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 Mission - Partie I - [solo]

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AuteurMessage
Chevalier
Adrena L'Ulaunavatar

 :Peuple :
Humain
 :Âge du personnage :
22 ans
 :Equipement :
Une sihelverd et quelques biscuits rassis


* * *

Vêtements:

MessageSujet: Mission - Partie I - [solo]   Lun 28 Fév 2011 - 15:25


Trois jours après son départ des marais d'Ulaun, au terme d'un voyage fastidieux...

    Adrena avait aperçu les immense muraille de Mannheim à la lueur changeante du lever de soleil. Elle avait pénétré ces murs inviolables pour rejoindre le château loin devant elle, ses hautes tours pointant comme autant de flèches dressées vers le ciel et visibles en tout point de la ville. Elle avait dû emprunter des routes escarpées et faire des détours par des rues reculées dans le but d'éviter les foules du marché de la place centrale. La traversée de la capitale des hommes lui prit en tout et pour tout une bonne heure et la chevalière avait estimé, après réflexion, que laisser sa monture à l'entrée de la ville lui aurait été plus bénéficiaire.

    Enfin voilà, le château, si majestueux. On lui avait demandé son identité dès la lourde grille de métal qui formait l'unique percée à travers l'enceinte donnant accès, entre autres, aux jardins. De la cour Adrena avait accédé par une minuscule porte de service au hall du château, après quoi, par habitude, elle avait pris la porte à droite de la vieille armure rouillée – laquelle était connue pour avoir appartenu au premier roi de Midgard –, qui avait ouvert sur un escalier, lui même donnant sur un couloir, tapissé de riches tentures rouges et or, qu'elle avait suivi jusqu'à son croisement avec un autre couloir. Elle avait pris à nouveau à droite, puis la première porte à gauche qui avait donné sur un escalier – un escalier qui semblait ne pas avoir de fin – et qui l'avait conduite à la plus haute tour du palais, la tour de garde. La jeune femme avait simplement salué les gardes présents, qui l'avaient reconnue et lui avaient rendu son salut formel, et s'approcha d'un homme à haute stature, Prei Thalekath. Elle le connaissait comme étant un des généraux de l'armée de Midgard et avait été présentée à lui par son oncle lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant. Un salut respectueux était de forme, ici. Elle s'était inclinée amplement. Il lui avait fait signe de se relever.

    « Vous êtes en retard... La missive vous a été remise il y a bien plus de trois jours... Qu'importe ! Approchez, il est temps pour vous de prendre connaissance de la mission qui vous est attribuée. »

    La carte que l'homme avait dépliée sur la table avait claqué un instant au vent, glacial à cette altitude, qui s'engouffrait par les persiennes relevées. Un large cercle entourait la baie près de Lome-Lith, en Lyzangard.



Le lendemain....

    La chaleur de l'atelier du forgeron l'avait faite somnoler. Adrena avait lentement ouvert un œil, puis l'autre, pour voir un petit homme trapu à l'air renfrogné et impatient qui lui tendait son arme en tapant du pied. Sans un mot de remerciement, elle avait pris la lame d'une main experte et avait fait quelques passes dans l'air qui avait sifflé autour d'elle comme des pointes de flèche, il lui avait semblé qu'elle pouvait le fendre. Effectivement, c'était du bon travail. La jeune femme avait posé d'un geste nonchalant la petite pièce d'or que le comptoir; elle y était restée à peine quelques centièmes de secondes avant de rejoindre le fond d'une sacoche poussiéreuse en lin. Ces nains l'étonneront toujours. Elle était sortie.


Départ...
    Pas une étoile ne transparaissait dans le ciel d'encre tandis que la lune, qui avait revêtu sa robe d'argent la plus scintillante, brillait tant bien que mal au travers de l'épaisse couche de nuages qui formait, en cette nuit, un plafond cotonneux et menaçant au dessus de Mannheim. L'auberge avait conservé son apparence miteuse en dépit de la quantité faramineuse d'argent qui y circulait chaque jour. L'étriquée devanture de bois sombre et sale, était prise en sandwich entre une vieille maison de repos délabrée – laquelle servait actuellement de squat – et l'atelier d'un forgeron peu scrupuleux qui revendait des armes que tout le monde savait volées. Adrena se rappelait avoir du intervenir plusieurs fois ici, lorsque les simples altercations de voisinage se faisaient violente, voire mortelles. C'était loin d'être un quartier tranquille mais elle aimait sa rusticité. Les vitraux diffusaient une claire lumière, chaude et colorée, dans la rue irrégulièrement pavée et éclairaient doucement les fleurs qui commençaient à peine à éclore, signe que le printemps pointait d'ores et déjà son nez, alors que les bourgeons côtoyaient encore la fine givre matinale. Adrena était assise dans un coin sombre de la pièce, à cette même table; cette même table usée aux nombreuses éraflures dont le temps et la crasse avaient adouci les bords. Ce même chandelier rouillé brûlait au dessus d'elle mais sa faible lueur jaunâtre ne suffisait plus à éclairer les ténèbres qui l'environnait... comme quelques mois auparavant. Le même hydromel immonde était posé devant elle, encore fumant car servi il y avait à peine quelques instants, et son odeur douce et âpre jurait avec les effluves de bières et de graisses brûlées qui flotaillaient dans l'air surchargé de la Fleur du Lac.

