiste qui le dévisageait, les autres qui n’avaient pas eu la leçon qu’ils méritaient… Tous lui donnaient des envies de meurtres. Avant de perdre totalement les pédales et certainement dans une des dernières instants de lucidités avant de devenir une bête sanguinaire il demanda d’une voix forte.

-Aubergiste de la bière !!!

Sa voix était autoritaire et n’attendait aucun refus, malgré l’état crasseux dans lequel se trouvaient Art, sûrement sa forte odeur, et la possibilité plus que probable pour ne pas pouvoir payer l’aubergiste. Celui-ci vint lui apporter sa choppe de bière sans se faire prier. Qu’il bût d’un trait.

-Une autre !!!

Il vit l’aubergiste ouvrir la bouche comme pour protester puis la fermer tout de suite après. Il regarda autour de lui sûrement en espérant voir un quelconque soutient puis il repartit. L’aubergiste décida qu’il valait mieux coopérer, c’était pas du tout le moment d’embêter le jeune homme. Un orage semblait flotter dans l’air. Le temps que l’alcool commence vraiment à lui monter à la tête l’ours humanoïde commença à se calmer. Il se sentait un peu de nouveau comme chez lui au bon vieux temps. Au fur et à mesure qu’Art se calmer les bruits commençaient de nouveau à monter. Toutefois il était plus que visible que l’ours se trouvait au milieu d’un grand cercle vide. Ces proches voisins ayant préférés partir sans rien dire.


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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Jeu 24 Juil 2014 - 2:03

Si vous avez manqué le début:
 

L’homme ne la suivit pas, manifestement, en tout cas Leleka ne l’entendit pas. Ses pas hésitants la portèrent jusqu’à l’escalier, où elle rencontra une serveuse qui lui indiqua que ses vêtements étaient propres et secs. Par chance ses affaires n’avaient pas encore été ramenées dans sa chambre, la jeune femme la guida jusqu’à la buanderie où elle put se changer et restituer le vêtement de nuit. Elle chercha à demander où elle était, depuis combien de temps, ce qu’avait dit l’homme avec elle. La servante la redirigea vers le tavernier, un ancien prêtre apparemment, qui saurait peut-être lire sur ses lèvres. Elle esquissa un pâle sourire et s’inclina légèrement pour la remercier, avant de réaliser que ses bottines et sa besace étaient restées dans la chambre. Ses pieds nus et ses gestes firent comprendre à la servante d’aller les lui chercher, ce dont elle lui sut gré. Elle ne voulait pas remonter, elle ne voulait pas revoir l’homme aux cheveux pâles, son visage, ses mains, elle ne voulait plus entendre sa voix, ses mots, son phrasé d’un autre siècle. Elle voulait juste que tout ça n’ait été qu’un rêve et se réveiller à Mannheim, dans son lit de l’auberge, encore candide et innocente. Mais plus d’innocence à présent, plus d’espoir de rédemption, plus rien que le néant et ses mains tachées du sang d’un enfant.



L’aubergiste l’accueillit comme s’il l’attendait, la servante avait dû le prévenir. Malgré l’air sévère gravé sur la moindre ride de son visage, il n’hésita pas à chasser quelques clients du bar pour lui permettre de s’y asseoir. Leleka n’était pas en état de s’excuser auprès des jeunes hommes propres sur eux, pas en état d’entendre les "mademoiselle" qu’ils murmuraient en s’écartant poliment. Son regard vide et son teint blafard parlaient probablement mieux que sa voix n’aurait pu le faire, sa démarche hésitante et ses mains tremblantes étaient assez éloquentes. Le prêtre Fandris lui expliqua brièvement que l’homme aux cheveux blancs l’avait amenée au Divin un peu plus tôt dans la journée, inconsciente, qu’il avait payé la chambre et un repas d’avance, celui qu’on lui avait monté. Ce qui sous-entendait qu’elle devait à présent vivre sur les quelques piécettes au fond de sa besace. L’ombre d’un sourire plissa fugacement les lèvres du tavernier lorsqu’il précisa qu’il y aurait probablement du pain pour elle et peut-être un morceau de fromage, si elle avait faim. Mais elle n’avait pas faim. Pas vraiment. Elle avait bu la soupe. Enfin peut-être qu’un bout de pain… en fait oui, elle avait faim, et elle se disait qu’elle n’aurait pas dû. Elle hocha la tête en articulant un "s’il vous plaît" silencieux. Ca lui serrait la gorge d’avoir faim alors que Ciel n’aurait probablement plus jamais faim, lui. Alors que le type qui l’avait amenée ici était responsable de sa mort. Elle aurait voulu comprendre pourquoi il les avait attaqués, comme ça, sans raison. C’étaient les bandits qui attaquaient sans raison, mais ils ne ramenaient pas les femmes dans les tavernes bien fréquentées sans leur faire de mal et en leur laissant l’ensemble de leurs possessions. C’était peut-être un des hommes qui voulaient la mort de Ciel, ignorant qu’elle avait défiguré un de ses semblables ? Sa cible disparue, il aurait estimé qu’il ne pouvait pas la laisser mourir de froid ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas un chevalier blanc qui l’aurait crue captive d’un homme sans cœur et aurait cru bon de lui sauver la vie, tant qu’elle y était ? Elle soupira lourdement et entama tristement le morceau de pain, la gorge nouée. L’homme pâle n’avait pas répondu à ses pitoyables tentatives de questions, n’avait pas réagi quand elle avait quitté la chambre, elle ne saurait probablement jamais.

Les bouchées avaient du mal à descendre. La jeune femme n’était même pas sûre d’avoir seulement envie de manger. Elle ne savait même pas si elle avait vraiment faim ou si elle grignotait juste miette après miette pour s’occuper les mains et la bouche. Elle avait honte de manger. Elle reposa le pain, serra ses mains tremblantes l’une sur l’autre. Le prêtre-aubergiste la scrutait comme s’il cherchait à lire ses fautes sur son visage.

L’appel d’un homme qui réclamait de la bière la fit sursauter. La voix était forte, un peu rauque, avec un fort accent paysan, et un ton qui ne lui disait rien de bon. Instinctivement elle en chercha l’origine, le regard inquiet et la peur – de quoi, de qui ? – au ventre, croisa le regard injecté de sang d’un homme jeune et en loques. Elle entendit sans les écouter les murmures des jeunes hommes à côté d’elle, à propos de ce rustre qu’ils avaient déjà raccompagné à la porte un peu plus tôt. Pourquoi ? Elle était mal à l’aise de voir ce garçon dans son armure cloutée, inquiète de lire une telle agressivité sur son visage et dans son attitude, malade de se demander s’il avait des armes sur lui, de se dire que vu qu’il avait une armure il avait certainement des armes aussi. Elle détourna vivement les yeux, livide, bien trop consciente de l’ambiance soudain pesante de la salle, les ongles enfoncés dans les mains à s’en blanchir les doigts et le corps pressé contre le comptoir comme si elle pouvait s’y fondre. Et elle se demandait si les Ases continueraient encore longtemps à s’acharner sur elle.

Si elle avait mieux regardé, elle aurait probablement vu que la plupart des convives présents avaient une arme à la ceinture, au dos ou posée à côté d’eux, et que certains n’attendaient qu’un geste brusque pour sauter à la gorge du gêneur. Si elle avait été en état de le remarquer, elle aurait su que le prêtre Fandris, tavernier de son état, avait glissé un peu de poudre dans la bière qu’il avait apportée au garçon. Si elle avait été habituée de l’établissement, elle aurait su que c’était ici la façon dont on se débarrassait des soiffards un peu trop agressifs : un produit qui démultipliait les effets de l’alcool et favorisait le sommeil, sans autre effet secondaire qu’une vilaine gueule de bois le lendemain. Mais elle n’était qu’une pauvre fille perdue et inquiète dont seul le regard pouvait exprimer toute la détresse.


