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 Un peu de repos - [privé]

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MessageSujet: Un peu de repos - [privé]   Dim 14 Nov 2010 - 18:32

    « Et si tu me montrais cette demeure familiale à laquelle tu tiens tant, puisqu'elle n'est pas trop loin au nord ? »

    Avec joie, Cëryl.

    Et ils étaient partis. Reposée, la mine affreuse de la jeune femme avait laissé place à un visage serein; la belle douceur sur ses traits délicats rehaussait la fraîcheur de ses yeux de jade. Adrena avait escompté qu'ils arriveraient à la demeure en moins d'une heure. En réalité, c'est une simple demi-heure qu'il leur aurait fallu; elle avait préféré prendre son temps pour y aller. Ils n'étaient qu'en milieu de matinée, un temps magnifique dispensait la région d'une lumière vive qui réchauffait les voyageurs et par dessus tout, elle désirait ménager sa magnifique jument.

    Cette dernière avait eu fort à faire ces derniers temps et un petit peu de repos ne lui ferait pas de mal. À eux non plus, d'ailleurs.

    Adrena avait décidé d'emprunter l'ancien chemin: escarpé, délabré mais court, qui longeait les marais d'Ulaun et la forêt de Tleïar en direction de la Nordri et au bout duquel s'étendait une plaine, pratiquement recouverte de hautes herbes, où poussait, comme un champignon, une grande maison de bois à l'aspect chaleureux dont la cheminée crachait de lourdes volutes de fumée blanche. La chevalière sourit en pensant que là vivait toute sa famille, depuis ses grands parents maternels jusqu'à son petit frère, et que jamais son père pourtant noble n'avait été prêt à quitter ce lieu qui évoquait la fantaisie d'une maison en pain d'épice. Les murs étaient d'un blanc crème lumineux, se mariant à merveille avec le toit, fait de chaume et de branchages d'un doux marron chocolaté; à elle seule, la maison évoquait les contes anciens, bonne à attirer les enfants perdus en forêt. Pourtant dans celle-ci, pas de sorcière. Un perron où se balançait mollement une chaise donnait sur un grand jardin potager. Ah... Jardiner avec sa mère lui manquait.

    La jeune femme avait d'ailleurs abandonné son armure de chevalier du roi pour arborer une robe de coton, blanche et fluide, où un entrelacs de fils d'or parant son col plongeant et brillant sous les rayons de soleil, rivalisait avec la lumière de ses cheveux. Une robe de femme. Sa mère, bien consciente du rôle de sa fille au sein de la chevalerie, regrettait encore de ne pas l'avoir vue mariée. Aussi, comme pour se racheter, Adrena avait coutume d'oublier ses devoirs pendant le temps de son séjour, redevenant ainsi la petite-fille, la fille, la sœur.

    Elle harnacha sa jument et monta les marches, accompagnée de Cëryl. La porte épaisse avait été poncée peu avant sa visite mais n'en demeurait pas moins exquisément rustique; le cadrant était tordu, le bois sombre, rongé et odorant. Elle y donna trois coups forts et secs. Par habitude. À peine eut-elle le temps de voir la porte s'ouvrir qu'elle se sentit soulevée du sol.

    « Ady ! Tu es revenue ! Oh ! Comme je suis content de te voir ! Maman, papa ! Adrena est là. »

    Il remarqua Cëryl, derrière elle, et ajouta avec un coup d'œil complice auquel elle répondit en fronçant les sourcils:

    « Et pas seule ! »

    Ben voyons.

    Keira n'avait pas changé depuis sa dernière visite, toujours aussi grand et fort. Peut-être un peu plus.
    Ses parents, qui eux avaient pris quelques rides, surgirent de l'intérieur de la maison pour l'enlacer à leur tour.

    « Cëryl... Je te présente mes parents, Kalem et Leea L'Ulaun. Ainsi que mon frère Keira. »

    Elle se tourna vers ses parents, la mine réjouit.

    « Voici Cëryl, c'est un mage ! Je l'ai rencontré il y a peu de temps. Depuis la mort de Rhya, en fait. C'est mon compagnon de route en quelque sorte ! Je l'ai renc... »

    Leea l'interrompit. Elle avait le visage doux et candide d'Adrena; la même farouche détermination brillait dans ses yeux de glace.

    « On parlera plus tard, entrez donc... Vous devez être épuisés. Venez vous mettre au chaud; je vais vous préparer quelque chose à boire, une infusion irait ? »

    Ils acquiescèrent.

    L'intérieur de la demeure était vaste et riche et ce malgré le fait que les meubles aient une apparence tout à fait modeste. Les canapés sur lesquels se vautra Adrena étaient, par exemple, recouverts d'un brocart finement ouvragé et les coussins de velours étaient brodés de fils d'argent. Que c'est bon d'être à la maison, songea-t-elle. Elle regarda un long moment son ami, assis à ses côtés observant son fin profil pour y déceler de la gêne ou autre. Peut-être était-ce aussi juste par plaisir...

    Les tasses posées devant eux, la douce exhalaison des plantes bouillies, l'arrachèrent à sa contemplation. Elle entreprit de raconter ce qu'il lui était arrivé depuis sa dernière visite.




    « Waw... Je ne me doutais pas que tu étais capable de tant de choses !» s'exclama son jeune frère.

    La jeune femme objecta que, sans l'aide de son ami, elle n'aurait rien entreprit de tout ça et lui tendit un sourire radieux. Ses parents firent de même.

    « Cëryl c'est bien ça ? Et si vous nous racontiez votre histoire et la façon dont vous avez connu notre Ady. » l'invitèrent-ils.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 14 Nov 2010 - 18:55

Cëryl fut charmé à la fois par la demeure des L'Ulaun et par leur accueil chaleureux. La maison lui fit ressentir une certaine mélancolie lorsqu'il l'observa à leur arrivée. Son environnement isolé et naturel était le signe de la vie de quiétude qu'on pouvait mener en habitant ici, et l'air pur régnait en maître dans l'harmonie du paysage. Et le simple fait de savoir qu'Adrena y avait passé une partie de son existence rendait aux yeux du jeune mage l'atmosphère familière et agréable. Après les épreuves qu'ils avaient endurées dans le cœur sinistre des marais, un tel décor faisait oublier toute la laideur du monde et pouvait séduire n'importe qui.