    En face d'elle, il y avait cette même chaise. Mais de son occupant ne restaient que des images figées.

    Elle était arrivée à Mannheim depuis trois jours déjà et n'avait eu de cesse de se demander comme il allait. La dernière réminiscence qui lui venait à l'esprit était celui de son visage douloureusement fiévreux, couvert d'une dentelle de sueur fine comme une pellicule de diamants, pâle comme la neige. C'était peu de temps avant son départ, le médecin de village lui avait confirmé que l'état de son ami était stable et que tout ce dont il avait maintenant besoin était de se reposer. Elle était allée chercher des myrtilles sauvages – des rouges sang – que sa mère avait utilisées pour concocter un breuvage sucré dont les vertus médicinales étaient, entre autres, la purification du système sanguin. Adrena lui avait doucement fait boire le liquide brûlant et avait passé une ou deux heures à le regarder; sa bouche fine, sensuellement dessinée au pinceau, ses yeux clos dont les longs cils balayaient ses joues doucement rosées, ses cheveux couleur sable, mouillés, qui retombaient avec négligence sur son front pur. Elle avait voulu s'en imprégner, car elle pensait ne jamais le revoir; c'était en tout cas son intention. La jeune femme n'avait laissé aucun indice sur l'endroit où elle voulait se rendre et pour cause, elle avait besoin d'oublier. Si ça se trouve, elle n'était qu'après tout une connaissance de passage et n'était déjà qu'un vague souvenir dans l'esprit aérien du jeune mage. Cela avait-il une importance maintenant ? Elle déposa quelques piécettes de cuivre sur la table et sortit sans un bruit. Morose, elle ne sentit pas lorsque la fraîcheur mordit sa peau brûlante, ni ne vit lorsque des hommes se retournèrent sur son chemin pour chuchoter dans un argot rauque qu'elle ne comprit pas, ou ne voulut pas comprendre, ni ne fit attention à la façon dont sa jument l'avait guidée d'elle même jusqu'à la bâtisse où résidait sa famille. Fidèle amie. Arrivée dans sa chambre, affalée sur son lit, elle attribua tour à tour son état à la fatigue et à l'alcool. Enfin, Adrena s'endormit à la lumière vacillante d'une flamme qui ne tarda pas à s'éteindre complètement.

    L'astre jaune jouait avec les reflets d'or cuivré de ses cheveux détachés et étalés sur l'herbe verte - laquelle oscillait sous l'action d'une invisible brise fraîche et douce - autour d'elle, comme les rayons infini d'un soleil intérieur. Une cordelette d'argent retenait la robe blanche et simple qu'elle portait, elle n'avait pas de chaussures. Pourquoi en porterait-elle d'ailleurs puisque ici, rien ne pouvait la blesser. Rien... Ni le rejet, ni l'absence. Lorsqu'elle roula sur le côté, Cëryl était là. Immobile. La demoiselle caressa son visage et sourit à la vue de ses yeux myosotis qui s'entrouvraient. Quels yeux ? Elle ouvrit les siens. Alors tout changea. Le sol était rouge carmin, léché de flammes noires. Il ne restait du ciel qu'une poussière volatile qui tombait, grain par grain, comme le décompte infinitésimal d'un sablier sans fin. Un vent brûlant fouettait son visage tourné vers l'étoile noir qui crachait. Qui crachait du sang. Du sang incandescent. Helheim. Soudain, elle se retrouva sur une route d'or qui fondait ses pas; au loin devant la silhouette qu'elle chérissait tant l'appelait, lui demandait de le rejoindre pour toujours. Mais toujours ce n'était pas assez, car elle n'avançait pas. C'était de la faute du lapin. Un lapin noir aux yeux rouge. Ce dernier lui avait d'ailleurs proposé de manière assez fourbe qu'il était temps pour elle...

    … Qu'elle se réveille.

    D'un œil hagard, elle regarda autour d'elle; pas plus d'or que de lapin. Sa première pensée fut pour la missive, toujours posée sur son bureau, comme un horrible témoin. Son premier réflexe fut de la tendre au dessus de la flamme de la bougie, fraîchement allumée. Son second fut de brûler l'ordre de mission. Aucune trace, aucun retour en arrière possible et c'était ainsi que tout lui convenait. La jeune femme souffla les cendres grisonnantes qui voletèrent quelques instants avant de retomber sur le plancher, tel des flocons. Elle déplia sa carte froissée, raturée de part en part de flèches et de cercle d'encre noire. Sa prochaine destination ? La jeune femme l'entoura, la gorge serrée par le regret et le doute. Jamais elle ne s'était aventurée si loin hors des terres humaines, non que cela lui fasse peur ! Elle avait simplement de laisser une partie d'elle même dans ce pays qu'elle chérissait et connaissait si bien.

    Car il était temps pour elle de partir. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Elle n'en savait rien. Tout se déciderait lorsqu'elle arrivera en Lyzangard. Ce qui lui lui faisait six ou sept jours de voyage, si elle prenait son temps et que la météo était clémente. Son arme avait été aiguisée, dégraissée du sang et de l'usure, et son armure polie par le soin des écuyers du château et sous la vigilance des plus qualifiés. Elle brillait, froide comme du givre.
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MessageSujet: Re: Mission - Partie I - [solo]   Lun 28 Fév 2011 - 15:37

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