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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Lun 4 Aoû 2014 - 15:13

La nuit tombait quand il poussa la porte du Divin. L'odeur de bois, de musc et du rôt était prenante mais l'ensemble donnait une impression agréable, bien supérieure au Sanglier Rôti où il s'était arrêté quelques heures plus tôt. Ce serait cher. Ça se voyait. Et Gwyliam commençait à se dire que c'était peut-être un peu imprudent que de passer ainsi d'auberge en auberge au lieu de camper et vivre de sa chasse. Il était vrai que, pour le moment, le voyage ressemblait plus à une partie de plaisir qu'une quête. Depuis qu'il avait quitté les Montagnes, il n'avait fait que suivre les routes, regardant les gens de Midgard aller d'une ville à l'autre, travailler dans les champs ou amener leur bétail à la ville. Le seul moment excitant, si on pouvait le définir ainsi, était lorsque cinq brigands armés de mauvaises épées avaient voulu lui extorquer un péage pour un pont. Mal leur en avait pris. Il avait simplement saisi sa lance et avait chargé. Les deux qui bloquaient le passage avaient sauté sur le côté. Un autre, plus impudent, avait tenté de blesser Cawaladr. Il s'était pris le fer de lance dans l'épaule maîtresse et lâché son arme. Un autre avait fuit et le dernier s'était vu assommé d'un coup de botte dans le cou. Et il était passé.

Il avait hésité bien-sûr, à retourner finir la bande. C'était ce que Luccin aurait fait. Sur leurs Terres. Mais ils étaient en Terre Eivid là. Celles du Roi de tous les hommes. Et le jeune écuyer n'était pas certain que le Roi apprécierait qu'on fasse la justice sur ses Terres. Quant à se les trimbaler... le pont était au milieu de nulle part, sur le plateau, et il n'avait pas que ça à faire qu'un détour de plusieurs heures pour mettre des paumés dans une prison. Du coup, il les avait laissé là, voilà, et il avait prévenu l'aubergiste du Sanglier Rôti qui, malgré sa jambe blessée, semblait parfaitement capable de tracer les idiots et d'en faire ce qu'il fallait.

Non, il avait bien fait. Sûrement qu'il dormirait du sommeil du juste, dans les beaux draps du Divin. Il entra.

Il y avait dans cette taverne une tension qu'il n'avait pas tout de suite saisie. Les bruits semblaient bien silencieux. Suivant le regard des hommes, il aperçu un jeune homme à l'air féroce qui transperçait sa bière des yeux. Le vide s'était fait autour de lui. Il avait l'air sale et pauvre, bien loin du standing de l'établissement. Le jeune homme vérifia que sa dague jouait bien dans son étui et regarda l'aubergiste. Il avait l'air sombre mais pas inquiet. C'était chez lui. A coup sûr qu'il pouvait gérer. Valait mieux ne pas s'en mêler, ou en tout cas, pas tant qu'une bagarre n'éclatait pas.

Tant bien que mal, le nouveau venu se trouva une place au bar, à côté d'une jeune fille qui n'avait pas l'air dans son assiette. Il posa ses fontes qu'il avait gardé (il avait prévenu les garçons d'écurie en leur confiant sa monture que s'il retrouvait tout, ils auraient un pourboire et que si quoi que ce soit manquait, il saurait leur faire passer l'envie de recommencer) et attendit un moment. Il était à côté d'une fille – jolie – qui n'avait vraiment pas l'air bien. Son pain avait plus de miettes que de croute, son fromage était quasi-intact, il ne lui voyait pas de verre et elle tremblait presque, livide, malade. Il se demanda si quelqu'un avait appelé un docteur pour la demoiselle ou si c'était l'ambiance, il est vrai un peu pesante, qui lui faisait un tel effet. Et si c'était le cas, pourquoi elle ne s'isolait pas. Plein de questions, pas de réponses, interrompues par une jolie serveuse qui lui demanda soudain ce qu'il voulait boire.

« Et bien, j'aimerais une chambre pour la nuit, avec un seau d'eau froide pour le matin, un plat de viande et de légumes, du pain, un cidre pour aller avec...et puis, euh, un grog pour la demoiselle, s'il vous plaît. »

Ambiance ou pas, il avait chevauché toute la journée et il sentait le gouffre qui lui servait d'estomac s'agiter. En attendant, plus il regardait la pauvre fille, plus il avait envie de la protéger. Il lui posa légèrement une main sur le bras.

« Mademoiselle, mademoiselle, ça va aller ne vous en faites pas. Je m'appelle Gwyliam. Quel est votre nom ? »

Il entendit une des serveuse faire une remarque sur les tentatives de dragues et plus précisément la sienne qui serait, selon elle, minable et se sentit rougir. Il ne draguait pas. Il ne pouvait juste pas laisser une personne en détresse sans lui porter secours. Il avait fait exactement pareil à la vieille dans la forêt du sanctuaire avec son fagot sur l'épaule. Exactement pareil. Même s'il ne l'avait pas exactement appelé Mademoiselle.


Dernière édition par Gwyliam Tancrel le Sam 24 Jan 2015 - 17:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Mer 6 Aoû 2014 - 15:25

L'hostilité envers lui était grandissante, les hommes avaient les mains près de leurs armes. Il en était l'épicentre. L'envie de les calmer le démanger. Il en était capable son instinct le disait, une bande de bon à rien... Une bande de noble qui avait tout ce qu'il leur fallait pour vivre pendant dix vies. Tout ça pour une bière qu'il avait commander. Visiblement ils n'aimaient pas les étranger. A force de ne rien faire ça devait les rendre fous. Il boirait leur sang. Du sang cultivé à la perfection. Un jeune homme passa, aussi étrange que cela puisse paraitre il n'eut pas l'air de le juger, celui ci alla s'assoir à côté d'une dame triste. Avec un instinct inné il eut l'air de s'efforçait à calmer. Un peu de calme dans ce monde de brute.

Le prêtre bien que terrifiait lui apporta sa bière qu'il avait demandé. Enfin, pas trop tôt. Dans un bref élan d'humanité qui lui restait, il se décida enfin à tendre les pièces que valait la bière. Hors de prix pour une bière. Le prêtre refusa. Pour la première fois qu'il était rentré dans ce trou à rats Art fît un sourire sincère au prêtre. Pendant une bref seconde il eut l'air d'un enfant heureux à qui on aurait offert un morceau de bois ressemblant vaguement à un animal.

Il se mit à déguster sa bière, il ne pourrait sans doute plus en boire pendant un long moment. Dommage. Tout d'abord tout se passa bien. Le goût de la bière lui fît descendre son agressivité en flèche en même temps que ses macabres pensées. Il se sentit tout d'un coup reposé du voyage qu'il avait fait. Il oublia pendant quelques secondes ses amis nains. Tout d'un coup il sentit quelque chose d'étrange. Il s'endormait... Non pas que cela fût surprenant vu les épreuves qu'il venait de subir. Cependant il restait dans un état critique vis à vis de sa malédiction et il s'endormait? Art paniqua il n'avait encore jamais connu ça. Au contraire plus la rage augmenter plus les chances de s’endormir était faible. Il se leva d'un coup suivit d'un tas de mouvement allant vers les armes. Sa rage augmenta un peu, mais il n'y prêta pas tant attention que ça... Encore une anomalie. Il réfléchit à toute vitesse et commença à comprendre ce qui se passait... On l'avait empoisonné! On voulait le tuer! Il était donc trop puissant pour eux? Il voulait le tuer dans un combat déloyale?

Il se dirigea instinctivement avec son âme de paysans vers la table qui lui inspirait le plus de confiance. La dame à l'air vide avait l'air d'une guérisseuse. Pour un peu il aurait cru que pour elle aussi une malédiction planait sur sa tête. Une copine de situation.


-Vous avez l'air d'une guérisseuse! Soignez-moi! Je vous en supplie! On veut m'empoisonner.