Il fut ému lorsqu'il vit le petit frère d'Adrena l'enlacer et leurs sourires s'étioler dans un amour fraternel qui semblait exister depuis toujours. Ce geste rappela au mage qu'il avait lui aussi un petit frère et qu'il faudrait bien qu'il retourne le voir lui et sa mère, un de ces jours. Cëryl ne comprenait que trop bien ce sentiment d'amour qui pouvait exister au sein d'une famille, et il en était en cet instant le parfait témoin. Lorsque le petit frère d'Adrena – qu'il sut par la suite se prénommer Keira – l'aperçut, il sourit à la vue de son froncement de sourcils inquisiteur. Il remarqua alors les parents de sa compagne de route qu'il salua avec un petit mouvement de tête et un timide geste de la main. Adrena n'était pas sa fiancée et il n'allait pas lui demander sa main mais il était tout de même quelque peu intimidé par cette rencontre, pensant que les parents en question allaient désirer le connaître plus en détail, lui qui voyageait avec leur fille depuis un certain temps. Et c'est ce qu'ils firent, plus ou moins, de longues minutes plus tard. Une fois invité à rentrer, Cëryl prit place auprès d'Adrena sur un des confortables fauteuils du salon et le sentiment de chaleur qui se dégageait de la pièce le rendit plutôt guilleret. Il écouta les parents de la chevalière lui poser toute sorte de questions, jusqu'à ce que vint son tour :

« Cëryl c'est bien ça ? Et si vous nous racontiez votre histoire et la façon dont vous avez connu notre Ady. »

Le garçon se détendit à la vue du regard amical qu'affichaient ses interlocuteurs et il raconta brièvement son aptitude à la magie à la naissance, son désir de la renforcer et de découvrir le monde, puis il enchaîna, quelque peu honteux, sur sa rencontre avec Adrena dans le cimeterre.

« Je dois bien avoué que j'ai été assez insolent avec votre fille quand je l'ai vu pour la première fois, mais pour ma défense, je dirai qu'elle s'est bien vengée en me jettant à l'eau un peu plus tard. »

Des rires s'élevèrent dans la demeure paisible, et se perdirent dans de nouvelles paroles passionnées Cela faisait du bien à Cëryl de raconter un peu ce qu'il lui arrivait, un peu comme lorsqu'il prenait des notes dans son journal. Mais il était plus agréable de consigner ses souvenirs dans l'âme des gens que sur les feuilles blanches d'un carnet de voyage. La conversation dura une bonne partie de l'après-midi, puisque lorsqu'il jeta un rapide coup d'œil derrière la fenêtre, Cëryl vit que le soleil avait bien entamé sa descente vers l'horizon lointain. Les parents de son amie étaient des personnes très conviviales, et la petite gêne que le garçon avait éprouvé à leur arrivée s'était muée en une apaisante tranquillité. Adrena semblait tout aussi heureuse, et le jeune homme pensa plus que jamais à son petit frère et à sa mère, et à la joie qu'il éprouvait quand il les retrouvait, eux qui constituaient son unique famille. Quand sa mère mourrait, il ne lui resterait plus que son frère et il devrait faire de son mieux pour veiller à ce qu'il soit sur la bonne voie, même au sein de la chevalerie. Et lui, voudrait-il fonder une famille et perpétrer sa lignée, un jour ou l'autre ? Ne serait-ce pas trop difficile de voir tout ses proches mourir, s'il acquérait l'immortalité ? Encore des questions sans réponses que les livres ne pourraient jamais lui délivrer. Il écarta de son esprit toutes ces pensées mystérieuses et se replongea dans la discussion animée.

Vers quatre heure de l'après-midi, la mère d'Adrena proposa à Cëryl de lui montrer une chambre d'amis, ayant convenu avec les deux jeunes voyageurs qu'ils passeraient sans doute quelques jours ici. Celle-ci se trouvait juste à côté de la chambre qu'Adrena avait l'habitude de prendre, et offrait une vue plongeante sur le jardin et les forêts qui bordaient le paysage. Une vision enchanteresse, en somme, pour n'importe quel poète, et que même le jeune mage bien souvent pragmatique trouvait délicieuse. Le cadre tout entier formait une sphère idyllique que rien ne semblait pouvoir rompre, invulnérable à tout chaos, à toute désolation. Dans un tel endroit, il était difficile de croire aux guerres, aux conflits, régnant ou ayant régné entre les races durant toute l'histoire. C'était une peinture de l'humanité idéale, une humanité où le silence et le bonheur seuls gouverneraient à la tête du monde. Le jeune mage sortit de ses considérations existentielles et se mit à fourailler dans son sac pour en extirper son journal de voyage et le poser sur la table de nuit, près du lit confortable qui l'attendait pour la nuit. Il aurait bien aimé le mettre à jour avant de dormir et se promit de le faire. Il sortit de sa chambre et la mère d'Adrena lui conseilla d'aller faire un tour aux alentours de la propriété avec sa fille, avant de revenir pour dîner. Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et rejoignit sa compagne à l'extérieur, où elle l'attendait, sereine.

« C'est vraiment magnifique comme endroit. On y est vraiment très à l'aise... Je comprends pourquoi ta famille n'a pas rejoint la vie bruyante des villes. Bon, et si tu me montrais un peu le coin ? Il doit bien y avoir quelques endroits où tu aimais aller te fourrer quand tu étais enfant, non ? »
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 28 Nov 2010 - 15:27

    Adrena était assise sur le perron, à cette heure inondé d'une chaude lumière orange. Les quelques minutes qui précèdent le crépuscule. Le ciel s'était soudainement enflammé en un ballet de lueurs toutes plus invraisemblables les unes que les autres qui dansaient au rythme d'une musique éphémère et silencieuse; assurément si l'enfer des délices avait un ciel, ce serait celui là. Du haut de ses quelques marches, la jeune femme contemplait sereinement le terrain de jeu immense qui avait servi son enfance comme un fidèle ami imaginaire. Ces hautes broussailles dans lesquelles elle aimait jouer à cache-cache avec son frère, ce jardin potager qui, après la pluie démentielle des orages, révélait sa quantité d'animaux étranges et doux par leur mutisme et leur lenteur, cette forêt aux arbres feuillus dont certains se transformaient tantôt en châteaux forts, tantôt en arbres de vie au cœur desquels mille créatures fantastiques l'entraînait dans un monde magique. Comme une enfant.

    « C'est vraiment magnifique comme endroit. On y est vraiment très à l'aise... Je comprends pourquoi ta famille n'a pas rejoint la vie bruyante des villes. Bon, et si tu me montrais un peu le coin ? Il doit bien y avoir quelques endroits où tu aimais aller te fourrer quand tu étais enfant, non ? » fit la voix du jeune mage derrière elle.

    Elle se leva avec grâce et lui sourit. Sa robe légère claquait doucement contre ses jambes nues, mue par la légère brise qui soufflait sur le domaine et ses longs cheveux d'or, nattés négligemment, coulaient le long de son dos, lui donnant, à s'y méprendre, la véritable apparence d'une villageoise.

    « Il y en a bien un, oui... Pas très loin d'ici, dans la forêt. Le temps d'y aller il fera nuit, ce sera parfait ! »

    Elle s'engagea sur le petit sentier qu'ils avaient emprunté peu de temps auparavant mais au lieu de rejoindre la route principale, elle bifurqua pour gagner la sombre fraîcheur de la jeune forêt qui bordaient les marais. Rien de lugubre comme au cœur du territoire L'Ulaun car ici l'étroit sentier parfaitement dégagé semblait être naturellement fait pour ce genre de randonnée nocturne; de gros champignons phosphorescents, qui poussaient entre les herbes hautes recouvertes de rosée luisante, déversaient une aura bleutée, donnant au chemin un aspect irréel et fantasmagorique tandis qu'au loin, le carillon rassurent des grillons témoignaient d'une vie nocturne paisible et inoffensive qui intimait cependant le silence. À voix basse, Adrena indiqua à son compagnon qu'ils étaient bientôt arrivés.

    Là, s'ouvrit devant eux une clairière, que pas un seul rayon solaire n'éclairait; les arbres avaient formé au dessus d'elle un toit de feuilles impénétrables et Adrena qui n'était pas venue depuis bien longtemps en avait presque oublié la ténébreuse douceur. Au centre de celle-ci gazouillait un minuscule bassin circulaire, peu profond et tapissé de galets dont l'eau pure provenait des glaciers de Bestla pour aller se perdre dans l'immensité d'une rivière, bien en contrebas. Là encore, poussaient des champignons luminescents, de toutes formes et de toutes tailles, qui avaient sensément dû s'habituer à la nuit éternelle des marais et servaient de lumière naturelle à cet endroit magique. De minuscules lucioles, dont les lumières balayaient le rose, le vert et le bleu, ridaient la surface de l'eau en tournoyant çà et là.

    « Je venais m'isoler ici, souvent. Juste par besoin de voir. Je pense que peu de monde connaisse ce repos. »

    Elle ôta ses bottes et plongea ses jambes dans l'eau glaciale, avec une moue de souffrance avant de s'asseoir sur l'herbe fraîche et grasse, laissant ses pieds barboter mollement.

    « Qu'en penses-tu ? » lui dit-elle avec un doux sourire.


Dernière édition par Adrena L'Ulaun le Dim 28 Nov 2010 - 18:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 28 Nov 2010 - 17:09

Lorsqu'Adrena fit pénétrer ses pieds dans l'eau du bassin, la surface de l'eau vibra dans une onde silencieuse qui parcourut toute l'étendue aqueuse. Quelques lucioles s'éloignèrent, troublée par cette intrusion dans leur territoire, pour revenir doucement à leur position une fois l'eau ayant repris son état initial, coulant tranquillement sous la lune. L'environnement subjuguait Cëryl tant les myriades de couleurs qui l'occupaient semblaient irréelles, comme issues d'un rayonnement divin. Le spectacle avait en effet quelque chose de mystique, qui transcendait l'espèce humaine, comme si la nature s'était unifiée précisément en cet endroit pour former ce tableau extraordinaire. Le jeune mage n'avait jamais rien vu d'aussi surprenant, d'aussi envoûtant. Plus jeune il avait été stupéfié par la beauté du lac séparant Mannheim de Lleya aux lueurs de l'aube ou du crépuscule, lorsque le soleil reflétait ses couleurs vives et faisait scintiller l'eau douce de milles feux. Il aimait alors s'installer sur les plages de galets qui bordaient l'endroit et observer la couche orangée qui recouvrait les flots. Mais cette harmonie n'avait rien à voir avec cet orgasme des sens, le repaire « secret » d'Adrena. Cëryl, perdu dans la contemplation, ne réagit pas tout de suite à la question d'Adrena, occupé à essayer d'écouter chacun des murmures du lieu féérique. Une fois suffisamment rassasié par l'onirisme apparent, il s'assit juste à coté de sa compagne en position de tailleur. Il ne désirait pas plonger lui aussi ses membres dans l'eau, lui qui était plutôt douillet de nature. Il ramena enfin son attention vers son amie, avec quelque difficulté toutefois, tant il était ardu de se détourner du charme surnaturel qui les ensorcelait. Adrena devait avoir l'habitude, pour parvenir à lui échapper.

Le visage souriant de sa compagne sortait de l'ordinaire lui aussi. Les lumières de la nuit faisaient briller ses pupilles d'un vert splendide et ses lèvres, quand à elles plongées dans une demi-obscurité semblaient bien plus sensuelles qu'à l'accoutumée, entourées par les doux traits que le mage commençait à connaître par cœur. Sa robe blanche et satinée recouvrait ses formes généreuses, et le mage l'observa de haut en bas avec un plaisir non dissimulé, exalté, traduit par un air béat. Il ne voulut cependant pas trop attarder son regard sur le corps parfait de sa compagne et revint rapidement à ses yeux d'émeraude. Il se sentit rougir à leur vue, en pensant qu'elle n'était pas dupe et qu'elle avait suivi ses observations fébriles. Elle n'avait cependant pas l'air dérangée par cela et le jeune mage sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine, et une intense chaleur lui brûler l'intérieur du ventre. Il trembla quelques instants sous l'excitation puis voulut obliger son corps à se calmer comme il l'avait déjà fait précédemment, dans des circonstances qui ressemblaient étonnamment à celle-ci, mais en moins extrêmes. Rien n'y fit, il sentit toujours son estomac en proie à une étonnante force qui jouait avec lui, saisissant ses entrailles d'une main enflammée et les tordant dans tous les sens, empêchant ses pensées de s'écarter de cette sensation, prenant le contrôle sur son être pour le paralyser complètement et l'empêcher de se débattre. Il était faible face à une telle puissance, et se demanda s'il pourrait s'en extirper cette fois-ci. Un souffle ardent lui piquait la gorge, une envie soudaine de rapprocher son visage du sien, de plaquer ses lèvres sur les siennes et de l'étreindre entièrement, de lui passer une main sur les joues, lui caresser le ventre et se coller à elle jusqu'à sentir toute son âme liée à la sienne et lui communiquer ce brasier incendiaire.

Et puis ce fut l'extinction.

Un chat sauvage qui s'était rapproché d'eux depuis leur arrivée le frôla brusquement dans le dos, faisant tomber toutes ses rêveries dans l'eau du bassin, qui coulèrent précipitamment dans l'eau délicate. Le mage se retourna brusquement, pour voir la source de ce choc, qui avait contrebalancé la fournaise de ces émotions fugaces avec la froideur de la crainte soudaine. En apercevant le félin qui s'éloignait déjà, son esprit revint à un état normal et un frisson le parcourut, ressentant de nouveau la fraicheur nocturne. Il sourit à Adrena, à présent sorti de sa transe, pour lui décrire ce que cet endroit avait de magnifique pour lui. Mais ses mots étaient marqués par une confusion bien nette et se perdirent rapidement dans la pureté des eaux et seuls les insectes remarquèrent que sa main s'était violemment crispée sur le sol herbeux. Cëryl passa une main sur l'épaule d'Adrena, comme pour lui signifier explicitement que tout allait bien et qu'il ne s'était rien produit. Le contact avec la peau qu'il sentait sous le tissu fin le fit soupirer un instant, et il laissa sa main glisser lentement le long de son bras nu, avant d'évoquer l'étonnante concentration d'étoiles au dessus d'eux en se laissant tomber en arrière, l'air de rien.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 28 Nov 2010 - 18:42