Et sans plus attendre il s'endormit. Il alla dans le monde des rêves où il n'était encore qu'un jeune paysans et où il n'avait pas eut l'impression d'avoir grandit si vite. Il ne remarqua pas que le prêtre le défendit et empêcha tout le monde de lui planter une dague dans le dos mais demanda à des hommes de le sortir dehors de toute urgence. Il était inconscient du monde, pour tout dire un sourire s'était mis sur son visage. Un sourire d'enfant insouciant.
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Ven 15 Aoû 2014 - 1:18

La jeune femme ne remarqua pas tout de suite que quelqu’un était entré. En fait elle ne s’en aperçut que lorsqu’une voix s’éleva juste à côté d’elle. C’était un garçon, jeune, encore un adolescent – plus jeune que l’avait été Ciel, son visage était moins sec aussi, un peu moins hâlé, avec une cicatrice sur le nez… en fait il ne lui ressemblait pas du tout, et elle en fut quelque peu réconfortée –, qui la regardait sans faire semblant de s’en cacher. Elle croisa son regard une seconde, y lut à quel point elle devait avoir l’air faible et vulnérable, et détourna les yeux. Elle n’avait jamais été aussi faible et vulnérable. Même quand elle était petite fille, à la merci des regards haineux de son beau-père, elle ne s’était jamais sentie aussi abandonnée. La mage serra sa besace contre elle, autant pour se rassurer que pour s’occuper les mains. Elle n’avait même pas vérifié son contenu. Elle songea très fort aux mèches de cheveux de ses parents, aux cailloux que lui avaient donnés ses petites sœurs avant qu’elle parte de la maison, à la lettre de recommandation de Helma. Aux quelques feuilles et à la mine de plomb que son mentor avait glissées dans sa besace avant qu’elle parte. Au couteau qui devait se balader au fond de la besace, bien à l’abri dans son fourreau, aux quelques pièces dans sa bourse, à la cape légère qui renflait le cuir. À sa brosse à cheveux et au petit miroir. Elle aurait tant donné pour revenir une semaine en arrière…

Un contact sur son bras la fit sursauter. Elle retira vivement son bras, leva un regard de détresse dans la direction supposée du contact. C’était le garçon. Gwyliam, qu’il disait. Et des mots comme quoi ça allait aller. C’était bien la première fois depuis qu’elle s’était réveillée que quelqu’un prenait la peine de la rassurer, elle en aurait pleuré. Un reste de dignité l’en empêcha, et elle esquissa une ombre de sourire malgré ses yeux humides. Quant à se présenter… elle posa une main sur sa gorge avec un regard d’excuse et baissa piteusement le nez. A moins qu’il sache lire, il faudrait se contenter de "mademoiselle". Elle se souvint que le tavernier était un ancien prêtre. Au pire il pourrait probablement lire son nom au jeune homme. Elle entrouvrit sa besace et commença à chercher de quoi écrire.

Le bruit d’une tasse qu’on posait devant elle l’interrompit. Leleka leva un regard surpris vers la serveuse, qui fit un mouvement de tête vers le nouvel arrivant avec une moue blasée. Du coup elle lui jeta un nouveau coup d’œil perplexe, un peu méfiant, et examina la boisson. C’était beige, un beige sombre, sale et froid, et ça sentait l’alcool et le sucre. Grog au lait. Elle adressa un sourire un peu moins forcé au dénommé Gwyliam et referma les deux mains sur la tasse délicieusement chaude. Peut-être que ça lui rendrait sa voix…

…ou peut-être pas. Elle avait oublié, un instant, une minute, le jeune homme dans son armure de cuir et son regard assassin, elle n’avait pas entendu l’agitation autour de lui. Elle l’entendit se lever, le vit se diriger vers elle, trop surprise pour réagir, entendit son appel à l’aide, et par réflexe tendit les bras pour le retenir lorsqu’il s’effondra en parlant d’empoisonnement. Elle manqua tomber aussi, se pencha en avant et saisit l’armure comme elle put. Quelque chose brilla au-dessus d’elle, long et pointu, et elle se recroquevilla sur le corps dans un cri silencieux.

Elle n’entendit pas le cri du prêtre-tavernier pour arrêter les hommes armés de lames, et n’osa relever la tête qu’au bout de quelques secondes, en ne sentant rien venir. Il ordonna de le sortir, quelques hommes obéirent et le lui enlevèrent des bras. Elle saisit au vol le sourire béat sur ses lèvres. La jeune femme resta figée quelques secondes, essayant tant bien que mal de remettre de l’ordre dans ses idées au lieu de se réfugier dans l’inconscience, secouant la tête quand on lui demanda s’il lui avait fait mal. Elle fixait la porte par où on faisait sortir le jeune homme. Il lui avait demandé de l’aide. A elle. Parce qu’elle avait l’air d’une guérisseuse. En quoi avait-elle l’air de ça ? Elle était incapable de sauver un garçon qui tombait dans une crevasse. Que pouvait-elle pour un empoisonné ? Dans un éclair elle se rappela tous les enfants qui avaient mangé des fruits toxiques, les vapeurs suspectes nées des alambics des chercheurs, les heures passées à étudier les vertus des plantes. Elle avait déjà oublié le regard noir et l’attitude agressive, elle ne voyait que l’être qui avait besoin de soins, et elle se précipita dehors.

Elle s’efforça de faire comprendre aux hommes qui le tiraient de le rerentrer. Peine perdue, on crut que "la muette" s’inquiétait du mal qu’il pourrait encore faire. Face à son insistance, un habitué lui expliqua que c’était un somnifère et que donc elle n’avait pas à s’en faire jusqu’à ce qu’il se réveille, et qu’à ce moment il avait tout intérêt à se tenir tranquille. D’abord outrée qu’on drogue les gens à leur insu – heureusement qu’elle n’avait presque rien mangé ni bu, quelles étaient ces manières ? –, elle fut soulagée qu’il ne s’agisse pas de poison, d’un autre règlement de comptes… Elle fit signe qu’elle voulait qu’on le porte dans les écuries, désigna le ciel où on peinait à distinguer les étoiles, les écuries à nouveau. Son expression indiquait assez clairement que ce n’était pas négociable.
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Lun 18 Aoû 2014 - 13:55

Elle avait un joli sourire triste et l’écuyer se demanda quelles horreurs elle avait vécu pour sembler aussi perdue, aussi bouleversée. Le reste lui vint naturellement, bien qu’il se soit senti un peu blessé de l’avoir fait sursauter et gêné quand il comprit qu’elle ne pouvait pas parler. Les serveuses pouvaient bien mouer tout ce qu’elles voulaient, il était certain d’avoir raison. Le grog, c’était souverain pour la gorge et l’alcool pour les nerfs. D’ailleurs on le lui avait servi, si c’était pas une preuve, ça.

Tout allait pour le mieux. Elle cherchait dans son sac, le prêtre était derrière le comptoir, sa nourriture à lui était goûteuse et le type louche buvait sa bière. Bref, ça pouvait pas durer, et, comme de bien entendu, ça ne dura pas.

Soudain, le type se leva. Les gens mirent la main à leurs armes, l’atmosphère redevint pesante. Le gars faisait peur quelque part, il avait une folie dans le coin de l’œil, mais depuis que Gwyliam était là, il n’avait rien fait de violent ou de répréhensible. Il ne comprenait pas cette volonté qu’ils avaient les autres de trucider l’inconnu… qui se dirigeait vers sa table.

Sans prendre son arme pour autant, l’écuyer se plaça légèrement devant la jeune femme. Et quand il s’effondra sur la table son tout premier réflexe fut pour elle. Elle qui n’en avait visiblement pas besoin puisqu’elle faisait le mouvement inverse. Il sauva alors le grog. Son propre repas fut jeté au sol dans un bruit de vaisselle brisée et d’espoirs de dîners enfuis. Rien que pour ça, il n’aimait pas l’ivrogne. D’autant plus qu’il ronflait à présent du sommeil des bienheureux. Vous parlez d’un poison.