    Adrena fit un léger signe tête en guise d'approbation mais son esprit était bien au delà de considérations aussi simplistes que le nombre d'étoiles dans le ciel. Les yeux dans le vide, elle se rappela du lourd et glacial regard du jeune homme, de la rougeur de ses joues d'ordinaire pâles, de son souffle chaud, saccadé, si près d'elle qu'il lui avait donné la nausée, la langueur de cette main douce qui caressait son bras. La sensation indescriptible que quelque chose d'intense était en train de se produire... avant d'être englouti, soudainement, terrible. Elle maudissait le chat.
    Pourtant cette fois, non seulement elle refusait d'oublier, mais elle allait entreprendre quelque chose dans le but simple et unique de provoquer son ami. Elle commença par s'allonger près de lui, sans le quitter des yeux, le dévorant presque, dressée sur un coude. Son regard se fit à la fois tendre et provocateur; ses longs cils d'or obscurcissaient la lumière vive de ses prunelles et lui conféraient un charme endormi mystérieusement irrésistible, sa bouche dessinée au pinceau s'arqua en un sourire délicieusement envoûtant et de sa main libre, elle caressa la gorge d'ivoire du mage, à sa merci. Lascivement, elle porta ses lèvres près de celle-ci et remonta à son oreille, mesurant minutieusement son souffle chaud.

    « Nous devrions rentrer, il commence à se faire tard. Le dîner ne devrait tarder à être servi. » lui susurra-t-elle au creux de l'oreille avant de se lever dans un bruissement d'étoffes. Elle ne voulut pas savoir quel effet cela eut sur le jeune homme et donc ne lui jeta pas un regard mais, au fond d'elle, elle regretta immédiatement son geste.

    Le retour se fit, comme à l'aller, dans le silence. Un silence que l'on aurait tout aussi bien pu attribuer au respect qu'à la confusion. Les grillons semblaient s'être tu. La lumière n'était plus du tout rassurante. En peu de temps ils atteignirent la maisonnette de bois dont la cheminée crachait d'épaisses volutes de fumée tandis qu'une vague odeur de grillades emplissait l'air de sa douce volupté. La chevalière, oubliant momentanément ce qui venait de se produire, remarqua qu'elle mourrait de faim. Le reste de la soirée se passa merveilleusement bien; ils mangèrent tant qu'ils purent de ce gras rôti baignant dans son jus, le cidre doux coulait à flot, ils rirent à gorge déployée en se racontant toutes sortes d'anecdotes, de vieux souvenirs, même les plus gênants et finirent par jouer à un jeu typique de Demether, se rapprochant à s'y méprendre du jeu d'Ezéchec que l'on jouait à Mannheim, auquel Keira se montra particulièrement doué mettant en échec tour à tour chacun des membres de sa famille. Et ils rirent !

    Quand enfin, ce fut l'heure de rejoindre le sommeil réparateur, ni Adrena, ni Cëryl n'avaient évoqué ce qui était arrivé.

    Elle attendit que tout le monde ait été se coucher pour rejoindre la chambre de son ami, mitoyenne à la sienne. La lumière faiblarde sous la porte signifiait que lui non plus ne dormait pas et elle en déduisit qu'il devait rédiger son journal, comme il le faisait systématiquement. Elle se surprit à imaginer tout ce qui se trouvait dans ces pages jaunies par le temps; des pensées, des envies, des souvenirs. Avait-il déjà oublié, lui ? Ne se faisait-elle pas trop d'idées pour peu de choses ? On verra, pensa-t-elle.

    Un coup sourd contre la porte. La voix étouffée du jeune homme lui permettant d'entrer. Elle pénétra dans la pièce dont une bougie mourante était la seule source de lumière. La jeune femme referma la porte derrière elle et vint s'asseoir sur le lit.

    « Cëryl, je... Je venais m'excuser pour tout à l'heure. Je ne sais pas trop ce qui m'a pris, en fait... Oublions ça, d'accord ?»

    Elle baissa les yeux dans l'attente angoissante de la réponse.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 28 Nov 2010 - 22:37

Cëryl se sentait triste ce soir là. A mesure que la soirée s'était avancée, il avait senti la profonde euphorie qu'il avait éprouvée à leur arrivée se réduire petit à petit à un pâle bonheur crépitant, entretenu par les quelques instants de joie savourés en même temps que le dîner, s'éteignant doucement dans les cendres de la maussaderie. Ce qui s'était passé avec Adrena lui avait fait prendre conscience de quelque chose qu'il possédait en lui, d'une faiblesse émotionnelle qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir receler. La mort de son père lui avait fait un choc, mais il n'était rien par rapport à celui-ci. Se voir annihiler toute volonté lui faisait peur, il avait peur de ce qu'était ce sentiment sauvage, peur de découvrir quelque chose qui pourrait le mener à la douleur la plus atroce. Il se doutait bien de ce qu'était cette chose mais refusait de la laisser prendre le dessus, il la refoulait encore et encore dans les recoins les plus poussiéreux de lui-même. Depuis qu'il avait rencontré Adrena il sentait la chose grandir au fond de lui mais ne l'avait jamais prise au sérieux. Maintenant, comme un monstre, elle essayait de prendre le contrôle, de le forcer à faire des choix qu'il pourrait regretter.

La tête penché, une plume à la main, Cëryl essayait tant bien que mal de faire un croquis du bassin, pour conserver un souvenir de cet endroit merveilleux. Mais son esprit, malgré tout ce qu'il pouvait espérer, restait perdu dans des réflexions profondes sur le futur et précisément sur Adrena et lui. Il se demanda s'il ne devraient pas se séparer maintenant pour que le « monstre » disparaisse rapidement, au lieu de s'enfoncer sur sa voix sinueuse. Il eut l'espace d'un instant l'envie de prendre toutes ses affaires et de partir, prétextant n'importe quoi, pour échapper à tout cela, mais il écarta cette idée pour la simple raison qu'il ne le pourrait pas. Il se sentait trop lié à la chevalière pour lui faire cela, et il ne voulait pas s'auto-mutiler. Il voulait croire qu'il avait une chance de faire rentrer les choses dans l'ordre, ou de voir comment les choses évolueraient, peut-être positivement. Il savait cependant pertinemment qu'il se leurrait et qu'il allait droit contre le mur, car ce qu'il avait ressenti n'avait rien d'immuable. Si cela était arrivé une fois, cela pourrait fort bien se répéter à l'avenir, peut-être dans un futur proche, qui sait. Le jeune mage sentait une sorte de guillotine au dessus de sa tête. Il ne dessinait plus rien depuis plusieurs minutes quand on frappa à la porte, et qu'il se retourna pour voir Adrena entrer après l'avoir invité à ouvrir. Il baissa légèrement les yeux pour ne pas avoir à retomber de nouveau dans le piège de son regard magnifique. Son amie s'assit alors sur le lit, et lui adressa ses excuses, lui demandant d'oublier le moment où elle l'avait caressé, détruisant de ce fait ses derniers remparts mentaux, anéantissant complètement sa volonté pour résister face à une explosion intérieure. Elle s'était cependant relevée bien trop vite pour qu'il n'eut le temps de tenter quoique ce soit, le ramenant plus ou moins à son état normal.