Les autres membres de l’auberge, le prêtre-tavernier en premier semblaient penser comme lui. Déjà, ils prenaient le gars par le bras pour l’entraîner vers la porte, suivi par la jeune femme. Ils se connaissaient ? Pourtant, rien dans le discours incohérent du type ne le laissait soupçonner. A part qu’il semblait croire qu’elle était guérisseuse. Ce qui était stupide. Une guérisseuse aurait bu le grog et se serait auto-soignée. En plus, il en avait connu des guérisseuses et c’était pas le type à avoir peur facilement. Pas comme elle, donc, qui restait prostrée, comme choquée de l’incident. Pourtant, les gars bourrés qui tombent sur les tables et les casse c’était on ne pouvait plus commun. Mais peut-être avait-elle grandit dans une tour d’ivoire. Sa curiosité était de plus en plus piquée. Il redressa la table, remit le grog dessus, s’écarta pour laisser les serveuses nettoyer ce qu’il restait de son repas. La fille bougea quant à elle. Gwyliam la suivit.

« Ce n’est pas très loyal d’endormir les gens pour les mettre dehors ensuite. Il a fait quoi au juste ce monsieur ? »

Si ce n’était pas trop grave, il demanderait à le mettre dans sa chambre, lui pourrait dormir par terre, il en avait vu d’autres. En attendant, direction l’écurie. L’expression de la fille était déterminée, ce qui faisait plaisir à voir. Elle semblait reprendre du poil de la bête, s’il pouvait s’exprimer ainsi en parlant de l’inconnue. Il dégagea un des habitués d’un habile coup de coude, attrapa un bras du gars – qu’est ce qu’il sentait mauvais – et commença à tirer doucement pour l’emmener vers une stalle vide.

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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Ven 22 Aoû 2014 - 10:53

La noirceur l'envahit, il se sentait calme et apaisé. Lorsqu'il commença à se réveiller lentement visiblement plusieurs heures plus tard, à l'extérieur de l'auberge et dans du foin. Il avait mal à la tête et commença a paniqué. Il avait brusquement perdu conscience et il avait mal au crâne. Il tira ses haches et vit avec joie qu'elles n'étaient pas tâcher de sang, quelqu'un avait dû l'assommer avant qu'il fasse ds bêtises. A moins que ça soit l'alcool... Il ne comprenait toujours pas ce qui lui était arrivé. Tout cela rester très confus. Heureusement il n'y avait pas l'air d'avoir mort d'hommes. Tout cela lui donnait une impression de connu. Il avait l'habitude des écuries et la stalle où il était avait soigneusement était rangé. Les chevaux avaient l'air d'être en forme aussi. ça aurait de toute façon était insultant vu le niveau de vie des gens dans cette auberge qu'ils ne s'occupent pas bien de leurs animaux. Il commençait à avoir faim, il n'avait pas eu l'idée de poser des pièges hier. Il craignait donc de devoir retourner à l'auberge dans l'espoir de quémander un peu de nourriture. Au pire il mangerait demain, il n'en était plus à un jour sans rien manger près.

Il alla tout de même dans un petit, il se fit une toilette rapide près d'un petit étang et commença à boire l'eau. On lui avait dit il y a peu que nombre de gens étaient mort de maladies en faisant des opérations comme cela. Art les avaient regarder étonner... Ils buvaient de l'eau comment? Il fallait pas qu'ils achètent l'eau au moins? Ces à ses bizarres pensées qu'il se livra tout en se remplissant l'estomac d'eau pour couper la sensation de faim. Il ne vit pas de grenouilles dans les barrage étrangement. Il en profita pour laver son armure.

Puis dans l'espoir de revoir la guérisseuse pour lui dire tout le bien qu'il pensait d'elle il se dirigea de nouveau vers le divin.Lorsqu'il rentra le prêtre qui s'occupait de l'auberge sursauta. Il s'était passé quoi hier? Ses souvenirs étaient flous depuis qu'il était rentré dans l'auberge.


-Vous n'auriez pas un peu à manger, mon brave. Je suis un pèlerin.


Le prêtre soupira, Art ne sût pas si le prêtre eut un soupire de soulagement ou d'énervement. Il avait fait quoi hier? Le prêtre finit par dire que c'était payable d'avance et Art prit ce qu'il y avait de moins chère. Une espèce d'omelette aux patates. Soudain il vit la jeune guérisseuse qui l'avait secouru hier.Elle avait dû être jolie autre fois avant que ses yeux perdent leurs éclats. Il eut soudain un souvenir des évènements qui avaient pût se passer hier. Bizarrement il avait l'impression de s'être bourré avec plusieurs verres d'alcool fort. D'où son état quand il avait rencontrer la jeune femme. Cela n'allait pas... Art avait une connaissance suffisante des poisons pour savoir que ça n'était pas ça au final. Étrange. Peut-être que cette jeune personne pourrait la renseigné. Lui ou le jeune homme qui la suivait.

-Mademoiselle! Je présume que c'est grâce à vous que je suis toujours de ce monde? Je vous avoue que je me souviens de rien ou presque. Je vous inviterai bien à boire une bière mais je crains ne plus à avoir les fonds pour ça. Vous voulez que je rembourse mes dettes comment? Je suis Art je vais sanctuaire pour hum... Affaire personnel, j'espère obtenir des réponses, et vous?

Il n'avait pas dit exprès la raison de sa venue dans l'auberge il était persuadé que Yseult c'était barrée à cause de ça. Pauvre fille. Il espérait la revoir un jour. Un vague de remord le pris. Il espérait qu'il n'avait pas eu une crise hier...
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Dim 30 Nov 2014 - 3:38

Le vieux prêtre ne répondit pas immédiatement à la question du garçon. Le sédatif n’était pas censé agir aussi vite ni aussi brutalement, le gêneur aurait dû se contenter de somnoler et donc de rester tranquille. Il avait bu trop vite, assurément. Ou bien il était déjà tellement fatigué qu’il ne lui avait fallu que quelques gorgées… à moins qu’il n’ait consommé d’autres substances auparavant et qu’elles aient réagi avec sa fidèle poudre, ce qui restait une possibilité vu le regard rougi et cerné du spécimen.

« Il n’a rien fait. Pour l’instant. »

Il aida les quelques volontaires à installer le mercenaire dans la paille et reporta son regard sur l’écuyer.

« Peut-être auriez-vous préféré attendre qu’il s’en prenne à quelqu’un. Ou bien que quelqu’un s’en prenne à lui… »

Le prêtre Fandris connaissait sa clientèle. Elle n’aimait pas les pèlerins pouilleux, encore moins ceux qui étalaient leur manque de savoir-vivre comme l’avait déjà fait celui-là. Elle était prompte à l’agression envers les gêneurs. Ce garçon était l’archétype du gêneur, agressif de surcroît, et le prêtre Fandris tenait à la tranquillité de son établissement. En fallait-il davantage pour prendre des mesures, sinon de sécurité, du moins de sérénité ? Non, évidemment.

La muette n’avait pas l’air d’avoir entendu leurs échanges, occupée qu’elle était à examiner l’objet de toutes les attentions. Ou plutôt des attentions de ceux qui étaient restés, soit un habitué d’une bonne quarantaine d’années qui surveillait que l’endormi le reste pendant qu’elle était près de lui, le jeune écuyer qui avait commandé un grog pour elle, ainsi que lui-même, plus curieux d’ailleurs de ce qu’elle faisait que de l’endormi. Il avait dit qu’elle avait l’air d’une guérisseuse avant de s’effondrer sur ses genoux. Le vieil homme reconnaissait effectivement les gestes, un peu fébriles au début, puis plus calmes au fur et à mesure qu’elle se rendait compte qu’il n’y avait effectivement pas de poison. Quant à savoir comment le nouveau venu avait bien pu lui trouver un air de guérisseuse, c’était une énigme qui le dépassait. Quand elle s’était assise devant lui, il n’avait vu que détresse sur son visage, rien pour évoquer une guérisseuse. Il aurait davantage parié sur une jeune noble enlevée par un original aux cheveux blancs, malgré l’improbabilité manifeste de la chose. Peut-être l’énergumène et elle s’étaient-ils déjà rencontrés alors ? Peu probable, elle avait vraiment eu l’air de se demander qui lui était tombé dessus – littéralement.