Il releva les yeux vers ceux de son interlocutrice, et, sans ciller, se leva et se dirigea jusqu'à elle pour finalement s'asseoir sur le lit. Ce faisant, il prononça quelques mots, sans savoir s'il les regretterait ou non plus tard.

« Il s'est passé quelque chose tout à l'heure ? »


Ce faisant, il lui adressa un clin d'œil parfaitement voulu, un mensonge éhonté pour lui faire croire qu'il n'y pensait déjà plus. Serait-elle dupe ? Il l'espérait. Pour l'instant il ne voulait qu'étouffer cette histoire le plus longtemps possible, au risque de se confronter à la réalité au dernier moment. C'était une conduite de lâche, il en était parfaitement conscient, mais il ne pensait pas avoir d'autres options pour le moment et dans l'état actuel des choses. Il poussa le vice jusqu'à enlacer doucement Adrena avec un grand sourire chaleureux, et en lui souhaitant de passer une très bonne nuit, pour se donner contenance. Le contact avec son corps chaud et tendre fut très douloureux et très agréable à la fois, mais quand il la lâcha, il ne restait plus que du vide. Il reconduisit jusqu'à la porte son amie et prononça quelques paroles plutôt facétieuses destinée à la faire rire pour terminer la soirée dans un registre plus gai. Lorsqu'il referma enfin la porte, il s'affala contre elle, sans énergie, avant de regagner lentement son lit et de fermer les yeux, fuyant les dernières minutes de la journée vers un sommeil sans rêves.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Lun 29 Nov 2010 - 23:15

    « Il s'est passé quelque chose tout à l'heure ? »

    Rien. Elle crispa le poing.

    Adrena resta contre la fenêtre un long moment. Son souffle chaud faisait, sur la vitre glaciale, de larges auréoles de buée translucides dans lesquelles elle s'amusait passivement à écrire toute sorte de choses. Le sommeil l'avait quitté à la seconde où elle avait rejoint sa chambre d'enfance; elle avait obtenu ce qu'elle voulait, rien de tout ce qui c'était passé ne resterait dans leurs mémoires. En était-elle pour autant satisfaite ? Assurément pas. Pourtant, sa réaction à lui avait été tellement désinvolte que la jeune femme se sentait idiote de s'attarder sur des détails qui, de toute évidence, n'avaient de répercussion que sur elle. Elle ne le comprenait pas. La lune, qu'elle n'avait pas quitté des yeux, avait fait un large arc de cercle dans le ciel noir d'encre lorsqu'elle décida qu'il était temps pour elle d'aller dormir. Elle gagna les draps froids et raides en frissonnant puis souffla la bougie qui était posée près d'elle.

    Son lendemain commença par une vague odeur d'infusion. Adrena était ordinairement d'humeur matinale lorsqu'elle passait un peu de temps chez elle; le soleil s'était pourtant déjà levé depuis quelques heures quand ses deux émeraudes captèrent les rayons éblouissant qui frappaient pleinement son visage encore endormi. La veille au soir n'était désormais plus vif que comme un souvenir; le sommeil avait fait son office bienfaiteur. Elle se leva en grelottant et fit aussitôt sa toilette; l'eau gelée lui brûla les doigts lorsqu'elle y plongea les mains pour s'en asperger le visage et la jeune femme ne put s'empêcher de faire une grimace douloureuse lorsque plusieurs gouttes dégoulinèrent dans son dos. Après quoi elle s'habilla, un pantalon de cuir, une chemise crème, griffonna quelques mots dans son carnet de voyage et descendit dans la maison maintenant vide. Une note écrite à la va-vite lui indiquait que l'ensemble de sa famille serait de retour en début de soirée; ce qui lui laissait une journée entière en compagnie de son ami, ce qui n'était absolument pas envisageable dans la situation actuelle. Enfin, pour elle... Qui se mit à penser à la meilleure façon d'échapper à un face à face.

    Elle saisit la plume.

    « Partie promener.
    Sers toi à manger quand tu te lèveras,
    je sais que tu vas avoir faim.
    Amicalement,

    A. »


    Après avoir respiré un grand coup, elle fit des provisions de nourriture et alla au grand galop rejoindre un des affluents de la Nordri. Si on lui demandait où elle avait disparu, elle dirait qu'elle désirait cueillir quelques eresia pour renflouer sa trousse de soin et d'autres plantes pour le repas de ce soir; c'était en partie vrai, elle irait les cueillir pour justifier sa véritable absence. Sa cape bordeau claquait derrière elle pendant la chevauchée; voilà longtemps qu'elle n'avait pas poussé la vitesse de sa jument à son maximum. Un véritable galop. Ressentir le vent, la puissance de la créature, sa propre faiblesse...

    « Vas-y ma belle... » lui chuchota-t-elle au creux de l'oreille.

    Elle ne fut plus qu'un éclair de sang.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Mar 30 Nov 2010 - 23:51

Cëryl avait eu beaucoup de mal à s'endormir. Sous le couvert de la nuit, il voyait luire dans les ténèbres les yeux verts d'Adrena, et même en se tournant et se retournant dans son lit il ne parvenait pas à se soustraire à leur fixation. Au bout de plusieurs heures passées à rejouer les événements de la soirée un nombre incalculable de fois dans son esprit, cherchant sans cesse à imaginer comment se seraient passées les choses s'il avait été plus téméraire. Finalement harassé par la fatigue, il tomba brutalement dans un sommeil sans rêves.

Le lendemain, il se réveilla tard. Lorsqu'il sortit de sa chambre, habillé, il aperçut un mot d'Adrena mit en évidence dans le salon, l'invitant à se servir à manger et lui indiquant qu'elle était partie en balade. Cëryl farfouilla quelques instants avant de dégotter une miche de pain qu'il se fourra dans la bouche avec une petite tranche de viande et un peu d'eau, n'osant pas trop faire comme chez lui pour une fois. Il sortit de la maison, décidé à se promener lui aussi. Il se dit qu'il n'était pas plus mal pour Adrena et lui de s'éviter un peu pour la journée, cela ramènerai peut-être la tension à zéro. Il ne sut pas précisément vers où il allait mais ne désirait que se changer les idées. Il marcha pendant quelques dizaines de minutes sur un petit chemin de terre qui devenait, à mesure de son avancée, de plus en plus boueux. Il parvint alors dans une zone marécageuse où des moustiques bourdonnaient à ses oreilles. Il en écrasa quelques-uns nonchalamment, avant qu'il n'aient pu gouter à son sang. L'air était humide comme toujours dans ce genre d'endroits, et le bruit assourdissant des batraciens, habitants du coin, emplissaient tout l'espace. Le marais en lui même se divisait en plusieurs parties où l'eau, d'après les estimations du mage, arrivait au moins jusqu'à la taille. Entre ces étendues d'eau on pouvait marcher sans problème, sur un sol plutôt stable. Cëryl, l'esprit soudain aventureux, se mit à avancer entre les roseaux qui sortait de l'eau ça et là. La terre était glissante et il faillit perdre l'équilibre par deux fois, se rattrapant à des arbustes tordus qui s'élevaient un peu partout.