Il entendit plus qu’il ne vit le quadragénaire quitter les écuries, et reporta son attention sur la jeune femme. Il ne connaissait même pas son nom, et de sa profession uniquement ce qu’elle montrait. Le jeune homme aux cheveux blancs qui l’avait ramenée à l’auberge, inconsciente, avait déroulé un tapis de paroles fleuries parmi lesquelles il avait réussi à démêler, grâce à sa longue fréquentation des textes anciens, une histoire de brigands dont il l’aurait délivrée. Il avait payé un repas et une chambre pour la demoiselle, mais de ce que lui avait dit Juli son deuxième geste en se réveillant – le premier avait été de boire la soupe qu’elle venait de lui monter – avait été de quitter la chambre en chemise de nuit, au risque de se rompre le cou dans les escaliers ou de tomber sur un client un peu pompette. De là à ce qu’il y ait Jörmungand sous Yggdrasil, comme on disait…

Il la regarda se lever, son visage fin quelque part entre le soulagement et la réprobation, et toutes boucles blondes ondulantes, et leva la main pour lui éviter d’avoir à parler. Geste purement protocolaire dans la mesure où elle aurait eu bien du mal à prendre la parole, mais qui colora de surprise le regard de la demoiselle.

« A présent que vous voilà rassurée, regagnons la salle. »

Ce n’était pas une question. Pas une excuse non plus, certainement pas, malgré ce qu’avaient réclamé les sourcils froncés et le pli des lèvres de la jeune femme. Elle hésita pourtant, tourna la tête vers la stalle où gisait le bienheureux. Tout juste s’il ne ronflait pas de béatitude.

« Tant qu’il dort il ne risque rien. »

Avec une esquisse de hochement de tête à l’adresse des deux jeunes gens, il tourna les talons. Ils le rejoindraient bien assez tôt. Par exemple lorsqu’ils se rendraient compte qu’on était au pied des montagnes d’Ymir et que l’air de la nuit devenait vite glacial.


La jeune femme adressa un regard incertain au garçon – Gwyliam avait-il dit. Elle s’efforça de sourire, un remerciement comme un autre pour s’être occupé de l’"empoisonné" avec elle. Elle y parvint presque – un sourire un peu crispé, un peu gêné, très fatigué. Elle réalisa à quel point elle devait avoir l’air stupide, figée avec ce sourire à faire pitié, toute seule face à un jeune visiblement ô combien plus dégourdi qu’elle, et s’empourpra aussitôt. Il lui en fallait si peu pour rougir. Pour la première fois, elle songea que son mutisme avait l’avantage de lui fournir une excuse pour ne rien dire. Lorsqu’elle réalisa que ses doigts trituraient sa besace avec insistance, elle claqua de la langue avec agacement, gagna encore une ou deux teintes de rouge, et fouilla jusqu’à sentir sous ses doigts les feuillets et la mine de plomb, le visage masqué par l’ombre de ses boucles blondes. Prenant appui sur un des piliers, elle traça son prénom avec application dans l’angle supérieur gauche de la première page, qui faisait office de couverture. En capitales, de belles lettres bien droites, à peine tremblantes de fatigue, de nervosité et de support irrégulier. Elle lui tendit les feuillets avec une angoisse nouvelle, espérant de toutes ses forces qu’il saurait lire les signes et ne l’embarrasserait pas davantage par son ignorance.

***

Le lendemain en milieu de matinée, le jeune à l’accent paysan et à l’accoutrement de soldat mal payé revint se présenter comme une fleur, vaguement décrassé, et bien plus poli. Le prêtre lui servit donc sa commande – payable d’avance, il voulait bien faire semblant d’avoir oublié les deux bières de la veille mais il ne fallait pas trop lui en demander. Du coin de l’œil il surveillait la salle, presque déserte à l’exception des boucles blondes dans un angle. La demoiselle semblait très absorbée par le pain qu’elle n’avait, une nouvelle fois, qu’à peine touché. Lorsque le paysan-soldat lui adressa la parole, elle sursauta et releva la tête, avec un doux sourire qui répondait "ce n’est rien" à ses remerciements, et qui s’effaça bien vite. Avec une moue d’excuse, elle posa la main sur sa gorge, et l’expression de son visage se fit préoccupée. Comme si elle réalisait brusquement qu’elle ne savait pas quoi faire des jours à venir.
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Sam 24 Jan 2015 - 17:52

Le prêtre avait l'air de savoir ce qu'il faisait. C'étaient souvent des hommes de savoir, bénis des dieux, parfois même leur servant d'instrument. Sur les terres Tancrel, ils étaient à l'égal des Princes et des Seigneurs. Que celui-ci ait décidé de tenir cette taverne précise à cet instant précis n'enlevait rien de sa valeur. Le jeune homme, fidèle aux principes de son éducation, décida de le croire et de lui obéir comme un envoyé des dieux. Il se tut donc, et, son fardeau déposé, se contenta de regarder les faits et gestes de la jeune femme, copiant inconsciemment son attitude sur celle du tavernier.

La nuit était d'un silence qui jurait avec l'animation précédente et celle que l'on pouvait sentir dans les murs de l'établissement. Il se passait quelque chose de pas naturel. Quelque chose qui était au delà d'un simple petit écuyer. Quelque chose qui relevait peut-être même du domaine des dieux. Pour se rassurer, il joua avec les runes dans la bourse accrochée à sa ceinture. Il ressentit le besoin de prier. De se purifier. L'autre homme, le quadragénaire qui avait partagé son fardeau sembla ressentir la même chose puisqu'il s'en fuit sans un mot vaquer à ses occupations. Il aurait du le suivre, mais le prêtre ne bougeait pas. Mais la jeune femme était toujours là, vulnérable. Il attendit, observant avec attention les deux protagonistes encore conscients. Le Tavernier semblait attendre et juger quelque chose. Il lutta à nouveau contre cet instinct qui disait de les laisser tranquille. Dieux ou démons le paralysaient dans une indécision qu'il cachait à grand peine derrière une expression neutre et concentrée.

Finalement, ce fut le propriétaire qui rompit le charme, rassurant une nouvelle fois l'assemblée et proposant à tous de regagner la chaleur de son foyer. Gwyliam ne s'était même pas rendu compte du froid de l'air ou de la nuit. Seul ce sentiment de saleté le poursuivait. C'était sa punition pour être intervenu dans une histoire qui ne le regardait pas pour des raisons qui n'étaient pas les bonnes. Il était sensé sauver les filles mais pas forcément parce qu'elles étaient jolies. Ses actions étaient sans reproches, il le savait et ça le rassurait quelque part de savoir qu'il n'avait pas terni la réputation de Luccian. Cependant, ses motivations avaient été mauvaises. Et les Dieux l'avaient puni par le jeûne (son dîner était à terre et le service terminé) et une nuit de prières et de purification.

Sincèrement convaincu de la lourdeur de sa faute, le jeune homme allait monter dans sa chambre quand il croisa le regard de la blonde. Et une fois encore, foi et hormone s'affrontèrent. Et une fois encore, le cœur parla plus haut que la dévotion. Il la vit essayer de sourire comme pour le convaincre de quelque chose qu'elle ne croyait pas elle-même. Il s'approcha d'elle, doucement, tandis qu'elle triturait son sac, rougissait une fois encore et sortait de quoi écrire. Il se surprit à faire un vrai sourire adolescent heureux. Il allait savoir son nom. Ce serait un privilège, si peu de gens pouvant l'entendre. Il prit le parchemin, le lisant à voix haute, une certaine émotion dans la voix.

« Leleka... »

Il se sentit rougir un peu de la fierté de pouvoir prononcer ce nom que les autres ne savaient pas, puis de la honte d'avoir oublié qu'elle non plus ne pouvait plus le dire et que ça devait la faire souffrir. Alors il prit à son tour le fusain et le papier, sortant sa plus belle écriture de scholar.

« Gwyliam Tancrel, Ecuyer. Je souhaite que votre nuit soit douce et vous repose de vos émotions. »

Il lui rendit le tout, fit un profond salut et monta dans sa chambre.

La nuit se passa dans les ablutions rituels et les prières aux Dieux. Il pria d'abord Odin, le père de tous les dieux de renforcer en son cœur la résolution nécessaire pour mener à bien sa quête et rentrer victorieux non contre ses ennemis mais contre lui-même. Il lança ses rûnes, étudia dans l'eau froide les danses des herbes purificatrices qu'il y avait lancé. Il n'était pas sûr d'y lire une réponse. Alors, malgré le froid, il se déshabilla, posant ses genoux nus sur le parquet rugueux du bois. Il ferma les yeux, cherchant en son cœur la Foi des Tancrel mais la jeune fille se rappelait à ses pensées et le déconcentrait. On le testait. Changeant de cap, il ouvrit son cœur à Mirim dont la tête était la source de toutes les sagesses. Il imagina le dieu sous les racines de l'arbre monde et vit du sang couler. Il comprit alors comment calmer ses pensées, réussir l'épreuve d'Odin. Il attrapa l'un de ses poignards et se fit une fine entaille sur le torse, au niveau du cœur. Pas assez profondément pour le tuer mais pour pouvoir évacuer ses sentiments avec le fin filet de sang qui lui courait sur le ventre pour goutter dans l'eau sacrificielle. Les herbes se brouillèrent, prirent une couleur sombre et sombrèrent pour de bon dans le fond du bol. Frigorifié, fatigué et affamé, le jeune homme lança à nouveau ses runes aux dieux. Il était pardonné de ses errances. Il les ramassa alors d'un geste, en oubliant une sur un peu à l'écart. La rune des chemins dont les dessins lui rappelaient les cheveux de Leleka. Telle serait sa première quête. La Quête d'expiation. Mener la jeune muette là où elle devait aller, qu'elle le veuille ou non. Peut-être qu'ainsi, les dieux le mettaient sur le chemin d'Hallebarde. Peut-être qu'ainsi, il se contentaient de juger de sa valeur. Il se sentit soudain mieux. Plus fort. Plus sur de lui. Il passa un pantalon, laissant son torse aux assauts de la nuit et s'assit en tailleurs, terminant sa pénitence à prier et à méditer.

L'aube pointait à peine quand il se décida à sortir. Toujours torse nu, sa plaie à peine refermée, il alla faire ses ablutions du matin au puits de l'auberge, nettoyer le sang séché et tirer à nouveau un peu d'eau froide parfumée d'une poignée de ses herbes purificatrices. Il reprit son rituel habituel au soleil, remonta rapidement dans sa chambre pour n'en redescendre que totalement habillé et coiffé de propre.

La salle aussi s'était refaite une beauté. Elle était loin d'être vide et pourtant bien moins pleine que la veille. L'inconnu était là aussi, à nouveau. Il avait moins de paille dans les cheveux que l'on aurait pu le croire après une nuit dans le foin et semblait en plein discussion avec le prêtre. Gwyliam, de son côté, s'installa à une table non loin de Leleka à qui il fit un petit coucou. Les mêmes serveuses que la veille gloussèrent exactement de la même façon ce qui aurait eu le don de l'énerver s'il ne venait pas de se purifier. A la place, il commanda simplement.

« Et bien, j'aimerais bien un lait chaud au miel et aux épices, un plat de poisson fumé avec du pain et de la crème fraîche, des tranches de viande fumée, des légumes...et puis, euh, un grog pour la demoiselle s'il vous plait. »

Comme la veille, les deux femmes partirent en gloussant mais cette fois dans l'indifférence la plus totale. Il regarda Leleka. Le plaisir secret qu'il avait de prononcer son prénom dans son esprit ne semblait pas s'atténuer. Elle jouait avec son pain, comme la veille et il aurait aimé lui offrir plus qu'ne boisson chaude mais pour le coup, il aurait vraiment eu peur d'en faire trop.

Comme la veille, toujours, l'inconnu s'approcha de la jeune femme. Agacé -mais qu'est ce qui poussait ce type à harceler la pauvre demoiselle!- l’apprenti chevalier se leva à son tour et rejoignit le couple. Il fit un sourire qu'il espérait rassurant à la jeune femme et prit un visage sévère pour s'adresser à l'homme aux cheveux sombre. Il n'avait même pas pris la peine d'écouter ce qu'il disait. Il aurait été incapable de savoir s'il l'avait ou non interrompu.

« Ecoutez Messire, j'ignore vos affaires avec cette demoiselles mais après ce que vous lui avez fait subir hier, ne feriez vous pas mieux de la laisser en paix, au moins le temps qu'elle termine son petit déjeuner ? Je suis certain que vos affaires ne sont pas si pressées et je vous serais très reconnaissant de lui laisser son intimité. ».

Le ton était calme, ni insolent, ni méprisant, ni dédaigneux. Mais ce calme avait un danger en lui, tout autant que le poignard que l'écuyer portait toujours dans son dos. Il était jeune, il le savait, il manquant de la carrure pour faire vraiment impression mais là, c'était une question d'honneur. On allait donner un grog à Leleka. Et ce ne serait pas cet imbécile aviné qui l'empêcherait de le boire. Pas cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Mar 27 Jan 2015 - 12:43

A la place de la douceur maladive de l'étrange jeune fille vient s'installer comme si ne rien n'était un blanc-bec. Le tout dans une arrogance trop familière des nobles envers le petit peuple. Celui-ci évidement lui intimida l'ordre de partir. Soit disant dans l'intérêt de la demoiselle. Art était peut-être un rustre et un manque de ce que les nobles appelaient "culture" et avait l'air de servir qu'à se pavaner devant les dames et à se sentir supérieur aux paysans. Art n'était pas bête, ce membre de la noblesse tout aussi élégant, arrogant et beau qu'il était, faisait comme ci les autres étaient des moins que rien. Lui n'avait jamais reçu de coup de hache en pleine figure. Il n'avait pas non plus servit sous les ordres d'un chef mercenaire nain, pas pris de boule de feu en plein dans le torse et encore moins servit sous les ordres d'un aubergiste tyrannique, Il n'avait pas passé la moitié de sa vie a crevé de faim pendant que les nobles eux gaspillaient la nourriture et pas non plus était le sujet d'expériences pour vampires. Il n'avait sûrement jamais mangé la carcasse d'un animal mort depuis plus longtemps qu'il est raisonnable pour survivre, tout simplement. S'était-il réveillé dans un camps de soins avec des douleurs insoutenables? Il était certainement né avec beaucoup d'argents de surcroit. Il y avait de fortes chances que pendant les batailles il soit gentiment à la meilleur place pour admirer le spectacles pendant que lui et ses amis étaient au premier rang. Puis dans un élan d'orgueil toute naturelle à cette engeance, ils les considéraient comme inférieur. Survivrait-il cependant au quart de ce que le paysan moyen devait faire? S'effondrait il au beau milieux des champs de blés avec un dos bloqué? Survivrait-ils aux privations? Non probablement que non.

C'était ce que lui avait apprit les nains, il n'était pas inférieur à un freluquet drapé dans ses beaux habits. Tout ça parce qu'ils étaient né dans un château. Pour eux les paysans étaient des consanguins, mais ça ne les empêchaient pas de se reproduire entre cousins. Ils appelaient ça un truc comme " préserver la pureté de la famille" où une autre aberration dans le genre. En tout cas c'était gentil pour les paysans. Il serait sans doute moins beau et arrogant s'il était né dans une ferme. Comment cette femme avait elle le droit de se faire traiter avec autant de mépris? Il parlait en son nom de cette façon? Sans se soucier de ce qu'elle ressentait réellement? Il le prenait pour un couard qui allait s'excuser et sans aller comme un mal propre? Il devait sûrement aussi s'excuser de pas avoir eut la chance de naitre noble et riche? Il allait baisser la tête devant ces gens stupides et méchants? Devant un homme qui sous couvert de beaux principes ( apparemment hors de sa portée ) penser juste à courtiser cette femme sans défenses et sûrement l'emmener dans une chambre lugubre dès qu'il le pourrait pour assouvir ses besoins? Art connaissaient beaucoup trop de paysannes à qui cela était arrivé, alors non Jamais plutôt crever! ça au moins il s'y était préparé depuis des années. Il avait envie d'être redevable à cette femme, il lui éviterait les problèmes. C'était la moindre des choses. Il avait tellement frôlé la mort qu'il ne pouvait plus avoir peur d'un tel tocard comme y a quelques années. Il était cependant seul, voilà ce qui était malheureux. Cependant Break et Brado lui avait apprit des tours et à bien savoir parler à ce genre de sinistres individus.