Il n'avait pas de but, il voulait juste tout faire pour se sortir la soirée précédente de la tête, à laquelle il ne s'arrêtait pas de penser depuis son réveil. Il franchissait les obstacles, rochers, pierres moussues, avec une relative aisance qu'il ne se connaissait pas, motivé par l'envie de se défouler. Il observait, en même temps, la surface de l'eau et remarqua des cernes prononcées sur son visage d'ordinaire si reposé. Le temps se couvrait au dessus de sa tête et l'atmosphère se fit de plus en plus lourde, il se sentit transpirant et la sensation était loin d'être agréable mais il n'y faisait pas attention, trop affairé à poursuivre son exploration inopinée. Sans prévenir cependant, l'orage éclata. Un flash lumineux l'aveugla un instant avant qu'il n'entende le grondement brutal du tonnerre au dessus de sa tête, et son écho tonitruant vibrer dans ses oreilles. L'averse qui s'abattit autour de lui fut également brusque, et ne lui laissa même pas le temps de se retourner. Il regarda partout autour de lui, voyant l'eau du marais se mettre à déborder de chacun de ses tronçons et commencer à lui noyer les semelles. Il s'aperçut avec horreur qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait, ayant oublié la direction d'où il venait et ne pouvant se repérer avec la pluie qui tombait drue. La cécité naturelle qui le frappait l'obligea à avancer très précautionneusement, visant les roches dès que possible pour être sûr de ne pas enfoncer son pied au mauvais endroit. Il glissa cependant à un certain moment et une de ses jambes se retrouva plongée dans l'eau fangeuse jusqu'en haut du genou. Il la ressortit avec difficulté, sentant de la vase la retenir vers le fond. Paniqué, il continua à s'avancer droit devant, sans aucune notion d'orientation.

Par chance il finit par trouver un endroit surplombant le reste du marais, une sorte de petit îlot où poussaient deux arbres, l'un étant mort, l'autre avoisinant l'espèce du saule pleureur avec de longues feuilles qui retombaient devant lui. Cëryl tenta de s'abriter entre le tronc et les feuilles, mais celles-ci ne l'empêchaient pas de se prendre la saucée. Il se sentit exténué tout à coup, et se maudit de ne pas avoir plus mangé avant de partir, s'il devait rester bloqué là. De plus, il avait laissé sa boussole dans la demeure des l'Ulaun et n'avait strictement aucun moyen de se remémorer le trajet qu'il avait emprunté. Il se sentait parfaitement idiot, principalement à cause de sa négligence absolue. Mais au moins, il sentait ses préoccupations par rapport à Adrena amoindries par sa situation. Il n'avait plus qu'à attendre que les nuages cessent de l'inonder puis il essaierait tant bien que mal de retrouver l'entrée des marécages et le chemin qui l'y avait mené.

En rage contre lui-même, il n'entendit pas le serpent qui se mouvait entre les feuilles et qui se rapprochait de son bras nu.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Sam 8 Jan 2011 - 22:52

    Le soleil déclinait dans le lointain. Et Cëryl ne revenait pas. Elle était inquiète, bien entendu, mais avait décidé de n'attendre que la tombée de la nuit pour partir à sa recherche, s'il n'avait pas donné signe de vie d'ici là.

    Et la missive occupait son esprit.

    Adrena n'était revenue que depuis peu de son excursion lorsque de lourds coups avaient résonné sur le battant de bois; un homme casqué, d'une grande stature et paré d'un entrelacs de lamelles de métal, lui avait tendu, sans un mot, un rouleau de parchemin scellé des armoiries royales avant de tourner les talons. Que ce fut un ordre de mission ou bien une simple convocation, elle savait que la lettre la conduirait à la capitale, voire hors du pays, et appréhendait cela. Ce genre de missive n'était que très rarement invitation à des festivités, ou alors des festivités d'un goût fort douteux.
    Ainsi, depuis le début de la soirée, la missive reposait sur la table, toujours scellée, car elle n'avait osé l'ouvrir. Elle l'imaginait monstrueuse; de l'écriture fine, sèche, pointue se déverserait un flot d'images, rouges, noires, qui l'engloutiraient. La chevalière soupira et, saisissant sa cape, sortit de la bâtisse non sans avoir pris la précaution d'emporter une couverture. En effet, le temps à l'extérieur s'était rapidement dégradé; de violents éclairs fracturaient le ciel d'un noir laiteux avec des craquements sonores, les énormes gouttes s'écrasaient avec fracas sur le sol déjà bien imbibé par la pluie diluvienne et formait de vastes plaques boueuses qui ne tarderaient pas à lui bloquer le chemin. La terre meuble qui entourait les marais était extrêmement fertile mais aussi horriblement inondable les jours d'orage. Lorsqu'elle retrouverait le mage – si elle le retrouvait, ce qu'elle espérait de tout son cœur – il serait trempé.

    Les recherches furent longues, fastidieuses, car elle n'avait strictement aucune idée de l'endroit où il pouvait se trouver – les marais, c'était évident – et le territoire était vaste. Après plus d'une heure, elle le rejoint enfin. C'est un pan de tissu, d'une couleur claire et qui tranchait avec les ténèbres alentours, qui attira son regard peu habitué à l'obscurité. Elle remercia le ciel de n'être pas passée à côté de lui; il avait trouvé un refuge idéal à l'orage, un espèce de saule pleureur, qui le cachait cependant presque entièrement. La jeune femme écarta les branchages et s'approcha du corps immobile, recroquevillé, de son ami.

    « Cëryl ? Réveille-toi, je suis là. Je te ramène à la maison. » L'épaule qu'elle secouait semblait appartenir à une marionnette; roide, désarticulée.

    Pas de réponse. Son cœur s'affola, de lourds battements qui faisaient bourdonner ses oreilles et apparaître des étoiles sur les pupilles dilatées de ses yeux écarquillés d'horreur. Elle retourna le mage sur le dos et fut frappée par l'expression douloureuse figée sur son visage; il était glacial et pâle comme la mort, seule la main crispée sur son avant-bras d'où semblait s'écouler du sang, lequel avait imbibé la manche de sa robe turquoise, et secouée de spasmes laissait entendre qu'il n'était pas mort.

    « Mon dieu... Cëryl... » Elle décrocha un à un les doigts dont les phalanges blanchâtres tenaient fermement la blessure; la peau translucide était percée de deux trous, nets, boursoufflés d'où s'écoulait un sérum transparent et gluant. La peau autour des blessures commençaient à nécroser. Il avait été mordu, et empoisonné. C'était une course contre la montre. Adrena hissa tant bien que mal le corps sur sa monture et l'entoura dans la couverture, prenant soin de le maintenir contre elle pendant la chevauchée pour lui éviter une chute mortelle.