"Sir, sans vouloir vous offensez hier c'était un accident, nombres de mes amis sont morts au cours d'une terrible bataille contre des bandits. Puis je me suis perdu et j'ai longtemps erré. Je n'étais plus moi même quand je suis arrivé ici, dans votre immense bonté vous pouvez sûrement comprendre ça. Vous avez l'air de tenir à protéger cette dame, c'est tout en votre honneur. Cependant, je vous prie avec le bon cœur qui est le votre de ne pas être dure avec moi au vu des épreuves que j'ai subis. Je suis moi aussi perdu et isolé. Je suis redevable à cette demoiselle et n'ayez crainte je ne lui ferai aucun mal. Elle m'a soigné je la protégerai. C'est pour cela que mon cœur me demande d'obéir à elle seule. Je partirai seulement si la demoiselle me donne congé. C'est mon honneur qui le commande."

Pour tout dire Art avait du mal à savoir exactement ce qu'il racontait. Il en avait peut-être fait trop. En fait ils parlaient à peu près comme ça avec les nains quand ils singeaient les chevaliers pour se moquer d'eux. C'était peut-être pas une si bonne idée que ça pour finir. De plus, Il se sentait sale à tenir un discourt pédant comme les nobles avaient si bien l'habitude. Enfin si ça marchait il était content et si l'autre devenait vert de rage il était content. Rien ne fait plus plaisir que de voir quelqu'un perdre le contrôle i ou se maitriser désespérément. Comme lui pendant ses crises en somme. Brado et Break avaient dit ceci:

"Avec ces gens prétentieux c'est simple de les flouer, parmi tout les humains c'est les plus forts en gueule et les plus simple à truander. A croire que chez vous ça va de paire. Bon premièrement utilise le mort honneur, tu t'en moques si ça veut rien dire, ça veut jamais rien dire. Ils l'utilisent à tout va. C'est une obsession chez eux, puis ça fait toujours bien. Essaye d'associer ça à ligne de bonne conduite. Ensuite essaye de lui faire croire qu'il est supérieur, bien sur ce sont des âneries mais eux ils y croient. Il faut qu'ils croient que tu y crois. Tu verras ils se considéreront généreux. En vrai ils t'offriront des sommes risibles, après c'est mieux que rien. Puis en fait c'est tout, leur stupidité fera le reste. Il te parlera avec un jargon encore plus incompréhensible que le tient fier comme un coq. Regarde bien ses gestes eux seuls peuvent te donner une idée de ce qu'il te raconte. Ça les empêchera pas de te faire traités avec mépris, mais si on les embobines au moins un peu ça vaut le coup. Ah oui et un dernier conseil, utilise tout les mots pédants qui te viennent à l'esprit."

Les gestes pour le moment n'étaient pas en sa faveur, l'autre emplumé se tenait près au combat cela se sentait à plein nez. Il connaissait pas son arme ni où elle se cachait mais il avait développé un sixième sens pour ça. Même si sa malédiction ferait le reste il repéra automatiquement où étaient ses haches. Pour le cas où... Avec ses consanguins on ne sait jamais.
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MessageSujet: Re: Comme un ours en cage. [PV Leleka]   Jeu 2 Avr 2015 - 21:30

La jeune femme regarda le jeune homme saisir le parchemin avec délicatesse, une émotion indéfinissable sur un visage qu’il avait jusqu’alors réussi à conserver impassible. Ou à peu près. Elle par contre son visage était inquiet. Elle espérait qu’il saurait lire. Il avait l’air d’avoir un minimum de revenus et donc d’éducation, à en juger par ses vêtements – ses armes elle ne les connaissait pas, elle n’y connaissait rien en armes, elle n’aurait pas su dire si elles étaient neuves ou anciennes, usées par l’âge, patinées par l’usure de l’entretien ou marquées par les chocs des combats – mais de là à savoir lire… s’il avait appris c’était probablement avec des capitales, les plus simples, les plus droites. C’était pour cette raison qu’elle avait adopté cette écriture simple, et pas sa cursive habituelle, petite, pleine d’angles et de pointes.

« Leleka… »

Son cœur se serra d’émotion, son sourire s’agrandit de soulagement. Des jours qu’elle n’avait pas entendu son propre nom. L’entendre prononcer c’était un peu comme exister à nouveau, un peu comme sortir du néant dans laquelle l’avait plongée cette chute fatale à laquelle elle n’avait rien pu faire, échapper à l’homme aux cheveux blancs et à sa propre impuissance. L’entendre prononcer par quelqu’un d’autre que Ciel, c’était un peu comme accepter qu’il ne reviendrait plus. C’était dur, ça faisait mal, ça lui tira une larme qu’elle essuya discrètement lorsqu’elle la sentit couler le long de son nez, pendant qu’il écrivait, appuyé contre un pilier.

Il écrivait. Il savait lire. Il savait lire et écrire. Il avait de l’éducation. Et elle qui ne pouvait pas parler, tellement pas qu’il croyait peut-être qu’elle était sourde en plus d’être aphone, qui lui écrivait quelque chose au lieu de lui dire. Il s’appliquait en plus, pour un peu il en aurait tiré la langue. Elle l’aurait bien interrompu pour lui dire qu’il pouvait parler, qu’elle entendait, que les Ases ne lui avaient pas coupé l’ouïe en plus de la voix, mais à quoi bon ? Elle n’aurait même pas su comment le lui faire comprendre.

Lorsqu’il lui rendit le carnet, elle s’en empara avec un rien de précipitation. Partie pour voir ce qu’il avait écrit, partie pour récupérer son bien. C’était son carnet tout de même, et le précieux don de Helma. Elle lut silencieusement la belle écriture régulière, ses lèvres formant les mots sans qu’aucun son ne sorte – évidemment. Gwyliam Tancrel. Tancrel. Comme les Tancrel de Caer Divy. Comme Lëly qu’elle avait rencontrée l’année précédente à Lleya et qui cherchait à en apprendre plus sur eux. Comme un Tancrel venu de si loin pour se retrouver au Divin. Venait-il pour le Sanctuaire ? Était-il de retour de Mannheim ? Était-ce un émissaire pour les Heyerdhal ? Et seul sur la route, si jeune ? Elle releva la tête, surprise, juste à temps pour le voir effectuer une profonde révérence et partir, la laissant seule avec l’endormi. Les questions seraient pour plus tard visiblement. Si elles venaient. Le lendemain il serait parti.

Et maintenant ?

La jeune femme jeta un coup d’œil au jeune aux haches, un coup d’œil au dos de Gwyliam. De l’autre côté c’était l’homme aux cheveux blancs. Il l’attendait sûrement. Elle préférait encore passer la nuit dans la grange. Enfin elle aurait préféré si elle n’avait contenu que des chevaux. Là il y avait un homme armé, certes possiblement pas méchant, mais elle avait eu bien assez d’émotions pour la journée, la semaine, le mois, et sans doute sa vie entière. Mais pouvait-elle pour autant risquer l’homme aux cheveux blancs ? Non. Non, non et non. Elle en tremblait rien que d’y penser. Rester dehors était inconcevable évidemment, de froid et de mauvaises rencontres. Alors elle emboîta lentement le pas à Gwyliam avec un long temps de retard, s’attabla lourdement au comptoir devant le prêtre et écrivit à la suite du mot du jeune écuyer. Belle écriture anguleuse, un peu tremblante de fatigue et de nervosité.

Je ne veux pas dormir dans la chambre. Ni dans la grange. Ils me font peur.

Il aurait bien un placard à lui prêter. Ou une chaise.

***

Ce fut la chaise. Et un coup de balai en prime, pour payer la location de la chaise. Et dormir vautrée sur une table dans un coin, les cheveux sous le bras et la besace sur le ventre. Enfin, dormir. Somnoler, plutôt, en relevant la tête toutes les demi-secondes ou à peu près pour vérifier que l’homme aux cheveux blancs ne la cherchait pas. Étrangement elle n’avait pas rêvé – ce qui tenait du miracle en y réfléchissant. Probablement était-elle trop épuisée pour les rêves. Étrange aussi vu qu’elle avait passé deux jours inconsciente. Peut-être le balai y était-il pour quelque chose. Ou la fatigue nerveuse. Par contre les racines de ses cheveux commençaient à être atrocement sales et sa peau à sentir la mort. Le résultat des angoisses successives et des trois longues journées de marche au pied des montagnes sans la moindre hygiène. C’était rassurant quelque part, quelque chose d’aussi trivial. Les serveuses de la taverne avaient lavé ses vêtements, heureusement, mais le reste était manifestement à faire.

La jeune femme se traîna jusqu’à la porte et l’ouvrit avec la vague intention de se verser un seau d’eau glacée sur le crâne. Elle se ravisa en voyant que le puits était déjà monopolisé par un homme. Jeune. De dos. Torse nu. Elle repoussa pudiquement le battant et prit enfin le temps d’examiner la salle, passant lentement d’un mur à l’autre en attendant que quelque chose se passe, l’esprit vide. Elle était dans un recoin lorsque la porte s’ouvrit, se referma et que les escaliers craquèrent. La jeune femme se glissa alors dehors, se dirigea vers le puits et plongea la tête dans le seau. Elle en remplit un second et le traîna à l’écart pour se décrotter en vitesse, espérant vaguement qu’elle ne tomberait pas malade à cause de ses cheveux trempés. Mais elle avait déjà perdu sa voix de toute façon, alors rester alitée un jour, une semaine, un mois, quelle importance au fond.

La salle était toujours déserte lorsque Leleka revint, à l’exception du tavernier qu’elle salua avec une indifférence cordiale, se voyant remettre du pain chaud et un morceau de fromage pour se remplir l’estomac. Elle se rassit à sa chaise dans le coin, regardant sans les voir les clients matinaux remplir la pièce petit à petit en triturant le pain, avalant parfois une miette. Elle avait faim mais aucune envie physique de manger, c’était très étrange mais suffisant pour l’empêcher d’avaler les quelques bouchées. Elle ne voulait pas penser. Surtout pas. Sinon elle allait s’effondrer et ne repartirait plus jamais.

Gwyliam finit par descendre l’escalier, elle baissa bêtement les yeux sur son pain. C’était bien le seul ici dont elle connaissait le nom, et elle réalisa qu’elle ne l’avait même pas remercié pour le grog de la veille – qu’elle n’avait pas pu boire, mais tout de même. Alors elle releva les yeux et esquissa un sourire, au moment où il lui faisait un petit signe de la main. Et de lui commander un nouveau grog. Elle rosit et reporta son attention sur le pain. Pourquoi faisait-il cela ? Faisait-elle pitié à ce point, ou était-ce simplement une tentative d’attirer son attention ? Elle préféra supposer qu’elle faisait peine à voir et accepta le grog avec un sourire mécanique à la serveuse.

Un autre visage connu finit par apparaître. C’était l’"empoisonné" de la veille, qui se présenta cette fois comme un pèlerin. Et qui vint la voir pour la remercier. Elle sourit doucement, elle n’avait pas fait grand-chose, et posa la main sur sa gorge pour s’excuser de ne pouvoir répondre, mais quand il lui parla de sa raison pour venir au Sanctuaire son front se plissa. Elle était donc près du Sanctuaire ? Lequel ? Mannheim sûrement, l’homme aux cheveux blancs n’avait pas pu aller plus loin en si peu de temps. Quel que soit le genre de réponse que le dénommé Art souhaitait obtenir, ce devait être important. On ne se rendait pas aux Sanctuaires pour le plaisir de la vue. Ils étaient dangereux, peuplés de monstres géants. On disait que les créatures qu’ils renfermaient avaient bu le sang écoulé de la tête de Mimir, qu’elles savaient autant de choses qu’Odin lui-même. On disait qu’elles avaient été enfermées pour ne pas répandre leur savoir parmi les mortels, mais gardées en vie par la répugnance d’Odin à tuer ceux qui avaient acquis la connaissance à la même source que lui, même si par des moyens différents. On disait aussi que c’étaient des monstres des temps anciens, assoiffés de sang et de mort. Certains disaient que ces entités étaient cousines des vampires, qui comme chacun savait n’existaient pas, pas plus que n’existaient les esprits qui faisaient tourner le lait, ce qui revenait donc à dire que les Sanctuaires étaient vides… hormis les prêtres qu’ils abritaient et qui étaient investis d’immenses connaissances, dans des domaines parfois bien éloignés de ceux où excellaient les mages de Lleya. La jeune femme fronça les sourcils en se demandant s’ils sauraient lui dire quoi faire pour racheter la mort d’un garçon dans une crevasse et le visage brûlé à l’os d’un homme à Mannheim.

Elle se demandait quoi répondre – essayer plutôt, Art ne savait sûrement pas lire vu son accoutrement et son accent – quand un raclement de chaise se fit entendre. Elle ne s’alarma pas, les clients allaient et venaient, jusqu’à voir que l’occupant était planté devant sa table et avait commencé à parler. Elle réalisa que c’était Gwyliam. Il s’était senti obligé d’intervenir. Elle se pencha vers lui et tendit le bras, l’air de dire que ce n’était rien, que tout allait bien.

Puis Art commença à parler, et oh là là. Pour un peu elle se serait crue de retour avec l’homme aux cheveux blancs. Sauf que lui n’était pas aussi effrayant. Même s’il était armé, et visiblement plus solidement bâti sous ses frusques. L’espace de quelques secondes, elle se sentit presque dans une épopée. Ou une parodie d’épopée en fait. Parler noble avec un accent paysan aussi fort était… étrange. Pour le moins. Et drôle sûrement, irrépressiblement drôle, en tout cas s’il n’avait pas commencé par parler d’une attaque, d’amis morts, d’errance, et terminé en parlant de dette d’honneur. Ciel aussi l’avait laissée le suivre pour une dette d’honneur, et il en était mort. Elle ne pouvait pas laisser quelqu’un la suivre pour une dette d’honneur. Il mourrait aussi. Leleka se sentit piégée, soudain, encore plus que si l’homme aux cheveux blancs était là. Elle voulait rentrer et se blottir dans son lit chez Helma et ne plus jamais en sortir. Mais ce serait mettre Helma en danger : les gitans la pensaient alliée à Ciel, et le défiguré ou ses proches voudraient sûrement lui faire la peau de toute façon. Sans compter l’homme étrange au langage fleuri. Elle ne voulait pas mettre d’autres gens en danger, d’autres Ciels à la merci d’autres crevasses. Mais comment le dire ? Comment se faire comprendre, comment mettre seulement des mots sur tout cela ? Elle resta figée sur sa chaise, un instant, le temps de réaliser qu’il y avait plus urgent.

Avant d’y avoir seulement réfléchi, d’un geste, elle les invita tous les deux à s’asseoir à sa table. C’était un moyen comme un autre de leur faire comprendre qu’elle ne rejetait aucun des deux. Elle leur sourit gentiment, un peu tendue, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir faire pour lancer et entretenir une conversation. Alors elle but un peu de son grog, pour se donner une contenance.
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Comme un ours en cage. [PV Leleka]

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