    « Tiens bon... »

    Une course contre la montre.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 9 Jan 2011 - 16:20

Il comprit que Lleya était près de lui, sous le sol pleureur. Il l'entendit prononcer des mots qui lui parurent inaudibles. Il entendit son nom, son nom répété par deux fois. Il sentit qu'il avait froid et il ne comprit pas pourquoi, d'habitude dans ce monde-ci il n'y avait pas de sensations. Il n'y avait que cette mystérieuse impression de flottement entre deux univers, où le réel et l'irréel se confondaient dans son esprit. Le froid lui faisait du mal, et il sentait la douleur se concentrer dans une certaine partie de son corps, son bras précisément. La silhouette qu'il pensait être Lleya s'agitait, et Cëryl se demandait s'il pourrait la voir cette fois. Il fit un effort pour tourner la tête et sentit un engourdissement dans sa nuque, encore une sensation qu'il ne devrait pas normalement pouvoir ressentir s'il était bien dans un rêve. Sa tête ne pivota pas d'un seul centimètre et il dût se résigner à rester immobile. Il sentait le mal qui le rongeait lentement s'étendre sur son bras, très doucement, avec perversité. Puis il prit conscience que la voix qui s'élevait juste à côté de lui était emprunte de volupté, légère et très familière. C'était clairement une voix féminine. Alors il aperçut un mouvement et une ombre supplémentaire voiler son champ de vision, et il eut l'image d'une très belle femme le regarder avec des yeux inquiets, la bouche entrouverte et l'air affolé. L'angoisse grossissante qui la tiraillait faisait mal à Cëryl, bien plus que ce qui s'engouffrait sous sa chair. Il voulait lui parler mais il ne le pouvait pas, il voulait bouger mais il ne le pouvait pas, il voulait la rassurer, mais c'était impossible. Et avant de sombrer dans les ténèbres complètement, il se jura de la rassurer le plus tôt possible... Une fois sorti de ce cauchemar.

Une lumière chaleureuse lui caressait le visage, et le jeune homme entendit le bruit de sa propre respiration pendant quelques secondes avant de réaliser qu'il était réveillé, et de lentement ouvrir les yeux. Le plafond de la maison des L'Ulaun lui apparut en premier, et il ne chercha pas à dévier son regard ailleurs, encore à moitié ensuqué et abruti par ce retour soudain au monde.

Il ressentit un léger mal de tête, certainement dû à une fièvre ayant peiné à s'en aller. Il avait également des courbatures qui lui cisaillaient les muscles, puisqu'il eut un douloureux élancement en déplaçant simplement une jambe d'un iota. Son bras droit particulièrement, lui faisait encore plus mal que tout le reste de son corps. Il avait la sensation qu'il ne pourrait pas le bouger correctement avant un moment, car quand il essayait, il sentait une sorte de paralysie mêlée à de la douleur. Il fit enfin un effort pour bouger les yeux. Ses pupilles roulèrent et il distingua le reste de la pièce, illuminée par le rayonnement de l'astre solaire filtrant par la fenêtre entrouverte. Au prix de souffrances infâmes il se redressa sur le sommier du lit sur lequel il était allongé, et contempla son propre corps. Son bras droit était bandé au niveau de l'articulation et lui semblait terriblement décharné. C'est avec horreur qu'il discerna la pâleur et la maigreur de son corps et qu'il prit conscience du feu qui lui brûlait l'estomac... La faim. Il avait tellement faim... En fait, il n'avait jamais eu autant faim de sa vie.

Pour la première fois depuis qu'il était revenu à lui, il se mit alors à réfléchir sur la raison de son état actuel. Il se rappelait progressivement du marais, de la pluie, de son égarement, et du saule pleureur. Après cela c'était le néant, même s'il entrevoyait dans son esprit quelque chose de très flou, mais dont il ne parvenait pas parfaitement à se remémorer vraiment, un peu comme quand on essayait de se souvenir d'un rêve. Il entendait encore les déchirements du tonnerre dans le ciel à l'agonie et se revit s'affaler sous l'arbre de la petite île au beau milieu des marais. Ensuite il réfléchit à sa présence en cet endroit chaleureux, et se demanda si tout cet épisode désastreux n'avait pas été qu'un rêve. Mais non, impossible, son corps en témoignait parfaitement. Il supposa qu'on l'avait retrouvé exténué sur l'ilot et qu'on l'avait ramené ici, mais pourquoi était-il faible à ce point ?

Avec appréhension il entreprit de soulever, non sans difficultés, son bandage du bras pour voir ce qui se terrait dessus, et aperçut avec terreur deux gros points rouges dans sa peau, d'une vilaine teinte sombre tout autour de la blessure. Il avait donc été mordu par une saloperie de serpent, et s'était évanoui. En y repensant à deux fois, il se rappela soudain avoir senti une vive douleur dans le bras alors qu'il s'endormait, ce qui l'avait immédiatement fait sombrer dans l'inconscience. Le reptile rampant n'avait pas cherché à le dévorer, c'était déjà ça. De plus, le poison devait avoir été détruit à temps, vu qu'il ne sentait pas d'engourdissement, et surtout qu'il était en vie. Qui donc l'avait sauvé ? Probablement quelqu'un de la maison, le père d'Adrena, son frère, ou Adrena elle-même.

Adrena lui revint à l'esprit subitement, et il se rappela de ce qu'il avait fait le jour précédent, en lui disant qu'il ne s'était rien passé quand ils s'étaient aventurés dans le « lieu secret » de la chevalière. Il se sentit idiot, et se demanda ce qui lui était arrivé pour dire une chose pareille, ce qui avait bien pu lui traverser l'esprit. Le jeune mage se jura d'y réfléchir sérieusement et de s'excuser une fois rétabli et qu'il aurait remercié celui qui l'avait tiré de là.

La porte de la chambre s'ouvrit alors et la mère de la jeune femme s'engouffra à l'intérieur et s'arrêta soudainement en voyant Cëryl à présent assit sur le lit, les mains posées sur les genoux, l'air étourdi. Un large sourire s'étira sur son visage, aussi doux que celui de sa fille, et elle se dépêcha d'aller jusqu'à lui et de s'asseoir à ses côtés.

« -Cëryl ! Enfin réveillé ! Je commençais à m'inquiéter... Si vous ne vous étiez pas réveillé aujourd'hui je crois bien que je serais allé chercher un médecin au village le plus proche... Heureusement que mon mari et moi avons quelques connaissances à propos des serpents du coin... D'ailleurs, vous avez eu de la chance de ne pas tomber sur un serpent géant ! J'en sais quelque chose... »

Cëryl répondit à son premier sourire dans une grimace qui lui fit bien comprendre que même sa bouche était endolorie. Il articula tout de même quelques mots.

« -Merci infiniment... Euh... Qui donc m'a trouvé ?

-Et bien, Adrena, qui d'autre ? C'est bien la seule de la famille qui puisse s'aventurer dans les marais avec un temps aussi monstrueux... Et puis c'est la première à avoir remarqué votre absence. Vous avez eu beaucoup de chance, jeune homme, et vous avez été très imprudent... Si j'étais votre mère je crois que je vous giflerai. On a pas idée de s'éloigner autant des sentiers de terre battue quand on ne connait pas la région où l'on est. »


Ces derniers mots furent prononcés gravement, et Cëryl rougit de honte. Encore une fois, il avait été idiot, il devait être un champion à ce jeu là en ce moment. Il exprima ses excuses en baissant la tête, et la mère de son amie lui souleva le menton avec la main, ayant retrouvé son sourire.

« -Allons bon. Quand on est jeune comme vous c'est normal de commettre des erreurs, évitez juste de la reproduire. »

Cëryl acquiesça d'un hochement de tête, ce qui fut une mauvaise idée lorsqu'il sentit la douleur s'abattre sur sa nuque. Il se massa celle-ci de la main de son bras valide. Leea le remarqua et lui posa une main sur l'épaule, toujours avec un petit sourire.

« -Ne vous inquiétez pas, la douleur devrait bientôt disparaître. Vous êtes resté inconscient presque cinq jours vous savez ? »

Cëryl sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Cinq jours ? C'était énorme. Et cela expliquait la faim qui le tenaillait. Comme si elle avait lu dans son esprit, Leea se leva et se dirigea vers la porte. Elle revint quelques minutes après avoir quitté la pièce en tenant une assiette remplie presque à ras-bord de viande et de de légumes. Elle l'incita à manger doucement pour ne pas tout régurgiter et resta près de lui alors qu'il savourait cette nourriture divine comme il n'avait jamais rien savouré de toute son existence. Il avait l'impression que chaque bouchée était une renaissance, que chaque bouchée lui rappelait l'importance du goût de la vie. Et du goût tout court, d'ailleurs.

Leea garda le silence tout au long de son repas, et lorsqu'il eut finit de vider son assiette et qu'il la remercia de tout son cœur, elle rit et reprit la parole.

« -Et bien de rien mon cher, redemandez-en autant que vous voudrez et reposez vous bien. Vous pourrez repartir dès que vous le souhaiterez, rien ne presse ! »

Ce que venait de dire son hôte troubla le jeune homme, elle n'avait pas l'air d'inclure Adrena dans son dernier propos. Une crainte lui traversa l'esprit, et il voulut s'empresser de s'en débarrasser.

« -Et Adrena...? Pourrais-je la voir ? »

Sa crainte redoubla d'intensité quand il vit la femme détourner légèrement le regard, en se mordant la lèvre et en baissant les yeux. Il la fixa, en attendant sa réponse qu'il sentait de plus en plus la connaître déjà, au fond de lui.

« -Et bien Cëryl... Adrena est partie. Depuis quatre jours. Elle a reçu une missive de l'armée, et elle est partie en mission. Elle m'a aussi dit de vous souhaiter un bon rétablissement... Je n'ai rien de plus à vous communiquer de sa part... Elle est partie en hâte une fois qu'elle a su que votre état était stabilisé. Je suis désolée... Elle n'a pas pu vous faire ses adieux. »

Le mot « adieux » le frappa comme un poing en pleine figure. Adrena était partie, et... C'était de ses « adieux » qu'il s'agissait ? Elle n'avait laissé aucun mot, aucune lettre, pour lui proposer de se retrouver quelque part ? Leea crût déceler sur son visage ses interrogations et répondit à sa place.

« -Je sais que vous auriez certainement aimé la revoir mais... Cette mission avait tout l'air d'être importante. Elle en aura certainement pour des semaines, peut-être des mois. Et elle ne reviendra pas ici avant longtemps, si c'est ce que vous espériez... Je suis encore désolée Cëryl, mais je pense que vous ne la reverrez pas, ou du moins pas avant une longue période. »

Le jeune homme ne sentait plus aucune douleur que celle qui lui brûlait le ventre, mais cette fois, ce n'était pas la faim. Et il n'y avait pas trente-six manières d'y remédier. Il se leva doucement, sentant ses muscles crier à la mort, mais n'y fit pas plus attention que cela. Il regarda fixement Leea et fit des efforts titanesques pour s'exprimer à nouveau.

« -Mais... Elle est forcément quelque part... Où ça ? Où est-elle allée ? Vous n'auriez pas conservé sa missive...? dit-il, une lueur d'espoir naissante dans les yeux.

-Hélas non, elle l'a emporté avec elle. Mais elle avait l'air de dire qu'elle se dirigeait vers la capitale. Peut-être qu'elle a à faire du côté de Mannheim, mais c'est sans certitude. Vous ne devriez pas trop y compter, Cëryl... Ce serait plus une perte de temps qu'autre chose si vous y allez pour rien.

-Mais...

-Faites comme vous le sentez Cëryl, mais Adrena est une chevalière fervente et elle a beaucoup de choses à faire pour servir sa patrie. Elle est de ce fait souvent en mouvement, et vous aurez beaucoup de mal à la trouver si vous la cherchez. Mais rien ne vous empêche d'essayer, si vous tenez tant à la retrouver. Si vous avez quelque chose à lui dire, bien entendu. »


Cëryl saisit l'allusion dans sa dernière phrase et se rendit compte à quelle point la mère de son amie était intelligente et perspicace. Il avait vraiment l'impression qu'elle lisait en lui comme dans un livre. Dans une moindre mesure Adrena avait hérité de ces capacités, mais la sagesse de sa mère subjuguait le jeune homme. Il ne sut pas quoi répondre, et là aussi son hôte sut que le moment était venu de le laisser seul. Elle quitta la pièce après lui avoir adressé un nouveau sourire, et Cëryl retomba sur son lit, presque effondré.

Il devait la revoir, il ne supportait pas l'idée d'être éloigné d'elle. Et encore moins celle de ne pas la revoir du tout. Il était temps de partir à sa recherche, mais auparavant il lui fallait se reposer encore un peu. Il décida de partir le lendemain, il mettrait le temps qu'il faudrait mais il irait jusqu'au bout. Plus d'hésitation cette fois. Il s'appuya sur le rebord de la fenêtre et pensa à son amie qui devait être en train de galoper quelque part. Il pensa à la courbe de ses lèvres, à son visage si gracieux, ses pupilles si pures, son corps si parfait, et surtout à son inimitable sourire. Comment pouvait-il passer à côté de cela et continuer à vivre sans penser à tout ce qui la caractérisait ? Le regard du mage se perdit dans le ciel et il se rendit compte à quel point il avait été idiot et lâche. Cette histoire lui avait apprit ce qu'il n'était pour une fois pas allé chercher dans les livres. Ses livres qui lui avaient enseigné de nombreuses choses n'avait pas suffi à lui apprendre à se comprendre lui-même. Un peu de courage ne lui ferait pas de mal, et la force d'admettre les choses le ferait aller de l'avant.

En commençant par admettre qu'il était tombé amoureux, par exemple.
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MessageSujet: Re: Un peu de repos - [privé]   Dim 9 Jan 2011 - 16:29

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Un peu de repos - [privé]

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